Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les lavandes de Provence — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les lavandes de Provence
Chapitre 1
Bonjour à tous et à toutes,
Après deux années sans texte (à l'exception d'un one shot pour "garder la main" mais qui, de mon point de vue, ne vaut rien), je me remets (enfin ou hélas, me direz-vous) à l'écriture.
Je manquais de temps, du désir d'écrire, d'idées originales. Je n'en ressentais plus le besoin. Pire, je n'en avais plus envie.
Pourtant, il y a quelques semaines, j'ai ouvert mon PC et les mots se sont imposés, tous seuls, sur l'écran.
J'ai retrouvé une part du plaisir que j'avais à imaginer des histoires et les transcrire en mots. Une part seulement.
Soyez donc indulgent avec ce texte qui ne sera pas le reflet exact de ce que vous pouvez connaître de mon écriture traditionnelle. Je sens qu'il manque encore ce "petit plus" d'enthousiasme et de volonté d'être satisfait.
J'espère que vous me pardonnerez cette absence prolongée et que vous retrouverez une part du plaisir à me lire.
Soyez-en déjà remerciés. C'est une victoire pour moi, une victoire sur moi.
Cordialement.
Alexis.
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Village de Saint-Amand, Provence, 4 Juillet de cette année.
Village de Saint-Amand, Provence, 4 Juillet de cette année.
Il faisait calme et enfin doux.
Les étoiles brillaient d'un éclat étincelant dans cette nuit sans nuages sous une Lune Nouvelle. Les constellations se distinguaient parfaitement pour ceux qui savaient lire le ciel nocturne et la Voie Lactée traçait sa ligne diaphane dans un noir cherchant, depuis l'aube des temps, à vaincre les lumières éternelles scintillant dans l'éther.
Un léger vent amenait, depuis les montagnes pourtant éloignées, un peu de fraîcheur après la canicule de la journée précédente. Les rideaux dansaient lentement, suivant les mouvements imprimés par l'alizé nocturne, passant par les fenêtres ouvertes afin de laisser la chaleur des pièces s'évacuer à la faveur de la nuit tombée.
Le début de ce mois de Juillet annonçait un été caniculaire. Il faudrait ruser pour échapper à la morsure du dieu Râ durant les heures les plus chaudes de la journée. Chacun en était conscient depuis quelques semaines maintenant. Le printemps, déjà, avait auguré d'une vague de chaleur que les météorologues prévoyaient historique à plus d'un titre. Les recommandations de prudence et de vigilances tombaient régulièrement par toutes les voies de communication possibles.
Et chacun attendait les nuits afin de respirer un peu mieux.
Couché sur le drap en coton de son lit, Luca rêvassait.
Il ne pouvait pas dormir alors que son corps réclamait sa part de repos après avoir affronté la rigueur du soleil de l'été provençal.
Allongé, nu, sur son matelas, ses pensées se tournèrent à nouveau vers Noémie.
Il bandait.
Cette jeune femme le rendait fou. Fou de désir, fou d'amour.
Elle hantait son esprit depuis son retour chez ses parents, à la faveur de la fin de son année universitaire, son diplôme en poche. Après la fête familiale honorant sa réussite et sa persévérance, Luca avait pu redécouvrir son village natal avec une émotion toujours présente. Il l'avait, alors, plusieurs fois croisée dans les ruelles du village. Il ne l'avait pas reconnue tout suite. La jeune fille qu'il avait quittée, il y a quelques années lors de leur départ du Lycée, était, à présent, une jeune femme dans toute la force de sa jeunesse et la plénitude de sa féminité.
Il l'avait peu à peu oubliée, comme il avait occulté de son esprit ceux qui avaient partagé son existence durant ses années de scolarité. Il était une âme solitaire et personne ne s'était réellement intéressé à lui. Point.
Son départ pour Aix-en-Provence avait sonné le changement salutaire dans son existence. Sa timidité restait bien présente mais il avait osé franchir le pas de la sociabilisation. Il s'était intégré facilement, à sa grande surprise, au sein de différents cercles d'amis. Il avait eu l'occasion de connaitre son premier baiser auprès d'une jeune fille peu farouche et encline à la bagatelle, découvert sa première poitrine féminine avec une émotion timide mais ravie et enfin, perdu sa virginité lors d'une soirée mémorable auprès d'une fille de sa promotion tout simplement jolie et expérimentée, désirant lui laisser le souvenir éternel de sa première fois, qui fut un feu d'artifice pour le jeune puceau devenu alors un homme. Elle lui apprit la patience, la retenue mais aussi la fougue et la jouissance. Il put, grâce à elle, en une seule nuit et une journée complète au creux de son lit, dans la douche ou sur un grand sofa, expérimenter bien des positions et bien des pratiques. Elle s'était muée en professeur, patiente et pédagogue, lui montrant les secrets des orgasmes chez les femmes, lui expliquant comment atteindre des sommets de plaisirs. Et il fut un élève attentif et doué. Elle lui apprit à véritablement "baiser comme un dieu", c'est du moins ce qu'elle hurla lors de son ultime orgasme. Leur dernier baiser, chaste, avait été, pour l'un comme pour l'autre, scellé par la reconnaissance et une forme d'amour naissant. Mais elle repartait pour l'Allemagne après son Erasmus, il redescendait chez ses parents. Leurs chemins s'étaient perdus, seul resterait le souvenir.
Mais cette nuit, ses pensées étaient revenues chez lui.
Depuis sa fenêtre, couché sur son grand lit, il pouvait apercevoir le mas qui servait de demeure à la jeune femme qui hantait ses pensées. Elle apparut, à nouveau, à son esprit.
Elle était époustouflante de beauté et de classe. Et Luca était sensible à l'élégance et à la féminité.
C'est simple, à ses yeux, elle était la plus belle femme du monde. Sa taille fine, ses jambes légèrement musclées par la marche dans les collines provençales, son sourire éclatant et sa chevelure sauvage rendait Luca complètement stupide dès qu'il la croisait.
Pourtant, elle ne semblait pas se rendre compte de son existence lorsqu'ils se croisaient sur le marché hebdomadaire du village. Ce qui ne changeait pas vraiment des habitudes, en fait. Il avait toujours été "l'invisible" parmi les autres.
Souvent assis à la même terrasse, buvant un café, Luca attendait, sous les arches de l'ancienne halle aux viandes devenue le lieu de rencontre des villageois, qu'elle passe devant lui. Ce lieu, séculaire, avait toujours été le lieu de rendez-vous des habitants du village et des alentours. Ses vieilles pierres protégeant de la chaleur des étés provençaux s'étaient naturellement érigées en sauveur rafraîchissant des âmes transpirantes.
Qu'elle était belle avec sa robe à fleur virevoltant au gré de sa démarche chaloupée, sur ses mules à talons lui rendant quelques centimètres de plus mais allongeant alors ses jambes merveilleuses. Ses seins, au volume certain, se balançant avec grâce sous le rythme de ses pas et ses cheveux pendant sur ses épaules.
Elle était somptueuse et bien des regards se retournaient sur son passage. Comme depuis toujours. Il la voyait, elle ne savait même pas qu'il était là. Jamais son regard n'avait croisé le sien, dissimulé par l'ombre, une colonne ou simplement dissimulé par d'autres personnes présentes.
Luca était amoureux. Terriblement amoureux. Il ne lui avait fallu qu'une seconde pour s'en rendre compte. Aujourd'hui, c'était devenu une certitude à laquelle il ne pouvait échapper.
Mais la concurrence était rude dans ce lieu perdu de la Provence française. Il savait que tous les garçons de son âge fantasmaient sur Noémie. Mais peu osaient réellement l'approcher. Et certainement pas le timide et réservé Luca. Ceux qui osaient ne faisaient pas partie de son monde. Ils étaient son égal, participant aux mêmes activités, fréquentant les mêmes cercles.
Noémie était la fille unique d'Antoine Servais, devenu par mariage un De Saint-Amand, le dernier chatelain du village. Héritier par son épouse d'un Duché, portant fièrement son patronyme qu'il avait adopté, riche industriel et propriétaire terrien à la fortune colossale, cet homme était tout simplement intimidant.
Il lui suffisait d'apparaître pour que le silence se fasse. Son autorité était encore naturelle à notre époque car dans ces coins reculés de la France, les traditions ont souvent la vie dure. Parfois en bien, parfois moins. Mais le respect et parfois la dévotion que les habitants vouaient à cet homme et à sa famille remontaient à plusieurs générations, comme une habitude que l'on conserve malgré tout. On dit souvent que les temps changent mais pas les habitudes. Ceci en était un parfait exemple.
Concernant cet homme, Luca se posait encore des questions. Certains en parlaient en bien, d'autres ne pouvaient s'empêcher de cracher au sol lorsque l'on évoquait simplement son nom. Il ne lui avait jamais adressé la parole et ne le connaissait que par les ouï-dire.
Ce à quoi il n'accordait aucune valeur. La seule expérience concernant cet homme remontait à son adolescence et avait été un moment de surprise et de joies immenses pour ses parents. Point. Son opinion de jeune adulte responsable n'était donc pas encore arrêté.
Luca savait que l'on ne pouvait plaire à tout le monde et que la richesse, comme le pouvoir, entraînaient souvent son lot de jalousie. Le plus souvent, d'ailleurs, de la part des médiocres n'ayant jamais rien fait d'autre que de suivre le mouvement ou le troupeau, selon son point de vue.
Noémie était, quant à elle, légère, un peu nonchalante. Elle ne connaissait pas, pour ne jamais l'avoir expérimentée, les difficultés du quotidien pour l'immense majorité de la population. Née avec une cuillère en or, pas en argent à ce niveau, dans la bouche, sa vie était rythmée par les plaisirs et l'insouciance que permettent la richesse.
Luca l'imaginait dans ce rôle un peu cliché, comme l'héritière inaccessible de l'homme le plus riche de la région, étudiante brillante à Paris ou à l'étranger durant l'année académique, éloignée des réalités de son petit pays et promise à un avenir somptueux. Du moins, c'est ainsi qu'il se l'imaginait ne sachant pas qu'il n'était pas loin de la vérité, à une nuance près mais qui aurait une importance fondamentale.
Ils avaient pourtant fréquenté les mêmes bancs de l'école de la République. Ceux des classes de l'école du village, instruits par un maître des écoles sortit tout droit des livres de Marcel Pagnol, austère et rigoureux, à l'accent chantant des collines de Provence, seule possibilité d'instruction dans un rayon de vingt kilomètres. Ils avaient appris à lire, à écrire et à calculer ensemble. Noémie avec une facilité déconcertante, Luca avec les difficultés d'un enfant dyslexique. Mais déjà, à l'époque, cette petite fille était belle et bien consciente de qui elle était et d'où elle venait.
C'est, du moins, le souvenir de Luca qui, déjà à l'époque, était d'une timidité maladive ne pouvant que s'aggraver puisqu'il était souvent à la traîne en classe. C'était le vilain petit canard incapable de comprendre les matières les plus évidentes et surtout, de les restituer. Tous les garçons se moquaient ouvertement de lui. Il était "Luca l'abruti" ou "Luca l'idiot" selon l'humeur du jour. Les enfants sont souvent méchants entre eux.
Ce calvaire s'était un peu adouci lors de ses études au Collège puis au Lycée de la ville voisine, noyé dans la masse Luca n'était qu'un parmi tous. Noémie et ses anciens condisciples avaient naturellement optés pour cet endroit, à nouveau unique refuge de l'instruction républicaine à des kilomètres à la ronde. Mais il avait toujours autant de difficultés à restituer correctement les matières les plus simples, qu'il comprenait pourtant parfaitement.
Pourtant, à force de travail et de courage, Luca était, aujourd'hui, diplômé de la Faculté d'Aix-en-Provence et il y avait réussi sa dernière année d'étude en Histoire ancienne. Il faisait la fierté de ses parents, ouvriers agricoles sur ces terres écrasées de soleil.
Luca s'était, en effet, découvert une passion pour l'histoire de sa région durant ses années de Lycée par la grâce d'un professeur passionné et passionnant et avait voulu continuer dans cette voie malgré ses difficultés. Et il s'était découvert tant de facilités lorsqu'il était parvenu à contourner ses faiblesses. Tout cela était si simple, finalement. Tout n'était qu'une question de méthodologie et de travail. Il était, à présent, inarrêtable et sa soif de connaissance ne se tarissait pas. Tout l'intéressait, tout l'intriguait. Il disposait à présent d'une solide culture générale en plus de ses connaissances encyclopédiques dans sa propre branche.
Ses anciens bourreaux, qui s'étaient si souvent moqués de lui, le maltraitant et le rabaissant systématiquement, baissaient les yeux aujourd'hui. Aucun n'avait obtenu le sésame suffisant pour poursuivre des études. Ils seraient saisonniers dans les champs d'olives ou métayers dans les grandes propriétés de la région, mécanicien ou vendeur dans un magasin mais certainement pas lauréat d'une université. Petite revanche sur le sort que Luca appréciait à sa juste valeur. Ni avec ostentation, ni en revendiquant une quelconque gloire car il connaissait le poids de ces emplois indispensables à la vie quotidienne pourtant souvent décriés et leurs lots de difficultés. Il savait et ne voulait pas oublier d'où il venait.
Il était conscient cependant qu'il devait sa réussite actuelle à ses années de travail et de douleur. Et il ne comptait pas s'arrêter là. La voie royale vers le doctorat s'offrait à lui, ses professeurs étaient unanimes. Il était revenu au village pour y réfléchir, dans son havre de paix, proche de ses parents qu'il adorait plus que tout, surtout lorsqu'il avait compris les sacrifices qu'ils avaient dû faire pour subvenir maigrement à ses études, eux qui travaillaient sans compter leurs heures. Il voulait simplement leur avis. Ses parents, malgré leur faible instruction, s'étaient toujours intéressés à ce qu'ils ne connaissaient pas et avaient fait en sorte de combler les lacunes dans leurs connaissances. Il pouvait discuter de tout avec eux, tempérant ses ardeurs ou l'encourageant à poursuivre ses efforts. Ses parents avaient été ses modèles par leur courage, leur volonté de s'émanciper de leur statut et leur désir de donner à leur fils unique, le meilleur que leur monde puisse offrir.
Luca l'avait compris très jeune et son respect tout comme son amour pour eux ne faibliraient jamais.
Ainsi, la vie dans le petit village de Saint-Amand était la même que dans bien des endroits en France et dans le monde. Les turpitudes de l'existence de chacun répétées à l'infini. Car, avouons-le ! Nous sommes tous à la recherche de la même chose. Une vie simple, entourés de nos amis et de nos proches, pour que notre passage sur Terre soit une fête, tant que possible. Tant que possible, effectivement. Et nos justifications par rapport à nos échecs ou nos déceptions ne sont que des expiatoires afin de retourner vers ces moments. "L'autre", d'où qu'il vienne, n'est que l'explication simpliste de nos propres manquements. Cet "autre" qui nous emmène vers le chagrin ou la rancune ne représente que nos peurs de perdre ce qui nous est, finalement, le plus cher souvent à cause de notre propre paresse ou notre propre médiocrité. Notre bonheur n'est que le palladium de notre âme, ce qui nous confère, selon notre propre personnalité, la sécurité de l'esprit.
Durant cette nuit, que Luca contemplait le regard toujours rêveur, le cri d'un hibou Grand-Duc résonna. Sec et glacial. Il sortit Luca de ses pensées. Il se leva nu et, face à la fenêtre ouverte, remarqua qu'une lumière brillait toujours chez Noémie, de l'autre côté de la vallée.
Il regarda sa montre, qui indiquait deux heures dix du matin. Il faisait enfin respirable. Les pensées de Luca s'envolèrent à nouveau vers celle qui faisait battre son cœur sans même le savoir, sans même connaitre son existence. Il l'imaginait nue également pour résister au mieux à la chaleur, son corps couvert d'un léger voile de transpiration, quelques gouttes suspendues à ses seins ou roulant vers son nombril, la respiration calmée par la douceur de la nuit. Il l'imaginait passant ses mains lentes sur cette transpiration lui conférant un voile de pudeur terriblement érotique. Ses paumes s'emparer des collines verdoyantes de sa féminité, de son vallon secret et boisé, afin de s'octroyer cette petite décharge électrique permettant l'apaisement des sens et de l'âme. Imaginer Noémie se donnant du plaisir était, selon lui, l'acmé de l'érotisme. Il fantasmait de cet instant dont il serait l'unique spectateur, croisant son regard et lui intimant l'ordre de le faire jouir par ses gémissements et ses gestes.
Luca secoua sa tête pour chasser ces images qui avaient un effet durcissant sur son anatomie et retournant se coucher, il laissa, cette fois, Morphée faire son œuvre et s'endormit, non sans avoir prononcer dans son sommeil naissant le plus joli des prénoms. Elle lui apparut une dernière fois, avançant dans sa robe légère, sourire aux lèvres, heureuse de vivre. Dans son rêve, elle restait inaccessible, au-delà du commun des mortels. Luca n'esquissait pas un geste et pourtant, cette fois, elle se retourna, cherchant son regard. Et le miracle se produisit.
Elle lui sourit.
Dans les brumes de sa somnolence, Luca lui sourit à son tour. Il était grand, il était fier, il était le meilleur de tous.
Son rêve venait de s'enclencher en même temps que sa tête se faisait plus lourde sur le coussin parfumé à la lavande. Il laissa son âme s'envoler auprès d'elle, amoureuse, amicale. Elle l'appelait par son prénom, familière. Son corps offert à la luxure et au plaisir que son amant se promettait de lui offrir, preuve ultime de sa dévotion envers celle qui faisait battre son cœur.
Luca posait ses lèvres sur celles de Noémie, leur langue timide se découvraient, entamant un ballet sensuel et absolument divin par la douceur de cet échange, s'effleurant mutuellement comme pour s'apprivoiser lentement, par la délicatesse et une retenue pourtant excitante. Ses mains s'aventuraient en territoire inconnu, prenant délicatement les seins offerts sur le tissu de la robe avant que la jeune fille ne détache la fermeture. La robe tombant à ses pieds dévoilant un corps sublimé par l'éclat du soleil. Luca recula pour admirer Vénus réincarnée et cru défaillir sous l'éclat de sa jeunesse, risquant de se brûler au voisinage des dieux et des déesses au festin desquels il semblait avoir été invité.
Le soleil levant brillant déjà des milles éclats auxquels il était habitué dans ces régions lorsqu'il atteignit les yeux de Luca. Il se réveilla frustré mais heureux de ces songes enchanteurs. Une nouvelle journée débutait. Il resta encore quelques secondes les yeux clos avant que les brumes de ses rêves nocturnes ne s'échappent de son esprit pour faire place à la difficile réalité du monde. Il sourit mais se leva à contrecœur afin d'aider sa mère à préparer le petit-déjeuner.
Le monde réel frappait au dehors et le simple mortel jeta un dernier regard vers la demeure de sa déesse, de l'autre côté de la vallée toujours noyée du noir de la nuit alors que le ciel rosissait déjà lentement, en haut de cet Olympe inaccessible pour l'homme qu'il était. Il soupira de désespoir et chassa ses pensées personnelles de son être.
En passant dans le couloir encore sombre, il entendit le bruit du réveil de ses parents dans leur chambre dont la porte était close. Il se pencha vers elle et murmura à leur intention
— Maman ? Reste couchée encore un peu, je vais préparer le café pour toi et Papa.
Durant ses séjours chez ses parents qui trimaient comme des fous, il mettait un point d'honneur à être levé avec eux, ne fut-ce que par respect et amour, leur prouver sa reconnaissance pour les sacrifices qu'ils avaient fait pour lui permettre d'échapper à cette existence. Suivre leur horaire était, selon lui, normal. Ses parents se levaient tôt pour échapper, au maximum, à la chaleur des journées. Ils suivaient le rythme méditerranéen, avec un arrêt au début de l'après-midi pour reprendre au-delà de la nuit tombée. C'était la moindre des choses que de leur facilité au maximum la vie. Ainsi, à cinq heures du matin, Luca était debout et préparait un café fort pour ses parents.
Sa journée à lui serait rythmée par le repos, il irait encore boire un café comme tous les jours sur la place du village et y réfléchirait à son avenir, cherchant l'inspiration au milieu de ces vieilles pierres qui semblaient parler à son âme. Il espérait seulement avoir la chance d'apercevoir encore celle qui faisait battre son cœur dans l'espoir d'apaiser, pour un instant, son désir pour elle malgré les obstacles que la Vie avait placé entre eux.
Puis elle poursuivrait son chemin sans le voir. Comme tous les jours sous le soleil de Provence.
Ce qu'il ne savait pas, c'est que le Destin allait se charger de réveiller tout ce petit monde endormit sous la chaleur du soleil levant.
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Commentaires ()
Toujours la même patte, le même style qui te caractérise et que l’on apprécie tant.
Alors, bon retour parmi nous Alexis, le début de cette histoire nous promets une belle escapade dans ton univers. Merci.
Curieux de lire la suite
J'ai hâte de découvrir la suite après une si belle mise en bouche.
Conrad et Arwen se portent bien, je vous remercie pour eux. Malheureusement, ils ne peuvent donner de leurs nouvelles car ils sont, aujourd'hui, hors des mains de leur auteur, tenus à une rigoureuse discrétion en vue d'un avenir qu'ils espèrent radieux.
Cependant, soyez remerciés, chers lecteurs, chères lectrices, commentateurs ou commentatrices, pour ces retours. Ils me vont droit au coeur tout comme votre fidélité qui est, je l'avoue, une surprise sans limites. J'espère que cette petite histoire vous permettra de vous évader et de trouver une forme de plaisir cérébral, à défaut de plus.
Cordialement.
Alexis.
Que voilà un beau texte, bien écrit, bien mené et qui donne l'envie de lire la suite.
Vivement le 19.
J'ai hâte de lire la suite.