Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les lavandes de Provence — Chapitre 13 · Révélations...et bonheurs.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les lavandes de Provence
Chapitre 13 · Révélations...et bonheurs.
En se réveillant, le lendemain matin de cette funeste soirée, Noémie avait les yeux rougis par les larmes et son chignon, savamment arrangé quelques heures plus tôt, n'était plus qu'un amas sans forme.
Pourtant, elle était sereine. Sa nuit de songes et de réflexions lui avait été salutaire.
Elle n'avait rien à reprocher à Luca.
Pourtant, Noémie se sentit encore trahie.
Elle n'arrivait pas à comprendre sa réaction. Ce sentiment était tellement nouveau pour elle. Jamais, durant sa vie, elle n'avait ressenti un tel malaise.
Rien ne l'avait préparée à cela. Et repenser à Luca poser ses lèvres sur celles d'Isabelle lui faisait monter les larmes aux yeux.
Noémie avait assez vu des garçons et des jeunes hommes rompre face à la féminité, à la moindre tentative de séduction, au moindre effeuillage des trésors du corps féminin pour se méfier le reste de sa vie des grands discours ou de ceux qui semblaient pourtant armés face aux risques.
Non, depuis plusieurs mois, elle ne croyait plus à l'existence d'un homme capable de se maîtriser selon les circonstances, capable de réfréner sans effort ce qui faisait de lui un homme. Tous, selon Noémie, étaient les mêmes face à une paire de seins ou à un cul un peu bombé.
Pourtant, Luca lui avait donné tort.
Celui qu'elle croyait n'exister que dans son imaginaire vivait à deux pas d'elle, avait fréquenté les mêmes endroits qu'elle, arpenté les mêmes ruelles écrasées de soleil, cherché abri aux mêmes toits lorsque la chaleur ou les torrents du ciel se déversaient sur son petit pays de Provence.
Il existait.
Il était là.
Mais elle avait joué et perdu.
Elle devait admettre qu'elle était amoureuse. Mais elle savait, également, que Luca était libre de ses choix et que choisir Isabelle avait été logique puisqu'elle avait passé la soirée en sa compagnie. Et pas elle.
Elle connaissait les talents de séduction de son amie pour comprendre la faiblesse de Luca. C'est cela, juste une faiblesse.
Luca avait été faible, comme le sont les hommes, lorsqu'une femme déploie ses charmes. Il lui suffirait de faire de même afin qu'il comprenne son erreur. Et puis, de toute façon, Isabelle avait joué avec lui comme elle le faisait avec tous les hommes qu'elle avait rencontré et avec qui elle avait baisé. Ils ne faisaient que passer dans sa vie tel un souffle. Jamais elle ne les gardait plus d'une fois. Luca ne serait qu'une victime de plus des charmes de sa meilleure amie avant qu'elle ne passe à une autre proie destinée à satisfaire ses pulsions et son besoin viscéral de sexe.
Rassurée par cette dernière pensée, la jeune femme se leva enfin.
Dans sa douche, le jet puissant réveilla entièrement Noémie. L'eau se déversant sur son corps était apaisante et bienfaisante. Une douce langueur s'abattit sur elle. Le désir grandit lentement au creux de ses reins. Le visage de Luca s'imposa à elle et, sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, ses mains partirent à la découverte de son corps. Elle pressa ses seins l'un contre l'autre voluptueusement, avec une lenteur toute calculée afin d'en ressentir chaque instant, ses tétons s'érigèrent sous le plaisir procuré par cette douce caresse qui en appelait tellement d'autres.
Elle les prit entre ses pouces et ses index, les tritura lentement puis, du bout des ongles, les caressa de haut en bas et de droite à gauche, au gré de son désir. Sa respiration s'accéléra petit à petit, sa chatte s'humidifia suivant le plaisir grandissant qu'elle ressentait, ses seins se gonflèrent d'envie. N'y tenant plus, elle dirigea le jet sur son clitoris et ressentit immédiatement le plaisir inondé son sexe et son cortex.
— OOOHH ...OUIIIII…
Ce furent ses seuls mots.
Elle fit passer avec une lenteur toute calculée le jet entre les lèvres offertes de sa chatte, remonta vers son petit bouton pour retourner calmement vers son vagin. Elle répéta ce geste plusieurs fois, laissant à chaque fois le plaisir envahir l'ensemble de son corps.
Ses seins réclamèrent, à leur tour, qu'elle s'en occupe à nouveau. Une main remonta le long de son ventre pour prendre possession de l'un d'eux. Elle le pressa entre ses doigts tandis que le jet d'eau caressait à présent uniquement son clitoris qui s'érigeait de plus en plus hors de sa cachette de chair. Elle pressa son téton entre ses doigts puis, répondant à un instinct dicté par son cerveau reptilien, l'étira doucement mais avec une vigueur qu'elle ne connaissait pas.
Le corps de Noémie n'était plus qu'une sensation dirigée vers l'orgasme.
Elle rapprocha un peu le jet de sa chatte, accentuant la pression sur son point si sensible tandis que sa main maltraitait si délicieusement sa poitrine arrogante et tendue vers le mur en face d'elle. Le plaisir grimpa encore d'un cran lorsqu'elle tendit ses jambes et elle ne put retenir un orgasme bruyant
— OOUIIII…MMMMMH…MEEEERDE…OOH QUE C'EST BOOOOON…LUCAAAAAA.
Ses jambes se dérobèrent alors sous elle tandis qu'elle cherchait à nouveau sa respiration. Jamais elle n'avait joui aussi fort, sentant un peu de son jus de plaisir couler, chaud et visqueux, le long de ses cuisses et se mélanger à l'eau pour mourir sur le carrelage.
Se rendant compte de ce qu'elle venait de vivre, elle sourit. Elle venait d'éjaculer son plaisir. Noémie se découvrait capable de cela. Et elle en fût ravie.
C'est donc heureuse et en souriant qu'elle sortit de cette douche merveilleuse.
Elle passa un petit string blanc en dentelles sous une robe bleu ciel ne laissant pas la place à l'imagination. Sa poitrine ferme et haute se dessinait parfaitement sous le tissu et le sillon dessiné entre ses seins était un simple appel à la beauté féminine.
Elle descendit et trouva sa mère à la cuisine.
Celle-ci avait regardé sa fille arriver et lui trouvait quelque chose de changer. Ce sourire béat, ses yeux pétillants, ce corps provoquant, La Duchesse sourit en comprenant.
Sa fille venait, non seulement de se donner un petit plaisir personnel, mais il y avait autre chose.
Elle “puait” le sexe.
Noémie, en son for intérieur en était également consciente. Son désir pour Luca n'avait pas faibli. Elle allait avoir une conversation avec Isabelle au sujet de celui qu'elle voulait, à présent, tout autant, si ce n'est plus qu'elle.
En entrant dans la cuisine, elle remarqua que sa mère lisait un article du journal en sirotant négligemment un café.
— Bonjour, Maman ! Dit-elle en déposant un baiser sur la joue de sa génitrice.
— Bonjour ma chérie ! Répondit-elle distraitement.
Cependant, au moment où elle déposa un baiser sur la joue de sa fille, elle ne put s'empêcher de remarquer que “quelque chose” était différent, ce matin.
Elle quitta son article pour observer la jeune fille qui, de dos, se servait à son tour son premier café matinal.
Noémie s'assit sur un tabouret, au comptoir du plan de travail, croisant ses jambes nues. Elle buvait, distraite et perdue dans ses pensées érotiques, sans remarquer qu'elle était devenue le centre d'attention unique de sa mère.
Celle-ci comprit rapidement les tenants et les aboutissants de la situation, aussi, elle demanda sans ambages
— Comment s'appelle-t-il ? Dit-elle en reprenant une gorgée de son noir breuvage tandis que ses yeux, au-dessus de la tasse en porcelaine, ne perdait pas une miette de la réaction de sa fille.
Surprise, celle-ci sursauta un peu et, en rougissant un peu, ce qui n'échappa pas à sa mère, répondit
— Hein ? De quoi parles-tu ?
Madame de Saint-Amand, souriante, déposa sa tasse sur le marbre blanc et, levant les yeux vers sa fille lui demanda, le plus naturellement du monde
— Comment s'appelle le garçon qui te rend aussi molle qu'un chamallow et aussi sexy qu'une pin-up ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles ! Répondit la jeune fille un peu trop vite, confortant ainsi sa mère dans son intuition.
— Noémie ! Je lis en toi comme dans un livre ouvert. Je vois bien que tu es amoureuse. Tu rayonnes ma chérie. Tu es splendide et cette lueur dans tes yeux ne peut me tromper sur tes sentiments. Je suis heureuse pour toi, tout simplement. Je voulais partager ce moment avec toi. Mais bon, si tu ne veux pas, je peux également le comprendre. C'est très personnel.
— Effectivement, ce serait terriblement personnel, Maman. Vous ne partagez pas, avec Papa, vos petits secrets d'alcôves avec moi. Je n'ai aucune raison de le faire avec vous.
Cette réponse, sur un ton qui se voulait un peu agressif, n'avait pour but que de détourner sa perspicace mère de son intuition diabolique et de lancer le sujet des parties fines au sein même de cette demeure.
Fronçant les sourcils, la Duchesse regarda un instant pensive sa fille unique puis, questionna
— Je vois que tu es non seulement amoureuse mais surtout belliqueuse. De quoi parles-tu, ma chérie ? Tu sais que je n'ai pas de secret pour toi. Alors vas-y, crache ce que tu as sur le cœur.
— Depuis quand baises-tu avec les parents d'Isabelle ?
Elle venait de lâcher sa bombe. Elle espérait juste que cela ne lui éclaterait pas à la figure. La réaction de sa mère ne pouvait être qu'outrée. Ainsi, elle partirait dans un esclandre face à sa fille et en oublierait alors sa question beaucoup trop perspicace.
Cependant, Noémie fut rapidement déçue.
Parce qu'au lieu de se draper dans la dignité de sa noblesse, dans un déni de lignée, dans un honneur bafoué, notions chères et inséparable de sa mère depuis qu'elle était en âge de la comprendre, sa réaction fut tout autre. Elle prit un visage moins sévère qu'à l'accoutumée, un petit rictus de contentement apparu même à la commissure des lèvres maternelles, comme si elle était enfin heureuse de partager ce secret avec celle qui était l'amour de sa vie. Comme si ce secret avait été trop lourd à porter et qu'il était temps de passer à une autre dimension de confidences.
Ainsi, Madame de Saint-Amand, héritière du titre, descendante d'une famille plus qu'illustre ayant fait, à de nombreuses reprises ses preuves auprès des puissants du Royaume de France, répondit simplement à la surprise de sa fille
— Je baise qui je veux, quand je le veux et comme je le veux, ma chérie. Cela ne te regarde pas, comme tu viens si amicalement de le souligner.
— Maman ? Répondit la jeune femme en écarquillant les yeux comme si elle venait de découvrir un troll dans son jardin.
— Que veux-tu savoir, Noémie ? Que je suis aussi une femme ? Avec ses désirs, ses fantasmes, ses besoins, sa luxure, son besoin de plaisir ? La belle affaire. Comme si ce n'était ton cas.
— Mais...comme cela ? Tenta de contrer Noémie en se donner le masque de l'innocence la plus parfaite.
Elle regarda sa fille avec l'indulgence d'une femme d'expérience puis, soupirant bruyamment, lui répondit
— Nous avons toujours parlé de tout dans cette famille, aucun sujet n'a jamais été tabou. Le sexe, par contre, n'en a jamais fait partie. Qu'il en soit ainsi donc encore une fois, je vais t'expliquer ce que tu brûles, visiblement, de connaître. Mais avant cela, j'ai une question également pour toi. Puisque c'est la matinée des révélations, si nous parlions de tes “expérimentations” londoniennes ?
Cette fois, Noémie ne put retenir le rouge qui lui monta immédiatement aux joues. Elle fixa sa mère, bouche ouverte. Puis, baissant les yeux, elle demanda timidement
— De quoi parles-tu ?
— Noémie, ma chérie. Tu es une femme, à présent. Je sais ce que tu as fait en Angleterre. Penses-tu que nous n'avions pas un œil sur toi, notre fille unique et adorée ? Que ton père, aussi fou de toi qu'il puisse l'être, laisserait sa petite fée seule à Londres sans un minimum de sécurité autour d'elle ? Tu n'es pas idiote, tout de même ?
— Maman ?
— Nous ne t'avons pas fait suivre, rassure-toi. Tu étais libre de ta vie et de tes choix. Ce dont tu ne t'es pas privée, d'ailleurs. Mais en quoi cela nous regarde-t-il ? Tu es adulte, tu fais tes propres choix. Et c'est ainsi que les choses doivent être. Alors, s'il-te-plaît, ne conteste pas les nôtres, à ton père et à moi.
— Mais...et lui ?
— Ma chérie, ton père ne peut plus. C'est aussi simple que cela.
— HEIN ? PAPA ? IL NE PEUT PLUS...
— STOP ! Non, il ne peut plus. C'est temporaire, rassure-toi. Le stress, la pression, c'est juste impossible pour lui actuellement. Son désir est là, mais la machine est fatiguée. Alors, il est présent mais ne participe que par son regard amoureux sur moi. Je ne veux rien s'il n'est pas présent. Ton père est et restera l'homme de ma vie. A tout jamais. Si d'autres jouent avec moi, appelons cela ainsi, dit-elle en rougissant un peu, ce n'est que parce qu'il est présent. Jamais sans lui.
— Il aime le candaulisme ? Osa demander une Noémie dont les yeux, surpris, semblaient sortir de leurs orbites.
— Il l'est devenu par la force des choses. Mais, sans le trahir, je peux te dire qu'il aime cela. C'est tout. Le reste ne te regarde pas, si tu le veux bien. C'est notre jardin secret. Je me demande d'ailleurs comment tu peux être au courant ? Mais bon, je présume que nous n'avons pas été assez prudents.
— Pardon, Maman. Je ne savais pas.
— Maintenant, tu sais.
La Duchesse de Saint-Amand, sa mère, était droite, fière, noble mais derrière cette façade, Noémie perçu immédiatement sa faiblesse et sa culpabilité. Elle avait besoin de cela tout comme elle se détestait de succomber à ses pulsions.
Noémie, se levant, vint enlacer sa mère. Leurs seins se pressant les uns contre les autres, elle la serra très fort dans ses bras et, l'embrassant sur la joue, murmura à son oreille
— Si vous êtes heureux, alors je le suis aussi. Je vous aime, Maman. Au-delà des mots.
— Nous aussi, ma chérie.
Tandis que la jeune femme tournait les talons, retournant terminer son café, sa mère sourit en bougeant un peu la tête de droite à gauche. En soupirant, elle dit
— Noémie ?
—Oui, Maman ? Demanda-t-elle en s'asseyant.
— Comment s'appelle-t-il ?
Ce fut, cette fois, au tour de Noémie de rougir. Sa mère s'en aperçu et ressentit le frisson d'incertitude face à sa fille. Si celle-ci hésitait à lui en parler, c'est que le garçon en question devait être le bon. Sinon, elle aurait balayé cette discussion d'un revers de la main et retournant à son café.
Madame la Duchesse ne voyait absolument aucun inconvénient à ce que sa fille profite de sa jeunesse en s'encanaillant auprès de jeunes hommes vigoureux afin de satisfaire une libido qu'elle savait importante. Ses aventures londoniennes qu'elle venait d'évoquer et dont elle connaissait les tenants et les aboutissants en était la preuve.
Mais à notre époque, la liberté sexuelle, surtout concernant les femmes, était une réalité. Et c'était parfait ainsi. Que Noémie “baise” à gauche ou à droite pour s'amuser, c'était de sa génération. Mais les choses étaient claires entre elles. Un jour, un garçon lui ferait ressentir un sentiment nouveau.
Et celui-là, elle voulait le rencontrer.
Ainsi, la Duchesse attendait le nom de celui qu'elle présentait avoir cueilli le cœur de sa fille adorée.
Mais ce nom ne vint pas. Noémie répondit
— Je n'en sais encore rien, Maman. C'est un sentiment bizarre, diffus, hésitant qui m'anime. J'ai envie de fuir mais je me sens irrémédiablement attirée par lui.
Sa mère resta silencieuse quelques secondes puis, les yeux brillants, elle déclara
— Je suis heureuse pour toi, ma chérie. J'espère que tu as trouvé la perle rare. Mais n'écoute que ton cœur, pas ta vieille mère radotant à longueur d'années sur son futur beau-fils. Tu sais que je reste Vieille France mais ton bonheur est plus important à mes yeux que tous les titres du monde.
Noémie écarta les yeux et osa poser la question qui lui brûlait les lèvres
— Maman ? Tu te sens bien ?
— Je sais que c'est inattendu, ma chérie. Mais, vois-tu, s'il y a quelque chose que mes dernières...expériences personnelles m'ont appris, c'est que notre vision des choses ne doit jamais être tronquées par ce que nous pensons être la norme. Notre point de vue est toujours biaisé par le prisme de notre héritage. Mais lorsque l'on s'en défait, c'est un monde qui s'offre à nous. Ton père m'a permis d'ouvrir les yeux sur mon monde, sur ce qu'il peut offrir. J'étais enfermée dans le carcan des traditions familiales. Je n'en veux plus. Du moins, je ne veux plus de l'imposer si ta conscience te montre une autre voie. Tout ce qui m'intéresse à présent, c'est uniquement le bonheur de ceux qui m'entourent. Comme j'ai trouvé mon équilibre et le bonheur auprès d'un homme exceptionnel. Mon cœur me l'avait dit sans que je ne me rende compte des possibilités qu'il allait m'offrir.
— Maman ?
— Lorsque j'ai rencontré cet homme, j'ai senti sa force, sa volonté, son charisme et son amour pour moi. C'était tellement évident, ma chérie. Rien ne m'aurait détourné de lui. Il a essayé de m'expliquer ce que je refusais de vivre, de croire. Par bravade, par fierté, choisis ce que tu veux, j'ai repoussé ces possibilités. Puis son blocage est apparu. J'ai toujours été friande de sexe, ma puce. C'est difficile de te parler de cela, mais je sens que je dois le faire. Alors, il m'a proposé de profiter des joies de la sexualité en sa présence, mais sans pouvoir participer. J'ai refusé, hurlé, crié au scandale. Il est resté calme et serein, se contentant de me sourire et de m'embrasser. Puis cette idée a fait son chemin. Jusqu'au jour où il m'a emmené chez les parents d'Isabelle, libertins convaincus. Mes défenses se sont affaiblies petit à petit, lentement. Il m'a façonné vers cette idée. Puis, j'ai craqué et j'en suis terriblement heureuse. Lui aussi. Alors si j'ai pu changer de point de vue sur la sexualité, je n'aurai aucun mal à changer de point de vue sur celui que tu aimeras, sur celui que tu choisiras.
— Oh Maman. Comme je t'aime.
— Je t'aime aussi ma puce, répondit la Duchesse en enlaçant sa fille qui s'était jetée dans ses bras.
Les deux femmes se regardèrent un instant en souriant et Noémie comprit que sa mère ne plaisantait pas. Son choix serait respecté. Luca devenait donc une réelle possibilité pour la jeune femme.
C'est à cet instant qu'elle sentit naître un amour infini dans son cœur, comme si elle avait tenté de le brider durant ces jours. Comme si la vision de sa mère, austère et rigide concernant sa descendance, venait de s'envoler comme un mauvais brouillard cachant le plus beau des paysages.
Toute sa vie, elle avait entendu que son choix ne serait pas le sien mais celui de la Duchesse, que son futur mari devrait appartenir à son monde, posséder ses valeurs. Plaire à sa belle-mère ne serait que secondaire s'il cochait toutes les cases de la généalogie et de la noblesse.
Elle comprenait pourquoi elle avait eu tant de mal à accepter que Luca entre dans son cœur, qu'elle avait tenté, même contre sa propre volonté, de le pousser dans les bras d'Isabelle.
En fait, Noémie avait inconsciemment tout manigancé afin d'éloigner ce jeune homme d'elle, de cet amour qu'elle pensait impossible. Ce n'est que lorsqu'elle les avait vu ensemble qu'elle avait craqué et s'était avoué les sentiments qui l'assaillaient. Et à présent, sa mère lui avouait qu'elle ne serait pas inquiète si un roturier prenait la succession de sa famille.
Elle avait donc tout raté.
Sauf...
Sauf que depuis ce matin, elle avait décidé de récupérer cet homme. Elle avait éprouvé sa patience, sa maîtrise de lui, son intelligence. Elle était certaine d'elle.
Mais elle ne voulait pas encore l'avouer à sa mère. Car aujourd'hui, Luca s'était éloigné d'elle. Il roucoulait dans les bras de sa meilleure amie.
Du moins, c'est ce dont elle était certaine.
Tandis que sa mère s'était absentée pour se rendre à Aix-en-Provence, auprès d'une amie un peu souffrante, Noémie avait décidé de rester à la maison.
Elle avait retiré sa petite robe si sexy pour un bikini bleu minimaliste. Elle comptait, cette fois, profiter de la piscine et parfaire son bronzage. Elle avait bien mérité ce petit moment personnel tout en réfléchissant à Luca et Isabelle.
Tandis que la matinée s'écoulait lentement, Noémie lisait quelques messages sur son téléphone tout en écoutant de la musique. Elle avait retiré le haut de son maillot et bronzait seins nus. Sa jeune poitrine se tenait parfaitement malgré sa taille. Le privilège de la jeunesse.
Elle sentit la morsure du soleil alors qu'il allait atteindre son zénith. Elle prit le tube de crème et, les mains pleines, s'en enduisit à nouveau. Elle passa lentement sur ses seins brûlant, sur son ventre plat, sur le haut de ses cuisses pour revenir et terminer son œuvre dans son cou et sur son visage.
C'est à cet instant qu'elle reçut un message d'Isabelle.
Noémie sourit. Elle avait bien l'intention de parler avec elle. L'heure des révélations avait sonné. Aussi, elle répondit
Elle n'attendit pas la réponse, elle savait qu'elle viendrait puisque Noémie était déjà au courant de ce qu'elle allait lui dire. Que Luca fût tombé dans ses filets et qu'elle l'avait baisé jusqu'à épuisement. Elle doutait seulement que Luca soit plus endurant que Maxime, et cela fit sourire la jeune fille au souvenir de la déception que son amie avait connu dans les bras de ce bellâtre de pacotille. Luca était sublime, merveilleux. Mais c'était Luca. Le jeune homme timide et réservé qu'elle avait connu. On peut changer son aspect, on ne change pas qui l'on est.
Quelques minutes plus tard, elle entendit une voiture s'arrêter sur les graviers blancs de la propriété. Puis, elle arriva par le sentier à côté de la maison.
— Salut Nono ! Tes parents sont absents ?
— Oui, Papa est parti bosser pour préparer son prochain voyage à New-York et Maman est à Aix pour voir une amie.
— Cool, on est seule alors.
— On dirait !
Isabelle se pencha et négligemment, posa ses mains sur les seins de son amie tout en déposant ses lèvres sur les siennes.
— Mets ton maillot et allons piquer une tête ! Proposa Noémie qui avait pu sentir que son amie n'avait pas changé et qu'elle était toujours aussi proche d'elle.
En un instant, Isabelle se débarrassa de sa petite juste et de son petit top blanc pour apparaître, à son tour, en bikini rouge. Sa poitrine gonflée semblait vouloir déchirer le fin tissu tandis que son tanga minimaliste lui dessinait une paire de fesses monstrueusement sexy.
Les filles sautèrent ensemble dans l'eau en riant. Elle se chamaillèrent quelques instants, s'aspergeant d'eau fraîche puis, elles nagèrent deux longueurs. Noémie remonta sur le bord et, se tournant vers son amie, lui demanda
— J'ai soif ! Tu veux boire quelque chose ?
— Oui ! Il te reste de ce vin d'hier ?
— J'en ai encore quelques bouteilles, oui ! Déclara Noémie en souriant.
— Au frais ?
— Bien sûr.
— Alors, si tu veux bien, j'en prendrai un verre avec plaisir. Il était délicieux.
— C'est parti.
Quelques instants plus tard, la jeune fille était de retour avec deux verres et une bouteille. Isabelle était remontée sur la plage de la piscine et lézardait au soleil. Elle avait, à son tour, retiré le haut de son bikini, dévoilant sa poitrine sculptée par un artiste. Ses seins étaient fermes et ses tétons, refroidis par le froid, pointaient un peu en direction du ciel.
Noémie, admirant les courbes gracieuses de sa meilleure amie, imagina les mains de Luca sur les seins, les hanches, les fesses de son amie et une pointe de jalousie apparu. Elle secoua la tête et, s'approchant, déposa le verre à côté de son amie.
— À ta santé, Isa.
— À la tienne, ma chérie.
— Et à tes amours ! Répondit encore Noémie avec une pointe d'amertume et d'agressivité qu'elle regretta immédiatement.
Face à cette offensive à laquelle elle s'attendait, Isabelle sourit, se leva et se retourna dans sa splendide nudité face à son amie.
— De quoi parles-tu, Nono ?
— Je t'ai vue, hier soir, avec Luca.
— Et qu'as-tu vu ?
— Votre baiser, pour commencer.
— Pour commencer ? Demanda une Isabelle joyeuse et, intérieurement, hilare.
— Je me doute qu'il a dû y avoir une suite, non ?
— Tu es bien curieuse, ma puce.
— Je ne peux pas ?
— Bien sûr que si. Mais si je ne te connaissais pas, je dirais que je décèle une pointe de jalousie dans ces paroles. Je me trompe ?
Noémie mit quelques secondes avant de répondre. Mais elle ne pouvait mentir à sa meilleure amie, qui connaissait de toute façon son attirance pour le jeune homme qu'elles convoitaient, à présent, toutes les deux.
Elle joua donc la carte de la sincérité.
— Non, tu ne te trompes pas.
Isabelle regarda alors son amie d'un autre oeil. Comme une rivale. Pour la première fois de leur vie, elles étaient en concurrence. Mais l'amitié qu'elles se portaient interdisait le mensonge ou les faux-semblants. Aussi, Isabelle joua-t-elle également la même carte.
— Je ne vais pas te mentir, Nono. Tu sais que je t'aime plus que quiconque sur cette planète. Mais je suis sous le charme. Pour la première fois de ma vie, j'ai envie de revoir le même garçon une seconde fois.
— À ce point-là ? Demanda une Noémie désarçonnée par cette réponse.
Noémie pensait que son amie avait couché avec Luca mais que, à son habitude, elle allait passer à autre chose, sans se retourner. C'est donc peu dire qu'elle était sous le choc de cette révélation. Isabelle allait devenir sa rivale. Et cela, elle n'était pas prête à l'accepter.
Isabelle sentit et comprit immédiatement que “quelque chose” clochait.
Elle sourit du désarroi de son amie. Malheureusement, elle se sentait mal également. Elle comprit immédiatement de quoi il retournait. Elle décida donc de continuer le jeu de la vérité.
— Oui ! C'est à ce point-là, ma Nono.
Les deux jeunes femmes se regardèrent en silence. Isabelle porta son verre à ses lèvres tandis que Noémie chassait une mouche imaginaire. Puis, elle demanda
— Tu es amoureuse ?
— Oui !
— Il baise bien ? Osa-t-elle, un trémolo dans la voix et luttant contre des larmes qui montaient bien involontairement.
Isabelle regarda son amie et comprit alors complètement son désarroi. Elle répondit
— Je n'en sais rien.
C'est peu dire que cette réponse surprit Noémie. Elle ne put le cacher et, dans un rire cristallin, Isabelle éclaira alors sa lanterne.
— Nono, on n'a rien fait. Nous avons juste discuté.
— Je t'ai vu l'embrasser, je te rappelle.
— C'est vrai. Mais je me suis fait jetée la seconde d'après.
— QUOI ?
— Je te le jure. Il n'est pas comme les autres, c'est certain. Tellement plus mature, tellement plus intelligent. Mon Dieu, Nono, j'ai mouillé comme une étudiante universitaire face à un prof un peu trop beau. Il a acquis un tel charisme, une telle prestance. J'ai fondu, j'ai craqué, sans même tenter de résister.
— À ce point ? Répéta-t-elle.
— Ouais. Et le pire, tu sais ce que c'est ?
— Non, dis-moi !
Isabelle reprit une gorgée du vin qui rafraichit sa gorge. Elle déposa son verre sur la table basse entre les deux bains de soleil et, se penchant vers l'oreille de son amie, lui murmura doucement
— Il n'en est même pas conscient.
— Que veux-tu dire ? Demanda une Noémie intriguée et ferrée tel un poisson au bout de l'hameçon.
— Il ne doute pas à quel point il est charismatique, à quel point il est attirant et à quel point j'aurai littéralement abandonné toute pudeur pour lui.
Noémie n'en revenait pas. Si Isabelle se lançait dans de telles déclarations enflammées, c'est qu'elle n'avait encore rien décelé chez ce garçon qui faisait pourtant déjà battre son cœur.
Elle observa encore son amie. La lueur brillante dans ses yeux lui indiqua qu'elle n'était pas en train de se moquer d'elle. Elle pensait sincèrement tout ce qu'elle venait de déclarer. Et, Noémie en était certaine, elle était encore loin de lui avoir tout dévoiler.
Elle devait en avoir la certitude. Elle provoqua donc son amie.
— Tu te moques de moi. On parle de Luca, là. Tu te souviens ? Le vilain petit canard de la bande. Celui à qui personne ne parlait, ou presque. Celui qui était incapable de retenir une table de multiplication ou une règle de grammaire.
— C'est exactement ce que je te dis, Nono. Il est devenu tellement...tout.
Isabelle était en train de rougir en parlant de lui. Noémie sentait son trouble à distance, elle était véritablement sous le charme de Luca. Elle avait peur de penser les mots qui se battaient dans son esprit, elle voulait les refouler, les anéantir afin de ne pas souffrir. Mais ils surgirent alors tel un torrent de montagne à la sortie d'un hiver rigoureux.
Elle était folle amoureuse.
Noémie eut du mal à réfréner son trouble et sa peine. C'est Isabelle qui lui offrit une porte de sortie en reprenant la parole. Mais pas comme elle le pensait.
Car après quelques secondes de silence, Isabelle conclut par deux mots.
— Un alpha.
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Commentaires ()
L'autre point intéressant est la tolérance au sein de la famille de Noémie et la complicité entre la jeune fille et sa mère.
c'est une magnifique histoire qui nous est proposée, pour laquelle on attend toujours la suite avec impatience!
Vivement la suite, j'ai vraiment hâte de connaître ce qui va se produire.
J’adore
Suis fan
Noemie n’est pas hors course
Lucas qui va t’il choisir
Vivement la suite
Merci a l auteur pour cette série magnifiquement écrite
Elle nous tient en haleine
Très belle histoire très bien écrite qui nous tiens en haleine
Vivement la suite
Noemie n’est pas hors course
Vivement la suite
Lucas qui va t’il choisir
J’ai hâte
Le seul reproche que je peux faire c'est que c'est toujours obligé d'attendre la suite ;-)
Vivement le prochain chapitre