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✦ AlexisPC Les lavandes de Provence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les lavandes de Provence — Chapitre 3 · Un bien étrange sentiment...

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AlexisPC
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Les lavandes de Provence

Chapitre 3 · Un bien étrange sentiment...

La nuit avait été agitée pour Noémie.
Elle n'en comprenait pas l'origine. Comme si son cerveau avait voulu lui envoyer un signal qu'elle n'avait pas su lire. Pourtant, elle n'avait rien fait ou dit qui sortait de l'ordinaire. Ses journées de vacances étaient rythmées par ses routines lorsqu'elle était chez elle. 
En se levant, elle y pensait toujours.
Même sa douche matinale n'avait pu effacer sur son front cette petite ligne qui apparaissait depuis toute petite lorsqu'elle était contrariée.
Sortant nue de l'eau revigorante, elle s'admira dans la psyché. Son corps de jeune femme était toujours le même. Elle sourit à cette pensée et, pouffant de rire, passa ses mains sous ses seins pour les soupeser. Ils avaient toujours le même poids. Comme tous les matins depuis que sa poitrine avait atteint sa taille définitive.
Elle en était fière. Comme probablement toutes les femmes du monde sont heureuses de constater l'augmentation de leurs seins afin que leur silhouette soit toujours belle. Non pas pour le plaisir de ces messieurs, car après tout, leur origine trouve une signification ailleurs que dans le plaisir. Mais elles savent, également, que cela contribue sans nul doute à leur beauté. Elle inspecta sa pilosité et sourit en remarquant le petit triangle suspendu au-dessus de la ligne de démarcation de l'entrée de ses plaisirs solitaires. Elle réfléchissait encore au besoin de se débarrasser de ce fin duvet et de suivre la mode actuelle chez les femmes de s'épiler entièrement le sexe. Elle se demandait encore combien de temps elle allait y résister.
Cela étant dit, Noémie prit une robe de saison dans sa garde-robe et l'enfila en décidant de se passer de soutien-gorge. Après tout, la chaleur le lui permettait.
Elle descendit les escaliers calmement, laissant son esprit s'évader à nouveau.
Noémie était une jeune fille rêveuse, calme, disciplinée par son éducation. Son père l'avait voulu ainsi. Lui permettant d'explorer les différentes parties de sa personnalité malgré le poids de la tradition. Au grand dam de sa mère, qui ne jurait que par les mots “discipline”, “ austérité”, “rigueur”, “protocole”.
La duchesse de Saint-Amand était l'héritière du titre. C'était sa famille qui l'avait obtenu sur les champs de bataille que l'Histoire à retenu. Son aïeul était présent au côté du Roi de France François I lorsqu'il écrivit dans sa lettre à sa mère Louise de Savoie cette phrase devenue célèbre après sa défaite lors de la bataille de Pavie en 1525 : “Tout est perdu, fors l'honneur”. Il avait secouru le Roi alors qu'il était en danger de mort, l'avait soutenu et accompagné lors de son emprisonnement d'une année à Madrid et, dans la famille, l'on susurrait encore que ce fût lui qui avait conseillé au Roi de France de contester le décret de Madrid du 14 janvier 1526.
Tout le monde sait aujourd'hui que cette phrase a été tronquée par plusieurs historiens et écrivains. Que la phrase écrite à Louise de Savoie fût “Pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est restée que l'honneur et la vie sauve”.
Mais la réalité historique ne passe pas souvent le prisme de la gloriole ou celui de son utilisation à des fins moins nobles comme la réécriture de la propagande.
Son père était un homme à la rare érudition, un homme d'une intelligence supérieure qui avait fait fortune dans l'informatique et qui avait eu la chance de se faire aimer de la mère de Noémie malgré ses origines plus que modestes.
Aujourd'hui, Monsieur le Duc de Saint-Amand, par mariage, était à la tête d'une propriété et d'une fortune impressionnante.
Mais personne ne savait qu'il s'en moquait.
Le seul bien important à ses yeux était sa famille.
Son amour pour sa femme, parfois austère, ne faiblissait pas. Et elle le savait. Elle l'aimait aussi comme au premier jour où son regard s'était posé sur lui. Elle avait su le jour de leur rencontre que, malgré les obstacles, elle venait de trouver le père de ses futurs enfants.
Un amour véritable naquit et quelques années plus tard, un mariage. Puis une fille. La perle de son père, l'amour infini de sa mère.
Noémie avait donc grandi dans un amour immense, loin des stéréotypes que véhiculent la société concernant les gens nés avec une particule dans leur nom de famille. C'était une famille simple, dont les parents étaient concernés par la réussite et l'épanouissement de leur fille. La seule chose importante à leurs yeux même si Madame de Saint-Amand rêvait, tout de même, de léguer son titre à un homme digne de celui-ci.
— Cela ne peut être n'importe qui ! Rétorquait-elle systématiquement et définitivement lorsque la question lui était posée concernant les amours de sa fille et héritière unique.
Ainsi, malgré ce caillou dans sa chaussure, Noémie grandissait sous la bienveillance de ses géniteurs bien loin de l'image austère qu'ils donnaient d'eux-mêmes lorsqu'il s'agissait de paraître en public.
Ainsi, le village pensait cette famille hors d'atteinte, loin d'eux-mêmes et de leurs problèmes. La plupart des habitants travaillant sur les terres de cette famille. Payés en heures et bénéficiant de certains aménagements non-négligeables, ils pensaient que ces “patrons” n'étaient intéressés que par la rentabilité et que ce bien-être octroyés n'avait pour but que la paix sociale.
Mais tous se trompaient car Monsieur le Duc se souciait réellement du bien-être de ses ouvriers et de ses employés. Le seul problème résidait, comme souvent, dans la communication. Les terres du Duché qui restaient dans la possession familiale ne permettaient absolument pas l'entretien du Mas et le salaire des ouvriers.
Le surplus venait de la cassette personnelle du Duc. Ses différentes sociétés de par le monde lui rapportait une fortune considérable qu'il utilisait en salaires et donations lorsqu'il avait payé ses propres besoins ainsi que ceux de sa famille.
Mais de cela, personne n'était au courant.
Pas même son épouse ou sa fille.
Mais il s'en moquait. Car à ses yeux, rien n'était devenu plus important que l'amour de son épouse qui ne voulait vivre nulle part ailleurs que sur ces terres qui avaient vu naître et mourir ses ancêtres. Quant à sa fille, sa perle unique, l'amour ultime de sa vie, son plus précieux trésor, elle n'avait quitté ses terres que par le besoin de terminer ses études, après une année en Erasmus à Londres, à HEC Paris, en finances internationales. La meilleure école du Monde dans ce domaine. Car elle comptait bien reprendre, lorsque son père serait trop âgé ou fatigué, les rennes de ses entreprises. Par amour pour lui. Parce que c'était l'œuvre de sa vie. Et parce que c'était un défi qui l'intéressait.
Noémie était une jeune fille brillante. Depuis toujours. Les facilités qui étaient les siennes, elle les avait transformées en atouts pour obtenir ce qu'elle désirait. Car la volonté de cette jeune femme n'avait d'égal que sa gentillesse ou sa beauté. Choisissez. Elle ne voulait que rendre ses parents fiers d'elle, les conserver auprès d'elle tant que possible. Bénéficiez de leur amour infini le plus longtemps possible. Offrir à sa mère une descendance qui la rendrait heureuse ainsi que voir le bonheur et la fierté dans les yeux de son père.
Noémie entra dans la cuisine du Mas et, après avoir déposé un chaste baiser sur la joue encore piquante de son père, elle se servit un café et s'assit.
— Bonjour Papa. Tu as bien dormi ?
— Bonjour ma chérie. Oui, je te remercie. J'en avais besoin.
— Tu travailles trop, Papa. Tu n'as plus trente ans. Je m'inquiète pour toi.
Sur ces paroles, sa mère entra dans la cuisine. Vêtue d'une nuisette en soie noire et d'un peignoir de la même eau, elle demanda
— De quoi t'inquiète-tu de si bon matin, ma chérie ?
— De la santé de l'homme de ma vie, déclara solennelle une Noémie qui avait eu le sens théâtral de laisser un blanc avant de prendre une grande respiration et de faire cette déclaration en coup de tonnerre.
— PARDON ? Déclara sa mère. Tu as un homme dans ta vie et je ne le sais pas ?
Elle rit en compagnie de son père qui connaissait la susceptibilité de son épouse sur le sujet.
— Mais je vous en prie, continuez à vous moquer d'une pauvre femme.
— Maman, s'il-te-plaît. Je parlais de Papa. Je m'inquiète pour lui, c'est tout. Je n'ai personne et je ne veux personne actuellement. Quand le comprendras-tu ?
— OOOOOOOH...TOIII ! Et elle prit sa fille dans ses bras en riant pour lui donner un baiser sur la joue faisant fi de ces dernières déclarations.
— Pardon Maman, dit-elle en riant, mais c'est trop facile avec toi.
— Je t'aime ma fille.
C'est dans la bonne humeur que le petit-déjeuner se déroula rapidement, Monsieur de Saint-Amand devant se rendre à son travail.
— Papa ? Demande Noémie avec un peu plus de timidité que d'habitude.
— Oui, ma chérie ? Répondit-il en prenant son téléphone et ses clés sur le buffet de l'entrée du Mas.
— Je suis diplômée à présent. Tu te souviens ?
Son père suspendit son geste et, une fraction de seconde, regarda son épouse. Celle-ci hocha alors la tête après quelques secondes, souriante.
— Je sais, mon amour. Et je sais ce que je t'ai promis. Cela va venir, ne t'inquiète pas.
— Mais quand ? Demanda une Noémie timide.
— Bientôt, ma chérie. Laisse-moi préparer le terrain et tu m'accompagneras alors.
— N'es-tu pas le patron qui décide ?
— Bien sûr, mais je ne voudrais pas imposer ma fille à mes collaborateurs d'un seul coup.
— Papa, s'il-te-plaît. Ils me connaissent depuis des années, ils savent que j'arrive, ils connaissent mon pedigree et mes études. Dis-moi simplement que tu me trouves trop nulle pour travailler avec toi et je chercherai un autre boulot.
Elle tourna alors les talons et, en courant, s'enfuit dans sa chambre en retenant les larmes qui lui montaient aux yeux.
Restés ensemble dans le grand couloir, Monsieur de Saint-Amand hocha négativement la tête en regardant son épouse puis, il déclara
— Tu sais que j'accepte ton point de vue, Hélène. Mais j'estime que tu fais fausse route la concernant.
— Je suis convaincue de ma décision, Guillaume. Je veux qu'elle se marie avant de travailler.
— Tu te rends bien compte de ce que tu dis ? Cela peut encore prendre des années, car ta fille chérie ne fréquente personne et n'en a visiblement pas l'intention dans les prochains jours. Tu l'as entendue, non. Et ce n'est pas la première fois qu'elle l'affirme avec cette conviction.
— Tu as raison, mon chéri ! Je suis à nouveau en proie à ces doutes et à cette peur panique ridicule et d'un autre âge. Mais je suis telle que j'ai été faite, même si je lutte, crois-moi. D'ailleurs...
— Que veux-tu dire, Hélène ?
— Prépare tout pour son arrivée auprès de toi. Le plus tôt sera le mieux. Je vois et je comprends qu'elle est malheureuse. Et cela, c'est au-dessus de mes forces.
— Tu es certaine ?
— Non ! Répondit-elle avec un petit sourire. Mais Noémie me force la main, d'un certain point de vue. Je la vois trépigner et je sais qu'elle t'aime au-delà de la raison. Travailler à tes côtés a toujours été le rêve de sa vie. Tu te souviens lorsqu'elle t'accompagnait au bureau, petite fille ?
— Oui ! Répondit Guillaume en riant. Elle jouait à taper des mémos et faisait tourner en bourrique Dominique avec le téléphone et le fax tout en courant dans tous les bureaux pour réclamer des dossiers imaginaires.
— Cette pauvre Dominique en a vu avec elle. C'est vrai. Mais quelle patience elle a eu avec Noémie.
— Ma secrétaire l'aime aussi énormément, tu le sais. Même si c'est avec la discrétion qui la caractérise depuis toujours.
— Fais-ce qu'il faut, Guillaume. Tu as raison. Il est temps. Et salue Dominique de ma part. Il faudra que je l'appelle un de ces jours. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas vues toutes les deux.
— Passe une bonne journée ma chérie. Je ferai comme tu le veux. Tu es très belle mon amour, j'adore cette robe. Elle te rend grâce.
Son épouse rougit au compliment tout en posant ses lèvres sur celles de son mari. Qu'elle pouvait aimer cet homme patient, aimant et calme. Elle ne le croyait pas, se trouvant un peu trop potelée, les hanches un peu trop développées et les seins un peu trop lourds pour se passer d'une lingerie adaptée. Mais elle fût heureuse d'entendre ces paroles qui la rassuraient surtout sur son mari.
Il restait un bel homme, à la prestance certaine. Ses cheveux grisonnants lui donnaient un air un peu plus sévère mais son regard bleu électrisait toujours ses interlocuteurs. Elle s'y était noyée si souvent lorsqu'ils faisaient l'amour tendrement ou avec la force d'un ouragan.
Elle se perdit dans ses souvenirs de leur dernier ébat, quelques jours auparavant, durant lequel elle avait joui avec un plaisir audible lorsqu'il s'était perdu entre ses jambes ou lorsqu'il avait honoré sa poitrine. Elle sourit à ce souvenir et sentit ses seins se durcir un peu, signe évident de son excitation et de son plaisir.
Elle se dirigea vers la cuisine, se servit un autre café et alla s'asseoir, rêveuse, sur la terrasse.
Noémie redescendit quelques minutes plus tard, les yeux encore un peu rougis mais avec une sérénité et une dignité retrouvée.
Elle chercha sa mère qu'elle dénicha sur la terrasse, en train d'admirer le paysage qui s'étendait sous ses yeux.
Elle n'entendit pas sa fille sortir par la grande baie vitrée du salon. Noémie admira un instant sa mère. C'était vraiment une belle femme. Son port toujours parfait, elle semblait, ce matin, fragile.
Ses cheveux châtains et long volaient légèrement sous la petite brise matinale, sa fine robe à fleurs laissaient deviner un corps fin mais ferme. D'ailleurs, sa poitrine, un rien plus lourde que celle de sa fille, se portait encore seule parfaitement. Son ventre restait plat et ses jambes étaient parfaitement galbées.
— L'utilisation des talons ! Disait la Duchesse en mimant un dos en compote.
D'ailleurs, elle était pieds nus ce matin. Et Noémie était certaine de la beauté intemporelle de sa génitrice malgré ses dénégations constantes quant à son physique et à l'âge qui n'aidait en rien.
Noémie regarda, à son tour, la vallée sous ses yeux. Où que son regard ne porte, elle savait que ces terres appartenaient à sa famille. Le village de Saint-Amand qui portait d'ailleurs son patronyme semblait si paisible, comme encore endormit au creux de la dépression s'étendant sous ses pieds. Les vieilles pierres des maisons semblaient déjà absorber une partie de la chaleur que le soleil levant avait déclenché. Souriante, elle aimait ce moment où elle contemplait son chez-elle, l'endroit où elle voulait vivre. Certes, Paris avait des atouts. Mais c'était dans ce lieu qu'elle respirait à pleins poumons et que le calme semblait l'emporter sur tout le reste.
Son regard se posa alors sur l'une des demeures en dehors du village, nichée au creux des arbres, encore à l'ombre à cette heure matinale. Mais ce ne fut que lorsqu'elle se rappela qui l'habitait que son cœur fit un bond auquel elle ne s'attendait pas.
C'était la maison des parents de Luca.
Elle se souvenait encore du jour où sa mère et son père en avait fait don aux parents de son ancien condisciple pour le travail exemplaire qu'ils avaient accompli depuis tant d'années de services et de labeurs sur les terres familiales. Elle se souvint aussi lorsque ses parents avaient expliqué à la jeune fille qu'elle était encore que ces gens ne vécussent que pour leur fils unique, que tous les sacrifices qu'ils faisaient n'avaient que le but de lui permettre de quitter la condition qui était la leur. Aussi, sans avoir l'air de les aider ou d'avoir pitié d'eux, ce qu'ils auraient pris pour une insulte, Monsieur de Saint-Amand leur avait légué cette demeure, les faisant propriétaires de leur premier bien. Les charges liées à la location de la maison avaient alors été redistribuées dans le budget de cette famille pour permettre d'envoyer Luca aux études supérieures.
Mais ce que retint Noémie, c'était les élans de son cœur qui battait à présent plus rapidement lorsque le visage et le nom de Luca étaient apparus dans son esprit.
Elle dut s'asseoir pour ne pas perdre l'équilibre tant ce sentiment auquel elle ne s'attendait pas la submergea. Elle comprit alors le sens de ce réveil bizarre, de ces pensées saugrenues, de son inquiétude en regardant son physique dans le miroir et enfin de cette subite et stupide colère contre son père qui n'avait été que l'exutoire d'un sentiment qu'elle ne comprenait pas à cet instant.
Luca.
Mais que lui arrivait-il ?
Jamais elle ne s'était intéressée à lui de cette façon. Elle l'avait toujours considéré comme un condisciple, un peu maladroit et timide, mais avec une force de conviction et une détermination exemplaire. Oui, un bon camarade, un ami sincère même si les paroles échangées se comptaient sur les doigts des deux mains durant leurs dernières années communes.
Non, c'était simplement la coïncidence d'hier, lorsqu'elle l'avait revu pour la première fois depuis des années. Depuis qu'elle était partie à Paris et lui...d'ailleurs, qu'avait-il fait ? Ses parents souhaitaient des études supérieures mais elle se souvenait de ses difficultés scolaires.
Perdues dans ses pensées et ses réflexions, Noémie ne vit pas que sa mère l'observait avec attention depuis quelques instants. Comme si elle cherchait à surprendre ce qui agitait ainsi sa fille.
— Noémie ?
— Hein ? Oh, pardon Maman. J'étais dans mes pensées.
— Peut-on savoir ce qui te vaut une telle concentration ? Est-ce la discussion avec ton père, ce matin ?
Noémie se demanda si elle avait besoin de parler de Luca à sa mère. Elle venait de lui offrir une porte de sortie et, en un instant, elle décida de l'emprunter.
— Je suis un peu vexée, Maman. Papa et toi savez que j'attends cet instant depuis que je suis petite fille. Je veux aider Papa et le décharger de cette masse de travail qui est la sienne. Il se tue au boulot pour nous, et il pense que nous ne le savons pas. Il est temps que je m'investisse dans la gestion de ses entreprises et de la propriété. Mais, pardonne-moi Maman, tu es toujours avec cette idée fixe de ta descendance, de tes petits-enfants, que tu ne vois plus que cela. Papa est fatigué, Maman. Ne le vois-tu donc pas ?
— Je sais tout cela, ma chérie, et je m'en rends compte.
— Alors laisse-moi l'aider, déclara-t-elle en se mettant à genoux devant sa mère, posant ses mains sur ses genoux et la regardant dans les yeux.
— C'est ce que je viens de lui demander, ma puce.
Noémie mit quelques secondes à réaliser ce que sa mère venait de dire. Puis,
— Maman ? Tu veux dire que...
— Que tu ailles commencer à travailler avec ton père dès que ce sera possible. Je me rends que ce n'est pas ainsi que tu pourras t'épanouir. Il est vrai que te voir mère à ton tour est important pour moi. Mais pas au prix de ton bonheur et de ce que tu souhaites. Je l'ai compris ce matin.
— Oh merci, Maman.
— C'est à moi de te remercier, Noémie. Je t'aime tellement ma chérie.
— Moi aussi, Maman.
La discussion prit alors un tour plus léger, Noémie oubliant un instant les tourments qui l'avaient assailli en sortant sur la terrasse. Elles parlèrent de la chaleur, de l'été qui s'annonçait, des récoltes qui seraient probablement touchées par la sécheresse qui menaçait. Mais c'est lorsque sa mère décida d'aller s'assurer que les métayers ne manquaient pas d'eau et qu'ils prenaient bien les pauses nécessaires à leur dur labeur, que Noémie décidé de l'accompagner.
Elle l'avait annoncé sans même y réfléchir comme lorsque l'on agit par réflexe.
Ce n'est que lorsqu'elle y pensa qu'elle comprit pourquoi elle venait d'affirmer son accord avec tant de force. Ses parents "à lui" travaillaient certainement, en ce moment, dans les champs. Elle avait envie de les revoir et de se rapprocher un peu de ce qui l'avait tant tourmenté ce matin. Peut-être cela lui permettrait-il de comprendre pourquoi il la hantait depuis cette nuit.
Luca.
 
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mozart
31 mars 2026 à 21:05
Agréable à suivre.
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aime28
7 janvier 2025 à 00:39
C’est un véritable plaisir cette suite vivement la suite
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OlgaT
5 janvier 2025 à 16:23
Merci pour ce beau texte, très prometteur, qui annonce une histoire forte!
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OlivierX
30 décembre 2024 à 14:05
Jolie chapitre, pleins de questionnements. L’amour naissant des deux personnages, c’est touchant et annonciateur de chapitres excitants.
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Osensuel
23 décembre 2024 à 11:40
Quelle joie de retrouver votre écriture. Je pressens que ce récit risque de devenir aussi addictif que l’histoire de Conrad et Arwen. Je me demande d’ailleurs si ces 4 jeunes gens ne vont pas finir par se rencontrer. Au plaisir de decouvrir la suite
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eduvittel
23 décembre 2024 à 09:04
Ah l'amour et la jeunesse!
Très jolie histoire!
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