Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les lavandes de Provence — Chapitre 2 · Une rencontre...fortuite.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les lavandes de Provence
Chapitre 2 · Une rencontre...fortuite.
Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Luca sortit de sa douche. Il s'était rafraichi avant d'affronter la chaleur, déjà caniculaire, de ce milieu de matinée. Ses parents, levés aux aurores pour aller travailler dans les champs, étaient partis depuis quelques heures déjà.
Il se sentait bien, reposé. Heureux d'être à nouveau chez lui, dans son village, sur cette terre qu'il aimait par-dessus tout.
Luca décida d'aller au village constatant que le pain commençait à manquer. Il se mit en route sur le chemin qui bordait la maison de ses parents. Il ferait le tour par les sentiers au milieu des champs, plus calmes et moins chauds que le bitume de la route régionale.
Il chercha les coins d'ombre pour éviter, au maximum, la morsure du soleil. L'ombre bienfaisante des arbres le long du sentier lui permit de parcourir calmement le trajet vers Saint-Amand sans transpirer outre-mesure.
Sur la place du marché, il commanda son pain qu'il passerait prendre avant de rentrer chez lui.
Il s'installa à une table à l'ombre d'un parasol, sur la terrasse de son bistrot habituel à l'ombre des anciennes Halles et commanda un café. Il regarda passer les badauds, pressés de se mettre à l'abri de la chaleur.
Un ami de son père s'installa à la table voisine et le reconnaissant, l'apostropha
— Ça alors ! Luca ! Tu es de retour ?
— Bonjour Monsieur Arnaud ! Eh oui, comme vous le constatez.
— Tu as bien changé, dis donc. Tu es devenu un homme maintenant. Tu as pris en muscles et en taille, c'est bien. Alors ? Comment cela s'est-il passé chez les fadas ?
Luca sourit. Pour les gens du village, tous ceux qui vivaient à un rythme différent du leur était des “fadas”. Pourquoi courir lorsqu'on peut le faire en marchant calmement ? Alors les gens comme des parisiens ou vivant dans une grande ville, c'était du pain béni pour eux.
— C'était assez chouette, en fait. J'ai obtenu mon diplôme et maintenant, je me repose un peu.
— Mais tu es revenu au village pour cela. C'est bien ce que je dis. Des “fadas”, déclara-t-il dans un éclat de rire qui fit sourire Luca.
— C'est cela !
Les voisins de tables e tournèrent alors vers eux, et la conversation débuta. C'était, depuis toujours, ainsi que cela fonctionnait. Les questions fusèrent sur ses études, le pourquoi, le comment, l'intérêt de passer son temps à étudier des choses disparues alors que les récoltes souffraient du manque d'eau, et divers sujets relatif au village.
Luca s'amusait comme un petit fou. Que cela lui avait manqué. Même s'il ne participait pas, auparavant, aux discussions, cette atmosphère simple et douce lui avait terriblement fait défaut. Maintenant qu'il était considéré comme un adulte, c'est-à-dire une personne dont la moindre parole pouvait avoir un intérêt et, surtout, permettre la contradiction, il ne s'en priverait pas, pensa-t-il en souriant à nouveau.
Tandis que la discussion s'animait, elle apparut. Au moment où Luca tournait la tête vers la petite église en pierres sur la place du village, Noémie sortit sur le soleil, éclipsant tout le reste. Elle portait une robe d'un blanc immaculé et était chaussée de sandales à talons pleins en toiles.
Elle était sublime.
Luca ne pouvait détacher son regard d'elle tant elle semblait briller plus fort que le soleil. Elle souriait et discutait paisiblement en marchant avec l'une de ses amies que Luca reconnu à son tour.
Isabelle de Beauvoir. Une jeune fille issue d'une vieille famille aristocratique comme Noémie. Un monde au-delà de celui de Luca. Il admira les splendides créations de la Nature qui passaient devant lui.
Isabelle était aussi gracieuse que Noémie. Mais avec sur le visage un masque de certitudes et de mépris dont elle ne pouvait se défaire. Luca ne l'aimait pas. Elle était gratuitement méchante et méprisante avec tous ceux qu'elle croisait et qui n'appartenaient pas à son monde. Même ceux appartenant à son cercle.
Si l'expression “Nombril du Monde” avait été inventée, cela ne pouvait être que pour Isabelle de Beauvoir.
— Noémie !
Le cri retentit juste à côté des oreilles de Luca. Il sursauta, effrayé par ce bruit qui le fit sortir de sa torpeur.
Elle tourna la tête et, souriante, se dirigea vers la terrasse du bistrot. Arrivée à quelques mètres, elle dit
— Arnaud ! Bonjour. Comment allez-vous ? Il y a longtemps que je ne vous ai croisé.
— Bonjour ma grande ! Il faudra que tu préviennes ta mère que le travail qu'elle m'a commandé est prêt. Tu veux bien ?
— Bonjour ma grande ! Il faudra que tu préviennes ta mère que le travail qu'elle m'a commandé est prêt. Tu veux bien ?
La discussion s'entama ainsi entre Noémie et le vieil ami du père de Luca. Celui-ci, assis à la table voisine, ne perdait pas une miette de ce moment privilégié auquel il ne s'attendait pas, merveilleuse surprise de ce jour.
Il détailla la jeune femme avec délice mais surtout courtoisie. Pas question de passer pour le voyeur ou l'obsédé de service. Siffler les filles en rue, ce n'était pas et ce ne serait jamais son style. Luca contempla donc celle dont il était fou. Ses jambes fuselées sur lesquels on distinguait un début de bronzage qui rendait sa peau luisante et brillante, ses hanches merveilleuses, sa poitrine dont l'ampleur et la rondeur ne pouvait être que la pièce maitresse d'un maître d'œuvre en la matière, sculptée par les dieux, son cou gracile, sa bouche vermeille et son regard étincelant, pétillant et dans lequel Luca aurait voulu plonger pour ne jamais revenir à la surface.
Il avisa une goutte de transpiration qui glissa le long de son cou, elle poursuivit sa course vers le haut du corsage de sa bien-aimée, puis, disparaissant sous le fin coton de sa robe merveilleuse, il l'imagina terminer sa course sur le sein offert, fantasme ultime de sa jeunesse.
— Bonjour Luca !
Il fallut quelques secondes au jeune homme pour entendre ce son qui venait de résonner à ses oreilles. Il leva des yeux qui devaient sembler sortir de leurs orbites lorsqu'il comprit qui s'adressait à lui.
La voix retentit à nouveau
— Bonjour Luca ! Il y a longtemps que je ne t'ai pas vu.
Luca avala sa salive et, sous le regard un peu moqueur de Monsieur Arnaud, répondit
— Bonjour Noémie. Effectivement, cela fait un bail.
Elle lui sourit, avant de prendre congé
— Passez une bonne journée et protégez-vous de la chaleur. Au revoir. A bientôt, Luca !
Luca resta bouche bée un instant avant de cligner des yeux plusieurs fois et de redescendre sur Terre. Noémie lui avait parlé. Celle qu'il aimait au-delà des mots venait de lui adresser la parole.
En tournant la tête, il vit que tous les hommes sur la terrasse souriaient. Mais c'est Monsieur Arnaud qui rompit le silence par cette phrase
— Ah, la jeunesse et l'amour.
Ce qui fit éclater de rire l'assemblée.
Sauf Luca qui rougit jusqu'aux deux oreilles et se leva pour quitter l'assemblée présente.
Il eut juste le temps de voir Noémie se retourner et sourire au sous-entendu qui était parvenu jusqu'à ses oreilles.
En marchant rapidement, Luca pestait contre lui-même. Quel idiot !
Maintenant, Noémie devait se moquer royalement de lui avec sa pimbêche de copine. Il les imaginait tellement rire et mimer sa réaction de primate. Mais quel imbécile il était.
Sans s'en rendre compte, il parcourut le chemin de retour à la vitesse de l'éclair, ne se souciant pas de la chaleur, de l'ombre bienfaisante, du soleil mordant. C'est donc tout naturellement couvert de sueur qu'il entra chez lui vers midi.
La fraîcheur du lieu, lorsqu'il franchit la porte massive de la demeure familiale, le rappela à l'ordre et sa transpiration se déclencha alors. Luca dégoulinait littéralement sous l'effort qu'il venait de consentir et sous le changement de température violent qu'il avait subi en passant le seuil de la porte.
La maison de Luca n'était pas luxueuse, certes. Mais elle était fonctionnelle, parfaitement réfléchie et surtout terriblement bien isolée du froid des saisons hivernales et de la chaleur des saisons d'été.
Les pierres massives qui en formaient la structure étaient le fruit de centaines d'années de pratiques de constructions. Une maison en pierre et torchis impeccablement entretenue selon les principes des bâtisseurs anciens. Une merveille due aux expérimentations du temps.
On construisait dans ces régions de cette façon depuis l'Antiquité. C'est dire si ce système pourtant réputé “archaïque” avait fait ses preuves durant des générations et des générations.
Aujourd'hui, le béton, les briques et le plastique ont remplacé ces structures. Plus faciles, moins onéreux, plus rapides. Voilà le leitmotiv. Prendre le temps, ajuster avec précisions, chercher la faille et y remédier, tout cela prend trop de temps et d'argent. On fait simple, fonctionnel et on passe à la suite. Est-ce mieux ? Est-ce moins bien ? Chacun a sa propre opinion. Le progrès est-il toujours un bienfait ? Si l'on se fie aux réseaux sociaux, à la “presse” sur internet, à la vitesse toujours plus rapide des informations, à la facilité et au renouvellement des objets après deux années de vie, Luca en doutait.
Quoiqu'il en soit, ses cogitations terminées, il profitait à présent de la fraîcheur de sa maison familiale.
Mais dès qu'il tourna la tête et vit la demeure de celle qui hantait son esprit, il se souvint de sa rencontre. Elle était juste parfaite, élégante, belle, divine.
Il voulut chasser de son esprit cette vision et ce souvenir humiliant. Il décida de prendre une douche froide rapide pour faire descendre la température de son corps.
Nu en quelque seconde, Luca ouvrit le mitigeur de la douche en pierre.
La salle de bain était à l'avenant de la demeure.
Fonctionnelle.
Les murs en pierre ne laissaient entrer ni la chaleur, ni le froid. Le sol, en tomettes provençales, dispensaient une température constante à la pièce. Parfaite. On se sentait bien dans ces pièces, faites de matériaux bruts mais nobles. Une carte postale aurait pu être prise dans cette demeure pour illustrer la “rusticité” et “l'authenticité” provençale.
Ces notions avaient toujours fait sourire Luca lorsqu'il les avait évoquées avec ses amis. Pour eux, c'était un gage d'authenticité, comme ils disaient. Pour lui, c'était le quotidien.
L'eau fraîche le ramena à la raison. Dieu, que c'était bon.
Il sentit sa température corporelle descendre et revenir à la normale. Pendant ce temps, jouant avec le mitigeur, il l'augmenta progressivement afin de ne pas suer dès qu'il sortirait du jet d'eau bienfaisant.
Laissant sa température corporelle se rapprocher lentement de la température extérieure, Luca eut, à nouveau, la vision de Noémie.
Il la revit, dans sa robe légère. Les courbes de son corps ne laissant planer aucun doute sur sa féminité et sur la grâce qui lui avait été accordée. Elle rayonnait.
Luca ferma les yeux et, sans s'en rendre compte, son sexe se banda instantanément. Son pénis n'était pas gigantesque comme certains que l'on peut “admirer” sur les sites dédiés mais il n'en était pas mécontent. Les garçons restent des garçons et la taille de leur organe peut jouer un rôle important dans leur conception de ce qu'est la virilité. Certains s'en affranchissent lorsque la réflexion prend le dessus, d'autres ne jurent que par cela. Il faut de tout pour faire un Monde. Et c'est bien ainsi. Les femmes sont bien complexées par la taille de leurs attributs mammaires ou de leurs hanches, fesses, lèvres, mollets, cuisses et...bref. Chacun sa croix, n'est-ce pas ?
Il empoigna son sexe devenu turgescent et, sans vraiment s'en rendre compte, les yeux fermés, fixés sur son fantasme absolu, entama une masturbation lente, laissant petit à petit le plaisir grandir depuis son pubis et gagner tout son être. Il entendait à nouveau sa voix si suave, ce petit grain de corde vocale un peu rauque mais lui donnant un sex-appeal indéniable. Son bras gauche se tendit et il dut poser sa main à plat contre le mur pour ne pas défaillir lorsque, dans son esprit, les seins arrondis et le sillon qu'il avait pu déceler, s'imposèrent à lui. Il ouvrit la bouche et un son guttural en sortit, signe évident que le plaisir grandissait encore un peu en lui.
Noémie ! Oh mon Dieu...
Furent les seuls mots qu'il prononça lorsque, de son sexe, son orgasme se déclencha. Son sperme se mélangea sur le carrelage à l'eau de la douche qui l'aspergeait encore. Plusieurs jets jaillirent, puissants et abondants, preuve ultime de l'orgasme qui ravageait l'ensemble de son corps, depuis ses pieds jusqu'à la pointe de ses cheveux.
Luca tomba à genoux, son sexe toujours entre ses doigts. Il pressait un peu plus fort sur le fragile outil de son plaisir, comme si cela suffirait à arrêter ce qu'il venait de déclencher.
En ouvrant les yeux, sa respiration était haletante, il sentait l'ensemble de son corps se couvrir d'une nouvelle pellicule de transpiration alors qu'il était toujours sous sa douche. Jamais, au grand jamais, Luca n'avait ressenti un tel orgasme par la masturbation. Non pas qu'il était un adepte fidèle de la religion de Priape, mais il devait, comme toute personne qui fantasme et désire le plaisir du corps, satisfaire aux élancements de son esprit.
Il lui fallut quelques respirations profondes pour enfin calmer les ardeurs de son corps. Jamais Luca n'avait joui de la sorte. Comme si voir et entendre celle qu'il aimait à quelques mètres de lui avait enfin déclencher en lui ce désir qu'il considérait comme impossible. “Bonjour Luca !” Deux mots qui venaient de confirmer dans son esprit que la fatalité n'en était pas une.
En fait, Luca, contre vents et marées, était en train de se persuader que Noémie ressentait la même chose que lui, un amour qu'elle n'avait jamais osé lui avouer.
La fougue de sa jeunesse, son inexpérience en la matière malgré ses quelques conquêtes n'était qu'un miroir aux alouettes. Il s'en rendit compte alors qu'il sortait en de la salle d'eaux.
Comment pouvait-il seulement continuer à rêver de la sorte.
Ces pensées toutes plus contradictoires les unes que les autres ne l'aidaient pas à se sentir mieux.
Cette rencontre fortuite, ces quelques mots échangés, cet orgasme ravageur, tout cela était nouveau et méritait une analyse approfondie. Luca se servit un verre de jus d'orange et sortit sur la minuscule terrasse de ses parents, à l'abri d'un pin parasol.
Il s'assit.
Il réfléchit.
Tout cela n'était pas logique et allait à l'encontre de la réalité. Comment un ange comme Noémie pouvait-elle poser un regard autre qu'amical au grand maximum sur un être comme lui ?
Non, il devait rester dans le fantasme, le rêve et ne pas trop s'approcher du Soleil. Icare avait tenté le coup et s'était brûlé les ailes.
Pourtant, ce Soleil allait bientôt briller encore plus fort le lendemain.
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Commentaires ()
On se demande d'ailleurs quel sera le catalyseur entre Luca et Noemie, dont les univers semblent si éloignés.