Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les Chroniques de l'Ether — Chapitre 8 · (Re)naissance du Mal
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Les Chroniques de l'Ether
Chapitre 8 · (Re)naissance du Mal
Chapitre 8 - (Re)naissance du Mal
La sueur coulait sur son front, encadré par une cascade de cheveux noir corbeau. Le Jour cognait dur sur sa peau tannée, et ses muscles saillaient sous le poids de la charrue qu'il tirait à l'aide d'un animal de trait, un auroch titanesque. Le champ se dessinait petit à petit par les sillons que le paysan formait dans la terre noire. Jeune, il bénéficiait de la force et de l'endurance qui commençaient à faire défaut à son vieux père. Le torse nu, l'échine courbée mais gainée, l'homme marchait sans relâche, les mains saisissant les mancherons du soc. Ses pas s'enfonçaient dans la terre humidifiée par la pluie de la veille, mais il progressait avec constance. L'auroch ne faiblissait pas et, bientôt, le champ qui lui avait été confié serait prêt pour les semailles. Le Jour montait puis commençait sa descente, alors que le bourreau de travail soufflait derrière le bœuf, forçant sur ses jambes, poussant de ses bras.
L'œil attentif, son père scrutait son fils en préparant les sacs de semis de blé, maïs, orge, houblon, malt. La parcelle qu'il lui avait confiée était conséquente mais la fierté le prit quand il constata les efforts considérables qu'il déployait pour en arriver à bout. Il savait qu'il n'aurait pas fini au coucher du Jour, mais lui-même n'en aurait pas fait autant à son âge. Il était fasciné par la force hors du commun qu'il possédait. La chance lui valut que jamais une once de malice n'avait étreint son cœur. Tiberius avait une réelle confiance en son dernier né, ses deux premiers l'aimant également énormément. Un peu reclus du village dans lequel il prospérait, il avait élevé ses trois enfants seul, dans le respect des règles et de la morale, comme son père avant lui. Bien que sa femme fût morte à la naissance de sa fille, Nésis, son deuxième enfant, personne ne s'était jamais aventuré à l'interroger sur l'arrivée du dernier né. Beaucoup de rumeurs avaient en revanche circulé à son sujet : sorcellerie, rapt d'une femme, viol de sa fille. Toutes aussi abjectes les unes que les autres, jamais pourtant clairement démenties, elles finirent par se tarir lorsque, arrivé à un âge utile, Kryphakalos se révéla être un garçon tout à fait charmant, bien élevé et très aidant. La population vieillissait inlassablement et les anciens furent bien heureux de trouver en lui la force et la tempérance nécessaire pour travailler au champ, ou à la forge où il brillait par ses créations de ferronnerie en tout genre, ou même comme bâtisseur quand une demeure s'écroulait. Évidemment, il n'était pas le seul jeune du village, mais son acuité intellectuelle n'avait d'égal que la force et la calme qui l'animaient. Une force de la nature mue par un esprit vif et intéressé.
— Krypha ! appela son père. T'en assez fait pour c'te cycle !
L'interpellé se redressa alors et organisa le retour du bovidé. Il défit le joug qui entravait l'animal et le déposa contre le coutre. Avec douceur, il le mena ensuite à travers le champ vers l'étable, où il lui remplit ses auges d'eau et de fourrage. Il l'entendait ruminer et boire avec bruit et et plaisir, tandis qu'il se rendait auprès de son père.
— Tu as bien labouré aujourd'hui ! D'ici trois cycles nous pourrons commencer les semis, le félicita Tiberius, la fierté dans sa voix.
— Merci, Père ! Mais tu sais, j'aurais pu continuer encore.
— Je le sais, mais un tel travail est éreintant pour le corps, et si tu veux continuer à y trouver ton plaisir, prends soin de toi et prends le temps de bien faire. Ta satisfaction n'en sera plus grande.
— Bien, Père !
Ils se lavèrent les mains et les bras au lavoir posé contre la maison, après s'être époussetés. Puis ils s'assirent à l'ombre de l'auvent en bois et fer forgé qui servait d'entrée. Le bois du banc craqua un peu sous le poids des deux hommes et ils contemplèrent l'horizon, le champ qui s'étendait, la forêt en arrière-plan, le ciel d'un bleu profond, le Jour décroissant lentement dans une teinte rougissante. L'ancien souleva une trappe à ses pieds et en sortit une bouteille de bière fraîche et dégoulinante d'eau. Il prit deux gobelets propres sur le lavoir et leur servit deux bolets de mousse brune.
— Fiston, voilà maintenant vingt ans que tu es parmi nous ! A ta santé !
— Et ils trinquèrent, ils burent quelques gorgées qui les désaltérèrent.
— Que je suis parmi vous, mais je ne suis pas de ton engeance, n'est-ce pas ?
Tiberius posa son verre et observa son fils avec intensité, songeur.
— En effet, nous avons eu Theobalt et Nésis avant que leur mère ne meure en couche. Un jour, quand Nésis avait six ans, une femme étrange qui nous avait aidés une fois est arrivée devant chez nous avec un service à nous demander. Toi.
— Moi ? Mais je ne comprends pas…
Le paternel prit une gorgée de bière avant de reprendre :
— Tu es née au bord de la rivière, d'après la femme, et tes parents sont morts. C'est tout ce qu'elle a jugé bon de me dire. Je ne sais rien de plus. Tout ce que j'ai de ton arrivée est le lange feuillu dans lequel elle t'a enveloppé.
Il rentra dans la maison, et semblait fouiller. Kryphakalos était perdu suite à ses révélations, bien qu'il en eût deviné une partie. Le fait que ce fût réel représentait quand même un choc. Ses frère et sœur le savaient mais le lui avaient caché. Tout paraissait s'éclaircir et en même temps s'assombrir. Il avait les valeurs qu'on lui avait inculqué mais plus les années passaient, plus il ressentait une divergence physique qu'il ne parvenait pas jusque là à expliquer. Son père revint avec un paquet dans les mains et se rassit :
— Tiens.
Il s'en saisit et ouvrit l'emballage de tissus. Il découvrit le lange en question : une grande feuille encore fraîche, couleur vert brun, d'une incroyable douceur. Une chaleur agréable semblait s'en dégager. Il regarda son père :
— Mais qui était-ce ? Je n'avais jamais vu un tel ouvrage.
— Un genre de magicienne des bois, incroyablement belle et puissante. C'est tout ce que je sais, lui affirma Tiberius, les yeux humides. M'en veux-tu de t'avoir caché tout ça ?
— Non, pourquoi te reprocherais-je de m'avoir éduqué comme ton propre fils ? Tu as endossé ce rôle avec brio. Tu es mon père, et tes enfants sont ma fratrie. Alors merci au contraire d'avoir su faire preuve de bonté dans un moment aussi compliqué que représentait l'Écho Tardif. Je suis bien arrivé à cette période ?
— Oui exact.
Et ils burent beaucoup ce soir-là. Les souvenirs de l'enfance rejaillissaient. Et ce fut avec des cloches dans la tête qu'il se couchèrent.
Kryphakalos se sentait oppressé. Son cœur était serré dans un étau, sa tête tambourinait rageusement. Il flottait dans une torpeur qui le paralysait. Il vit une créature étonnante, qui tenait autant de la plante que de l'humaine, protéger un bébé dans ses bras. Il la vit chantonner et le consoler. Mais l'ambiance était terrible : le ciel sombre et emplissant la grève où elle se trouvait d'ombres menaçantes, la Nuit blafarde découpée par les arbres brûlés. La tourmente était alimentée en son for intérieur d'idées malsaines, violentes, munies d'éclairs sournois et vifs. Il sentait le sang glacé bouillonner dans ses veines, ses tripes geler et lui picorer l'abdomen comme une pelote d'aiguillons de givre. Une volonté de meurtre et d'actes indicibles lui étouffa la gorge. De sa malice, sa haine et sa méfiance, il recouvrit ces deux êtres qui paraissaient désormais pris dans un brouillard pernicieux, suffocant et aveuglant. Mais aveuglant, ça ne l'était pas. Deux yeux noirs de charbon le scrutaient depuis l'abîme. Ils lui chuchotaient les pires obscénités, déformant la réalité du rêve qu'il faisait, s'insinuant insidieusement dans ses veines, rampant à travers les fibres de son corps. Le désir inhumain de voir cet enfant brûler lui broyait les entrailles. L'envie démente de prendre sauvagement cette dryade lui sciait les os. Cela lui consuma le cerveau. Il voulut hurler pour lutter et exulter cette rage qui s'emparait de lui, mais aucun son ne sortit. Le regard obscur ricana, lui pilonnant le chef.
Au petit matin, un véritable concert martelait le crâne du jeune, alors que Tiberius avait déjà attelé l'auroch et labourait en sifflotant. N'ayant, pour ainsi dire, aucun souvenir de son cauchemar, il avala un grand gobelet d'eau puis un deuxième. Ses yeux le brûlaient encore et ses mains irradiaient. Cela faisait plusieurs semaines qu'il se réveillait avec la même douleur diffuse, et sournoise. Cette dernière monta brutalement et dans un gémissement de douleur un claquement sec retentit en même temps que ses mains se déchargèrent dans l'air dans une gerbe blanche. Sa migraine baissa enfin. Cela allait être un problème à régler, se disait-il depuis que cela avait commencé. Mais il ne parvenait pas à comprendre le pourquoi du comment.
Ne s'y attardant pas plus, il s'en fut au village pour échanger quelques provisions contre la récolte d'œufs du matin. Il croisa Nésis avec ses deux enfants, qu'il embrassa tous très fort. Il la trouvait toujours très en beauté et ses grossesses n'avaient pas abîmé son corps. En même temps, son métier de soin des animaux l'amenait à beaucoup se déplacer et le plus souvent à pied, ce qui, forcément, lui affûtait les courbes. Il l'accompagna pour déposer Cahel et Norha dans une grande crèche, qui servait d'école pour les plus grands. Passant devant un grand bâtiment en construction, qui servirait à accueillir des émissaires de la capitale, ils conversèrent ensemble, entre autres choses à propos des révélations de la veille, puis ils se quittèrent devant l'épicerie, Nésis poursuivant son chemin pour aller traiter un animal dans une ferme voisine.
La petite vendeuse était là. C'était une jeune femme de son âge, une blondinette d'à peine cinq pieds aux cheveux tombant sur ses épaules nues. Fluette, elle était vêtue, comme de coutûme, d'un bustier prune de dentelle qui se liait derrière son cou en masquant légèrement sa poitrine ronde mais peu imposante, d'une jupe plissée courte sombre lie-de-vin et d'une petite paire de bottines confortables en cuir. Ses yeux pers se posèrent sur lui, alors qu'il investissait les lieux, et s'illuminèrent de joie.
— Bonjour mon petit amour ! l'accueillit-elle en sautillant vers lui pour déposer un baiser passionné sur ses lèvres.
— Bonjour ma petite Nymeria, lui répondit-il, amoureux.
— Tu viens chez moi ce soir ? Je crois que je suis prête, lui expliqua-t-elle, rougissante.
— Oh, eh bien oui avec grand plaisir ! D'ailleurs il va falloir qu'on officialise notre relation, non ?
Le regard de la blondinette se fit penaud. Elle n'aimait pas trop aller vite, et appréciait davantage prendre son temps. Alors qu'un couple entra dans la boutique, ils se séparèrent dans un petit sursaut et Kryphakalos feignit de chercher quelques produits. Pendant ce temps, Nymeria s'occupa de procéder au troc de rigueur. Le couple proposait diverses confiseries sucrées et demandait en retour du pain et de quoi se sustenter pour quelques jours. Cela se passait ainsi : chacun avait quelque chose à donner, un savoir-faire à faire profiter à la communauté, le but étant que chacun puisse avoir une existence sereine. Comme la plupart des habitants de ce continent, les homomorphes cherchaient un moyen de travailler dans l'harmonie, ensemble. La population ayant énormément décru ces mille cinq cents dernières années, chaque individu avait sa place dans cette pseudo-société.
Le couple partit avec ses provisions et le jeune homme s'avança vers sa dulcinée. Et ils convinrent de la transaction, ainsi que du rendez-vous de ce soir. Un dernier baiser, une main glissant vers son fessier que Nymeria chassa avec amusement, et le jeune homme s'en fut rejoindre son père au champ.
La journée se passa sans encombre. Le bœuf et le jeune homme continuèrent le labourage du champ, pendant que Tiberius commençait à semer sur une autre parcelle les céréales qu'il avait préparées la veille. Au couchant, fourbus par la tâche, ils se retrouvèrent assis sur le même banc qu'hier à siroter la même bière, à contempler le même paysage, sans le moindre ennui.
— Je vais voir des copains ce soir au village.
— Mmmh. Fais attention à toi et va te laver, tu empestes la terre et la sueur ! Je ne crois pas qu'ils apprécieraient ton odeur ! lança-t-il, non sans humour, un sourire jusqu'aux oreilles.
Le jeune homme ne releva pas la remarque et se leva. Il serra son père dans les bras et se dirigea vers la rivière, une serviette sous le bras, un savon naturel dans l'autre main. Arrivé à la rive, il se déshabilla complètement et plongea dans l'eau claire et fraîche. Cette baignade le stimulait et le délassait. Il se savonna le corps aux muscles saillants et noueux, nettoyant ainsi chaque parcelle de son corps : sa tignasse, son buste velu, ses jambes affutées, ses pieds et son intimité un peu broussailleuse mais de belle taille. Il passa sa main plusieurs fois le long de sa verge qui durcissait légèrement. Il était aussi un peu angoissé par les évènements à venir, il espérait qu'il connût la marche à suivre. Une fois bien lessivé, il se rinça dans les tourbillons de l'eau et sortit de la rivière pour se sécher avec la serviette prévue à cet effet. Il enfila un capri brun propre avec une chemise de lin blanche, ainsi qu'un gilet cardigan ouvert.
Le Jour couché, il frappa à la porte du logis de Nymeria. Il la découvrit dans l'embrasure de la porte, magnifique dans sa petite robe pervenche au décolleté sage mais suffisamment sensuel pour éveiller en lui une nuée de papillons. Ses cheveux blonds étaient coiffés avec astuce et goût, lui dégageant partiellement la nuque blanche. Ses yeux de saphir pétillaient de malice et de joie, la peau de son visage scintillant sous le feu des étoiles de la nue noire. La première étreinte lui réchauffa le cœur et la porte se referma derrière eux, à l'abri des regards indiscrets, par une pression de son pied nu.
— Je suis tellement heureuse de t'avoir chez moi ! déclara-t-elle, au comble de la joie.
Le jeune homme, quelque peu timide, découvrait son logis sobre mais décoré de fleurs. Il y en avait partout : au mur, dans des vases, par terre, sur la table, dans la cuisine, rampant au plafond. Partout. Et de toutes les couleurs. Il balaya des yeux la pièce qui servait de salle de vie, cuisine et détente, nul angle n'était épargné. Pourtant, malgré cette surcharge florale, il régnait une atmosphère douce, légère et voluptueuse.
Son hôtesse avait préparé un repas frugal, accompagné d'un hydromel de sa conception, dont la fragrance se diffusait lentement dans l'air. Ils s'assirent donc à table et conversèrent, mangeant et buvant, riant et se cherchant du regard. Le moment était paisible, et, à la lumière des chandelles d'Erotium, les assiettes se vidèrent. Après avoir débarrassé et nettoyé la table ensemble, Nymeria semblait conquise par l'attention que lui portait le belle homme à la crinière corbeau qui s'installa, sous son invitation, dans le canapé, examinant le livre qui traînait là. Elle le rejoignit avec deux mugs fumant d'une décoction d'herbes, qui révélait un parfum de jasmin agrémenté de thé vert. Le sirotant tout en débattant sur la folle histoire autour du livre qu'il avait trouvé, Kryphakalos détaillait la belle assise à ses côtés, les jambes repliées sous son giron, son cœur s'emplissant de joie et d'un sentiment le déstabilisant.
Alors, n'écoutant que son instinct, il se pencha vers elle et l'embrassa en amenant son visage vers lui d'un geste doux. Elle le lui rendit et leur passion s'embrasa. Elle se mit à califourchon sur lui, saisissant sa nuque des deux mains, et reprit son baiser. Nymeria semblait possédée par la fièvre amoureuse, perdant raison pour cet homme qui lui faisait chavirer le cœur, vendant son âme pour cet être si tendre. Elle plaquait sa poitrine contre la sienne, embrassant chaque parcelle du visage de son amant. Ses lèvres parcouraient sa peau frénétiquement, descendant dans le cou, puis revenant vers ses lèvres encore brûlantes du baiser interrompu.
De son côté, Kryphakalos ne restait pas attentiste et profitait allègrement, malgré une lourdeur dans le crâne, une sensation connue mais inconnue. Alors, sentant la jeune fille au bord de l'explosion. Il se surprit à sentir son sexe durcir et grandir sous les assauts du bassin de la belle qui gigotait. Ses mains se glissaient dans ses cheveux, dans son dos, puis allaient vers ses fesses musclées toujours recouvertes par sa courte robe. Il les palpa alors, ressentant les contractions involontaires de Nymeria qui perdait pied. Concentré sur les baisers et les caresses qu'elle lui prodiguait, il lâcha ses fesses pour s'attarder sur ses pieds, qu'il massa tendrement, avant de remonter vers ses mollets fins et toniques. Cet échange de caresses entre les deux amants gagnait en intensité, alors qu'elle lui faisait retirer son gilet et lui ouvrit sa chemise. Il l'aida, interrompant son massage qui remontait aux cuisses, en voyant qu'elle tremblait des mains à cause de la surexcitation qui la possédait.
Elle eut un petit rire nerveux, lorsqu'il accompagna son geste mal assuré et l'en remercia d'un énième baiser. Et lui reprit ses attouchements sensuels qui allèrent directement en haut des cuisses. Elle fut surprise de le sentir faire glisser ses mains sous sa petite robe. Mais l'excitation qui appuyait sur son sexe qui s'humidifiait libéra les dernières barrières :
— Vas-y ! lui chuchota-t-elle entre deux baisers.
En guise de réponse, il lui sourit et empoigna avec une douce fermeté ses fesses nues. Elle poussa un petit cri de stupéfaction, sous l'impulsion qu'elle semblait avoir lâché en lui, la lourdeur faisant peu à peu place à un désir fou et dangereux. Il lui pétrit ses deux globes de chair avec un appétit vorace. Leurs bouches se séparèrent et il entreprit d'apposer sa langue dans le cou de la blondinette, avant d'atteindre la clavicule, puis la naissance de ses seins. Ce fut alors que, telle une offrande, elle lâcha les cheveux de son amant et retourna le bustier de sa robe, lui accordant ses deux seins fermes à portée de sa bouche. Ses tétons furent aspirés, d'abord avec délicatesse, puis l'emportement lui fit les mordiller, arrachant à son amante de petits soupirs et soubresauts réflexes. Ses doigts, pendant ce temps, s'aventurèrent vers des contrées inconnues et brûlantes, et humides. Il sentait les frottements de la blondinette devenir plus insistants et ses phalanges finirent par entrer en contact avec ce lieu de plaisir. Bouillant, il massa doucement le pourtour de ce territoire inconnu, insistant sur le renflement qu'il sentait.
Les tétons aspirés par son amant et son sexe dégoulinant sur ses doigts, la belle n'en pouvait plus. Elle comprit qu'il n'osait pas. Par peur ou méconnaissance, elle n'en avait cure. Son corps avait faim. Son corps désirait cette colonne de chair contre laquelle elle se frottait. Alors, d'un mouvement du bassin, elle fit entrer en elle ces doigts qui la titillaient mais qui manquaient d'assurance, et poussa son premier râle clairement audible. Que c'était bon ! Ces pupilles se dilatèrent sous l'effet du premier orgasme qui la traversa.
Kryphakalos comprit enfin le besoin de sa belle amante et accentua doucement ses caresses dans son sexe, endiguant l'embrasement qui pulsait dans ses veines, d'abord avec deux doigts, avant d'en rajouter un troisième. Il l'observa s'abandonner complètement à lui, s'affalant sur son buste musclé et nu, écrasant ses seins tendus contre lui. Il insista alors davantage et elle gémit sans vergogne, sans retenue, d'un plaisir authentique. Ils s'embrassèrent une nouvelle fois : le ballet lingual fut intense, bestial et le ballet digital s'accentua. C'en fut de trop pour Nymeria qui interrompit le baiser pour exulter bruyamment.
Elle se releva, libérant son sexe poisseux de ses doigts habiles, et entreprit de défaire son capri. Le jeune homme l'aidant, il releva son bassin pour faire descendre son bas et révéler son membre viril, gros et veiné, que la jeune blonde regarda avec envie. Sans plus attendre, elle ôta sa robe et se jeta à califourchon sur son amant et s'empala sans autre forme de procès. Les deux amants gémirent d'un coup quand il se sentit atteindre le fond de son sexe, sentant les chairs s'écarteler autour de lui. La chaleur qui s'en diffusait était exquise. Mais il se sentait consumé de l'intérieur alors que la jeune fille entreprit les premiers assauts à grands coups de bassin frénétiques. Les cris de plaisir retentirent dans le salon et Kryphakalos se joignit aux mouvements de son amie. Le rythme et l'intensité de la pénétration acheva la jeunette qui le supplia :
— Vas-y ! C'est trop bon ! Baise-moi !
Il releva alors un peu ses fesses et avança les siennes pour gagner en efficacité. Et il martela son sexe qui giclait sous les assauts puissants. Nymeria n'en finissait plus de crier et de jouir simultanément.
— PLUS FORT !! l'exhorta-t-elle.
Surpris par la violence de sa requête, il redoubla d'ardeur, saisissant à pleine bouche ses seins qui se balançaient gaiement. Kryphakalos sentait son orgasme venir rapidement, en même temps qu'une force qui lui brûlait les veines. Il ne sut s'il devait la prévenir mais, étant donné son état émotionnel et la transe qui l'habitait, il poursuivit sa besogne et finir par jouir à grandes salves dans son sexe détrempé. Les pulsations de son membre poussèrent Nymeria à atteindre elle aussi l'exaltation dans un râle libérateur.
Essoufflée, elle remercia mille fois son amant dans une cascade de baisers amoureux, auxquels il tentait de répondre en vain. En effet, elle ne s'en rendait pas compte mais, malgré le plaisir assuré qu'il avait pris, un mal le prenait. Une douleur enflait en lui telle une bulle de roche en fusion et lui dévorait les entrailles. Il tentait de dissimuler son trouble en la câlinant, comme s'il s'agissait de l'ultime étreinte.
— Mon amour, quelque chose ne va pas ? s'enquit la jolie blonde, tu n'as pas aimé ??
— N-non, enfin s-si j'ai adoré, m-mais j-je…
Et la bulle éclata.
— AAAAAAAAAAAAAH !
Un flot ardent lui embrasa les entrailles, son cœur se serra, comme sous l'impulsion d'éclairs qui l'aurait secoué. Ses bras étreignant encore son amante gonflèrent, se brisèrent, durcirent et se couvrirent d'écailles noires hérissées. Ses omoplates se retournèrent et percèrent la peau de son dos et semblaient vouloir sortir. Ses jambes se fracturèrent également, se couvrant des mêmes écailles blessantes et son crâne semblait se fendre en mille morceaux. Son membre encore fiché en elle s'élargit et se hérissa à la base. Nymeria hurla sous la douleur qu'elle subit à ce moment-là. Mais impossible pour elle de s'enfuir, elle était bloquée par ses bras qui l'enserraient malgré lui et son sexe qui lui perforait l'abdomen. Son corps tout entier grandissait et grossissait et la frêle blondinette hurlait à l'agonie de la lumière qui s'éteignait en elle dans un ruissellement sanguinolent de d'organes broyés. Kryphakalos, aveuglé par la douleur physique, ne remarquait même pas la pauvre fille qu'il massacrait et continuait sa métamorphose, l'incompréhension de la situation le gagnant, les chuchotements dans son crâne l'assaillant des pires abjections. La maison finit par s'écrouler sous l'ébrouement de ses ailes de cuir et d'écailles acérées.
La nuit était très noire quand les villageois sortirent de leur demeure pour s'enquérir du capharnaüm qui les avait tirés hors de leurs pénates. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils découvrirent la monstrueuse créature qui trônait en lieu et place de la maison de Nymeria, la jolie épicière. La chose hurlait dans ce qui semblait être un cri de désespoir emprunt de douleur. Mais lorsqu'il cracha au sol, les badauds virent des nuées d'éclairs blancs et bleus surgirent de sa gueule allongée et noire, avant de s'effondrer au sol dans un nuage de fumée, de poussières et de débris.
Certains, plus téméraires, s'approchèrent et constatèrent avec effroi la scène qui se présentait à eux. La jeune Nymeria était nue, éventrée, le corps lacéré au milieu d'une mare de sang encore rouge. Non loin, gisait un autre individu, déformé. On découvrit horrifié une chose qui fut certainement un homme avant, mais les ailes, les écailles et les andouillers sur son crâne lui retiraient ce qualificatif. La créature bougea et commença à vouloir se dresser. Sans plus attendre, Tiberius n'hésita pas un instant et la frappa à la tête avec une lourde masse de bois.
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Commentaires ()
Ah ah ne t’inquiètes pas ! Il y a tellement d’informations disséminées partout que parfois même moi je ne sais plus ce que vous savez ou pas encore ^^
Après, il ne faut surtout pas à me dire s’il manque une info ou si vous avez besoin d’éclaircissements :)
Le plus important pour moi est que vous vous plaisez dans l’aventure dans laquelle je vous embarque :)
Pauvre femme, quand même :/.
Aurons-nous bientôt l'explication de toutes ces transformations…?
J'imagine qu'il va falloir poursuivre l'aventure, pour le savoir ;).
Les premiers chapitres servent autant à présenter les personnages que les espèces ;)
Tu parles à une meuf qui écrit des quickies de 1000 mots 😅.
La fin de ce chapitre est certes violente mais rien ici d’insurmontable à lire :)
On découvrira des éléments passés par la suite mais rassure-toi : il n'y aura plus d'aussi grandes ellipses :)
Merci de ta fidélité, en espérant de toujours autant te captiver !