Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les aventures d'Alexandrine, gouvernante stricte — Chapitre 34 · Sur la route des plaisirs
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les aventures d'Alexandrine, gouvernante stricte
Chapitre 34 · Sur la route des plaisirs
Vers la fin juillet, ma maîtresse fut bouleversée par une nouvelle qu'elle reçut. Sous le coup de l'émotion elle se confia à moi : un cousin à elle – au second degré cependant – avait été tué sur le chemin des Dames.
- Vous vous rendez compte, Alexandrine, c'était le seul parent qui me restait. Un parent éloigné, certes, mais le seul qu'on me connaissait. Il ne m'avait pas choisie comme marraine de guerre, il est vrai. Et j'ai hésité à lui envoyer des colis... Étant capitaine, il n'avait sans doute pas à se plaindre de l'ordinaire car apparemment il avait des amies, et n'était pas dans le besoin. Pas d'enfant en tout cas. Il n'avait que 35 ans. La providence ne l'a pas épargné, pas plus que tous les autres. Pauvres de nous.
Vivement que cette guerre prenne fin, et qu'on chasse ces Boches, et qu'on reprenne notre Alsace. Il paraît que les Américains qui tiennent le front de Lorraine commencent à faire la différence. Espérons.
L'hiver s'avança puis la fin de la guerre arriva comme une libération : le monde s'ouvrit à nouveau à tous, les affaires reprirent, ainsi que les envies de bouger, de voyager pour les gens fortunés. Beaucoup d'Anglais et d'Américains fréquentaient la Suisse mais surtout la France. Et ils revenaient en force sur nos côtes, surtout celle très prisée de ces gens-là : celle qu'ils avaient appelée la Côte d'Azur.
La baronne correspondait avec des personnes avec qui elle était en affaire et les plus riches venaient en villégiature dans cette région mal connue. De jolies petites villes qui n'étaient guère que de pauvres villages de pêcheurs il y a un siècle abritaient désormais de riches oisifs qui venaient y passer l'hiver pour y chercher la douceur absente à Paris, à Londres ou à Belfast, et les beaux hôtels se remplissaient à nouveau.
Madame n'avait pas eu l'habitude de partir bien loin de chez elle. Depuis que j'étais à son service elle ne s'était guère absentée que deux ou trois fois, et c'était pour aller visiter ses usines de Nancy et rencontrer leurs directeurs.
Et ça n'est pas qu'elle n'appréciait plus le climat et l'air pur de la Suisse, ses lacs, et ses casinos – elle était trop près de ses sous et ne goûtait guère le contact de ces personnes qui venaient y dépenser une fortune, bref elle n'y mettait pas les pieds - mais elle commençait à parler de ses envies d'effectuer des petits séjours ailleurs. Rien ne l'en empêchait en effet : elle en avait les moyens, et elle ne consacrait en réalité bien peu de temps à ses affaires.
Elle s'était mise à entretenir une correspondance, peu soutenue il est vrai, avec des connaissances avec qui elle était en affaire. Ces personnes ne se rendaient jamais en Suisse, ils préféraient la douceur du climat méditerranéen et certains s'étaient acheté des villas sur la côte.
Or justement, un jour, elle me fit part d'une invitation qu'elle avait reçue d'un riche client franco-anglais. Au début c'était plutôt une façon de politesse. Le monsieur concluait une lettre sous forme de question : « si votre emploi du temps le permet, pourquoi ne viendriez-vous pas me rendre visite sur la côte, j'ai une grande demeure et je pourrais vous accueillir pour un séjour, vous et les personnes que vous souhaitez ? Il y fait tellement doux l'hiver, en comparaison du climat de Paris, de la Grande Bretagne et de la Suisse. »
Ma maîtresse étant plutôt sauvage et ayant toujours fui les mondanités, elle ne répondit pas à cette phrase, restant dans sa correspondance sur des sujets généraux. Elle aurait été gênée, même en étant invitée, de débarquer chez un quasi inconnu, aussi amène et accueillant soit-il.
Il insista, elle finit par décliner cette invitation sous le premier prétexte. Mais d'autres courriers furent échangés ; il évoqua des réceptions qu'il avait données l'hiver, dans la grande villa qu'il avait acquise dans le « charmant petit village de Juan-les-Pins.»
L'hiver s'avançait bientôt vers sa fin et je sentais que l'idée de bouger commençait à faire son chemin dans la tête de la baronne.
Parfois elle se mit à penser tout haut, en déambulant dans son salon en ma présence, comme pour me prendre à témoin. Naturellement, tant qu'elle ne me posait pas de question ou ne me demandait pas directement mon avis, je n'intervenais pas dans son monologue, restant immobile : une présence, une simple présence familière à ses côtés, nécessaire à ses yeux.
- Oui, bon, ce serait agréable d'aller visiter cette région qui, à ce qu'on en dit, est très pittoresque. Et il y a de plus en plus d'artistes, de musiciens, d'Anglais, d'Américains même. Des gens qui sont restés là après l'armistice, et d'autres qui sont venus de ce continent tout neuf et en plein essor, pour passer des vacances et s'amuser. C'est sûr, ça n'est pas dans mes habitudes et encore moins dans ma mentalité de musarder tous les jours et tout au long de l'année. Et encore moins de dépenser tout mon argent par ennui ou pour passer le temps.
Mais après tout j'aimerais bien voir au moins une fois dans ma vie cet endroit. Je ne vais pas attendre d'être impotente. Mon mari n'est plus là depuis longtemps, et de là où il est il ne pourra pas y trouver à redire, il ne va pas m'apparaître la nuit pour m'en faire le reproche.
Et puis franchement, Alexandrine, si tout est beau ici chez nous, en février et mars il fait encore grand froid. Et je commence, moi, et surtout mes articulations, à trop le ressentir. Alors que là-bas, il paraît qu'il fait doux toute l'année. Ça n'est pas la peine d'avoir acquis le comté de Nice il y a un demi-siècle et d'avoir repris aux Boches mon Alsace et Metz pour rester ici toute l'année et ne pas visiter ces contrées.
S'il n'avait jamais été question d'acheter une automobile, j'entendis désormais ma patronne se mettre à justifier l'utilisation d'un de « ces engins de malheur » comme elle avait coutume il y a peu encore de les appeler.
Or, justement, dans sa missive suivante, M. Charles Hamilton, qui apparemment aimait se faire passer pour un lord, évoqua à nouveau le plaisir d'être là-bas où le printemps était précoce (voire permanent) et lui écrivait qu'il serait « honoré de sa présence si elle décidait de lui rendre visite », que « sa maison était la sienne pour le temps qu'elle souhaitait », et que justement il devait y avoir normalement à nouveau le carnaval de Nice, et que c'était grandiose.
À mon grand étonnement (décidément quelque chose changeait chez ma patronne) elle m'en fit part. Non pour me demander directement mon avis mais pour me faire partager son envie :
- Naturellement, Alexandrine, je ne peux accepter cette invitation à aller vivre plusieurs jours chez cet homme. Débarquer là-bas, chez un quasi-inconnu, et m' imposer avec vous (car j'aurais besoin de vous, je ne me vois pas me faire aider d'une autre domestique qui n'est pas à mon service !) vivre dans sa maison et me faire nourrir…
Bien-sûr, il a été - et est toujours de temps à autre - un de mes bons clients et je lui ai vendu bon nombre de produits manufacturés dont il a su faire bon usage… qui ont contribué à l'enrichir, je devrais dire… et il m'en est sûrement reconnaissant, mais moi je ne veux pas être redevable. Ça non, jamais. Je veux garder des rapports normaux avec les gens.
Par contre, enchaîna-t-elle en poursuivant son idée, nous pourrions réserver une suite dans l'un des magnifiques hôtels en bord de mer, pour quelques semaines. Ça nous permettrait de rendre sa politesse à ce monsieur, sans nous imposer chez lui, et aller voir ce fameux carnaval.
Évidemment ça nécessitera d'acquérir une de ces… damnées automobiles. Et d'engager un chauffeur, qui s'occupera de nous conduire et d'entretenir et de maintenir en bon état de fonctionnement cet engin diabolique. Enfin, il faut vivre avec son temps, vous comprenez. Je ne vais pas rester une dame du siècle dernier. Et cela nous permettra de ne dépendre de personne : ce chauffeur pourra nous promener et nous emmener partout il me plaira. Il y a paraît-il plein de jolis villages pittoresques dans l'arrière-pays, et des petits ports de pêche où les gens parlent à peine français.
Vous pensez que c'est facile de nous dégoter tout ça avant la date prévue pour le carnaval ?
- Oh je pense, Madame ma baronne, je vais m'y mettre dès à présent ! déclarai-je avec enthousiasme. Je vais « activer mes réseaux », tant pour nous dénicher une villa de rêve qu'une automobile et un chauffeur compétent.
- Parfait ! Je compte sur vous. Ah et surtout, vous savez, le plus dur ne sera pas tout cela...
- Et quoi donc alors, Madame la baronne ?
- Eh bien j'aimerais beaucoup emmener Omphale avec nous. Et il va falloir convaincre sa mère. Vous croyez que ce sera possible ?
- Hum.. dis-je en cachant ma surprise qui finalement n'en était pas une tant que ça, ça risque en effet de ne pas être une mince affaire. Il va falloir trouver des arguments car elle va trouver cela bizarre. Elle va finir par penser que vous voulez l'adopter.
- Oui, des arguments, c'est ça. Vous pourrez y réfléchir avec moi ?
- Bien entendu. Et ce que je pense surtout c'est qu'il ne faudra pas en parler à Omphale avant sa mère, sans quoi elle pensera qu'on a cherché à la mettre devant le fait accompli et que c'est une manipulation. Car c'est sûr que sa fille sautera de joie à cette perspective.
- Vous avez raison, Alexandrine, c'est très pertinent.
- Vous vous rendez compte, Alexandrine, c'était le seul parent qui me restait. Un parent éloigné, certes, mais le seul qu'on me connaissait. Il ne m'avait pas choisie comme marraine de guerre, il est vrai. Et j'ai hésité à lui envoyer des colis... Étant capitaine, il n'avait sans doute pas à se plaindre de l'ordinaire car apparemment il avait des amies, et n'était pas dans le besoin. Pas d'enfant en tout cas. Il n'avait que 35 ans. La providence ne l'a pas épargné, pas plus que tous les autres. Pauvres de nous.
Vivement que cette guerre prenne fin, et qu'on chasse ces Boches, et qu'on reprenne notre Alsace. Il paraît que les Américains qui tiennent le front de Lorraine commencent à faire la différence. Espérons.
L'hiver s'avança puis la fin de la guerre arriva comme une libération : le monde s'ouvrit à nouveau à tous, les affaires reprirent, ainsi que les envies de bouger, de voyager pour les gens fortunés. Beaucoup d'Anglais et d'Américains fréquentaient la Suisse mais surtout la France. Et ils revenaient en force sur nos côtes, surtout celle très prisée de ces gens-là : celle qu'ils avaient appelée la Côte d'Azur.
La baronne correspondait avec des personnes avec qui elle était en affaire et les plus riches venaient en villégiature dans cette région mal connue. De jolies petites villes qui n'étaient guère que de pauvres villages de pêcheurs il y a un siècle abritaient désormais de riches oisifs qui venaient y passer l'hiver pour y chercher la douceur absente à Paris, à Londres ou à Belfast, et les beaux hôtels se remplissaient à nouveau.
Madame n'avait pas eu l'habitude de partir bien loin de chez elle. Depuis que j'étais à son service elle ne s'était guère absentée que deux ou trois fois, et c'était pour aller visiter ses usines de Nancy et rencontrer leurs directeurs.
Et ça n'est pas qu'elle n'appréciait plus le climat et l'air pur de la Suisse, ses lacs, et ses casinos – elle était trop près de ses sous et ne goûtait guère le contact de ces personnes qui venaient y dépenser une fortune, bref elle n'y mettait pas les pieds - mais elle commençait à parler de ses envies d'effectuer des petits séjours ailleurs. Rien ne l'en empêchait en effet : elle en avait les moyens, et elle ne consacrait en réalité bien peu de temps à ses affaires.
Elle s'était mise à entretenir une correspondance, peu soutenue il est vrai, avec des connaissances avec qui elle était en affaire. Ces personnes ne se rendaient jamais en Suisse, ils préféraient la douceur du climat méditerranéen et certains s'étaient acheté des villas sur la côte.
Or justement, un jour, elle me fit part d'une invitation qu'elle avait reçue d'un riche client franco-anglais. Au début c'était plutôt une façon de politesse. Le monsieur concluait une lettre sous forme de question : « si votre emploi du temps le permet, pourquoi ne viendriez-vous pas me rendre visite sur la côte, j'ai une grande demeure et je pourrais vous accueillir pour un séjour, vous et les personnes que vous souhaitez ? Il y fait tellement doux l'hiver, en comparaison du climat de Paris, de la Grande Bretagne et de la Suisse. »
Ma maîtresse étant plutôt sauvage et ayant toujours fui les mondanités, elle ne répondit pas à cette phrase, restant dans sa correspondance sur des sujets généraux. Elle aurait été gênée, même en étant invitée, de débarquer chez un quasi inconnu, aussi amène et accueillant soit-il.
Il insista, elle finit par décliner cette invitation sous le premier prétexte. Mais d'autres courriers furent échangés ; il évoqua des réceptions qu'il avait données l'hiver, dans la grande villa qu'il avait acquise dans le « charmant petit village de Juan-les-Pins.»
L'hiver s'avançait bientôt vers sa fin et je sentais que l'idée de bouger commençait à faire son chemin dans la tête de la baronne.
Parfois elle se mit à penser tout haut, en déambulant dans son salon en ma présence, comme pour me prendre à témoin. Naturellement, tant qu'elle ne me posait pas de question ou ne me demandait pas directement mon avis, je n'intervenais pas dans son monologue, restant immobile : une présence, une simple présence familière à ses côtés, nécessaire à ses yeux.
- Oui, bon, ce serait agréable d'aller visiter cette région qui, à ce qu'on en dit, est très pittoresque. Et il y a de plus en plus d'artistes, de musiciens, d'Anglais, d'Américains même. Des gens qui sont restés là après l'armistice, et d'autres qui sont venus de ce continent tout neuf et en plein essor, pour passer des vacances et s'amuser. C'est sûr, ça n'est pas dans mes habitudes et encore moins dans ma mentalité de musarder tous les jours et tout au long de l'année. Et encore moins de dépenser tout mon argent par ennui ou pour passer le temps.
Mais après tout j'aimerais bien voir au moins une fois dans ma vie cet endroit. Je ne vais pas attendre d'être impotente. Mon mari n'est plus là depuis longtemps, et de là où il est il ne pourra pas y trouver à redire, il ne va pas m'apparaître la nuit pour m'en faire le reproche.
Et puis franchement, Alexandrine, si tout est beau ici chez nous, en février et mars il fait encore grand froid. Et je commence, moi, et surtout mes articulations, à trop le ressentir. Alors que là-bas, il paraît qu'il fait doux toute l'année. Ça n'est pas la peine d'avoir acquis le comté de Nice il y a un demi-siècle et d'avoir repris aux Boches mon Alsace et Metz pour rester ici toute l'année et ne pas visiter ces contrées.
S'il n'avait jamais été question d'acheter une automobile, j'entendis désormais ma patronne se mettre à justifier l'utilisation d'un de « ces engins de malheur » comme elle avait coutume il y a peu encore de les appeler.
Or, justement, dans sa missive suivante, M. Charles Hamilton, qui apparemment aimait se faire passer pour un lord, évoqua à nouveau le plaisir d'être là-bas où le printemps était précoce (voire permanent) et lui écrivait qu'il serait « honoré de sa présence si elle décidait de lui rendre visite », que « sa maison était la sienne pour le temps qu'elle souhaitait », et que justement il devait y avoir normalement à nouveau le carnaval de Nice, et que c'était grandiose.
À mon grand étonnement (décidément quelque chose changeait chez ma patronne) elle m'en fit part. Non pour me demander directement mon avis mais pour me faire partager son envie :
- Naturellement, Alexandrine, je ne peux accepter cette invitation à aller vivre plusieurs jours chez cet homme. Débarquer là-bas, chez un quasi-inconnu, et m' imposer avec vous (car j'aurais besoin de vous, je ne me vois pas me faire aider d'une autre domestique qui n'est pas à mon service !) vivre dans sa maison et me faire nourrir…
Bien-sûr, il a été - et est toujours de temps à autre - un de mes bons clients et je lui ai vendu bon nombre de produits manufacturés dont il a su faire bon usage… qui ont contribué à l'enrichir, je devrais dire… et il m'en est sûrement reconnaissant, mais moi je ne veux pas être redevable. Ça non, jamais. Je veux garder des rapports normaux avec les gens.
Par contre, enchaîna-t-elle en poursuivant son idée, nous pourrions réserver une suite dans l'un des magnifiques hôtels en bord de mer, pour quelques semaines. Ça nous permettrait de rendre sa politesse à ce monsieur, sans nous imposer chez lui, et aller voir ce fameux carnaval.
Évidemment ça nécessitera d'acquérir une de ces… damnées automobiles. Et d'engager un chauffeur, qui s'occupera de nous conduire et d'entretenir et de maintenir en bon état de fonctionnement cet engin diabolique. Enfin, il faut vivre avec son temps, vous comprenez. Je ne vais pas rester une dame du siècle dernier. Et cela nous permettra de ne dépendre de personne : ce chauffeur pourra nous promener et nous emmener partout il me plaira. Il y a paraît-il plein de jolis villages pittoresques dans l'arrière-pays, et des petits ports de pêche où les gens parlent à peine français.
Vous pensez que c'est facile de nous dégoter tout ça avant la date prévue pour le carnaval ?
- Oh je pense, Madame ma baronne, je vais m'y mettre dès à présent ! déclarai-je avec enthousiasme. Je vais « activer mes réseaux », tant pour nous dénicher une villa de rêve qu'une automobile et un chauffeur compétent.
- Parfait ! Je compte sur vous. Ah et surtout, vous savez, le plus dur ne sera pas tout cela...
- Et quoi donc alors, Madame la baronne ?
- Eh bien j'aimerais beaucoup emmener Omphale avec nous. Et il va falloir convaincre sa mère. Vous croyez que ce sera possible ?
- Hum.. dis-je en cachant ma surprise qui finalement n'en était pas une tant que ça, ça risque en effet de ne pas être une mince affaire. Il va falloir trouver des arguments car elle va trouver cela bizarre. Elle va finir par penser que vous voulez l'adopter.
- Oui, des arguments, c'est ça. Vous pourrez y réfléchir avec moi ?
- Bien entendu. Et ce que je pense surtout c'est qu'il ne faudra pas en parler à Omphale avant sa mère, sans quoi elle pensera qu'on a cherché à la mettre devant le fait accompli et que c'est une manipulation. Car c'est sûr que sa fille sautera de joie à cette perspective.
- Vous avez raison, Alexandrine, c'est très pertinent.
Ce projet me donna un regain d'énergie. D'une part il allait me sortir de ma routine et d'autre part organiser ce voyage était vraiment réjouissant, d'autant que moi je n'avais jamais été dans le sud. J'avais exercé en Allemagne, en Russie, en Normandie, en Suisse mais je n'avais jamais vu la mer ! Quand je n'étais pas dans le champ de vision de ma maîtresse je laissais libre court à ma gaîté : bien entendu je ne faisais pas des bonds de cabri, je ne chantais pas de joie, mais je marchais d'un pas plus rapide que d'ordinaire et m'activais presque avec frénésie.
J'avais gardé des contacts en Russie de mes anciennes places mais hélas la révolution était passée par là et je ne savais même pas si mes anciens employeurs étaient encore en vie ou s'ils avaient pu fuir, et quant à leurs domestiques et clients j'ignorais ce qu'ils avaient pu devenir, les pauvres.
Je pris contact directement avec la ville de Nice pour avoir des informations. Je pus les joindre par téléphone, malheureusement ce qu'ils m'apprirent contraria quelque peu nos projets : tous les grands palaces avaient été réquisitionnés pour servir d'hôpitaux militaires durant cette terrible guerre dont on n'avait pas encore découvert toute l'ampleur des pertes humaines. Ils étaient terriblement endommagés et aucun n'avait ré-ouvert. Même le célèbre hôtel Negresco n'était pas près de redevenir ce qu'il était : le propriétaire avait de toute façon perdu sa clientèle russe et on disait qu'il était ruiné. Le tableau qu'ils me firent de tous ces beaux hôtels du front de mer était effroyable. La dame me conseilla plutôt de louer une villa, si j'en trouvais une dans la région, ou éventuellement un petit hôtel dans l'arrière-pays.
J'écoutai ces conseils et non sans peine je finis par dénicher un lieu splendide pour notre séjour, situé sur les hauteurs, pas très loin de la mer, là où avait débarqué « l'empereur, le premier » pour ses cent jours, comme la baronne avait l'habitude de le nommer. Il s'appelait l'hôtel Villanova, un ancien hôtel particulier, et le propriétaire, fut ravi de nous louer une suite au mois. Il m'envoya une photo qui charma ma patronne. Certes, le prix était conséquent, mais elle ne tiqua presque pas. Elle le réserva par retour du courrier.
Il me restait à trouver un chauffeur et à faire l'acquisition de l'auto. N'y connaissant rien, elle acquiesça à mon idée de l'engager tout d'abord pour qu'il nous guide ensuite sur l'achat de la machine.
Je reçus plusieurs candidats. Je préférai éliminer les plus jeunes et sélectionner des gaillards d'expérience, qui semblaient plus sérieux. La jeune génération ne pensait qu'à batifoler et si nous devions emmener Omphale avec nous je préférais un homme d'âge mûr, bourru et moins engageant. Je me souvenais de la sale expérience avec Jules, le jeune jardinier de Monsieur Montmesnil en Normandie
Celui que je dénichai s'avéra être l'homme de toutes les situations. C'était un type rude, peu bavard, discret et d'origine paysanne, mais il savait se débrouiller de tous les problèmes (il savait réparer toute sortes de mécaniques, des premiers engins agricoles qui commençaient à apparaître à l'époque, aux vélocipèdes, aux motocyclettes et aux automobiles auxquelles il s'intéressait de près.) Il me conseilla d'acheter une Hispano-Suiza car il savait qu'elles étaient plus fiables. « Conçues par un ingénieur suisse » me dit-il, comme s'il fallait me donner un argument. Ça me sembla un peu chauvin sur le moment mais l'avenir lui donna raison.
Elles étaient belles, et ses yeux brillaient sans malice devant les tout nouveaux modèles qui sortaient à l'époque, bien plus que s'il avait regardé une fille. Et ça me rassura.
Bien entendu, leur prix n'était pas rien, mais le bougre sut dénicher une occasion récente, une auto qui avait appartenu à un riche bourgeois âgé qui était décédé brutalement. Il fallait sauter sur l'affaire, s'enthousiasma-t-il. Naturellement il me fallut l'accord de la baronne. Mais comme je faisais confiance à notre tout nouveau chauffeur elle me fit confiance et fit le chèque sans regret.
Il n'avait pas discuté ses gages, avait juste fait un peu la grimace quand il comprit qu'il devait porter une tenue de chauffeur qu'il devait trouver un peu trop guindée, mais il s'y résigna sans problème.
Quant à la baronne, elle tiqua un peu en découvrant que ces automobiles valaient beaucoup d'argent, même en seconde main, mais quand elle la vit elle écarquilla les yeux tout d'abord puis un sourire s'élargit sur son visage : un sourire ravi de nouveau propriétaire. L'acquisition était digne de son rang de riche baronne : une berline rutilante, bordeaux et noire, qui semblait neuve et brillait des mille feux de ses chromes. Gaston, le chauffeur, lui, se frottait les mains de plaisir. Il n'avait sans doute jamais conduit une aussi belle machine. Il était conscient de sa chance et jamais ne se plaignit par la suite des consignes de sa maîtresse. Il affirma qu'avec cette auto et ses soins consciencieux de sa mécanique, elle pourrait nous emmener jusqu'en Afrique. La baronne lui rétorqua qu'elle n'en demandait pas tant ; il lui faudrait juste qu'elle nous emmène jusqu'à Juan-les-Pins.
La seule véritable discussion qui eut lieu entre notre chauffeur et ma patronne, bien que sans aucune animosité, fut sur l'itinéraire. La baronne aurait aimé passer par Grenoble et Grasse, ayant gardé une certaine nostalgie de l'épopée napoléonienne et une certaine tendresse par son aïeul, baron d'empire, mais Gaston, tout en lui disant qu'elle était la patronne et qu'elle décidait et qu'il se soumettrait à ses ordres, arriva à l'en dissuader : même pour une auto telle que celle-là, les pentes étaient rudes, le moteur risquait de chauffer, les routes caillouteuses, et l'on risquerait de crever les pneumatiques sans cesse. Sans compter l'essence qui était rare et qu'il faudrait dénicher dans le fond de petits commerces, et encore, dans les bourgs les plus importants. Il connaissait son affaire, le bougre. Il savait que passer par la Nationale 7, à peu près en état, était bien plus sûr, bien moins aventureux. Et encore il faudrait prévoir au moins une étape, si tout se passait bien.
- Oui, je comprends, céda la baronne. Finalement, même avec une de ces machines, même avec un moteur, c'est aussi compliqué qu'en voiture à cheval, finalement. Mais plus coûteux.
- Mais plus rapide quand-même, patronne !
- « Madame la baronne », s'il vous plaît.
- Oui, Madame la baronne. Mais vous verrez c'est plus confortable aussi. Et moi je sais y faire avec la mécanique, et je veillerai au grain.
- Je vous fais confiance, Gaston. C'est entendu.
Il ne restait plus maintenant à la baronne qu'à parler à Madame de Guitrancourt et de la convaincre d'accepter que sa fille parte avec nous plusieurs semaines sur la côte. Ça n'était pas gagné d'avance. Cette idée risquait à tous coups de sembler surprenante, voire saugrenue, à ces gens de condition. Et si on mettait de côté leur défiance à son endroit à laquelle s'attendait naturellement ma maîtresse, loin d'être naïve, est-ce qu'elle serait jugée suffisamment fréquentable, toute baronne qu'elle était, et suffisamment digne d'emmener la fille des de Guitrancourt dans une telle escapade et villégiature, qui n'était pas trop dans les mœurs et les habitudes de ces gens, surtout à cette époque. Nous les sentions très guindés et nous pensions, ma patronne comme moi, que sa mère se montrerait très réticente à cette idée.
Aussi elle se paya le culot d'aller rendre visite à Madame de Guitrancourt. La dame, en effet parut surprise (à ce que ma raconta la baronne), mais ne manifesta aucun mécontentement.
Voici comment la baronne, rusée comme elle était, amena la chose :
- Voilà, pour tout dire, l'objet de ma visite, dit-elle après les politesses d'usage. J'ai l'habitude chaque année de descendre sur la côte… disons : j'avais, car durant ces quatre années terribles de guerre, ça n'était plus le moment. Car cette région charmante et accueillante a été un havre de paix à nos soldats blessés durant cette période.
Mais elle m'a tellement manqué, cette Riviera, il fait toujours beau et doux là-bas. Et les fêtes du carême sont particulièrement spectaculaires. Il faut les voir. Tous les gens sont en liesse, il y a des chars fleuris. Menton, Nice, rivalisent d'ingéniosité pour offrir la plus belle fête.
J'ai prévu par conséquent de m'absenter durant plusieurs semaines. Peut-être deux mois. Je vais descendre avec mon personnel – en fait, juste ma gouvernante, car elle me suffit. Nous y avons un petit hôtel particulier. Naturellement, du fait de ces longues semaines d'absence, étant là-bas je ne pourrai pas donner les leçons de piano et de maintien à votre fille. Or je sais qu'elle y est très attachée.
Elle enchaîna avec naturel pour jouer son va-tout :
- C'est pourquoi je me disais que si ça ne vous incommodait pas, nous pourrions l'emmener avec nous. Ainsi je pourrai continuer à lui donner ses leçons et par ailleurs elle découvrirait cette magnifique région. Voir le mimosa en fleurs, les paysages de l'Esterel, les vues sur la mer azur à vous couper le souffle...
- Hum… fit Madame de Guitrancourt. Je vous avoue que je ne m'attendais pas à ça. Vous avez eu l'habitude d'y emmener vos élèves… ? demanda-t-elle avec un regard circonspect.
- Non, ce sera la première fois. Mais cela fait quatre longues années que je ne m'y suis pas rendue. Et Puis Omphale n'est pas une élève comme les autres. Elle est brillante, studieuse, volontaire. Ce serait la récompenser… et l'encourager à poursuivre dans cette voie.
- Oui, bon, je n'ai pas non plus l'ambition et encore moins le désir d'en faire une concertiste. Juste de faire un beau mariage.
- Vous savez, la côte est très bien fréquentée, des gens riches et dignes d'intérêt. Je connais la principauté de Monaco, j'y ai mes entrées.
- Oui. Bon… Cette noblesse génoise... Bon, je sais également qu'Omphale n'a pas la grâce d'une princesse non plus. Un beau mariage, avec quelqu'un de recommandable et de fortuné, ça serait déjà quelque chose.
- Ah je ne vous garantis pas de la marier, Madame de Guitrancourt ! dit-elle en plaisantant. Ça n'est pas mon but, et je ne me permettrais pas. Mais de toute façon avec moi elle sera bien chaperonnée, croyez-moi.
- Oui je n'en doute aucunement. Je sais combien vous savez être stricte avec les jeunes filles.
- Et nous ne fréquenterons pas des bals. Du moins sans votre permission.
Je fus sidérée d'apprendre de sa bouche tout ce qu'elle avait raconté à la mère d'Omphale. Avec quel aplomb elle avait pu lui asséner de tels mensonges (puisqu'elle n'avait pas d'hôtel particulier, nous allions louer une suite) et de fausses promesses (j'avais bien compris que ma maîtresse, une fois loin de la Guitrancourt, avait l'intention de sortir sa fille, voire de la dévergonder.)
En tout cas, elle dut se montrer suffisamment convaincante car Madame de Guitrancourt mère finit par lui lâcher qu'elle donnait son accord de principe. Sous réserve, bien entendu, que son époux y consente aussi, bien entendu qu'Omphale elle-même.
Pour Omphale nous eûmes aucun doute, par contre l'accord de son père inquiétait un peu la baronne.
Mais quand elle revint pour sa leçon elle ne cacha pas son enthousiasme et sa joie à l'idée de partir avec nous sur la côte. Pour un peu elle nous aurait sauté au cou ! Et elle nous apprit en même temps que son père ne s'opposait pas à ce projet. Elle nous fit comprendre qu'il s'inclinait toujours devant les décisions de son épouse (et que si c'était la décision de Madame de Guitrancourt cela voulait dire qu'elle n'avait eu aucune réticence à l'idée de ce voyage puisqu'elle avait été convaincante auprès de son mari.) Ou bien, selon Omphale, son père s'en moquait comme d'une guigne, il s'intéressait peu à sa fille, apparemment.
Je ne raconterai pas en détails tous les préparatifs de la baronne en vue de ce voyage, que je dus organiser, personnellement. Car il fallait prévoir deux nuits d'étapes, Gaston nous ayant prévenues qu'au rythme du voyage et avec l'état des routes, et bien que nous allions prendre les principales et les mieux carrossées, il ne faudrait guère compter faire faire à l'Hispano-Suiza plus de 250 kilomètres par jour. Il y aurait quelques pentes à grimper et certainement quelques aléas (les crevaisons des pneumatiques étaient fréquentes sur les routes.)
Je préférai suivre les conseils de notre chauffeur et je l'associai donc à mon organisation : il fut convenu que nous dormirions la première nuit à Voiron, et la seconde à Cavaillon. Si tout se passait bien nous devions arriver à notre hôtel à Juan les Pins à la fin de l'après-midi du troisième jour. Toute une épopée !
Il me fallut convaincre également ma maîtresse de ne pas emmener toutes ses toilettes et tous ses bijoux. Car quand Gaston fut informé du nombre de malles cela allait représenter (sans savoir qu'Omphale était chez elle en train d'en remplir autant) il poussa les hauts cris : il n'y avait pas de place pour tout ça, même après avoir installé une galerie sur le pauvre toit de l'auto (qui n'était pourtant pas prévu pour ça… La pauvre voiture. Je me demandais, à la suite de Gaston, si elle tiendrait le coup… - une raison de plus, me disait-il, pour ne pas être trop optimiste sur la durée de notre trajet. Aussi lourdement chargée elle irait encore plus lentement…)
La baronne se renfrogna d'abord quelque peu mais je réussis rapidement à la ramener à la raison.
Je lui suggérai qu'elle pourrait emmener les toilettes nécessaires au premier jour – ou les plus importantes – et de faire acheminer le reste par le chemin de fer jusqu'à la gare d'Antibes dans les jours suivants.
Elle y consentit, à condition que je m'occupe de tout. J'allai donc me renseigner à la gare ferroviaire de N. On m'expliqua qu'acheminer autant de bagages jusqu'à Genève pour rejoindre le réseau français P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerrannée) n'était pas possible, ces trains des C.F.F. (chemins de fer fédéraux) assurant ces liaisons étaient des petits trains, peu fréquents, et ne prenaient que du courrier ou des petits bagages. Bien entendu, ils pouvaient me faire un devis pour les faire transporter par voiture à cheval, mais le préposé, baissant la voix, me le déconseilla : ce serait probablement exorbitant et prendrait de nombreux jours... (avec le risque que les malles de la baronne se perdent.)
Aussi, je décidai de charger Gaston d'emmener les malles « non urgentes » de notre maîtresse avec l'auto (qui serait remplie jusqu'à ras bord) jusqu'à Genève dans les jours précédant notre départ, et de les faire expédier de là à la gare d'Antibes. Là, le personnel de l'hôtel Villanova irait les récupérer pour les entreposer chez eux. J'avais contacté par téléphone le directeur qui m'avait promis de nous rendre ce service.
Une fois ces soucis d'intendance résolus, la baronne fut plus détendue, et moi-même plutôt soulagée.
Le grand jour - le jour de notre départ – arriva, ainsi qu'Omphale accompagnée de sa mère dans un fiacre lourdement chargé de plusieurs malles. Je crus encore que Gaston allait faire une apoplexie en voyant tous ces bagages – il venait juste de revenir l'avant-veille de son périple à Genève avec l'Hispano-Suiza alourdie de pas moins de 7 malles (sans compter les cartons à chapeaux et les sacs dont elle avait « un besoin absolu. »)
Malgré tout, en faisant œuvre d'ingéniosité pour trouver suffisamment de place pour tout, nous pûmes nous embarquer pour cette aventure dès le lendemain matin, à l'aube.
La baronne décida qu'elle et Omphale s'installeraient à l'arrière sur la large banquette qui sentait bon le cuir de la sellerie, et quant à moi je pris place à l'avant, à côté de Gaston.
À peine partis, la jeune femme et sa professeure gloussaient comme des dindons, riant comme des collégiennes, chahutant comme des jeunes filles excitées.
J'avais un peu honte vis à vis de Gaston, mais en bon employé de maison il n'y prêtait aucune attention, les yeux consciencieusement rivés sur la route.
N'osant me retourner, j'arrivais néanmoins à regarder à l'arrière par le rétroviseur, et combien de fois vis-je, Dieu m'en est témoin, la main de la baronne glisser sous la robe jaune fleurie de son élève et remonter vous savez où. Il n'était besoin d'être devin pour comprendre qu'Omphale n'avait pas mis de culotte, comme à son habitude, du moins comme presque à chaque fois qu'elle venait voir sa professeure. Combien de fois surpris-je ma maîtresse sucer ses propres doigts après avoir lutiné durant un bon moment son élève ?
Combien de fois vis-je Omphale plonger ses mains dans le décolleté avantageux de la baronne, lui peloter ses gros seins avec gourmandise ? Que ne vis-je la jeune fille, tout excitée, lui sortir un de ses pulpeux nichons, et lui téter son mamelon rose vif et tout gonflé ?
Durant le deuxième jour de voyage, j'eus la surprise en regardant discrètement par dessus mon épaule gauche de voir le dos d'Omphale : la jeune perverse s'était allongée sur la banquette et sa tête était partie en exploration sous la robe de sa professeure, enfouie entre ses cuisses. Je n'eus pas à me demander ce qu'elle y faisait : je n'étais point naïve et le visage rubicond de ma maîtresse, ses yeux fermés, son visage crispé, sa bouche entrouverte sur laquelle se devinait la montée de l'extase, ne faisaient aucun doute. La baronne était prise de soubresauts, se mordait la main pour ne pas crier. Elle tenait à rester discrète et à cacher la nature de leurs actes libidineux au chauffeur, mais ces précautions étaient bien inutiles. Je pense que même un simple d'esprit ne s'y serait pas laissé prendre.
Nous arrivâmes à Cavaillon en la soirée de cette deuxième journée, il faisait déjà très chaud. Ma patronne sans aucune pudeur voyageait la robe remontée jusqu'en haut des cuisses. Omphale, qui avait dégagé ses épaules rondes (aucune tenue !) en profitait pour lui caresser sa chair grasse un peu avachie, faisant régulièrement remonter sa main gauche jusqu'à sa conque. Sa professeure, le plus souvent, n'était pas en reste, puisque de sa main droite - dissimulée sous la longue robe de la jeune fille (elle avait quand même conscience que le chauffeur pouvait voir en regardant par le rétroviseur ce qui se tramait à l‘arrière s'il avait vu la main s'agiter) lui rendait le plus souvent la pareille. Sans vergogne elles se branlaient mutuellement – et ce plusieurs fois par jour, durant ces longues journées de voyage – jusqu'à se donner du plaisir. Elles roucoulaient toutes les deux, en poussant régulièrement des soupirs, comme deux amoureux transis.
Heureusement que le bruit du moteur de l'auto et du souffle du vent par les vitres - que nous devions laisser ouvertes à cause de la chaleur - couvraient leurs petits gémissements lubriques, couinements, petits cris de débauchées, et rires de pucelles dévergondées, sans quoi j'aurais été horriblement gênée pour notre chauffeur. Il se serait demandé où il était tombé… C'était certainement le cas, remarquez bien, mais en bon employé de maison déférent et taiseux il n'en lassait rien paraître.
À l'auberge où nous descendîmes il y eut un malentendu : deux chambres seulement nous étaient réservées. J'en fus très courroucée car l'employé remettait ma parole en doute (« Oui Monsieur, c'est moi qui aie réservé par téléphone, et c'étaient bien 3 chambres, je suis affirmative, je ne me trompe jamais ! ») Mais on ne voulut rien entendre, il n'y avait pas d'autre chambre disponible, comme de bien entendu.
J'étais furieuse car persuadée que ce margoulin était passé outre mes ordres et avait loué à un autre client la chambre qui nous manquait. Ou bien le client qui avait eu notre troisième chambre s'était montré plus convaincant – moyennant un dessous-de-table conséquent. Ou bien était-ce une connaissance de la direction de l'auberge... toujours est-il qu'il n'en démordit pas. Je comprenais également que nous n'avions guère le choix.
Ma patronne, par contre, contrairement à sa façon habituelle de réagir à de telles situations, ne semblait guère contrariée. Je fus déçue qu'elle ne me soutint pas. Elle était lasse sans doute. Ou bien étaient-ce ses jeux indécents avec son élève qui l'amollissait ? Elle trancha avec un air irrité et sec : elle dormirait dans l'une des deux chambres et Omphale (« ma nièce », telle qu'elle la présenterait durant tout ce séjour sur la côte) partagerait sa chambre avec sa « préceptrice » (voilà donc quel était mon nouveau rôle officiel !)
Gaston avait, quant à lui, l'habitude de dormir dans l'auto, ce qui était commun pour les chauffeurs. (J'espérais - en riant intérieurement - qu'il n'était pas incommodé par l'odeur forte d'humeurs intimes femelles qui devaient imprégner la banquette arrière... Peut-être cela lui tournerait-il la tête et lui ferait faire des rêves honteux... mais je ne le sus jamais.)
La baronne fit néanmoins sa grande dame, exigea, eu égard à son rang, qu'on porte nos bagages nécessaires dans les chambres ; peut-être manière de se rattraper. L'employé mal éduqué prétendit que notre chauffeur pourrait le faire, mais là elle se mit en colère, fit remarquer les manquements de l'hôtel, qu'elle était une baronne, qu'elle connaissait du monde (dont des riches Anglais, des artistes Américains, des écrivains, qui descendaient souvent sur la côte) et que si elle leur touchait deux mots de cette « sinistre » auberge, c'en serait finie de sa renommée et de sa réputation, en tant qu'étape.
Je la reconnaissais bien là. Enfin. Et elle ordonna à Gaston de descendre nos trois valises et de les laisser dans le hall de l'auberge, où « le personnel les monterait sans tarder ! »
On nous montra nos deux chambres. Ça n'était pas le grand luxe, plutôt petit, vieillot, mais je vis l'œil de ma maîtresse s'éclairer quand elle vit la porte communicante entre nos deux pièces.
Tandis que j'ouvrais nos deux bagages, je me voyais déjà devoir partager ce lit - pas immense - avec Omphale quand la baronne ouvrit la porte et s'approcha de la jeune femme. Sans aucune gêne devant moi elle lui enlaça la taille, releva sa robe sur ses reins, et tout en lui pétrissant ses grosses fesses, la regarda droit dans les yeux avec un air impérial :
- Toi, tu dors avec moi !
Évidemment son élève ne protesta pas, gloussa de plaisir, rit, et sa bouche fondit sur celle de la baronne qui en fut presque surprise.
Pour préserver les apparences aux yeux du personnel – on ne sait jamais – elle fit malgré tout installer les affaires d'Omphale dans ma chambre.
Nous dînâmes toutes les trois dans la salle de restaurant. Le repas fut médiocre, qualifié d'« ordinaire » par ma maîtresse, « à l'image de l'établissement, sans aucun lustre ni aucun service digne de ce nom. Et à l'image de la clientèle » qui étaient descendue là et se restaurait à grands bruits : des représentants de commerce, des ouvriers sans doute, des marchands de basse catégorie (« que des gens vulgaires et rustres » dit la baronne. « Ne les regardez même pas, Omphale, nous ne sommes pas du même monde. »)
Il est vrai que nous n'avions guère eu le choix étant donné la contrainte de nos étapes, et qu'au lendemain de cette guerre, beaucoup d'hôtels et d'auberges n'avaient pas ré-ouvert. J'en étais désolée, un peu désappointée mais ma patronne ne m'en tint pas rigueur, elle savait que je n'avais pu faire mieux. Elle savait mon savoir-faire, mon expérience, ma conscience professionnelle, et le temps que j'avais passé à organiser ce voyage.
De toute façon, je sentais qu'elle s'accommodait bien de cela, d'autant qu'elle pensait surtout à la nuit qu'elle allait passer avec son élève chérie et choyée, et tant pis si la chambre n'avait pas le lustre de sa maison de celle des de Guitrancourt, elle semblait fébrile et tout émoustillée.
Nous montâmes et elle alla jusqu'à jouer la mise en scène de rentrer seule dans sa chambre et de nous laisser, Omphale et moi, entrer dans la « nôtre. » Il n'y avait pourtant pas l'ombre d'un employé traînant dans ces couloirs ; je pense qu'elle se moquait bien du qu'en-dira-t-on, et encore plus des potentiels voisins de chambre, ces « gens ordinaires qui ne nous connaissent même pas ». Mais était-ce par discrétion malgré tout ou plutôt par coquetterie ou un caprice ? Je voyais son visage éclairé par un petit sourire entendu.
En effet, tout juste rentrés depuis une minute, elle ouvrit la porte communicante, sa silhouette imposante apparaissant dans l'encadrement, en bas et corset et ordonna d'une voix autoritaire et ferme :
- Omphale, dans ma chambre jeune fille !
Son élève gloussa, un sourire rayonnant, et ne se fit pas prier (la mise en scène avait-elle marché quelques minutes sur elle ? Avait-elle cru qu'elle avait changé d'avis ? En tout cas sa frimousse avait affiché une mine inquiète quand elle était entrée avec moi dans la chambre qui nous était dédiée officiellement.)
Elle la poussa à l'intérieur, lui asséna une grosse claque sur son jeune fessier charnu puis referma la porte.
Fatiguée pour ma part je me mis rapidement au lit, allumai ma chandelle, pris mon livre de chevet du moment « La Mère de Dieu », trouble et passionnant.
Mais il me fut difficile de me concentrer sur mon roman, car j'entendais force cris et rires de l'autre côté de la porte, ce qui devait empêcher mon sommeil de venir, et me troublait un peu, je l'avoue.
C'étaient les gémissements d'Omphale que j'entendais le plus. Ce qui se tramait là, juste à côté, n'était pas bien difficile à imaginer et me rendait tout humide. Mais je n'eus pas trop le temps de me poser des questions : soudain la porte s'ouvrit et la baronne, nue en dessous de la taille, ses gros seins sortis du corset, surgit et m'ordonna :
- J'ai soif, Alexandrine, cette petite chatte ne me l'étanche pas. Allez me chercher une carafe d'eau fraîche et des verres, il n'y a même pas ça dans ces chambres… !
Je passai à la hâte ma robe par dessus ma nuisette, mis mes pantoufles et descendis. Je dus rudoyer le réceptionniste de nuit avec un ton dur et mon air le plus revêche pour qu'il aille me chercher en cuisine ce que je demandais.
Je remontai et entrai dans ma chambre, portant mon plateau. Et là je vis ce que j'avais entraperçu à peine avant de me vêtir – car naturellement la baronne avait laissé la porte communicante grand ouverte : Omphale était allongée sur le dos, totalement nue, sur le lit, cuisses écartées, et sa professeure à genoux au pied du lit, la gougnottait avidement en lui tenant son gros fessier par en dessous, à pleines pognes, comme si c'était la source miraculeuse.
J'entrai et posai mon plateau sur un petit guéridon juste à côté. Ma maîtresse mettait du cœur à son ouvrage, la langue sortie entièrement elle la léchait avec passion, avec amour, comme une chienne nettoierait son chiot nouveau-né.
Je lui remplis un grand verre d'eau.
Elle leva la tête une seconde de son ouvrage pour me dire :
- Restez là, Alexandrine !
Je me postai donc là debout, la regardant faire. Omphale gémissait, se pétrissant les seins, se mordant la main, se tordant dans tous les sens.
- Ah j'ai soif, fit la baronne en tendant sa main. Elle coule comme une fontaine, cette petite salope… Mais il fait chaud, et je me déleste de ma salive...
Elle était tout échevelée. Je lui tendis le verre et elle l'avala d'un trait, mais sans enlever l'index de sa main gauche qui continuait à fouailler le connin d'Omphale.
Elle se remit à l'œuvre, cette fois en enfonçant son index dans la petite praline de la jeune fille et son pouce dans son conduit féminin, et elle lui fit les ciseaux tout en se remettant à lui lécher les nymphes et son bourgeon.
Omphale exultait, se cabrait, tout son corps secoué de spasmes, ce qui commençait manifestement à exciter sérieusement ma maîtresse.
- Ah Alexandrine… Dans le sac là… Prenez l'objet… que j'ai emporté. Mettez-le et prenez-moi. J'en ai besoin !
Bigre. Je découvris que ma patronne avait acheté sans que j'en sois informée son propre godemiché à pattes, un fort bel objet, je dus en convenir, et d'une largeur tout à fait honorable. Il était tout en cuir et sentait bon cette matière animale.
Une fois harnachée, j'appuyai avec autorité sur les reins de ma maîtresse pour les lui faire ployer davantage : je la voulais bien cambrée. Je m'agenouillai derrière elle, et je me permis de la fesser de deux claques fortes – une sur chaque fesse – montrant que elle allait être ma chose, que j'allais la dominer. Elle ne protesta pas, mais au contraire grogna de plaisir.
Je passai mes doigts dans sa fente, elle coulait comme une jeune fille lubrique. Je jouai donc quelques secondes en faisant des aller-retours entre ses lèvres sexuelles bien ouvertes du bout de l'olibos, puis le positionnai. J'entrai son extrémité dans l'ouverture de sa conque, lui pris fermement sa large taille, refermant mes mains comme des serres d'oiselle de proie, et m'enfonçai lentement mais fermement, d'une seule poussée tout au fond d'elle. Elle poussa un cri étouffé de satisfaction.
Alors, lentement d'abord, je me mis à la besogner, avec l'amplitude maximale, avec douceur puis avec de plus en plus de fermeté et de rudesse.
Mes coups de reins ébranlaient tout son large corps de dame mûre, je la baisais comme un homme et je savais combien elle aimait ça.
Les doigts de ma main droite s'immiscèrent dans son sillon fessier, agaçant bientôt la petite dépression bistre, puis appuyant légèrement sur la cupule fripée avec mon pouce. Elle semblait toujours apprécier autant... alors, lentement, je lui enfonçai mon pouce dans le cul ! Elle poussa un long râle ; elle ne manifestait pas de mécontentement, je me mis donc à le lui rentrer et sortir en même temps que le godemiché : ah elle était bien remplie, la matrone !
De ma main gauche je lui tripotai ses gros seins tombants, les pétris, lui attrapai les mamelons, les pinçant, les serrant, les malmenant…Je savais bien comment elle aimait être traitée, la grosse bourgeoise ! Elle se mit à haleter, donnant des coups de reins en arrière pour mieux s'empaler sur l'olisbos et sur mon pouce, râlant sans retenue, ayant lâché la fleur d'Omphale qui, pour l'heure, regardait ce fascinant spectacle et commençait à se donner du plaisir seule, du bout de ses doigts.
Soudain, bien excitée, je saisis ma patronne par la gorge, ma main sous son cou, la cambrant au maximum en arrière pour amener son oreille près de ma bouche… et profitant qu'elle était sous l'emprise de son plaisir – mon emprise, puisque j'en étais l'actrice – je tentai une initiative osée :
- Je vais vous enculer, Madame la baronne ! Je vous l'ai promis un jour.
Vous pourrez gémir, Maîtresse, je vais vous immoler sur l'autel de Sodome.
Je m'attendais à ce qu'elle se contente de gémir, vaincue, s'abandonnant à mon traitement, soumise à son plaisir, mais me surprenant encore, elle me dit d'une voix cassée, une voix de possédée (ce qu'elle était. Sexuellement, du moins, mais pas seulement...) :
- Faites, Alexandrine. Prenez-moi le cul. Enculez-moi à fond, devant cette pucelle. Qu'elle voit bien ce que je lui ferai un de ces jours… Elle ne perd rien pour attendre.
Alors, sachant que j'avais bien huilé son petit troufignon en étoile et que j'avais commencé à l'élargir, je plaçai l'extrémité – bien arrondie et fuselée, heureusement pour elle – sur sa rondelle et mis à pousser lentement. Elle émit un râle de bête, se crispa un peu, et j'enfonçai progressivement le bout de l'engin qui déforma son anneau culier et l'élargit passivement en force.
- AAAAAHHH… !
- Je vous la mets dans le cul, Madame la baronne ! Ça vous convient… ?
Elle reprenait son souffle. Elle gémit :
- Ouiiii…
- Ça vous plaît, Maîtresse… ?
- Oui, Alexandrine… Enculez-moi comme une sale vieille putain.
Moi qui craignais qu'elle n'apprécie pas de se faire pistonner par cet orifice, surtout devant son élève, je me rendis compte à quel point nous n'en étions plus là. Elle n'avait plus aucune pudeur : elle n'éprouvait aucune gêne de montrer à sa jeune élève son corps large et adipeux. Il faut dire – ou plutôt il fallait voir – comment Omphale la regardait amoureusement tandis qu'elle se faisait bouffer le berlingot par sa professeure.
Désormais, incapable de la lécher en continu, soufflant, haletant tandis que mon phallus de caoutchouc allait et venait et disparaissait entre ses fesses, elle avait introduit plusieurs doigts dans la jeune chatte de son élève, et les faisait aller et venir au même rythme que le mouvement que j'animais pour lui défoncer le cul.
Omphale avait levé ses jambes qu'elle maintenait en l'air et faisait aller, elle aussi, deux doigts dans la bouche de la baronne qui les suçait avec avidité.
Ma maîtresse avançait peu à peu comme si mes coups de boutoir l'avaient poussée contre le bout du matelas et mon olisbos semblait littéralement la clouer au lit par le cul. Pour le plus grand plaisir d'Omphale qui lui saisit ses grosses loches à pleines pognes et se mit à lui pétrir, voire les lui broyer.
La baronne avait passé sa seconde main entre ses cuisses et se branlait désormais comme une damnée.
Ce spectacle, ainsi que l'incroyable sensation de baiser ma patronne par le cul comme si j'étais un homme, m'excitait à tel point que je ne savais plus où j'en étais. J'avais envie d'avoir moi aussi du plaisir ; assez d'être la domestique qui baisait tout le monde et à qui on ne donnait rien. Aussi quand les deux femmes dodues, la jeune et la vieille, partirent d'une jouissance bien bruyante qui n'en finissait pas, je ressortis du fondement de la baronne, montai sur le lit, et enfourchant le visage de la jeune fille je lui intimai :
- Allez, jeune salope, lèche ! Donne-moi le même plaisir que ta professeure a eu la bonté de t'offrir.
Elle ne se fit pas prier : elle posa ses mains sur ma taille, me flatta les fesses, et sa langue fit merveille.
Je fus surpris moins d'une minute après de sentir une seconde paire de mains me tripoter les fesses, puis de me les écarter. Je fus une seconde sidérée quand la sensation humide sur mon intimité la plus secrète me révéla ce que je n'aurais jamais osé imaginé avant : ma patronne avait passé sa langue dans mon sillon fessier et se livrait sur moi à une délicate feuille de rose !
Entre la caresse linguale de la baronne dans mon derrière, celle de la jeune Omphale dans ma fente, et ses mains qui, sans vergogne et sans m'en demander la permission – je la bénissais pour cela - s'étaient maintenant emparés de mes seins durcis et me malmenaient les mamelons, je ne pus résister bien longtemps à la montée du plaisir : j'explosai d'une ineffable jouissance en serrant les dents d'abord, puis expirant comme une bête blessée, pour la grande joie des deux femmes.
Vidées, elles me regardèrent avec une joie nouvelle qui éclairait leur visage épuisé. Nous nous étions à aucun moment soucié des protestations de plusieurs voisins de chambre indignés qui avait crié et tapé contre les cloisons trop fines de cet hôtel minable. Les manifestions de mécontentement de ces gens vulgaires s'arrêtèrent soudain quand ma patronne cria :
- Ohhh... ! Vos gueules !!!
Omphale et moi sortîmes de notre stupéfaction d'un éclat de rire !
Je laissai les deux femmes enlacées et roucoulantes, allongées en sueur sur leur couche, et regagnai la mienne en franchissant la porte communicante.
Je ne voulais juste à ce moment-là que pouvoir m'effondrer et tomber dans un sommeil profond, espérant que si elles se réveillaient au beau milieu de la nuit - enfin surtout Omphale, nous savons tous combien la jeunesse a de la ressource et de l'énergie à revendre – pour se lutiner et se gougnotter, elles ne demanderaient pas à leur gouvernante de participer à leurs jeux de plaisir.
Enfin, ma prière fut entendue, je m'endormis très vite et ce, jusqu'au matin.
J'avais gardé des contacts en Russie de mes anciennes places mais hélas la révolution était passée par là et je ne savais même pas si mes anciens employeurs étaient encore en vie ou s'ils avaient pu fuir, et quant à leurs domestiques et clients j'ignorais ce qu'ils avaient pu devenir, les pauvres.
Je pris contact directement avec la ville de Nice pour avoir des informations. Je pus les joindre par téléphone, malheureusement ce qu'ils m'apprirent contraria quelque peu nos projets : tous les grands palaces avaient été réquisitionnés pour servir d'hôpitaux militaires durant cette terrible guerre dont on n'avait pas encore découvert toute l'ampleur des pertes humaines. Ils étaient terriblement endommagés et aucun n'avait ré-ouvert. Même le célèbre hôtel Negresco n'était pas près de redevenir ce qu'il était : le propriétaire avait de toute façon perdu sa clientèle russe et on disait qu'il était ruiné. Le tableau qu'ils me firent de tous ces beaux hôtels du front de mer était effroyable. La dame me conseilla plutôt de louer une villa, si j'en trouvais une dans la région, ou éventuellement un petit hôtel dans l'arrière-pays.
J'écoutai ces conseils et non sans peine je finis par dénicher un lieu splendide pour notre séjour, situé sur les hauteurs, pas très loin de la mer, là où avait débarqué « l'empereur, le premier » pour ses cent jours, comme la baronne avait l'habitude de le nommer. Il s'appelait l'hôtel Villanova, un ancien hôtel particulier, et le propriétaire, fut ravi de nous louer une suite au mois. Il m'envoya une photo qui charma ma patronne. Certes, le prix était conséquent, mais elle ne tiqua presque pas. Elle le réserva par retour du courrier.
Il me restait à trouver un chauffeur et à faire l'acquisition de l'auto. N'y connaissant rien, elle acquiesça à mon idée de l'engager tout d'abord pour qu'il nous guide ensuite sur l'achat de la machine.
Je reçus plusieurs candidats. Je préférai éliminer les plus jeunes et sélectionner des gaillards d'expérience, qui semblaient plus sérieux. La jeune génération ne pensait qu'à batifoler et si nous devions emmener Omphale avec nous je préférais un homme d'âge mûr, bourru et moins engageant. Je me souvenais de la sale expérience avec Jules, le jeune jardinier de Monsieur Montmesnil en Normandie
voir Rosalie, une domestique dévouée, chapitres 6 à 12
. Celui que je dénichai s'avéra être l'homme de toutes les situations. C'était un type rude, peu bavard, discret et d'origine paysanne, mais il savait se débrouiller de tous les problèmes (il savait réparer toute sortes de mécaniques, des premiers engins agricoles qui commençaient à apparaître à l'époque, aux vélocipèdes, aux motocyclettes et aux automobiles auxquelles il s'intéressait de près.) Il me conseilla d'acheter une Hispano-Suiza car il savait qu'elles étaient plus fiables. « Conçues par un ingénieur suisse » me dit-il, comme s'il fallait me donner un argument. Ça me sembla un peu chauvin sur le moment mais l'avenir lui donna raison.
Elles étaient belles, et ses yeux brillaient sans malice devant les tout nouveaux modèles qui sortaient à l'époque, bien plus que s'il avait regardé une fille. Et ça me rassura.
Bien entendu, leur prix n'était pas rien, mais le bougre sut dénicher une occasion récente, une auto qui avait appartenu à un riche bourgeois âgé qui était décédé brutalement. Il fallait sauter sur l'affaire, s'enthousiasma-t-il. Naturellement il me fallut l'accord de la baronne. Mais comme je faisais confiance à notre tout nouveau chauffeur elle me fit confiance et fit le chèque sans regret.
Il n'avait pas discuté ses gages, avait juste fait un peu la grimace quand il comprit qu'il devait porter une tenue de chauffeur qu'il devait trouver un peu trop guindée, mais il s'y résigna sans problème.
Quant à la baronne, elle tiqua un peu en découvrant que ces automobiles valaient beaucoup d'argent, même en seconde main, mais quand elle la vit elle écarquilla les yeux tout d'abord puis un sourire s'élargit sur son visage : un sourire ravi de nouveau propriétaire. L'acquisition était digne de son rang de riche baronne : une berline rutilante, bordeaux et noire, qui semblait neuve et brillait des mille feux de ses chromes. Gaston, le chauffeur, lui, se frottait les mains de plaisir. Il n'avait sans doute jamais conduit une aussi belle machine. Il était conscient de sa chance et jamais ne se plaignit par la suite des consignes de sa maîtresse. Il affirma qu'avec cette auto et ses soins consciencieux de sa mécanique, elle pourrait nous emmener jusqu'en Afrique. La baronne lui rétorqua qu'elle n'en demandait pas tant ; il lui faudrait juste qu'elle nous emmène jusqu'à Juan-les-Pins.
La seule véritable discussion qui eut lieu entre notre chauffeur et ma patronne, bien que sans aucune animosité, fut sur l'itinéraire. La baronne aurait aimé passer par Grenoble et Grasse, ayant gardé une certaine nostalgie de l'épopée napoléonienne et une certaine tendresse par son aïeul, baron d'empire, mais Gaston, tout en lui disant qu'elle était la patronne et qu'elle décidait et qu'il se soumettrait à ses ordres, arriva à l'en dissuader : même pour une auto telle que celle-là, les pentes étaient rudes, le moteur risquait de chauffer, les routes caillouteuses, et l'on risquerait de crever les pneumatiques sans cesse. Sans compter l'essence qui était rare et qu'il faudrait dénicher dans le fond de petits commerces, et encore, dans les bourgs les plus importants. Il connaissait son affaire, le bougre. Il savait que passer par la Nationale 7, à peu près en état, était bien plus sûr, bien moins aventureux. Et encore il faudrait prévoir au moins une étape, si tout se passait bien.
- Oui, je comprends, céda la baronne. Finalement, même avec une de ces machines, même avec un moteur, c'est aussi compliqué qu'en voiture à cheval, finalement. Mais plus coûteux.
- Mais plus rapide quand-même, patronne !
- « Madame la baronne », s'il vous plaît.
- Oui, Madame la baronne. Mais vous verrez c'est plus confortable aussi. Et moi je sais y faire avec la mécanique, et je veillerai au grain.
- Je vous fais confiance, Gaston. C'est entendu.
Il ne restait plus maintenant à la baronne qu'à parler à Madame de Guitrancourt et de la convaincre d'accepter que sa fille parte avec nous plusieurs semaines sur la côte. Ça n'était pas gagné d'avance. Cette idée risquait à tous coups de sembler surprenante, voire saugrenue, à ces gens de condition. Et si on mettait de côté leur défiance à son endroit à laquelle s'attendait naturellement ma maîtresse, loin d'être naïve, est-ce qu'elle serait jugée suffisamment fréquentable, toute baronne qu'elle était, et suffisamment digne d'emmener la fille des de Guitrancourt dans une telle escapade et villégiature, qui n'était pas trop dans les mœurs et les habitudes de ces gens, surtout à cette époque. Nous les sentions très guindés et nous pensions, ma patronne comme moi, que sa mère se montrerait très réticente à cette idée.
Aussi elle se paya le culot d'aller rendre visite à Madame de Guitrancourt. La dame, en effet parut surprise (à ce que ma raconta la baronne), mais ne manifesta aucun mécontentement.
Voici comment la baronne, rusée comme elle était, amena la chose :
- Voilà, pour tout dire, l'objet de ma visite, dit-elle après les politesses d'usage. J'ai l'habitude chaque année de descendre sur la côte… disons : j'avais, car durant ces quatre années terribles de guerre, ça n'était plus le moment. Car cette région charmante et accueillante a été un havre de paix à nos soldats blessés durant cette période.
Mais elle m'a tellement manqué, cette Riviera, il fait toujours beau et doux là-bas. Et les fêtes du carême sont particulièrement spectaculaires. Il faut les voir. Tous les gens sont en liesse, il y a des chars fleuris. Menton, Nice, rivalisent d'ingéniosité pour offrir la plus belle fête.
J'ai prévu par conséquent de m'absenter durant plusieurs semaines. Peut-être deux mois. Je vais descendre avec mon personnel – en fait, juste ma gouvernante, car elle me suffit. Nous y avons un petit hôtel particulier. Naturellement, du fait de ces longues semaines d'absence, étant là-bas je ne pourrai pas donner les leçons de piano et de maintien à votre fille. Or je sais qu'elle y est très attachée.
Elle enchaîna avec naturel pour jouer son va-tout :
- C'est pourquoi je me disais que si ça ne vous incommodait pas, nous pourrions l'emmener avec nous. Ainsi je pourrai continuer à lui donner ses leçons et par ailleurs elle découvrirait cette magnifique région. Voir le mimosa en fleurs, les paysages de l'Esterel, les vues sur la mer azur à vous couper le souffle...
- Hum… fit Madame de Guitrancourt. Je vous avoue que je ne m'attendais pas à ça. Vous avez eu l'habitude d'y emmener vos élèves… ? demanda-t-elle avec un regard circonspect.
- Non, ce sera la première fois. Mais cela fait quatre longues années que je ne m'y suis pas rendue. Et Puis Omphale n'est pas une élève comme les autres. Elle est brillante, studieuse, volontaire. Ce serait la récompenser… et l'encourager à poursuivre dans cette voie.
- Oui, bon, je n'ai pas non plus l'ambition et encore moins le désir d'en faire une concertiste. Juste de faire un beau mariage.
- Vous savez, la côte est très bien fréquentée, des gens riches et dignes d'intérêt. Je connais la principauté de Monaco, j'y ai mes entrées.
- Oui. Bon… Cette noblesse génoise... Bon, je sais également qu'Omphale n'a pas la grâce d'une princesse non plus. Un beau mariage, avec quelqu'un de recommandable et de fortuné, ça serait déjà quelque chose.
- Ah je ne vous garantis pas de la marier, Madame de Guitrancourt ! dit-elle en plaisantant. Ça n'est pas mon but, et je ne me permettrais pas. Mais de toute façon avec moi elle sera bien chaperonnée, croyez-moi.
- Oui je n'en doute aucunement. Je sais combien vous savez être stricte avec les jeunes filles.
- Et nous ne fréquenterons pas des bals. Du moins sans votre permission.
Je fus sidérée d'apprendre de sa bouche tout ce qu'elle avait raconté à la mère d'Omphale. Avec quel aplomb elle avait pu lui asséner de tels mensonges (puisqu'elle n'avait pas d'hôtel particulier, nous allions louer une suite) et de fausses promesses (j'avais bien compris que ma maîtresse, une fois loin de la Guitrancourt, avait l'intention de sortir sa fille, voire de la dévergonder.)
En tout cas, elle dut se montrer suffisamment convaincante car Madame de Guitrancourt mère finit par lui lâcher qu'elle donnait son accord de principe. Sous réserve, bien entendu, que son époux y consente aussi, bien entendu qu'Omphale elle-même.
Pour Omphale nous eûmes aucun doute, par contre l'accord de son père inquiétait un peu la baronne.
Mais quand elle revint pour sa leçon elle ne cacha pas son enthousiasme et sa joie à l'idée de partir avec nous sur la côte. Pour un peu elle nous aurait sauté au cou ! Et elle nous apprit en même temps que son père ne s'opposait pas à ce projet. Elle nous fit comprendre qu'il s'inclinait toujours devant les décisions de son épouse (et que si c'était la décision de Madame de Guitrancourt cela voulait dire qu'elle n'avait eu aucune réticence à l'idée de ce voyage puisqu'elle avait été convaincante auprès de son mari.) Ou bien, selon Omphale, son père s'en moquait comme d'une guigne, il s'intéressait peu à sa fille, apparemment.
Je ne raconterai pas en détails tous les préparatifs de la baronne en vue de ce voyage, que je dus organiser, personnellement. Car il fallait prévoir deux nuits d'étapes, Gaston nous ayant prévenues qu'au rythme du voyage et avec l'état des routes, et bien que nous allions prendre les principales et les mieux carrossées, il ne faudrait guère compter faire faire à l'Hispano-Suiza plus de 250 kilomètres par jour. Il y aurait quelques pentes à grimper et certainement quelques aléas (les crevaisons des pneumatiques étaient fréquentes sur les routes.)
Je préférai suivre les conseils de notre chauffeur et je l'associai donc à mon organisation : il fut convenu que nous dormirions la première nuit à Voiron, et la seconde à Cavaillon. Si tout se passait bien nous devions arriver à notre hôtel à Juan les Pins à la fin de l'après-midi du troisième jour. Toute une épopée !
Il me fallut convaincre également ma maîtresse de ne pas emmener toutes ses toilettes et tous ses bijoux. Car quand Gaston fut informé du nombre de malles cela allait représenter (sans savoir qu'Omphale était chez elle en train d'en remplir autant) il poussa les hauts cris : il n'y avait pas de place pour tout ça, même après avoir installé une galerie sur le pauvre toit de l'auto (qui n'était pourtant pas prévu pour ça… La pauvre voiture. Je me demandais, à la suite de Gaston, si elle tiendrait le coup… - une raison de plus, me disait-il, pour ne pas être trop optimiste sur la durée de notre trajet. Aussi lourdement chargée elle irait encore plus lentement…)
La baronne se renfrogna d'abord quelque peu mais je réussis rapidement à la ramener à la raison.
Je lui suggérai qu'elle pourrait emmener les toilettes nécessaires au premier jour – ou les plus importantes – et de faire acheminer le reste par le chemin de fer jusqu'à la gare d'Antibes dans les jours suivants.
Elle y consentit, à condition que je m'occupe de tout. J'allai donc me renseigner à la gare ferroviaire de N. On m'expliqua qu'acheminer autant de bagages jusqu'à Genève pour rejoindre le réseau français P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerrannée) n'était pas possible, ces trains des C.F.F. (chemins de fer fédéraux) assurant ces liaisons étaient des petits trains, peu fréquents, et ne prenaient que du courrier ou des petits bagages. Bien entendu, ils pouvaient me faire un devis pour les faire transporter par voiture à cheval, mais le préposé, baissant la voix, me le déconseilla : ce serait probablement exorbitant et prendrait de nombreux jours... (avec le risque que les malles de la baronne se perdent.)
Aussi, je décidai de charger Gaston d'emmener les malles « non urgentes » de notre maîtresse avec l'auto (qui serait remplie jusqu'à ras bord) jusqu'à Genève dans les jours précédant notre départ, et de les faire expédier de là à la gare d'Antibes. Là, le personnel de l'hôtel Villanova irait les récupérer pour les entreposer chez eux. J'avais contacté par téléphone le directeur qui m'avait promis de nous rendre ce service.
Une fois ces soucis d'intendance résolus, la baronne fut plus détendue, et moi-même plutôt soulagée.
Le grand jour - le jour de notre départ – arriva, ainsi qu'Omphale accompagnée de sa mère dans un fiacre lourdement chargé de plusieurs malles. Je crus encore que Gaston allait faire une apoplexie en voyant tous ces bagages – il venait juste de revenir l'avant-veille de son périple à Genève avec l'Hispano-Suiza alourdie de pas moins de 7 malles (sans compter les cartons à chapeaux et les sacs dont elle avait « un besoin absolu. »)
Malgré tout, en faisant œuvre d'ingéniosité pour trouver suffisamment de place pour tout, nous pûmes nous embarquer pour cette aventure dès le lendemain matin, à l'aube.
La baronne décida qu'elle et Omphale s'installeraient à l'arrière sur la large banquette qui sentait bon le cuir de la sellerie, et quant à moi je pris place à l'avant, à côté de Gaston.
À peine partis, la jeune femme et sa professeure gloussaient comme des dindons, riant comme des collégiennes, chahutant comme des jeunes filles excitées.
J'avais un peu honte vis à vis de Gaston, mais en bon employé de maison il n'y prêtait aucune attention, les yeux consciencieusement rivés sur la route.
N'osant me retourner, j'arrivais néanmoins à regarder à l'arrière par le rétroviseur, et combien de fois vis-je, Dieu m'en est témoin, la main de la baronne glisser sous la robe jaune fleurie de son élève et remonter vous savez où. Il n'était besoin d'être devin pour comprendre qu'Omphale n'avait pas mis de culotte, comme à son habitude, du moins comme presque à chaque fois qu'elle venait voir sa professeure. Combien de fois surpris-je ma maîtresse sucer ses propres doigts après avoir lutiné durant un bon moment son élève ?
Combien de fois vis-je Omphale plonger ses mains dans le décolleté avantageux de la baronne, lui peloter ses gros seins avec gourmandise ? Que ne vis-je la jeune fille, tout excitée, lui sortir un de ses pulpeux nichons, et lui téter son mamelon rose vif et tout gonflé ?
Durant le deuxième jour de voyage, j'eus la surprise en regardant discrètement par dessus mon épaule gauche de voir le dos d'Omphale : la jeune perverse s'était allongée sur la banquette et sa tête était partie en exploration sous la robe de sa professeure, enfouie entre ses cuisses. Je n'eus pas à me demander ce qu'elle y faisait : je n'étais point naïve et le visage rubicond de ma maîtresse, ses yeux fermés, son visage crispé, sa bouche entrouverte sur laquelle se devinait la montée de l'extase, ne faisaient aucun doute. La baronne était prise de soubresauts, se mordait la main pour ne pas crier. Elle tenait à rester discrète et à cacher la nature de leurs actes libidineux au chauffeur, mais ces précautions étaient bien inutiles. Je pense que même un simple d'esprit ne s'y serait pas laissé prendre.
Nous arrivâmes à Cavaillon en la soirée de cette deuxième journée, il faisait déjà très chaud. Ma patronne sans aucune pudeur voyageait la robe remontée jusqu'en haut des cuisses. Omphale, qui avait dégagé ses épaules rondes (aucune tenue !) en profitait pour lui caresser sa chair grasse un peu avachie, faisant régulièrement remonter sa main gauche jusqu'à sa conque. Sa professeure, le plus souvent, n'était pas en reste, puisque de sa main droite - dissimulée sous la longue robe de la jeune fille (elle avait quand même conscience que le chauffeur pouvait voir en regardant par le rétroviseur ce qui se tramait à l‘arrière s'il avait vu la main s'agiter) lui rendait le plus souvent la pareille. Sans vergogne elles se branlaient mutuellement – et ce plusieurs fois par jour, durant ces longues journées de voyage – jusqu'à se donner du plaisir. Elles roucoulaient toutes les deux, en poussant régulièrement des soupirs, comme deux amoureux transis.
Heureusement que le bruit du moteur de l'auto et du souffle du vent par les vitres - que nous devions laisser ouvertes à cause de la chaleur - couvraient leurs petits gémissements lubriques, couinements, petits cris de débauchées, et rires de pucelles dévergondées, sans quoi j'aurais été horriblement gênée pour notre chauffeur. Il se serait demandé où il était tombé… C'était certainement le cas, remarquez bien, mais en bon employé de maison déférent et taiseux il n'en lassait rien paraître.
À l'auberge où nous descendîmes il y eut un malentendu : deux chambres seulement nous étaient réservées. J'en fus très courroucée car l'employé remettait ma parole en doute (« Oui Monsieur, c'est moi qui aie réservé par téléphone, et c'étaient bien 3 chambres, je suis affirmative, je ne me trompe jamais ! ») Mais on ne voulut rien entendre, il n'y avait pas d'autre chambre disponible, comme de bien entendu.
J'étais furieuse car persuadée que ce margoulin était passé outre mes ordres et avait loué à un autre client la chambre qui nous manquait. Ou bien le client qui avait eu notre troisième chambre s'était montré plus convaincant – moyennant un dessous-de-table conséquent. Ou bien était-ce une connaissance de la direction de l'auberge... toujours est-il qu'il n'en démordit pas. Je comprenais également que nous n'avions guère le choix.
Ma patronne, par contre, contrairement à sa façon habituelle de réagir à de telles situations, ne semblait guère contrariée. Je fus déçue qu'elle ne me soutint pas. Elle était lasse sans doute. Ou bien étaient-ce ses jeux indécents avec son élève qui l'amollissait ? Elle trancha avec un air irrité et sec : elle dormirait dans l'une des deux chambres et Omphale (« ma nièce », telle qu'elle la présenterait durant tout ce séjour sur la côte) partagerait sa chambre avec sa « préceptrice » (voilà donc quel était mon nouveau rôle officiel !)
Gaston avait, quant à lui, l'habitude de dormir dans l'auto, ce qui était commun pour les chauffeurs. (J'espérais - en riant intérieurement - qu'il n'était pas incommodé par l'odeur forte d'humeurs intimes femelles qui devaient imprégner la banquette arrière... Peut-être cela lui tournerait-il la tête et lui ferait faire des rêves honteux... mais je ne le sus jamais.)
La baronne fit néanmoins sa grande dame, exigea, eu égard à son rang, qu'on porte nos bagages nécessaires dans les chambres ; peut-être manière de se rattraper. L'employé mal éduqué prétendit que notre chauffeur pourrait le faire, mais là elle se mit en colère, fit remarquer les manquements de l'hôtel, qu'elle était une baronne, qu'elle connaissait du monde (dont des riches Anglais, des artistes Américains, des écrivains, qui descendaient souvent sur la côte) et que si elle leur touchait deux mots de cette « sinistre » auberge, c'en serait finie de sa renommée et de sa réputation, en tant qu'étape.
Je la reconnaissais bien là. Enfin. Et elle ordonna à Gaston de descendre nos trois valises et de les laisser dans le hall de l'auberge, où « le personnel les monterait sans tarder ! »
On nous montra nos deux chambres. Ça n'était pas le grand luxe, plutôt petit, vieillot, mais je vis l'œil de ma maîtresse s'éclairer quand elle vit la porte communicante entre nos deux pièces.
Tandis que j'ouvrais nos deux bagages, je me voyais déjà devoir partager ce lit - pas immense - avec Omphale quand la baronne ouvrit la porte et s'approcha de la jeune femme. Sans aucune gêne devant moi elle lui enlaça la taille, releva sa robe sur ses reins, et tout en lui pétrissant ses grosses fesses, la regarda droit dans les yeux avec un air impérial :
- Toi, tu dors avec moi !
Évidemment son élève ne protesta pas, gloussa de plaisir, rit, et sa bouche fondit sur celle de la baronne qui en fut presque surprise.
Pour préserver les apparences aux yeux du personnel – on ne sait jamais – elle fit malgré tout installer les affaires d'Omphale dans ma chambre.
Nous dînâmes toutes les trois dans la salle de restaurant. Le repas fut médiocre, qualifié d'« ordinaire » par ma maîtresse, « à l'image de l'établissement, sans aucun lustre ni aucun service digne de ce nom. Et à l'image de la clientèle » qui étaient descendue là et se restaurait à grands bruits : des représentants de commerce, des ouvriers sans doute, des marchands de basse catégorie (« que des gens vulgaires et rustres » dit la baronne. « Ne les regardez même pas, Omphale, nous ne sommes pas du même monde. »)
Il est vrai que nous n'avions guère eu le choix étant donné la contrainte de nos étapes, et qu'au lendemain de cette guerre, beaucoup d'hôtels et d'auberges n'avaient pas ré-ouvert. J'en étais désolée, un peu désappointée mais ma patronne ne m'en tint pas rigueur, elle savait que je n'avais pu faire mieux. Elle savait mon savoir-faire, mon expérience, ma conscience professionnelle, et le temps que j'avais passé à organiser ce voyage.
De toute façon, je sentais qu'elle s'accommodait bien de cela, d'autant qu'elle pensait surtout à la nuit qu'elle allait passer avec son élève chérie et choyée, et tant pis si la chambre n'avait pas le lustre de sa maison de celle des de Guitrancourt, elle semblait fébrile et tout émoustillée.
Nous montâmes et elle alla jusqu'à jouer la mise en scène de rentrer seule dans sa chambre et de nous laisser, Omphale et moi, entrer dans la « nôtre. » Il n'y avait pourtant pas l'ombre d'un employé traînant dans ces couloirs ; je pense qu'elle se moquait bien du qu'en-dira-t-on, et encore plus des potentiels voisins de chambre, ces « gens ordinaires qui ne nous connaissent même pas ». Mais était-ce par discrétion malgré tout ou plutôt par coquetterie ou un caprice ? Je voyais son visage éclairé par un petit sourire entendu.
En effet, tout juste rentrés depuis une minute, elle ouvrit la porte communicante, sa silhouette imposante apparaissant dans l'encadrement, en bas et corset et ordonna d'une voix autoritaire et ferme :
- Omphale, dans ma chambre jeune fille !
Son élève gloussa, un sourire rayonnant, et ne se fit pas prier (la mise en scène avait-elle marché quelques minutes sur elle ? Avait-elle cru qu'elle avait changé d'avis ? En tout cas sa frimousse avait affiché une mine inquiète quand elle était entrée avec moi dans la chambre qui nous était dédiée officiellement.)
Elle la poussa à l'intérieur, lui asséna une grosse claque sur son jeune fessier charnu puis referma la porte.
Fatiguée pour ma part je me mis rapidement au lit, allumai ma chandelle, pris mon livre de chevet du moment « La Mère de Dieu », trouble et passionnant.
Mais il me fut difficile de me concentrer sur mon roman, car j'entendais force cris et rires de l'autre côté de la porte, ce qui devait empêcher mon sommeil de venir, et me troublait un peu, je l'avoue.
C'étaient les gémissements d'Omphale que j'entendais le plus. Ce qui se tramait là, juste à côté, n'était pas bien difficile à imaginer et me rendait tout humide. Mais je n'eus pas trop le temps de me poser des questions : soudain la porte s'ouvrit et la baronne, nue en dessous de la taille, ses gros seins sortis du corset, surgit et m'ordonna :
- J'ai soif, Alexandrine, cette petite chatte ne me l'étanche pas. Allez me chercher une carafe d'eau fraîche et des verres, il n'y a même pas ça dans ces chambres… !
Je passai à la hâte ma robe par dessus ma nuisette, mis mes pantoufles et descendis. Je dus rudoyer le réceptionniste de nuit avec un ton dur et mon air le plus revêche pour qu'il aille me chercher en cuisine ce que je demandais.
Je remontai et entrai dans ma chambre, portant mon plateau. Et là je vis ce que j'avais entraperçu à peine avant de me vêtir – car naturellement la baronne avait laissé la porte communicante grand ouverte : Omphale était allongée sur le dos, totalement nue, sur le lit, cuisses écartées, et sa professeure à genoux au pied du lit, la gougnottait avidement en lui tenant son gros fessier par en dessous, à pleines pognes, comme si c'était la source miraculeuse.
J'entrai et posai mon plateau sur un petit guéridon juste à côté. Ma maîtresse mettait du cœur à son ouvrage, la langue sortie entièrement elle la léchait avec passion, avec amour, comme une chienne nettoierait son chiot nouveau-né.
Je lui remplis un grand verre d'eau.
Elle leva la tête une seconde de son ouvrage pour me dire :
- Restez là, Alexandrine !
Je me postai donc là debout, la regardant faire. Omphale gémissait, se pétrissant les seins, se mordant la main, se tordant dans tous les sens.
- Ah j'ai soif, fit la baronne en tendant sa main. Elle coule comme une fontaine, cette petite salope… Mais il fait chaud, et je me déleste de ma salive...
Elle était tout échevelée. Je lui tendis le verre et elle l'avala d'un trait, mais sans enlever l'index de sa main gauche qui continuait à fouailler le connin d'Omphale.
Elle se remit à l'œuvre, cette fois en enfonçant son index dans la petite praline de la jeune fille et son pouce dans son conduit féminin, et elle lui fit les ciseaux tout en se remettant à lui lécher les nymphes et son bourgeon.
Omphale exultait, se cabrait, tout son corps secoué de spasmes, ce qui commençait manifestement à exciter sérieusement ma maîtresse.
- Ah Alexandrine… Dans le sac là… Prenez l'objet… que j'ai emporté. Mettez-le et prenez-moi. J'en ai besoin !
Bigre. Je découvris que ma patronne avait acheté sans que j'en sois informée son propre godemiché à pattes, un fort bel objet, je dus en convenir, et d'une largeur tout à fait honorable. Il était tout en cuir et sentait bon cette matière animale.
Une fois harnachée, j'appuyai avec autorité sur les reins de ma maîtresse pour les lui faire ployer davantage : je la voulais bien cambrée. Je m'agenouillai derrière elle, et je me permis de la fesser de deux claques fortes – une sur chaque fesse – montrant que elle allait être ma chose, que j'allais la dominer. Elle ne protesta pas, mais au contraire grogna de plaisir.
Je passai mes doigts dans sa fente, elle coulait comme une jeune fille lubrique. Je jouai donc quelques secondes en faisant des aller-retours entre ses lèvres sexuelles bien ouvertes du bout de l'olibos, puis le positionnai. J'entrai son extrémité dans l'ouverture de sa conque, lui pris fermement sa large taille, refermant mes mains comme des serres d'oiselle de proie, et m'enfonçai lentement mais fermement, d'une seule poussée tout au fond d'elle. Elle poussa un cri étouffé de satisfaction.
Alors, lentement d'abord, je me mis à la besogner, avec l'amplitude maximale, avec douceur puis avec de plus en plus de fermeté et de rudesse.
Mes coups de reins ébranlaient tout son large corps de dame mûre, je la baisais comme un homme et je savais combien elle aimait ça.
Les doigts de ma main droite s'immiscèrent dans son sillon fessier, agaçant bientôt la petite dépression bistre, puis appuyant légèrement sur la cupule fripée avec mon pouce. Elle semblait toujours apprécier autant... alors, lentement, je lui enfonçai mon pouce dans le cul ! Elle poussa un long râle ; elle ne manifestait pas de mécontentement, je me mis donc à le lui rentrer et sortir en même temps que le godemiché : ah elle était bien remplie, la matrone !
De ma main gauche je lui tripotai ses gros seins tombants, les pétris, lui attrapai les mamelons, les pinçant, les serrant, les malmenant…Je savais bien comment elle aimait être traitée, la grosse bourgeoise ! Elle se mit à haleter, donnant des coups de reins en arrière pour mieux s'empaler sur l'olisbos et sur mon pouce, râlant sans retenue, ayant lâché la fleur d'Omphale qui, pour l'heure, regardait ce fascinant spectacle et commençait à se donner du plaisir seule, du bout de ses doigts.
Soudain, bien excitée, je saisis ma patronne par la gorge, ma main sous son cou, la cambrant au maximum en arrière pour amener son oreille près de ma bouche… et profitant qu'elle était sous l'emprise de son plaisir – mon emprise, puisque j'en étais l'actrice – je tentai une initiative osée :
- Je vais vous enculer, Madame la baronne ! Je vous l'ai promis un jour.
voir chapitre 24
Vous allez me prendre dans le cul. Jusqu'à la garde !Vous pourrez gémir, Maîtresse, je vais vous immoler sur l'autel de Sodome.
Je m'attendais à ce qu'elle se contente de gémir, vaincue, s'abandonnant à mon traitement, soumise à son plaisir, mais me surprenant encore, elle me dit d'une voix cassée, une voix de possédée (ce qu'elle était. Sexuellement, du moins, mais pas seulement...) :
- Faites, Alexandrine. Prenez-moi le cul. Enculez-moi à fond, devant cette pucelle. Qu'elle voit bien ce que je lui ferai un de ces jours… Elle ne perd rien pour attendre.
Alors, sachant que j'avais bien huilé son petit troufignon en étoile et que j'avais commencé à l'élargir, je plaçai l'extrémité – bien arrondie et fuselée, heureusement pour elle – sur sa rondelle et mis à pousser lentement. Elle émit un râle de bête, se crispa un peu, et j'enfonçai progressivement le bout de l'engin qui déforma son anneau culier et l'élargit passivement en force.
- AAAAAHHH… !
- Je vous la mets dans le cul, Madame la baronne ! Ça vous convient… ?
Elle reprenait son souffle. Elle gémit :
- Ouiiii…
- Ça vous plaît, Maîtresse… ?
- Oui, Alexandrine… Enculez-moi comme une sale vieille putain.
Moi qui craignais qu'elle n'apprécie pas de se faire pistonner par cet orifice, surtout devant son élève, je me rendis compte à quel point nous n'en étions plus là. Elle n'avait plus aucune pudeur : elle n'éprouvait aucune gêne de montrer à sa jeune élève son corps large et adipeux. Il faut dire – ou plutôt il fallait voir – comment Omphale la regardait amoureusement tandis qu'elle se faisait bouffer le berlingot par sa professeure.
Désormais, incapable de la lécher en continu, soufflant, haletant tandis que mon phallus de caoutchouc allait et venait et disparaissait entre ses fesses, elle avait introduit plusieurs doigts dans la jeune chatte de son élève, et les faisait aller et venir au même rythme que le mouvement que j'animais pour lui défoncer le cul.
Omphale avait levé ses jambes qu'elle maintenait en l'air et faisait aller, elle aussi, deux doigts dans la bouche de la baronne qui les suçait avec avidité.
Ma maîtresse avançait peu à peu comme si mes coups de boutoir l'avaient poussée contre le bout du matelas et mon olisbos semblait littéralement la clouer au lit par le cul. Pour le plus grand plaisir d'Omphale qui lui saisit ses grosses loches à pleines pognes et se mit à lui pétrir, voire les lui broyer.
La baronne avait passé sa seconde main entre ses cuisses et se branlait désormais comme une damnée.
Ce spectacle, ainsi que l'incroyable sensation de baiser ma patronne par le cul comme si j'étais un homme, m'excitait à tel point que je ne savais plus où j'en étais. J'avais envie d'avoir moi aussi du plaisir ; assez d'être la domestique qui baisait tout le monde et à qui on ne donnait rien. Aussi quand les deux femmes dodues, la jeune et la vieille, partirent d'une jouissance bien bruyante qui n'en finissait pas, je ressortis du fondement de la baronne, montai sur le lit, et enfourchant le visage de la jeune fille je lui intimai :
- Allez, jeune salope, lèche ! Donne-moi le même plaisir que ta professeure a eu la bonté de t'offrir.
Elle ne se fit pas prier : elle posa ses mains sur ma taille, me flatta les fesses, et sa langue fit merveille.
Je fus surpris moins d'une minute après de sentir une seconde paire de mains me tripoter les fesses, puis de me les écarter. Je fus une seconde sidérée quand la sensation humide sur mon intimité la plus secrète me révéla ce que je n'aurais jamais osé imaginé avant : ma patronne avait passé sa langue dans mon sillon fessier et se livrait sur moi à une délicate feuille de rose !
Entre la caresse linguale de la baronne dans mon derrière, celle de la jeune Omphale dans ma fente, et ses mains qui, sans vergogne et sans m'en demander la permission – je la bénissais pour cela - s'étaient maintenant emparés de mes seins durcis et me malmenaient les mamelons, je ne pus résister bien longtemps à la montée du plaisir : j'explosai d'une ineffable jouissance en serrant les dents d'abord, puis expirant comme une bête blessée, pour la grande joie des deux femmes.
Vidées, elles me regardèrent avec une joie nouvelle qui éclairait leur visage épuisé. Nous nous étions à aucun moment soucié des protestations de plusieurs voisins de chambre indignés qui avait crié et tapé contre les cloisons trop fines de cet hôtel minable. Les manifestions de mécontentement de ces gens vulgaires s'arrêtèrent soudain quand ma patronne cria :
- Ohhh... ! Vos gueules !!!
Omphale et moi sortîmes de notre stupéfaction d'un éclat de rire !
Je laissai les deux femmes enlacées et roucoulantes, allongées en sueur sur leur couche, et regagnai la mienne en franchissant la porte communicante.
Je ne voulais juste à ce moment-là que pouvoir m'effondrer et tomber dans un sommeil profond, espérant que si elles se réveillaient au beau milieu de la nuit - enfin surtout Omphale, nous savons tous combien la jeunesse a de la ressource et de l'énergie à revendre – pour se lutiner et se gougnotter, elles ne demanderaient pas à leur gouvernante de participer à leurs jeux de plaisir.
Enfin, ma prière fut entendue, je m'endormis très vite et ce, jusqu'au matin.
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Commentaires ()
Mon problème - si c'en est un - c'est que j'écris des épisodes de + en + longs (et j'en ai encore deux comme ça en cours d'écriture) et que je ne me vois pas les fractionner ça n'aurait aucun sens.
Merci de ton passage et de ton commentaire qui m'a fait plaisir, comme toujours, ma Wedre.
Love (j'ai pas le droit aux émoticônes, sniiif...)
Je ne sais pas si c'est le Sud de la France qui leur donne de tels élans 😏, mais ça pourrait expliquer l'état dans lequel je suis la plupart du temps 😅.
Merci beaucoup pour ce délicieux moment, doc 😘.
Merci de ton commentaire, l'ami.