Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les aventures d'Alexandrine, gouvernante stricte — Chapitre 9 · Actions de grâce
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les aventures d'Alexandrine, gouvernante stricte
Chapitre 9 · Actions de grâce
Le mercredi en question tout fonctionna comme prévu. Le dieu des femmes était avec nous. Elle put discrètement jeter ses malles par la fenêtre tandis que le jour déclinait et qu'il commençait à faire sombre dehors, puis les récupérer dans le jardin et les emporter jusqu'au mur d'enceinte, au fond de la propriété. Je me tenais derrière la porte du jardin et elle me les jeta par-dessus le mur.
Je me rendis à l'hôtel du Parc où j'avais réservé comme prévu la chambre à mon nom (enfin, un faux nom) et l'avais payée d'avance. Je confiai ses bagages au porteur qui me les monta à la chambre. J'y restai un petit quart d'heure puis je redescendis dans le grand salon, dans un endroit discret, à l'écart, et attendis avec anxiété.
Je vis enfin arriver Elsa, avec ses lunettes fumées et tenant son ombrelle, le visage dévoré d'inquiétude. Je me levai en la voyant arriver, lui fis un petit signe imperceptible et elle me suivit à bonne distance. Une fois devant la porte de la chambre, j'ouvris, guettant, l'air de rien, l'arrivée de la jeune femme au bout du couloir et laissai la porte entrouverte. Elle n'eut plus qu'à pousser la porte.
- Voilà, vous êtes chez vous. Pour la nuit, lui dis-je quand elle eut refermé la porte. Ici commence votre liberté. Mais il vous faudra déjeuner demain matin de bonne heure et partir en hâte, il ne faudra pas traîner. D'abord parce que vous avez un train à prendre. Et deuxièmement, pour ne pas attirer l'attention. Votre famille doit connaître beaucoup de monde dans cette ville.
Tenez, lui dis-je en lui tendant une enveloppe, il y a là quelque argent, de quoi tenir deux ou trois jours et vous payer une pension ou une chambre de bonne ; j'ai pioché dans mes économies.
- Oh merci, Alexandrine ! Je vous serai éternellement reconnaissante. Et même si je devais échouer là-bas je vous devrais toute ma vie d'avoir pu réaliser cette fuite et de m'avoir offert cette tentative de liberté.
- Mais vous n'échouerez pas, Elsa ! Il n'en est pas question. Vous avez votre destin entre vos mains, et vous serez forte, je le sais. Quand on a la volonté de devenir libre, quels que soient les sacrifices à faire, on mène à bien son projet. On se doit de le faire ! Mais si votre cœur passe par des moments de découragement, pensez à moi dans ces moments-là. De toute façon je vais vous laisser une adresse poste restante, vous pourrez m'écrire. J'espère bien que vous me donnerez de vos nouvelles. En tout cas, quand vous aurez le loisir de m'écrire.
- Oui Alexandrine, promis, je le ferai. Vous avez raison, je vais réussir, je le ferai pour vous.
- Faites-le avant tout pour vous-même.
- Oui, bien entendu. Mais je vous admire tellement, vous êtes si forte.Votre main ne tremble jamais...
- Oui, je sais, vous avez eu l'occasion de le vérifier. Je suis sûre que vos fesses s'en souviennent encore. Mais c'était aussi pour votre bien, pour vous endurcir. Si vous ne pouvez supporter une simple fessée, comment pourrez-vous supporter la vie réelle, qui est souvent cruelle, dure, et sans pitié ?
Mais je n'ai pas qu'une main ferme, une poigne de fer, j'ai aussi un cœur. Et je suis capable de douceur, ajoutai-je d'un ton plus affectueux.
- Oui, et vous me le prouvez aujourd'hui, chère Alexandrine, me dit-elle avec une tendresse infinie dans les yeux.
Son regard plein d'amour me faisait fondre, j'étais en train de m'amollir.
- Je ne pourrais jamais être une personne telle que vous, aussi forte, continua-t-elle, mais je me défendrai, je vous le promets, je ne me laisserai plus jamais faire, plus jamais dicter ni gouverner ma vie.
- À la bonne heure, Elsa. Il va falloir que je vous laisse, la nuit va être un peu courte pour vous ; il vous faut prendre des forces, la journée de demain risque d'être éprouvante.
- Nous ne nous reverrons peut-être plus jamais, Alexandrine.
- Oui c'est possible.
- Les adieux me déchirent le cœur, mais ceux-là resteront à jamais dans ma mémoire. Et je ne pourrai jamais assez vous remercier.
- Vous m'avez déjà dit merci, dis-je troublée, en détournant la tête.
Quand je la regardai à nouveau, elle me fixait de ses beaux yeux doux, comme une chienne soumise. D'un élan elle se jeta dans mes bras et sa bouche fondit sur la mienne. J'accueillis sa langue chaude, humide et passionnée. Je l'entourai de mes bras, la serrant contre moi, sentant son corps tiède, le contact de ses seins moelleux contre ma poitrine. J'avais déjà terriblement envie d'elle juste avant, et là ce fut trop pour que je ne puisse résister à mon désir. Après, tout elle voulait me remercier, me prouver sa gratitude, et il était vrai que c'était sans doute la dernière fois que je la verrais : je lui cédai.
Mes mains caressèrent ses épaules, son dos, avec passion tandis que je picorais ses lèvres si fraîches. Elle me rendait mes baisers comme une élève zélée, et son désir n'était pas feint.
- Oh Alexandrine, Alexandrine, murmurait-elle en soupirant.
Ma bouche goûtait à son cou, mais mes mains ne restèrent pas inactives : je déboutonnai son chemisier, puis m'attaquai aux lacets de son corset. Étant habituée à fermer et ouvrir des corsets (le mien comme celui de mes maîtresses) celui-ci ne me résista pas : sa jeune et ferme poitrine fut libre et offerte à mes mains et à mes baisers. Ses jeunes fraises étaient durcies par le désir et je les picorai avec avidité, les suçotai, les aspirai... sous les gémissements de cette belle fille.
Je l'avais couchée doucement sur le dos (ou disons plutôt qu'elle s'était laissée ployer, abandonner entre mes mains qui prenaient possession de son corps.) Mazette, que sa peau était douce et parfumée : non pas d'un parfum fleuri - ni lavande, ni iris (elle ne s'était pas parfumée ce matin pour ne pas éveiller les soupçons, elle était futée cette fille) mais l'odeur fauve et fraîche d'une jeune femme qui n'avait pas encore connu l'amour. Et son goût, Monsieur, son goût ! Un goût de lait, de douces épices... Oh oui, car ma bouche parcourait ses seins, ma langue descendait sur son ventre tandis que je dénouai sa longue jupe.
Elle ne tarda pas à se retrouver entièrement nue sous le travail de mes gestes fiévreux mais précis. Elle soupirait, gémissant, passive, abandonnée et alanguie comme le modèle d'un peintre s'offrant au regard de l'artiste.
Ses longues jambes ouvertes m'offraient l'accès au jardin des délices. Je caressai l'intérieur de ses cuisses dont la peau blanche était plus tendre que la soie, je les lissais du bout des doigts comme un sculpteur amoureux de son œuvre.
- Oh Alexandrine, Alexandrine, continuait-elle, me suppliant, se tortillant, se donnant sans retenue. Je n'ai encore jamais fait l'amour. Pas plus avec un homme qu'avec une femme.
Même si je ne fus pas surprise, j'en fus encore plus émue, et mon sexe coulait de désir, un désir sourd et violent.
Je me relevai, me débarrassai de mes vêtements en un clin d'œil :
- Je vais te montrer comment une femme fait l'amour à une femme, petite ! lui annonçai-je d'une voix de gorge.
Je vis son regard contempler mon corps blanc et mûr, mais ma crainte de la décevoir, si elle m'avait habité l'espace d'une seconde (étant désormais à l'aube de mes cinquante ans) me quitta dans l'instant quand je vis son œil fasciné et ébloui fixé sur mes hanches et ma poitrine plus lourde que la sienne.
Je me retins de ne pas me jeter sur elle : je m'allongeai sur son corps sans douceur, ma cuisse entre ses cuisses, et ma bouche reprit sa bouche. Et c'est avec une passion fiévreuse qu'elle m'entoura de ses bras, tandis que mes mains lissaient son corps splendide, du haut en bas et de bas en haut.
Ses mains à elle, hardies, ne restèrent pas inactives et elle me rendit la pareille, s'attardant sur mes cuisses, l'arrondi de mes hanches, de mes fesses.
Nous roulâmes ainsi plusieurs fois, je pressais ma cuisse rythmiquement sur sa fourche et elle avait du mal à reprendre son souffle quand je la laissais respirer.
Puis je me laissai tomber sur le côté, mes doigts s'emparèrent de sa fleur, et tandis que je suçai sa langue, je lui administrai un si pervers et si lubrique massage de ses nymphes et de son grelot qu'elle cria bien vite son plaisir.
Mais je n'en restai pas là : j'avais trop faim de sa belle conque, trop soif de son nectar ; au lieu de m'installer bien confortablement à plat ventre et de la déguster ainsi, je me mis à genoux jambes écartées et passai mes mains sous ses fesses, soulevai son bassin et tenant l'amphore dans mes mains fermes je bus directement à son calice. Je dévorai cette somptueuse fleur et la Belle fut bientôt secouée de soubresauts, puis de spasmes violents, accompagnés de ses cris puis de ses hurlements. Elle ne se contenait plus, beuglait son plaisir. Je picorais, suçotais, léchais, descendant jusqu'à sa praline et elle m'inondait la bouche de ses sucs délicieux de jeune fille toute fraîche.
Elle retomba bien vite, épuisée. Mais elle n'était pas au bout de ses peines. Je l'enfourchai je lui fis les ciseaux, et frottant mon berlingot sur le sien, tout en lui pressant les seins, j'explosai à mon tour après quelques aller-et-venue bien puissants, jurant mon plaisir, dans un feulement sourd.
Je la retournai sur le ventre, me couchai sur elle et pesai de tout mon poids sur son dos, qu'elle sentit bien mon corps la dominer, la posséder. Elle se laissait faire en gémissant, haletant, suppliant. Mes mains avaient empaumé ses seins et les pressaient avec une passion de propriétaire fier de sa conquête. Elle se tordait le cou pour m'offrir sa bouche, j'aspirais sa langue.
Glissant sur le flanc et toujours étroitement serrée contre elle, mon bras gauche gardant enlacée sa poitrine, je tiraillais la pointe de ses tétons durcis et frémissants, et ma main droite ne lâchait pas sa motte, mes doigts coulant dans sa grotte dégoulinante de plaisir.
Je la fis glisser par derrière et palpai ses fesses pleines et si fermes, les malaxai avec une fièvre furieuse, lui administrai deux ou trois claques sèches pour lui rappeler qui était la maîtresse. Puis mon majeur s'insinua entre ses joues postérieures et trouva directement le petit cratère secret. Encore tout humide de ses liqueurs il n'eut aucun mal à s'y immiscer et je forçai son petit anneau bien serré. Elle feula comme une tigresse en chaleur, et s'abandonna à moi, vaincue ; je sentis tout son bas-ventre vibrer, secouée de tremblements.
- Tu es à moi, maintenant, lui murmurai-je à l'oreille, d'une voix sourde de carnassier. Même si ça n'est que pour une nuit.
- Oh oui, il y a si longtemps que j'espérais ça, Alexandrine, fondre entre vos mains. J'ai tellement rêvé que vous me fassiez découvrir le paradis des plaisirs...
- Tu es si belle, si fine, si précieuse, c'est si bon de goûter à ta chair, ton corps si gracieux, si frais.
- Je suis à vous ! Aimez-moi, Alexandrine, aimez-moi... Faites-moi encore jouir.
- Oui, je vais boire encore à ta source.
- Oh oui... Mais je veux boire aussi à la vôtre, s'il-vous-plaît, j'en ai envie...
« Tes joues sont belles au milieu des colliers, Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
Nous te ferons des colliers d'or, avec des points d'argent. », lui dis-je en caressant son visage, léchant son cou à petits coups, me repaissant de son goût fleuri. « Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante. Ta joue est comme une moitié de grenade. » continuais-je en dessinant les contours de sa bouche du bout de mes doigts ; elle happa mon majeur et le suçota, je fis aller et venir mon doigt dans sa bouche, caressai sa petite langue veloutée.
« Derrière ton voile.Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour être un arsenal ; mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros. Tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lis. » déclamai-je en les lui palpant, amoureusement et avec gourmandise.
- Oh oui, merci Alexandrine, merci de m'aimer, merci de me faire découvrir ce monde encore inconnu. Merci de me délivrer de ma honte.
- Chuut, tais-toi, lui-dis-je en me décollant d'elle, puis en la faisant pivoter sur le dos.
Je l'enjambai, plaçant ma fourche au-dessus de son visage, et lui offrant ma chatte à butiner, je posai mes deux mains de chaque côté de ses cuisses et me mis à lui manger sa fleur.
Elle avait empaumé mes fesses à pleines mains et sa langue, déjà, faisait des merveilles entre mes cuisses. Mon élève apprenait vite, imitant en miroir ce que j'infligeais à ses tendres et délicates chairs intimes de jeune fille.
Je la lapai lentement, puis de plus en plus vite, de haut en bas, passant vite sur son bourgeon, m'enfonçant dans sa grotte, picorant ses fines nymphes, et très vite elle perdit pied. Elle se mit à crier de plaisir.
J'avais peur que nos cris (deux voix de femelles folles et possédées) n'éveillassent la curiosité de tout l'hôtel : je lui collai ma conque contre sa bouche et ses lèvres ouvertes parcoururent mon coquillage, un peu maladroitement d'abord, puis avec adresse et une ferveur redoublée. Elle me rendit avec adoration le plaisir que je lui infligeais.
Nos deux corps se révulsèrent, secoués par des vagues d'une jouissance violente et dévastatrice, nous emportant comme une mer en furie. Heureusement nos hurlements de gorgone ne sortirent point à l'air libre, étouffés par le milieu marin où nos bouches étaient enfouies.
Nous retombâmes épuisées, haletantes, anéanties.
Je me redressai et m'allongeai contre elle, elle m'étreignit et se lova entre mes bras, sa tête contre ma poitrine moelleuse, reprenant lentement son souffle.
- Alexandrine, murmura-t-elle doucement dans le silence retrouvé de la chambre, restez là cette nuit. Avec moi. Je voudrais m'endormir contre vous, passer cette dernière nuit ici entre vos bras.
- Ça n'est pas possible, petite. Il va me falloir rentrer, je n'ai pas le choix. Ma maîtresse va déjà se poser des questions et me fusiller de son regard inquisiteur, et sans doute devrais-je essuyer ses remarques et ses questions.
- Oh s'il-vous-plaît, Alexandrine, juste une nuit. La dernière, la seule, l'ultime...
- Je ne peux pas. Je voudrais bien, moi aussi, Elsa, je vous l'avoue, mais ça n'est pas possible : je ne suis pas libre, voyez-vous...
- Oh j'aimerais tellement...
- Je le sais, mais je n'ai pas le choix. Ma vie dépend entièrement de ma place. C'est ça la vie de domestique, vous savez.
- Je comprends Alexandrine, dit-elle résignée. Et je ne sais pas quelle vie m'attend là-bas, à Paris.
- Votre destin vous appartient. Vous êtes jeune et courageuse. Voyez où je suis arrivée. Une gouvernante, une domestique, certes. Mais je ne suis partie de rien. Ce pays et cette époque offrent plein de possibilités à une jeune femme bien éduquée et cultivée comme vous, saisissez votre chance. N'ayez jamais peur.
Dans les épreuves, si vous traversez des moments de découragement, pensez à moi.
Je vais rester un petit moment là, avec vous. Puis je partirai.
Elle ne protesta pas. Je la berçai doucement contre moi, je sentais sa chaleur et son odeur, et j'essayai de bien les imprégner en moi, qu'elles restent le plus longtemps possible gravées dans ma mémoire.
Je caressais son bras, son flanc, sa hanche, doucement, dans la demi-obscurité. Je lui donnais des petits baisers. Des larmes coulaient doucement et silencieusement sur ses joues.
Je finis par me décoller très lentement et imperceptiblement d'elle, j'embrassai sa bouche. Je lui donnai un baiser plus profond. Puis me levai, remis mes vêtements. Je l'entendais sangloter tout doucement.
Quand je fus prête à m'en aller, je me penchai une dernière fois sur elle, elle m'étreignit, je l'entourai de mes bras et nous échangeâmes un long baiser passionné (j'essayais, le cœur serré, de ne point penser que ce serait le dernier.) Avec peine je me décollai d'elle, retirai ma langue de sa bouche et sans dire un mot je sortis.
« Je vous en conjure, filles de Jérusalem. Par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour, avant qu'elle le veuille. » murmurai-je pour moi-même en quittant la chambre, puis l'escalier, puis l'hôtel.
Je repris le chemin de la maison de la baronne, les yeux pleins de larmes, et à voix basse, la voix brisée, je continuai à déclamer les vers qui me revenaient tout seuls sans que je les appelle :
« Avant que le jour se rafraîchisse, et que les ombres fuient, j'irai à la montagne de la myrrhe, et à la colline de l'encens. »
Je me rendis à l'hôtel du Parc où j'avais réservé comme prévu la chambre à mon nom (enfin, un faux nom) et l'avais payée d'avance. Je confiai ses bagages au porteur qui me les monta à la chambre. J'y restai un petit quart d'heure puis je redescendis dans le grand salon, dans un endroit discret, à l'écart, et attendis avec anxiété.
Je vis enfin arriver Elsa, avec ses lunettes fumées et tenant son ombrelle, le visage dévoré d'inquiétude. Je me levai en la voyant arriver, lui fis un petit signe imperceptible et elle me suivit à bonne distance. Une fois devant la porte de la chambre, j'ouvris, guettant, l'air de rien, l'arrivée de la jeune femme au bout du couloir et laissai la porte entrouverte. Elle n'eut plus qu'à pousser la porte.
- Voilà, vous êtes chez vous. Pour la nuit, lui dis-je quand elle eut refermé la porte. Ici commence votre liberté. Mais il vous faudra déjeuner demain matin de bonne heure et partir en hâte, il ne faudra pas traîner. D'abord parce que vous avez un train à prendre. Et deuxièmement, pour ne pas attirer l'attention. Votre famille doit connaître beaucoup de monde dans cette ville.
Tenez, lui dis-je en lui tendant une enveloppe, il y a là quelque argent, de quoi tenir deux ou trois jours et vous payer une pension ou une chambre de bonne ; j'ai pioché dans mes économies.
- Oh merci, Alexandrine ! Je vous serai éternellement reconnaissante. Et même si je devais échouer là-bas je vous devrais toute ma vie d'avoir pu réaliser cette fuite et de m'avoir offert cette tentative de liberté.
- Mais vous n'échouerez pas, Elsa ! Il n'en est pas question. Vous avez votre destin entre vos mains, et vous serez forte, je le sais. Quand on a la volonté de devenir libre, quels que soient les sacrifices à faire, on mène à bien son projet. On se doit de le faire ! Mais si votre cœur passe par des moments de découragement, pensez à moi dans ces moments-là. De toute façon je vais vous laisser une adresse poste restante, vous pourrez m'écrire. J'espère bien que vous me donnerez de vos nouvelles. En tout cas, quand vous aurez le loisir de m'écrire.
- Oui Alexandrine, promis, je le ferai. Vous avez raison, je vais réussir, je le ferai pour vous.
- Faites-le avant tout pour vous-même.
- Oui, bien entendu. Mais je vous admire tellement, vous êtes si forte.Votre main ne tremble jamais...
- Oui, je sais, vous avez eu l'occasion de le vérifier. Je suis sûre que vos fesses s'en souviennent encore. Mais c'était aussi pour votre bien, pour vous endurcir. Si vous ne pouvez supporter une simple fessée, comment pourrez-vous supporter la vie réelle, qui est souvent cruelle, dure, et sans pitié ?
Mais je n'ai pas qu'une main ferme, une poigne de fer, j'ai aussi un cœur. Et je suis capable de douceur, ajoutai-je d'un ton plus affectueux.
- Oui, et vous me le prouvez aujourd'hui, chère Alexandrine, me dit-elle avec une tendresse infinie dans les yeux.
Son regard plein d'amour me faisait fondre, j'étais en train de m'amollir.
- Je ne pourrais jamais être une personne telle que vous, aussi forte, continua-t-elle, mais je me défendrai, je vous le promets, je ne me laisserai plus jamais faire, plus jamais dicter ni gouverner ma vie.
- À la bonne heure, Elsa. Il va falloir que je vous laisse, la nuit va être un peu courte pour vous ; il vous faut prendre des forces, la journée de demain risque d'être éprouvante.
- Nous ne nous reverrons peut-être plus jamais, Alexandrine.
- Oui c'est possible.
- Les adieux me déchirent le cœur, mais ceux-là resteront à jamais dans ma mémoire. Et je ne pourrai jamais assez vous remercier.
- Vous m'avez déjà dit merci, dis-je troublée, en détournant la tête.
Quand je la regardai à nouveau, elle me fixait de ses beaux yeux doux, comme une chienne soumise. D'un élan elle se jeta dans mes bras et sa bouche fondit sur la mienne. J'accueillis sa langue chaude, humide et passionnée. Je l'entourai de mes bras, la serrant contre moi, sentant son corps tiède, le contact de ses seins moelleux contre ma poitrine. J'avais déjà terriblement envie d'elle juste avant, et là ce fut trop pour que je ne puisse résister à mon désir. Après, tout elle voulait me remercier, me prouver sa gratitude, et il était vrai que c'était sans doute la dernière fois que je la verrais : je lui cédai.
Mes mains caressèrent ses épaules, son dos, avec passion tandis que je picorais ses lèvres si fraîches. Elle me rendait mes baisers comme une élève zélée, et son désir n'était pas feint.
- Oh Alexandrine, Alexandrine, murmurait-elle en soupirant.
Ma bouche goûtait à son cou, mais mes mains ne restèrent pas inactives : je déboutonnai son chemisier, puis m'attaquai aux lacets de son corset. Étant habituée à fermer et ouvrir des corsets (le mien comme celui de mes maîtresses) celui-ci ne me résista pas : sa jeune et ferme poitrine fut libre et offerte à mes mains et à mes baisers. Ses jeunes fraises étaient durcies par le désir et je les picorai avec avidité, les suçotai, les aspirai... sous les gémissements de cette belle fille.
Je l'avais couchée doucement sur le dos (ou disons plutôt qu'elle s'était laissée ployer, abandonner entre mes mains qui prenaient possession de son corps.) Mazette, que sa peau était douce et parfumée : non pas d'un parfum fleuri - ni lavande, ni iris (elle ne s'était pas parfumée ce matin pour ne pas éveiller les soupçons, elle était futée cette fille) mais l'odeur fauve et fraîche d'une jeune femme qui n'avait pas encore connu l'amour. Et son goût, Monsieur, son goût ! Un goût de lait, de douces épices... Oh oui, car ma bouche parcourait ses seins, ma langue descendait sur son ventre tandis que je dénouai sa longue jupe.
Elle ne tarda pas à se retrouver entièrement nue sous le travail de mes gestes fiévreux mais précis. Elle soupirait, gémissant, passive, abandonnée et alanguie comme le modèle d'un peintre s'offrant au regard de l'artiste.
Ses longues jambes ouvertes m'offraient l'accès au jardin des délices. Je caressai l'intérieur de ses cuisses dont la peau blanche était plus tendre que la soie, je les lissais du bout des doigts comme un sculpteur amoureux de son œuvre.
- Oh Alexandrine, Alexandrine, continuait-elle, me suppliant, se tortillant, se donnant sans retenue. Je n'ai encore jamais fait l'amour. Pas plus avec un homme qu'avec une femme.
Même si je ne fus pas surprise, j'en fus encore plus émue, et mon sexe coulait de désir, un désir sourd et violent.
Je me relevai, me débarrassai de mes vêtements en un clin d'œil :
- Je vais te montrer comment une femme fait l'amour à une femme, petite ! lui annonçai-je d'une voix de gorge.
Je vis son regard contempler mon corps blanc et mûr, mais ma crainte de la décevoir, si elle m'avait habité l'espace d'une seconde (étant désormais à l'aube de mes cinquante ans) me quitta dans l'instant quand je vis son œil fasciné et ébloui fixé sur mes hanches et ma poitrine plus lourde que la sienne.
Je me retins de ne pas me jeter sur elle : je m'allongeai sur son corps sans douceur, ma cuisse entre ses cuisses, et ma bouche reprit sa bouche. Et c'est avec une passion fiévreuse qu'elle m'entoura de ses bras, tandis que mes mains lissaient son corps splendide, du haut en bas et de bas en haut.
Ses mains à elle, hardies, ne restèrent pas inactives et elle me rendit la pareille, s'attardant sur mes cuisses, l'arrondi de mes hanches, de mes fesses.
Nous roulâmes ainsi plusieurs fois, je pressais ma cuisse rythmiquement sur sa fourche et elle avait du mal à reprendre son souffle quand je la laissais respirer.
Puis je me laissai tomber sur le côté, mes doigts s'emparèrent de sa fleur, et tandis que je suçai sa langue, je lui administrai un si pervers et si lubrique massage de ses nymphes et de son grelot qu'elle cria bien vite son plaisir.
Mais je n'en restai pas là : j'avais trop faim de sa belle conque, trop soif de son nectar ; au lieu de m'installer bien confortablement à plat ventre et de la déguster ainsi, je me mis à genoux jambes écartées et passai mes mains sous ses fesses, soulevai son bassin et tenant l'amphore dans mes mains fermes je bus directement à son calice. Je dévorai cette somptueuse fleur et la Belle fut bientôt secouée de soubresauts, puis de spasmes violents, accompagnés de ses cris puis de ses hurlements. Elle ne se contenait plus, beuglait son plaisir. Je picorais, suçotais, léchais, descendant jusqu'à sa praline et elle m'inondait la bouche de ses sucs délicieux de jeune fille toute fraîche.
Elle retomba bien vite, épuisée. Mais elle n'était pas au bout de ses peines. Je l'enfourchai je lui fis les ciseaux, et frottant mon berlingot sur le sien, tout en lui pressant les seins, j'explosai à mon tour après quelques aller-et-venue bien puissants, jurant mon plaisir, dans un feulement sourd.
Je la retournai sur le ventre, me couchai sur elle et pesai de tout mon poids sur son dos, qu'elle sentit bien mon corps la dominer, la posséder. Elle se laissait faire en gémissant, haletant, suppliant. Mes mains avaient empaumé ses seins et les pressaient avec une passion de propriétaire fier de sa conquête. Elle se tordait le cou pour m'offrir sa bouche, j'aspirais sa langue.
Glissant sur le flanc et toujours étroitement serrée contre elle, mon bras gauche gardant enlacée sa poitrine, je tiraillais la pointe de ses tétons durcis et frémissants, et ma main droite ne lâchait pas sa motte, mes doigts coulant dans sa grotte dégoulinante de plaisir.
Je la fis glisser par derrière et palpai ses fesses pleines et si fermes, les malaxai avec une fièvre furieuse, lui administrai deux ou trois claques sèches pour lui rappeler qui était la maîtresse. Puis mon majeur s'insinua entre ses joues postérieures et trouva directement le petit cratère secret. Encore tout humide de ses liqueurs il n'eut aucun mal à s'y immiscer et je forçai son petit anneau bien serré. Elle feula comme une tigresse en chaleur, et s'abandonna à moi, vaincue ; je sentis tout son bas-ventre vibrer, secouée de tremblements.
- Tu es à moi, maintenant, lui murmurai-je à l'oreille, d'une voix sourde de carnassier. Même si ça n'est que pour une nuit.
- Oh oui, il y a si longtemps que j'espérais ça, Alexandrine, fondre entre vos mains. J'ai tellement rêvé que vous me fassiez découvrir le paradis des plaisirs...
- Tu es si belle, si fine, si précieuse, c'est si bon de goûter à ta chair, ton corps si gracieux, si frais.
- Je suis à vous ! Aimez-moi, Alexandrine, aimez-moi... Faites-moi encore jouir.
- Oui, je vais boire encore à ta source.
- Oh oui... Mais je veux boire aussi à la vôtre, s'il-vous-plaît, j'en ai envie...
« Tes joues sont belles au milieu des colliers, Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
Nous te ferons des colliers d'or, avec des points d'argent. », lui dis-je en caressant son visage, léchant son cou à petits coups, me repaissant de son goût fleuri. « Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante. Ta joue est comme une moitié de grenade. » continuais-je en dessinant les contours de sa bouche du bout de mes doigts ; elle happa mon majeur et le suçota, je fis aller et venir mon doigt dans sa bouche, caressai sa petite langue veloutée.
« Derrière ton voile.Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour être un arsenal ; mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros. Tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lis. » déclamai-je en les lui palpant, amoureusement et avec gourmandise.
- Oh oui, merci Alexandrine, merci de m'aimer, merci de me faire découvrir ce monde encore inconnu. Merci de me délivrer de ma honte.
- Chuut, tais-toi, lui-dis-je en me décollant d'elle, puis en la faisant pivoter sur le dos.
Je l'enjambai, plaçant ma fourche au-dessus de son visage, et lui offrant ma chatte à butiner, je posai mes deux mains de chaque côté de ses cuisses et me mis à lui manger sa fleur.
Elle avait empaumé mes fesses à pleines mains et sa langue, déjà, faisait des merveilles entre mes cuisses. Mon élève apprenait vite, imitant en miroir ce que j'infligeais à ses tendres et délicates chairs intimes de jeune fille.
Je la lapai lentement, puis de plus en plus vite, de haut en bas, passant vite sur son bourgeon, m'enfonçant dans sa grotte, picorant ses fines nymphes, et très vite elle perdit pied. Elle se mit à crier de plaisir.
J'avais peur que nos cris (deux voix de femelles folles et possédées) n'éveillassent la curiosité de tout l'hôtel : je lui collai ma conque contre sa bouche et ses lèvres ouvertes parcoururent mon coquillage, un peu maladroitement d'abord, puis avec adresse et une ferveur redoublée. Elle me rendit avec adoration le plaisir que je lui infligeais.
Nos deux corps se révulsèrent, secoués par des vagues d'une jouissance violente et dévastatrice, nous emportant comme une mer en furie. Heureusement nos hurlements de gorgone ne sortirent point à l'air libre, étouffés par le milieu marin où nos bouches étaient enfouies.
Nous retombâmes épuisées, haletantes, anéanties.
Je me redressai et m'allongeai contre elle, elle m'étreignit et se lova entre mes bras, sa tête contre ma poitrine moelleuse, reprenant lentement son souffle.
- Alexandrine, murmura-t-elle doucement dans le silence retrouvé de la chambre, restez là cette nuit. Avec moi. Je voudrais m'endormir contre vous, passer cette dernière nuit ici entre vos bras.
- Ça n'est pas possible, petite. Il va me falloir rentrer, je n'ai pas le choix. Ma maîtresse va déjà se poser des questions et me fusiller de son regard inquisiteur, et sans doute devrais-je essuyer ses remarques et ses questions.
- Oh s'il-vous-plaît, Alexandrine, juste une nuit. La dernière, la seule, l'ultime...
- Je ne peux pas. Je voudrais bien, moi aussi, Elsa, je vous l'avoue, mais ça n'est pas possible : je ne suis pas libre, voyez-vous...
- Oh j'aimerais tellement...
- Je le sais, mais je n'ai pas le choix. Ma vie dépend entièrement de ma place. C'est ça la vie de domestique, vous savez.
- Je comprends Alexandrine, dit-elle résignée. Et je ne sais pas quelle vie m'attend là-bas, à Paris.
- Votre destin vous appartient. Vous êtes jeune et courageuse. Voyez où je suis arrivée. Une gouvernante, une domestique, certes. Mais je ne suis partie de rien. Ce pays et cette époque offrent plein de possibilités à une jeune femme bien éduquée et cultivée comme vous, saisissez votre chance. N'ayez jamais peur.
Dans les épreuves, si vous traversez des moments de découragement, pensez à moi.
Je vais rester un petit moment là, avec vous. Puis je partirai.
Elle ne protesta pas. Je la berçai doucement contre moi, je sentais sa chaleur et son odeur, et j'essayai de bien les imprégner en moi, qu'elles restent le plus longtemps possible gravées dans ma mémoire.
Je caressais son bras, son flanc, sa hanche, doucement, dans la demi-obscurité. Je lui donnais des petits baisers. Des larmes coulaient doucement et silencieusement sur ses joues.
Je finis par me décoller très lentement et imperceptiblement d'elle, j'embrassai sa bouche. Je lui donnai un baiser plus profond. Puis me levai, remis mes vêtements. Je l'entendais sangloter tout doucement.
Quand je fus prête à m'en aller, je me penchai une dernière fois sur elle, elle m'étreignit, je l'entourai de mes bras et nous échangeâmes un long baiser passionné (j'essayais, le cœur serré, de ne point penser que ce serait le dernier.) Avec peine je me décollai d'elle, retirai ma langue de sa bouche et sans dire un mot je sortis.
« Je vous en conjure, filles de Jérusalem. Par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour, avant qu'elle le veuille. » murmurai-je pour moi-même en quittant la chambre, puis l'escalier, puis l'hôtel.
Je repris le chemin de la maison de la baronne, les yeux pleins de larmes, et à voix basse, la voix brisée, je continuai à déclamer les vers qui me revenaient tout seuls sans que je les appelle :
« Avant que le jour se rafraîchisse, et que les ombres fuient, j'irai à la montagne de la myrrhe, et à la colline de l'encens. »
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Commentaires ()
J'aime bien que se dessine petit à petit une personnalité à mes personnages (avec des facettes multiples, comme pour tout un chacun) ;)
Bravo doc.
La suite fin juillet... ;)
Et tu crois que j'ai sorti cette histoire de cours particulier pour quoi, à ton avis 😉.
Je savais très bien que tu allais rebondir dessus, mon gros cochon 😅.
(et pas la peine de rebondir sur le mot "rebondir", hein... espèce de pervers 😋).
Espèce de flemmard 😅 ! Tu as juste mis un pauvre espace entre mon pseudo et la virgule 😂. En même temps, ça marche 😌.
N'étant pas une femme j'avais peur d'être un peu à côté de la plaque dans la description de ma scène d'amour. Tu me rassures un peu donc.
Je ne vais pas spoiler ma série mais tu sais qu'Alexandrine doit d'abord penser à sa carrière et elle ne s'attache pas comme ça.
Mais Elsa ne sera pas sa dernière amante, rassure-toi.
Tu as vu, je tiens compte de tes leçons ;) Mais si tu veux me donner des cours particuliers pas de problème (Assise sur les genoux d'un vieux pervers... hum ?)
Merci pour ton commentaire qui m'a fait très plaisir ;)