Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Initiation à la sodomie — Chapitre 1 · Prologue - La graine
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Initiation à la sodomie
Chapitre 1 · Prologue - La graine
C'était un mercredi matin gris, Paris hésitait entre pluie fine et ciel bas. Je travaillais déjà depuis plus d'une heure quand j'ai vu Claire passer la porte du bureau, un peu après dix heures. Son pas était vif, mais détendu, comme celui de quelqu'un qui cherche à ne pas avoir à s'expliquer.
Dans sa main gauche, un petit sac en papier violet foncé, orné d'un logo blanc que je n'ai pas reconnu tout de suite : Passage du Désir.
J'avais déjà vu la vitrine de cette boutique, rue de Rennes sur le chemin qui m'amène tous les matins à la gare Montparnasse. Un magasin clair, chic, presque cosy — rien à voir avec les sex-shops sombres. Mais ça restait un sex-shop. Et là, Claire, la Claire du bureau — organisée, ponctuelle, posée, sérieuse — avançait tranquillement avec ce sac à la main, sans en avoir l'air. Je n'en revenais pas. Je n'aurais jamais pensé ça d'elle.
Elle m'a saluée comme si de rien n'était. Elle a posé son manteau sur sa chaise et a glissé la pochette dans son tiroir, entre une boîte de thé et un paquet de mouchoirs. Pas un mot.
La matinée a repris, mais mon regard revenait sans cesse à ce tiroir fermé. Qu'avait-elle acheté ? De la lingerie ? Un gel parfumé ? Un jouet ? Ou... quelque chose de plus audacieux ?
À midi, nous sommes parties déjeuner dans notre petit bistrot habituel. On a commencé par parler boulot, météo, week-end. Mais le sac violet me brûlait les lèvres. À la troisième gorgée de vin, j'ai cédé :
— Dis... ce matin... Tu es arrivée un peu en retard... C'était quoi ton petit sac...
Elle a levé un sourcil, amusée.
— Passage du Désir ?
Son sourire s'est élargi.
Elle m'a répondu :
— C'est pour la Saint-Valentin, dans deux jours. Un jeu : Action ou Vérité... Version très hot et sexy.
Je n'ai pas pu m'empêcher de rire.
— Sérieusement ?
— Oui. Je sais, ce n'est pas du tout mon genre d'entrer dans ce genre de boutique et d'y acheter quelque chose. Mais en l'occurrence, c'est surtout un clin d'œil que je fais à mon mari. Lors de la soirée du dernier nouvel an, il y a quelques semaines, on était invité chez des amis. Une fois la nuit bien avancée et que tout le monde est allé se coucher, nous avons rejoint la chambre d'amis qui nous avait été allouée. Là, en ouvrant machinalement le tiroir d'une petite table de nuit, nous avons trouvé ce jeu. En attendant de trouver le sommeil, on a lu quelques cartes pour s'amuser, curieux. Et il y avait une en particulier sur...
— Oui. Je sais, ce n'est pas du tout mon genre d'entrer dans ce genre de boutique et d'y acheter quelque chose. Mais en l'occurrence, c'est surtout un clin d'œil que je fais à mon mari. Lors de la soirée du dernier nouvel an, il y a quelques semaines, on était invité chez des amis. Une fois la nuit bien avancée et que tout le monde est allé se coucher, nous avons rejoint la chambre d'amis qui nous avait été allouée. Là, en ouvrant machinalement le tiroir d'une petite table de nuit, nous avons trouvé ce jeu. En attendant de trouver le sommeil, on a lu quelques cartes pour s'amuser, curieux. Et il y avait une en particulier sur...
Elle a fait une pause et a repris son récit :
Et il y avait une en particulier sur la sodomie. Ça nous a émoustillés et quelques jours plus tard, on a essayé.
Et il y avait une en particulier sur la sodomie. Ça nous a émoustillés et quelques jours plus tard, on a essayé.
Elle a baissé un instant les yeux vers son verre avant de relever la tête.
— Au début, j'étais hésitante. Mais il a été patient. Et maintenant... j'aime vraiment beaucoup cette pratique.
Elle a repris sa fourchette comme si elle venait de parler d'un film.
Moi, j'étais figée, avec ses mots qui résonnaient encore : et maintenant, j'aime vraiment beaucoup cette pratique.
Moi, j'étais figée, avec ses mots qui résonnaient encore : et maintenant, j'aime vraiment beaucoup cette pratique.
En retournant au bureau, j'ai rangé mon manteau, rallumé mon écran, et repris mes dossiers. Rien ne semblait différent.
Et pourtant... parfois, entre deux mails, son sourire ou un éclat de voix me revenaient. Pas ses mots exacts, juste... une impression. Comme si, quelque part, quelque chose s'était déposé dans un coin de ma tête. Une minuscule graine, presque invisible.
Et pourtant... parfois, entre deux mails, son sourire ou un éclat de voix me revenaient. Pas ses mots exacts, juste... une impression. Comme si, quelque part, quelque chose s'était déposé dans un coin de ma tête. Une minuscule graine, presque invisible.
Ce n'est que plus tard que je comprendrais que cette petite graine avait commencé à germer.
Les jours suivants ont glissé comme d'habitude. Ou presque.
Rien qui ne mérite d'être raconté — et pourtant, certains moments me restaient en tête sans raison apparente. Sous la douche, l'eau chaude ruisselait sur mon dos et je repensais à une phrase lue la veille sur internet : « La sensation commence par un pincement, puis s'étale comme une chaleur profonde. » Je ne savais pas pourquoi. C'était cette phrase-là qui me revenait, et pas une autre.
Au bureau, je croisais Claire à la machine à café. Rien dans ses mots n'évoquait notre conversation au bistrot... mais ses sourires semblaient toujours légèrement appuyés, comme s'il y avait un sous-texte que nous étions seules à comprendre.
Un jour, alors que je passais derrière elle pour attraper une cuillère, elle avait lancé, d'un ton presque neutre :
— Le jeu de la Saint-Valentin... carton plein.
Puis, sans attendre ma réponse, elle avait repris sa conversation avec un collègue.
Le soir, couchée près de toi, j'observais tes mains sur un livre, sur une tasse. Elles semblaient toujours savoir où se poser. Sans m'en rendre compte, je les imaginais ailleurs, avec une précision qui me surprenait. En particulier, je les imaginais courant le long de mon sillon fessier, ce qui me générait une douceur agréable et faisait monter mon excitation.
Tu m'avais déjà effleurée à cet endroit auparavant. Tu étais même allé jusqu'à glisser un doigt sur mon anus ou juste à l'entrée, à l'occasion d'un cunnilingus ou même pour terminer un massage amoureux. Je me souviens que ce n'était pas désagréable. La plupart du temps, cela me faisait respirer plus court. Souvent, j'avais cherché ta paume et de t'encourager à aller un peu plus loin. Mais accueillir un sexe... je sentais que ce serait une autre histoire : plus vaste, à apprivoiser, peut-être pas maintenant. L'idée m'attirait et m'intimidait à la fois.
Les recherches sur internet sont devenues un réflexe discret. Quelques minutes volées avant ton retour, parfois davantage. Je commençais à distinguer les récits maladroits de ceux qui me faisaient retenir ma respiration. Ce n'était plus seulement de la curiosité : une hypothèse prenait forme, une idée gagnait du terrain, dans la tête et dans le corps.
Un soir, dans le salon, j'ai failli t'en parler. Tu lisais, visage détendu. Je me suis tournée vers toi ; ma voix est restée coincée. Pas encore. Je voulais choisir le moment et être sûre de ton écoute.
La prochaine occasion est venue quelques jours plus tard. Soir calme. Dîner simple, ta playlist habituelle, la lumière chaude qui adoucit tout. On s'est assis sur le canapé, toi avec un verre de vin, moi les jambes repliées sous moi. Tu me parlais d'un collègue parti à la retraite ; je suivais à moitié. Dans ma poitrine, une pression douce. Mes doigts traçaient le bord de mon verre.
— J'ai envie de te demander quelque chose...
Tu as posé ton verre, intrigué.
— Je t'écoute.
Mes joues ont chauffé. Pas de honte, juste la chaleur d'un aveu proche.
— C'est... quelque chose qu'on n'a jamais fait.
Ton sourcil s'est haussé, tu n'as rien dit. Tu m'as laissée aller au bout.
— Et... je ne sais pas pourquoi, mais... ça m'intrigue de plus en plus.
Je me suis arrêtée là. Volontairement. Tu as souri, doucement.
— Tu sais que tu peux tout me dire.
J'ai hoché la tête pour montrer ma gêne. Tu as compris. Je t'ai dit :
— Pas encore. Mais bientôt.
C'était tout toi, ça. Ne pas me brusquer. Ne pas chercher à pousser plus loin lorsque je me bloquais. Me laisser aller à mon rythme. Je me suis couchée ce soir-là avec la certitude que le moment approchait — et qu'une fois les mots sortis, il n'y aurait pas de retour.
Le lendemain, j'ai attendu que tout soit calme : vaisselle faite, téléphones loin, la maison vidée de ses bruits. On était côte à côte, un peu tournés l'un vers l'autre, ce silence confortable des grandes conversations. Mes mains moites ; je les ai essuyées sur mes cuisses. Une inspiration, puis une autre.
— Tu te souviens ? Hier soir, je t'ai dit que quelque chose m'intriguait...
Tu as posé ton verre sur la table basse.
— Oui...
Je me suis mordu la lèvre, une seconde d'hésitation. Puis les mots sont venus presque seuls :
— J'aimerais... qu'on essaie... par-derrière. J'aimerais qu'on essaie... la sodomie.
Je n'ai pas tout de suite levé les yeux. J'ai d'abord entendu ma propre voix, étonnée d'avoir osé. Quand je t'ai regardé, ton expression n'était ni choquée ni amusée. Juste attentive. Tes yeux posés sur moi comme des mains chaudes.
— Tu es sûre ?
— Oui... Je crois. En fait... j'ai déjà aimé quand ta main s'est aventurée un peu de ce côté-là, certaines fois. Mais accueillir plus, ce sera différent. J'aimerais qu'on explore, doucement. Que j'aie le droit de dire qu'on s'arrête à tout moment. Que ce soit à nous.
— Oui... Je crois. En fait... j'ai déjà aimé quand ta main s'est aventurée un peu de ce côté-là, certaines fois. Mais accueillir plus, ce sera différent. J'aimerais qu'on explore, doucement. Que j'aie le droit de dire qu'on s'arrête à tout moment. Que ce soit à nous.
Tu as hoché la tête. Tes épaules se sont détendues.
— On fera comme tu veux. Doucement. On aura le temps.
Tu avais lâché la phrase clef : on aura le temps. C'était exactement le déclencheur dont j'avais besoin. Tu n'as pas rempli le silence ; tu l'as laissé respirer. Tu as simplement recouvert mes doigts des tiens, geste précis, sans précipitation. La couverture sur nos genoux, la lampe basse, nos mains enlacées. Je me sentais en confiance avec toi. Ça allait bien se passer, tu saurais être à l'écoute et me guider.
La graine avait éclos. Une petite tige sortait maintenant de terre. Je ne voulais plus attendre, je voulais agir.
— J'ai murmuré : tu te sens prêt pour essayer dès ce soir ?
Ton visage s'est illuminé avec ce sourire que je connais. Et tu m'as embrassé langoureusement.
Nous sommes passés dans la chambre à coucher. Une ambiance tamisée. Nous nous sommes déshabillés l'un et l'autre, pour nous allonger sur le lit. Puis nous nous sommes enlacés et embrassés langoureusement.
Et là, j'ai su que ce n'était plus seulement une idée. C'était une promesse.
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