Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Renaissance du Paladin — Chapitre 4 · Le repentir de Jessica
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Renaissance du Paladin
Chapitre 4 · Le repentir de Jessica
Émoussé par mes blessures, le concours de Jessica m'est indispensable pour me saper, et malgré sa prévenance, cette séquence est pénible. Elle enfile ses dessous et sa robette, dorénavant séchée, et sans préavis, se livre à une autocritique acerbe en se contemplant dans une glace.
— J'ai un look de pétasse, fringuée ras-la-touffe, les lolos carrément étalés. Pas étonnant que les mecs me respectent pas...
Gavé d'analgésiques, je m'installe dans une voiture ramenée par Adrien, le fiston d'Edouard, qui vient d'obtenir sa qualification de commando. Un véhicule fantôme, dont l'immatriculation conduit à une société factice.
Un chuintement à peine audible. Et derechef, cette impression qu'on m'épie.
Je roule en grimaçant, sans alarmer Jessica, mutique, réalisant des détours, mais aucun poursuivant n'est détecté. Je vais devoir redoubler de prudence, ce ne sont pas des coïncidences. Les actualités relatent en boucle une boucherie imputée à une lutte de territoire entre barons de la drogue, employant le terme de guérilla urbaine. Une vingtaine de cadavres de délinquants identifiés. Des migrantes vietnamiennes mises à l'abri, deux dépouilles exhumées, une étant enceinte. Elles allèguent avec crainte les exploits d'un démon bienveillant tout de noir vêtu qui les a libérées de leurs oppresseurs. Les pseudo-experts débattent sur l'insécurité, et un lien avec la découverte d'un trafiquant égorgé et carbonisé est envisagé. Aucun n'ose émettre l'hypothèse que cette hécatombe résulte de l'action d'un seul combattant. Bien, le plan fonctionne.
Soudainement, Jessica sanglote, saisie d'une crise d'angoisse.
— Oh, merde, c'est toi. Tu vas me buter aussi ? Après tout, c'est ma connerie qui est à l'origine de ce foutoir.
— Si tu avais été une cible, ton destin serait scellé depuis longtemps, et je ne me préoccuperais pas de ton avenir. Je suis un assassin, mais mes proies sont des nuisibles. Tu as droit à une seconde chance. Ne la gâche pas. On va faire une halte à ton appart, tu vas récupérer le strict nécessaire.
— Putain, si le monstre est là, il va encore me fourrer son zguègue de force. Je veux plus ! Tu seras le seul qui me touchera !
Elle est stressée, effrayée, mais sa coopération est impérative pour la stratégie ourdie afin de l'émanciper de son tortionnaire. Je me range devant la tour où elle habite, dans une banlieue défavorisée, et la rassure. La gamine tressaille lorsque ma paume cajole tendrement sa joue.
— Jess, ma puce, je n'ignore pas ta frousse. Il faut aussi que tu subtilises de l'outillage, il doit avoir une sacoche, il bosse dans le BTP. Tu embarques ce qui est le plus lourd ou coupant en utilisant un chiffon pour ne pas laisser d'empreintes. C'est un spray lacrymogène. Au cas où ça dérape, tu asperges sa tronche et tu décampes. Dans un quart d'heure, si tu n'es pas descendue, j'interviendrai.
— Je voudrais pas te vexer, mais tu peux difficilement te déplacer, t'as un bras en vrac...
— Même ainsi, tu n'imagines pas ce dont je suis capable.
Surmontant son appréhension, la miss disparaît dans l'immeuble. Je fixe le chronomètre. Treize minutes. Quatorze. Je vais être contraint d'agir, sans finesse, et alimente mon Beretta, m'apprêtant à revigorer ma carcasse délabrée avec un cocktail d'amphétamines et antalgiques, qui va probablement m'achever, pour accomplir un baroud d'honneur. Soulagement, Jessica, trimbalant un cabas, est de retour.
— J'ai eu du bol, il cuvait, vautré sur le canapé. Tiens, j'ai pris ça.
Un cutter, un maillet, un pointeau, des burins, dont un très pointu. Je dispose des moyens pour lancer la phase suivante.
— Bravo, tu as été brave. On y va.
— Tu m'as appelée ma puce. C'était... Kiffant... J'ai une question. Eli, je sais pas comment aborder le sujet. J'ai chouré la bague. Tu vas cafter ? Elle va être furax. Et ce qu'est arrivé, je veux dire, toi et moi ?
La tension s'étant amoindrie, Jessica en vient à s'interroger quant aux répercussions de son forfait originel.
— Jess, ne te méprends pas. Oui, tu es importante à mes yeux et à ceux de ma fille. Mais je tente de reconstruire une relation stable. Pour le vol, il te revient de l'avouer, de te repentir pour escompter une rédemption. Eli va initialement être en colère, c'est légitime. Cependant, elle a une aptitude à pardonner, telle est sa nature. En ce qui concerne notre rapprochement, je redoute que ce soit lié au syndrome de Stockholm.
— Heeuuuuu... C'est quoi ?
— Un attachement irrationnel des otages envers leurs ravisseurs, dans un contexte de vulnérabilité.
— On sera dans le même plumard, hein ? Je te soignerai, et mon petit trou est ta propriété.
— Jess, ce ne serait pas pertinent, et la désintox sera âpre, tu apprécieras d'avoir ton havre de paix.
La mélancolie se lit sur le minois de la demoiselle, qui, sans maquillage, les cheveux en bataille, renoue avec une expression juvénile.
En constatant ma décrépitude, un estropié dont Jessica est la béquille, Elisabeth est mortifiée. Sans tergiverser, je lui tends le précieux souvenir de sa maman.
— Papa, tu es démoli. Ne me dis pas que c'est pour ramener la bague. Elle ne vaut pas ta perte. Et Jess, tu es impliquée ?
Parcourir quelques mètres m'a harassé, je m'affale dans un fauteuil, le ton monte entre celles dont l'amitié vacille.
— Eli, j'ai déconné. J'ai fauché la bague pour des dettes de coke. Ton père, il est formidable...
Ainsi que c'était prévisible, ma fille est hystérique. Ses vociférations, qui tranchent avec sa modération coutumière, résonnent dans le salon.
— Espèce de saloperie ! Traîtresse ! On partage tout, je te donne du pognon, et mon Dieu, on a presque couché ensemble. Papa est complètement éclaté. Casse-toi d'ici, tu n'es qu'une raclure, même pas fichue d'écrire une ligne sans faire dix fautes. T'es juste une traînée, ton QI, c'est tes nichons. Dehooooooors !
En larmes, Jessica, marquée par cette vexante logorrhée, se réfugie auprès de moi en m'enlaçant, ce qui détériore davantage l'ambiance. La psychologie féminine n'est pas mon domaine de prédilection.
— C'est pas vrai, en plus, je parie que tu as séduit mon père. Lamentable. Ton existence est une insulte. Tu es pathétique.
— Jess, emmène tes affaires dans la chambre de l'étage, douche-toi et change-toi. Mon bébé, on doit dialoguer. Premièrement, cesse de t'acharner, tu n'as pas idée de l'enfer qu'a vécu ta copine. Je me souviens de t'avoir inculqué de t'abstenir de condamner précipitamment autrui sur les apparences.
Affectée par la brutalité du discours de ma fille, Jessica gravit l'escalier en reniflant, et je cherche à solliciter la raison de ma descendante.
— Papa, tu dois aller à l‘hosto ! Et l'autre...
— Non, et tu es suffisamment intelligente pour corréler mon état à certains faits qui font la une des journaux. Tu as humilié Jessica. Certes, elle a commis une erreur, et ta déception est immense. Néanmoins, cela ne doit pas te dispenser de ton empathie. Sa vie est émaillée d'une succession d'abominations. Ecoute-la, et après, tu décideras en connaissance de cause.
Ma tirade, prononcée avec flegme, enclenche une amorce de réflexion, avec une contrariété évidente.
— Papa, tu l'as baisée ?
— Bébé, est-ce essentiel ?
Ce que m'a divulgué Jessica à propos de son immorale inclination pourrait expliquer cette focalisation sur une incartade potentielle. Justement, la blonde, dont l'embarras est perceptible, la mine défaite, est de retour, transfigurée. Sa crinière est ramassé en arrière, magnifiant sa face de poupée, sa tenue est sobre, une jupe plutôt sage et un débardeur, et surtout, elle n'est pas fardée. Elle est jolie, sans besoin d'artifices pour rehausser son charme, avec ses courbes qui donnent le tournis. Zut, je délire.
Agitée de tremblements, livide, elle se fige face à Elisabeth et déclame sa poignante résipiscence.
— Tu as raison, je suis un déchet, je me shoote avec plein de trucs, je me fais secouer par des keums louches, je chipe des objets de valeur pour mon dealer. Tu peux me tabasser, c'est normal de me punir. Et... Merde, de toute façon, je suis pas douée pour faire des phrases, t'as raison, j'ai même pas eu mon brevet des collèges, mais là, je suis à bout. C'est plus possible, le parasite qui squatte chez ma vieille, il me viole depuis des années, je suis en permanence en train de galérer pour avoir ma dose, car sinon, je disjoncte, la bibine compense un peu. T'as un paternel exceptionnel, il se dévoue en risquant sa peau. Eli, je... Oui, on a été à la limite de s'envoyer en l‘air, je te considérais comme une sœur, mais la vérité, c'est que tu me plais, t'es super mignonne, j'ai chaud en bas en pensant à toi.
Cette confession sans ambages ébranle Elisabeth qui se contente toutefois d'une laconique répartie.
— On verra. Je dois réfléchir.
Sur ces entrefaites, elle emporte la bague et se cloître dans sa tanière, tracassée. Est-ce la félonie de Jessica ? La confidence de sa géhenne avec les abus du concubin de sa mère ? Mes rapports présomptifs avec elle ? Une combinaison de ces éléments ?
— Jess, nous avons rendez-vous demain avec un spécialiste. Je vais être cash. Tu vas morfler, tu me maudiras, tu rechuteras, ce sera une épreuve terrible. Il sera nécessaire de te surpasser.
— Avec toi, j'y arriverai. Etienne, je t'aime. Et Eli également, c'est absurde, hein ?
— Tu es fatiguée, c'est logique, consécutivement à cette frénésie. Je vais dans ma piaule. Toi dans la tienne, essaye de te détendre.
Je m'effondre sur mon couchage, non sans ingurgiter des anti-inflammatoires. Un tapotement sur ma porte, le murmure d'Elisabeth.
— Papa ?
— Oui, mon bébé, rentre.
— J'ai fait à manger.
Bigre, je me suis assoupi des heures, assommé par le contrecoup de mon escapade. La petite m'apporte son concours pour rallier la table du séjour, où est installée Jessica.
— Papa, on a échangé longuement. J'ai assimilé les mécanismes qui ont provoqué ce désastre. Ça ne justifie pas tout, mais le porc qui la souille, c'est inacceptable. Alors on va la sortir de la mouise. Il y a un item qu'elle refuse d'aborder. Papa, vous avez fait l'amour ?
— Mon bébé, je suis fier de toi, tu illustres ta faculté à canaliser ton courroux, ce qui n'était auparavant pas dans mes cordes, à te montrer cartésienne et bienveillante. Formulons une hypothèse : Jess et moi avons une aventure. Dès l'instant où c'est librement consenti, je ne saisis pas ce qui te chagrine.
— C'est... Inconvenant... Ça me dérange, je vous visualise tous les deux...
Clairement, je décrypte le trouble d'Elisabeth, une jalousie refoulée, cohérente avec l'aveu de Jessica sur sa malsaine obsession. Je devrai tôt ou tard solutionner cet imbroglio. Une diversion est de bon aloi.
— Je suis affamé, et ce fumet titille mes papilles.
— C'est un plat de rougail, tu adores !
Je félicite la cuisinière et nous soupons, chacun contribuant à la convivialité de l'atmosphère. Jessica se déride, et son langage non verbal évente ses sentiments. Elle part fumer en terrasse, et je prétexte l'envie de m'aérer pour l'accompagner clopin-clopant. Les signes de sa dépendance contrariée sont flagrants, elle est en nage et grelotte.
— Je dispose de Suboxone, Edouard a été avisé, ça va réduire les symptômes.
— Merci. Eli est plus énervée par notre connexion que par mon chapardage.
— Ça se tassera. Sois courageuse, ma puce, et je ne minimise pas l'effort de dévoiler tes démons.
— S'il te plaît, garde-moi avec toi, je reconnais que j'ai fait exprès de te grimper dessus pour que tu me fécondes. Car si j'étais enceinte de toi, tu ne pourrais pas me rejeter, t'es un homme correct... Je suis débile...
— Va te reposer, on doit récupérer.
Le désespoir de Jessica est patent, je l'embrasse sur la joue et vais m'isoler dans mon alcôve, tenaillé par des souffrances extrêmes et des céphalées. Je me déshabille laborieusement et constate les dégâts. Hanche suturée sur une trentaine de centimètres, cuisse esquintée, colonne vertébrale en feu, ecchymoses en pagaille, muscles brachiaux en bouillie, ma collection de cicatrices s'étoffe.
Nietzsche prétend que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Une imposture, qu'il prenne ma place !
Vous avez apprécié cette histoire, exempte de tout recours à l'IA ?
Alors n'hésitez pas, un “j'aime” ou un commentaire constituent l'unique rétribution d'un auteur «100% humain» !
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Certains passages à venir seront éprouvants :)
Félicitations
Il y a encore du boulot sur la planche
J’attends la suite.
De terribles épreuves attendent encore nos protagonistes... avec la résurgence de fantômes du passé !