Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Renaissance du Paladin — Chapitre 9 · Machiavéliques manœuvres
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Renaissance du Paladin
Chapitre 9 · Machiavéliques manœuvres
Retrouver Viktor n'est pas la partie la plus compliquée. Il crèche dans un hôtel classieux. Je fais une étape à la maison, les outils dérobés par Jessica vont constituer les instruments de mon expédition punitive.
Je demande à Adrien de me procurer une fourgonnette banalisée et des sangles. Puis je contacte une anodine agence de location immobilière située à Moscou.
— Privet Anatoly.
— Etienne, mon ami. Je ne suis pas sur ta liste ? Sinon, j'actualise mon testament...
— Heureusement, non, même les bunkers souterrains du Kremlin ne te sauveraient pas.
— Etienne, mon ami. Je ne suis pas sur ta liste ? Sinon, j'actualise mon testament...
— Heureusement, non, même les bunkers souterrains du Kremlin ne te sauveraient pas.
Rires partagés. Je lui communique les caractéristiques physiques des tourmenteurs de Caroline, notamment leurs tatouages, qu'elle a eu loisir de mémoriser durant son interminable calvaire. Mon correspondant, haut gradé dans les services secrets russes, les identifie aisément. Deux sont déjà morts, lors de rixes entre factions rivales. J'obtiens le pedigree et l'identité des quatre survivants, Sacha, chef de la branche Europe, Anton, Boris et Pavel des mafieux du premier cercle du leader, le père de Viktor, avec un message explicite. Leur oblitération ne mécontenterait nullement mon interlocuteur.
— Le Paladin a repris du service, tu nettoies enfin ton pays qui sombre dans le désordre...
— C'est purement personnel. Je constate que tu es toujours excellemment informé. Par hasard, tu n'aurais pas un tuyau sur des gens qui me surveillent.
— Pas nous, ni les amerloques ou les chinois. Il y a un nouvel acteur. Moyens illimités, aucune règle, nous sommes tous anxieux. Sois prudent. Da svidaniya.
— C'est purement personnel. Je constate que tu es toujours excellemment informé. Par hasard, tu n'aurais pas un tuyau sur des gens qui me surveillent.
— Pas nous, ni les amerloques ou les chinois. Il y a un nouvel acteur. Moyens illimités, aucune règle, nous sommes tous anxieux. Sois prudent. Da svidaniya.
Edouard arrive avec Jessica, réellement adorable sans ses tenues outrancières et son fardage. Elle se scotche à moi et me galoche fiévreusement.
— Quel harem, se gausse Edouard en se retirant.
— Heu, il vaut dire quoi ?
— Ma puce, j'étais avec Caroline. Je vais tenter de reconstruire sur de solides fondations avec elle. Tu occuperas toujours une place particulière dans mon cœur, comme une seconde fille.
— Alors, ça s'explique. Profiter de chaque seconde. L'avenir incertain. Pour moi, c'est le terminus.
— Heu, il vaut dire quoi ?
— Ma puce, j'étais avec Caroline. Je vais tenter de reconstruire sur de solides fondations avec elle. Tu occuperas toujours une place particulière dans mon cœur, comme une seconde fille.
— Alors, ça s'explique. Profiter de chaque seconde. L'avenir incertain. Pour moi, c'est le terminus.
Larmoyante, elle détale, se cloîtrant dans sa chambre. La franchise est parfois difficile à admettre, mais je refuse de la maintenir dans l'illusion d'une relation pérenne.
Ainsi que convenu, Adrien m'apporte la camionnette, sachant qu'il va dans la foulée chercher Elisabeth.
— Dis-lui de veiller sur Jessica. Elle a le moral au ras des pâquerettes. Je redoute une bêtise.
— Oui, Monsieur. Vous allez étoffer votre palmarès...
— Certaines ignominies doivent être sanctionnées.
— Revenez entier, Eli ne...
— Chut ! Tu la protégeras si besoin. Elle a le béguin. Et c'est réciproque. Maintenant, file, tu vas être en retard.
— Oui, Monsieur. Vous allez étoffer votre palmarès...
— Certaines ignominies doivent être sanctionnées.
— Revenez entier, Eli ne...
— Chut ! Tu la protégeras si besoin. Elle a le béguin. Et c'est réciproque. Maintenant, file, tu vas être en retard.
Viktor est serein, avec son immunité de pacotille, il se déplace sans contrainte. Un bar à strip-tease réputé pour ses serveuses promptes à des libéralités envers les clients généreux. Il hèle une gourgandine en minishort, commande du champagne et s'isole avec elle dans une stalle occultée par une tenture, il y a de l'agitation derrière, mais la musique couvre les sons. Je patiente, terré dans un recoin du bouge, sollicité par des miss aux traits fatigués. Environ trente minutes d'attente, il quitte l'estaminet avec un air réjoui, son accompagnatrice étant visiblement moins enchantée de leur conciliabule. Elle chuchote avec une autre courtisane.
— C'est un taré, mais il est blindé de thunes et a un flingue, alors j'ai pas eu le choix...
Ma cible déambule sur le trottoir en fumant un cigare, et à la jonction avec une ruelle dans une zone peu éclairée, dépourvue de badauds, je l'alpague. Un attirail est dissimulé sous mon manteau.
— Viktor, tu as foiré.
Il se braque, me fusillant du regard.
— Qui es-tu pour oser me parler ? La vache, t'es passé sous un train.
— Déborah. La rousse. Sasha est déçu.
— La chienne s'est défendue. Je récupérerai la vidéo, j'ai enrôlé deux bronzés pour m'épauler. C'est pas normal, Sasha ne se fie pas à des types inconnus. C'est quoi, ton nom, déjà ?
— Déborah. La rousse. Sasha est déçu.
— La chienne s'est défendue. Je récupérerai la vidéo, j'ai enrôlé deux bronzés pour m'épauler. C'est pas normal, Sasha ne se fie pas à des types inconnus. C'est quoi, ton nom, déjà ?
Encore une omission de Caroline. Fin des palabres. Il plonge sa paluche sous sa veste. Action. Un violent coup de pied dans l'abdomen, il recule dans la venelle déserte et trébuche. Le maillet subtilisé au monstre s'écrase sur son lobe frontal, il vacille. Le burin perfore son tympan. Un beuglement. Je fourre un chiffon dans son museau. Le cutter effilé est sous son menton.
— L'enregistrement. Vite.
Afin de le motiver, je commence à taillader son encolure.
— Aïe ! T'es mort ! Tu sais pas qui je...
— Le rejeton du dirigeant d'une des plus infectes bande de crapules. Parle, ou je te coupe les couilles.
— La pétasse... Elle avait planqué une caméra. Lors de la soirée avec Sasha...
— Le rejeton du dirigeant d'une des plus infectes bande de crapules. Parle, ou je te coupe les couilles.
— La pétasse... Elle avait planqué une caméra. Lors de la soirée avec Sasha...
Il ne peut achever sa phrase, l'artère carotidienne sectionnée. Certes, il aurait amplement mérité que je le débite en tranches, mais sa dépouille me sera indispensable. Tout concorde. Ce n'est pas une simple revanche, Caroline dispose d'éléments pouvant incriminer ses persécuteurs. D'où cette traque. Elle n'a pas mesuré à quoi elle se confrontait. Et elle a probablement essayé d'utiliser cet atout.
Je range mon véhicule en marche arrière et embarque le macchabée. Ces efforts ont réveillé mes douleurs. Pas le moment de flancher. Et un message d'Elisabeth, Jessica est en pleine crise. Malheureusement, je dois me consacrer à mon plan, la chronologie est essentielle à son succès.
Parvenu sur le chantier où est employé le bourreau de la blondinette, j'introduis la gourmette et l'argent de Viktor dans son utilitaire, ainsi certains des objets contondants qui l'ont occis, barbouillés de son hémoglobine. Je crève une roue et m'éloigne. Les lieux se vident, seul le pervers s'attarde pour remplacer son pneumatique, salué pas un vigile goguenard.
Tout se goupille comme prévu. Pas de témoins. Il serait jubilatoire de lui faire payer ses méfaits, de le dépecer vif, mais j'ai cependant un double but. D'autant que j'ai, volontairement, rudimentairement caché le cadavre de Viktor, un bout de métal acéré avec de magnifiques empreintes digitales dans la caboche, à l'instar d'un amateur.
Dès demain, les arrivants vont le découvrir et les flics être ameutés. Ce sera vite vu. Le dernier individu sur place sera aisément identifié. Fouille du véhicule. Il est cuit.
Dès demain, les arrivants vont le découvrir et les flics être ameutés. Ce sera vite vu. Le dernier individu sur place sera aisément identifié. Fouille du véhicule. Il est cuit.
Rien de ce que j'ai accompli n'a échappé aux fantômes qui m'épient, toujours sans réaction de leur part. Merde, mes points de suture ont cédé, j'ai trop tiré sur la corde. Secondaire, il y a encore du boulot. J'avertis Edouard qui m'attend à la maison et me raccommode.
— Etienne, là, tu es à la limite de ce que peut endurer ton métabolisme. Ecoute, quand tu étais en vrac, je t'ai fait une prise de sang en loucedé. C'est pas fameux, et les amphétamines, tu vas le payer très cher, et je t'épargne les commotions cérébrales à répétition. Fais un break. C'est l'ami qui t'en conjure, car le toubib est horrifié par ton état général. Tu n'atteindras pas le demi-siècle.
Elisabeth est livide, inquiète par le ton et les propos d'Edouard.
— Il faudrait qu'Adrien crame l'engin qui a trimballé de la viande.
— Tu ne renonceras pas. Combien ?
— Pardon ?
— Combien de proies à liquider ?
— Quatre. Mafia tchétchène. Et ce sera terminé. Définitivement.
— Papa, il a raison. Tu es démoli. Je t'en supplie, arrête avant qu'il ne soit trop tard.
— Oui, ma chérie, après ça, je raccroche. Et Jess ?
— Impossible de dialoguer, elle s'est barricadée dans sa piaule avec des bouteilles. Elle dit vouloir mourir. Je... Son amour pour toi, je ne mesurais pas son immensité.
— Tu ne renonceras pas. Combien ?
— Pardon ?
— Combien de proies à liquider ?
— Quatre. Mafia tchétchène. Et ce sera terminé. Définitivement.
— Papa, il a raison. Tu es démoli. Je t'en supplie, arrête avant qu'il ne soit trop tard.
— Oui, ma chérie, après ça, je raccroche. Et Jess ?
— Impossible de dialoguer, elle s'est barricadée dans sa piaule avec des bouteilles. Elle dit vouloir mourir. Je... Son amour pour toi, je ne mesurais pas son immensité.
Ma carcasse meurtrie réclame du repos, tant pis, ça attendra. Je tapote à la porte de l'adolescente éplorée.
— Jessica, c'est moi.
Evidemment, je pourrais déverrouiller l'accès, j'ambitionne néanmoins de ne pas envenimer la situation. Elle ouvre, les yeux rougis, puant l'alcool, décoiffée et en sueur.
— Ma puce, tu n'as pas pris ton traitement.
— Pourquoi faire ? Tu me jettes comme une merde, je vais repartir, le dégénéré pourra me culbuter. Je te déteste...
— Pourquoi faire ? Tu me jettes comme une merde, je vais repartir, le dégénéré pourra me culbuter. Je te déteste...
Je l'enlace, elle sanglote, nous restons cois jusqu'à ce que je décide de clarifier les choses.
— Ma puce, ce n'est pas un abandon. Je te considère comme un membre de notre foyer. Oui, nous avons partagé des instants d'intimité intense. J'ai assurément été faible. Tu savais pourtant que nous deux, c'était une chimère.
Elisabeth, qui se tient en retrait, conforte mon discours.
— Jess, je t'ai pardonnée pour la bague, et j'ai été choquée par tes malheurs. Et on a aussi eu des délires charnels, j'ai avoué avoir sévèrement déraillé avec mon père. Adrien, c'est sérieux, c'est pas un motif pour te mettre de côté. Tu es ma sœur de cœur. On prendra soin de toi. Regarde Papa, il souffre au-delà de l'entendement, mais il avance, sans se plaindre. Prends exemple, bats-toi !
Le trio s'assemble en une fusion sincère. Une cellule familiale indéniablement baroque, mais est-ce vraiment capital ? Elisabeth attrape la blondinette et l'emmène vers la salle d'eau.
— On va se baigner, ça te détendra, et dodo. Dans mon lit, on pourra se lâcher, enfin sans excès, j'ai cours le matin. Et surtout, tu as tes médicaments à prendre.
Cette parenthèse close, je rallie la bâtisse où est abritée Caroline. Elle va devoir tout déballer, ses vérités parcellaires induisent un danger majeur.
— C'est Etienne, évite de me truffer de plomb !
Caroline m'enserre, ce qui n'arrange pas mes maux. Je reste peu expansif.
— Chéri, tu as l'air exténué.
En effet, je suis privé d'énergie et me vautre sur un siège. Sur le guéridon, il y a une tablette et le pistolet que je lui ai confié. Je me sens si las, avec cette succession de combats, de blessures qui n'ont pas le loisir de guérir, cette pression incessante. J'ai ignoré les alertes répétées de mon organisme, je suis en train de m'évanouir. Non. Je résiste.
— Etienne ? Tu es pâle, tu tressailles...
— Bas les masques, Caroline, Déborah ou qui tu veux. Viktor est en enfer. Tu as filmé ton martyr, et au vu de la véhémence des gredins, tu as joué avec le feu.
— Bas les masques, Caroline, Déborah ou qui tu veux. Viktor est en enfer. Tu as filmé ton martyr, et au vu de la véhémence des gredins, tu as joué avec le feu.
La rousse avance sa main vers l'arme.
— Il n'y a pas pléthore de solutions. Tu me butes, tu passes ta vie à fuir, ils te pourchassent, et tes dernières heures seront exécrables. Autrement, tu révèles le dessous des cartes. In extenso.
Ses doigts frôlent la crosse. La tension est palpable, je devine qu'elle tachycarde, confrontée à un dilemme. Selon la teneur de son prochain mouvement, l'épilogue sera radicalement différent. Etre tué par balle ne serait pas illogique de par mon existence. Ce serait une délivrance. Toutefois, je dois survivre. Pour Elisabeth. Pour Jessica.
Dans une seconde, si Caroline se suspend pas son geste, je l'abattrai.
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Commentaires ()
Vivement la suite ;)
Et effectivement, l'état de délabrement du protagoniste principal ne prédispose pas à la gaudriole :)
Les chapitres sont courts! C’est bon signe pour l’auteur.
Mais l'histoire est toujours chouette à suivre.
Autrement, que malgré les multiples relectures, persistent des coquilles résiduelles, c'est possible. Perfectibilité de l'humain, refusant de recourir à l'IA :)