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Léon, le vieux voisin d'en face — Chapitre 7

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Evan Whale
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Léon, le vieux voisin d'en face

Chapitre 7

/!\ Attention. Ce chapitre contient des personnages à l'attitude et au discours homophobes. Il s'agit de fiction, et ces idées ne reflètent pas les valeurs de cette histoire.
J'ouvre les yeux.
C'est le matin, tôt, dans la chambre de Léon.
Une lumière vive filtre à travers la fenêtre de la piaule, juste à côté du minuscule cadre chat, illuminant des myriades de particules de poussière qui dansent dans l'air.
Je me redresse sur les coudes. Le drap glisse de mes épaules, et je regarde Léon dormir. Il est allongé sur le dos, le visage tourné vers moi, complètement désarmé par le sommeil. Les traits durs que je connais si bien sont adoucis, paisibles. Il respire d'un rythme régulier et profond.
C'est la première fois que je le vois ainsi, sans cette vigilance tendue qui l'habite même au repos. Il est beau. D'une beauté brute, cicatrisée, mais qui me bouleverse.
Je lève la couette d'un geste lent et curieux. Nous sommes nus, nos corps entremêlés sous le linge. La lumière du matin dessine les contours de sa musculature, ses jambes puissantes, son torse large. Mon regard descend vers son sexe, qui repose contre sa cuisse.
Même endormi, il est impressionnant... Un témoin de force et de virilité.
Mm...
Je me penche, sous la couette, et me positionne entre ses jambes. L'air est plus chaud ici, imprégné de son odeur musquée. Sans même prendre sa bite dans ma main, je sors ma langue et le lèche. Son prépuce. Le bout de son gland rose qui sort un peu... Et suinte...
Il durcit, alors... Quand il est suffisamment rigide, je le glisse entièrement dans ma bouche et le suce.
D'abord doucement. Je le sens s'éveiller sous ma caresse, et devenir de plus en plus gros.
Le goût de lui est addictif.
J'augmente le rythme. Je l'engloutis aussi profondément que je le peux, ma main serrant sa base, mes lèvres pompant sur toute sa longueur.
Ses hanches bougent légèrement. Un grognement sourd s'échappe de sa gorge. Ses yeux s'ouvrent. Il me mate, d'abord avec la confusion du sommeil, puis la réalisation le frappe. Son regard s'embrase, une faim intense qui consume toute la latence du réveil.
— Oh... Petit...
Sa main se pose dans mes cheveux, fermement. Il ne me dit rien de plus, mais son corps parle pour lui.
Ses hanches se lèvent pour rencontrer ma bouche. Lentement, puis avec une cadence folle.
Ça ne dure pas très longtemps. Sa respiration devient rapidement courte, saccadée, et avec un gémissement étranglé, il jouit dans ma bouche.
J'avale tout son sperme, épais, salé et âcre, qui me fait perdre la tête.
Il reste une minute allongé, la poitrine haletante, les yeux fermés. Puis il les rouvre et me sourit. Un vrai sourire, celui qui fait plisser ses yeux bleus au coin et fait apparaître ses rides.
— Quel réveil, dit-il d'une voix encore embrumée.
Il me fait signe de venir près de lui.
— Enjambe mon cou.
Je ne comprends pas tout de suite, mais j'obéis. Un frisson d'excitation me parcourt quand j'envoie une patte au-dessus de son visage, mes genoux de chaque côté de sa tête.
Je m'abaisse doucement, et sa bouche se pose sur mon sexe déjà dur. Pendant qu'il me suce, sa main experte trouve mon trou.
— Aah... Monsieur..., je lâche dans un tremblement.
Ses doigts le caressent, le massent, pendant que sa langue travaille mon gland. C'est une double stimulation qui me rétame.
Il insiste. Un doigt, puis deux, puis trois, puis quatre...! qui entrent en moi pour m'ouvrir.
Il prend le temps. Vraiment le temps. À me pénétrer, à m'étirer, et à faire coulisser à chaque fois qu'il le peut un doigt supplémentaire.
C'est éprouvant. Et en même temps, il me doigte ainsi pendant près d'une heure.
Une heure pendant laquelle je suis à sa merci. À gémir, geindre, couiner sous ses caresses...
Puis je sens une pression différente. Il essaie d'introduire un cinquième doigt.
Le pouce.
Ça brûle un peu, mais Léon redouble de salive et cette douleur se transforme vite en un plaisir intense. Il est patient, doux, persévérant. Et..., ça se fait.
Sa main.
Entière.
Entre en moi.
— MMFPH !
— Là, c'est bien mon garçon, me chuchote-t-il contre la queue. Tu sens comme ton trou s'est offert à moi ?
— O... Oui, m... Monsieur...
— Tu aimes ça ?
Aimer ? La sensation est incroyable. Une plénitude totale. Un sentiment d'être comblé, rempli, possédé.
Je lui crie un "Oui, monsieur...!" de plaisir qui le fait grogner de satisfaction.
Léon garde sa main immobile à l'intérieur de moi, me laissant m'habituer à cette nouvelle épreuve. Il se remet à me sucer doucement, et c'est ça qui me fait basculer.
Je me tends. 
Me paralyse.
Il profite de cette montée d'artifice pour tirer légèrement sur son poing et m'ouvrir l'anus. 
Et là, j'en peux plus. 
J'explose.
Je jute d'une force effroyable sur son visage, secoué par un orgasme dévastateur.
Un orgasme lent, puissant, qui part de l'intérieur, de l'endroit où sa main est logée, et qui se propage dans tout mon corps en vagues successives.
C'est la chose la plus intense que j'aie jamais ressentie.
Quand je reviens à moi, il a retiré sa main avec une infinie délicatesse. Il me fait redescendre et m'enlace. M'embrasse le front. Me félicite.
Ses yeux bleus dans les miens, il me sourit avec une étincelle malicieuse.
— Joyeux anniversaire, mon garçon. 
Je suis trop stupéfait pour parler, mais, je le sens, mon visage affiche une belle tête d'imbécile heureux.
Un fist anal pour mes vingt ans...? Un cadeau exceptionnel...
...
Dans le garage de Léon, l'ambiance est légère. Détendue. Nous travaillons en harmonie. Nos mouvements sont synchronisés. J'anticipe ses besoins, et on bricole de façon super fluide, sans même avoir à parler.
Je kiffe. Je kiffe aussi la bonne humeur du vieux voisins. Il est rayonnant, jovial, pétillant... et blagueur. 
— Tiens, me dit-il en m'amenant une pièce en métal allongée.
Je le regarde, avec deux grands yeux ronds. 
— Quoi...?
— Ben, souffle ta bougie ! réplique-t-il avec évidence.
Je mate à nouveau la pièce qu'il me tend. C'est une vraie bougie de moteur. Je relève les yeux sur Léon, perplexe, alors qu'il se met à rire 
Un rire tellement sincère, tellement pur. Enfantin. 
J'éclate de rire avec lui et je le trouve vraiment touchant.
...
— Essaie, voir ?
— Les garçons ? Bonjour !
Au moment où je tourne la clé de contact, ma mère déboule dans le garage et assiste, avec nous, au démarrage du moteur qui vrombit entre les quatre murs de béton. 
Un son puissant, régulier et agréable. 
— C'est bon ! me crie Léon d'un air victorieux en me mimant de couper le moteur.
J'éteins et saute de la caisse.
— On a réussi, Léon ! je lâche fou de joie.
— On a réussi, oui, valide-t-il dans un clin d'œil ému. Bravo, petit. Le deuxième succès de la journée... Bonjour, Fabienne.
Je rougis, mais je suis le seul à comprendre la ref.
Le "premier" succès ? Le fist de Léon, ce matin...
— Ça fonctionne ? interroge ma mère toute joyeuse.
— Oui, dit Léon. On a eu quelques péripéties avec le moteur, mais on a réparé, et votre fils a été d'une aide très précieuse. 
Le rouge continue de me montrer aux oreilles tandis que ma mère me regarde avec fierté. Léon aussi, d'ailleurs. 
— Bon, j'ai ramené quelques croissants, nous lance-t-elle alors. On va prendre le petit-déjeuner ?
Le sac qu'elle tient contre elle sent bon le beurre chaud et le sucre. Ça contraste avec la graisse mécanique...
On rentre tous les trois dans la maison.
...
Ma mère se donne un mal de dingue.
Je l'ai pourtant envoyé se reposer et j'ai passé ma matinée à lui dire de ne pas se prendre la tête pour moi, ou pour mon père, qui ne va pas tarder à arriver pour le repas du midi. 
— On n'est pas des ministres, maman. Tu n'as pas besoin de te tailler en quatre pour mon anniversaire. Un truc simple, ça me va très bien.
— Oui, affirme-t-elle en battant du chocolat fondu dans un saladier en inox. Je sais, mais c'est important. Vingt ans, ce n'est pas rien. Et... Tu as fait tellement de chemin, ces derniers mois. J'ai envie que ce soit bien. Et pour Léon, aussi. Il te fait beaucoup de bien. 
Ah, ça...
On sonne à la porte.
— D'accord, je lui réponds en sortant de la cuisine pour aller ouvrir. Mais "simple", maman ! Même pour Léon !
J'ouvre la porte.
Bien sûr, que j'aurais aimé tomber directement sur le vieux voisin. La coïncidence, à parler de lui, aurait été parfaite. 
Mais non. 
Devant moi, un gars trapu, chauve, avec des lunettes. L'air un peu renfrogné, il tient sous son bras une jeune femme d'à peu près mon âge, avec de longs cheveux blonds et un regard un peu vide.
Ah ? Il a changé de copine ?
Qu'elle soit super jeune ne me choque plus. Non... Le soucis, c'est surtout qu'elle est visiblement carrément enceinte.
Le ventre est encore discret, mais évident sous sa robe d'été fluide.
Là, c'est un peu la douche glacée. Et pas que pour moi. Ma mère débarque, encore avec son tablier, et pose ses mains sur mes épaules en lançant un :
— Bonjour, Alain !
Avant de se taire subitement. 
Mais ma daronne, elle est comme ça : à voir le positif, alors... Elle me caresse brièvement le dos - signe discret de soutien moral, et sort devant la maison accueillir les invités : "Alain", mon paternel, et "Sofia", sa copine.
— Enchantée, assure ma mère. Entrez, je vous en prie !
Mon père me passe devant et s'arrête. Il me tend sa main pour la serrer. Ses yeux se plantent dans les miens avec autorité, derrière ses lunettes. 
— Salut, Eliott, dit-il.
— Salut, papa. 
Il entre, et je tape la bise à ma nouvelle belle-mère, effleurant sans le faire exprès, son ventre de ma main.
Ce futur bébé, c'est un peu une revendication. Une vengeance de mon père. Une façon de me montrer qu'il a recommencé sa vie ailleurs, et qu'il s'apprête à remplacer son premier gosse, moi, l'ancien modèle, trop défectueux, visiblement.
— Alors, le petit génie de la mécanique ? lance-t-il en entrant dans la cuisine. J'espère que tu ne casses rien au voisin. J'ai pas envie de payer pour ça. Ça coûte cher, ces conneries. 
Sa voix... Trop sonore pour cette maison calme...
Tout le monde fait genre que ça va, qu'on est contents de se voir, mais non. 
Parfois, ça ne sert à rien de forcer les choses : toute famille n'est pas bonne à rester soudée.
Ma mère force un sourire.
— Et toi Alain, ça va ? Tu as de beaux projets en cours. 
Les yeux se portent sur Sofia, mais mon père n'en tire pas satisfaction.
— Mouais, marmonne-t-il. Un accident. C'est ce qui arrive quand on laisse des responsabilités à des gosses de vingt piges qui ne savent pas prendre une pillule du lendemain. Enfin bref. On essaiera de faire mieux, avec celui-la.
''Pas comme ce raté d'Eliott".
— Oui..., réplique ma mère plus par diplomatie que par accord.
Ça sonne. D'un coup. Stoppant cette discussion malaisante.
Je m'empresse d'ouvrir, en tâchant de masquer mon sourire, mais quand la silhouette du vieux voisin apparaît devant moi, c'est incontrôlable. Ma face s'illumine. 
Je meurs d'envie de me jetter à son cou, mais je m'abstiens et il comprend. C'est fou comme il peut régner une distance sociale entre nous quand nous sommes avec d'autres personnes, alors que dans l'intimité, nous sommes si proches que nous ne faisons plus qu'un...
— Re, Léon, vous allez bien ?
— Re, Eliott, me répond-il avec un clin d'œil. Je vais bien, et toi ?
— Mieux depuis trente secondes. 
Il sourit, sous sa moustache, et je m'efface pour le laisser entrer. Devant moi, il avance, et je suis subjugué par sa dégaine. Berret, chemise blanche, bretelles et pantalon marron. Léon est élégant, et a une classe incontestable, même avec le style "année soixantes". Ça lui va si bien...
Ma mère fait les présentations.
Léon, Alain, Sofia.
C'est un peu tendu, un peu gênant, mais Léon reste très poli et serre les mains du couple avec beaucoup de respect, malgré le fait qu'il sache. 
Pour mon père. 
Que c'est un crevard violent. 
Enfin bref. 
Ma mère nous invite au salon et je l'aide à distribuer à boire aux invités qui discutent de choses futiles.
Je propose du soda à Sofia, elle refuse et me demande du vin. Je jette à ma mère un regard interrogatif.
"De l'alcool ? Avec le bébé ?".
Je ne juge pas, mais...
Pas le temps de réfléchir. Mon père s'en mêle. 
— Donne-lui ce qu'elle veut. Ce n'est pas la première fois, de toute façon. Et du vin n'a jamais tué personne. 
Heu... Si... Des millions de gens chaque année, mais bon. Apparemment, cette infos n'est pas importante...
J'avoue que ça me met mal de donner de l'alcool à une femme enceinte, mais je ne peux pas décider à sa place. Je lui tends le verre et elle le prend. Sa manche descend. Son poignet couvert de bleus apparaît.
Il lui fait du mal, à elle aussi.
Une boule de colère monte en moi, mais je l'avale. C'est mon anniversaire, c'est ma journée, et ça, ce n'est pas mon combat. J'ai assez à faire.
Dans le salon, Léon et mon père parlent. Ils discutent. Mon daron, bien sûr, ne peut pas s'empêcher de poser des questions perso au vieux voisin. 
— Alors, toi, tu fais quoi dans la vie ? T'es à la retraite ?
— Oui, répond Léon un peu surpris de se faire tutoyer. J'étais mécanicien, dans l'armée, et dans un garage, avant ça. 
— Aaah, d'où le fait que t'aie pris mon gamin avec toi.
— C'est ça, confirme poliment Léon.
— Et vous faites quoi, toute la journée ? enchaîne mon vieux.
— On répare des voitures, dit Léon avec évidence sans comprendre le sens de cette question.
— Et vous discutez ?
— Un peu, oui. Ça nous arrive.
Long silence. Mon père sonde Léon du regard. Cette conversation n'a rien d'amical. Il joue avec lui et je n'aime pas ça. 
— Il t'a dit, pour ses conneries avec la police, là ?
Léon me zieute brièvement, puis revient sur mon père. 
— On discute, élude-t-il. Il me dit ce qu'il a envie de me dire. 
À traduire par "et tu n'en seras pas plus".
— Mouais..., marmonne mon daron après un silence glaçant. Et t'as pas peur, d'avoir un délinquant dans ton garage ?
— Alain, intervient ma mère. Léon n'est pas venu pour ça. 
— Il est venu pour quoi, alors ? Notre fils gâche sa vie en volant des voitures, et le vieux lui apprend à en réparer ? Apprends-lui à désactiver les alarmes de maison, tant que tu y es. La formation du braqueur sera complète.
Les dents de Léon se serrent. Je le vois à ses joues creusées qui se compactent au bas de son visage. 
Ma mère lui envoie un regard désolée, mais il sait qu'elle n'y est pour rien. 
— Allons déjeuner, propose-t-elle.
On arrive à passer momentanément à autre chose. 
...
Le repas se passe plutôt bien. Enfin... Je me mange quelques piques de mon père, auxquelles je ne réponds pas, et on l'écoute surtout parler de son job, de son travail en tant que contrôleurs SNCF, des "gonzesses" qu'il drague parmi les voyageuses, ou encore du pouvoir exaltant que lui confère le fait de pouvoir mettre une amende à un passager dont la tête ne lui revient pas. 
Bref. Un moment d'un douceur incontestable...
Léon s'agace en silence, je le vois. Sa mâchoire est serrée, un tic bat dans sa tempe, mais, à nouveau, je suis le seul à le voir. Il reste calme, cependant il est tendu comme une corde d'arc.
Et puis vient l'attaque dans le dos. Mon père prend une gorgée de sa quatrième bière, et se tourne vers Léon avec un air de complicité masculine.
— Les gonzesses dans les trains, elles sont assez mimi. Mais filles, ce n'est pas pour Eliott, dit-il. J'ai appris qu'il avait embrassé un garçon.
Il me jette un regard de dégoût.
— Son ami du lycée, qu'il disait, continue mon vieux. Alors là, pas le choix que de lui mettre une correction. Vous comprenez, vous, Léon. Vous êtes un homme d'honneur. Un militaire. Ce truc de pédé, ça passe pas.
Le silence se fait. C'est une déclaration de guerre. Ma mère pâlit. Sofia regarde ses pieds. Je me crispe, hésitant à répliquer, mais j'ai trop honte. 
Léon, lui, dévisage mon père d'un regard dur comme l'acier. Et... il rétorque, d'une voix basse et dangereusement calme.
— Non. Je ne comprends pas, en réalité. Vous reprochez à votre fils de commettre des délits, de la violence, et maintenant, vous condamnez un acte d'amour ? Mais mettez-vous d'accord et laissez ce gosse tranquille.
Ça jette un froid. Les mots de Léon résonnent dans la petite cuisine, lourds de vérité, et de bon sens qui contraste avec les raisonnements oppressants de mon père.
Ce dernier, d'ailleurs, est pris au dépourvu. Son visage se tasse. La colère remplace l'arrogance. Il ne sait pas quoi répondre. Il passe à autre chose, haussant les épaules pour changer de sujet.
— C'est bon, laissez tomber.
Ma mère, soulagée, amène le gâteau. Vingt bougies. Vingt. Elle les a toutes allumées, un sourire tremblant sur les lèvres, une tentative désespérée de sauver la fête.
Malgré tout, je suis infiniment heureux. Parce qu'elle fait tout pour me mettre à l'honneur, et que Léon tient sa parole : il me défend. 
Ma daronne se met à chantonner "Joyeux Anniversaire" d'une voix hésitante. Je souffle les bougies, avec un vœu simple : que cette journée se termine sans plus de dégâts.
Je reçois des cadeaux.
De ma mère, des livres de cours de mécanique auto, et une inscription payée dans un centre de formation.
C'est le plus beau des cadeaux, un acte de foi en mon avenir. Elle croit en moi, en mes capacités, et elle me le prouve en misant pleinement sur cette passion que je rêve de pratiquer chaque jour. 
Un ouverture d'espoir qui me prouve qu'il y a encore quelques choses à tirer de ma personne.
Elle est ma première fan, la première supportrice. Et je m'en rends compte, maintenant. J'étais en colère contre elle, mais tout ce qu'elle faisait, c'était essayer de me soutenir du mieux qu'elle pouvait. 
Et tu l'as fait, maman.
Du père, un truc "pour être viril". Il me tend une boîte. Je l'ouvre. C'est un couteau de survie, gros et impressionnant, avec une lame dentelée. Un symbole de violence. Sa vision de la masculinité.
— Ça te servira à te défendre, dit-il avec un sourire narquois. Des fois où des gars veulent casser du pédé. Tu pourras t'en servir pour leur montrer que tu es un homme.
Je le remercie d'une voix plate.
Et puis, c'est au tour de Léon. Il me tend un petit paquet, léger. Je l'ouvre. Dedans, une clé. Une clé de voiture. Un trousseau simple, avec un porte-clé en forme de volant. Je la regarde, sans comprendre. Puis je lève les yeux vers le voisin. Il me sourit. Et je saisis. Je la reconnais, cette clé.
C'est LA voiture qu'on ont réparée, Léon et moi. La vieille berline qui nous a réunis.
Il me l'offre. Il me la donne.
Je suis touché plus que je ne peux le dire. Les larmes me montent aux yeux. Je me jette dans les bras de Léon, l'étreignant avec toute la force de ma gratitude, de mon amour. C'est plus qu'un cadeau, c'est une attestation. C'est lui qui me dit : "Je crois en toi. Tu es compétent. Tu peux le faire."
Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que j'en ai mal. 
Léon resserre ses bras autour de moi. 
— Ta mère était d'accord. Tu es doué, Eliott. Ne lâche rien, même quand c'est dur.
Là, je craque et chiale dans ses bras. 
— Et à moi...? On m'a demandé mon autorisation, à moi ?
C'est mon père, à l'évidence jaloux.
Il ne supporte pas qu'un autre fasse mieux que lui, alors que lui, ne s'est même pas donné la peine de faire bien. 
— J'ai vingt ans, papa, je lui largue agacé qu'il gâche le moment. Ton avis ne compte plus. 
Son regard vire au noir.
CLAC !
Je prends une gifle.
— Peut-être, dit-il en me menaçant de son index. Mais c'est à moi que tu as attiré des problèmes avec tes conneries. Alors tu vas m'écouter. Donne-moi ça.
Il essaie de me prendre la clé, mais rapidement, Léon s'interpose et repousse mon père.
— QU'EST CE QUE TU FOUS, TOI ?! hurle ce dernier. ME TOUCHE PAS !
— On va dehors discuter, dit glacialement Léon.
Mon père refuse, le voisin le traine sur la chaussée par la peau des fesses. 
Ils s'engueulent. Enfin... Mon père gueule, et Léon reste placide. 
On les suit, restant sur le seuil, le cœur battant, affolés.
Malgré les cris, Léon est calme. Une montagne de sang-froid face au volcan de mon daron.
— Écoutez-moi bien, lâche le voisin à voix basse. Cette voiture, nous l'avons réparée ensemble. Eliott et moi. Il a passé des journées entières à se salir les mains, à apprendre, à comprendre. Il a trouvé la panne, il a changé les pièces. C'est son travail. C'est sa réussite.
Mon père ricane.
— Sa réussite ? C'est de la merde, ta vieille caisse. Il ne saura jamais tenir un vrai travail. Il n'est bon à rien.
— Vous n'avez aucune idée de ce dont il est capable, continue Léon, ignorant l'insulte. Cette voiture, ce n'est pas juste un job. C'est une preuve. Une preuve qu'il peut mener quelque chose à bien. C'est pour qu'il croit en lui, pour qu'il voie qu'il est capable de réussir, contrairement à tout ce que vous essayez de lui mettre en la tête depuis vingt ans.
Chaque mot de Léon est un coup de poing porté à l'ego surdimensionné de mon père. Je vois son visage changer, l'orgueil laissant place à une fureur pure et primaire. Il ne supporte pas d'être remis en place, surtout pas par un inconnu qui défend son "pédé" de fils.
— Tu te prends pour qui, toi ? crache-t-il en s'approchant de Léon. Tu lui fais croire qu'il peut réussir ? Tu le connais pas comme je le connais. Ce gosse n'est bon qu'à échouer. C'est tout ce qu'il sait faire !
— Ou peut-être essayez-vous de lui faire assumer vos propres échecs, le rembarre Léon.
Wa... Dans les dents...
Mon père ne le prend pas bien du tout. Il essaie de frapper Léon. Il balance un coup de poing maladroit, mais chargé de haine. Léon esquive avec une facilité déconcertante. Le deuxième, il se le prend en pleine figure, mais riposte pour calmer le daron. Il n'est pas un bagarreur, c'est évident, mais il est efficace et précis, malgré son âge plus avancé.
Il attrape le bras de mon père et le bloque. Puis, d'un mouvement sec et puissant, il le pousse. Mon père, surpris par cette force qu'il n'attendait pas, perd l'équilibre et tombe lourdement sur l'herbe du jardin. Il reste là, stupéfait, l'air de quelqu'un à qui on vient de voler son trône.
Léon se penche vers lui, son ombre le recouvrant. Il ne crie pas. Sa voix est plus terrifiante que n'importe quel hurlement. 
— Si tu touches à un seul de ses cheveux, je te tue. À Eliott, ou à Fabienne. C'est clair ?
Le silence est total. Même les oiseaux semblent s'être tus. Mon père regarde le vieux voisin avec une peur visible dans les yeux. Il voit que ce n'est pas une menace en l'air.
Léon le relève brutalement, le saisit par le col de sa chemise et le ramène jusqu'à sa voiture, une bagnole de sport neuve et criarde qui semble ridicule dans ce contexte. Il lui ouvre la portière.
— Dégage d'ici, ordonne Léon. Tu n'as rien d'un père, et ce petit mérite mieux que toi. Maintenant, pars.
Mon daron, humilié, vaincu, se jette dans sa voiture. Il démarre sans attendre, puis il se penche vers la fenêtre. Son regard me trouve, sur le seuil. Il est assassin, vide de toute affection.
— Pour moi, tu es mort, dit-il. Sofia, on y va.
La jeune femme accourt, et ils s'en vont. La voiture disparaît au coin de la rue, emportant avec elle des années de poison et de souffrance.
C'est fini.
Je reste là, immobile, incapable de réaliser.
Ma mère, en pleurs, sort de la maison. Comme moi, elle a tout vu, tout entendu. Elle regarde la rue vide, puis elle se tourne vers Léon. Et elle sourit. Un sourire triste, mais sincère. Un sourire de soulagement. De délivrance.
Moi aussi, je chiale, et sans réfléchir, je vais là où je me sens le plus en sécurité. Dans les bras de Léon. Il m'accueille tendrement, et ma daronne se joint naturellement à nous pour célébrer le plus beau cadeau que m'aie fait mon père depuis de nombreuses années : la liberté. 
— Bon, déclare ma mère avec légèreté en essuyant le ruisseau de larmes qui devale ses joues. Allons manger ce gâteau. C'est qu'il nous attend. 
Du bonheur dans les pires situations. 
Ma mère tout craché.
On rentre tous les trois dans la maison, poursuivre mon anniversaire avec les personnes qui me sont vraiment le plus chères.
Tout ira bien, maintenant.
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RV77130
24 février 2026 à 17:18
La suite svp
Soyez respectueux
Répondre
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mariusse
13 février 2026 à 10:10
Une ode aux pères cons...Bravo
Soyez respectueux
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Mrpiou17
2 février 2026 à 19:56
J'aime beaucoup la douceur de ce Léon à la fois sexy, mais protecteur et discret, mais tape point quand il le faut !
Soyez respectueux
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Photo de profil de astryan
astryan
2 février 2026 à 16:35
vraiment génial, une formidable plume, bravo!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de astryan
astryan
2 février 2026 à 16:33
vraiment génial, une formidable plume, bravo!
Soyez respectueux
Répondre
DenisB
1 février 2026 à 17:08
j'aime vraiment ce récit, c'est bien écrit, çà n'est pas vulgaire, il y a tous les ingrédients d'une vraie belle histoire. hâte de lire la suite de la réussite d'Eliott, aidé par son Léon.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Stephane269
Stephane269
1 février 2026 à 16:43
Super passage! Tu m'a tellement ému que j'en ai presque pleuré !
Tu es un écrivain génial !
Soyez respectueux
Répondre
Patou96
1 février 2026 à 14:25
Même pour un hetero comme moi c'est agréable à lire.
Beaucoup de possibilités s'offrent pour la suite
Soyez respectueux
Répondre
suceur63
1 février 2026 à 14:21
très bien réagi j'adore !!
Soyez respectueux
Répondre

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