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✦ Evan Whale Léon, le vieux voisin d'en face XSTORY
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Léon, le vieux voisin d'en face — Chapitre 6

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Léon, le vieux voisin d'en face

Chapitre 6

Dans le garage de Léon, l'air est dense d'une odeur familière qui m'est désormais chère : un mélange âcre d'huile moteur, d'essence et de métal chaud.
Léon est penché sur le moteur ouvert de la veille berline, et moi, je suis assis derrière le volant. Pour une fois, pas pour y faire de connerie. Mes mains sont grasses, mes ongles noirs de crasse, mais je me sens utile.
On vient de remplacer les quatre injecteurs récupérés une heure plus tôt au magasin. Toujours cette injection délicate et capricieuse.
— Essaie maintenant ? me lance Léon en se redressant.
Je tourne la clé de contact. Un premier clic. Un second. Puis le moteur grogne, proteste, et finalement, il prend vie avec un hoquet qui se stabilise en un ronronnement régulier.
Le son magnifique de la victoire.
— C'est bon ! crie le vieux voisin par-dessus le bruit. Coupe !
Je rompts le contact et le silence qui s'installe est aussitôt rempli par le son de mon propre cœur qui bat la chamade. Je sors de la voiture, un rictus énorme aux lèvres, et je vois Léon tout aussi heureux. 
C'est rare. Un sourire, sous sa moustache... C'est franchement... Séduisant...
Ses yeux, d'ordinaire si sérieux, presque durs, pétillent d'une joie pure.
— Enfin, souffle-t-il. Ce n'était pas gagné, mais on a réussi.
Et là, je me jette à son cou. Ce n'est pas planifié, c'est un mouvement purement instinctif, une explosion d'émotion incontenable.
Parce que... "Réussir"... N'est pas un mot que j'ai beaucoup entendu me concernant. 
Je me recule, observe ses yeux bleus, puis ses lèvres. Lui, en me regardant fixement avec un temps de latence, approche sa bouche de ma bouche et m'embrasse tendrement. 
C'est d'abord une surprise, puis tout mon corps réagit. Léon a toujours attendu que je fasse le premier pas pour me toucher, par respect. Mais là, c'est son initiative, et elle me coupe le souffle. 
Ses lèvres sont sèches, un peu gercées, mais elles sont chaudes.
Si chaudes...
La barbe de ce matin sur ses joues me gratte doucement la peau. Une sensation brute qui me fait frissonner de la tête aux pieds. Je ferme les yeux, me noyant dans ce baiser qui sent la sueur, le triomphe et... Autre chose de plus intime. De plus précieux. 
La tension entre nous est palpable comme l'électricité dans l'air avant un orage.
Le baiser s'approfondit. Sa main, sur mon visage, sa langue explore ma bouche avec une hâte fébrile, et je réplique avec la même urgence. Ce n'est plus un baiser de célébration. C'est plus primal. Animal. Bestial. 
Ses doigts se crispent dans mes cheveux, me tirant légèrement la tête en arrière pour mieux posséder ma gorge. Une vague de chaleur submerge mon corps alors qu'il me la mord. Mon sang bouillonne dans mes veines, au point que je le sens frétiller dans chacun de mes membres.
Son érection se presse contre ma cuisse, dure, insistante, et la mienne répond en écho.
Le monde extérieur disparaît. 
Il n'y a plus que le garage, la voiture qui encore tiède, et nous, carrément chauds bouillants. 
Sans un mot, Léon me saisit à l'arrière des cuisses et me soulève. Je suis surpris par sa force. Enfin non, pas vraiment. Avec sa carrure impressionnante, il est évident que le vieux voisin est ''fort'', mais... Autant ? Je pèse plus de 70kg, et il me monte en l'air comme si j'étais une brindille de 30 gammes.
Mes jambes s'enroulent instinctivement autour de sa taille. Il me porte à l'arrière de la voiture. Ses pas lourds et assurés résonnent sur le ciment.
Il nous pose doucement sur la banquette en tissu, usée, qui craque sous notre poids. Il se penche sur moi. Me recouvre de sa taille et de sa masse autoritaires. Ses yeux bleus, assombris par la pénombre, brillent d'une lueur incandescente.
Il déboutonne son jean avec une lenteur qui me rend fou. Sa main chaude se glisse à l'intérieur, trouve sa verge dure et palpitante et la libère devant moi dans un rebond assumé.
D'un seul geste, il baisse mon short et mon boxer, dévoilant ma pine crispée et coulante de désir. 
— Mm..., lâche Léon en se mordillant la lèvre. Tu jutes bien, mon garçon. Je vais me régaler...
"Régaler" ?
Je n'ai pas le temps de me poser plus de questions.
Il se penche et sa bouche se referme sur moi, chaude, humide, experte. Sa langue danse d'abord sur mon gland gonflé, qu'il décalotte, puis qu'il suce avec une sensibilité qui me fait trembler des jambes. Mes mains se serrent sur les sièges. Mes hanches se soulèvent d'elles-mêmes pour aller plus loin encore dans sa gorge. J'atteins ses amygdales dans un bruit suintant, un "squirch" ultra bandant.
Overdose de plaisir...
Je ferme les yeux, laissant les sensations m'envahir, alors qu'il me prend entièrement et me dévore comme s'il avait jeûné depuis une éternité.
Il me pompe et moi, trop impatient, trop excité et trop accaparé par le plaisir, je monte et descends les reins pour lui baiser la bouche.
Mon dieu...
Puis il relève la tête, et le torse. Son visage est empreint d'une concentration monstre. Il ne me dit rien, mais plante ses genoux sur la banquette et avance les hanches jusqu'à chevaucher mon visage. Le message est très clair. 
Ses couilles pendantes trouvent mes lèvres - je les lèche et les gobe pendant un instant, puis il dirige se grosse bite vers le bas et me pénètre la bouche.
Et sa taille à lui est plus importante à encaisser.
Il se couche presque sur moi, gainé sur ses coudes, les poils de son pubis me chatouillent le nez.
Et là... Il commence.
Il creuse le dos, et bouge le bassin, me limant lentement le gosier.
On s'accorde doucement.
À chaque fois qu'il sort, j'inspire. À chaque fois qu'il entre, je bloque mon souffle et écrase ma langue pour lui laisser le plus d'espace possible.
Même si c'est dur, même si cette gorge profonde est particulièrement éprouvante, j'aime. J'aime l'accueillir comme ça, lui donner ce pouvoir de me pilonner la gueule. Et je l'accompagne. Je l'encourage, même, quand mes mains se posent sur ses fesses nues, et appuient sur son cul en même temps qu'il appuis sur ma face.
— Rhô, petit..., grogne Léon. Suce-moi encore...
J'obéis, évidemment. J'obéis toujours au vieux voisin. 
— Regarde ce que tu me fais, déplore-t-il.
Il se retire, se branle au-dessus de ma langue, et fais couler sur mes papilles un gros filet de liquide pré-séminal. Sa mouille est si épaisse qu'elle m'étrangle presque, mais bats les couilles : je pourrais me noyer dans son jus s'il me le demandait.
Pendant encore de longues minutes, Léon joue avec moi et continue de me niker la glotte. Et écrase son pubis jusqu'au bout, jusqu'à ce que gland ne puisse plus avancer. J'ai de la bite plein la bouche.
Il gémit. Il soupire et jure.
Que je suis pas possible...
Qu'il pourrait me troncher toute la journée...
Que je ne perdais rien pour attendre...
Et il met ses menaces à exécution.
Il se redresse, me retourne délicatement, me positionne sur le ventre. Je comprends ce qu'il veut, et je me donne à lui de suite, abandonnant toute résistance, lui offrant mon cul bien ouvert pour lui. 
J'entends le bruit d'un crachat, puis d'un deuxième qui coule jusque l'arrière de mes burnes.
Son gros doigts se presse contre mon trou. Il le rentre dans un "Mmm...", le ressort et le rerentre pour l'enfoncer et le bouger à intérieur de moi.
Je couine.
— Ta petite chatte est si ouverte..., dit Léon.
— Elle est tout ouverte pour vous, monsieur...
— Bon garçon.
Il ajoute un deuxième doigt, les écarte à l'intérieur de moi, et crache encore dans mon cul. 
Il me doigte le temps de quelques aller-retours très glissants. Puis, c'est au tour de sa langue.
Oh mon dieu, sa langue.
Elle lèche, goûte, explore, pénètre avec une douceur et une précision qui me font perdre toute notion du temps et de l'espace.
Je geins contre le tissu du siège, mon corps entièrement à sa merci.
Après ce qui semble être une divine éternité, il se redresse, et moi avec, me mettant à quatre pattes sur la banquette. Son gland se colle contre mon entrée. Il pousse lentement. La sensation de plénitude incroyable est totale alors qu'il s'enfonce en moi. Il se déplace d'abord avec précaution, puis son rythme s'accélère, devient plus profond, plus puissant. Ses couilles ballotent sur mon cul, m'administrant de petites claques excitantes. 
Chaque coup de rein, puissants, me fait voir des étoiles. Je me rends compte que je suis en train de crier, encore et encore, dans l'habitacle. Et que ça le pousse à être envoyé plus animal.
Le garage se remplit de nos bruits, de nos respirations haletantes, de nos corps qui s'entrechoquent.
Léon ralentit. Se recule. Juste ce qu'il faut pour me choper sous les cuisses et me retourner sur le dos. 
Il m'écarte les jambes et, d'un coup, s'enfonce à moi. Cette fois, en missionnaire. 
— Oh ! Monsieur !
Terriblement excitant. Terriblement sensuel. Cette position est gravée de tendresse.
Dans un élan de sentiment, dans cette tempête de sensations, je tends une main et la pose sous le t-shirt de Léon. Je veux sentir sa peau contre la mienne, toucher son ventre, ses abdos, son nombril, sa poitrine, le sentir respirer sous mes doigts.
Mais à l'instant où ma paume entre en contact avec sa chair, il se fige.
Tout s'arrête.
Il me saisit le poignet et le remonte au-dessus de ma tête. Sévèrement.
Et il devient froid. Dominant.
En colère, même.
Le rythme passionné s'arrête net.
Il continue ses mouvements, mais c'est presque rude, maintenant. Super distant, et brusque.
Un peu comme une punition.
Je comprends que j'ai touché quelque chose d'interdit.
Et je sais quoi.
Sous mes doigts, les reliefs de ses blessures. Ces lignes épaisses et dures qui n'avaient rien à voir avec la texture d'un ventre normal.
Ses cicatrices, celles que j'ai vues dans la salle de bain. 
Il y en a beaucoup.
Alors qu'il continue de me baiser, sa mâchoire est serrée.
L'ambiance est bizarre, curieusement. Il cherche à me soumettre. À me faire obéir. À me montrer qui est le patron et qui doit rester à sa place. 
Alors, je reste à la mienne.
Je le laisse me sauter, jusqu'à ce que je sente ses muscles se contracter, et silencieusement, il jouit dans mes fesses. 
Un hoquet grave lui échappe, puis il se retire brusquement.
Il ne dit rien.
Il se redresse, rajuste son jean avec des gestes secs, presque nerveux, presque pour me dire "j'ai assez perdu de temps comme ça".
Mon propre orgasme, imminent, s'évapore dans l'atmosphère froide du garage. Je reste sur la banquette, le short aux chevilles, me sentant soudainement nu et vulnérable.
Et là , une vibration, au niveau de ma poche. Je me dépêche de sortir mon téléphone, les mains tremblantes légèrement, la bite et le trou encore à l'air. 
C'est ma mère.
Je décroche.
— Allô.
— Coucou, c'est moi. Le repas est prêt, et il est bientôt 13h. Tu manges avec Léon ou tu rentres ?
Je jette un coup d'œil au vieux voisin, qui range ses outils d'un air renfrogné.
Il fait la gueule, avec évidence. 
— Non, je réponds. Je rentre manger avec toi. Léon est occupé, et j'ai pas passé beaucoup de temps avec toi.
Son "D'accord ! À de suite !" si jovial me fait comprendre qu'elle est touchée par mes mots.
On raccroche.
— Monsieur...?
Pas de réponse.
Je m'extirpe de la voiture et me resappe.
— Je vais manger chez moi, je poursuis sans trop savoir s'il m'écoute. On se voit après ?
— Si tu veux. Pas avant 15h. Je vais me reposer. 
Ok...
Son ton ne laisse place à aucune négociation possible. 
J'acquiesce et sors du garage, tête baissée.
...
On déjeune en discutant vaguement, ma mère et moi. Elle me parle un peu de son taff - infirmière à l'hôpital, des patients chiants, des docteurs méprisants, du manque de lits pour le nombre de malades, bref, un joyeux bordel, et elle me questionne sur la mécanique. 
Au début, je n'en dis pas beaucoup, puis, à force d'interrogations, je lui raconte tout. 
Les pièces qu'on a changées, celles qu'on a décrassé, les réactions de la voiture, les recherches de problèmes...
Je vois bien, dans ses yeux, qu'elle ne comprend pas tout. Mais elle a ce sourire fier que je n'avais pas aperçu depuis longtemps et qui me réchauffe le cœur. 
— Tu t'es renseigné sur les formations possibles ? me lance-t-elle alors. Tu as l'air de tellement aimer ce que tu fais, que je me dis... Que ce serait peut-être enfin une bonne chose. Tu ne crois pas? 
Je soupire et hausse les épaules en enfournant ma fourchette de spaghetti dans la bouche. 
— Pour... Quoi ? je souffle. Avoir de mauvaises notes ? Un mauvais comportement et me faire virer ? Échouer, comme d'hab ?
— Tu es dur avec toi-même, conteste-t-elle. Toutes ces difficultés... C'est aussi parce que tu ne trouvais pas ta place. Mais si tu aimes ce que tu fais ? Tu ne le verras peut-être pas comme une obligation.
— Je sais pas, maman...
— Et puis..., dit-elle en dégainant son téléphone. Tu ne crois pas assez en toi. Moi, je suis sûre que tu es capable d'y arriver. Même Léon le pense.
Léon...? Mouais... Là, ce qu'il pense, c'est qu'il n'a pas très envie de me revoir de si tôt...
— Tiens, regarde, enchaîne ma mère. Il existe plusieurs formations. Un CAP... Un BAC pro... Un BTS... Tu peux même te spécialiser pour de la carrosserie ou de la peinture.
Son dévouement me touche. Je vois bien qu'elle cherche à m'encourager et que ses louanges sont sincères.
— Ok, maman, je murmure. Je vais y réfléchir. 
...
Le reste de l'aprem est calme.
On discute. 
On range un peu la maison. 
On s'affale dans le canapé.
Je ne reviens pas au garage avant 15h. Même après. La distance de Léon, tout à l'heure, m'a refroidi. Et... Je me rends compte, en somnolant devant un vieux téléfilm, que moi aussi, j'ai du sommeil à rattraper. 
...
— À demain. Tu es sage. 
— Mais oui...
Ma mère monte dans sa voiture et démarre le moteur. Enfin... Elle essaie. Il cahote un peu. 
— Rhô, râle-t-elle. J'ai un soucis, c'est pas possible. 
— C'est peut-être les bougies, je propose machinalement. Ou la batterie qui se décharge. Des fois, ça fait ça.
Elle hausse les épaules, un peu impressionnée par mes deux-trois connaissances, et m'adresse un salut de la main avant de disparaitre sur la route. 
Elle part pour le taff. Il est tard. La nuit tombe presque. 
Je lève les yeux en direction de la maison d'en face. Le garage est éclairé. 
Je marche en sa direction.
— Léon...?
Je le trouve toujours penché sur le moteur, un chiffon à la main, le visage fermé.
— Ah. Tu es là, dit-il sans me regarder. 
— Je vous dérange...? Vous préférez que je vous laisse seul...?
Silence. 
— Non, réplique-t-il. Viens. 
Je le rejoins devant le capot. 
— Ça ne marche plus ? je l'interroge. 
— Si, mais le moteur broute. J'ai analysé le circuit d'alimentation.
Il me montre une durite en caoutchouc.
— Elle est fissurée. Il y a une prise d'air. Et quelques pièces de l'injection sont certainement encrassées. C'est pour ça que ça ne tourne pas rond. Tu m'aides ?
Son expertise est impressionnante, mais sa distance me blesse.
— Oui, monsieur. 
On passe le reste de la soirée à bricoler, plongé dans son monde de bagnole. Je lui prête main forte comme je peux, lui tendant les outils, nettoyant les pièces, mais nous ne parlons pas. Le silence est assourdissant, seulement troublé par le cliquetis du métal et le bruit de la radio qui grésille dans un coin.
C'est comme si nos baisers n'avaient jamais eu lieu, comme si nous étions redevenus deux parfaits inconnus.
La nuit est noire, maintenant. Et les grillons hurlent leur chant. Je suis fatigué, mais concentré à maintenir une pièce en place que Léon revisse.
— Tu as faim ? demande-t-il soudainement.
Je lui lance un regard surpris.
— Oui.
— Alors viens.
Il essuie ses mains sur un chiffon et je le suis dans la maison. Il ouvre le frigo, dans la cuisine, pour sortir des restes de purée -saucisses de la veille et les faire réchauffer.
Nous mangeons ensemble, assis sur deux chaises face à face.
C'est étrange. Nous parlons de tout et de rien, de la voiture, de la chaleur de l'été, de la bouffe, mais jamais de nous. Jamais de ce qui s'est passé ce matin.
Après le repas, nous retournons à la voiture. Le garage n'est éclairé que par quelques ampoules nues qui créent des ombres dansantes sur les murs.
Vers vingt-deux heures, Léon pose sa clé à molette avec un soupir.
— Bon..., lâche-t-il. C'est bon pour aujourd'hui.
Je commence à ranger le matos, puis à rassembler mes affaires, pensant à rentrer chez moi.
C'est alors qu'il me regarde vraiment, pour la première fois depuis ce matin. Ses yeux sont fatigués, et son regard hésitant.
— Tu veux... Rester dormir ?
Sa voix est si basse que je l'entends à peine.
Mon cœur s'arrête.
C'est une invitation à saisir.
— Oui, je dis, peut-être un peu trop vite.
Un léger sourire fléchit les coins de sa bouche, sous sa moustache, puis il disparaît dans le couloir.
— Ok. Va faire ta toilette. 
...
Nous nous douchons chacun notre tour. 
Quand je sors, il est déjà dans la chambre, à l'étage. Il est allongé sur le côté, dos à l'entrée de la pièce. Lorsque je soulève la couverture pour m'y glisser, et se tourne et me fait face, dans le lit. 
Je me couche doucement à côté de lui, laissant un espace volontaire entre nous. L'odeur de sa peau, propre maintenant, mêlée à celle du drap, me fait tourner la tête.
Nous restons ainsi pendant un long moment, dans le silence, chacun faisant semblant de s'endormir.
Mais je ne peux pas.
Je suis trop tendu, trop conscient de sa présence à côté de moi.
Je sens son souffle régulier. Je veux le toucher, mais j'ai peur de provoquer une nouvelle réaction.
Finalement, je prends mon courage à deux mains. Je me rapproche. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va l'entendre. 
Je pose ma main sur son épaule, sa peau chaude sous ma paume. Il ne bouge pas. J'insiste, mes doigts effleurent sa nuque, puis je me penche et je dépose un baiser sur sa joue. Contre sa moustache.
Il frémit légèrement. Ses yeux sont ouverts. Ils me fixent dans l'obscurité.
— Tu n'es pas fatigué ? me chuchote-t-il.
— Si, monsieur.
Et je l'embrasse. C'est moi qui fais le premier pas, cette fois.
Je pose mes lèvres sur les siennes, doucement. Presque timidement.
C'est un bisou interrogatif, plein d'incertitude.
Mais il répond.
Après une brève hésitation, sa bouche s'ouvre sous la mienne, et tout le désir qu'il avait refoulé cet après-midi resurgit, plus fort, plus brutal.
Il me prend dans ses bras, me presse contre lui, et nos corps se collent l'un à l'autre. Sa grosse trique se durcit contre ma hanche, et ma bite s'allonge à son tour progressivement jusqu'à entrer en contact avec la sienne. 
Il est si réactif, si sensible à mon toucher... C'est comme si j'avais allumé un incendie.
Le baiser devient fou, dévorant. Nous nous roulons sur le lit, lui, finissant sur moi, nos mains explorant nos corps avec une précipitation fébrile.
Mes doigts glissent sur son torse, et je sens ses muscles se contracter sous ma paume. Je veux le déshabiller, le voir nu, le toucher partout, percevoir son corps puissant et brûlant contre le mien.
Je saisis le bord de son t-shirt et commence à le soulever.
C'est alors que tout s'arrête de nouveau.
Il se raidit. Devient une planche de bois. Il attrape ma main. Son emprise est si forte qu'elle me fait mal.
— Non, souffle-t-il avec autorité.
La déception me submerge, amère, douloureuse.
Je recule, le cœur serré.
— Léon, s'il vous plaît...
— Non. Ce n'est pas beau.
Il ne dit rien, il reste paralysé, presque terrorisé. Je le regarde, et une vague de sentiments me submerge.
Ce n'est pas un rejet. C'est de la peur. Il a peur. Peur de mon regard, peur de ses cicatrices, peur de son passé.
Je me rapproche de lui, ma voix contre son oreille.
— Je vous répète que je vous aime comme vous êtes, je murmure, mes doigts caressant doucement son bras. Je vous aime comme vous êtes, monsieur. Avec chacune de vos blessures.
Il reste immobile pendant un long moment, et je crains qu'il ne m'ait pas entendu, ou qu'il refuse de m'écouter. Puis, lentement, très lentement, il se détend. Sa tête se redresse et nos yeux se croisent.
Dans la faible lumière, je vois des larmes briller dans ses cils. Il ne dit rien, mais il me laisse faire.
Je soulève doucement son t-shirt, et cette fois, il ne résiste pas.
Je le passe par-dessus sa tête et je le jette sur le sol.
Son torse se révèle à moi. C'est une carte de douleur. Des marques anciennes, blanches et lisses, côtoient les rides de sa peau tannée par le temps. Certaines traces sont fines, comme des entailles ; D'autres sont larges, irrégulières, comme des brûlures. Elles parcourent sa poitrine, son ventre, ses côtes. C'est un paysage dévasté, le témoignage silencieux d'une souffrance inimaginable. Mon cœur se brise, une tension physique me prend à la gorge. Je veux pleurer pour lui.
Mais je ne chiale pas. Je me penche et je commence à embrasser chaque cicatrice. Je pose mes lèvres sur les marques blanches, sur les plaques rouges, sur la peau cabossée. Je les embrasse comme si je pouvais les effacer, les guérir par mon contact. Il gémit, un son étranglé, et ses mains se posent dans mes cheveux, m'encourageant, me retenant à la fois.
C'est le top départ. 
Léon finit de nous déshabiller entièrement et, pendant cette nuit chaude d'été, nous faisons l'amour.
Et cette fois, c'est différent. Très sensuel, très doux. Il n'y a plus de cette urgence brutale de ce matin, plus de cette distance glaciale. C'est une copulation lente, une exploration unanime, une saillie calme. 
Nos corps coulissent l'un contre l'autre, nos mains s'enlassent, nos bouches se cherchent. Je le sens se livrer, s'abandonner, me laissant entrer dans une intimité que je le soupçonne n'avoir jamais révélée à personne. 
Une vague puissante nous emporte tous les deux, en même temps. Je gicle - un grincement de pur plaisir m'échappe, et il se vide en moi avec un long gémissement, avant de s'écrouler sur mon torse couvert de mon sperme chaud, épuisé.
Nous restons ainsi, enlacés, nos corps nus et moites de sueur collés l'un à l'autre. Je sens son cœur battre contre ma poitrine, un rythme rapide qui peu à peu se calme. Pendant de longues minutes, je joue avec ses cheveux, ses épaules, son dos.
Il est entièrement à moi, vulnérable, et je le protège de mon amour.
Le silence est confortable, rempli de nos respirations apaisées. C'est le moment. Je dois poser la question, même si j'ai peur de la réponse.
— Monsieur... Ces cicatrices... C'est à cause de la guerre ?
Son corps se tend légèrement sous ma main. Il ne répond pas tout de suite. Le silence s'étire, lourd de non-dits. Je crains d'avoir tout gâché, d'avoir brisé ce moment incroyablement beau.
Puis, enfin, il parle. Sa voix est à peine audible.
— Oui. La guerre de l'enfance.
Le mutisme s'installe entre nous, mais ce n'est plus un vide, c'est un espace qui se remplit de compréhension.
"La guerre de l'enfance."
Pas un combat avec des armes et des soldats, mais une lutte plus cruelle.
Une guerre menée à l'intérieur des murs d'une maison.
— C'est comme moi avec mon père, je constate plus que je ne l'interroge.
Le silence s'épaissit encore. Je sens qu'il est sur le point de se refermer, de me rejeter. Mais je le tiens fort, je ne le lâche pas, entre mes bras.
— Oui.
Le mot est tremblant, vibrant de larmes contenues avec une difficulté sans nom.
— Votre daron, vous aussi ? je demande.
Silence. Il se tait. Longtemps. 
— Ma mère, avoue-t-il finalement. Elle ne voulait pas d'enfant. Et elle était malade dans sa tête.
Je reste sans voix.
Une mère. Celle qui est censée protéger, aimer, chérir. C'est elle qui lui a fait ça. C'est elle qui a laissé ces traces indélébiles sur son corps et dans son âme.
Une vague de colère me submerge, une haine glaciale envers cette femme que je n'ai jamais vue.
— On est des survivants de nos parents, je dis doucement, mes doigts dans son dos.
— Hum..., valide-t-il dans un souffle brisé.
Silence. 
— Monsieur...?
— Oui... Petit...?
— Si vous avez envie de pleurer, vous pouvez, je lui assure. Vous serez toujours pour moi le plus fort et le plus gentil. 
Je crois que je l'achève. 
Parce qu'alors...
Ses épaules tremblent.
Et il sanglote dans mes bras.
Je me penche et j'embrasse longuement le front de Léon, comme s'il était l'enfant à consoler et moi l'adulte qui en est capable.
J'ai envie de le réparer. De prendre soin de lui. De lui montrer qu'il est digne d'être aimé, peu importe ce qu'il a vécu.
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Photo de profil de RV77130
RV77130
24 février 2026 à 17:17
Top encore
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Evan Whale
Evan Whale
30 janvier 2026 à 13:51
Merci à tous pour vos commentaires. Eh oui, le vieux et distant Léon est bien plus sensible qu'on ne le pense !
Soyez respectueux
Répondre
suceur63
30 janvier 2026 à 11:08
c'est magnifique cet amour j'adore ::
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
30 janvier 2026 à 07:23
Episode terriblement émouvant, il a réussi à briser la carapace que Léon avait bâti en lui ouvrant son cœur et le couvrant de tendresse
Soyez respectueux
Répondre
pagnote
29 janvier 2026 à 17:04
C'est magnifique de tendresse ... Du grand Evan !
Soyez respectueux
Répondre
DenisB
29 janvier 2026 à 16:40
bonjour. j'aime bcp cette histoire, bien écrite, sans vulgarité, avec bcp d'amour et de respect. çà fait du bien de lire tous ces chapitres ou il n'y a pas que le sexe mais aussi pleins de belles choses émouvantes.
vivement la suite.
Soyez respectueux
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