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✦ Evan Whale Léon, le vieux voisin d'en face XSTORY
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Léon, le vieux voisin d'en face — Chapitre 5 · Fin

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Evan Whale
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Léon, le vieux voisin d'en face

Chapitre 5 · Fin

Il me fixe. Un regard à faire froid dans le dos. Vertèbre par vertèbre, mon échine se glace, et la tension est si soudaine que j'ai du mal à déglutir tellement ma gorge est serrée.
— Léon...?
Ma voix tremble. Je ne peux pas dire que le vieux voisin m'effraie, mais... Si. Ses yeux bleus qui me dévisagent, son corps figé, comme un animal prêt à bondir... J'avoue que je ne suis pas rassuré.
Et...
Léon avale sa salive avec difficulté, lui aussi. Dans son regard, une lueur... Fragile. Pas de la colère. Plutôt... Du désemparement. De l'appréhension. De la terreur...
Terreur de quoi...? De se montrer nu ? Que je voie ses cicatrices ?! Mais pourquoi ?!
C'est sûr que de telles balafres, ça interroge. De nombreuses questions me brûlent les lèvres, d'ailleurs. J'ai envie de savoir d'où elles viennent, pourquoi il a ça, si ça lui fait mal ou pas... Mais non. Même si c'est impressionnant, je dois faire taire ma curiosité.
— Je ne savais pas où vous étiez, je poursuis. Je... J'ai eu... Enfin je préfère rester avec vous, plutôt qu'être tout seul dans la maison. Est-ce que... Je peux... Rester dormir ici ? Avec vous.
Son regard noir s'estompe. Les tensions, dans son visage, se dissipent. Il baisse les yeux, un peu ébranlé par la situation, mais finit par me répondre. 
— Tu n'es pas un trop grand garçon pour encore avoir peur du noir...?
Sa remarque est un peu piquante. J'en comprends qu'il est sur la défensive. 
Je ne sais pas quoi répondre, alors... Je le prends dans mes bras. Ou plutôt, avec sa grande taille, je me cale contre lui, mes bras autour de ses reins nus, et peu importe s'il a des marques ou pas. 
Moi je m'en fous. 
Il se crispe. Cherche à me repousser. Mais je me cramponne à lui comme une sangsue. Indécollable.
— Petit..., rouspète-t-il. Tu cherches à te faire gronder ?
Il durcit sa voix. Son autorité s'immisce entre nos deux corps.
— Je veux dormir avec vous, je répète avec insistance. S'il vous plaît. Léon...
Je relève la tête et le regarde. Ses yeux bleus se posent sur moi et il ne dit rien. Ses paupières se ferment. Longuement. 
— Jamais personne ne dort avec moi, hésite-t-il.
— Alors ce serait un véritable privilège, monsieur, je lui souris de toutes mes dents.
Son regard se baisse sur ma bouche. Il soupire lourdement.
— Laisse-moi cinq minutes. Ensuite, fais ta toilette et rejoins-moi dans la chambre. Tu as des serviettes propres et des brosses à dents neuves dans le placard de l'évier.
Mon rictus s'étire. Je lui embrasse le torse et quitte la salle de bain pour lui laisser le temps de s'habiller.
...
Ça fait bizarre de me retrouver dans cette minuscule douche, au carrelage vieillot et au gros bloc de savon posé à même un couvercle de pot de confiture.
Je ne sais pas comment fait Léon pour se laver ici. J'ai du mal à bouger sans taper les murs froids. J'imagine que lui, c'est carrément impossible.
J'éteins l'eau et sors de la cabine. Je me sèche avec une serviette rèche minuscule trouvée dans le placard. J'en profite pour y dénicher une brosse à dents neuve et finir "ma toilette".
En t-shirt et boxer, je rejoins Léon dans sa chambre. C'est à l'étage. Un escalier en bois terni et grinçant m'y amène.
Je toque à la porte. Cette fois, j'attends son autorisation pour entrer. 
— Oui. Viens, petit. 
Je pousse la porte et pénètre dans cette petite piaule. Un grand lit, une commode et une armoire en bois. Une chaise, à côté de l'oreiller, supporte une bouteille d'eau, un livre, et une lampe de chevet. En bas, sur le parquet, une paire de charentaises déchirée trône à sa place. 
Léon est assis sur le lit. Il me regarde en silence, alors que j'admire sa décoration très sommaire : une peinture minuscule de chat, accrochée au milieu du mur. 
Je m'approche du voisin en souriant tandis qu'il me reluque.
— C'est ton pyjama...? s'étonne-t-il.
C'est vrai qu'avec son marcel et son pantalon en toile légère, il est un peu plus habillé que moi. 
— Oui, je réplique en haussant les épaules. Il fait chaud, c'est l'été, monsieur. Et... Un boxer ça s'enlève plus facilement qu'un pantalon...
Je me tais. Je m'arrête devant lui. Il sourit sous sa moustache, et après un bref moment d'hésitation, il passe ses bras autour de ma taille et me rapproche de lui. 
Son contact a un effet immédiat : je bande.
— Un pantalon, c'est suffisant si je n'ai que ma bite à sortir, dit-il. Est-ce que tu veux que je la sorte...?
Le désir m'aggripe d'un coup. Dans les bras de Léon, je n'ai pas besoin de répondre, parce que mes gémissements, quand il constelle mon ventre de baisers, le font à ma place. 
Ses lèvres chaudes parcourent mon t-shirt puis ma peau quand le vêtement se soulève. Léon embrasse mes hanches nues. Sa moustache me chatouille encore et me fait frissonner. 
— Je vais te déculotter, annonce-t-il.
C'est ce qu'il fait. Il baisse mon boxer, révélant dans un rebond humide ma queue dure comme de la pierre. Dans sa grande main, il m'astique un peu, puis... La prend dans sa bouche. 
Ce n'est pas tant le plaisir que la stupéfaction qui m'animent et me poussent à couiner bruyamment. Je frémis et perds même l'équilibre d'extase quand le vieux voisin me suce. Mon sexe, moins gros que le sien - on peut le dire, disparaît entièrement derrière ses lèvres. Mon gland sensible et juteux racle ses amygdales et Léon doit me tenir pour ne pas que je tombe à la renverse. Mes jambes tremblent trop. 
Les bruits de successions sont carrément obscènes. Mes yeux sont rivés sur ses joues qui se creusent pour aspirer mon chibre, quelques fois gonflées cependant quand mon bout lui tape les parois.
Il me pompe, cinq, dix ou peut-être quinze minutes durant. Je m'efforce de ne pas jouir pour prolonger ce moment (et heureusement qu'on a déjà baisé deux-trois fois avant, parce que j'aurais largué la sauce très vite, sinon). Mais Léon est plutôt agile en fellation et je sens que je ne vais pas tarder à couler sur sa langue. 
— Mm..., se délecte-il. Ta mouille est savoureuse, petit. 
Je ne peux pas répondre. Je suis essoufflé, mortifié par l'intensité du plaisir.
Léon me repousse un peu et appuis sur ma nuque. Je comprends rapidement. Pendant qu'il baisse son bas de pyjama, je m'agenouille en me caressant. Il sort sa grosse queue raide et me la présente. C'est à moi de le sucer. Je l'enfonce dans ma bouche, le plus loin possible.
Comme je le peux, je m'applique pour satisfaire Léon. Gorges profondes - ou presque, léchouilles du gland, aspirations de son liquide pré-séminal... Il a l'air d'apprécier.
— Bon garçon, murmure-t-il.
Mais il me fait me redresser, me retourne, me penche en avant et m'écarte les fesses. Sa moustache caresse ma peau, et sa salive, mon trou. Léon se met à me bouffer le cul. L'extérieur, le contour, et... L'intérieur. En me rentrant sa langue dans l'anus. 
— Monsieur..., je gémis. 
Il me fait ma fête, me sodomise de sa bouche, se délecte de mon goût par des soupirs appuyés.
Quand il en a fini avec moi, c'est uniquement pour me faire asseoir et m'empaler sur son pieu. La colonne de chair me pénètre jusqu'au fond, m'écartant l'orifice dans une sensation dingue.
Ses mains sur mes hanches, Léon guide mes mouvements.
Debout, assis, debout, assis.
Je m'auto-baise sur lui.
Le rythme ralentit au moment où mes jambes me lâchent. Une brûlure musculaire qui me tétanise.
— Petit garçon fatigué..., me plaint Léon.
Ce n'est pas un soucis. Il me retourne comme un steak et me bourre en levrette, d'une seule poussée, en s'assurant que son dard ne me fasse pas mal en me visitant.
Je lâche un "OH !", surpris par la profondeur que sa trique est capable d'atteindre. Il s'enfonce jusqu'aux couilles et quand c'est chose faite, passe aux enculades plus brutes de décoffrage.
Il me ramone, pur et dur. Et à chaque trogne, je laisse échapper un gémissement arraché.
— Je vais jouir, annonce-t-il d'une voix grave et basse.
Ses hanches claquent mon cul deux ou trois fois sèchement avant que Léon ne soit pris de saccades. Il se déverse dans mes fesses en laissant aller un juron de plaisir :
— Petite chatte juteuse...!
Les pénétrations cessent. Sa bite coulisse lentement à l'extérieur de moi, inondant dès la sortie de son gros gland l'arrière de mes cuisses d'une dose de foutre. Pas beaucoup, maintenant que Léon s'est vidé trois fois.
Dans un silence presque religieux, il me retourne et je me retrouve assis devant lui, la queue au garde-à-vous.
Il se penche. L'engloutit. Me pompe avidement jusqu'à ce que je crache mon jus au fin fond de sa glotte. Quand il se redresse, je comprends qu'il a tout avalé. Je l'observe avec deux grands yeux ronds, stupéfait par son geste et planant à dix mille à cause de l'orgasme. 
— Allons au lit, me dit Léon en rabattant la couette pour m'inviter dessous. 
Je me relève et commence à remettre mes habits.
— Pas besoin de te revêtir, poursuit-il en se glissant cul-nu dans les draps. Je t'enculerai peut-être pendant le nuit.
Je frémis à cette pensée et rejoins Léon dans le lit. Naturellement, ses grands bras m'accueillent et ses lèvres viennent m'embrasser le front.
— Monsieur...? je l'interroge en relevant la tête pour croiser son regard. 
— Oui, mon garçon...?
Je cherche mes mots. J'hésite. 
— Je vous aime comme vous êtes, je lui avoue en haussant les épaules. Vraiment comme vous êtes. 
Mon insistance le questionne, je le vois à la lueur de doute qui imprègne ses yeux bleus. Puis il comprend, que je parle de ce que j'ai vu dans la salle de bain.
Ses cicatrices.
Il ne me répond pas, mais semble reconnaissant, quand il me baise à nouveau le front.
...
— N... Non... NON... Nn...!
J'ouvre les yeux. La nuit est noire comme les ténèbres.
Léon, à côté de moi, parle dans son sommeil. On dirait qu'il fait un cauchemars. 
— Nn...! NON !
— Monsieur...? j'essaie de l'interpeller. MONSIEUR ?!
Ma main trouve son bras et le secoue un peu. Léon se redresse d'un coup en inspirant à plein poumons, paniqué. Je ne le vois quasiment pas, dans l'obscurité de la chambre, mais je l'entends respirer fort, vite, au même rythme que son poul effréné. Le lit entier en tremble.
Le voisin s'assied, le dos droit, les mains crispées sur les draps.
La lumière blafarde des lampadaires filtre à travers le rideau et dessine son visage que je parviens progressivement à discerner. À la lueur orangée, je vois les larmes qui coulent sur ses joues. Elles tracent des chemins sombres sur sa peau ridée.
Léon, le géant, l'inébranlable, pleure en silence.
Mon cœur se serre. Je n'ai jamais vu ça. Je ne l'imaginais même pas capable de ça.
Je me rapproche doucement, ne voulant pas l'effrayer.
— Léon ?
Il sursaute, comme une biche pris dans les phares d'une voiture. Il me regarde, et dans ses yeux, je vois un affolement pur, une détresse d'enfant. Il ne me reconnaît pas tout de suite.
— C'est moi, Eliott. Vous faisiez un cauchemar.
Il cligne des yeux, la réalité semble lui revenir lentement. Il se détourne, essuyant son visage avec le dos de sa main, un geste honteux et brusque.
— Rendors-toi, grogne-t-il.
Je n'obéis pas. Je me rapproche encore plus et je pose ma main sur son épaule. Il est tendu comme de l'acier.
— C'est bon, ça va passer, je murmure. C'était juste un rêve. 
Il ne dit rien. Il reste là, immobile, et je sens sous ma paume ses muscles se détendre un à un, très lentement. Après un long moment, il se recouche, me tournant le dos.
Je comprends. C'est à cause de ça. C'est à cause de ces nuits-là qu'il ne voulait pas que je reste dormir. Il avait peur que je voie ça.
 J'enveloppe de mes bras son large dos et je le colle contre moi. Il ne résiste pas. Il s'endort, épuisé, et je sombre aussi, le gardant tout près.
...
Les oiseaux piallent si fort, ce matin, que j'ai dû mal à fermer l'oeil. Il doit être à peine 6h. Je tourne et me retourne sous la couette avant d'ouvrir les yeux.
Léon est déjà debout, en train de s'habiller. Toujours le même genre de vêtements pratiques : jean, t-shirt.
Il se rapproche de moi quand je redresse la tête, un peu hagard. 
— On dirait une marmotte qui sort de son terrier, sourit-il sous sa moustache, en me caressant le front. 
Je laisse un long rictus s'étirer. Moi aussi, j'ai envie de toucher Léon. Mais... Pas de la même manière. Ma gaule me pousse à être un peu plus audacieux...
Je me redresse un peu, les cheveux encore ébouriffés. Je lui malaxe l'entrejambe, histoire de lui faire clairement comprendre mes intentions, et... De le faire durcir un peu. Ce qui fonctionne très bien : le vieux voisin a très rapidement une belle trique. 
— Rhô, petit..., se plaint-il. Tu es bien matinal...
— Oui, monsieur...
Je défais sa braguette et sors sa bite, chaude et pulsante dans ma paume. Je la prends dans ma bouche, allongé dans le lit, lui, toujours debout. Une position de soumission qui me déglingue le cerveau. Je le suce lentement, savourant son goût prononcé.
Il pose une main sur ma tête, ses doigts s'emmêlant dans mes cheveux. Un geste doux, mais autoritaire, qui me guide.
Le rythme accélère. Il me baise la bouche à coup de reins, et s'enfonce dans ma gorge de plus en plus loin. 
— Ça vient, mon garçon. 
Quand il éjacule grassement, c'est avec un soupir tremblant.
J'avale tout, comme il aime.
...
Nous descendons prendre un petit déjeuner rapide.
Du café, du pain beurré. Pas beaucoup de mots. Nous sommes sur la même longueur d'onde, en fait, puisqu'à la suite de notre en-cas, on file en direction du garage.
La voiture est notre projet, notre refuge. On bricole un peu le moteur, termine de nettoyer les derniers filtres et de changer les derniers capteurs usés, remplace les bougies de préchauffage et prépare la caisse à recevoir ses tout nouveaux injecteurs.
— On ira les chercher dès l'ouverture du magasin, me dit Léon en essuyant ses mains pleines d'huile dans un vieux chiffon. 
On toque à la porte du garage. La radio, allumée sur une chaîne de musique, affiche "7h15". J'ai le temps de le constater que ma mère débarque. Elle rentre du travail, l'air fatigué.
— Bonjour, les garçons, nous sourit-elle. Ça bosse déjà ?
— Bonjour Fabienne, répond Léon en s'approchant. On essaie. Vous voulez un café ?
Je lance à Léon un regard intrigué. Ma mère aussi. 
— Oui, merci, accepte-elle. C'est très gentil. 
Le vieux voisin éteint la radio, et nous invite dans la maison. Pendant qu'il prépare trois tasses sur le plan de travail (sur lequel il m'a doigté et godé...), ma daronne se tourne vers moi, et m'envoie un rictus bien trop jovial.
— Quoi...? je murmure un peu gêné. 
— Rien. Je suis juste très fière de te voir travailler en te donnant autant de mal. 
— Rrh... Ça va, je m'agace. C'est pas du travail. 
— La mécanique ? s'étonne-t-elle. C'est pourtant un vrai métier. Auquel tu pourrais t'intéresser pour la rentrée, non ? Faire une formation là-dedans serait peut-être une opportunité pour toi. 
Je hausse les épaules. Bien sûr, que ça me passionne. Mais retourner à l'école me fout une peur bleue. J'ai pas envie de tout gâcher. Pas encore. 
— Ouais... Je sais pas...
— Eliott est un jeune homme prometteur, dans ce métier, largue alors Léon en déposant les trois tasses de cafés sur la table en bois. Tu devrais écouter ta mère, mon garçon. Et penser sérieusement à ton avenir là-dedans.
Le vieux voisin n'a jamais aligné autant de mots à la suite. Ça nous surprend tous les deux, à ma daronne et à moi. 
— Oui...
— Ton père en serait content, en plus, poursuit-elle. Tu lui prouverais qu'il a eu tord de douter de toi. 
— Oui..., je réplique avec usure. C'est bon. 
— D'ailleurs...
Elle se tait. Un silence écrasant plane, pendant lequel elle prend le temps de prendre sa tasse, la porter à sa bouche, et boire une gorgée de café. 
— Il va venir ce weekend. 
— QUOI ??! je m'écris. T'ES DINGUE OU QUOI ?!
— Eliott, me reprend Léon. 
— T'AS OUBLIÉ CE QU'IL A FAIT ?!
— Il le regrette, le défend ma mère. 
— MAIS ARRÊTE D'ÊTRE AUSSI CONNE, PUTAIN ! TU LUI MANGES DANS LA MAIN, C'EST PAS POSS...
— ELIOTT !
Cette fois, c'est Léon qui hausse le ton. Contre moi. Et il a été si convainquant, que je me tais direct. 
— NE PARLE PAS COMME ÇA À TA MÈRE.
Je baisse les yeux et ne dis plus rien. 
— Vas m'attendre dans ma voiture.
— Fais chier, je crache en poussant une chaise violemment. 
Je le déteste à cet instant. Je le hais de prendre son parti, de ne pas comprendre. Mais j'obéis. Je quitte la cuisine et retourne dans le garage, à côté du vieux pickup de Léon. La portière passager est ouverte. Je grimpe. 
Il se passe bien dix minutes avant que je ne vois la silhouette imposante du voisin traverser la pièce, et celle de ma mère, la rue. À l'évidence, ils ont fini de discuter sans moi et, pendant qu'on va chercher les injecteurs, elle part se repousser de sa nuit de travail. 
Léon ouvre la portière qui se met à grincer. Quand il montre dans la caisse, les amortisseurs en prennent un coup à cause de son poids massif. Il ne dit rien, quand il s'attache, démarre et conduit à l'extérieur du garage pour rejoindre la chaussée. 
Le silence est lourd, plein de colère. On roule un moment avant qu'il n'entame la conversation.
— Alors ? Tu veux m'expliquer ?
Je regarde par la fenêtre, les maisons défilent.
— Ce week-end... C'est mon anniversaire, je lance dans aucune joie.
— C'est une bonne nouvelle, non ? Vingt-ans. C'est un bel âge.
— Mm...
Long silence. 
— Mais ce n'est pas ça le problème, comprend-il calmement. 
— Non. Léon... Je...
On s'arrête à un feu rouge. Le moteur du pickup se calme, laissant place à un silence traînant.
— Quoi...?
— Je vous ai menti, je marmonne. Encore. 
Je n'ose pas le regarder. Mais je sens que ses yeux bleus me transpercent de rage, si brutalement que mon corps s'imprime dans le siège. 
— Enfin... Je ne vous ai pas vraiment menti, mais je n'ai pas vraiment dit la vérité. Je... Mes parents ont bien divorcé. Mais à cause de moi. Parce que... Quand j'ai commencé à faire mes conneries, il y a quelques années...
Silence. 
— Quoi...? s'agace Léon.
— Mon père m'a frappé, je murmure la gorge serrée.
Les images reviennent en flash back dans ma tête, et pop une à une comme des explosions. Des coups. De poings. De ceinture. De chaussures. Des insultes.
Léon tourne sur moi un regard écarquillé. Je l'évite, à nouveau. 
— Au début, c'était juste une "correction". Je faisais le con, il me mettait une branlée. Après, c'est devenu plus habituel. Dès que je rentrais tard le soir, que j'avais des mauvaises notes, que je lui répondais... C'est devenu normal. Il y a deux mois, après mon arrestation, c'est lui qui est venu me chercher au comico. Devant les flics, il était tout gentil. Arrivé à la maison, il m'a mis une raclée. Il m'a pété des côtes. J'ai même eu le droit à des points de suture dans la bouche.
Je retrousse ma lèvre inférieure pour lui montrer la plaie qui la fend. Léon ne répond rien, mais ses mains veinées serrent le volant fermement.
Le feu passe au vert. Il redémarre.
— Ma mère est partie pour m'amener. Pour me protéger. Elle aurait pu rester avec lui, et moi me laisser me débrouiller, puisque je suis majeur. Mais non. Elle continue d'être là pour moi malgré tout ça. 
J'essuie mes larmes, celles qui coulent dans ma barbe et me chatouillent. Je chiale, sans pouvoir me retenir. On pourrait croire que me mettre dans cet état devant Léon puisse me gonfler, mais c'est tout le contraire. Je me sens étrangement soulagé d'en parler enfin à quelqu'un. 
— C'est pour ça que quand ma mère m'a dit qu'il venait..., je poursuis.
— Tu t'es mis en colère, complète le vieux voisin. 
— Mm...
Il s'arrête sur le parking du magasin. Une chaîne de pièces automobiles.
Il éteint le moteur et hésite un instant avant de retirer la clé. 
— Il ne s'en prendra pas à toi ce week-end, si ça peut te rassurer, finit-il par me lancer. 
— Ah bon...?
Je fronce les sourcils et dévisage Léon sans comprendre. 
— Pas avec moi à tes côtés, dit-il. Ta mère m'a invité à la petite fête.
Un sourire s'esquisse aux bords de mes lèvres. Je me sens terriblement mal de revoir le daron, mais étrangement serein de savoir que le vieux voisin, lui, sera là.
— Allez, s'exclame-t-il en sortant de la caisse. Allons récupérer ces injecteurs, petit.
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jhdu73
4 janvier 2026 à 14:00
J' adore de plus en plus cette histoire !
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Photo de profil de Neo53
Neo53
31 décembre 2025 à 07:34
Sexe et sensibilité belle histoire
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malouin141
30 décembre 2025 à 21:11
Très bonne histoire j’adore vivement la suite
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Photo de profil de Evan Whale
Evan Whale
30 décembre 2025 à 19:16
Merci beaucoup pour vos commentaires ! :)
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biloute60
30 décembre 2025 à 16:26
Oui une très belle histoire j'adore merci et vivement la suite
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suceur63
30 décembre 2025 à 15:51
très belle histoire d'une douceur !!il va protéger ce jeune homme !! vivement la suite!!
Soyez respectueux
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