00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Elannë Éloïse in the twenties XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Éloïse in the twenties — Chapitre 3 · Dehors

11 minutes
3.4k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Elannë
Elannë
Histoires publiées
7
Abonnés
27
J'aime cumulés
288

Éloïse in the twenties

Chapitre 3 · Dehors

La semaine avait passé différemment. Pas dans les faits — toujours les mêmes couloirs, les mêmes horaires, les mêmes visages. Mais dans la texture. Quelque chose avait changé. Mathis ne baissait plus systématiquement les yeux quand on se croisait. Parfois, il souriait. Un sourire discret, presque imperceptible, mais qui était là. Et moi, je le cherchais. Pas ouvertement. Juste... je savais où il serait, à quelle heure, dans quel coin du réfectoire. Je passais par-là. Par hasard. Enfin, presque.
On ne s'était pas reparlé depuis le train. Pas vraiment. Juste des « salut » polis, des hochements de tête. Mais il y avait quelque chose entre nous, maintenant. Une connivence. Un secret partagé. Comme si on s'était reconnus, et que ça suffisait. Sauf que ça ne suffisait pas. Pas à moi, en tout cas.
Le vendredi était revenu. Seize heures. Fin de service. Je me suis dirigée vers la gare, mon sac sur l'épaule, les mains dans les poches. Il pleuvait encore. Pas fort, juste ce crachin persistant qui colle à la peau. J'ai vu Mathis sur le quai, au même endroit que la semaine précédente. Même veste, même bonnet, même posture un peu voûtée.
Il m'a vue. A souri. On est montés dans le train. Cette fois, je me suis assise directement en face de lui. Pas d'hésitation. Il a posé son sac, a retiré son bonnet, passé une main dans ses cheveux. Ils étaient un peu gras, mal coupés. Ça m'a attendrie, allez savoir pourquoi.
— Encore un week-end, a-t-il dit.
— Ouais.
— Chez tes grands-parents ?
— Voilà...
J'avais dit ça avec un petit sourire. Il a froncé les sourcils, intrigué, mais n'a pas insisté. Le train a démarré. On a parlé de tout et de rien. De la semaine, du lycée, d'un prof chiant, d'une rumeur sur un couple qui s'était formé dans sa classe. Conversation légère, presque banale. Mais sous les mots, il y avait autre chose. Une tension. Une attente.
À un moment, nos genoux se sont frôlés. Il s'est excusé. J'ai souri.
— C'est pas grave.
Mon arrêt approchait. J'ai vu le panneau défiler par la fenêtre. Et je n'ai pas bougé. Le train a ralenti. S'est arrêté. Les portes se sont ouvertes. Mathis m'a regardée, surpris.
— C'est pas là ?
— Si.
Je n'ai pas bougé. Les portes se sont refermées. Le train est reparti.
— T'as loupé ton arrêt, a-t-il dit, un peu inquiet.
— Ouais.
J'ai souri.
— C'est pas grave. Je descendrai à la prochaine. J'attendrai le train qui repart dans l'autre sens.
Il m'a regardée bizarrement. Pas dupe, peut-être. Ou juste surpris. Mais il n'a rien dit. Dix minutes plus tard, on descendait ensemble à sa gare. Le bar PMU était juste en face. Une façade grise, une enseigne en néon rouge à moitié grillé, des tables en formica et une odeur de tabac froid mêlée à celle du café réchauffé. Il y avait trois types au comptoir, un vieux qui jouait au loto, et une serveuse blonde qui mâchait du chewing-gum en regardant son téléphone.
— Je vais me poser là en attendant, ai-je dit. Tu veux boire un truc ?
Mathis a hésité.
— Je... je sais pas. Je devrais rentrer.
— Un verre. Juste un.
Il a fini par hocher la tête. On s'est installés dans un coin, près de la fenêtre. J'ai commandé deux bières. La serveuse nous a servis sans un mot, sans un regard. On était transparents, encore une fois. Mais ensemble, cette fois. Mathis a bu une gorgée. A grimacé.
— T'aimes pas ?
— Si, si. C'est juste... j'ai pas l'habitude.
J'ai souri.
— T'as jamais bu de bière ?
— Pas souvent.
— T'as dix-huit ans, Mathis.
— Je sais.
Il a souri aussi. Un sourire un peu gêné, un peu triste. On a parlé. De rien de particulier. De sa sœur, encore. De mes grands-parents. Du temps qui passait trop vite, ou trop lentement, on ne savait plus. Dehors, la lumière déclinait. Le ciel prenait cette teinte gris-mauve du crépuscule d'hiver. Les lampadaires se sont allumés, un par un. J'ai vidé mon verre. Lui aussi.
— Je dois y aller, a-t-il dit. Ma mère va se demander où je suis.
— Je te raccompagne.
Il a ouvert la bouche pour protester. Puis s'est ravisé.
— T'es sûre ?
— Ouais. J'appellerai mon grand-père après. Il viendra me chercher.
On est sortis. L'air était froid, piquant. On a marché côte à côte, en silence. Ses mains étaient fourrées dans ses poches. Les miennes aussi. Nos épaules se frôlaient parfois. Le lotissement n'était pas loin. Cinq minutes à pied, peut-être. Des pavillons identiques, des haies taillées au cordeau, des volets fermés. Tout était calme. Presque mort.
— C'est laquelle ? ai-je demandé.
— La troisième à gauche. Celle avec le portail vert.
On a continué. Mes pas ralentissaient. Mon cœur battait plus fort. On approchait. Encore deux maisons. Puis une. Je me suis arrêtée.
— Mathis.
Il s'est retourné.
— Ouais ?
Je l'ai regardé. Vraiment regardé. Ses yeux clairs, un peu perdus. Sa bouche entrouverte. Ses mains qui tremblaient légèrement, peut-être à cause du froid. Peut-être pas.
— Viens.
J'ai fait quelques pas sur le côté. Derrière un transformateur EDF, gris, couvert de tags. Un recoin sombre, à l'abri des regards. Il m'a suivie. Sans poser de questions. Comme s'il savait. On était seuls. Le bruit lointain d'une voiture. Un chien qui aboyait. Rien d'autre. Je me suis approchée. J'ai posé ma main sur son torse. Il tremblait. Pas de froid, cette fois. J'ai levé les yeux vers lui.
— T'as confiance en moi ?
Il a hoché la tête. Incapable de parler. J'ai glissé mes mains sous sa veste, senti la chaleur de son corps à travers son pull. Puis, lentement, je me suis agenouillée. Ses yeux se sont écarquillés. Il a murmuré quelque chose. Mon prénom, peut-être. Ou juste un souffle. Je l'ai regardé une dernière fois.
Une vague de chaleur s'est propagée dans mon bas-ventre. Lente, diffuse, presque surprenante. Il ne résistait plus. Il ne bougeait même plus. J'ai défait le bouton de son jean. Puis la fermeture éclair, lentement. Sous le tissu, une protubérance évidente. J'ai posé ma main dessus, par-dessus le tissu. Il a tressailli. Je l'ai caressé doucement, juste pour sentir sa réaction. Puis j'ai levé les yeux vers lui. Son visage était figé dans une expression que je n'arrivais pas tout à fait à déchiffrer. Du désir, oui. Mais aussi de la peur. De l'incrédulité. Comme s'il attendait que je disparaisse d'un instant à l'autre, que tout ça ne soit qu'un rêve. Je l'ai regardé encore un moment. Pour qu'il sache que j'étais là. Que c'était réel. Puis j'ai repris mes gestes, plus assurée.
J'ai glissé mes doigts sous l'élastique de son boxer. Sa peau était chaude, presque brûlante. J'ai remonté son sweat, juste assez pour dégager son ventre. Une odeur m'a saisie. Masculine, un peu âcre. Pas désagréable. Troublante, plutôt. Comme quelque chose d'animal qui me déstabilisait autant qu'il m'excitait. J'ai posé mes lèvres sur son ventre, juste au-dessus de son nombril. Sa peau a frémi sous ma bouche. D'une main, j'ai continué à le caresser. De l'autre, je me suis aventurée sous son pull, remontant lentement le long de son torse. Puis j'ai saisi ce que je cherchais. Avec une détermination qui m'a surprise moi-même. J'ai relevé les yeux vers lui une dernière fois. Et je lui ai souri. Pas un sourire tendre. Juste... rassurant. Pour lui dire que tout allait bien. Qu'il pouvait se laisser aller.
Ma main n'avait pas relâché son emprise. Ça m'a presque fait sourire. Il avait durci complètement, maintenant. Dur et chaud contre ma paume. Mon propre désir montait en proportion. Je l'ai regardé encore une fois. Doucement. Puis j'ai fait glisser son boxer, libérant son sexe. J'ai embrassé à nouveau son ventre, juste au-dessus, là où quelques poils commençaient. Puis plus bas. Le long de sa verge, sur le côté. Il a tressailli. Sa respiration s'est accélérée. Il avait rendu les armes.
Il n'avait jamais été touché. J'étais en terrain connu, moi. Sans réfléchir davantage, j'ai pris son gland dans ma bouche. Délicatement d'abord, juste entre mes lèvres. Il n'était pas circoncis - une première pour moi. J'avais toujours aimé ça. Cette sensation de contrôle. De pouvoir. J'avais découvert très jeune que j'étais douée pour ça. Que j'aimais ça, aussi. Le donner aux hommes. Les voir se défaire, se relâcher, s'abandonner.
Et là, en cet instant, je voulais lui donner le meilleur. Tout. J'ai commencé à bouger. Lentement. Prenant la mesure de lui. De ses réactions. Ses premiers gémissements m'ont indiqué que j'étais sur la bonne voie. J'ai posé une main sur son ventre, et de l'autre j'ai accéléré progressivement, contrôlant ma salive, mon rythme. Entre mes cuisses, je sentais cette chaleur monter. Cette moiteur. Je ne ressentais ni honte ni gêne. Juste... du désir. Cru. Assumé. Comme si je m'étais enfin autorisée à le suivre sans détour. Malgré le froid, malgré le vent, rien ne m'aurait détournée. Je voulais le combler. Le conduire jusqu'à la jouissance. Combler nos manques mutuels.
Ça n'a pas duré longtemps. Il a murmuré quelque chose - un avertissement. Qu'il allait jouir. Je ne me suis pas arrêtée. Je ne m'arrêtais jamais. Et lui, en cet instant, le méritait peut-être plus que tous ceux dont j'avais avalé la semence avant.
Après, il y a eu le silence. Juste nos respirations. La sienne, saccadée, encore tremblante. La mienne, plus calme, presque détachée. Je me suis relevée lentement, ai essuyé mes lèvres du revers de la main. Il me regardait comme si j'étais irréelle. Comme si je venais de lui offrir quelque chose qu'il n'aurait jamais cru possible.
— Éloïse...
— Chut.
J'ai posé un doigt sur sa bouche.
— Dis rien.
Il a hoché la tête. Les larmes aux yeux. Pas de tristesse. Juste... trop d'émotions. Trop de tout. Je me suis reculée, ai rajusté mon écharpe, mes cheveux. Lui, il remontait son jean, maladroitement, les mains tremblantes.
— Tu rentres chez toi, ai-je dit doucement. Moi, je retourne à la gare.
— Mais...
— Rentre, Mathis.
Il a hésité. Puis a hoché la tête. M'a regardée une dernière fois. Avec une intensité que je n'avais jamais vue chez personne. Puis il est parti. Je l'ai regardé s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière le portail vert. Alors seulement, j'ai sorti mon téléphone.
***
Mon grand-père a décroché à la troisième sonnerie.
— Éloïse ?
— Salut Papi. Désolée, j'étais allée marcher un peu. T'es déjà arrivé à la gare.
— Oui, je te vois pas.
— Je me bouge. Je suis pas loin.
J'ai raccroché, ai commencé à marcher. Mes jambes tremblaient un peu. Pas de peur. Pas de regret. Juste... une sorte de décharge. Quelque chose qui ressemblait à de l'adrénaline. Ou peut-être à du désir assouvi. Ou peut-être à de la culpabilité, aussi. Je ne savais pas encore. J'ai allumé une cigarette — je ne fumais presque jamais, mais j'en avais toujours un paquet dans mon sac. J'ai tiré une longue bouffée, regardé la fumée se dissiper dans l'air froid. Qu'est-ce que je venais de faire ? Je n'avais pas de réponse. Ou plutôt, j'en avais trop. J'avais franchi une ligne. Peut-être même plusieurs. Mais je ne regrettais pas. Pas encore, en tout cas. Il y avait quelque chose de grisant dans ce geste. Quelque chose de puissant. J'avais vu son visage. Son abandon. Sa reconnaissance. Pour une fois, j'avais eu l'impression d'exister vraiment. D'être vue. Désirée. Nécessaire.
J'ai aperçu la voiture de mon grand-père apparue au bout de la rue. Je me suis arrêtée brièvement, j'ai fouillé dans mon sac, sorti un chewing-gum - à la menthe, heureusement. Je l'ai mâché rapidement, avec application. Puis j'ai vaporisé un peu de parfum sur mon cou, mes poignets. Pas trop. Juste assez. J'ai écrasé ma cigarette sous ma semelle. Me suis redressée afin de composer un visage neutre.
— Ça va, ma chérie ?
— Oui, Papi. Ça va.
Il a démarré. J'ai regardé par la vitre. Les lumières du lotissement qui s'éloignaient. La route déserte. La nuit qui tombait pour de bon. Et dans ma tête, juste une question, lancinante, obsédante :
— Et maintenant ?
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 4 · Avant de partir
10 minutes
3k
35
2
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 6 commentaires
Photo de profil de Fred6000
Fred6000
14 mars 2026 à 13:04
J'aime beaucoup les récits crus mais @Elannë, votre description m'a fait tendre beaucoup, beaucoup.
Persévérez sur cette voie qui est la vôtre. Continuez à vous faire plaisir pour nous faire plaisir !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de michel60
michel60
14 mars 2026 à 12:01
@Elannë Continuez d'écrire à votre façon, selon votre ressenti. faites vous plaisir en écrivant. Les lecteurs apprécient la spontanéité.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Elannë
Elannë
14 mars 2026 à 11:21
Merci @michel60 et @Wedreca pour votre feedback sur ce chapitre 3. Ce n'était pas tant de la pudeur que le fait que cet acte, à ce moment précis, n'avait rien de spécifique, si ce n'est ce qu'il disait de moi à ce moment de ma vie. C'était plus une impulsion, une quête d'adrénaline dans une période où je me sentais vide et perdue, un automatisme pour me sentir vivante, d'être vue et considérée, même de manière éphémère et en flirtant avec les limites de ce qui est moral et ce qui ne l'est pas. Je sais que ce que j'écris plus de manière introspective que descriptive, en reconvoquant des souvenirs, des bribes de sensations et de ressentis, parfois flous, parfois plus tenaces, et que ça ne plaira pas forcément à celles et ceux qui recherchent un récit efficace et foncièrement explicite.
Modifié 14 mars 2026 à 11:22
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de michel60
michel60
13 mars 2026 à 13:56
Très tendre et très pudique, et pourtant.................
J'ai hâte de lire la suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
13 mars 2026 à 13:30
C'est étonnant la manière dont tu décris cette fellation. Enfin, je devrais plutôt dire "tout sauf cette fellation" 😉. Car étrangement, tu étires le temps sur les instants avant et après, mais la fellation elle-même, tu passes très vite dessus. Comme une pudeur sur l'acte lui-même, je me trompe ?

En tout cas, cette suite est écrite tout en émotions. Un instant d'une évidente intensité 😌.
Modifié 13 mars 2026 à 13:30
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ LysandreRecits Allumé entre deux gares XSTORY
Allumé entre deux gares
Chapitre unique
Par LysandreRecits
12
0
12k
Hétéro
✦ Anthynéa Ma première fois ! XSTORY
Ma première fois !
Chapitre unique
Par Anthynéa
203
7
25k
Hétéro
✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
Runway à contre-courant
Chapitre 1
Par tounet777
1
0
12
Gays
✦ Anthynéa La vie d'avant XSTORY
La vie d'avant
Chapitre 2
Par Anthynéa
8
3
1.1k
Hétéro
✦ tounet777 Tout a changé derrière ce rideau. XSTORY
Tout a changé derrière ce rideau.
Chapitre unique
Par tounet777
0
0
15
Gays
✦ akalucas69 Mon voisin et son fils XSTORY
Mon voisin et son fils
Chapitre 1
Par akalucas69
101
17
23.6k
Gays
✦ Barbeman86 Mon Premier Déclic : Quand Tout a Basculé avec C XSTORY
Mon Premier Déclic : Quand Tout a Basculé avec C
Chapitre 9
Par Barbeman86
13
1
2.1k
Gays
✦ addict_reader La Sodomie d’une nuit d’été XSTORY
La Sodomie d’une nuit d’été
Chapitre unique
Par addict_reader
104
10
21.5k
Gays
✦ Jane Does Coeur à Coeur XSTORY
Coeur à Coeur
Chapitre unique
Par Jane Does
81
6
3.2k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio