Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parce que je te Résiste — Chapitre 11 · Premier Plongeon dans le Partage
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Parce que je te Résiste
Chapitre 11 · Premier Plongeon dans le Partage
*Alexandre*
Alexandre franchit le seuil du manoir, Sophia accrochée à son bras droit, tandis qu'à gauche il portait le cadre rigide de la toile, l'œuvre entièrement dissimulée sous un épais voile de tissu noir. Le format était idéal : pensé pour être posé tel quel sur un chevalet ou un trépied, prêt à être révélé d'un simple geste, sans la moindre manipulation. Il percevait le poids parfaitement équilibré du cadre, la tension légère de la toile tendue en dessous, comme un secret palpitant qui guettait le moment précis de sa délivrance. À l'intérieur, l'air vif de la campagne céda aussitôt la place à une chaleur douce, presque caressante, saturée d'un parfum de bois ciré.
Victor Saint-Clair se tenait devant eux, grand et mince, avec une élégance naturelle qui ne devait rien au hasard. Une soixantaine d'années bien entretenues, cheveux poivre et sel coiffés en arrière, un visage aux traits ciselés, un regard gris acier derrière des lunettes à monture fine en titane. Il portait un costume anthracite taillé sur mesure, chemise noire ouverte sur un torse encore ferme, et une montre vintage au poignet qui devait valoir une petite fortune. Son sourire était chaleureux, mais ses yeux trahissaient une curiosité aiguë, presque prédatrice.
— Sophia ! dit-il d'une voix grave et veloutée en s'avançant pour effleurer la main de la jeune femme d'un baiser léger, galant mais chargé d'une familiarité appréciatrice.
— On m'a tellement parlé de vous. Votre réputation vous précède dans nos cercles… et elle est largement méritée, à ce que je vois.
Sophia répondit par son sourire signature, celui qui faisait pétiller ses yeux verts et courber légèrement ses lèvres pulpeuses. Alexandre sentit une pointe familière – pas vraiment de la jalousie, mais le souvenir de cette même assurance qui l'avait autrefois dominé dans une suite d'hôtel. Aujourd'hui, ils étaient alliés, unis pour Lila, et cela rendait la scène presque amusante.
Saint-Clair se tourna ensuite vers lui et lui serra la main avec une poigne ferme et franche.
— Alexandre Duval, je présume. Enchanté. Sophia m'a dit que vous étiez… un partenaire de choix.
Le choix des mots n'était pas innocent. Alexandre hocha la tête, poli, sentant le regard de l'homme le jauger rapidement – costume sombre, chemise bleu nuit, barbe de trois jours calculée. Puis les yeux de Saint-Clair glissèrent vers le support enveloppé qu'il tenait.
— Ah, l'œuvre mystérieuse, murmura-t-il, un éclat d'intérêt dans la voix. J'ai hâte de la découvrir.
Mais déjà, son attention revenait à Sophia, plus précisément à la façon dont la robe verte épousait ses courbes généreuses, dont le tissu fluide laissait deviner la ligne de ses bas lorsqu'elle bougeait. Il ne s'en cachait même pas ; son regard descendait lentement, appréciateur, avant de remonter à son visage avec un sourire complice.
— Venez, entrez donc, dit-il en s'effaçant. Ma femme vous attend à l'intérieur. Élise est impatiente de faire votre connaissance.
Ils pénétrèrent dans le hall. Alexandre fut immédiatement frappé par le raffinement discret de l'endroit : un parquet d'époque aux chevrons inclinés, parfaitement aligné sous la lumière tamisée de lustres en cristal, boiseries sombres ornées de moulures dorées, un escalier monumental qui s'enroulait vers l'étage comme une invitation. Aux murs, des tableaux – nus académiques, scènes mythologiques suggestives, quelques toiles contemporaines aux couleurs vives et aux poses explicites – confirmaient sans ambiguïté les goûts du couple. L'air portait une note boisée, santal peut-être, mêlée à une chaleur douce qui semblait émaner des radiateurs cachés dans les plinthes.
Saint-Clair referma la porte derrière eux avec un claquement sourd, puis tendit la main pour prendre leurs manteaux. Sophia ôta le sien d'un mouvement fluide, révélant pleinement la robe qui moulait sa poitrine généreuse et cintrait sa taille. Alexandre remarqua le regard de leur hôte s'attarder une fraction de seconde de trop. Il rendit son propre manteau, sentant déjà cette tension particulière flotter dans l'air – celle d'une soirée où l'art ne serait qu'un prétexte.
— Ce soir, nous sommes seuls, annonça Saint-Clair en suspendant les vêtements dans une penderie discrète. Élise et moi tenons beaucoup à notre intimité lors de ces visites privées. Pas de personnel, pas d'intrusions. C'est plus… propice à la sincérité, vous comprenez.
Il se tourna vers un meuble en acajou massif encastré dans le mur, surmonté d'un miroir vénitien. À hauteur d'œil, une petite porte blindée, presque invisible dans le bois. Saint-Clair l'ouvrit avec une clé qu'il sortit de sa poche, révélant un compartiment rembourré.
— Pour garantir cette discrétion absolue, j'ai une petite habitude, expliqua-t-il calmement. Téléphones, montres connectées, tout appareil susceptible d'enregistrer ou de communiquer. Déposez-les ici, je vous prie. C'est la règle de la maison.
Sophia n'hésita pas. Elle sortit son téléphone de son sac à main et le posa dans le compartiment avec un sourire amusé.
— Bien sûr, Victor. Je connais vos petites manies.
Alexandre sentit un bref pincement – le dernier lien avec le monde extérieur, avec l'enquête qui le rongeait, avec Elena peut-être en train d'envoyer un énième message. Il glissa son portable à côté de celui de Sophia, le métal froid du coffre contrastant avec la chaleur de sa paume. Saint-Clair referma la porte et tourna la clé avec un clic net.
— Parfait, dit-il, satisfait. Maintenant, venez. Allons rejoindre Élise. Elle meurt d'envie de voir cette toile… et de vous rencontrer tous les deux.
Alexandre échangea un regard furtif avec Sophia tandis qu'ils suivaient leur hôte le long d'un couloir aux murs tapissés de velours sombre. Le support enveloppé restait serré contre lui, son poids stable comme un rappel tangible de leur mission. Une tension subtile vibrait entre eux – alliance temporaire, cause commune. Pour Lila. Pour que son œuvre, et par extension son talent brut, soit enfin désirée, célébrée. Mais il savait aussi que cette soirée allait demander plus que des mots. Il était prêt à faire goûter à ce couple de privilégiés l'ardeur que pouvaient ressentir les gens en bas de l'échelle. Cette petite bourgeoise allait se prendre la lutte des classes par derrière, songea-t-il avec une pointe d'arrogance qui le surprit lui-même, un élan venu des profondeurs de sa propre frustration professionnelle, de ces années à courber l'échine devant des supérieurs comme Moreau.
Victor Saint-Clair les précéda dans un salon aux proportions généreuses, éclairé par des lampes à abat-jour en soie qui diffusaient une lumière dorée et douce sur les meubles anciens. Un canapé en cuir patiné occupait le centre, flanqué de deux fauteuils assortis. Sur une console basse, des verres en cristal attendaient déjà, accompagnés d'une bouteille de champagne ouverte et d'un plateau de fruits secs. Au fond, une cheminée vide – mais propre, comme si elle n'avait plus servi depuis des lustres – encadrait un mur où trônait une grande toile abstraite aux tons chair et rouge, des formes entrelacées qui suggéraient des corps sans les nommer explicitement.
Alexandre posa les yeux sur Élise Saint-Clair alors qu'elle se tenait près de la console, un verre à la main, le poignet légèrement incliné pour que le liquide ambré capte la lumière sans déborder. Elle avait passé la quarantaine, mais son corps conservait une tension discrète, celle d'une discipline quotidienne : épaules étroites, dos droit sans raideur, taille fine qui creusait un creux net sous la robe noire. La robe, ajustée sans excès, s'arrêtait juste aux genoux et dessinait une poitrine encore ferme, aux contours précis, ainsi que des hanches sans superflu qui donnaient à sa démarche une oscillation contenue. Ses jambes, gainées de bas sombres, se terminaient par des chevilles fines et des escarpins noirs à talons moyens. Ses cheveux châtains, tirés en un chignon souple, laissaient échapper quelques mèches qui effleuraient les pommettes hautes d'un visage maquillé avec exactitude : lèvres d'un rouge mat, paupières soulignées d'un trait fin qui prolongeait le regard. Ce regard, brun très foncé, se posa d'abord sur Sophia avec une curiosité franche, presque immédiate, puis glissa vers Alexandre, plus lentement, plus longuement. Elle sourit alors, découvrant des dents régulières, et une ride légère se forma au coin externe de chaque œil, comme une parenthèse discrète autour de l'expression.
— Enfin, vous voilà, dit-elle d'une voix posée, chaude sans excès.
Élise s'avança avec une assurance naturelle, ses talons claquant doucement sur le parquet. Elle tendit d'abord la main à Sophia – un contact prolongé, ses doigts effleurant ceux de la jeune femme dans un geste qui s'attardait, presque une caresse. Sophia répondit par un sourire poli, ses yeux verts soutenant le regard sans ciller. Puis Élise se tourna vers Alexandre. Sa paume était fraîche contre la sienne, ses ongles courts vernis d'un rouge sombre. La poignée de main fut ferme, mais son pouce glissa un instant sur le dos de sa main, un détail qui le fit intérieurement tiquer.
— Quand Victor m'a dit que vous l'aviez contacté, j'ai été surprise, reprit-elle en relâchant sa main. On dirait bien que vous avez fini par trouver quelqu'un qui vous convienne.
Son regard glissa alors vers le tableau qu'Alexandre tenait encore, et un sourire plus vif anima ses traits.
— Je vous en prie, posez la toile sur ce chevalet. Nous prendrons tout le temps nécessaire pour l'admirer, une fois que nous aurons fait un peu mieux connaissance.
Alexandre hocha la tête et traversa la pièce pour poser le support enveloppé sur le chevalet indiqué, près de la console. Le tissu noir retomba en plis lourds, masquant toujours l'œuvre de Lila. Il ajusta le cadre d'un geste machinal, sentant le poids quitter ses bras. Élise l'observait, son verre toujours à la main, un sourire aux lèvres qui semblait peser chaque détail de sa silhouette – la chemise bleu nuit ouverte au col, la barbe de trois jours, les épaules tendues sous le costume. Victor, adossé contre le chambranle de la cheminée, croisa les bras avec un amusement discret. Sophia restait près d'Alexandre, son bras frôlant le sien comme pour rappeler sa présence.
Élise posa son verre sur la console et fit un pas de plus vers eux.
— J'ai terriblement envie de me baigner, annonça-t-elle soudain, le ton léger, presque badin. Est-ce que ça vous dirait de continuer cette conversation dans le jacuzzi ? L'eau est à la parfaite température, et l'on y est… plus à l'aise pour discuter sans retenue.
Alexandre sentit un frisson familier lui parcourir l'échine. La proposition arrivait tôt, et cette décontraction contrastait avec l'objectif sous-jacent de la soirée. On passait directement à l'intimité physique, comme si l'art n'était déjà plus qu'un prétexte. Il jeta un regard à Sophia ; elle haussa imperceptiblement une épaule, son sourire intact, prête à suivre le rythme.
— Excellente idée, ma chérie, approuva Victor en se redressant. Sophia, Élise va vous accompagner pour trouver un maillot à votre taille. avec alexandre, nous allons devant récupérer une bouteille et des verres.
Élise posa une main légère sur le bras de Sophia.
— Venez, j'ai toute une collection en haut. Nous allons bien trouver quelque chose qui vous ira.
Sophia acquiesça et suivit Élise vers l'escalier monumental. Alexandre les regarda monter, la robe verte de Sophia ondulant sur ses hanches, Élise juste devant, sa robe noire moulant ses formes avec une précision calculée. Il resta un instant immobile, conscient du silence soudain dans le salon.
Victor s'approcha et lui tapa doucement l'épaule.
— Allons-y, Alexandre. Le bar est dans la véranda, juste après la cuisine.
Ils traversèrent un couloir plus étroit, aux murs couverts de photographies encadrées – des nus artistiques, des portraits de couples enlacés, toujours dans cette veine suggestive qui imprégnait toute la maison. Alexandre suivait Victor, les mains dans les poches, l'esprit partagé entre la mission pour Lila et cette sensation d'être déjà évalué, pesé, comme un objet de curiosité.
Victor ouvrit une porte vitrée donnant sur une véranda baignée d'une lumière plus crue, où trônait un bar en acajou. Au-delà, par les baies, on apercevait la terrasse et le jacuzzi encastré, ses bulles déjà en mouvement sous un éclairage tamisé bleu.
— Whisky ? Champagne ? Ou quelque chose de plus fort ? demanda Victor en se penchant vers les bouteilles.
— Whisky, merci, répondit Alexandre, la voix plus basse qu'il ne l'aurait voulu.
Victor versa deux généreux verres et en tendit un.
— À la sincérité des soirées privées, dit-il en levant le sien.
Alexandre trinqua et but une gorgée. Le liquide descendit chaud dans sa gorge, mais ne dissipa pas la tension. Il observait Victor : l'homme était à l'aise, maître des lieux, habitué à ces jeux. Lui, en revanche, se sentait encore dans cet entre-deux inconfortable – ni tout à fait invité pour l'art, ni tout à fait partenaire d'échangisme assumé. La décontraction apparente des Saint-Clair le déstabilisait ; tout semblait fluide, naturel, comme si passer au jacuzzi était la suite logique d'un vernissage.
— Vous semblez tendu, remarqua Victor en posant son verre. Première fois dans ce genre de cercle ?
Alexandre hésita, puis acquiesça de la tête.
— C'est une première pour moi, mais je pense que Sophia a bien assez d'expérience pour nous deux.
Victor rit doucement.
— J'ai commencé aussi un jour, je sais ce que c'est. Je n'ai qu'un conseil pour vous : ne réfléchissez pas trop. Laissez votre instinct le plus animal prendre le dessus. Nous avons des règles simples avec Élise : plaisir partagé, discrétion absolue, et aucun regret le lendemain. Élise est… particulièrement sensible à la nouveauté. Et Sophia a une réputation qui donne envie de vérifier par soi-même.
Il désigna deux autres verres vides.
— Prenez-les, voulez-vous ? Et la bouteille de champagne qui est au frais.
Alexandre obéit, attrapant les verres d'une main, la bouteille glacée de l'autre. Victor ouvrit la porte vers la terrasse. L'air nocturne les frappa, plus frais, chargé d'humidité. Le jacuzzi bourdonnait doucement, vapeur légère montant de l'eau éclairée. Ils s'approchèrent et posèrent verres et bouteille sur le rebord carrelé.
Victor se déshabilla sans cérémonie, ôtant veste, chemise et pantalon pour rester en boxer noir ajusté. Alexandre l'imita, sentant l'air frais sur sa peau tandis qu'il pliait ses vêtements sur une chaise proche. Les deux hommes entrèrent dans l'eau chaude, les bulles remontant immédiatement contre leurs torses. La chaleur enveloppa Alexandre comme un soulagement temporaire, détendant ses muscles noués par la route.
Victor s'adossa au rebord, un bras étendu le long du bord, l'autre tenant son verre.
— Détendez-vous, dit-il en observant Alexandre. L'eau fait des merveilles.
Alexandre s'installa en face, l'eau montant jusqu'à ses épaules. Il but une gorgée de whisky et posa le verre à portée de main. Le bourdonnement des jets couvrait le silence de la nuit, et il entendait au loin, dans la maison, des voix féminines – rires étouffés, bruits de pas sur l'escalier.
Des pas se firent entendre sur la terrasse. Sophia et Élise apparurent, enveloppées dans des peignoirs blancs épais, les cheveux lâchés. Sophia avait opté pour un bikini rouge qui mettait en valeur sa poitrine généreuse, le tissu tendu sur ses formes. Élise portait un maillot deux pièces noir, échancré sur les hanches, qui soulignait sa silhouette entretenue. Elles ôtèrent les peignoirs d'un même mouvement et les posèrent sur les chaises.
Élise entra la première dans le jacuzzi, s'installant à côté de Victor, mais assez près d'Alexandre pour que leurs genoux se frôlent sous l'eau. Sophia prit place à sa gauche, son corps frôlant le sien comme dans le salon.
— Parfait, murmura Élise en s'adossant, les yeux mi-clos. Beaucoup mieux comme ça.
La conversation reprit, légère au début – sur la maison, la campagne, les dernières acquisitions du couple. Mais Alexandre sentait la tension monter, dans les regards qui s'attardaient, dans la façon dont Élise posait parfois une main sur sa cuisse pour appuyer un mot. Sophia prise au jeu, riant aux anecdotes de Victor, son pied effleurant parfois la jambe d'Alexandre sous les bulles.
Alexandre pressentait l'accélération imminente des événements, une tension palpable qui montait, et il se demandait à quel instant précis la soirée basculerait, franchissant la ligne invisible entre les politesses et l'abandon total.
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