Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parce que je te Résiste — Chapitre 1 · chapitre 1 La tentation refoulée
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Parce que je te Résiste
Chapitre 1 · chapitre 1 La tentation refoulée
**Alexandre**
Alexandre sortit du taxi devant l'hôtel cinq étoiles, au cœur de La Rochelle, cette cité portuaire aux accents atlantiques qui l'avait captivé malgré sa semaine infernale. Les tours médiévales du Vieux-Port veillaient sur la façade illuminée, avec ses arcades voûtées et ses embruns salés portés par la brise océanique, un sanctuaire de luxe qu'il s'offrait pour ce week-end prolongé.
Après des nuits passées dans l'hôtel bas de gamme imposé par l'entreprise — lits durs, murs beiges et appels interminables —, il aspirait à ce havre pour évacuer la tension accumulée, loin des yeux indiscrets, bercé par le clapotis des vagues. Il poussa les portes et l'air frais l'accueillit, chargé d'un parfum de lavande qui apaisa instantanément ses nerfs à vif. Le hall brillait de marbre et de cristal, un monde à part où il pouvait enfin respirer. À la réception, une jeune femme lui sourit poliment.
— Réservation pour Alexandre Duval, dit-il, la voix trahissant une impatience qu'il masqua d'un sourire forcé.
Tandis qu'elle tapait sur le clavier, ses pensées tourbillonnaient : Elena, toujours Elena, qui hantait ses journées comme un fantôme sensuel. Elle était là, dans son esprit, avec son sourire en coin lors des réunions Zoom, ses messages codés qui arrivaient tard le soir : « Besoin d'un avis sur le rapport ? » suivi d'un emoji clin d'œil qui disait tout sauf le professionnel.
Elle le voulait, c'était clair. Ces avances, d'abord subtiles dans l'ascenseur bondé du bureau où elle avait effleuré sa cuisse — un contact électrique qui avait envoyé une décharge droit dans son bas-ventre —, étaient devenues de plus en plus directes. L'autre soir, un message vocal était arrivé sur son téléphone professionnel : sa voix murmurée « Alex, j'ai repensé à notre dernier brief… Imagine si on le finissait en privé, chez moi ? » accompagnée d'une photo d'elle en décolleté plongeant, prise sous un angle suggestif, comme pour le narguer.
Et cet autre matin, pendant la conférence avec l'équipe, elle avait glissé un message privé : « Ton costume te va à ravir. J'aimerais te l'enlever bouton par bouton. » Il effaçait tout, bien sûr, mais les images persistaient : ses courbes familières sous un tailleur ajusté, ses lèvres pulpeuses et invitantes. Une vague de désir le submergeait. Bon sang, il rêverait de la plaquer contre un mur, de la prendre là, sur place, de sentir son corps se cambrer sous le sien, d'effacer cette frustration en une explosion de plaisir brut.
Mais non, impossible. Les relations entre collègues étaient formellement interdites, gravées dans le code de conduite de l'entreprise comme un commandement divin. Son supérieur, ce vieux renard de Moreau, se montrait particulièrement strict sur ce point — peut-être à cause d'un divorce amer, ou simplement par sadisme bureaucratique. Alexandre se souvenait de cette réunion où Moreau avait licencié un duo sur-le-champ pour une simple rumeur de flirt, les yeux froids comme l'acier.
— Ici, on travaille, on ne joue pas.
Sa carrière, ce poste de manager senior décroché à force de nuits blanches et de deals serrés, représentait tout pour lui. Le consulting l'enthousiasmait, même quand il était épuisant : ces négociations tendues qui se terminaient en victoires, ces déplacements comme celui-ci à La Rochelle où il fermait des contrats qui faisaient grimper son bonus. C'était un métier qui le faisait vibrer, qui lui donnait un sentiment de contrôle absolu sur les chiffres et les stratégies, mais qui le laissait vide ailleurs, surtout dans les lits solitaires des hôtels impersonnels.
Elena ne lâchait pas, pourtant. Elle savait qu'il craquait, qu'il résistait à peine. Ce midi-là, pendant la pause déjeuner, elle avait envoyé un lien vers un document partagé qui s'ouvrait sur une note personnelle : « Alex, arrête de faire semblant. Je sais bien ce que tu ressens. Viens chez moi ce soir, je te montrerai ce que tu rates. » Avec cela, une vidéo courte d'elle se mordant la lèvre, un geste qui l'avait fait durcir instantanément sous son bureau.
Il l'aurait prise sauvagement, oui, laissé libre cours à ce désir refoulé qui le rongeait. Mais céder signifierait tout perdre : la promotion, la stabilité, cette façade impeccable qu'il avait construite. Au lieu de cela, il choisissait l{exutoire anonyme, l'interdit calculé. Ce soir, dans cette suite luxueuse, il avait rendez-vous avec Sophia — ou du moins la blonde aux photos alléchantes d'un site discret. Pas d'attaches, pas de risques, juste une nuit pour relâcher la pression, explorer ces fantasmes sombres sans conséquences.
La réceptionniste lui tendit la clé magnétique avec un sourire.
— Suite cinq cent un, monsieur Duval. Bon séjour.
Il hocha la tête, attrapa son attaché-case et se dirigea vers l'ascenseur, l'anticipation chassant temporairement Elena de ses pensées.
***
Plus tôt dans la semaine, après une journée harassante à négocier des contrats interminables, il s'était effondré sur le lit dur de sa chambre d'hôtel basique, fournie par l'entreprise. Les murs beiges l'enserraient comme une prison impersonnelle et la solitude rendait les avances d'Elena de plus en plus tentantes ; il s'était même surpris à imaginer des façons de la voir en cachette.
Mais non, risquer sa carrière pour une liaison interdite ? Impossible. Moreau veillait, impitoyable. Il avait besoin d'un exutoire, quelque chose pour évacuer cette pression brute et détourner son attention, sinon il finirait par céder à cette tentatrice ou le désir refoulé le rendrait fou.
L'alcool embrouillerait son esprit sans résoudre le fond ; une drogue quelconque ravagerait tout ce qu'il avait construit. C'est alors, dans le silence oppressant de la chambre, que son cerveau avait exhumé un souvenir enfoui des mois plus tôt : une vieille discussion de bar avec un inconnu.
Lors d'une soirée networking à Paris, accoudé au comptoir d'un bar chic, il sirotait un scotch en cherchant des contacts professionnels quand cet homme s'était approché : un type lourd, chemise froissée, sourire carnassier. La conversation avait commencé sur les affaires avant de dériver rapidement.
— Écoute, mon pote, avait lancé l'inconnu d'une voix pâteuse en posant son verre avec un claquement sec, les rencontres, c'est de la merde. Tu sors une jolie fille, tu payes le resto, les verres, le ciné et au final t'es même pas sûr de coucher avec elle. C'est pas rentable du tout ! Moi, j'ai une théorie : mieux vaut fréquenter des libertines. C'est simple, rapide, efficace. Y a pas mieux pour se vider les balloches.
Alexandre avait haussé un sourcil, mal à l'aise.
— Vraiment ? Ça semble… impersonnel.
L'homme avait ri, sortant son téléphone pour lui montrer un site au nom ringard et aux couleurs criardes.
— Impersonnel ? Au contraire, c'est du sur-mesure ! Regarde, je vais sur celui-là, c'est le meilleur. Des photos alléchantes, des profils vérifiés, tu choisis, tu contactes, et hop. Pas de chichis, juste du plaisir garanti.
Le ton vulgaire l'avait rebuté ; il n'était pas sur la même longueur d'onde que ce rustre. Il avait prétexté un appel pour s'éloigner et avait relégué le souvenir aux oubliettes.
Pourtant, ce soir-là dans sa chambre basique, Alexandre s'était rendu à l'évidence : se vider les balloches, c'était exactement ce dont il avait besoin. Pas de complications émotionnelles, pas de risques comme avec Elena. Juste un relâchement pur et jouissif.
Il avait ouvert son ordinateur portable, l'avait posé sur le lit qui grinçait sous son poids. Retrouver le site n'avait pas été simple ; il avait tâtonné avec des mots-clés hésitants : « libertin Paris », « rencontres discrètes »… Enfin, il avait reconnu les couleurs criardes : fond rouge vif, photos suggestives, onglets aux noms évocateurs. Le site respirait le vulgaire, mais dans son état d'excitation refoulée, cela ne le rebutait plus.
Il avait scrollé à travers les profils jusqu'à tomber sur Sophia. Elle se détachait des autres comme une vision enchanteresse : blonde aux cheveux cascadant en vagues d'or sur ses épaules nues, yeux verts pétillants de malice, lèvres pulpeuses peintes d'un rouge provocant. Son corps, capturé dans des poses artistiques, était un chef-d'œuvre de courbes : seins fermes et hauts, taille cintrée, hanches ondulantes, jambes interminables gainées de bas résille.
Dans sa description, elle se présentait comme une libertine expérimentée de vingt-six ans, sophistiquée et assurée, aimant guider les soirées avec une touche de domination légère. « Pour des moments intenses et sans tabous », promettait sa bio. Elle exigeait, avant tout contact, des informations précises sur les attentes et une photo pour « vérifier la compatibilité ».
Alexandre s'était pris au jeu. Il avait rédigé un message léger, expliquant sa situation : ce désir refoulé qui le consumait au bureau, le besoin d'un exutoire anonyme. « J'ai envie d'une nuit où je peux explorer sans attaches », avait-il écrit, sentant une chaleur monter en lui. Il avait joint un selfie avantageux et envoyé le tout, le cœur battant.
La réponse était arrivée le lendemain après-midi, alors qu'il était en réunion tendue avec des clients. Son téléphone avait vibré dans sa poche, accélérant son pouls. Profitant d'une pause café, il s'était isolé et avait ouvert le message.
« Intrigant, ton histoire avec cette collègue coquine, avait écrit Sophia. Raconte-m'en plus sur ces avances. Tu sais, le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder… On pourrait en discuter de vive voix. »
Alexandre avait souri, un frisson lui picotant la nuque.
« C'est le risque professionnel qui me bloque. Il faut vraiment que je décompresse. Et toi, qu'est-ce qui t'attire dans ces rencontres ? »
L'échange s'était poursuivi par bribes durant les pauses. Sophia partageait des anecdotes légères, piquant sa curiosité avec humour espiègle.
« Je suis disponible samedi soir et je connais un endroit parfait pour te faire oublier tout ça : en plein cœur de la ville, élégant et discret. »
Elle lui avait envoyé l'adresse. En découvrant les images de luxe — marbre frais, lumières tamisées —, il avait frissonné d'anticipation. Prolonger le week-end à La Rochelle devenait irrésistible.
« C'est exactement ce qu'il me faut. J'ai hâte de découvrir cet endroit… et toi. »
Une complicité naissante s'était tissée, une tension palpable qui le rendait impatient.
***
L'ascenseur montait avec un bourdonnement doux, les étages défilant sur l'écran numérique. Alexandre appuya son dos contre la paroi miroir, sentant la surface froide à travers sa chemise. Les portes s'ouvrirent sur le cinquième étage. Il avança dans le couloir large, aux tapis épais qui absorbaient ses pas, aux murs crème éclairés par des appliques diffusant une lumière jaune claire.
Il glissa la clé dans la serrure de la suite cinq cent un et entra. La chambre s'étendait, spacieuse et aérée : un lit king-size aux draps blancs impeccables, un bureau près d'une haute fenêtre donnant sur La Rochelle, un parquet poli reflétant la lueur des lampes. La salle de bain révélait une baignoire profonde en marbre blanc, des serviettes moelleuses sur un porte-serviettes chauffant. L'air portait une odeur légère de citron, propre et invitant.
Contrairement à l'hôtel basique de la semaine, cet endroit respirait le confort. Alexandre posa son attaché-case, ôta sa veste qu'il jeta sur le lit, s'assit un moment et ferma les yeux pour savourer le silence.
Il avait encore du temps avant l'arrivée de Sophia : assez pour se doucher, se changer et souffler.
Quelques heures plus tard, la nuit tombait sur La Rochelle. Les lumières de la ville filtraient à travers les rideaux mi-clos, jetant des ombres longues sur le parquet. Alexandre vérifia sa montre : l'heure convenue approchait. Il se servit un verre de whisky au minibar et s'installa dans le fauteuil, le cœur battant d'une attente brûlante.
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