Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parce que je te Résiste — Chapitre 5 · Le nœud se resserre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Parce que je te Résiste
Chapitre 5 · Le nœud se resserre
— Alexandre*
Alexandre gara sa jaguar sur le parking souterrain du siège social, le moteur ronronnant encore un instant avant de s'éteindre dans un clic discret. Lundi matin, et pour la première fois depuis des mois, il se sentait allégé, comme si le poids constant de ses journées s'était envolé. Le week-end avait agi comme un baume : les courbes de Sophia et Lila encore fraîches dans sa mémoire, leurs peaux soyeuses sous ses paumes, l'odeur musquée de leurs corps entremêlés qui persistait vaguement sur sa chemise froissée. Il avait dormi d'un sommeil profond, sans rêves agités, et ce matin, son reflet dans le miroir de la salle de bain l'avait surpris – traits reposés, yeux noisette clairs, sans les cernes habituels qui creusaient son visage. Même le café qu'il avait avalé en route avait un goût plus riche, plus velouté sur sa langue.
Il traversa le hall d'entrée d'un pas assuré, saluant d'un signe de tête la réceptionniste qui pianotait sur son clavier. L'ascenseur le mena au cinquième étage, où les bureaux open-space bruissaient déjà de conversations étouffées et de cliquetis de claviers. Son poste de travail l'attendait, impeccablement rangé comme il l'avait laissé avant son déplacement.
À peine assis, son assistant, un jeune homme aux lunettes cerclées, s'approcha avec un dossier sous le bras.
— Bonjour, Alexandre. Réunion à dix heures en salle de conférence B. C'est Moreau qui l'a convoquée ce matin même. Pas de détails, mais ça semble important.
Alexandre hocha la tête, un sourire fugace aux lèvres.
— Merci, Julien. Je m'y prépare.
Il alluma son ordinateur, consulta ses mails – rien d'urgent, juste les habituels rapports de suivi. Pour la première fois, il se surprit à relire un message sans que son esprit ne dérive vers les tensions accumulées. Le week-end l'avait recentré ; il se sentait prêt à affronter la semaine, ses négociations, ses deadlines. Peut-être même à clore définitivement cette histoire avec Elena. Elle n'avait plus cette emprise sur lui, cette façon de l'attirer malgré les risques. Les souvenirs de samedi soir – les lèvres de Lila sur sa peau, le goût salé de la sueur de Sophia – avaient effacé les ombres de ses avances persistantes.
À neuf heures cinquante-cinq, il se dirigea vers la salle de conférence B, un bloc-notes à la main. La pièce était spacieuse, avec une longue table en verre poli entourée de chaises ergonomiques en cuir noir. Une dizaine de personnes étaient déjà installées : des consultants juniors, deux managers intermédiaires, et au bout de la table, Moreau, son supérieur, un homme d'une cinquantaine d'années au crâne dégarni et au regard perçant derrière des lunettes sans monture. À sa droite, Elena, qui croisa les bras en le voyant entrer.
Elle lui lança un regard chargé de reproches, ses lèvres pincées en une ligne fine. Alexandre s'assit en face d'elle, évitant délibérément ses yeux. Elena n'avait pas changé depuis la semaine dernière : ses cheveux châtains cascadaient en boucles soyeuses sur ses épaules, encadrant un visage aux traits fins, avec des pommettes hautes et une peau claire qui semblait toujours douce au toucher, comme du velours sous les doigts. Son chemisier blanc moulait sa poitrine généreuse, le tissu tendu juste assez pour souligner les courbes fermes qu'il avait imaginées plus d'une fois lors de pauses café solitaires. Ses lèvres pleines, peintes d'un rouge discret. Aujourd'hui, pourtant, cette vue ne provoquait plus le même tumulte en lui. Son corps, si tentant auparavant, semblait distant, comme un écho affaibli. Le week-end avait rompu le sort ; il sentait à peine l'attraction, remplacée par une indifférence presque libératrice.
Moreau tapa du plat de la main sur la table pour attirer l'attention, et le brouhaha s'estompa.
— Bonjour à tous. Merci d'être venus si vite. Nous avons un sujet critique à aborder aujourd'hui.
Sa voix était grave, autoritaire, comme toujours.
— Comme vous le savez, le dossier Humanlink a été l'un des plus gros échecs de ces dernières années. Perte financière massive, client perdu, et une réputation entachée. Jusqu'à présent, nous avons attribué cela à une erreur de François Langlois, qui a été licencié en conséquence. Mais de nouvelles informations suggèrent que l'affaire mérite un réexamen approfondi.
Le sang d'Alexandre se glaça dans ses veines, un froid soudain qui remonta le long de son dos comme une lame glacée. Il posa ses mains sur la table pour masquer leur tremblement naissant. Personne n'était au courant – du moins, il l'espérait. C'était lui qui avait commis l'erreur : une négligence dans les projections financières, un calcul erroné qui avait fait dérailler l'ensemble du projet. Paniqué, il avait effacé ses traces numériques, manipulé les logs pour pointer du doigt François, son rival de toujours. François, avec son arrogance et ses manigances pour grimper les échelons, avait semblé le bouc émissaire parfait.
Alexandre se rappelait les nuits blanches suivantes, le goût amer de la bile dans sa gorge chaque fois qu'il repensait à cette décision. François avait une famille, des enfants – leur rivalité justifiait-elle vraiment de ruiner sa carrière ? Avait-il fait le bon choix à l'époque ? La culpabilité, qu'il avait enterrée sous des couches de justifications, remontait maintenant, visqueuse et insistante, comme une sueur froide sur sa nuque.
Moreau poursuivit, son regard balayant la pièce.
— J'ai décidé d'ouvrir une enquête interne formelle. Elena, je te charge de piloter cela. Étudie les dossiers en profondeur, refais le point sur chaque étape de ce fiasco. Je veux un rapport détaillé.
Elena hocha la tête, un sourire professionnel aux lèvres, mais ses yeux glissèrent vers Alexandre avec une intensité nouvelle.
— Et pour vous tous, ajouta Moreau, transmettez à Elena toutes les informations que vous avez sur ce sujet. Emails, notes, conversations – tout. Nous devons clarifier cela une fois pour toutes. Des questions ?
La salle resta silencieuse, un malaise palpable planant comme une brume épaisse. Alexandre força un hochement de tête neutre, son esprit tourbillonnant. Elena en charge ? Elle qui le harcelait de messages suggestifs, qui avait tenté de l'attirer chez elle samedi soir – messages qu'il avait ignorés, appels qu'il avait laissés sonner dans le vide pendant qu'il explorait d'autres plaisirs. Et maintenant, elle tenait potentiellement son sort entre ses mains. Si elle creusait assez profond, si elle découvrait les manipulations... La peur s'insinua en lui, un nœud serré dans son estomac, mêlé à la culpabilité qui le rongeait. Alexandre se demanda, pour la centième fois, si le prix de sa carrière valait cette ombre persistante sur sa conscience.
La réunion s'acheva sur des murmures, les participants se levant un à un. Alexandre rangea ses notes avec des gestes mécaniques, évitant toujours le regard d'Elena. Mais alors qu'il se dirigeait vers la porte, son téléphone vibra dans sa poche – un message inconnu, avec la photo d'une jeune femme qui ressemblait étrangement à Lila, souriante dans une lingerie bleue électrique.
La surprise le figea sur place : comment avait-elle obtenu son numéro ? Et que signifiait ce message inattendu ?
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Commentaires ()
Bravo pour cette rupture qui donne envie de découvrir la suite.