Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parce que je te Résiste — Chapitre 17
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Parce que je te Résiste
Chapitre 17
Épilogue – Un an plus tard
Sophia ajusta une dernière fois le col de sa robe noire, un modèle simple et fluide qui tombait juste au-dessus du genou, dans le miroir de l'ascenseur qui montait vers la suite présidentielle. L'hôtel cinq étoiles dominait le Vieux-Port de La Rochelle, ses baies vitrées offrant une vue imprenable sur les tours médiévales illuminées et l'océan calme sous la lune d'octobre. Elle avait réservé cette suite des mois à l'avance, prétextant une célébration personnelle, mais en réalité, c'était pour eux trois. Un an exactement après cette nuit chaotique qui avait tout bouleversé, elle voulait marquer le coup, sans discours grandiloquent, juste avec la présence des deux personnes qui comptaient le plus pour elle désormais.
L'ascenseur s'ouvrit directement dans la suite. L'espace était vaste, baigné d'une lumière tamisée par des lampes encastrées : un salon aux canapés crème, une table dressée pour trois avec des plats commandés au room service, fruits de mer frais, foie gras, une bouteille de champagne au frais, et au-delà, la chambre aux draps blancs impeccables, avec son lit king-size qui invitait déjà aux souvenirs. Sophia posa son sac sur la console d'entrée, inspira l'air conditionné teinté d'une note citronnée, et vérifia son téléphone. Alexandre et Lila arrivaient séparément, comme toujours, pour éviter les regards curieux dans le hall.
Elle s'assit sur le bord du canapé, croisant les jambes, et laissa ses pensées dériver sur l'année écoulée. Tout avait changé, sans fracas, par une série de décisions qui s'étaient imposées d'elles-mêmes. Elle avait ralenti ses escapades libertines, ces rencontres anonymes qui, autrefois, comblaient un vide qu'elle ne nommait pas. Au début, c'était par prudence, après avoir partagé son passé avec Alexandre dans la voiture, ce jour-là. Puis, petit à petit, parce que ces nuits à trois, ou parfois à deux quand l'un d'eux manquait, suffisaient. Elles apportaient une intimité qu'elle n'avait pas cherchée, une stabilité sans les chaînes qu'elle redoutait. Elle n'avait pas replongé dans les clichés du couple qui l'avaient traumatisée jeune : pas de promesses étouffantes, pas de jalousie possessive. Juste des moments partagés, réguliers, où chacun trouvait sa place.
Un coup discret à la porte la tira de ses réflexions. Elle se leva, lissa sa robe, et ouvrit. Lila se tenait là, un sourire timide aux lèvres, ses cheveux noirs lâchés sur un pull ample qui cachait à peine sa silhouette affinée par les heures passées debout devant ses toiles. Elle portait un sac en bandoulière rempli de croquis, comme toujours.
— Salut, murmura Lila en entrant, posant un baiser rapide sur la joue de Sophia. Son parfum léger, vanillé comme celui de Sophia mais plus doux, envahit l'espace un instant.
Sophia referma la porte et observa Lila poser son sac, jeter un regard émerveillé à la vue sur le port. Un an plus tôt, Lila était prostrée dans sa chambre sous les combles, brisée par le rejet de son professeur. Aujourd'hui, elle poursuivait ses études avec une assurance nouvelle. Le tableau, cette scène audacieuse inspirée de leur première nuit à trois, avait été exposé dans une galerie affiliée aux Saint-Clair, puis vendu à un collectionneur privé pour une somme qui avait fait tourner les têtes à l'école d'art. Les autres élèves la regardaient différemment maintenant : certains avec envie, d'autres avec une curiosité respectueuse. Et face à Grimstroke, ce professeur aux idées figées, Lila ne baissait plus les yeux. Lors des critiques collectives, elle intervenait sans hésiter, défendant sa vision d'un art vivant, charnel, sans concessions.
— L'art n'est pas censé être confortable, professeur, avait-elle lancé un jour, d'une voix calme mais ferme, laissant l'homme bredouiller.
Sophia avait souri en apprenant ça, fière de cette métamorphose.
— Alexandre arrive dans cinq minutes, dit Sophia en guidant Lila vers le canapé. Elle versa deux coupes de champagne et en tendit une.
— À nous.
Lila trinqua, ses yeux bleus pétillants.
— À nous. Et à cette vue incroyable.
Elles burent en silence un moment, assises côte à côte, les genoux se frôlant. Lila parla de son dernier projet : une série de toiles sur la liberté corporelle, inspirée par leurs soirées.
— Je n'ai plus peur de montrer ce que je ressens, avoua-t-elle.
Sophia hocha la tête, sentant une chaleur familière monter en elle. Lila y trouvait exactement ce dont elle avait besoin : une liberté créatrice brute, sans filtres, nourrie par leurs expériences partagées.
Un nouveau coup à la porte. Sophia se leva pour ouvrir. Alexandre entra, vêtu d'un costume sombre ajusté, une bouteille de vin rouge à la main comme contribution personnelle. Il embrassa Sophia sur les lèvres, un baiser bref mais chargé, puis se tourna vers Lila pour l'enlacer plus longuement.
— Vous m'avez manqué, murmura-t-il en s'installant entre elles sur le canapé.
Sophia observa Alexandre tandis qu'il débouchait sa bouteille. Un an plus tôt, il était prisonnier de son poste, hanté par l'enquête et le chantage d'Elena. Il avait tout plaqué d'un coup : démissionné avant que l'affaire n'explose, coupant court aux manœuvres de sa collègue. Elena avait perdu son levier, et l'enquête s'était close sur un non-lieu, la faute diluée dans les méandres bureaucratiques. Alexandre avait déménagé à La Rochelle, loué un petit bureau en centre-ville, et ouvert sa propre structure de conseil.
Plus modeste, oui : il était le seul employé, gérait tout lui-même. Mais c'était ce qu'il aimait vraiment, le contact direct avec les gens, les aider à naviguer les pièges des impôts, de l'URSSAF, de cette bureaucratie française impitoyable. Il accompagnait des petites entreprises, des artisans, des startups locales, leur proposant des stratégies sur mesure pour se développer sans se noyer. Les débuts avaient été rudes : peu de clients, des nuits à prospecter. Mais son sérieux, sa écoute, avaient payé. Les chefs d'entreprise se recommandaient son nom, le voyant comme un allié fiable dans un monde hostile.
— J'ai clos un dossier aujourd'hui, raconta-t-il en servant le vin. Un restaurateur du port. Il était au bord de la faillite à cause d'un contrôle fiscal. Maintenant, il respire.
Lila posa une main sur sa cuisse.
— Tu as l'air épanoui.
Il sourit, couvrant sa main de la sienne.
— Je le suis. Plus de rivalités internes, plus de courses folles. Juste du concret.
Sophia les regarda, un pincement doux au cœur. Elle avait arrêté les sessions libertines presque complètement, une ou deux par an au maximum, pour ne pas oublier cette part d'elle-même. Mais avec eux, c'était différent. Ils se voyaient régulièrement : dîners improvisés, week-ends volés, nuits comme celle-ci. Ce n'était pas un couple traditionnel ; ils n'avaient jamais mis de mots dessus. Pas de « je t'aime » solennels, pas d'exclusivité forcée. Pourtant, petit à petit, les liens s'étaient tissés. Lila apportait cette énergie créatrice, brute et joyeuse. Alexandre, une stabilité rassurante, avec son humour discret et sa tendresse physique. Et Sophia… elle renouait avec une relation structurée, rythmée par leurs rencontres, sans retomber dans les pièges qui l'avaient marquée jeune.
Le dîner s'étira, léger : huîtres iodées, pain croustillant, conversations qui glissaient des anecdotes professionnelles aux souvenirs partagés. Lila rit en évoquant une critique où elle avait tenu tête à Grimstroke. Alexandre parla d'un client qui l'avait invité à un repas de remerciement. Sophia écoutait, intervenant parfois, sentant cette connexion palpable entre eux.
Plus tard, quand les assiettes furent repoussées, ils migrèrent vers la chambre. La transition fut naturelle, comme toujours. Alexandre éteignit les lumières principales, ne laissant que les lampes de chevet. Lila s'allongea la première sur le lit, attirant Sophia contre elle pour un baiser lent, explorateur. Alexandre les rejoignit, ses mains glissant sur leurs corps avec une familiarité acquise.
Sophia sentit les lèvres de Lila sur les siennes, douces et insistantes, tandis qu'Alexandre embrassait son cou, ses doigts défaisant la fermeture de sa robe. Elle se laissa aller, guidant Lila pour qu'elle s'installe à califourchon sur elle, sentant la chaleur de son corps à travers les tissus. Alexandre se déshabilla lentement, puis aida Lila à ôter son pull, révélant sa peau claire et ses courbes fines. Ils bougèrent ensemble, un ballet instinctif : Sophia caressa les seins de Lila, pinçant doucement les tétons durcis, tandis qu'Alexandre s'occupait d'elle par derrière, sa bouche descendant le long de son dos.
Lila gémit quand Alexandre la pénétra doucement, ses hanches ondulant en rythme. Sophia observa, puis attira Lila pour un nouveau baiser, sa main descendant entre ses cuisses pour stimuler son clitoris en cercles lents. Le plaisir monta, partagé, sans urgence. Alexandre accéléra, ses mains sur les hanches de Lila, et Sophia sentit les vibrations de ses mouvements à travers le corps de la jeune femme. Lila jouit la première, un cri étouffé contre l'épaule de Sophia, son corps tremblant. Alexandre suivit peu après, se retirant pour se répandre sur le dos de Lila. Sophia, à son tour, guida les mains d'Alexandre entre ses jambes, atteignant l'orgasme dans un frisson prolongé.
Ils s'effondrèrent ensuite, entrelacés sur les draps froissés. Sophia, au milieu, sentait la respiration calme d'Alexandre contre son dos, la tête de Lila posée sur sa poitrine. Elle caressa les cheveux noirs de la jeune femme, écoutant le bruit distant des vagues contre le port.
Alexandre murmurait parfois, dans ces moments-là, qu'il ne savait pas où cela les mènerait. Sophia non plus. Mais elle profitait de chaque instant : cette relation atypique, chérie à leur façon, où Lila puisait une liberté brute pour créer, où elle-même évitait les clichés traumatisants, et où Alexandre savourait simplement la compagnie de ces deux femmes pleines de charme et d'audace.
Dehors, La Rochelle dormait sous les étoiles. Dedans, ils s'endormirent enlacés, sans promesses, juste avec la certitude tranquille que demain, ou le week-end prochain, ils se retrouveraient.
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