Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parce que je te Résiste — Chapitre 13
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Parce que je te Résiste
Chapitre 13
Chapitre 13
Alexandre émergea lentement du sommeil, les paupières lourdes, dans une chambre qu'il ne reconnut pas immédiatement. La lumière du matin filtrait à travers des voilages épais, projetant des bandes pâles sur le parquet ancien. Le lit king size était vaste, les draps froissés et tièdes d'un côté seulement. À sa droite, l'oreiller portait encore l'empreinte d'une tête, mais la place était vide. Sophia était partie sans un bruit.
Il resta allongé un moment, fixant le plafond mouluré. La veille, après le jacuzzi et la séance brutale avec Élise devant la toile de Lila, pendant que Sophia et Victor, restés seuls dans l'eau bouillonnante, avaient manifestement prolongé leurs jeux intimes, les Langlois avaient insisté pour qu'ils passent la nuit.
— La chambre d'amis est prête, avait dit Victor avec son sourire de propriétaire satisfait. Pas question de reprendre la route à cette heure.
Sophia avait accepté sans hésiter, les joues encore rosies par ce qui s'était passé avec Victor. Alexandre, épuisé par l'adrénaline retombée, n'avait pas protesté.
Sophia avait accepté sans hésiter, les joues encore rosies par ce qui s'était passé avec Victor. Alexandre, épuisé par l'adrénaline retombée, n'avait pas protesté.
Il n'avait couché avec Sophia qu'une seule fois auparavant, lors de leur nuit à trois avec Lila. Une étreinte précise, dirigée, efficace. Mais cette nuit-là, ils s'étaient simplement allongés côte à côte, nus sous les draps, et avaient dormi. Aucun geste, aucune exigence. Juste la chaleur de son corps contre le sien, régulière, apaisante. Et curieusement, ce simple fait de dormir ensemble, sans performance, lui laissait une sensation plus profonde que n'importe quelle levrette qu'il avait connue avec elle. Une forme de calme qu'il n'avait pas anticipée.
Il se redressa, passa une main dans ses cheveux en bataille. Son costume de la veille gisait sur le dossier d'une chaise, froissé et mal plié. Il l'avait jeté là lui-même avant de s'effondrer dans le lit. Il s'habilla lentement, lissant du mieux qu'il put les plis de la chemise et du pantalon, renouant sa cravate avec des gestes mécaniques. Dans le miroir de la salle de bains attenante, il croisa son reflet : traits tirés, barbe naissante, mais les yeux moins hantés que ces dernières semaines. Il descendit.
Des voix montaient du rez-de-chaussée, légères, presque banales. En entrant dans la salle à manger baignée de soleil, il trouva Victor, Élise et Sophia attablés devant un petit déjeuner abondant : croissants dorés, fruits coupés, café fumant. Sophia portait un peignoir en soie crème prêté par la maison. Elle semblait à l'aise, comme si elle avait toujours vécu dans ce genre de décor. Victor, en chemise ouverte, lisait distraitement un journal. Élise, en robe d'intérieur fluide, leva les yeux vers Alexandre avec un sourire complice.
— Bonjour, Élise, dit-il en s'approchant.
— Bonjour à vous, répondit-elle d'une voix chaleureuse. Asseyez-vous. Qu'est-ce que vous voulez ?
— Un café, merci. Noir.
Élise se leva, versa une tasse depuis la cafetière posée au centre de la table et la glissa devant lui. Alexandre s'installa à côté de Sophia. Elle lui adressa un bref regard, presque tendre, avant de se tourner vers Victor.
— Alors, mon cher, j'attendais qu'Alexandre soit là… Vous avez vu la toile ?
Victor posa son journal, haussa légèrement les épaules.
— Oui, je l'ai vue.
Sophia pencha la tête, attentive.
— Et qu'est-ce que vous en avez pensé ?
Victor prit une gorgée de jus d'orange, reposa son verre avec calme.
— Je lui trouve rien de spécial, à vrai dire.
Le silence tomba comme une masse. Alexandre sentit son estomac se contracter. Sophia cligna des yeux, interdite. Ils se regardèrent tous les deux, médusés. Victor Langlois, galeriste réputé, collectionneur influent, trouvait l'œuvre de Lila banale ? Tout l'espoir qu'ils avaient placé dans cette soirée, pour Lila, pour sa confiance brisée, sembla s'effondrer en une phrase.
Élise éclata d'un rire léger, posant une main sur le bras de son mari.
— Ne l'écoutez pas. Il n'y connaît rien. Ce pauvre Victor n'a jamais rien compris à l'art.
Victor leva les yeux au ciel avec une indulgence amusée, mais ne protesta pas. Sophia et Alexandre échangèrent un nouveau regard, cette fois perplexe. Un galeriste célèbre, incapable de juger une toile ? L'idée semblait absurde.
Élise reprit, plus sérieuse, en se tournant vers eux.
— Comme le dit le dicton, derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. Et cette femme, c'est moi. Je vais vous avouer quelque chose que seuls nos proches savent : l'experte en art de notre duo, c'est moi. Victor, lui, est plus habile avec les gens, les relations, les réseaux. Dès le début, nous avons choisi de nous répartir les rôles ainsi.
Elle marqua une pause, but une gorgée de thé, puis posa sur eux un regard direct.
— Je vous le dis : cette toile a du potentiel. Exposée au bon endroit, avec le bon discours, je suis sûre qu'elle est promise à de grandes choses.
Le soulagement envahit Alexandre comme une vague tiède. Il sentit ses épaules se détendre. Sophia laissa échapper un souffle discret, un sourire naissant sur ses lèvres. Élise continua à parler, évoquant des contacts, des galeries amies, des collectionneurs spécifiques qui pourraient être intéressés. Victor, lui, hochait la tête sans intervenir, parfaitement à l'aise dans son rôle second.
Le soulagement envahit Alexandre comme une vague tiède. Il sentit ses épaules se détendre. Sophia laissa échapper un souffle discret, un sourire naissant sur ses lèvres. Élise continua à parler, évoquant des contacts, des galeries amies, des collectionneurs spécifiques qui pourraient être intéressés. Victor, lui, hochait la tête sans intervenir, parfaitement à l'aise dans son rôle second.
Le petit déjeuner se poursuivit dans une atmosphère plus légère. On parla météo, vins de la région, prochaines expositions. Alexandre participa peu, observant surtout. Il nota la façon dont Sophia se penchait vers Élise quand elle parlait art, l'intérêt sincère dans ses yeux verts. Il nota aussi la complicité ancienne entre Victor et son épouse, ce partage des rôles qui fonctionnait depuis des années. Et il pensa à Lila, à ce que cette nouvelle pourrait signifier pour elle.
Une heure plus tard, ils prirent congé. Victor leur rendit leurs téléphones, sortis du coffre où ils avaient été consignés la veille. Alexandre glissa le sien dans sa poche intérieure. Dehors, l'air était frais, le gravier crissait sous leurs pas. Sophia monta côté passager de la Jaguar. Alexandre s'installa au volant, tourna la clé de contact. Le moteur ronronna, encore froid. Il laissa chauffer quelques instants, sortit son téléphone et fit défiler les notifications accumulées.
Plusieurs messages professionnels, des rappels de réunions, un mail de son assistant. Et un numéro connu, le personnel d'Elena.
Il hésita, pouce suspendu au-dessus de l'écran. Puis il ouvrit le message.
Il hésita, pouce suspendu au-dessus de l'écran. Puis il ouvrit le message.
Une photo d'abord : un document scanné, une page de projections financières du dossier Humanlink, avec sa signature et la correction qu'il avait effacée pour accuser François. Puis un texte :
« Je sais tout. Tu as trois jours pour venir chez moi et me convaincre de changer d'avis. Sinon, tout part chez Moreau. »
Alexandre sentit le volant devenir soudain froid sous ses paumes. Il rangea le téléphone, passa la première et démarra, la Jaguar s'élançant sur l'allée bordée d'arbres.
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