Lesbiennes
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Cours de droit... Privé — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cours de droit... Privé
Chapitre 3
Le contact est bref.
À peine une seconde.
Mais dans cette seconde, tout l'univers entier y est contenu.
À peine une seconde.
Mais dans cette seconde, tout l'univers entier y est contenu.
La chaleur de ses lèvres.
La rigidité soudaine de son corps.
Le silence qui explose dans l’habitacle.
La rigidité soudaine de son corps.
Le silence qui explose dans l’habitacle.
Puis je réalise.
Ce que je viens de faire.
Ce que je viens de faire.
Je recule brusquement, comme si je venais de me brûler à une plaque chauffante. Comme si je venais... de commettre un crime.
— Je… je suis désolée…
Ma voix tremble tellement que j’ai honte de l’entendre.
Je regarde mes mains, incapable d’affronter ses yeux. J'ai envie de mourir, tout de suite. De disparaitre.
Comment moi, la petite étudiant de merde, j'ai pu croire qu'une femme aussi grandiose puisse être intéressée... Par moi...?
Je regarde mes mains, incapable d’affronter ses yeux. J'ai envie de mourir, tout de suite. De disparaitre.
Comment moi, la petite étudiant de merde, j'ai pu croire qu'une femme aussi grandiose puisse être intéressée... Par moi...?
— Je sais pas ce qui m’a pris… je… c’était stupide…
Le silence continue de tomber.
Lourd. Dense.
Lourd. Dense.
Le moteur est coupé, la rue presque vide. On entend à peine le vent qui glisse entre les immeubles des cités U.
Puis sa voix.
— Zélie.
Je relève la tête.
Elle me regarde.
Elle me regarde.
Pas comme en cours. Pas avec ce calme professionnel qui la rend toujours inaccessible.
Là, quelque chose tremble dans ses yeux noirs.
Elle prend une inspiration lente.
Là, quelque chose tremble dans ses yeux noirs.
Elle prend une inspiration lente.
— Je suis votre prof.
Les mots tombent simplement.
Évidents.
Indiscutables.
Je ferme les yeux une seconde.
Évidents.
Indiscutables.
Je ferme les yeux une seconde.
— Oui…
Je m’apprête déjà à ouvrir la portière, pour disparaître pour toujours dans la honte.
Mais elle ne bouge pas.
Elle me regarde encore.
Et le silence qui suit s’étire.
Elle me regarde encore.
Et le silence qui suit s’étire.
Une seconde.
Deux.
Trois.
Deux.
Trois.
Puis elle ajoute, très doucement :
— Mais on s’en fiche, pas vrai ?
Je crois que mon cerveau s’arrête.
Complètement.
Je relève les yeux.
Complètement.
Je relève les yeux.
— Quoi… ?
Mais je n’ai pas le temps de finir.
Elle se penche vers moi.
Pas brusquement.
Pas précipitamment.
Pas comme moi.
Elle…? C’est lent.
Assumé.
Presque...
Presque ordinaire.
Elle se penche vers moi.
Pas brusquement.
Pas précipitamment.
Pas comme moi.
Elle…? C’est lent.
Assumé.
Presque...
Presque ordinaire.
Et pourtant, c'est exceptionnel à en couper le souffle !
Sa main vient se poser sur ma joue, fraîche, ferme surtout, et incroyablement douce.
Et sa bouche trouve la mienne.
Je sens son parfum, sa peau contre ma peau, la chaleur de son souffle. Ses lèvres fines sont plus souples que je ne l’imaginais. Elles s’attardent, deviennent légères un instant, puis reviennent.
Je réponds sans réfléchir.
Mes doigts s’accrochent au tissu de son trench, comme si j’avais peur qu’elle renonce.
Le baiser dure.
Longtemps.
Peut-être dix secondes.
Peut-être une minute.
Longtemps.
Peut-être dix secondes.
Peut-être une minute.
Je n’en ai aucune idée.
Tout ce que je sais, c'est que le goût de sa langue est révoltant.
Tout ce que je sais, c'est que le goût de sa langue est révoltant.
Quand on se sépare, on reste très proches quand même.
Nos respirations sont liées.
Nos yeux brillants aussi.
Nos respirations sont liées.
Nos yeux brillants aussi.
Elle me regarde frontalement, sérieusement, pensivement, comme si elle venait de franchir une frontière irréversible.
Moi aussi.
Moi aussi.
Parce que c'est le cas.
Puis son sourire apparaît.
Un vrai.
Pas celui de l’amphi, contrôlé, amusé par la simplicité de la jeunesse.
Pas celui de la prof.
Un sourire vivant.
Qui fait fleurir ses plus belles rides.
Un vrai.
Pas celui de l’amphi, contrôlé, amusé par la simplicité de la jeunesse.
Pas celui de la prof.
Un sourire vivant.
Qui fait fleurir ses plus belles rides.
— Bon…
Sa voix est un peu plus basse. Plus grave. Plus envoûtante.
— Maintenant qu’on a fait cette énorme erreur professionnelle…
Je ris nerveusement.
Elle passe une main dans ses cheveux gris et courts.
Elle passe une main dans ses cheveux gris et courts.
— On pourrait peut-être aller boire un verre…?
Je cligne des yeux.
— Là ? Maintenant ? Ici ?
— Maintenant. Chez moi. C'est plus discret qu'en centre-ville.
— Maintenant. Chez moi. C'est plus discret qu'en centre-ville.
Elle dit ça, normal.
Comme si c’était la suite logique de la journée.
Comme si elle ne venait pas d’embrasser son étudiante, mais une conquête comme une autre.
Mon cœur recommence à battre n’importe comment.
Comme si c’était la suite logique de la journée.
Comme si elle ne venait pas d’embrasser son étudiante, mais une conquête comme une autre.
Mon cœur recommence à battre n’importe comment.
Arythmie à fond…!
— Je…
Je devrais refuser.
Je le sais.
Tout mon cerveau hurle que c’est dangereux, absurde, irresponsable.
Je le sais.
Tout mon cerveau hurle que c’est dangereux, absurde, irresponsable.
Mais si elle, elle le propose, c'est qu'elle est d'accord ? Et si elle est d'accord, elle, l'adulte, c'est que c'est ok ?
Mon corps répond avant moi.
— Oui.
Merde.
— Oui, je répète avec moins de précipitation. Avec plaisir, madame.
Son sourire s’élargit.
Elle redémarre la voiture.
Le moteur ronronne doucement et on s’éloigne des cités universitaires.
Elle redémarre la voiture.
Le moteur ronronne doucement et on s’éloigne des cités universitaires.
Je regarde la route défiler sans vraiment la voir. L’adrénaline vibre encore dans mes veines. Son baiser... M'a fait bouillir le sang.
Au bout de quelques secondes, elle finit par parler.
— Zélie.
Je tourne la tête vers elle.
Elle conduit avec ce calme habituel, une main posée sur le volant.
Elle conduit avec ce calme habituel, une main posée sur le volant.
Puis elle ajoute :
— Si on fait ça… il va falloir changer deux ou trois choses.
Je la regarde, un peu surprise, et cligne des yeux deux ou trois fois.
— Heu... Oui..., je bafouille. Lesquelles ?
Petit rictus amusé au coin de sa bouche…!
— Déjà…
Elle me lance un bref coup d'œil.
— Vous allez arrêter de m’appeler “madame”.
Mon cœur saute.
— D’accord… Mais... Je vous appelle comment, alors...?
Elle hésite une fraction de seconde. Puis :
— Comme je m'appelle. Emmanuelle.
Le prénom flotte dans l’air comme quelque chose d’intime. C'est choquant. Presque trop osé, presque blasphématoire, et pourtant, c'est juste un prénom.
Je le répète presque malgré moi.
Je le répète presque malgré moi.
— Emmanuelle… Ok, va pour "Emmanuelle".
Et "va" , aussi, pour tout un tas d'autres choses…
Oh purée, comment j'assume ça, moi ?!
...
La voiture quitte les rues animées du centre-ville pour glisser vers des quartiers plus calmes.
Les immeubles disparaissent peu à peu, remplacés par des maisons entourées de haies hautes, de portails en fer forgé, et de vastes jardins.
Les immeubles disparaissent peu à peu, remplacés par des maisons entourées de haies hautes, de portails en fer forgé, et de vastes jardins.
Un soleil de février est en train de se coucher, répandant une lumière dorée sur le goudron.
Je regarde dehors sans vraiment voir.
Je regarde dehors sans vraiment voir.
Mon cœur bat toujours autant à l'arrache.
Madame Cazal - pardon, "Emmanuelle", conduit tranquillement, comme si tout était parfaitement cool.
Alors que moi, je me tape une mini-crise cardiaque sur le siège passager...
Après quelques minutes, elle ralentit et tourne dans une petite rue bordée d’arbres. Les maisons y sont grandes mais discrètes, élégantes sans être ostentatoires.
Comme elle.
Elle s’arrête devant l’une d’elles.
Une baraque blanche, sobre, mais aux petites briques de parement couleur ardoise, qui contrastent avec le reste de la bâtisse.
Un portail haut en bois s'ouvre sur une cours dallée soigneusement entretenue, sur laquelle Emmanuelle se gare.
Un portail haut en bois s'ouvre sur une cours dallée soigneusement entretenue, sur laquelle Emmanuelle se gare.
Rien de tape-à-l’œil. Tout respire le goût, évidemment.
— Nous y voilà, dit-elle calmement.
Je sors de la voiture avec cette étrange sensation d’être entrée dans une autre réalité. Une dimension parallèle. Un rêve, peut-être.
Mais non.
Elle ouvre la porte, allume une lumière douce dans l’entrée, puis se tourne vers moi.
— Je vous en prie, Zélie.
L’intérieur est aussi beau que l’extérieur.
Parquet clair.
Murs blancs ponctués de quelques tableaux colorés ou de quelques photos achromes.
Bibliothèque immense qui court le long d’un mur du salon.
Avec des ouvrages sur le droit, l'histoire, et l'histoire du droit, ça va de soi.
Murs blancs ponctués de quelques tableaux colorés ou de quelques photos achromes.
Bibliothèque immense qui court le long d’un mur du salon.
Avec des ouvrages sur le droit, l'histoire, et l'histoire du droit, ça va de soi.
Il y a une télé à écran plat, fixée au mur. Elle revêt un peu de poussière, ce qui m'incite à croire qu'elle n'est pas beaucoup utilisée.
Le PC, sur la table en verre du salon, lui, est entouré - voir recouvert, de documents photocopiés, manuscrits ou même de livres ouverts à des emplacements très précis. Des lignes entières sont stabilotées, des pages entières sont cornées. De petites notes au crayon à papier trônent même dans les marges, entre les paragraphes fraîchement colorés au fluo.
Le PC, sur la table en verre du salon, lui, est entouré - voir recouvert, de documents photocopiés, manuscrits ou même de livres ouverts à des emplacements très précis. Des lignes entières sont stabilotées, des pages entières sont cornées. De petites notes au crayon à papier trônent même dans les marges, entre les paragraphes fraîchement colorés au fluo.
Ce bordel localisé témoigne d'un moment intense de travail - ou alors, de la même faculté que moi à bosser en s'étalant dans tous sens.
Ça me fait rire. Un petit gloussement qui attire le regard de la prof. Elle observe ce que j'observe et mime une brève grimace.
— Oups. Excusez-moi pour ce désordre, me sourit-elle en rangeant rapidement ses affaires. J'ai envie de vous dire que ce n'est pas dans mes habitudes de mettre du bazard quand je prépare mes cours, mais ce serait un manque d'honnêteté de ma part.
— Oh, non ! Ne vous excusez pas ! je réplique en ricanant. Je suis comme vous... Et puis, c'est votre maison. Vous avez bien le droit de mettre du désordre où vous voulez.
Alors qu'elle tapote le cul de ses livres sur la table pour les aligner, elle me fixe, songeuse.
— "Je suis comme vous", répète-t-elle intriguée. Je savais bien que nous avions de nombreux points communs.
— Comme les femmes ?
— Comme les femmes ?
Mes mots résonnent plus vite que mon ombre.
Plus vite que je ne l'aurais voulu, en tout cas.
Emmanuelle me jette un coup d'œil étonné, avant d'acquiescer poliment.
Plus vite que je ne l'aurais voulu, en tout cas.
Emmanuelle me jette un coup d'œil étonné, avant d'acquiescer poliment.
— Comme les femmes, confirme-t-elle.
Mais elle ajoute, un index levé, comme en cours lorsqu'elle cherche à attirer notre attention :
— Mais pas n'importe lesquelles. Je vous débarrasse ?
Hein...?
Comment ça, pas n'importe lesquelles ?
Elle choisit ses nanas... Avec le même goût que le reste ? Que sa maison, sa déco, ses fringues ?
Comment ça, pas n'importe lesquelles ?
Elle choisit ses nanas... Avec le même goût que le reste ? Que sa maison, sa déco, ses fringues ?
C'est difficile à concevoir. Que moi, l'étudiante en jean-parka, je lui ai tapé dans l'oeil, quand elle, la prof légendaire de la fac, avec sa prestance et son aura impressionnante, ne renvoie pas du tout la même image.
À côté d'elle... Je suis insignifiante.
Pourquoi elle s'intéresse à moi...?
Pourquoi elle s'intéresse à moi...?
Je reste silencieuse quelques secondes immobile pendant qu’elle enlève son trench. Ses gestes sont d’une précision presque fascinante. Elle retire le manteau lentement, le suspend au porte-manteau, puis se tourne vers moi pour prendre le mien.
Je lui tends la parka avec une petite gêne.
Je réalise à quel point ce contraste est criard.
Je réalise à quel point ce contraste est criard.
Elle : pantalon rayé parfaitement ajusté, chemise sombre ouverte juste ce qu’il faut, bijoux discrets tels que deux bagues fines en argent, une montre élégante, un petit collier presque invisible.
Moi :
Jean.
Sweat à capuche.
Baskets.
Et bim.
Jean.
Sweat à capuche.
Baskets.
Et bim.
Mais elle ne semble absolument pas le remarquer. Ou du moins, pas y accorder la moindre importance.
— Vous voulez boire quelque chose ? demande-t-elle en se dirigeant vers la cuisine ouverte.
Je la suis, incapable de détacher mes yeux d’elle.
La finesse de ses gestes.
La manière dont ses doigts effleurent le plan de travail.
La façon dont ses vêtements épousent ses mouvements gracieux…
La manière dont ses doigts effleurent le plan de travail.
La façon dont ses vêtements épousent ses mouvements gracieux…
Arg…
Elle ouvre un placard, puis sort une bouteille.
Je fronce les sourcils.
Je fronce les sourcils.
— Du… champagne ?
Elle me mate, amusée.
— Oui.
Je jette un œil à l’horloge.
— Mais il est à peine dix-huit heures… J'aurais plutôt dit que c'était l'heure de...
"Goûter".
Ma langue a encore parlé trop vite et je m'abstiens de terminer ma phrase.
Elle débouche la bouteille avec un petit pop discret.
— L'apéritif...? me questionne-t-elle. Je peux vous proposer autre chose, Zélie, si vous n'en voulez pas, que vous n'aimez pas, ou... Peut-être ne buvez-vous pas d'alcool...?
— Si si..., je m'empresse de répondre. Du champagne, ça me va. Je n'ai pas l'habitude, c'est tout.
— Mm. C'est pourtant...
— Si si..., je m'empresse de répondre. Du champagne, ça me va. Je n'ai pas l'habitude, c'est tout.
— Mm. C'est pourtant...
Le liquide doré coule dans deux flûtes. Elle m'en tend une, et en même temps, se penche vers moi pour me glisser à l'oreille :
— Ce qu'il y a de mieux pour séduire une belle femme.
Gloups.
Je me fige, le verre trop oppressé entre mes doigts prêts à l'exploser sous la surprise.
Je me sens rougir. Jusqu'au bout des oreilles.
Je me sens rougir. Jusqu'au bout des oreilles.
Elle a dit "belle femme". Elle a dit "BELLE" et "FEMME".
Et elle parlait de moi !
Et elle parlait de moi !
Je rougis, oui, mais pas que.
Mon cœur se met à battre plus vite.
Ma peau à frissonner.
Mon ventre, à se serrer.
Ma culotte, à se tremper...
Mon cœur se met à battre plus vite.
Ma peau à frissonner.
Mon ventre, à se serrer.
Ma culotte, à se tremper...
Un fulgurant désir m'ennivre et m'assomme. Je ne réfléchis pas. Je pose mon verre sur la table, pose le sien en lui prenant des mains, et me jette sur elle pour l'embrasser.
Je crains, une demie seconde, qu'elle ne me trouve bien trop audacieuse, mais quand elle se met à gémir, quand elle me lâche un "MmPhf !" dans la bouche, je sais qu'elle est tout à moi.
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Commentaires ()
Et j'ai vraiment hâte de lire la suite
très très bien écrit / BRAVO / vivement la suite.. allez plus que 10 jours à attendre...
Il me tarde d'être au 20 avril pour me délecter de la suite.