Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cynthia et les hommes mariés — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cynthia et les hommes mariés
Chapitre 1
Une année en fac d'Histoire. Une autre en psycho. Une troisième en anglais. Avec, chaque fois, des résultats calamiteux.
Ma mère a soupiré. Levé les yeux au ciel.
‒ Et tu t'obstines ! Ma pauvre Cynthia ! Tu ferais mieux de regarder la réalité en face. Une bonne fois pour toutes. Et en tirer les conclusions qui s'imposent.
Elle avait raison. Évidemment qu'elle avait raison. La fac, c'était pas pour moi. Trop paresseuse. Trop tête en l'air. Trop dispersée. Trop tout. Il me fallait sérieusement envisager de me tourner vers autre chose. Oui, mais quoi ?
Ma mère a soupiré. Levé les yeux au ciel.
‒ Et tu t'obstines ! Ma pauvre Cynthia ! Tu ferais mieux de regarder la réalité en face. Une bonne fois pour toutes. Et en tirer les conclusions qui s'imposent.
Elle avait raison. Évidemment qu'elle avait raison. La fac, c'était pas pour moi. Trop paresseuse. Trop tête en l'air. Trop dispersée. Trop tout. Il me fallait sérieusement envisager de me tourner vers autre chose. Oui, mais quoi ?
Je me levais tôt. J'aimais aller flâner, au lever du jour, par les rues, au hasard. Les regarder s'animer, prendre progressivement vie.
Et, ce matin-là, sur la porte de la boulangerie-pâtisserie de la place du marché, une affichette : « Recherche vendeuse, même inexpérimentée. Libre de suite. » Un signe du destin ? Je n'ai pas réfléchi. J'ai foncé. Je suis entrée. Il y avait une fille, d'à peu près mon âge, toute seule derrière la caisse.
‒ Bonjour. Je viens pour l'annonce.
Elle est aussitôt allée chercher le patron. Qui m'a considérée d'un petit œil gourmand.
‒ Vous pouvez commencer quand ?
‒ Quand vous voulez.
‒ Parfait. Alors disons demain. Demain, à six heures. Coralie va vous mettre au courant.
Et il est retourné à son fournil.
C'était sa fille, Coralie. Jusque-là elle avait prêté main forte à ses parents,
‒ Mais je m'en vais. Avec mon petit ami, on a décidé d'aller ouvrir quelque chose dans les Ardennes.
Elle m'a fait faire le tour du propriétaire.
‒ C'est pas compliqué. Tu sais faire la différence entre un croissant et une chocolatine, j'imagine ?
J'ai ri.
‒ Quand même, oui.
‒ Et, pour le pain, c'est tout indiqué en dessous : pain de campagne, baguette moulée, pain tradition. Tu peux pas te tromper. Pour la caisse, il faut que tu tapes systématiquement le prix. Sinon, elle s'ouvre pas.
Restait la question des horaires. Tu commences à six heures, c'est tôt, c'est vrai, mais tu finis à treize. Si bien que t'as toute ton après-midi pour toi. C'est appréciable. Et t'as ton dimanche et ton lundi. Ma mère, elle, elle n'arrive que vers huit heures. Parce qu'elle a des trucs à faire et qu'avant huit heures il y a pas grand-monde. Tu peux largement tenir toute seule. Après, par contre, c'est le coup de feu. Vous serez pas trop de deux.
Des clients sont entrés. Qu'elle a servis. Je l'ai regardée faire. C'était vraiment pas compliqué, non.
‒ Ben, essaie !
J'ai pris sa place. C'était même amusant. J'avais l'impression de jouer à la marchande.
Elle a hoché la tête.
‒ Tu devrais t'en sortir. Sans problème.
Et, ce matin-là, sur la porte de la boulangerie-pâtisserie de la place du marché, une affichette : « Recherche vendeuse, même inexpérimentée. Libre de suite. » Un signe du destin ? Je n'ai pas réfléchi. J'ai foncé. Je suis entrée. Il y avait une fille, d'à peu près mon âge, toute seule derrière la caisse.
‒ Bonjour. Je viens pour l'annonce.
Elle est aussitôt allée chercher le patron. Qui m'a considérée d'un petit œil gourmand.
‒ Vous pouvez commencer quand ?
‒ Quand vous voulez.
‒ Parfait. Alors disons demain. Demain, à six heures. Coralie va vous mettre au courant.
Et il est retourné à son fournil.
C'était sa fille, Coralie. Jusque-là elle avait prêté main forte à ses parents,
‒ Mais je m'en vais. Avec mon petit ami, on a décidé d'aller ouvrir quelque chose dans les Ardennes.
Elle m'a fait faire le tour du propriétaire.
‒ C'est pas compliqué. Tu sais faire la différence entre un croissant et une chocolatine, j'imagine ?
J'ai ri.
‒ Quand même, oui.
‒ Et, pour le pain, c'est tout indiqué en dessous : pain de campagne, baguette moulée, pain tradition. Tu peux pas te tromper. Pour la caisse, il faut que tu tapes systématiquement le prix. Sinon, elle s'ouvre pas.
Restait la question des horaires. Tu commences à six heures, c'est tôt, c'est vrai, mais tu finis à treize. Si bien que t'as toute ton après-midi pour toi. C'est appréciable. Et t'as ton dimanche et ton lundi. Ma mère, elle, elle n'arrive que vers huit heures. Parce qu'elle a des trucs à faire et qu'avant huit heures il y a pas grand-monde. Tu peux largement tenir toute seule. Après, par contre, c'est le coup de feu. Vous serez pas trop de deux.
Des clients sont entrés. Qu'elle a servis. Je l'ai regardée faire. C'était vraiment pas compliqué, non.
‒ Ben, essaie !
J'ai pris sa place. C'était même amusant. J'avais l'impression de jouer à la marchande.
Elle a hoché la tête.
‒ Tu devrais t'en sortir. Sans problème.
À huit heures, un peu plus de huit heures, sa mère est arrivée. Elle m'a présentée.
‒ C'est Cynthia. C'est elle qui va me remplacer.
‒ Ah !
Elle m'a toisée. Sans m'adresser la parole. Et elle est passée à côté. D'où nous sont parvenus, presque aussitôt, des éclats de voix.
Coralie a haussé les épaules. Et expliqué.
‒ Elle apprécie pas qu'il t'ait embauchée sans la consulter. Et… Et tu es un peu trop mignonne à son goût.
Une chose, en tout cas, était claire à mes yeux : je m'en étais fait, d'emblée, une ennemie.
‒ C'est Cynthia. C'est elle qui va me remplacer.
‒ Ah !
Elle m'a toisée. Sans m'adresser la parole. Et elle est passée à côté. D'où nous sont parvenus, presque aussitôt, des éclats de voix.
Coralie a haussé les épaules. Et expliqué.
‒ Elle apprécie pas qu'il t'ait embauchée sans la consulter. Et… Et tu es un peu trop mignonne à son goût.
Une chose, en tout cas, était claire à mes yeux : je m'en étais fait, d'emblée, une ennemie.
Ce que j'ai pu vérifier dès le lendemain. Et tous les jours suivants. Elle s'adressait à moi sur un ton cassant, me faisait reproche sur reproche. Je n'allais pas assez vite pour servir les clients. Je n'étais pas assez souriante, ce qui, venant de sa part, ne manquait pas de sel. Ma blouse n'avait pas été repassée avec suffisamment de soin. Il y avait toujours quelque chose qui clochait.
Les deux heures que je passais chaque matin au préalable en compagnie de son mari étaient, elles, au contraire, très apaisées. Et très complices. Il y avait alors effectivement peu de monde. Si bien qu'entre deux clients, je venais me réfugier auprès de lui. J'aimais la chaleur du fournil. Quant à l'odeur du pain et des croissants, elle me titillait très agréablement les narines. Elle avait même quelque chose, pour moi, de très émoustillant. On discutait tous les deux. De tout. De rien. Et je voyais bien, à la façon veloutée dont il me regardait parfois, aux intonations humides de sa voix quand il me parlait, que je ne le laissais pas indifférent. De moins en moins indifférent au fur et à mesure que les jours passaient. Ce qui était loin de me déplaire. Être désirée par un homme de son âge, bien fait de sa personne, avec un charme certain, avait quelque chose d'extrêmement gratifiant. Si bien que je suis entrée peu à peu dans le jeu. Il y avait, juste en face du four, une petite table sur laquelle j'ai pris l'habitude de m'asseoir, après l'avoir débarrassée de ce qui l'encombrait, et de croiser haut les jambes. Des jambes sur lesquelles il jetait des regards furtifs manifestement très intéressés. Des jambes qui le faisaient à l'évidence bander. Et, si j'en jugeais par l'énorme bosse qui déformait alors son pantalon, il avait l'air d'être fort bien doté. Beaucoup mieux en tout cas que les quelques garçons auxquels je m'étais laissée aller à offrir auparavant mes faveurs. La situation me ravissait et, chaque fois que la sonnette de la boutique retentissait, qu'il me fallait alors dégringoler de la table pour aller servir un client, je me débrouillais pour que ma jupe remonte bien haut sur mes cuisses, le plus haut possible. Je revenais et je reprenais mon petit manège. Avec délectation.
Les deux heures que je passais chaque matin au préalable en compagnie de son mari étaient, elles, au contraire, très apaisées. Et très complices. Il y avait alors effectivement peu de monde. Si bien qu'entre deux clients, je venais me réfugier auprès de lui. J'aimais la chaleur du fournil. Quant à l'odeur du pain et des croissants, elle me titillait très agréablement les narines. Elle avait même quelque chose, pour moi, de très émoustillant. On discutait tous les deux. De tout. De rien. Et je voyais bien, à la façon veloutée dont il me regardait parfois, aux intonations humides de sa voix quand il me parlait, que je ne le laissais pas indifférent. De moins en moins indifférent au fur et à mesure que les jours passaient. Ce qui était loin de me déplaire. Être désirée par un homme de son âge, bien fait de sa personne, avec un charme certain, avait quelque chose d'extrêmement gratifiant. Si bien que je suis entrée peu à peu dans le jeu. Il y avait, juste en face du four, une petite table sur laquelle j'ai pris l'habitude de m'asseoir, après l'avoir débarrassée de ce qui l'encombrait, et de croiser haut les jambes. Des jambes sur lesquelles il jetait des regards furtifs manifestement très intéressés. Des jambes qui le faisaient à l'évidence bander. Et, si j'en jugeais par l'énorme bosse qui déformait alors son pantalon, il avait l'air d'être fort bien doté. Beaucoup mieux en tout cas que les quelques garçons auxquels je m'étais laissée aller à offrir auparavant mes faveurs. La situation me ravissait et, chaque fois que la sonnette de la boutique retentissait, qu'il me fallait alors dégringoler de la table pour aller servir un client, je me débrouillais pour que ma jupe remonte bien haut sur mes cuisses, le plus haut possible. Je revenais et je reprenais mon petit manège. Avec délectation.
Quand huit heures sonnaient, je réintégrais le magasin, faisais mine de nettoyer la trancheuse à pain ou de remettre un peu d'ordre dans la vitrine. Elle, elle arrivait, me lançait un bonjour glacial, procédait à un examen minutieux des lieux.
‒ Les miettes, là, sur le comptoir, vous ne les voyez pas, Cynthia ? Et le devant de porte ? Ce serait trop vous demander que de le nettoyer ? Si une personne âgée chute sur le trottoir et porte plainte, on aura tous les problèmes du monde.
Devant les clients, ce n'était pas mieux. Des réflexions à n'en plus finir. Il me fallait prendre en permanence sur moi pour ne pas perdre patience et ne pas la traiter de vieille conne. Une chose était sûre en tout cas : le jour où je trouverais quelque chose d'autre, je n'hésiterais pas. Et je ne la regretterais pas. Lui, par contre, si ! Un peu. Et un peu plus qu'un peu. J'aimais trop ça qu'il bande pour moi…
‒ Les miettes, là, sur le comptoir, vous ne les voyez pas, Cynthia ? Et le devant de porte ? Ce serait trop vous demander que de le nettoyer ? Si une personne âgée chute sur le trottoir et porte plainte, on aura tous les problèmes du monde.
Devant les clients, ce n'était pas mieux. Des réflexions à n'en plus finir. Il me fallait prendre en permanence sur moi pour ne pas perdre patience et ne pas la traiter de vieille conne. Une chose était sûre en tout cas : le jour où je trouverais quelque chose d'autre, je n'hésiterais pas. Et je ne la regretterais pas. Lui, par contre, si ! Un peu. Et un peu plus qu'un peu. J'aimais trop ça qu'il bande pour moi…
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