Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cynthia et les hommes mariés — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cynthia et les hommes mariés
Chapitre 4
C'est arrivé un mardi matin alors que j'étais penchée à l'équerre sur la petite table, occupée à profiter à plein d'une levrette débridée. J'allais atteindre l'extase quand il y a eu un hurlement, puis le bruit d'une violente gifle. Sa queue m'a quittée. Je me suis soudain sentie saisie par les cheveux, propulsée vers la porte.
‒ Et tu remets jamais les pieds ici, sale petite roulure.
Je suis restée abasourdie un bon moment sur le trottoir. Comment avait-elle su ? Est-ce que quelqu'un nous avait vus ? Entendus ? Est-ce que lui, il s'était vanté de sa bonne fortune devant tel ou tel ? Les mâles, dans ce genre de situation, peuvent rarement s'empêcher de se faire mousser. Quoi qu'il en puisse être, on était grillés. C'était fini, lui et moi. Et j'avais perdu ma place. Pas question pour autant de faire profil bas, de la laisser jouir de son triomphe. Ah, non, alors ! Et, sur le coup de onze heures, je suis venue pousser la porte du magasin. Elle m'a fusillée du regard.
‒ Qu'est-ce que tu fiches ici ? Qu'est-ce que tu veux ?
‒ Il me faudrait une lettre de licenciement.
‒ Je te l'enverrai par la poste.
‒ Et pour le préavis ?
‒ Tu le feras pas. Hors de question que je m'inflige ta tronche de sale petite vicieuse.
‒ Oui, oh ben, une tronche de cocue, c'est pas mieux !
Et je suis partie, ravie de ma réponse.
Je suis revenue le lendemain.
‒ Qu'est-ce que tu veux encore ?
‒ Un pain.
‒ Oui, ben va le chercher ailleurs, ton pain !
‒ Vous n'avez pas le droit de refuser de me servir.
‒ À condition que tu fasses l'appoint.
‒ Je l'ai.
J'ai pris tout mon temps, sorti mon porte-monnaie, compté la somme que j'ai déposée sur le comptoir. Elle y a lancé le pain d'un geste furibond.
J'ai pris l'air le plus mielleux que j'ai pu.
‒ Au revoir. À demain !
Je suis effectivement revenue le lendemain. Et tous les jours suivants, ne manquant pas, lorsqu'il y avait du monde, de lui demander des nouvelles de son mari. Ce qui la mettait, à l'évidence, dans des colères noires auxquelles elle ne pouvait évidemment pas laisser libre cours.
‒ Et tu remets jamais les pieds ici, sale petite roulure.
Je suis restée abasourdie un bon moment sur le trottoir. Comment avait-elle su ? Est-ce que quelqu'un nous avait vus ? Entendus ? Est-ce que lui, il s'était vanté de sa bonne fortune devant tel ou tel ? Les mâles, dans ce genre de situation, peuvent rarement s'empêcher de se faire mousser. Quoi qu'il en puisse être, on était grillés. C'était fini, lui et moi. Et j'avais perdu ma place. Pas question pour autant de faire profil bas, de la laisser jouir de son triomphe. Ah, non, alors ! Et, sur le coup de onze heures, je suis venue pousser la porte du magasin. Elle m'a fusillée du regard.
‒ Qu'est-ce que tu fiches ici ? Qu'est-ce que tu veux ?
‒ Il me faudrait une lettre de licenciement.
‒ Je te l'enverrai par la poste.
‒ Et pour le préavis ?
‒ Tu le feras pas. Hors de question que je m'inflige ta tronche de sale petite vicieuse.
‒ Oui, oh ben, une tronche de cocue, c'est pas mieux !
Et je suis partie, ravie de ma réponse.
Je suis revenue le lendemain.
‒ Qu'est-ce que tu veux encore ?
‒ Un pain.
‒ Oui, ben va le chercher ailleurs, ton pain !
‒ Vous n'avez pas le droit de refuser de me servir.
‒ À condition que tu fasses l'appoint.
‒ Je l'ai.
J'ai pris tout mon temps, sorti mon porte-monnaie, compté la somme que j'ai déposée sur le comptoir. Elle y a lancé le pain d'un geste furibond.
J'ai pris l'air le plus mielleux que j'ai pu.
‒ Au revoir. À demain !
Je suis effectivement revenue le lendemain. Et tous les jours suivants, ne manquant pas, lorsqu'il y avait du monde, de lui demander des nouvelles de son mari. Ce qui la mettait, à l'évidence, dans des colères noires auxquelles elle ne pouvait évidemment pas laisser libre cours.
Il me fallait, parallèlement, impérativement retrouver du travail. Je m'y suis employée. Dans un premier temps, sans succès. Toutes mes démarches sont restées vaines. Et je n'ai pas eu d'autre solution que d'aller solliciter une autorisation de découvert à la banque. La directrice m'a opposé un refus catégorique. Et dans des termes à la limite du méprisant, me laissant entendre qu'elle doutait fort de ma capacité à trouver du travail et surtout à le conserver, vu qu'il était de notoriété publique que j'avais un poil dans la main long comme ça.
‒ Quand on a passé des années en fac sans obtenir le moindre résultat…
Non, mais de quoi elle se mêlait, celle-là ? Elle allait me le payer. Et cher. Très cher.
‒ Quand on a passé des années en fac sans obtenir le moindre résultat…
Non, mais de quoi elle se mêlait, celle-là ? Elle allait me le payer. Et cher. Très cher.
Son mari tenait un magasin de dépannage informatique. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, grand, un peu bedonnant, sans véritable charme, auquel, en d'autres circonstances, je n'aurais pas prêté la moindre attention. Mais la donne était désormais différente. Dans la petite bourgade que j'habitais, beaucoup de choses se disaient. Ou s'inventaient. Sur son compte à lui, pourtant, je n'avais jamais entendu raconter quoi que ce soit. Alors ou bien il savait se montrer très discret ou bien il était résolument fidèle. Par amour ? Non. Moi, j'aurais plutôt dit par manque d'occasions. Ou, mieux encore, parce que son manque de confiance en lui l'empêchait de profiter des opportunités qui se présentaient. Je l'imaginais plutôt se masturbant allègrement derrière le dos de sa légitime en pensant aux femmes qui lui plaisaient et auxquelles il n'osait seulement pas adresser la parole. Bon, mais ça allait changer, tout ça. J'allais m'occuper de son cas.
Et j'ai poussé la porte de son magasin.
‒ Bonjour !
Il m'a lancé un coup d'œil en apparence indifférent.
‒ Bonjour ! Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
‒ Je sais pas. Ça dépend peut-être pas de vous.
‒ Dites toujours !
‒ Voilà ! J'ai une cousine qui habite la région parisienne et qui se marie le mois prochain. Et elle m'a demandé de lui imprimer les faire-parts. J'ai pas osé dire non. Seulement…
‒ Seulement vous savez pas faire.
‒ Voilà, oui !
‒ On va voir ça ! Vous avez le texte ?
J'avais, oui, bien sûr ! Je le lui ai tendu.
‒ C'est très simple, je vais vous montrer
Il s'est penché sur son ordi.
‒ Venez ! Venez de ce côté ! Que vous voyiez comment je fais.
Je ne me suis pas fait prier.
Il est allé chercher une chaise
‒ Vous serez mieux.
Qu'il a placée à côté de la sienne.
‒ Là !
On s'est installés côte à côte. Et il a aussitôt lancé la mise en page. Je me suis rapprochée de lui. Comme pour mieux voir l'écran. Ma cuisse a effleuré la sienne. Deux fois. Trois fois. A fini par se coller carrément à elle. Il ne s'est pas dérobé. Mais il s'est fait plus volubile. Son discours plus haché. Plus précipité.
‒ Ça, on va le passer à gauche. Ce sera plus harmonieux. Et pour le nom des mariés, peut-être une police plus grande. Non ? Vous croyez pas ?
Je me suis encore rapprochée, mon épaule contre la sienne, ma tête presque à toucher la sienne. Son souffle s'est fait court.
J'étais de son avis.
‒ Si ! Oui.
Il en a terminé.
‒ Ça vous va ?
‒ Oh, oui ! Très bien. Très très bien.
‒ Vous voyez que c'est pas si compliqué que ça finalement !
‒ Pour vous ! Parce que vous avez l'habitude. Et que c'est votre boulot. Mais pour moi ! Merci en tout cas. Je vous dois quelque chose ?
Il a balayé l'air devant lui, à plusieurs reprises, d'un revers de main.
‒ Rien du tout. Rien du tout.
‒ C'est vraiment très gentil à vous. Encore merci alors ! Au revoir !
‒ Bonjour !
Il m'a lancé un coup d'œil en apparence indifférent.
‒ Bonjour ! Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
‒ Je sais pas. Ça dépend peut-être pas de vous.
‒ Dites toujours !
‒ Voilà ! J'ai une cousine qui habite la région parisienne et qui se marie le mois prochain. Et elle m'a demandé de lui imprimer les faire-parts. J'ai pas osé dire non. Seulement…
‒ Seulement vous savez pas faire.
‒ Voilà, oui !
‒ On va voir ça ! Vous avez le texte ?
J'avais, oui, bien sûr ! Je le lui ai tendu.
‒ C'est très simple, je vais vous montrer
Il s'est penché sur son ordi.
‒ Venez ! Venez de ce côté ! Que vous voyiez comment je fais.
Je ne me suis pas fait prier.
Il est allé chercher une chaise
‒ Vous serez mieux.
Qu'il a placée à côté de la sienne.
‒ Là !
On s'est installés côte à côte. Et il a aussitôt lancé la mise en page. Je me suis rapprochée de lui. Comme pour mieux voir l'écran. Ma cuisse a effleuré la sienne. Deux fois. Trois fois. A fini par se coller carrément à elle. Il ne s'est pas dérobé. Mais il s'est fait plus volubile. Son discours plus haché. Plus précipité.
‒ Ça, on va le passer à gauche. Ce sera plus harmonieux. Et pour le nom des mariés, peut-être une police plus grande. Non ? Vous croyez pas ?
Je me suis encore rapprochée, mon épaule contre la sienne, ma tête presque à toucher la sienne. Son souffle s'est fait court.
J'étais de son avis.
‒ Si ! Oui.
Il en a terminé.
‒ Ça vous va ?
‒ Oh, oui ! Très bien. Très très bien.
‒ Vous voyez que c'est pas si compliqué que ça finalement !
‒ Pour vous ! Parce que vous avez l'habitude. Et que c'est votre boulot. Mais pour moi ! Merci en tout cas. Je vous dois quelque chose ?
Il a balayé l'air devant lui, à plusieurs reprises, d'un revers de main.
‒ Rien du tout. Rien du tout.
‒ C'est vraiment très gentil à vous. Encore merci alors ! Au revoir !
Le poisson était ferré. J'allais le ramener tout doucement sur la berge. À mon rythme. Et je me suis offert le petit plaisir, avant de rentrer, de repasser devant la banque, d'y jeter un œil à l'intérieur. Je l'ai aperçue, elle, sa femme, penchée sur un ordinateur en compagnie d'une employée. Elle allait y attraper. Sûr que le soir elle allait y attraper. Sauf que c'était en pensant à moi qu'il allait la baiser. Passionnément. Cocue déjà, avant même de l'être.
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