Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cynthia et les hommes mariés — Chapitre 8
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cynthia et les hommes mariés
Chapitre 8
C'est la semaine suivante que j'ai trouvé du travail. Comme caissière. À Carrefour. Et c'est là que, dès le premier jour, Jessica m'est littéralement tombée dessus.
‒ Cynthia ! C'est pas vrai ! Tu viens bosser ici ? Oh, mais c'est super !
On avait fait notre Terminale ensemble, elle et moi, mais elle ne m'avait jamais été vraiment sympathique. Je la trouvais plutôt prétentieuse et imbue d'elle-même. Elle, par contre, avait toujours recherché ma compagnie. Plus je lui battais froid et plus elle s'efforçait d'être dans mes bonnes grâces. Et voilà que nous allions être collègues !
Dès la première pause, elle a attaqué, bille en tête.
‒ Alors ? Raconte ! Qu'est-ce tu deviens ? T'étais pas en fac ? Tu faisais pas des études ?
‒ Si ! Mais dans la branche que j'avais choisie, c'était bien trop long. Il y en avait pour des années. Je préfère encore gagner ma vie.
‒ Oui, hein ! Et c'est pas parce qu'on fait des études qu'on est plus intelligent que les autres. Ça, on le constate tous les jours. Oh, ben moi, figure-toi que je suis mariée.
‒ Ah…
‒ Ça va faire deux ans. Avec Pedro. Un type super. Il est beau, mais beau ! On s'entend super bien. Que c'en est de la folie. Et puis alors au lit, je te dis même pas !
Et, pendant plus d'un quart d'heure, elle m'a chanté les louanges de Pedro en long, en large et en travers.
Ça a recommencé le lendemain. Et le surlendemain. Et tous les jours suivants. Le jeudi, il est venu la chercher. Et elle a absolument tenu à me le présenter. Il était pas mal, oui, mais enfin ça cassait pas trois pattes à un canard non plus…
‒ Cynthia ! C'est pas vrai ! Tu viens bosser ici ? Oh, mais c'est super !
On avait fait notre Terminale ensemble, elle et moi, mais elle ne m'avait jamais été vraiment sympathique. Je la trouvais plutôt prétentieuse et imbue d'elle-même. Elle, par contre, avait toujours recherché ma compagnie. Plus je lui battais froid et plus elle s'efforçait d'être dans mes bonnes grâces. Et voilà que nous allions être collègues !
Dès la première pause, elle a attaqué, bille en tête.
‒ Alors ? Raconte ! Qu'est-ce tu deviens ? T'étais pas en fac ? Tu faisais pas des études ?
‒ Si ! Mais dans la branche que j'avais choisie, c'était bien trop long. Il y en avait pour des années. Je préfère encore gagner ma vie.
‒ Oui, hein ! Et c'est pas parce qu'on fait des études qu'on est plus intelligent que les autres. Ça, on le constate tous les jours. Oh, ben moi, figure-toi que je suis mariée.
‒ Ah…
‒ Ça va faire deux ans. Avec Pedro. Un type super. Il est beau, mais beau ! On s'entend super bien. Que c'en est de la folie. Et puis alors au lit, je te dis même pas !
Et, pendant plus d'un quart d'heure, elle m'a chanté les louanges de Pedro en long, en large et en travers.
Ça a recommencé le lendemain. Et le surlendemain. Et tous les jours suivants. Le jeudi, il est venu la chercher. Et elle a absolument tenu à me le présenter. Il était pas mal, oui, mais enfin ça cassait pas trois pattes à un canard non plus…
* * *
C'est arrivé un lundi où elle venait, une fois de plus, de saouler tout le monde avec lui. Que des comme ça il y en avait pas deux. Qu'ils s'envoyaient en l'air comme des bêtes. Que ce qu'ils vivaient là, tous les deux, c'était exceptionnel. Qu'il y avait pas grand-monde qu'aurait la chance de connaître un truc pareil.
Ce qui a eu le don de faire sortir Lola de ses gonds.
‒ Oui, ben profites-en bien ! Parce que ça durera ce que ça durera…
‒ Comment ça ?
‒ Ben, attends ! Ça finit toujours par se casser la gueule, les histoires d'amour. Toujours. Et plus c'est intense, plus ça a des chances de partir en vrille de bonne heure.
‒ Oui, ben, pas nous !
‒ Vous comme les autres ! Ils sont tous les mêmes, les mecs. Tous ! Ça se lasse vite, un type ! Il lui faut de la nouveauté. Draguer, c'est dans son ADN. Il peut pas s'empêcher.
‒ N'importe quoi ! C'est pas parce que toi, t'as jamais été fichue d'en retenir un qu'il faut en faire une généralité.
Ce qui a eu le don de faire sortir Lola de ses gonds.
‒ Oui, ben profites-en bien ! Parce que ça durera ce que ça durera…
‒ Comment ça ?
‒ Ben, attends ! Ça finit toujours par se casser la gueule, les histoires d'amour. Toujours. Et plus c'est intense, plus ça a des chances de partir en vrille de bonne heure.
‒ Oui, ben, pas nous !
‒ Vous comme les autres ! Ils sont tous les mêmes, les mecs. Tous ! Ça se lasse vite, un type ! Il lui faut de la nouveauté. Draguer, c'est dans son ADN. Il peut pas s'empêcher.
‒ N'importe quoi ! C'est pas parce que toi, t'as jamais été fichue d'en retenir un qu'il faut en faire une généralité.
Je suis intervenue.
‒ La meilleure façon de savoir, c'est encore de le tester.
‒ Oui, oh, ben ça, tant que tu veux ! Je suis sûre de lui ! À cent pour cent.
‒ Chiche alors ?
Elle ne s'est pas démontée.
‒ Chiche ! Mais tu vas perdre ton temps.
Quand on a rejoint nos caisses, Lola m'a susurré à l'oreille.
‒ Mets le paquet, hein !
Encore un homme marié, mais un jeune cette fois ! J'allais me régaler.
‒ La meilleure façon de savoir, c'est encore de le tester.
‒ Oui, oh, ben ça, tant que tu veux ! Je suis sûre de lui ! À cent pour cent.
‒ Chiche alors ?
Elle ne s'est pas démontée.
‒ Chiche ! Mais tu vas perdre ton temps.
Quand on a rejoint nos caisses, Lola m'a susurré à l'oreille.
‒ Mets le paquet, hein !
Encore un homme marié, mais un jeune cette fois ! J'allais me régaler.
***
J'avais un certain nombre d'informations exploitables. Qu'à force de ne parler que de lui, elle nous avait elle-même distillées. Il travaillait dans un garage, était passionné de mangas et de cinéma américain. Il était également adepte du jogging et se rendait, chaque jeudi après-midi, à la piscine municipale.
Le jeudi suivant, je ne travaillais pas. J'ai donc décidé de passer à l'attaque. J'ai revêtu mon plus beau maillot, le rouge, un uni-pièce, qui épousait mes formes au plus près. Lui, il n'était pas là. Pas encore. Je suis allée m'installer sur une chaise longue, au soleil, en faisant mine de feuilleter une revue. Une bonne dizaine de minutes et il a fait son apparition. Un petit coup d'œil circulaire et il s'est jeté à l'eau. Cinq ou six longueurs de bassin. Après quoi il s'est hissé sur la margelle et il est venu droit sur moi.
‒ On s'est déjà vus, non ? Vous êtes une collègue de Jessica, c'est ça, hein ?
C'était bien ça.
Et ça démarrait plutôt bien.
Il s'est dirigé vers la chaise longue qui se trouvait tout à côté de la mienne.
‒ Je peux ?
Ben oui, il pouvait. Évidemment qu'il pouvait.
‒ Une seule me suffit, vous savez !
Il s'y est étendu, a laissé pendre ses bras de chaque côté.
‒ Alors, comme ça, vous êtes une collègue de Jessica. À ce qu'elle me dit, ils sont pas trop chiants, les patrons.
‒ Non, ça va. Ce qu'est pénible, c'est les horaires à trous. T'as deux heures de libres par ci, trois heures par là. Pas le temps de faire grand-chose. Même pas de rentrer chez moi. Quelquefois, j'en profite pour faire un peu de jogging, mais, en ville, c'est pas vraiment l'idéal.
‒ Vous aimez le jogging ! Figurez-vous que moi aussi ! C'est une véritable passion.
‒ Pour moi également, mais je dois bien reconnaître que je ne m'y livre pas autant que je le voudrais. En ville, comme je vous disais, c'est pas pratique et en dehors, quand on est une femme, ça pose d'autres problèmes.
‒ J'imagine, oui !
‒ Si vous saviez le nombre de cinglés qui traînent dans les allées forestières… Si bien que, lorsque je vais courir, c'est le plus souvent la peur au ventre. Si bien aussi qu'il m'arrive de préférer renoncer.
Il a aussitôt mordu à l'hameçon.
‒ C'est dommage. C'est vraiment dommage. Mais, si nos horaires concordent, on pourrait peut-être aller courir ensemble. Ça tiendrait les emmerdeurs à distance.
‒ C'est gentil à vous de le proposer, mais je voudrais pas vous déranger.
‒ Oh, mais ça me dérange pas. Si ça peut vous rendre service, ce sera avec plaisir.
‒ Dans ces conditions, c'est pas de refus alors !
Et je suis allée piquer une tête dans la piscine. Il ne m'y a pas suivie. Sans doute ne voulait-il pas avoir l'air de se faire trop pressant. Quand je suis revenue, j'ai prétendu devoir partir.
‒ Le devoir m'appelle.
‒ Pour ce qu'on a dit, si ça tient toujours, c'est quand vous voudrez.
‒ Je vous appellerai, oui.
Et on a échangé nos numéros.
Je suis rentrée ravie. Comment ça avait été facile ! Trop facile. C'en était presque décevant.
‒ On s'est déjà vus, non ? Vous êtes une collègue de Jessica, c'est ça, hein ?
C'était bien ça.
Et ça démarrait plutôt bien.
Il s'est dirigé vers la chaise longue qui se trouvait tout à côté de la mienne.
‒ Je peux ?
Ben oui, il pouvait. Évidemment qu'il pouvait.
‒ Une seule me suffit, vous savez !
Il s'y est étendu, a laissé pendre ses bras de chaque côté.
‒ Alors, comme ça, vous êtes une collègue de Jessica. À ce qu'elle me dit, ils sont pas trop chiants, les patrons.
‒ Non, ça va. Ce qu'est pénible, c'est les horaires à trous. T'as deux heures de libres par ci, trois heures par là. Pas le temps de faire grand-chose. Même pas de rentrer chez moi. Quelquefois, j'en profite pour faire un peu de jogging, mais, en ville, c'est pas vraiment l'idéal.
‒ Vous aimez le jogging ! Figurez-vous que moi aussi ! C'est une véritable passion.
‒ Pour moi également, mais je dois bien reconnaître que je ne m'y livre pas autant que je le voudrais. En ville, comme je vous disais, c'est pas pratique et en dehors, quand on est une femme, ça pose d'autres problèmes.
‒ J'imagine, oui !
‒ Si vous saviez le nombre de cinglés qui traînent dans les allées forestières… Si bien que, lorsque je vais courir, c'est le plus souvent la peur au ventre. Si bien aussi qu'il m'arrive de préférer renoncer.
Il a aussitôt mordu à l'hameçon.
‒ C'est dommage. C'est vraiment dommage. Mais, si nos horaires concordent, on pourrait peut-être aller courir ensemble. Ça tiendrait les emmerdeurs à distance.
‒ C'est gentil à vous de le proposer, mais je voudrais pas vous déranger.
‒ Oh, mais ça me dérange pas. Si ça peut vous rendre service, ce sera avec plaisir.
‒ Dans ces conditions, c'est pas de refus alors !
Et je suis allée piquer une tête dans la piscine. Il ne m'y a pas suivie. Sans doute ne voulait-il pas avoir l'air de se faire trop pressant. Quand je suis revenue, j'ai prétendu devoir partir.
‒ Le devoir m'appelle.
‒ Pour ce qu'on a dit, si ça tient toujours, c'est quand vous voudrez.
‒ Je vous appellerai, oui.
Et on a échangé nos numéros.
Je suis rentrée ravie. Comment ça avait été facile ! Trop facile. C'en était presque décevant.
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