Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les Choix de Sara — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les Choix de Sara
Chapitre 2
C'était sous le rythme infernal des sonneries et des alarmes que l'on retrouvait tout le monde, plongé dans l'agitation presque irréelle des couloirs d'hôpitaux. Sara, incapable de rester en place, arpentait nerveusement la salle d'attente, répétant sans fin la danse stressante des mille pas. Par moments, elle croisait le regard de Mélanie, et dans ces silences partagés naissait une douceur timide, un lien discret mais profondément réconfortant. Luc, assis sur une banquette inconfortable, tenait sa copine dans ses bras. Il tremblait, incapable de dissimuler l'angoisse qui le rongeait. Il n'attendait qu'une chose : voir Matilde surgir et leur dire si l'enfant était né, si tout allait bien pour Andréa. Depuis les premiers examens jusqu'aux contractions les plus intenses, Matilde avait été là, fidèle, solide, l'ombre protectrice d'Andréa. Emma aussi était présente. Assise près de Luc, la tête posée sur son épaule, elle semblait écrasée par la tension ambiante.
Le moindre bruit la faisait sursauter. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards tendres et furtifs vers Sara, qui les lui rendait avec la même intensité, la même retenue chargée d'émotions. Et puis, enfin, la porte s'ouvrit. Matilde entra, le visage encore marqué par l'effort des dernières heures, mais rayonnant d'une émotion palpable. En voyant tous ces visages familiers, ces visages aimants, inquiets, tendus, elle sentit sa gorge se nouer. Cette famille de cœur, cette tribu tissée de liens choisis, l'attendait, suspendue à ses mots. Elle s'approcha lentement, le souffle encore court, les mains tremblantes, et dans un murmure chargé d'émotion, elle laissa tomber la nouvelle que tous espéraient :
— Le travail d'Andréa est terminé... Tout s'est bien passé. L'enfant va bien. Il faut encore attendre quelques heures pour être certains de tout, mais... elle est parfaite. Absolument parfaite. Un silence s'abattit, dense, presque sacré. Chacun retenait son souffle. Mais un mot résonna. Un petit mot qui fit tout chavirer.
— Elle? répéta Emma, les yeux écarquillés. Matilde se tourna vers elle, s'approcha doucement, prit ses mains dans les siennes et, la voix vibrante de tendresse, répondit :
— Oui... tu as bien entendu. Elle. Tu viens de devenir la tata d'une magnifique et adorable petite Leticia.
— Elle? répéta Emma, les yeux écarquillés. Matilde se tourna vers elle, s'approcha doucement, prit ses mains dans les siennes et, la voix vibrante de tendresse, répondit :
— Oui... tu as bien entendu. Elle. Tu viens de devenir la tata d'une magnifique et adorable petite Leticia.
Emma éclata en sanglots sans pouvoir les retenir. Les larmes coulaient sur ses joues, silencieuses et brûlantes. Elle se jeta dans les bras de Matilde, secouée par l'émotion. Autour d'elles, le groupe se leva comme un seul être, et tous vinrent entourer les deux femmes, les étreindre, partager leurs larmes et leur joie. Sara, les yeux embués, s'approcha d'Emma, glissa une main dans la sienne. Un simple geste, mais chargé de mille promesses. Dans ce moment suspendu, entre fatigue et bonheur, entre larmes et sourires, une chose était certaine : Leticia venait de naître dans une famille où l'amour n'avait pas besoin de liens de sang pour être infini. Les jours suivants, Andréa rentrait enfin chez elle avec la petite Leticia, pour le plus grand bonheur de ses amis. Sans rien attendre en retour, chacun d'eux prenait naturellement sa part de responsabilités, donnant à l'enfant tout l'amour, toute la tendresse et toute l'attention dont elle avait besoin.
Il régnait autour d'elle une chaleur constante, faite de regards doux, de bras ouverts, et de cœurs toujours disponibles. De son côté, Mélanie avait trouvé, non sans difficulté, le courage d'aborder avec Luc un sujet qu'elle gardait trop longtemps enfoui : ses envies, ses tentations, ses besoins silencieux. Luc avait écouté, attentif, bienveillant, mais malgré cette ouverture, leur intimité n'avait guère évolué durant les deux années qui suivirent. Le quotidien, le stress, les habitudes... tout semblait s'être figé dans une routine confortable mais incomplète. Ce ne fut qu'au moment où Mélanie décida de changer d'emploi, troquant ses longues heures épuisantes pour un poste plus stable, plus calme, que quelque chose commença à bouger. Avec ce nouveau rythme, elle disposait enfin de temps, de respiration, et d'espace mental pour se tourner à nouveau vers Luc, vers leurs désirs communs, vers ce qu'ils avaient un jour rêvé de vivre pleinement ensemble.
De leur côté, Sara et Matilde tentaient de préserver leur équilibre, bien que la naissance de Leticia ait bouleversé leurs repères. Elles se retrouvaient souvent à courir après les instants volés, les silences à deux, les caresses détendues. Le quotidien ne leur laissait que peu de répit. Heureusement, Emma était là, toujours présente, généreuse, apportant son aide avec une tendresse rare. Grâce à elle, Sara et Matilde pouvaient parfois respirer, se retrouver, même brièvement. Mais dans l'ombre de cette tendresse partagée, une pensée persistait en Sara. Elle n'avait jamais oublié le moment suspendu, fragile et doux, qu'elle avait vécu avec Mélanie. Ce regard, ce frisson, cette électricité silencieuse. Cela l'avait marquée. Et, au fond d'elle, une idée s'était ancrée : elle voulait offrir à Mélanie une image différente, vibrante, belle, de l'amour entre deux femmes.
Elle rêvait secrètement de lui montrer que cette intimité, loin des clichés ou des hésitations, pouvait être intense, lumineuse, déliée de toute honte. Sara désirait ardemment que Mélanie puisse la voir, elle, faire l'amour avec sa femme, non pas comme une provocation, mais comme une invitation. Une manière pudique mais sincère d'ouvrir une porte, de briser une barrière. Elle voulait que Mélanie voie, ressente, comprenne. Elle voulait éveiller en elle quelque chose d'endormi... ou de simplement trop longtemps retenu. Ce jour-là, alors que le soleil entrait paresseusement par les grandes baies vitrées du salon, Mélanie annonça à Sara, presque en passant : - Ce soir, je serai seule...
Luc part en déplacement pour deux jours. Un éclair discret traversa les yeux de Sara. Ce genre de détail, anodin pour d'autres, prenait tout son sens pour elle. Elle cacha mal son sourire, l'idée prenant forme dans son esprit avec une douceur calculée.
— C'est drôle, répondit-elle avec une fausse nonchalance, moi aussi, je vais être seule cet après-midi... Matilde travaille tard! Elle marqua une pause, scrutant le visage de Mélanie.
— Tu devrais venir passer un moment à l'appartement. On pourrait discuter tranquillement... ça te changerait les idées. Mélanie haussa les épaules, l'air détendu.
— Pourquoi pas, oui... ça me ferait du bien. Sara, intérieurement, se félicitait de ne rien laisser paraître de son véritable plan. Elle voulait que cela vienne naturellement, que les choses s'installent doucement, sans forcer, sans brusquer. L'après-midi promettait déjà une tension qu'elle n'osait à peine nommer. Lorsque Mélanie arriva, quelques heures plus tard, l'ambiance était douce, presque intime. L'appartement baignait dans une lumière dorée. Sara l'accueillit avec un sourire tendre, rapidement, elles glissèrent dans une conversation plus personnelle, comme si ce moment flottant favorisait la confidence. Sara s'installa près de Mélanie, un peu plus proche que d'habitude. Elle frôlait parfois son bras, effleurait sa main, la touchait avec cette délicatesse presque involontaire mais terriblement consciente. - Et toi... avec Luc, ça a évolué? demanda-t-elle, la voix douce, presque complice. Vous avez pu vivre de nouvelles choses? Mélanie sembla hésiter. Puis, elle se laissa aller, le regard perdu quelque part entre amusement et lassitude.
— Un peu, oui... Pas autant que j'aurais voulu, mais il y a eu des tentatives.
— Des tentatives? répéta Sara, d'un ton faussement innocent. Mélanie sourit, presque gênée.
— Une fois dans une cabine d'essayage, dans une boutique vide... C'était rapide, maladroit, mais excitant. Et une autre fois... dans le couloir de notre immeuble. Juste avant de rentrer chez nous. Là aussi, c'était bref... intense, mais furtif. Sara l'écoutait attentivement, chaque mot attisant en elle cette volonté d'offrir à Mélanie une vision différente, une autre manière de vivre l'intimité. Plus libre, plus profonde, plus sensuelle. Elle posa une main sur la cuisse de Mélanie, juste un instant. Elle la regarda avec une tendresse désarmante, sans jugement, juste une curiosité sincère. Le soir tomba lentement, enveloppant l'appartement d'un calme doux et feutré. Puis, on entendit la porte d'entrée s'ouvrir : Matilde venait de rentrer. Sara se leva et regarda Mélanie avec une lueur dans les yeux, celle d'une promesse silencieuse.- Fais-moi confiance, murmura-t-elle en prenant sa main. Ne pose pas de question. Viens avec moi. Elle la guida jusqu'à sa chambre, où elle ouvrit doucement la grande armoire coulissante. Mélanie, un brin confus, la suivit, intriguée mais sans crainte.
— Reste ici, dit Sara en la regardant droit dans les yeux. Juste un moment. Observe. Écoute. Je veux te montrer quelque chose... quelque chose d'important. Mélanie, troublée, sentit son cœur battre plus vite. Elle entra dans l'armoire, le corps légèrement tendu, ses sens en alerte.
— Tu devrais venir passer un moment à l'appartement. On pourrait discuter tranquillement... ça te changerait les idées. Mélanie haussa les épaules, l'air détendu.
— Pourquoi pas, oui... ça me ferait du bien. Sara, intérieurement, se félicitait de ne rien laisser paraître de son véritable plan. Elle voulait que cela vienne naturellement, que les choses s'installent doucement, sans forcer, sans brusquer. L'après-midi promettait déjà une tension qu'elle n'osait à peine nommer. Lorsque Mélanie arriva, quelques heures plus tard, l'ambiance était douce, presque intime. L'appartement baignait dans une lumière dorée. Sara l'accueillit avec un sourire tendre, rapidement, elles glissèrent dans une conversation plus personnelle, comme si ce moment flottant favorisait la confidence. Sara s'installa près de Mélanie, un peu plus proche que d'habitude. Elle frôlait parfois son bras, effleurait sa main, la touchait avec cette délicatesse presque involontaire mais terriblement consciente. - Et toi... avec Luc, ça a évolué? demanda-t-elle, la voix douce, presque complice. Vous avez pu vivre de nouvelles choses? Mélanie sembla hésiter. Puis, elle se laissa aller, le regard perdu quelque part entre amusement et lassitude.
— Un peu, oui... Pas autant que j'aurais voulu, mais il y a eu des tentatives.
— Des tentatives? répéta Sara, d'un ton faussement innocent. Mélanie sourit, presque gênée.
— Une fois dans une cabine d'essayage, dans une boutique vide... C'était rapide, maladroit, mais excitant. Et une autre fois... dans le couloir de notre immeuble. Juste avant de rentrer chez nous. Là aussi, c'était bref... intense, mais furtif. Sara l'écoutait attentivement, chaque mot attisant en elle cette volonté d'offrir à Mélanie une vision différente, une autre manière de vivre l'intimité. Plus libre, plus profonde, plus sensuelle. Elle posa une main sur la cuisse de Mélanie, juste un instant. Elle la regarda avec une tendresse désarmante, sans jugement, juste une curiosité sincère. Le soir tomba lentement, enveloppant l'appartement d'un calme doux et feutré. Puis, on entendit la porte d'entrée s'ouvrir : Matilde venait de rentrer. Sara se leva et regarda Mélanie avec une lueur dans les yeux, celle d'une promesse silencieuse.- Fais-moi confiance, murmura-t-elle en prenant sa main. Ne pose pas de question. Viens avec moi. Elle la guida jusqu'à sa chambre, où elle ouvrit doucement la grande armoire coulissante. Mélanie, un brin confus, la suivit, intriguée mais sans crainte.
— Reste ici, dit Sara en la regardant droit dans les yeux. Juste un moment. Observe. Écoute. Je veux te montrer quelque chose... quelque chose d'important. Mélanie, troublée, sentit son cœur battre plus vite. Elle entra dans l'armoire, le corps légèrement tendu, ses sens en alerte.
La porte se referma doucement sur elle, la plongeant dans une pénombre douce et pleine d'attente. De l'autre côté, Sara rejoignait Matilde. Sara s'approcha doucement de Matilde, encore prise dans l'atmosphère douce du retour à la maison. Elle glissa une main contre le bas de son dos et, dans un murmure à peine audible, souffla à son oreille :
— On est seules ce soir... vraiment seules. Matilde esquissa un sourire surpris, mais complice. Elle répondit simplement par un regard, celui qu'on n'échange qu'après des années d'amour tissé dans la tendresse et le désir. Sans un mot de plus, elle se laissa guider par Sara jusqu'à leur chambre. Dans l'armoire, dissimulée derrière la porte entrouverte, Mélanie retenait sa respiration. Tout son corps était en éveil. Elle entendait les pas légers sur le parquet, le chuchotement des draps qu'on déplaçait, le bruissement des vêtements qui glissaient au sol. Son cœur battait plus vite, suspendu entre gêne, surprise, et quelque chose de plus profond... une curiosité brûlante mêlée à un désir inattendu. Elle osa entrouvrir un peu plus la porte. Mélanie n'aurait jamais cru que l'attente pût être aussi douce, aussi cruelle. Chaque soupir qu'elle percevait au travers du bois fendu de la porte lui semblait un fil de soie effleurant sa peau. Elle retenait son souffle, le cœur battant à rompre ses côtes, les jambes légèrement tremblantes sous la tension délicieuse de l'interdit.
De là où elle était, elle ne voyait qu'un pan de lit, le reflet fuyant de corps en mouvement dans le miroir de la coiffeuse. Pourtant, c'était suffisant pour que son esprit construisît l'image entière, chaque détail, chaque frémissement de peau. Sara savait qu'elle observait. C'était cela, le vertige. Sara avait voulu qu'elle fût là, tapie, cachée, vulnérable et offerte à l'ombre d'un secret partagé. Matilde s'abandonnait lentement, avec cette langueur de celles qui savent qu'elles sont aimées, que chaque caresse reçue serait suivie d'une autre plus profonde, plus lente, plus dévorante. Elle laissait Sara explorer son corps comme si elle voulût qu'il fût redécouvert à chaque instant. Les draps se froissaient sous leurs gestes, et quand un gémissement discret s'élevait, Mélanie devait mordre sa propre main pour ne pas répondre, pour que son souffle ne les trahît.
Sara, toujours attentive, traînait le bout des doigts le long de la hanche de Matilde, comme si elle dessinait un secret sur sa peau, un secret que Mélanie seule avait le droit de surprendre. À chaque baiser, à chaque effleurement, Mélanie sentait la chaleur l'envahir, un feu qu'elle n'aurait jamais imaginé. Elle aurait voulu fermer les yeux, mais elle n'aurait su se priver de ce spectacle. Son regard dévorait tout, et plus elle voyait, plus elle désirait. Elle n'était plus une simple spectatrice ; elle devenait peu à peu l'ombre même du désir de Sara. Et quand Matilde gémit plus fort, que son dos se cambra dans une offrande instinctive, Mélanie sentit son ventre se contracter, un frisson fulgurant lui traverser l'échine. Elle ne savait plus si elle espérait que Sara la révélât, ou si elle préférait rester là, à brûler d'un feu sans exutoire. Elle voulait qu'on la découvrît. Elle voulait rester invisible. Elle voulait tout à la fois.
Et dans un regard volé à travers la fente, elle croisa un instant celui de Sara, dirigé vers le placard, un éclat de pur contrôle et de malice dans les yeux. C'était elle qui la tenait là, prisonnière d'un plaisir qu'on lui refusait et qu'on lui offrait tout à la fois. Et Mélanie, à cet instant, comprit qu'elle ne serait plus jamais la même. Sara s'allongeait à moitié sur Matilde, son corps souple épousant le sien avec une lenteur calculée, comme si chaque seconde devait s'étirer jusqu'à l'ivresse. Ses lèvres traçaient un sillon brûlant sur la clavicule de Matilde, puis plus bas, vers la naissance des seins, qu'elle effleurait de la langue, d'un souffle chaud, d'un murmure étouffé. Matilde frémissait, soupirait, se tordait avec grâce sous les attentions de Sara. Leurs peaux s'enlaçaient dans le demi-jour, dans un ballet que Mélanie ne pouvait plus supporter de simplement observer.
Chaque geste, chaque frôlement, chaque souffle devenait pour elle une morsure. Elle aurait voulu que son cœur ralentît, mais il tambourinait avec une urgence insupportable. Son entrejambe palpitait d'une chaleur sourde, une tension qu'elle n'avait plus la force d'ignorer. Alors, presque malgré elle, sa main glissa entre ses cuisses. Elle le fit d'abord timidement, comme si elle craignait qu'on l'entendît penser. Mais à mesure que les soupirs s'intensifiaient sur le lit, à mesure que le corps de Matilde s'arquait sous les doigts de Sara, elle céda. Elle se caressa, d'abord doucement, puis avec plus de fermeté, les yeux rivés sur cette scène qui la consumait. Elle se découvrait voyeuse, offerte à cette vision comme à un rêve qu'elle aurait trop longtemps retenu. Sara, à ce moment précis, releva légèrement la tête. Ses yeux glissèrent vers la porte entrebâillée. Son regard n'avait rien de surpris. Il était dense, profond, traversé d'un éclat de domination délicieuse. Elle savait.
Elle voyait. Et elle n'interrompait rien. Au contraire, ses gestes se firent plus précis, plus lents. Elle guida Matilde du bout des doigts, lui arrachant un cri étouffé, presque un chant. Et tout en le faisant, elle maintenait son regard vers le placard, vers l'ombre qui bougeait à peine. Vers Mélanie, qui, dans une transe fiévreuse, continuait de se caresser, sentant son plaisir grandir avec une violence inattendue. Elle comprit alors. Tout était voulu. Calculé. Ce n'était pas un simple jeu, mais un rite silencieux, une offrande partagée entre trois corps, trois désirs liés par un fil invisible. Ce regard entre elle et Sara la transperça. Elle s'y abandonna, haletante, tendue, les doigts moites et le souffle court, tandis que Matilde, elle, atteignait les sommets, les hanches soulevées, le dos arqué dans l'abandon le plus total. Et dans cette chambre devenue sanctuaire, il n'y avait plus de frontières entre ce qui se faisait et ce qui se voyait. Mélanie n'était plus cachée.
Elle était incluse. Elle faisait partie de cette chorégraphie du plaisir.
Le corps de Matilde ondulait maintenant avec une grâce hypnotique, comme si chaque mouvement répondait à une musique inaudible que seule Sara savait jouer. Elle avait les yeux fermés, perdue dans un monde où seul comptait le toucher, la langue de Sara, ses doigts experts qui glissaient, exploraient, pénétraient avec une douceur lente, méthodique, presque cruelle. Elle appelait son nom par vagues, des murmures haletants qui faisaient vibrer l'air autour d'elles. Et tout ce temps, Mélanie regardait. Elle ne pouvait plus détourner les yeux, ne le voulait plus. Elle était prisonnière volontaire de ce théâtre de chair et de gémissements, et sa main, entre ses jambes, s'activait maintenant sans retenue. Ses doigts humides se perdaient dans la chaleur de son propre corps, guidés par le rythme imposé par Sara. Chaque spasme de Matilde résonnait en elle, amplifiait son désir, l'élevait jusqu'à cette limite insupportable où l'excitation se mêlait à une forme d'adoration.
Elle étouffait ses soupirs contre son poignet, tremblante, dévorée d'un feu qu'elle n'avait jamais connu ainsi. Le bois du placard lui paraissait tiède contre son dos. L'étroitesse de l'espace accentuait son trouble, la rendant plus vulnérable, plus offerte encore à ce plaisir qu'elle volait du regard. Mais dans cette cage, elle régnait, prisonnière souveraine de son propre désir. Sara, tout en continuant de faire gémir Matilde, pencha légèrement la tête. Juste un instant. Un regard de biais. Directement dans la fente du placard. Mélanie sentit son ventre se contracter violemment. Elle s'arrêta une seconde, figée, haletante. Mais Sara ne dit rien, ne ralentit pas, ne changea pas de rythme. Elle sourit simplement. Un sourire infime, secret, fait pour elle seule. Ce sourire transperça Mélanie. Il disait : Je te vois. Je te veux là. Continue. Alors elle reprit. Plus fort. Plus profond. Plus désespérée.
Elle cherchait à se retenir, mais Sara savait exactement quand accélérer ses gestes sur Matilde, quand la faire haleter plus fort, quand la faire s'ouvrir, s'abandonner sous ses mains comme une offrande vivante -- et Mélanie ne pouvait plus suivre ce ballet sans basculer. Elle sentit la vague monter en elle, brûlante, impossible à contenir. Tout son être tendu vers l'explosion. Et ce fut précisément à l'instant où Matilde se cambra violemment, les lèvres entrouvertes dans un cri étouffé de plaisir, que Mélanie jouit à son tour, silencieuse, déchirée, les yeux grands ouverts vers Sara, qui la regardait. C'était un partage muet, profond, vertigineux. Matilde, haletante, ignorait tout. Sara, elle, souriait contre sa peau, comme une prêtresse secrète du plaisir. Et Mélanie, recroquevillée dans l'ombre, frissonnante et couverte de sueur, comprit qu'elle n'était pas simplement spectatrice. Elle était choisie.
Matilde, encore frémissante, la peau moite de plaisir, s'étira paresseusement contre les draps froissés. Elle tourna la tête vers Sara, un sourire languide au coin des lèvres, puis souffla dans un murmure :
— Je vais prendre une douche... j'ai chaud, et j'ai besoin de retrouver mes jambes. Sara caressa tendrement sa cuisse, l'embrassa juste au creux du ventre, puis murmura :
— Vas-y, mon amour... j'arrive dans quelques minutes. Matilde se leva nue, gracile, détendue, et quitta la pièce en silence, laissant derrière elle une trace invisible de chaleur et de satiété.
— Vas-y, mon amour... j'arrive dans quelques minutes. Matilde se leva nue, gracile, détendue, et quitta la pièce en silence, laissant derrière elle une trace invisible de chaleur et de satiété.
Aussitôt la porte refermée, Sara se leva sans chercher à se couvrir. Ses hanches ondulaient doucement encore à chaque pas. Elle s'approcha lentement de l'armoire, où l'entrebâillement laissait filtrer à peine plus qu'un souffle d'ombre. Elle y posa la main, ouvrit juste ce qu'il fallait. Mélanie, toujours nue, le corps encore contracté d'émotion, releva les yeux. Son regard était un mélange trouble de surprise, de gêne et de cette fièvre intérieure qui ne la quittait plus. Sara s'agenouilla devant le placard :
— Alors... dis-moi, murmura Sara dans un souffle à peine audible. Qu'est-ce que tu as ressenti, là-dedans? Mélanie ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit. Elle déglutit, puis répondit d'une voix brisée par l'émotion :
— Au début... je n'ai rien compris. J'étais nerveuse, enfermée là, à t'attendre. Mais ensuite... quand j'ai entendu Matilde... quand je vous ai vues... C'était trop. C'était beau, fort, intime. Et j'ai eu envie... envie d'être là, vraiment. Pas derrière la porte. Envie de sentir ça, moi aussi. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Sara pencha la tête, un sourire tendre et rusé étirant ses lèvres. Elle posa une main chaude contre la joue de Mélanie, la caressa du pouce comme on apprivoise un animal craintif, puis se pencha vers elle. Le baiser qu'elle lui donna alors n'avait rien de furtif. Il était profond, possessif, chargé de cette tension brûlante qui les liait sans mot depuis qu'elle l'avait cachée là. Leurs lèvres se cherchèrent, se pressèrent, s'ouvrirent. La langue de Sara traça doucement le contour de celle de Mélanie, et aussitôt cette dernière soupira contre elle, ses mains ne pouvant résister à l'envie de parcourir le corps nu de Sara. Elle la toucha d'abord du bout des doigts, timide, puis ses mains descendirent, épousant les courbes de ses hanches, remontant vers la cambrure de son dos, puis vers ses seins, qu'elle effleura avec une lenteur presque douloureuse. Sara frissonna, les yeux mi-clos, laissant échapper un souffle rauque. Mélanie s'approcha encore, leurs poitrines se frôlant, leurs souffles mêlés dans l'étroitesse du placard. Elles restèrent ainsi de longues secondes, à se regarder, front contre front, dans ce silence vibrant qui disait tout. Sara l'effleurait à peine, mais son regard dévorait Mélanie, y lisant ce feu nouveau, cet abandon pur. Enfin, Sara murmura doucement à son oreille :
— Tu dois partir maintenant... Matilde ne se doute de rien. Donne-nous quelques minutes. Ensuite, appelle-moi. Dis que tu es seule, et je te proposerai de rester ici. Comme si rien ne s'était passé. Mélanie hocha la tête lentement, les joues en feu, mais un sourire naissait sur ses lèvres. Elle se rhabilla, à contrecœur, les doigts encore tremblants d'avoir touché Sara. Arrivée à la porte d'entrée, elle s'arrêta, se tourna. Sara, toujours nue, s'avança vers elle, lui prit le visage entre les mains, et l'embrassa une dernière fois. Cette fois-ci, c'était lent, tendre. Les lèvres de Sara s'attardèrent un instant de plus, comme si elle goûtait encore Mélanie avant de la laisser partir.
— À tout de suite, souffla-t-elle contre sa bouche. Mélanie descendit les escaliers avec le cœur tambourinant dans la poitrine.
— Au début... je n'ai rien compris. J'étais nerveuse, enfermée là, à t'attendre. Mais ensuite... quand j'ai entendu Matilde... quand je vous ai vues... C'était trop. C'était beau, fort, intime. Et j'ai eu envie... envie d'être là, vraiment. Pas derrière la porte. Envie de sentir ça, moi aussi. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Sara pencha la tête, un sourire tendre et rusé étirant ses lèvres. Elle posa une main chaude contre la joue de Mélanie, la caressa du pouce comme on apprivoise un animal craintif, puis se pencha vers elle. Le baiser qu'elle lui donna alors n'avait rien de furtif. Il était profond, possessif, chargé de cette tension brûlante qui les liait sans mot depuis qu'elle l'avait cachée là. Leurs lèvres se cherchèrent, se pressèrent, s'ouvrirent. La langue de Sara traça doucement le contour de celle de Mélanie, et aussitôt cette dernière soupira contre elle, ses mains ne pouvant résister à l'envie de parcourir le corps nu de Sara. Elle la toucha d'abord du bout des doigts, timide, puis ses mains descendirent, épousant les courbes de ses hanches, remontant vers la cambrure de son dos, puis vers ses seins, qu'elle effleura avec une lenteur presque douloureuse. Sara frissonna, les yeux mi-clos, laissant échapper un souffle rauque. Mélanie s'approcha encore, leurs poitrines se frôlant, leurs souffles mêlés dans l'étroitesse du placard. Elles restèrent ainsi de longues secondes, à se regarder, front contre front, dans ce silence vibrant qui disait tout. Sara l'effleurait à peine, mais son regard dévorait Mélanie, y lisant ce feu nouveau, cet abandon pur. Enfin, Sara murmura doucement à son oreille :
— Tu dois partir maintenant... Matilde ne se doute de rien. Donne-nous quelques minutes. Ensuite, appelle-moi. Dis que tu es seule, et je te proposerai de rester ici. Comme si rien ne s'était passé. Mélanie hocha la tête lentement, les joues en feu, mais un sourire naissait sur ses lèvres. Elle se rhabilla, à contrecœur, les doigts encore tremblants d'avoir touché Sara. Arrivée à la porte d'entrée, elle s'arrêta, se tourna. Sara, toujours nue, s'avança vers elle, lui prit le visage entre les mains, et l'embrassa une dernière fois. Cette fois-ci, c'était lent, tendre. Les lèvres de Sara s'attardèrent un instant de plus, comme si elle goûtait encore Mélanie avant de la laisser partir.
— À tout de suite, souffla-t-elle contre sa bouche. Mélanie descendit les escaliers avec le cœur tambourinant dans la poitrine.
Elle, referma doucement la porte, puis se dirigea d'un pas fluide vers la salle de bain, où Matilde, derrière le rideau de vapeur, fredonnait une mélodie indistincte. Elle entra sans un mot, la rejoignit dans la douche, et l'enlaça par derrière, glissant ses bras autour de sa taille.
— Tu sens si bon sous l'eau, chuchota-t-elle à son oreille. Matilde se retourna, souriante, et l'embrassa sous le jet brûlant. Un peu plus tard, le téléphone vibra sur la table de chevet. Sara l'attrapa d'une main, toujours trempée, encore nue, et décrocha :
— Allô? La voix de Mélanie, douce, un peu hésitante, parvint à son oreille :
— Salut... je ne voulais pas te déranger. Je suis toute seule ce soir. Et... j'sais pas, j'avais envie d'appeler quelqu'un. J'avais besoin. Un sourire se dessina sur les lèvres de Sara, invisible à l'autre bout de la ligne. Elle jeta un regard à Matilde, qui rinçait ses cheveux, insouciante.
— Tu ne déranges pas du tout. Viens à la maison, ma belle. On ne va pas te laisser seule ce soir.
— Allô? La voix de Mélanie, douce, un peu hésitante, parvint à son oreille :
— Salut... je ne voulais pas te déranger. Je suis toute seule ce soir. Et... j'sais pas, j'avais envie d'appeler quelqu'un. J'avais besoin. Un sourire se dessina sur les lèvres de Sara, invisible à l'autre bout de la ligne. Elle jeta un regard à Matilde, qui rinçait ses cheveux, insouciante.
— Tu ne déranges pas du tout. Viens à la maison, ma belle. On ne va pas te laisser seule ce soir.
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