Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon année de terminale — Chapitre 7
Auteur
Mon année de terminale
Chapitre 7
Le lundi matin, j’ai filé au lycée encore complètement sous le charme du week-end. Premier baiser, premières branlettes, première fellation, premier doigtage… J’étais aux anges. Chaque fois que je fermais les yeux dans le bus, je revoyais Juliana en porte-jarretelles, sa bouche autour de ma queue, ses seins contre mon visage sous la douche, ses doigts qui guidaient les miens entre ses cuisses. Mon corps gardait la mémoire de chaque contact. J’avais du mal à marcher normalement. La queue encore un peu sensible, le cœur trop léger.
Jules et Lucien m’attendaient devant le portail, sacs posés au sol, en train de scruter mon arrivée.
Lucien a levé un sourcil dès qu’il m’a vu.
— Alors, racontes.
Jules a croisé les bras, sourire en coin.
— On t’a laissé tranquille tout le week-end. Maintenant tu balances.
J’ai joué l’air détaché. J’ai haussé les épaules, regardé ailleurs, comme si ce n’était rien.
— Bah… ça s’est bien passé.
Lucien a éclaté d’un rire sec.
— « Ça s’est bien passé » ? Mec, t’as passé la moitié du week-end seul avec une meuf de vingt-cinq ans qui te chauffe depuis des semaines. Tu vas pas nous sortir ça.
J’étais piégé. Une partie de moi voulait tout garder pour moi. Par respect. Juliana n’était pas une conquête de lycée, pas un trophée. Ce qu’on avait fait dimanche était intime, presque trop. Elle m’avait laissé la toucher, elle m’avait pris dans sa bouche, elle m’avait appris à la faire jouir. Raconter ça aux potes, même à eux, me donnait l’impression de trahir quelque chose. Mais c’étaient Jules et Lucien. Ils étaient là depuis le début. Les nuits de ranked, les vannes sur Julie, les serments de puceaux. Ils m’avaient supporté quand je bavais sur chaque short de la terminale. Je leur devais bien ça.
J’ai gratté la semelle de ma basket sur le bitume, gêné.
— Écoutez… c’est pas… c’est pas comme si j’allais tout déballer. Elle mérite un minimum de respect.
Jules a soupiré.
— On n’est pas des connards, Théo. On va pas aller raconter ça à tout le lycée. C’est entre nous.
Lucien a insisté, plus bas :
— Juste… dis-nous. T’as touché ? Elle t’a touché ?
J’ai regardé autour de nous. Personne à proximité. Le premier cours n’allait pas tarder. J’ai baissé la voix.
— Ouais. Elle est venue dans ma chambre en lingerie. Victoria’s Secret. Porte-jarretelles, bas, string… tout. Elle m’a fait… elle m’a sucé. Jusqu’au bout. Elle a tout avalé.
Silence. Lucien a ouvert la bouche, l’a refermée. Jules a sifflé entre ses dents.
— Putain…
J’ai continué, la gorge un peu serrée, parce que maintenant que j’avais commencé, c’était trop tard pour m’arrêter.
— Après on a pris une douche ensemble. Elle m’a montré comment la toucher. Les doigts. Le clitoris, le point G… Elle a joui. Fort.
Jules a passé une main sur son visage.
— T’as dix-huit ans et t’as déjà une Espagnole de vingt-cinq ans qui te suce et qui te donne des cours de doigtage. Je suis en train de mourir un peu à l’intérieur.
Lucien a hoché la tête, sérieux pour une fois.
— Et le copain de Londres ?
J’ai senti la pointe acide revenir.
— Il est toujours là. Elle en a parlé. Mais… dimanche, il n’existait pas.
On est restés silencieux quelques secondes. Le carillon a sonné. Jules m’a tapé l’épaule.
— T’es un chanceux de merde, Théo. Mais… respecte-la, hein. C’est pas juste un plan cul.
J’ai hoché la tête. Je savais. C’était exactement pour ça que j’avais hésité. Parce que ce n’était plus juste un plan.
On est entrés dans le bâtiment. Moi, j’avais encore le goût de sa peau sur la langue et la gêne d’avoir tout raconté. Mais aussi ce soulagement bizarre d’avoir partagé. Parce que c’étaient mes potes. Et que, pour la première fois, j’avais vraiment quelque chose à raconter.
Chapitre 7 (suite)
Le premier cours de la journée était maths. Comme toujours, j’ai pris ma place à côté de Julie. Elle était déjà assise, stylo en main, cahier ouvert, short en jean et débardeur blanc comme d’habitude. Elle a levé les yeux quand je me suis installé, et j’ai senti son regard s’attarder un peu plus longtemps que d’habitude.
Le professeur a commencé à parler des fonctions dérivées, mais je n’écoutais qu’à moitié. Dans ma tête, c’était encore dimanche : la bouche de Juliana, ses gémissements sous la douche, ses doigts qui guidaient les miens. Je me sentais différent. Plus ancré. Moins dans mon coin. Comme si quelque chose s’était débloqué en moi.
Julie a attendu que le prof tourne le dos pour chuchoter :
— T’es différent, Théo.
J’ai tourné légèrement la tête vers elle.
— Différent comment ?
Elle a souri, un sourire discret, presque curieux.
— Plus confiant. Je sais pas ce qu’il t’arrive depuis ce début d’année, mais t’as changé. Tu fais plus homme, plus mature. C’est cool.
Ses mots m’ont surpris. Julie, celle pour qui j’avais bandé en silence pendant des semaines, me disait ça. Avant, j’aurais rougi, bafouillé, cherché n’importe quel prétexte pour prolonger la conversation. Maintenant, j’ai juste senti une distance tranquille s’installer.
J’ai hoché la tête, poli.
— Merci.
Elle a insisté un peu, voix toujours basse :
— Sérieux. Avant t’avais toujours l’air… ailleurs. Ou trop concentré sur un truc. Là, t’as l’air plus… posé. Comme si t’avais compris un truc.
J’ai croisé les bras sur mon cahier, regard fixé sur le tableau.
— Peut-être.
Elle a froncé légèrement les sourcils, surprise par mon ton. Pas sec, juste distant. Elle a ouvert la bouche comme pour ajouter quelque chose, puis s’est ravisée. Le professeur s’est retourné, a demandé qui savait dériver la fonction au tableau. Julie a baissé les yeux sur son cahier. Moi aussi.
Le reste de l’heure s’est déroulé dans un silence étrange entre nous. Elle prenait des notes, je prenais des notes, mais je sentais qu’elle me regardait de temps en temps du coin de l’œil. Comme si elle essayait de comprendre. Comme si mon changement l’intriguait plus qu’elle ne voulait l’admettre.
Moi, j’étais ailleurs. Chaque fois que mon stylo glissait sur la page, je repensais à Juliana. À la façon dont elle avait murmuré « chacun son tour ». À la façon dont elle m’avait regardé en avalant. À ce « merci pour ce week-end » qu’elle m’avait glissé la veille au soir. Julie était jolie, toujours. Mais elle n’occupait plus la même place. Elle était devenue… une camarade de classe. Quelqu’un d’agréable. Rien de plus.
Quand la sonnerie a retenti, Julie a rangé ses affaires plus lentement que d’habitude. Elle m’a regardé une dernière fois, un sourire en coin.
— À plus, Théo.
— À plus.
Je suis sorti de la salle sans me retourner. Dans le couloir, Jules m’a rattrapé.
— Alors ? Elle t’a parlé ?
J’ai hoché la tête.
— Ouais. Elle a dit que j’avais changé. Que je faisais plus mature.
Lucien a sifflé.
— Elle le sent. Les meufs, elles le sentent toujours.
J’ai souri malgré moi. Oui. Elle le sentait. Mais ce qu’elle sentait, c’était Juliana. Et pour la première fois, je n’avais plus besoin de Julie pour me sentir vivant.
Chapitre 7 (suite)
La journée s’est terminée sans autre incident. J’ai ravalé mes pensées, j’ai enchaîné les cours, j’ai évité les regards trop insistants de Julie. À 16 h 45, j’étais déjà dans le bus, écouteurs vissés, le corps encore chargé de tout ce qui s’était passé le week-end.
Rentré à la maison, je suis monté direct dans ma chambre. Sac jeté au pied du lit, cahiers étalés sur le bureau. Physique. Les ondes mécaniques, la période, la longueur d’onde, les formules que j’essayais d’apprendre par cœur sans vraiment y arriver. J’avais le stylo en main, le regard fixé sur mon livre, mais mon esprit revenait sans cesse à Juliana. À sa bouche. À ses cuisses. À la façon dont elle avait joui contre mes doigts.
Vers 18 h 10, la porte de ma chambre s’est ouverte sans frapper.
Juliana.
Elle était habillée normalement, presque trop. Un jean slim noir qui épousait parfaitement ses hanches et ses cuisses, un simple pull gris clair un peu trop large qui lui tombait sur une épaule, laissant voir la collarbone et le début de la poitrine. Pas de soutien-gorge, ou alors un truc très fin : on devinait la forme ronde de ses seins et le léger relief des piercings sous le tissu. Cheveux lâchés, légèrement ondulés, encore un peu humides comme si elle sortait de la douche. Pieds nus. Un collier fin en argent qui reposait juste au creux de sa gorge. Sur elle, même les vêtements les plus banals devenaient obscènes. Le jean soulignait le dessin de son cul, le pull glissait trop facilement, et chaque mouvement faisait bouger sa poitrine d’une façon qui me serrait le bas-ventre.
Elle s’est arrêtée sur le seuil, un magazine roulé dans une main.
— Qu’est-ce que tu révises, pequeño ?
— Physique. Les ondes.
Elle a hoché la tête, puis est entrée sans demander. Elle s’est assise directement sur mon lit, dos contre le mur, jambes allongées, et a ouvert son magazine. Une revue de mode espagnole, des photos de mannequins, des publicités. Elle a croisé les chevilles, puis a commencé à se caresser distraitement les jambes. La paume glissait le long de sa cuisse, remontait jusqu’au genou, redescendait lentement. Le tissu du jean craquait un peu sous ses doigts. Elle ne regardait même pas vraiment les pages. Elle savait exactement ce qu’elle faisait.
Moi, j’essayais de relire la même phrase pour la cinquième fois. Impossible. Mes yeux glissaient vers elle toutes les dix secondes. La façon dont son pied se balançait, le mouvement de sa main sur sa propre cuisse, le décolleté qui s’ouvrait un peu plus quand elle se penchait pour tourner une page. J’avais qu’une envie : me lever, la plaquer contre le matelas, lui arracher ce putain de jean et la prendre là, tout de suite. Mais la maison n’était pas vide. J’entendais ma mère en bas, dans la cuisine. Les pas d’Emma dans le couloir. La télé du salon. Chaque bruit me rappelait qu’on n’était pas seuls. Que si je touchais Juliana maintenant, quelqu’un pouvait entrer à tout moment.
Elle est restée là. Vingt minutes. Peut-être trente. Elle tournait les pages, se caressait les jambes, parfois relevait un peu le pull pour se gratter le ventre, laissant entrevoir le piercing au nombril. Elle ne disait rien. Elle savait que je la regardais. Elle savait que j’étais en train de bander sous mon bureau. Et elle ne bougeait pas.
À un moment, elle a levé les yeux vers moi, un sourire presque innocent.
— T’as l’air concentré, Théo.
— Ouais… j’essaie.
Elle a baissé le magazine, s’est étirée un peu, le pull remontant encore.
— Tu veux que je t’aide ? Ou que je te laisse tranquille ?
J’ai secoué la tête, la voix un peu rauque.
— Reste. Mais… reste comme ça.
Elle a souri plus large, a repris son magazine, et a continué à se caresser les jambes, plus lentement encore. Comme si elle me torturait exprès.
Vers 19 h 15, la voix de ma mère est montée depuis le rez-de-chaussée :
— Les enfants ! À table !
Juliana a refermé le magazine d’un coup, s’est levée avec une grâce fluide, et est passée près de moi. Son parfum – vanille et peau chaude – m’a frôlé. Elle a posé une main sur mon épaule une seconde, juste une seconde, puis est sortie.
J’ai attendu une minute pour que mon érection redescende un peu, puis je suis descendu.
Le repas était simple. Poulet rôti, pommes de terre sautées, salade verte. Toute la famille était là : mon père au bout de la table, ma mère en face, Emma à gauche, Juliana à ma droite. Comme d’habitude maintenant.
Mon père a parlé de son travail, d’une réunion qui avait traîné. Ma mère a demandé à Emma où elle en était avec les dossiers de master. Emma a sorti deux-trois noms d’écoles, a parlé des portes ouvertes de la veille. Juliana a écouté poliment, a posé une ou deux questions sur les stages à l’étranger, a complimenté le poulet.
Moi, j’étais collé à elle. Sa cuisse touchait presque la mienne sous la table. Chaque fois qu’elle se penchait pour prendre du pain, son bras frôlait le mien. Elle mangeait lentement, souriait aux bons moments, jouait parfaitement le rôle de la colocataire parfaite. Mais moi, je sentais encore sa main sur ma cuisse de la veille, sa bouche autour de moi, ses gémissements dans la douche. J’avais du mal à avaler.
À un moment, elle a posé sa fourchette et a regardé ma mère.
— Au fait, pour le restaurant… j’ai pensé à un petit endroit espagnol près de la gare. Pas trop cher, et la paella est excellente. Ça vous irait ?
Ma mère a hoché la tête, ravie.
— Parfait. On choisira une date cette semaine.
Juliana a souri, puis a tourné légèrement la tête vers moi. Un regard rapide, chargé, qui n’a duré qu’une fraction de seconde. Personne d’autre ne l’a vu. Mais moi, je l’ai senti jusqu’au fond du ventre.
Le reste du repas s’est déroulé normalement. Vaisselle, discussions légères, rires d’Emma. Juliana a aidé à débarrasser, a ri aux blagues de mon père, a été absolument irréprochable.
Chapitre 7 (suite)
Après le repas, j’ai aidé à ranger un peu, puis je suis monté. La maison s’était calmée. Emma était déjà dans sa chambre, mes parents devant les infos en bas. J’ai poussé la porte de ma chambre, allumé la petite lampe de chevet, et j’ai figé.
Au milieu de mon lit, bien en évidence sur l’oreiller, un petit bout de papier plié en deux. J’ai hésité une seconde avant de le prendre. Dedans, un numéro de téléphone écrit au stylo bleu, soigné. Juste en dessous, un petit cœur dessiné à la main, et son prénom : Juliana.
Rien d’autre. Pas de message. Juste ça.
Mon cœur a raté un battement. J’ai refermé la porte à clé, me suis assis sur le bord du lit, et j’ai sorti mon téléphone. J’ai tapé le numéro, hésité encore une seconde, puis j’ai envoyé un simple :
— C’est Théo.
La réponse est arrivée presque immédiatement.
— Hola, pequeño.
Puis, juste après :
— C’est pour qu’on puisse se parler discrètement maintenant. Quand on veut. Sans que personne entende.
J’ai senti un sourire me tirer les lèvres malgré moi. J’ai répondu :
— T’as glissé ça dans mon lit pendant que j’étais en bas ?
— Peut-être. Tu étais trop concentré sur tes ondes.
— T’es diabolique.
— Je sais.
— Peut-être. Tu étais trop concentré sur tes ondes.
— T’es diabolique.
— Je sais.
On a échangé quelques messages, simples, presque banals. Elle m’a demandé si j’avais bien mangé. Je lui ai dit que oui. Elle m’a demandé si j’allais réussir à dormir. J’ai répondu que j’essayais. Puis elle a écrit :
— Bonne nuit, pequeño. Pense à moi un peu, d’accord ?
J’ai regardé l’écran longtemps. Ces deux mots – « pense à moi » – tournaient dans ma tête. Pas une invitation claire. Juste une phrase douce, un peu taquine, qui laissait tout le reste à l’imagination.
— Toi aussi. Bonne nuit.
Elle a envoyé un dernier cœur, puis plus rien.
J’ai éteint la lumière. Allongé dans le noir, le téléphone encore chaud dans ma main, j’ai fermé les yeux. L’image d’elle sur mon lit, plus tôt, le jean moulant, le pull qui glissait, sa main qui glissait le long de sa propre cuisse… tout est revenu. Lentement. Sans rien forcer. Juste la sensation de sa présence, le souvenir de sa voix dans mon oreille, de ce « pequeño » qu’elle laissait traîner comme une caresse.
Ma main a glissé sous le drap, presque malgré moi. Rien de brutal. Juste une caresse lente, attentive, pendant que je repensais à elle. À la façon dont elle m’avait regardé à table. À la tension qui avait flotté entre nous toute la soirée. À ce petit papier plié sur mon oreiller.
J’ai mis longtemps à m’endormir. Et quand le sommeil est enfin venu, c’était encore elle que je voyais.
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Commentaires ()
J’ai des histoires plus réalistes, d’autres plus invraisemblables, avoir différentes histoires en cours permet en tant qu’auteur de pouvoir exprimer ses envies d’écriture sans dénaturer ses histoires
Sinon très agréable à lire
Mais merci beaucoup en tous cas 😉