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✦ Exorium Le journal intime de Clémence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le journal intime de Clémence — Chapitre 4

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Le journal intime de Clémence

Chapitre 4

Vendredi 24 mai
On s'était mises d'accord toutes les deux.
‒ Et au-dessus du genou la robe, hein ! Bien au-dessus.
‒ Ça va de soi. Mais pas trop quand même. Faut rien exagérer.
Et on a séché le cours d'anatomie animale.
‒ On a mieux à faire. Beaucoup mieux.
Direction la passerelle.
‒ T'as bien compris ? Tu fais semblant de farfouiller dans ton sac en attendant que je sois bien au milieu. Que je l'ai dépassé même. Et là, t'attaques l'escalier.
Mais oui, j'avais compris, oui ! Ça faisait dix mille fois qu'elle me le répétait.
‒ Bon, ben allez ! Mais te précipite pas, hein ! Le temps que je fasse le tour.
Il y en avait trois des types. Tout à côté. Presque en dessous. Des vieux. Qui discutaient. Qu'ont fait semblant de pas m'avoir vue. Bon, mais alors ! Elle arrivait ? Qu'est-ce qu'elle fichait ? Ah, enfin ! Et pile poil aux trois quarts de l'escalier on s'est retrouvées. Presque aux trois quarts.
‒ Génial ! Une vue imprenable ils doivent avoir d'en bas.
‒ On fait durer, hein ! On fait bien durer.
On a effectivement fait durer. En parlant de choses et d'autres. Et en riant sous cape. Jusqu'à ce que…
‒ Clémence !
‒ Stéphane ! 
Stéphane. Un type du club théâtre de l'an dernier. Amoureux de moi dans la pièce qu'on avait jouée. Et pas seulement dans la pièce, je crois.
‒ Clémence ! Ce que ça fait plaisir de te voir ! Qu'est-ce tu fais là ?
Ce que je faisais là ? S'il avait su !
‒ Oh, rien ! Je suis à l'école vétérinaire. De l'autre côté. Là-bas, derrière.
Sophie s'est discrètement éclipsée.
‒ Faut que j'y aille, moi ! Faut absolument que j'y aille. On se retrouve là-bas.
Des souvenirs nous sont remontés.
‒ Tu te rappelles la fois où Baptiste est tombé dans la fosse. En pleine représentation.
‒ Et celle où Clarisse s'est empêtrée dans sa robe…
‒ Et celle… Mais si on allait boire un verre ? T'as le temps ?
Pas trop non, mais j'allais le prendre.
Sophie m'attendait.
‒ Ben dis donc ! Tout ce temps-là t'es restée avec ? Oui ? Eh ben raconte, quoi ?
Que je raconte ? Mais il y avait rien à raconter. On avait discuté. Du théâtre, de la pièce qu'on avait jouée. Des autres membres de la troupe. Ce qu'ils étaient devenus. Quand on le savait. Et puis voilà !
‒ Tu vas le revoir ?
Alors ça, j'en savais rien du tout si j'allais le revoir. On s'était échangé nos téléphones, oui, mais bon… 
‒ Vous allez vous revoir. Alors là je suis bien tranquille. T'en crèves d'envie ! Et même… je suis prête à parier que d'ici un mois…
Mais non ! Qu'est-ce qu'elle allait chercher ! J'avais Pierre et…
‒ On verra… On en reparlera… Bon, mais en attendant je peux te dire qu'ils se sont régalés les trois autres sous l'escalier. Je me suis pas attardée à les regarder sous le nez, mais ils appréciaient. Et pas qu'un peu ! Faut dire aussi que si t'es restée comme t'étais quand je t'ai quittée, un pied sur une marche et l'autre sur celle du dessus, ils ont pu se rincer l'œil tout leur saoul.
22 heures
Un coup de sonnette. À cette heure-ci ! Qui ça pouvait bien être ? C'était Pierre.
‒ Toi ?
Pierre qui m'a repoussée à l'intérieur. Qui m'a pris fougueusement les lèvres.
‒ J'avais envie de toi. J'ai trop envie. Depuis ce matin je ne pense qu'à ça.
Ses mains sur moi.
‒ Attends, Pierre, attends !
‒ J'attends rien du tout. Je peux pas.
Et il m'a déshabillée. Là, dans le séjour. Il m'a arraché mon haut. Ma jupe. Entraînée vers la chambre comme ça, en soutien-gorge et petite culotte. Un coup d'œil par-dessus mon épaule : la porte de Julien s'était entrebâillée. La nôtre s'est refermée. Son désir. Impérieux. Son désir qui affole le mien. Son plaisir. Le nôtre. Et celui de Julien, à côté. Sûrement. Forcément.
Samedi 25 mai
Est-ce que c'est la proximité de Julien qui, comme je l'ai d'abord cru, met Pierre dans tous ses états ? Pas si sûr, finalement. Parce qu'il ne s'est pas préoccupé du tout, quand il est arrivé hier soir, de savoir s'il était là ou pas. Il s'en fichait manifestement. Et ce que je commence à me demander c'est si, par hasard, il en aurait pas quelqu'un d'autre, Pierre. Parce qu'il a tellement changé d'un coup. Impressionnant. Une autre, plus âgée que lui qui le décoincerait et lui apprendrait des tas de choses dont il me ferait ensuite généreusement profiter. Je délire peut-être complètement, mais plus j'y pense… D'autant que j'en sais rien du tout, moi, de ce qu'il fait pendant la semaine finalement. Oh, mais j'en aurai le cœur net. Il faut que j'en aie le cœur net.
Midi
Elle se confirme mon hypothèse. Elle se confirme nettement. Parce que tout à l'heure, dans la voiture, en allant chez mes parents… On avait à peine fait trois kilomètres qu,il m'a pris la tête et qu'il l'a inclinée vers lui. Doucement, mais fermement C'était clair ce qu'il voulait. Mais c'était pas lui, ça ! Il n'avait, jusque-là, jamais pris d'initiative. Il me laissait faire. Ce n'était pas le Pierre d'avant. Je la lui ai dégagée, sa queue, piquetée du bout de la langue. Je l'ai lentement apprivoisée. Là, avec toute la circulation autour. Ça ralentissait. Ça s'arrêtait. Ça repartait. Ralentissait encore. Je m'en suis emparée. Ça a été vite. Très vite. J'ai avalé cette fois. Et je l'ai gardée. Longtemps. Même après.
Il a posé mon sac devant le portail
‒ Dis, Clémence, ça t'ennuie si on se voit pas ce week-end ? Parce qu'il y a des potes qu'organisent un truc. Qu'entre mecs. Et comme je les connais, ça risque de boire. De se prolonger tard. Alors je préfère pas prendre de risques.
Ça m'ennuyait pas, non ! On venait de passer la nuit ensemble. Et toute la matinée. Alors qu'il fasse la fête avec ses copains ! C'était pas un problème. Mais il y a anguille sous roche. Parce que les copains, j'y crois pas une seule seconde. Il y a vraiment anguille sous roche.
À la maison il n'y avait personne. Que ma sœur. Hilare.
‒ Ils sont tous barrés. Je suis toute seule.
‒ Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
‒ C'est pas une histoire. Ça les a pris comme ça, d'un coup. Comme il faisait beau… Au Tréport, ils sont.
‒ Ils auraient pu prévenir quand même. Moi qui viens exprès pour les voir. C'est agréable. Bon, ben j'ai plus qu'à repartir, quoi !
‒ Tu fais bien ce que tu veux, mais moi, de toute façon, je reste pas non plus. Il m'attend Charlie.
Et on est parties, chacune de son côté.
18 heures
J'y ai pensé tout au long du trajet. Il était tout seul à l'appart Julien et persuadé de ne pas me voir rappliquer de si tôt. Donc… Donc, le connaissant comme je le connaissais maintenant, j'avais toutes les chances, si je me montrais discrète, de le surprendre en flagrant délit. Et effectivement… Sa musique à fond. La porte de sa chambre ouverte. Je me suis approchée. À pas de loup. Personne. Personne ? La porte de ma chambre – que j'étais pourtant bien certaine d'avoir fermée avant de partir – était, elle aussi, ouverte. Et il était là, sur mon lit, les yeux clos, une main posée sur mon pyjama, l'autre s'activant énergiquement sur sa queue. J'ai regardé. Un bon moment. Et puis je suis venue m'asseoir doucement – le plus doucement que j'ai pu – à ses côtés. Il a sursauté, ouvert les yeux, s'est redressé. Du plat de la main je l'ai obligé, en souriant, à se rallonger.
‒ Continue ! Finis-toi !
Je l'ai regardé faire. Jusqu'au bout. Jusqu'à ce qu'il se répande sur son ventre, haletant, les yeux mi-clos.
Lundi 27 Mai
J'ai eu envie ; J'avais tout mon temps ce matin. Un petit tour à la passerelle. Toute seule. Un type – 35-40 ans, quelque chose comme ça – était arrêté au pied de l'escalier. Il m'a regardée approcher et, quand j'ai été tout près, il m'a mise au défi, mais vraiment mise au défi – aucun doute possible – les yeux dans les yeux. J'ai posé le pied sur la première marche. La seconde. Il est ostensiblement passé sous l'escalier. Je suis montée. Tranquillement. Sans presser le pas. Mais sans exagérer non plus. J'ai aimé. Beaucoup. Et regretté de n'avoir pas le temps matériel de retourner à l'appart pour me faire du bien.
J'avais décidé que non. De pas lui en parler à Sophie pour Pierre. Après tout ça ne la regardait pas. Et puis ça a été plus fort que moi. Son avis…
‒ Mon avis, c'est qu'ils nous trompent tous les mecs. Tous. À tire-larigot. Dès qu'ils ont l'occasion. Ton Pierre comme les autres. Faut faire avec. T'as pas fini de te prendre le chou sinon. Cela étant, là où t'as raison, c'est qu'il vaut quand même mieux, chaque fois qu'on peut, savoir de quoi il retourne. D'un autre côté, si c'est une vieille, t'as pas grand-chose à craindre. Ça durera pas. Et si elle doit lui apprendre des trucs, c'est tant mieux pour toi. T'en profiteras. Sauf que t'en sais rien du tout quel âge elle a. Alors la première chose à faire…
Julien tournait en rond dans l'appartement.
‒ Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux me demander quelque chose, c'est ça ?
‒ Non. Enfin, oui ! Si !
‒ Bon, ben vas-y ! Accouche !
‒ C'est quand que tu referas un truc comme l'autre fois avec ton pyjama ?
‒ Oh, l'autre ! On t'a pas appris que c'était pas beau de réclamer ? Et puis, de toute façon, ce genre de choses il faut que ce soit exceptionnel. Et que ça arrive quand on l'attend pas. Ça perd tout son charme sinon. Non ? T'es pas de mon avis ? »
Mardi 28 mai
Le prof d'anatomie était absent. J'ai proposé qu'on aille à la passerelle, mais Sophie a fait la moue.
‒ Ça va paraître suspect à la longue. Et ça risque de finir par nous attirer des emmerdes. Non, ce que j'aimerais, moi, maintenant, c'est aller prendre un bain chez toi. Parce que moi, une baignoire comme ça…
Oui, oh, ben, c'était facile, ça !
Je lui ai apporté une serviette et j'ai voulu m'éclipse.
‒ Oh, ben non, tu vas pas me laisser toute seule !
J'ai hésité.
‒ Allez, viens, quoi !
Elle m'a tranquillement regardée me déshabiller. Escalader le rebord de la baignoire.
‒ Je te l'ai déjà dit, mais qu'est-ce que t'es bien foutue !
‒ T'es pas mal non plus !
‒ Comment j'aimerais avoir tes seins !
‒ Et moi, les tiens !
On a éclaté de rire. Et j'ai constaté.
‒ On n'est jamais contentes de ce qu'on est n'importe comment, nous, les filles. On se trouve toujours tout un tas de défauts.
Elle a fait des vagues dans l'eau avec ses mains.
‒ J'aime trop ça, comment ça te les fait bouger.
M'a caressé le ventre, du bout du gros orteil, autour du nombril et a voulu savoir.
‒ T'as déjà fait des trucs avec une fille ?
‒ Jamais, non. Et toi ?
‒ Non plus. Ça a failli une fois, mais non.
‒ T'aimerais, toi, tu crois ?
‒ Je sais pas. Peut-être. Je sais pas.
On s'est relevées. On est sorties de la baignoire.
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