Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Allée des crucifiées — Chapitre 13 · Amelia et les Chinois
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Allée des crucifiées
Chapitre 13 · Amelia et les Chinois
Résumé
Amelia, 38 ans, décoratrice et bi, est devenue amie du couple Robert-Sylvie ainsi que de l'amante de Robert, Armelle.
Robert est un important industriel et homme d'affaires.
Amelia a un amant, René...
Robert est un important industriel et homme d'affaires.
Amelia a un amant, René...
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Amélia et les Chinois
Rambouillet, Auberge de la forêt
C'est là que je me suis rendu compte que Sylvie n'était plus dans la course... et désolée, il va être question à nouveau de l'Asie mais dans un registre différent...
Je gare ma moto dans le petit parking parmi des voitures de haut de gamme et je reconnais la 508 de Robert. Un endroit magnifique, certainement très cher, à la lisière de la forêt de Rambouillet. Je libère mes cheveux et je me dirige vers l'auberge et mon œil exercé reconnaît une maison ancienne réaménagée. Mes bottes crissent sur le gravier. J'ai mon casque à la main, mon sac à dos et un sac supplémentaire que j'avais tassé dans le petit container. Je monte les marches.
Figurer dans un dîner offert à des clients chinois, des clients de la plus haute importance, m'avait-il expliqué et, naïve, j'avais cru que coucher avec eux serait purement facultatif... Un week-end de rêve dans un endroit très chic... Une expérience intéressante, m'avait-il dit. Je me suis laissé tenter : à 38 ans, je ne suis plus une enfant...
Je monte les marches et je me dirige vers la réception mais je les vois dans le salon de l'hôtel et Robert vient à ma rencontre. Nous nous embrassons.
« Il faut que je me change, chéri...
« Bien sûr, je te présente d'abord...
Et je me rends aussitôt compte que Sylvie manque à l'appel ! Par contre il y a Armelle en robe noire longue fendue jusqu'à la taille, montrant une jambe nue de rêve, le plus vertigineux des décolletés sur son extraordinaire poitrine, dos nu... Je remarque qu'elle me considère désormais avec une sorte de condescendance, comme une personne de rang inférieur.
Et les Chinois, deux hommes d'une quarantaine d'années au sourire stéréotypé, ni beaux ni laids et elle ! Elle, c'est l'interprète français-anglais-chinois, une très belle Asiatique (on aura compris), un visage de rêve, les cheveux courts, pas très grande mais un très beau corps que je devine à travers les vêtements stricts. J'entends distraitement ce que dit Robert, grand patron plein de classe, cheveux gris soignés... Il pérore de son ton un brin prétentieux, savourant son effet et me regardant avec satisfaction :
« Amélia est décoratrice. C'est sans conteste la plus française des Américaines ! Elle parle le français comme très peu de mes compatriotes !
Il me les nomme et j'ai du mal à retenir ces noms et elle répète son prénom en souriant, My-Tia et moi, toujours en combinaison BMW, en bottes et mon casque à la main et les sacs à mes pieds, je lui souris et je lui dis en français, et avec sincérité, que c'est très joli comme nom.
Je monte dans la petite suite que je partage avec Robert et Armelle et j'y enfile la robe que j'ai prévue, une micro-robe blanche au ras des fesses (mes jambes c'est ce que j'ai de mieux) et je redescends en équilibre sur des talons très hauts. Je retourne dans le salon où on attend le dîner et j'y fais une entrée remarquée !
Les Chinois ont arrêté de parler d'affaires et considèrent mes longues cuisses dorées, bouche bée. Armelle regarde sans cesse son amant comme pour se persuader elle-même d'une sorte de droit de propriété et son air de supériorité vis-à-vis de moi se confirme !
Les Chinois parlent l'anglais. Toutefois ils semblent préférer avoir recours à l'interprète (après tout ils la payent et l'ont fait venir avec eux). My-Tia traduit en français.
J'observe toujours Armelle. Je sursaute quand je réalise que My-Tia s'adresse à moi.
« Monsieur Wang demande si votre métier de décoratrice marche bien, si vous avez beaucoup de clients...
Je suis sur le point de parler de la crise mais dans le doute je m'abstiens : d'après ce que j'ai lu sur l'éducation chinoise, ce pourrait être un impair et être interprété comme une marque de faiblesse. Je m'aperçois que je suis peu préparée à une telle soirée.
« Je travaille avec mon amie Charlotte Llyod qui s'occupe de la création et de la conception : c'est une artiste ! Moi je me forme à la création mais j'assure surtout le suivi des chantiers. Il y en a généralement trois ou quatre en cours en même temps (j'exagère à dessein). La moto est commode pour mes déplacements : il peut y en avoir plusieurs dans la journée. Notre clientèle est une clientèle de haut de gamme : ce sont des personnes qui font refaire l'intérieur de maisons ou d'appartements luxueux.
My-Tia traduit longuement dans sa langue chantante, comme le ferait une élève appliquée.
Tout en regardant mes cuisses à la dérobée, mais semblant impressionné par ma personne en général, mon interlocuteur pose une nouvelle question :
« Monsieur Wang demande si vous avez fait des études en France. Je vous explique : généralement les Français font venir de jeunes étudiantes. Il est étonné de voir une...
Elle cherche l'expression exacte.
« Une femme qui n'est plus une jeune fille...
« Oh, je comprends... Oui, en France et aux États-Unis. En France j'ai une maîtrise de littérature française, à la Sorbonne. J'ai étudié aussi à l'Université du Texas.
Je suis sur le point de parler de Dana, ma cruelle maîtresse qui avait veillé à ce que j'entretienne mon niveau mais je me ravise.
My-Tia me sourit :
« Je ne traduirai pas tout, Amélia, il est inutile de leur donner tant de détails...
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My-Tia
Il ne se fiche pas d'eux ! Un menu et des vins très chers et je me dis que Charlotte... Tout cela aux frais de la boîte, j'imagine... Et je me prends à penser avec attendrissement à Camille, cette charmante artiste pleine de sensibilité et de simplicité, à son corps sensuel, à son accent du Sud-Ouest, à sa maison rustique en plein 20ème arrondissement et à son si bon vin venant de chez les voisins de ses parents, beaucoup moins cher que ceux-ci... Que diable suis-je venue faire ici...
Je sursaute : M. Wang, qui semble décidément être le chef, s'adresse à moi dans un excellent anglais américain et me demande en souriant quelle langue je parle à part l'anglais et le français.
« L'espagnol, Monsieur Wang. Nous l'étudions beaucoup aux États-Unis du fait du voisinage de l'Amérique latine et aussi de la présence d'une importance minorité de nos concitoyens dont c'est la langue maternelle : j'ai vécu dix ans au Texas.
J'ai envie d'ajouter que le sonorité du « Mandarin » m'enchante (surtout parlé par My-Tia) mais je garde cette réflexion pour moi.
Satisfait, semble-t-il, de cette réponse, il commence alors une discussion avec Robert qui ne se débrouille pas mal non plus... My-Tia se trouve provisoirement au chômage technique mais reste visiblement aux aguets. Elle me regarde et me parle français, d'abord parce que c'est son rôle officiel mais aussi sans doute parce que ses employeurs ne le comprennent pas.
« Mes patrons trouvent que vous êtes une femme faite très belle et distinguée et en sont étonnés.
Qu'elle est mignonne... Je lui souris :
« Ce qui m'étonne, moi, chérie, c'est de rencontrer dans ce cadre une fille adorable comme vous. Vous êtes comme une très belle poupée qu'on aurait peur d'abîmer...
Je ressens un désir comme je n'en ai jamais éprouvé depuis longtemps et que seules les femmes savent m'inspirer et je sens que cet élan est partagé. Habituée à une grande liberté sexuelle et de langage, j'ajoute :
« My-Tia chérie, j'aimerais faire l'amour avec vous, caresser votre peau nue...
Elle devient cramoisie et sourit en cessant de me regarder. Elle me dit tout bas :
« Chère amie américaine, ou franco-américaine, nous n'avons pas la même liberté que vous. Je suis ici pour le travail, pas pour mon plaisir personnel : certains ont perdu leur emploi et même leur liberté pour beaucoup moins...
Elle tente de garder son air naturel et, abandonnant un instant sa salade de saumon, elle glisse discrètement la main sous la table. Je manque défaillir d'émotion et de volupté quand je sens une toute petite main chaude et enfiévrée caresser timidement ma cuisse nue. J'écarte les jambes, espérant qu'elle va remonter jusqu'à mon sexe soudain tout humide (je n'ai pas de sous-vêtements). Mais ce moment enchanteur ne dure guère.
« Amélia, nous ne devons pas trop parler ensemble...
« Désolée, je ne suis pas habituée aux amours contrariées, chérie, je manque d'expérience...
Elle essaie manifestement de rejoindre la conversation qui concerne les affaires puis, revenant vers moi un instant, elle prononce une phrase crue un peu inattendue :
« Mes patrons veulent coucher avec vous. Je suppose que Monsieur Delahaye vous a prévenue ? Il n'est pas question de refuser !
C'est mon tour de rougir et je regarde tour à tour avec anxiété Robert, mais il est occupé avec les Chinois, et Armelle qui me regarde distraitement avec une nuance de mépris. Je sens la colère monter mais je sais qu'elle est très mauvaise conseillère chez moi :
« On est dans un pays libre, ici, chérie...
Elle s'assombrit :
« Vous ne devriez pas plaisanter avec ces choses-là, Amélia...
Je maudis ma légèreté et surtout j'en veux à Robert et à Armelle. Je suis sur le point de me lever et de m'en aller : quel scandale ce serait ! Et puis je me calme : après tout l'expérience sera intéressante. Je suis prise de curiosité...
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Amélia et les Chinois (suite)
Mise en confiance, je lui dis que j'ai un « boy-friend » qui a deux enfants, un petit garçon et une petite fille, que je ne les connais pas encore et que je suis anxieuse :
« Je n'ai pas l'expérience d'une vraie relation avec un homme, il y a eu surtout des femmes dans ma vie. Je crains qu'ils ne m'acceptent pas. Nous faisons connaissance le week-end prochain. Je voudrais leur offrir une belle sortie : je pense que ce serait une bonne occasion de faire connaissance. Mais je dois dire que je suis un peu à court d'argent...
Elle sourit :
« Comme j'aimerais, Amélia, avoir ces soucis d'Occidentale !
M. Wang dit quelque chose à son interprète et elle répond aussitôt :
« Monsieur Wang dit que votre travail l'intéresse. Il demande si vous seriez intéressée par la décoration à l'occidentale d'une partie de sa maison à Shanghaï. Il ne faut pas répondre par un refus, Amélia, ce serait offensant pour lui. Si vous ne voulez pas, dites-le d'une manière indirecte... Je pense aussi que Monsieur Wang veut vérifier que vous êtes une vraie décoratrice...
Eh bien, quelle soirée !... Charlotte va sauter de joie... Je réponds en français pour que My-Tia traduise :
« Je suis très honorée par votre proposition, Monsieur Wang. Elle me paraît très intéressante mais je ne suis pas seule à décider : il faut que j'en parle à mon associée, Charlotte Lloyd et il faudra que nous nous réunissions tous ensemble.
« Monsieur Wang dit qu'il mettra son jet privé à votre disposition et à celle de votre associée pour que vous alliez voir sa maison et que vous décidiez sur place.
Nous nous levons de table. Je me dirige vers Robert :
« Robert, il faut que nous parlions : c'est un rôle de pute que tu me donnes ?!
Il me sourit :
« Pas du tout, tu n'y es pas obligée ! Mais ce serait beaucoup mieux : ils seront de bonne humeur et ce sera pour eux une importante... aide à la décision ! Tu gagneras beaucoup d'argent et moi aussi ! C'est moi qui te paierai, pas eux : c'est une sorte de... cadeau d'entreprise ! Tu les impressionnes beaucoup : ils adorent ton genre femme mûrissante, distinguée et cultivée !
Toujours la sortie des enfants de René en tête, je me laisse tenter par l'argent évoqué :
« Je rêve... OK, il faut que j'aille me préparer...
Nous montons, les Chinois rentrent dans leur chambre et, tout-à-fait par hasard, je me retrouve seule dans le couloir avec My-Tia ! Elle me dit avec son éternel sourire et toujours en français :
« Bon courage, Amélia... Et bonne nuit ! Il faut leur donner une bonne image d'eux-mêmes, c'est une chose qui n'existe pas dans l'éducation occidentale mais qui est importante pour nous...
« Si nous allions dans votre chambre, My-Tia ?
Elle ne sourit plus du tout. Elle regarde de tous côtés d'un air terrorisé :
« Non, Amélia, c'est beaucoup trop dangereux ! Imaginez que l'un de mes patrons frappe à ma porte pour une raison de travail !
Je la comprends mais elle m'agace. En même temps le côté interdit de cet amour naissant décuple mon excitation. Je regarde partout moi aussi et j'avise une porte marquée « service ». J'ouvre : une chance, c'est ouvert ! Je prends par sa petite main fragile la frêle poupée toute menue, toute tremblante et effrayée, habillée de noir des pieds à la tête et ses jolis yeux en amande expriment toute la frayeur du monde. Je l'entraîne dans le réduit dont je cherche à tâtons l'interrupteur et je trouve, éclairant des balais, des seaux, des produits de ménage et des aspirateurs. Pas de chaise, pas de table, pas de fenêtre, rien que des étagères...
« Non, Amélia, non, je vous en supplie...
Je la plaque contre un mur sans étagère, je colle ma bouche contre la sienne et elle sent bon et sa langue a bon goût et je sens contre moi des seins à la chair très douce. Elle a jeté ses bras autour de mon cou et répond au baiser avec ardeur...
« Amélia, il ne faut pas...
Mais elle n'oppose aucune résistance et m'aide à la déshabiller. Ma belle micro-robe blanche, mon seul vêtement, atterrit sur une étagère contre une bonbonne de produit pour les carrelages de salles de bains. Elle s'empare de mes seins avec ardeur et je frotte mon sexe contre l'une de ses cuisses...
A suivre
La prochaine fois : l'amour de My-Tia !
La prochaine fois : l'amour de My-Tia !
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