Les Alpha
Chapitre 22 · Konnichiwa, sayōnara.
Couverture de Les Alpha, par Conteuse Les Alpha Chapitre 1 · Au sortir d'un songe... Chapitre 2 · Secrétaire à plein temps ? Chapitre 3 · La négociation. Chapitre 4 · Shopping entre copines. Chapitre 5 · La suite du shopping entre copines. Chapitre 6 · It's up to you Chapitre 7 · L'épilation. Chapitre 8 · L'accident. Chapitre 9 · L'orgasme. Chapitre 10 · La permission Chapitre 11 · I Can Get Now Masturbation. Chapitre 12 · L'invitée. Chapitre 13 · Le jogging. Chapitre 14 · La visite à domicile. Chapitre 15 · Le serpent à deux têtes. Chapitre 16 · Le deuxième jogging. Chapitre 17 · Les confidences de Maxence. Chapitre 18 · Retours à la maison. Chapitre 19 · La squatteuse. Chapitre 20 · La sodomie. Chapitre 21 · Une nouvelle perturbante. Chapitre 22 · Konnichiwa, sayōnara. Chapitre 23 · Cul sec. Chapitre 24 · Le double-dong. Chapitre 25 Chapitre 26 · L'arbre de Noël. Chapitre 27 · Telle belle-mère, telle belle-fille. Chapitre 28 · Allers et retours. Chapitre 29 · Nouvel An en perspective. Chapitre 30 · Le réveillon. Chapitre 31 · Le ver dans le fruit. Chapitre 32 · Retour à Prague. Chapitre 33 · De voyeuse à exhibitionniste. Chapitre 34 · Je te suivrais jusqu'en enfer. Chapitre 35 · Mise en place. Chapitre 36 · Big Bang Pratique. Chapitre 37 · Retour à Aix. Chapitre 38 · De nudiste à naturiste. Chapitre 39 · On va chez nous ou chez vous ? Chapitre 40 · Mélange. Chapitre 41 · Grosse partie fine (1). Chapitre 42 · Grosse partie fine (2). Chapitre 43 · Tempus fugit, amor manet.
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les Alpha — Chapitre 22 · Konnichiwa, sayōnara.

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Les Alpha

Chapitre 22 · Konnichiwa, sayōnara.

Par rapport à la visite de nos partenaires japonais, je n'ai commencé à ressentir vraiment de la nervosité que dans la nuit du lundi au mardi, du coup mon sommeil s'en est retrouvé un peu perturbé. J'ai cependant réussi à dormir suffisamment, pour ne pas avoir l'air d'une zombie à mon réveil. 
 Puis me disant que ce ne serait de toute manière pas une journée comme les autres, je suis ensuite allée courir, pour la première fois pluguée en étant seule et à mon grand étonnement, les mini orgasmes ressentis devant ainsi que derrière, m'ont aidée à évacuer une partie de mon stress. 
 C'est par conséquent ce qui m'a décidée, a aller travailler avec le pitchounet
Normalement ce mot désigne un jeune enfant, mais dans ce cas précis il s'agit du plus petit plug de la série
de mes bouchons dans le troufignon. Celui que je m'étais enfilé le premier et en partant du principe, qu'à partir du moment-ou j'arriverais à dissimuler mes petits pics de plaisir, ils m'aideraient à évacuer le trop plein de pression. 
 Pour la première fois mis à part pendant son essayage, j'ai enfilé mon tailleur gris-souris sous lequel se trouvait un chemisier bleu pastel, sans soutien-gorge mes seins étant parfaitement maintenus par ma veste boutonnée. Ne mettant pas non plus de culotte, pour la bonne raison qu'il ne faisait pas encore vraiment froid. Ma tenue de travail étant complétée par une paire de bas eux aussi gris, accrochés à un porte-jarretelles assorti à mon corsage. Tout comme mes escarpins à aiguilles de dix centimètres de haut, l'étaient à mon costume féminin. 
 En me regardant dans ma psyché je me suis trouvée des airs en même temps sexy et sérieux, ce qui était le but recherché, d'autant qu'une fois n'étant pas coutume, j'avais attaché mes cheveux blonds en un chignon strict. J'ai souri en me disant qu'il ne me manquait plus que des lunettes, pour compléter ma panoplie de secrétaire coquine. Manque de bol possédant une bonne vue, je n'en avais pas à ma disposition.
 Quand je suis allée voir mes enfants pas encore partis pour le lycée et en train de prendre leur petit-déjeuner, Antoine avec son flegme habituel a souri avant de déclarer :
 ― Et voilà notre Mame 2.0 !
 Puis Anaïs a surenchéri :
 ― Je sais pas trop ce qu'ils attendent de toi, mais fringuée comme ça tu vas tout déchirer. 
χ χ χ
 Malgré ce vote de confiance je n'étais pas très rassurée en me rendant au travail, principalement je pense, parce que c'était la première fois que je conduisais pluguée. Cependant de ce côté là tout s'est bien passé, l'impression créée auprès de mes collègues de travail une fois arrivée sur place, par rapport à mon nouveau look, me permettant de gérer le corps étranger en moi sans attirer de soupçons. 
 Je me suis tout simplement dit qu'avoir le rose aux joues mais pas plus, devait leur laisser penser que c'était uniquement à cause de leurs réactions à eux, parce que je n'avais pas l'habitude de me balader dans les couloirs, avec une telle panoplie. Les regards parfois admiratifs que certains me lançaient, n'étant pas là pour démentir ces suppositions. 
 Magali pour sa part, s'est contentée de me dire un sourire en coin :
 ― Vous êtes très en beauté ce matin Mélanie, une vraie Femelle Alpha. 
 D'ordinaire très sobre dans ses propos, c'était la première fois que je l'entendais employer cette expression. Cependant venant d'elle, il ne pouvait s'agir que d'un compliment et c'est pourquoi je me suis contentée de rougir, un peu plus. 
 Attendrie par mon émoi, elle a ajouté :
 ― N'ayez pas honte de ce que vous ressentez, car c'est ce qui fait votre charme et vous êtes capable d'en désarmer plus d'un, de cette façon. Y compris des petits hommes jaunes aux yeux bridés. 
 J'étais par conséquent un peu plus sereine quand je suis entrée dans notre bureau, un fois sa porte refermée Anaïs m'a accueillie pour sa part avec un petit sourire ironique, et de but en blanc elle m'a demandé :
 ― Tu t'es pluguée, pas vrai ?
 Piquant un fard, je me suis exclamée en devenant cette fois carrément écarlate :
 ― Je... ça se voit ?!?
 ― Mais non bestiasse
Grosse bête, à prendre ici au sens figuré du terme
, si je t'ai posé la question c'est parce que moi je l'ai fait. Et pour tout t'avouer, je suis scotchée que ce soit aussi ton cas. Car je ne t'en aurais jamais crue capable. 
χ χ χ
 En même temps fière et honteuse, j'ai expliqué à mon amie :
 ― Eh bien pour être honnête moi non plus. Ce matin je suis allée courir avec un bouchon dans le troufignon, et j'ai constaté qu'après le premier petit pic j'étais moins stressée, puis encore plus détendue suite au second. Alors avant de m'habiller je me suis enfilé le modèle pour les débutantes, en partant du principe que comme les japonais ne viennent que cette après-midi, je pourrais toujours l'enlever si ça me posait un problème. 
 ― Non seulement ça va bien se passer, mais en plus effectivement c'est le deuxième effet Kiss-Cool. Car après un orgasme, l'hypophyse sécrète une hormone qui s'appelle la prolactine et elle a un effet relaxant. C'est scientifiquement prouvé. 
 ― Mais pourquoi tu ne m'as pas parlé de ça avant ?
 ― Eh bien, en toute franchise je n'y ai pas pensé, et toi, tu aurais probablement cru que je voulais te forcer la main. Pas vrai ?
 ―  C'est pas faux. Mais tu es sûre que ça ne se voit pas ?
 ― Absolument. Promis juré, j'ai bluffé quand tu es arrivée. Car si c'est vrai qu'on se déhanche un peu plus en marchant, les gens mettent ça sur le compte des talons aiguille, ou de la coquetterie. 
 Puis elle a précisé, avec cette fois un sourire chargé de tendresse :
 ― En plus tu es superbe dans cette tenue, et c'est ça qui va focaliser l'attention de tout le monde. 
 Bien entendu j'ai rougi suite à ce compliment, sans même penser à un sous-entendu sexuel et nous avons passé la matinée à peaufiner notre stratégie. Alors qu'habituée à rester pluguée à la maison quand mes enfants n'étaient pas là, j'en aurais presque oublié que je l'étais également au travail, si je n'avais pas ressenti deux mini-orgasmes, avant qu'il soit l'heure d'aller prendre notre repas de midi. 
 Cependant je pense avoir réussi à dissimuler ces petits pics de plaisir, ma collègue ne semblant rien soupçonner, tout comme moi je n'ai pas remarqué ceux qui ont dus également la stimuler.
χ χ χ
 Donc tout se passait bien, ce qui ne m'a pas empêchée d'être dans mes petits escarpins à talons aiguille, quand on s'est rendues aux 2G
Rappel : Le Gourmet Glouton ou 2G, est le restaurant de l'entreprise
, dans le but de manger un morceau. Car bien entendu je m'étais glissée pour de bon dans la peau d'une Femelle Alpha et si tout le monde le savait déjà, pour la bonne raison que j'occupais ma nouvelle fonction depuis maintenant trois semaines, c'était la première fois que je me présentais dans mon costume devant autant de personnes. 
 Anaïs alors qu'un silence total s'était fait dans le restaurant à notre apparition, afin de m'insuffler du courage a sans hésiter glissé sa main dans la mienne, défiant quiconque du regard de faire le moindre commentaire. Ainsi nous avons avancé côte à côte et d'un pas égal, jusqu'au comptoir, puis tandis que le brouhaha habituel revenait progressivement, nous avons chacune pris un plateau pour le garnir de nourriture. 
 Étonnamment malgré mes émotions manifestées uniquement par le rose à mes joues, j'avais faim. Toutefois j'ai veillé à ne prendre que des aliments légers, dans le but de ne pas surcharger mon estomac, en me disant que je pourrais toujours me rattraper le soir. Ma collègue semblant approuver tacitement mon choix, vu qu'elle a fait pareil que moi.
 On s'est ensuite installée seules à une table de huit, nous déplaçant d'un pas tranquille la tête bien droite, ce qui devait certainement passer pour hautain aux yeux des autres, mais me permettait de m'imperméabiliser à leurs regards. Car bien évidemment, j'avais tout comme mon amie revêtu une carapace, destinée à me protéger. 
 La donne a toutefois changé quand Damien est arrivé et que je lui ai fait signe, pour qu'il vienne nous rejoindre, après qu'il ait rempli son propre plateau et alors qu'il ne m'avait pas encore remarquée. Quand il m'a vue il a écarquillé les yeux et s'est approché timidement, comme si j'étais devenue pour lui inabordable. Néanmoins il n'a pas tardé à se détendre, car je n'avais pas l'intention de changer de comportement vis à vis de lui, pas plus que ma copine quia calqué son attitude sur la mienne.
χ χ χ
 En début d'après-midi, par courtoisie nous sommes allées accueillir nos hôtes à la réception de l'entreprise, et Monsieur Watanabe en dépit de son affabilité toute asiatique, m'a d'emblée paru antipathique. Il s'agissait en toute logique d'un homme aux cheveux noirs et raides, coupés courts, avec des yeux marron et vêtu d'un costume sobre mais bien taillé. Ses vêtements étant à la mode occidentale. 
 De petite taille vu que nous devions faire à peu près la même pieds nus, il se retrouvait moins haut que moi, ses talonnettes ne pouvant pas rivaliser avec mes aiguilles de dix centimètres. Inutile de préciser je pense, qu'Anaïs qui dans les mêmes conditions dépassait 1 mètre 80, le dominait de toute sa splendeur. Néanmoins elle gardait un air aussi aimable que possible, étant passée maîtresse dans l'art de la dissimulation, alors que je la connaissais assez pour savoir que la situation l'amusait.
 Quant à l'interprète Mademoiselle Kobayashi, également noiraude coiffée d'une queue de cheval qui dégageait ses petites oreilles rondes, elle possédait des yeux d'un magnifique vert-bouteille et non bridés, ainsi qu'un nez droit et fin, une petite bouche aux lèvres ourlées et une fossette au menton. Le tout servi sur un teint de porcelaine, si bien qu'ayant pris le meilleur de son métissage, elle avait des allures de poupée tout à fait charmante. 
 Même si sa mise restait modeste en comparaison de la nôtre, probablement pour rappeler sa fonction de simple traductrice, de plus ses souliers étaient plats, très certainement pour qu'elle ne dépasse pas en hauteur, celui au service duquel elle se trouvait. 
 Notre partenaire commercial s'est incliné le premier, penchant son buste vers l'avant les bras le long du corps et comme je l'avais indiqué à ma collègue, nous avons ensuite fait de même nous appliquant à ne descendre ni plus ni moins que lui. Voulant ainsi montrer, que nous le considérions comme un égal. 
 Même si bien entendu la différence de culture, tout comme les mentalités ont pas mal évolué en orient ces dernières décennies. Il n'y aurait donc eu aucune offense, en cas de manquement à ce protocole. Sans parler du fait que nous étions ici et pas là-bas. 
χ χ χ
 Nous nous sommes ensuite retrouvés dans un salon au même étage que notre bureau, Moneypenny s'étant transformée pour l'occasion en serveuse, nous proposant des boissons ainsi que des douceurs. Ce qui faisait partie de ses attributions, mais seulement quand nous recevions.
 Puis la négociation a commencé, notre traductrice s'exprimant dans un français parfait, avec un charmant accent helvétique qui ajoutait à son charme. 
 Bien entendu je ne vais pas vous assommer avec ça et en venir directement au moment, où ça a dérapé. Mais avant je dois préciser qu'avec Anaïs, nous avions décidé d'échanger nos commentaires en russe, langue que nous pratiquions toutes les deux, alors qu'il était peu probable que ce soit le cas de la douce Sakura. Trois personnes la parlant et se trouvant dans la même pièce en Europe de l'Ouest, étant des plus improbable. 
 Donc nous discutions courtoisement mais fermement depuis environ une heure, quand il y a eu une première déformation, entre les paroles prononcées par l'homme et la manière dont elles nous ont ensuite, été rapportées par la femme. Car il a employé les mots Ekizochikku Baishunpu, or comme chacun le sait, ce qu'on retient en premier dans l'apprentissage d'une langue étrangère, ce sont les grossièretés parce qu'on les trouve amusantes. 
 Sauf que là l'une d'entre elles nous était directement adressée, et j'ai par conséquent le rose aux joues fait remarquer à ma collègue, en m'exprimant pour la première fois en slave et sur un ton aussi neutre que possible :
 ― Notre cher ami vient de nous traiter de putains exotiques. 
 Elle m'a répondu de la même manière :
 ― Tu en es sûre ?
 ― Absolument, sinon je ne t'en parlerais pas. On fait quoi alors ?
 ― Pour l'instant rien, mais s'il recommence dracarys
feu-dragon
.
 Ce dernier mot m'a fait sourire, car ce n'était pas du russe mais du haut-valyrien, utilisé par Daenerys Targaryen dans la saga Games Of Thrones, quand elle voulait demander à l'un de ses dragons de tout cramer. Plus particulièrement dans la scène où le marchand d'esclaves, veut lui vendre les Immaculés
esclaves guerriers
tout en l'insultant. Croyant qu'elle ne le comprend pas et que la pauvre Missandei, encore au service de ce dernier, se voit contrainte de mentir en restant imperturbable. 
 La similitude entre les deux situations, l'une imaginaire et l'autre parfaitement réelle, ne manquant pas d'une certaine ironie. 
χ χ χ
 Ma réaction n'a pas échappé à nos deux interlocuteurs et Ren Watanabe, comprenant que nous venions de parler dans une langue que ne pratiquait pas son interprète, l'air égaré de Sakura le démontrant, s'est trouvé visiblement agacé de perdre l'avantage au niveau de la dissimulation. Il a alors employé l'expression Mesu Buta sur un mode légèrement agressif, ce que j'ai aussitôt traduit toujours en russe pour Anaïs, avant que la pauvre métisse coincée entre deux cultures ne puisse parler :
 ― Cette fois, il vient de nous traiter de sales truies. 
 Elle s'est alors tournée vers le jeune femme et lui a dit, après avoir dédié un sourire carnassier à l'homme : 
 ― Mademoiselle Kobayashi, j'ai parfaitement conscience que votre situation est des plus inconfortables et j'en suis navrée pour vous. Mais j'aimerais tout de même savoir une chose, est-ce que c'est une coutume au Japon, d'insulter ses partenaires quand on traite une affaire ?
 ― Je... je suis désolée... mais... 
 ― Vous n'avez pas à l'être, car nous avons parfaitement conscience ma collègue et moi, que vous n'y êtes pour rien. Cependant je vais vous demander d'expliquer à Monsieur Watanabe, que la négociation sera ajournée tant qu'il ne se sera pas excusé, et que s'il ne le fait pas, nous adresserons un courrier à ceux qui l'emploient, afin de leur expliquer pour quelles raisons la transaction a échoué. 
 Rouge comme un pivoine elle s'est exécutée alors que lui devenait progressivement blanc comme un linge, un comble pour un asiatique, et ensuite il s'est levé en tremblant, sans qu'on sache si c'était de honte, de peur ou de rage tant son visage était figé. Puis ne prononçant pas un mot de plus il a quitté la pièce, en marchant d'une manière guindée, bientôt suivi par la pauvre Sakura.  
 Avant que la porte ne se referme et alors que je n'étais pas très fière de cet échec, même si nous avions juste tenu une position défensive ma collègue et moi, cette dernière a lancé d'une voix forte et sur un ton que j'ai trouvé légèrement sarcastique :
 ― Sayōnara Watanabe San !!
χ χ χ
 Quand on s'est retrouvées seules dans le salon, j'ai fait remarquer à Anaïs :
 ― On a quand-même lamentablement foiré notre coup... 
 ― Ne soit pas défaitiste Ma Chérie. Notre petit bonhomme va avoir toute la nuit pour réfléchir à son comportement, car ce n'est pas nous qui avons été incorrectes mais lui. Par conséquent si on n'aboutit à rien, ton beau-père nous donnera raison et les autres suivront. Même si certains ne vont pas manquer de cancaner dans notre dos, en affirmant qu'on s'est plantées uniquement parce qu'on est des bonnes-femmes. 
 ― Tu crois que je devrais aller voir Monsieur Desmichel ?
 ― Tu l'appelles encore comme ça ?
 ― Au niveau professionnel oui, en tout cas tant que notre relation avec Maxence, n'aura pas été officialisée.
 ― Pour répondre à ta question le nippon a le ballon, par conséquent il vaut mieux attendre de savoir ce qu'il va en faire, avant d'aviser notre hiérarchie. Car là c'était la première mi-temps, mais le match ne sera terminé que demain-midi. 
 ― Et pour ce soir on fait comment ?
 Il était en effet prévu même si je ne l'ai pas encore précisé, que nous allions par courtoisie et également par tradition, dîner au restaurant en compagnie de nos hôtes avec ensuite si affinités, une petite virée nocturne dans notre belle ville.
 Bien entendu mes enfants qui étaient en âge de se débrouiller seuls, à partir du moment-où se trouvait dans notre réfrigérateur de la nourriture n'ayant pas besoin d'être cuisinée, avaient été prévenus. Et ces activités extra-professionnelles avaient pour but de rapprocher les deux parties, qui ne devaient en principe se bagarrer qu'au sujet du pourcentage. 
 Sauf que là, la donne avait changé et mon amie m'a répondu :
 ― On ne modifiera le programme que si eux annulent, ce qui reste le plus probable et alors on reprendra nos petites vies. Sinon on fera comme ça a été décidé, même si l'ambiance risque d'être chatouilleuse. Dans tous les cas de figure, ne perds surtout pas de vue que ce n'est pas nous qui avons fauté. 
 Il ne nous a pas fallu plus d'une heure d'attente, pour apprendre de la bouche de Magali que mademoiselle Kobayashi avait téléphoné, afin d'annoncer que monsieur Watanabe ne se sentant pas bien, il "garderait la chambre" pour la soirée. Et si j'étais désolée pour la jeune femme, car elle avait peut-être envie de découvrir notre ville, je ne ne pensais pas la même chose au sujet de son collègue masculin. 
χ χ χ
 Mes enfants n'ont manifesté aucune contrariété, en constatant que les plans pour la soirée étaient chamboulés, bien au contraire et ils se sont juste inquiétés de savoir pourquoi c'était le cas. Quand je le leur ai expliqué ils ont été plus amusés que choqués, parce que j'avais fait la nique au nippon pour reprendre l'expression d'Antoine. Mais en même temps, ils ne mesuraient pas vraiment les conséquences de ce qui s'était passé. 
 Pour ma part j'ai réussi à masquer mes émotions mitigées, ce qui a été un bon exercice mes petits n'y voyant que du feu. De toute manière je n'étais pas vraiment angoissée en ce qui concernait la suite, vu que ma vie n'était pas non plus en jeu.
 De plus je me sentais à la fois soulagée et déçue, de ne pas avoir à étrenner ma robe de cocktail bleu-canard. Cette dernière restant unique dans en genre parmi mes autres vêtements, pour la bonne raison qu'elle était de loin la tenue la plus sexy, de toutes celles que j'avais à me mettre. 
χ χ χ
 Tout cela ne m'a pas empêchée de dormir, même mieux que la nuit précédente et le lendemain matin, je suis retournée courir seule pluguée. Commençant à trouver la chose naturelle, d'autant que j'arrivais à dissimuler mes petits pics de plaisir. 
 Ensuite je suis partie travailler dans mon tailleur bleu-ardoise, sous lequel j'avais enfilé un chemisier pêche, sans aucun sous-vêtement, ma deuxième paire d'escarpins étant bien évidemment assortie à mon costume féminin. Mes cheveux se trouvaient à nouveau coiffés en chignon, de plus, confortée par rapport à mon premier essai déstressant, je portais également le pitchounet de mes bouchons de troufignon.  
 Arrivée dans l'entreprise j'ai capté quelques regards appréciateurs, surtout masculins ce qui m'a mis le rose aux joues, le plus important pour moi demeurant que l'effet de surprise de la veille s'était dissipé. Car les gens même ceux qui ne m'avaient pas encore vue ayant été prévenus, la nouvelle que je devenais pour de bon une Femelle Alpha, s'était répandue parmi l'ensemble du personnel.
 Magali pour sa part s'est contentée de sourire en me voyant et elle ne semblait absolument pas perturbée, par ce que je considérais toujours comme un échec professionnel. Mais en même temps contrairement à Anaïs et moi, notre secrétaire n'avait aucune responsabilité à endosser et comme d'habitude, nous avons échangé quelques mots. 
 Une fois dans le bureau, ma collègue et néanmoins amie m'a demandé sur un ton enjoué, après qu'on se soit fait la bise :
 ― Tu es prête pour le deuxième round, Ma Toute Belle ?
 ― À t'entendre, on pourrait presque croire qu'on a remporté le premier...
 ― Mais c'est la cas et tu as tort d'en douter. Cet imbécile arrogant s'est mis en porte-à-faux, donc soit aujourd'hui il va nous manger dans la main, soit il devra rentrer dans son pays et expliquer à son patron, pourquoi la transaction a échoué. Et dans ce cas il ne pourra pas mentir, tout simplement parce que son interprète confirmera notre version des faits. Car vivant ici et lui là-bas, elle n'a aucune raison de le couvrir.
 ― Tu as l'air bien sûre de toi. 
 ― Bien entendu que je le suis et dans le cas contraire, le principal dans ce boulot est d'arriver à cacher ses doutes. À ce propos je te félicite, car hier quand tu as joui ils n'y ont vu que dalle. 
 Devenant subitement écarlate, j'ai déclaré :
 ― Ou peut-être que comme toi, ils ont dissimulé qu'ils s'en étaient rendus compte. 
 ― Ils seraient très forts alors, vu que moi je serais incapable de dire à quel moment ça t'est arrivé. . 
 ― Pour de bon ?!?
 ― Oui, pour de bon. Car si je sais que tu as joui c'est uniquement une question de logique, puisqu'à moi aussi ça m'est arrivé. 
χ χ χ
 J'étais carrément bluffée, pour la bonne raison que si c'était devenu relativement facile pour ne pas dire naturel, de dissimuler ce que je ressentais quand je courrais, étant rouge à cause de l'effort mais également essoufflée, cela restait délicat dans un cadre calme et encore plus dans une ambiance sérieuse. Cependant d'après Anaïs je m'en étais très bien tirée, je lui faisais pleinement confiance à ce sujet et nous avons ensuite patiemment attendu, la venue de nos invités qui devaient arriver à neuf heures.
 C'est à moins cinq que l'interphone du salon dans lequel on se trouvait m'a fait sursauter, ma collègue souriant attendrie par ma réaction, et notre secrétaire nous a annoncé d'une voix égale :
 ― Monsieur Watanabe et Mademoiselle Kobayashi sont arrivés. 
 C'est mon amie qui a répondu tout en caressant mon épaule, dans le but de m'insuffler de sa sérénité :
 ― Très bien, faites-les entrer Magali. 
 Une fois en notre présence, le ton a immédiatement été donné par notre partenaire commercial, qui s'est tellement incliné vers l'avant dans le but de nous saluer à la mode de son pays, que je me suis demandée comment il arrivait à ne pas perdre l'équilibre. Son interprète gardant un air aussi neutre que possible. Cette manière de faire indiquant qu'il reconnaissait notre supériorité, pas sur le plan social car nous restions ses égales, mais en le laissant aller à la faute nous l'avions roulé dans la farine. 
 Petit détail amusant, Sakura tenait à la main une grosse boîte de canisses
Également appelés calissons, ce sont des friandises en forme de losange à la pâte d'amande, une des nombreuses spécialités de la ville d'Aix-En-Provence
, qu'elle nous a présentée en disant :
 ― Afin de nous excuser pour le malentendu d'hier, nous vous avons apporté ces douceurs. 
 Après m'être inclinée moi aussi mais bien moins que lui, aussitôt imitée par ma collègue calquant son attitude sur la mienne, j'ai répondu dans un japonais que j'espérais pas trop maladroit : 
 ― Nous vous remercions Watanabe San, et sachez qu'en ce qui nous concerne, l'incident est oublié. 
 Il a souri d'une manière que j'ai trouvé étonnement franche, si bien que j'ai à peine rosi, même si je ne savais pas si sa réaction était due à mon manque de maîtrise de sa langue, ou juste une manière de nous remercier de passer l'éponge. 
χ χ χ
 Malgré les excuses présentées et acceptées, Ren Watanabe se sentait toujours fautif puisqu'il nous a accordé une pourcentage de 5% sur la transaction, ce qui représentait pour Anaïs et moi une grande victoire. Surtout qu'il s'agissait de notre première affaire traitée ensemble, le premier contrat empoché par deux Femelles Alpha, en tout cas dans notre entreprise. 
 Je ne vais pas vous ennuyer avec les détails, d'autant que cela a été rondement mené et nous avons ensuite patienté en papotant, attendant l'heure d'aller déjeuner dans un des meilleurs restaurants de la ville. Histoire de rattraper la soirée ratée de la veille. 
 Notre homologue s'est adressé plusieurs fois directement à moi en japonais, désirant plus particulièrement savoir où j'avais appris sa langue, me félicitant pour mon parlé ce qui m'a fait m'empourprer, d'autant que j'ignorais si ce compliment était sincère, ou juste une preuve de politesse de sa part.
 Il est allé jusqu'à me demander si j'étais mariée et c'est à ce moment-là que j'ai eu un mini-orgasme, que je pense avoir réussi à dissimuler. Cette réaction étant bien entendu uniquement le fruit du hasard, car sans être raciste, je n'ai jamais été attirée par les asiatiques. 
 Pendant ce temps la belle Sakura papotait avec mon amie, histoire de lui tenir compagnie en faisant mine de ne pas nous écouter, les propos échangés avec son collègue devant lui paraître trop personnels pour être traduits. 
 Ensuite eh bien nous sommes allés manger, notre invité masculin commandant bizarrement du lapin, alors que nous les femmes avons préféré prendre de l'agneau. Une autre spécialité de notre belle région. Mais ce ne sont que des détails, avec lesquels je ne vais pas vous embêter plus longtemps. 
 Nos partenaires japonais sont repartis, le reste de leur séjour en France devant se passer à Paris, un must pour tous les étrangers en déplacement dans notre pays, surtout s'ils viennent de loin. 
 Mais à condition bien entendu, que ceux qui les emploient leur laissent le loisir de faire du tourisme, si leur présence parmi-nous est liée à une activité professionnelle.   
χ χ χ
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chantalinal
23 mars 2025 à 16:46
J’aime les suspense, et j’ai le goût d’en lire rapidement l suite, merci encore.
Soyez respectueux
Répondre
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Jiwa
10 mars 2025 à 19:11
Toujours aussi intéressantes votre prose, merci, et vivement la suite
Soyez respectueux
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Dickfer
10 mars 2025 à 14:37
Notre ami asiatique s’est fourvoyé tout seul, car n’a aucun moment pensé que l’une de nos belles alpha puissent parler sa langue. Néanmoins il s’est montré piètre négociateur car même si cela est une denrée rare en occident, tout commercial digne de ce non n’aurait fait cette grossière erreur, car dans ce type d’échange commercial on se renseigne toujours sur son adversaire. Quoiqu’il en soit une déesse Alpha est née. Hâte de connaître la résonance que cette magnifique victoire aura au sein de l’entreprise et auprès de son baroudeur. Bravo car même dans la grossièreté d’un personnage, le récit reste écrit avec beaucoup d’humour et finesse intellectuelle, sans oublier le côté érotique que d’avoir des mini Orgasmes à tout moment de la journée, en plus du fait d’aller au travail les fesses à l’air et rempli. Merci un pur régal.
Soyez respectueux
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OlivX
10 mars 2025 à 14:04
Le fait d'avoir caché à leur interlocuteur qu'elle comprennait le japonnais leur a permis de prendre l'ascendant sur ces négociations commerciales. Et que dire sur le fait d'échanger en russe entre elles pour que l'interprète ne puisse pas traduire leurs échanges au japonnais, du grand art.
En final, une belle victoire pour nos 2 Femelles Alpha
Soyez respectueux
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solo13
10 mars 2025 à 12:15
Superbe travail réalisé par Mélanie qui prouve ainsi qu'elle est à sa place
Soyez respectueux
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