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Couverture de Sous son Regard : la Captive volontaire., par AlexisPC
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sous son Regard : la Captive volontaire. — Chapitre 3

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AlexisPC
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Sous son Regard : la Captive volontaire.

Chapitre 3

La semaine se passa plus calmement. 
C'est-à-dire dans le sens où l'ombre de Gabriel ne hanta plus le département Partnership avant le jeudi, en fin de journée.  
Elise n'avait, bien sûr, pas oublié sa promesse d'une soirée en tête-à-tête avec l'homme le plus énigmatique, l'homme le plus mystérieux, l'homme le plus charmant et l'homme le plus beau qu'elle ait jamais rencontré.  
Comment l'oublier ?  
Son corps réagissait systématiquement à cette pensée. Son corsage se serrait, ses tétons durcissaient contre le fin voile de pudeur recouvrant sa poitrine. Son sexe prenait un aspect plus visqueux et terriblement attirant. Son petit abricot réclamait la main de sa maitresse, cri auquel elle résistait de plus en plus mal.
En revanche, elle commençait à s'inquiéter de ne pas avoir reçu les informations promises. 
Elle s'était décidée à poser la question à sa secrétaire au détour d'une conversation professionnelle à l'abri des oreilles indiscrètes. 
— Très bien, Sabrina. Tu peux envoyer la proposition définitive.  
— Bien Elise. Autre chose ? 
— Oui ! Euh...tu n'as rien reçu de la part de Monsieur Wallace, par hasard ? 
— Non, rien ! Pourquoi ? J'aurai dû ? 
— Hein ? Non, non...c'était juste pour être certaine. 
— Certaine de quoi ? Crache le morceau. Tu vas le revoir, c'est ça ?  
— J'ai rendez-vous avec lui, effectivement. Mais c'est professionnel.  
— Professionnel ? Dit-elle en tapotant son carnet et en faisant jouer sa langue dans sa bouche. Et...quand a lieu ce rendez-vous qui ne figure pas à ton agenda professionnel ?  
— Vendredi soir.  
— AAAAAHHHH....JE LE SAVAIS ! TU SORS AVEC LE PLUS BEAU MEC DE LA VILLE.  
— Sabrina, s'il-te-plaît. Moins fort ! Ce n'est pas ce que tu penses. Il veut parler affaire autour d'un dîner. Rien de plus. 
— Mwouai ! Je ne suis pas jalouse, ça va ! Damien me suffit. Mais il va prendre cher, ce soir. Je suis toute émoustillée, là.
— S'il n'a pas les oreilles qui chauffent, c'est qu'il est aveugle. 
— Tu peux parler. Enfin. Pour répondre à ta question, non, je n'ai rien reçu.  
— Merci Sabrina. 
Le courrier tant attendu arriva à 17h46.  
“ Bonjour Elise,  
Notre rendez-vous approchant, je me rends compte que je ne vous ai pas encore donné les informations nécessaires à votre préparation.  
Nous dînerons à L'Eclipse. “ 
Elise avala sa salive difficilement. L'Eclipse. LE restaurant trois étoiles de la ville. L'historique, celui dont la réputation était mondiale. 
“Comme j'aime le luxe et l'élégance et comme mes recherches m'ont indiqué que votre garde-robe ne possède pas encore les tenues exigées dans cet endroit où l'apparence est importante, j'ai pris la liberté de vous prendre un rendez-vous vendredi matin, à 10h00. Guy de Lussac est d'accord pour vous libérer la journée entière puisqu'il s'agit d'un rendez-vous avec un client privilégié. Moi.  
Vous vous rendrez à cette adresse afin de parfaire ce qui vous manque encore et de répondre aux canons de l'Eclipse. La responsable est prévenue et saura se montrer à votre écoute.  
Je me réjouis de vous revoir et de discuter avec vous.  
Cordialement et amicalement, [/] 



Gabriel.” 



Elise, regarda l'adresse indiquée en annexe et son cœur eut un raté. 



Il l'envoyait dans l'artère la plus exclusive de la ville. Celle où les enseignes ne vendent que des articles à quatre ou cinq chiffres.  



Elle eut un haut le cœur. Comment voulait-il qu'elle paie une telle somme ? Ce mec est fou, pensa-t-elle. Son nouveau salaire, même conséquent, n'était pas destiné à ce genre de dépenses inutiles, du point de vue de la jeune femme. Elle y voyait un appartement ou, peut-être, une petite maison. Un voyage au soleil avec sa maman, un magnifique cadeau pour la Noël pour celle qui avait toujours été présente pour la soutenir. Pas des vêtements de luxe qu'elle ne pourrait, de toute façon, jamais remettre puisqu'elle n'en aurait pas l'occasion.



Le patron était d'accord ? Mais comment faisait-il pour obliger un homme comme Guy de Lussac ?  



Elise avait effectué des recherches sur Gabriel Wallace, mais Google était vide. 

Aucune information n'existait concernant cet homme. Il était inconnu des moteurs de recherche. Aucune photographie. Un fantôme. Seul ses homonymes trouvaient une réponse positive. Mais pas celui qu'elle recherchait. 



Sa nuit fût courte. Elle s'était tournée et retournée sous sa couette, cherchant une excuse valable pour refuser ce rendez-vous qui allait lui coûter les yeux de la tête. Mais elle avait donné sa parole et une partie d'elle-même, en fait la plus grande partie d'elle-même, souhaitait le revoir. Être en sa présence et écouter sa voix rauque, plonger dans son regard et le laisser prendre possession de son corps sans même la toucher. 



Car depuis sa rencontre avec Gabriel, son corps se réveillait. L'hibernage semblait si loin. Elle appelait chaque nuit ses souvenirs et elle réagissait immédiatement. Ses seins grossissaient, ses tétons pointaient, son souffle devenait un peu plus court, sa poitrine se levait plus rapidement, ses hanches appelaient un sexe dur et tendu, sa chatte suintait de plus en plus et ses mains prenaient possession d'un corps qu'elle pensait connaître mais dont elle découvrait des possibilités qui semblaient infinies. 



Ce sont ces sensations qu'elle appelait depuis si longtemps.  



Elle avait compris que ces années de purgatoire n'avaient servi qu'à s'illusionner sur ses besoins et ses envies. Elle s'était niée durant des années pour une parcelle d'attention, un brin de plaisir et une vie à deux qui n'avait, en fait, jamais vraiment existé si ce n'est dans son fantasme de petite fille qui imaginait la vie de couple.  



Lorsque son alarme la tira des bras d'une demi-Morphée, elle était debout avant même la seconde sonnerie. Elle se précipita dans sa douche et prit un soin tout particulier à s'épiler, à se savonner. Jetant un regard dehors, le soleil lui indiqua sa tenue. 



Elle porta un ensemble de lingerie classique blanc. Une petite jupe élégante tombant juste au genou. Un top assorti compléta sa tenue. Elle attacha ses cheveux avec un bandeau afin de laisser sa nuque respirer. Ses éternelles ballerines terminèrent l'ensemble.  



Elle se trouvait coquette en admirant son reflet dans la psyché.  



Elle prit son sac, ses clés et sortit, d'un pas décidé. Après tout, elle n'était obligée à rien si ce n'est passer une agréable journée dans ces lieux qui la faisaient rêver puisqu'elle y avait rendez-vous. Ensuite, ce soir, cerise sur le gâteau, elle allait dîner dans l'un des meilleurs restaurant d'Europe. Pas mal, se dit-elle. 



Arrivée au lieu indiqué, Elise pensa qu'elle s'était trompée.  



La vitrine était modeste, parfaitement éclairée et deux mannequins habillés de vêtements de créateur la regardait. Elle sortit son téléphone et chercha le mail de Gabriel afin de vérifier qu'elle était au bon endroit.  



La double porte en verre s'ouvrit alors et une femme d'environ cinquante ans l'apostropha. 


— Seriez-vous Elise ?  


— Euh...oui...! 


— Enchantée, Elise ! Je m'appelle Jacqueline. Je serai à vous pour la journée. Si vous voulez bien vous donnez la peine d'entrer ?  


— Elise cru avoir mal entendu. La journée ???  


— Excusez-moi, Jacqueline. Mais que suis-je censée faire dans cet endroit ?  


— Gabriel a encore joué au cachottier, c'est cela ? Affirma-t-elle en souriant et en levant les yeux au ciel tout en soupirant. 


— Vous connaissez Monsieur Wallace ?  


— Bien sûr. C'est l'un des clients les plus fidèles de cette enseigne.  


— Alors voudriez-vous m'éclairer ?  


— Monsieur Wallace, puisque vous l'appelez ainsi, nous a donné des instructions vous concernant. Très précises. Et non négociables selon lui. Mais nous trouverons un moyen de vous satisfaire avant tout, ajouta-t-elle en clignant de l'œil et en souriant de façon plus que sincère.  


— Je ne comprends rien. 


— Elise ! Gabriel veut que nous vous préparions à votre dîner. Il nous a expliqué que ce sera une première pour vous et il ne veut pas que vous vous sentiez différente des femmes qui seront là, ce soir. Il craint que vous soyez mal à l'aise comme lors de votre première rencontre. Il veut vous éviter cela à nouveau. Rien de plus. Que votre élégance soit parfaite pour ce lieu parfait et que vous vous sentiez à l'aise dans ce milieu où l'on pardonne rarement la faute de goût. Vous comprenez ? 



Le souvenir du vernissage revint en tête à Elise. Son malaise, sa crainte d'être jugée sur sa tenue plus que simpliste au milieu de ces femmes vêtues des ors et des velours les plus raffinés.  


— Pense-t-il que je sois si démunie en vêtements ?  



Jacqueline regarda Elise d'un oeil qui disait : “tu peux parler ma petite, je lis en toi comme dans un livre ouvert. Bien sûr que tu ne disposes pas de ce qu'il faut puisque Gabriel t'a envoyé chez moi.”  



Cependant, la réponse surpris Elise 


— En fait, Gabriel nous a expliqué votre mal-être lors de votre première rencontre et il refuse de vous faire vivre cela une seconde fois de sa faute puisque c'est lui qui a choisi le lieu du rendez-vous. Alors il prendra en charge tout ce que vous emmènerez ce jour. 


— Pardon ? 


— Il paie pour l'ensemble de ce que vous allez choisir, Elise. C'est aussi simple que cela.  


— Simple ? 


— Oh oui, croyez-moi sur parole.  


— Mais... 


— Ttttt...si je peux me permettre un conseil, laissez-vous faire. Combien de femmes voudraient être à votre place ? Profitez du moment et, puisqu'il a décidé de vous montrer une part de ce monde selon ses règles, en quoi est-ce si traumatisant de se faire chouchouter et de se transformer pour un soir avec une élégance absolue ? 



Elise sourit en répondant  


— En rien, vous avez raison.  


— Alors allons-y. Tout va y passer. Robe du soir, coiffure, maquillage, chaussures, lingerie. Nous avons la journée pour faire de vous cette princesse.  



Elise leva les yeux au ciel et, à voix haute, dit  


— Tu me lâches quand tu veux, Cendrillon. Je rentre chez les petites souris couturières, là.


— Pardon ?  


— Non rien. Par quoi commençons-nous dans ce cas ?  


— Par ce qui est invisible mais essentiel : la lingerie.  



La journée passa si rapidement qu'Elise ne put le croire. Elle se senti surprise de constater qu'elle adorait que l'on s'occupe d'elle, de ses cheveux, de son maquillage. Elle adorait recevoir des conseils vestimentaires de professionnels. Et elle avait vraiment adoré rencontrer Jacqueline qui avait été une perle pour elle qui découvrait ce monde. Grâce à elle, elle avait navigué dans cet univers comme si elle en avait toujours fait partie. Les sandwichs commandés pour le lunch étaient délicieux, tout avait été parfait et, selon Elise, trop tentant.  



L'heure du rendez-vous approcha finalement. 


— Il est l'heure de passer votre armure, ma chère ! Dit Jacqueline à Elise.  


— J'ai peur. Je n'ai jamais... 


— N'ayez aucune crainte ! Coupa Jacqueline. Gabriel est un gentleman et tout ce que vous aurez à faire, c'est de suivre ses conseils. Vous serez magnifique dans cette robe. Et votre entraînement de cet après-midi vous permettra de naviguer sans heurts au milieu des requins. Ayez confiance en vous, Elise. Vous êtes magnifique.  


— Merci pour tout, Jacqueline. J'ai adoré ma journée ! Dit-elle en prenant les mains de son guide. 


— Alors je suis heureuse, Elise ! Allez ! Le salon d'essayage vous attend ! Je serai partie lorsque vous sortirez. C'est ma coutume à moi. Je ne regarde jamais partir celle que j'ai aidé à se trouver. 


— Merci Jacqueline. 


— Filez ! Vos propres vêtements et votre sac seront renvoyés chez vous demain matin par porteur. J'ai transféré votre téléphone et votre portefeuille dans votre nouveau sac à main, plus petit. Il contiendra également de quoi retoucher votre maquillage si besoin. Bonne soirée, Elise. Vous êtes une jeune femme rare.  



Tournant le dos, Jacqueline s'éloigna tandis qu'Elise entrait dans la salle d'essayage. 



Elise passa sa lingerie, sa robe, replaça quelques mèches de ses cheveux, vérifia son maquillage selon les conseils qui lui avaient été prodigués durant l'après-midi et, se trouvant prête, ouvrit le rideau.  



Deux vendeuses la regardaient et elles sourirent.  


— Magnifique. Vous êtes magnifique.  


— Merci.  


— Votre voiture vous attend. Passez une excellente soirée, Mademoiselle.  



Elise se dirigea vers la sortie lorsque Sam apparu.  


— Mademoiselle Elise ? Vous avez changé en quelques semaines. Si je peux me permettre, vous êtes ravissante.  


— Merci Sam ! Répondit Elise en se dressant sur ses escarpins et posant ses lèvres sur la joue burinée de son chauffeur d'un soir. Le colosse ne put s'empêcher de sourire. La spontanéité de cette jeune femme lui plaisait énormément.  


— Si vous voulez bien me suivre. Je vous emmène à l'Eclipse. Monsieur Wallace vous y attend déjà.  


— Bien. 



Suivant les conseils donnés par Jacqueline, elle leva un pan de sa longue robe et s'assit les jambes tournées vers le trottoir. Elle pivota alors vers l'intérieur les jambes serrées. Néanmoins, comme Jacqueline l'avait prédit, la fente de sa robe remonta un peu plus haut que ses bas et découvrir l'attache d'une jarretelle.  



Elle rougit un instant puis se remémora alors les paroles sages de son professeur du jour :  



“On pardonnera toujours à une femme la coquetterie, Elise. Mais jamais la vulgarité. La lingerie fait partie des femmes. Elle doit être discrète, pas invisible. N'en ayez jamais honte car elle n'est là que pour vous sublimer. Non devenir un sujet de moquerie. Soyez femme et revendiquez-le. Mais avec classe et élégance car alors tout vous sera permis".  



Sam, les yeux fixés devant lui avec discrétion, n'avait pas remarqué la scène derrière la porte qu'il tenait.  



Quelques minutes plus tard, il était 19h30, Sam arrêta la berline devant l'entrée monumentale du restaurant. Un portier en livrée se chargea d'ouvrir la porte passager et Elise en sortit comme elle était entrée mais en s'aidant de la main ferme de Sam.  


— Merci Sam. Vous êtes très gentil.  


— C'est un plaisir, Mademoiselle Elise. Sincèrement. Passez une excellente soirée. 


— Merci.  



Elise suivit alors le groom qui l'amena directement à l'intérieur après lui avoir annoncé le nom de son rendez-vous.  



L'endroit était d'un raffinement sans nom. La lumière était parfaite, il flottait une odeur de jasmin dans l'entrée et le bruit était feutré.  



Le groom ne l'amena pas directement dans le restaurant mais lui annonça qu'elle était attendue au bar. Il lui indiqua le chemin et elle s'y rendit en respirant une dernière fois.  



Elle entra par la porte et chercha des yeux celui qui l'avait invité en tenant devant elle à deux mains son nouveau sac de couleur rose poudré minuscule et discret, comme une simple pochette.  



Puis elle le vit et son souffle s'amplifia le temps d'une respiration. 



Il était accoudé au bar et discutait avec un homme plus âgé que lui.  



A nouveau, la jeune femme sentit son corps la trahir.  



Son sexe palpita sous son string. Sa chatte émit un peu de cyprine qu'elle sentit couler le long de sa cuisse et s'arrêter grâce aux élastiques de ses bas noirs. Ses seins, sous les bonnets de sa lingerie, réagirent.  



Elle était en état d'excitation.  



Cet homme la faisait réagir comme une folle. Elle ne pouvait s'expliquer cette réaction qu'elle n'avait jamais connue. Mais elle devait admettre qu'elle était venue aussi pour cela. Se sentir femme, belle et profiter d'être en sa présence et des effets qu'elle ressentait grâce à lui. 



C'est à cet instant que le regard de Gabriel fut attiré par l'entrée d'Elise et elle le vit stopper sa phrase en la regardant.  



Il n'était pas le seul, d'ailleurs.  



Plusieurs regards s'étaient tournés vers elle. Des hommes et des femmes. Mais cette fois, Elise pouvait lire dans leurs yeux qu'il y avait une forme de révérence, d'estime, même d'envie en découvrant la jeune femme. Elle était des leurs, inévitablement.  



Elise se dressa et, d'un pas ferme et décidé, elle avança. Ses talons hauts claquèrent sur le sol en marbre. Elle remercia intérieurement Jacqueline de lui avoir enseigné comment se déplacer sur ces engins durant une bonne partie de l'après-midi. Son entraînement portait ses fruits. 



La traîne de sa robe courait négligemment derrière elle, parée de brillants et d'or. Elle portait une robe champagne du plus bel effet. Un décolleté en V mit en valeur par une guêpière noire et feu invisible qui donnait à sa gorge un galbe dont elle n'avait jamais osé rêver. Les baleines ne la serraient pas, comme elle aurait pu le craindre selon ce qu'elle avait entendu à propos de ces parures, car c'était du sur-mesure qui avait été taillé sur elle durant l'après -midi.  



Ses hanches ondulaient de façon métrique et ses yeux, maquillés avec art, lançaient des éclairs. Enfin, sa chevelure avait été bouclée et tombait en cascade sur ses épaules nues.  



Elise était une apparition divine.  



Elle s'arrêta à deux mètres de son hôte du soir et le salua 


— Bonsoir Monsieur Wallace. Comment allez-vous ? 


— Elise, vous êtes magnifique. Vraiment magnifique. Cette robe a été créée pour vous.  


— Merci de vos largesses, Monsieur Wallace, le piqua-t-elle. 


— Croyez-moi si je vous dis que votre seule apparition en vaut la peine, Elise. Sincèrement. Je vais faire des jaloux et des jalouses, ce soir.  


— Si vous le dites ! Répondit Elise sans croire à ces belles paroles.  


— Vous verrez ! Puis-je vous offrir une coupe de champagne ? Je sais que vous n'avez pas l'habitude de l'alcool. Aussi, ce ne sera que la seule fois ce soir que je vous en proposerai...ou pas ? Ajouta-t-il, mutin et joueur.  


— D'accord dans ce cas, répondit-elle en souriant.  


Le champagne était frais, délicieux. Jamais elle n'avait gouté un tel nectar. Il lui semblait qu'il pétillait jusque dans son estomac. La discussion était simple, basée sur le travail d'Elise, ses prises de fonctions, ses ressentis par rapport à l'entreprise.  



Gabriel écoutait, comme toujours. Relançant la discussion par bribes mais restait attentif au bien-être de la jeune femme. Elle le sentit et en fut ravie. Même si elle ne comprenait toujours pas comment une jeune femme comme elle pouvait intéresser un homme plus âgé et si parfait. 



Un Butler (ndlr : majordome de haut niveau dédié au service personnalisé de clients fortunés) apparut à cet instant et fit un petit signe de tête à Gabriel.  


— Nous allons dîner ? Lui demanda-t-il soudainement.  


— Volontiers.  



Elise posa son verre sur le bar et, se dirigeant vers la salle au bras de son chevalier servant, elle remarqua que son verre la suivait.  



Un serveur s'en était emparé et le lui apportait à sa table. Elle sourit, ce que Gabriel remarqua et, à son tour, il sourit. 



Installés, Gabriel avait pris le soin de lui repousser doucement son fauteuil pour qu'elle puisse s'asseoir avec sa longue robe, elle reçut un menu mais fut intriguée de n'y voir figurer aucun prix.  



Elle s'en inquiéta auprès de Gabriel qui, pédagogue, lui expliqua qu'à partir d'un certain standing, les femmes n'ont pas besoin de connaître le prix de ce qu'elle souhaite. Elles peuvent, ainsi, choisir en toute liberté sans la pression de l'addition. Lui faisant ainsi comprendre qu'il comptait bien s'en charger, à nouveau. 


— Mais...vous avez déjà tellement fait pour moi, ce soir...je ne veux... 


— Elise ! Soyons clair, voulez-vous ? Nous évoquerons ce sujet une seule fois et nous n'y reviendrons plus jamais. Ces dépenses ne sont que des babioles à mon niveau. Je ne m'en vante pas. Mais c'est ainsi. Cela me permet de vivre dans l'élégance et le luxe que je recherche, que j'ai recherché toute ma vie. Vous faire plaisir est, en cette journée, mon propre plaisir. Alors profitez de votre soirée en sachant que vous savoir heureuse, curieuse et à l'aise me rend heureux à mon tour. Je passe une soirée avec une femme magnifique, cultivée et à la modestie non feinte. Laissez-moi vous rendre une partie de ce que vous m'offrez. S'il-vous-plaît. 



Ce dernier mot, prononcé avec une forme de révérence, d'attente inquiète, emporta la jeune femme. Elle détourna alors la conversation. 


— Il me semble que ce mot revêt une importance capitale pour vous, dit Elise en prenant une gorgée de son champagne en souriant. 


— Lequel ? 


— Heureux.  


— C'est le cas. Je veux vivre heureux, Elise. Est-ce anormal ? 


— En fait...non. Je présume que chaque personne souhaite être heureux.  


— Exactement. Le chauffeur de bus, par exemple, n'aspire qu'à vivre heureux avec les siens, faire des barbecues, aller au restaurant, prendre des vacances avec sa famille ou son épouse, sourire, rire. Rien de plus. Comme l'infirmière, le médecin, l'enseignant, le manœuvre, l'ouvrier ou le patron de multinationale. La seule différence entre tous ces exemples, ce sont les moyens que l'on peut se permettre d'injecter pour y arriver. Mais sincèrement, pensez-vous que le maçon soit moins heureux parce qu'il ne navigue pas sur un yacht de luxe ? Je ne le pense pas. Il peut l'envier. Certes. Mais serait-il plus heureux par la possession ? Honnêtement, je n'en sais rien. J'espère que non.  


— Vous espérez que non ?  


— Oui. Cela peut paraître paradoxal parce que je possède tout cela. Rien n'est impossible pour moi. Mais la richesse ne rend pas heureux, Elise. Elle facilite le bonheur. Mais être heureux tout en étant seul, comme je le suis, est-il une finalité ?  


— Non...! 



Elise avait parlé un peu trop vite cette fois car elle comprit le piège au moment de sa réponse. Gabriel se pencha en arrière et, prenant sa coupe de champagne qu'il porta à ses lèvres dans un sourire carnassier, il dit 


— Alors pourquoi recherchez-vous à tout prix la solitude et le célibat forcé ? 


— Vous tentez de me piéger, Monsieur Wallace ?  


— Piéger ? Je n'ai pas forcé votre réponse, douce Elise. Mais j'aimerais une réponse tout de même.  


— Je ne pense pas que l'homme ou la femme soit fait pour vivre seul. Mais parfois, la vie fait que le choix ne se pose pas. Et c'est souvent bien ainsi.  


— On a toujours le choix ! Dit-il en souriant et en reprenant les mots d'Elise lors du vernissage au moment où elle avait failli craquer face à lui.  


— Vous vous souvenez toujours de tout ? Demanda-t-elle mi-intriguée, mi-amusée. 


— Oui. J'ai cette mauvaise habitude lorsque je suis intéressé.  


— Intéressé ?  


— Je vous ai dit que vous m'intéressiez et m'intriguiez, Elise.  


— Effectivement.  


— Donc... 


— Vous avez peut-être raison, je n'en sais rien. En fait, je pense que je n'ai encore eu de réel choix à effectuer durant mon existence parce que ceux que j'ai rencontré n'en valait tout simplement pas la peine. Le seul choix que j'ai fait, c'est celui de ne plus m'en préoccuper.  


— Et ce choix vous ravit-il ? Demanda-t-il doucement.  


— Bien sûr que non ! Que cherchez-vous, Gabriel ? M'humilier dans ce cadre qui ne me correspond pas ? Dans cette robe qui n'est pas faite pour moi ? Répliqua Elise, à nouveau sur la défensive et anxieuse. 



Gabriel la regarda avec attention et lui répondit avec calme, d'une voix douce  


— Tout d'abord cette robe est faite pour vous. Vous n'en avez pas l'habitude, c'est tout. Mais vous êtes tellement réservée que vous n'avez pas encore remarqué que tous les regards se sont tournés vers vous dès votre entrée. Votre décolleté splendide, votre démarche, cette jambe qui dépasse de votre robe fendue, ces bas qui ne laissent que présager d'un univers délicieux ne laissent personne indifférent dans cette salle. Ensuite, vous humilier est la dernière chose que je souhaite, Elise. Ce cadre est le mien, je voulais simplement me retrouver avec vous dans un endroit qui ne m'intimide pas pour garder une forme de contrôle. Est-ce si compliqué à comprendre ?  


— Je vous intimide ? 


— Plus que vous ne le pensez, visiblement.  


— Je vais répéter ma question, Monsieur Wallace. Que cherchez-vous ? 


— Vous ! Entière et soumise ! 



La réponse avait été franche, directe, les yeux dans les yeux.  



Elise était perdue.  



Elle regarda la grande horloge du restaurant.  



Elle indiquait 20h30...Cendrillon avait encore un peu de temps avant de redevenir souillon.  


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alissdeliss
1 septembre 2026 à 23:23
Écriture sensuelle... Plume et récit délicieux...
Alexis est-il aussi un Gabriel ?
La suite avec délectation...
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Répondre
OlgaT
1 septembre 2026 à 21:26
Waouh! Excellent!
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Photo de profil de mozart
mozart
30 août 2026 à 21:19
Très belle suite.
Comment va t'elle réagir ?
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de AlexisPC
AlexisPC
30 août 2026 à 20:18
Ou pas....
La suite le dira....
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
30 août 2026 à 15:13
Je comprends qu'Elise soit un peu perdue.
Mais au moins, maintenant elle sait ce que Mr Wallace attend d'elle...
Soyez respectueux
Répondre

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