Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous son Regard : la Captive volontaire. — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous son Regard : la Captive volontaire.
Chapitre 9
En se réveillant, le lendemain matin, Elise remarqua qu'elle avait parfaitement dormi. Son repos avait été salvateur et particulièrement efficace.
Elle osa se demander si cela avait un rapport avec son orgasme tonitruant de la veille ?
Elle ne résista pas et, avant même de sortir de son lit, pianota sur son téléphone
[SMS]
>Tu as réussi quelque chose que personne n'avait réussi avant toi : me rendre curieuse de moi-même !
La réponse, à la grande surprise d'Elise car il était encore fort tôt pour un dimanche matin, lui parvint dans la minute alors qu'elle tentait de faire obéir ses jambes pour se lever et aller prendre une douche et un café.
[SMS]
>Je n'ose imaginer jusqu'à quel point tu as été curieuse ! Même si je le devine ! Bonne journée Elise.
Elle rougit.
Il savait.
Gabriel avait compris en un instant ce qu'elle avait osé. Et elle en fut heureuse. Elle avait, ainsi, l'impression de partager un secret inavouable avec cet homme puissant, riche et terriblement charismatique.
Sa journée fut légère, insouciante. Pour une fois, elle ne songea pas au travail du lendemain. Elise s'octroya une balade dans un parc de la grande ville, profitant de l'ombre apaisante des arbres centenaires. Elle regarda une famille flâner, un père jouer au football avec son petit garçon, une mère allaiter discrètement son bébé serré contre sa poitrine. Plus loin, deux amoureux s'embrassaient sur un banc.
La grande ville vivait à la lumière de l'été naissant.
Elise était apaisée, sereine. Elle repensait sans cesse à son orgasme de la veille. L'élément déclencheur n'avait pas été Gabriel mais ce sentiment de liberté qui s'offrait à elle. Grâce à Gabriel, certes. Mais il y avait cette petite nuance qui la rendait sereine car elle avait cette impression d'avoir été celle qui était, finalement, à l'origine de ce plaisir incomparable dans sa vie sexuelle. L'impression de mener encore un peu la barque, en quelques sortes.
Tout à ses cogitations, elle sortit son téléphone et eut l'envie de partager cette pensée avec son initiateur
[SMS]
>Tu sais ce qui a changé ? Au début, je pensais que tu allais m'apprendre quelque chose sur le désir ou le plaisir. Aujourd'hui, je crois surtout que tu vas m'apprendre à ne plus avoir peur de ce que je veux.
Ce message resta, cependant, sans réponse.
Elise fut un peu déçue mais, finalement, n'attendait pas spécialement de commentaire sur cette affirmation.
Le lendemain matin, en revanche, une surprise de taille attendait Elise.
En arrivant au bureau, juchée sur ses hauts talons auxquels elle avait pris habitude, elle trouva Gabriel assis dans son bureau.
— Monsieur Wallace ?
— Bonjour Elise.
— Mais ?... Que faites-vous là ? Nous ne devions plus nous voir.
— Je sais ! Mais la situation a changé ?
— Vous vous lassez déjà de votre jouet ? Demanda Elise sur la défensive.
— Je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Non, Elise, votre message d'hier m'a permis de comprendre que, finalement, nous perdons du temps plus qu'en gagner. Je passerai vous prendre mercredi soir. Vous pouvez vous rendre chez Jacqueline si vous le désirez. Mais je vous laisse, cette fois, seule juge de ce que vous souhaitez porter pour cette soirée spéciale.
— Spéciale ?
— Après l'Eclipse, nous ne rentrerons pas immédiatement. Je vous emmène dans un nouvel endroit.
— Ah...et cela nécessitait votre présence à mon bureau, un lundi matin de bonne heure ?
— Tu me manquais, petite peste.
Le tutoiement et cette phrase restèrent un instant en l'air, suspendu entre eux. Gabriel souriait, Elise était sous le choc.
Puis, elle sourit.
— Je suis heureuse de vous voir, moi aussi.
Gabriel s'avança et posa sa main sur la joue droite de la jeune femme.
— Alors, c'est entendu ? Nous nous verrons mercredi ?
— Volontiers, Monsieur Wallace !
— Réservez votre nuit et prévoyez un jour de congé le lendemain. Vous serez probablement fatiguée.
— Hein ?
— Vous verrez. Bonne journée, Elise.
Quelques secondes après la sortie de Gabriel, Elise se demanda ce qu'elle comptait faire. Ses interrogations, si elles étaient plus apaisées, n'en restaient pas moins présentes.
La tornade Sabrina entra et, brisant ses pensées, l'invectiva
— Tu reçois le plus beau mec de la ville ? Le matin ? Sans me prévenir ? Et je ne peux même pas me rincer l'œil correctement ? Je croyais que tu étais mon amie ? J'espère, au moins, que tu as pris ton pied ?
— NON MAIS TU AS FINI, OUI ? TU NE PENSES QU'A CA, MA PAROLE !
Sabrina resta muette de stupéfaction. C'est la première fois qu'elle se faisait engueuler par sa patronne.
Face à son visage meurtri, Elise capitula
— Pardon, ma chérie ! Excuse-moi ! Il m'a prise au dépourvu en débarquant avant moi. Peux-tu me pardonner ce mouvement d'humeur ?
Sabrina observa longuement son amie. La scrutant de haut en bas et de bas en haut. Puis, prononça ces paroles amères
— Tu as changé, Elise ! Et je suis certaine que le beau Monsieur Wallace n'y est pas étranger. Mais visiblement, je ne suis pas encore assez proche de toi pour connaître tes secrets. Alors je vais te laisser en tête-à-tête avec eux. Après tout, je ne suis qu'une secrétaire. Je n'ai pas à me mêler des sauteries de ma patronne. Mais la prochaine fois que tu me hurles dessus, je démissionne. Je serai à mon bureau, attendant le bon vouloir de celle qui me paie.
Elle claqua la porte et se réfugia, meurtrie, derrière son bureau. Le lundi, le travail ne manquait jamais.
Elise ne réagit pas.
Elle comprenait sa secrétaire et amie. Si son patron avait hurlé ainsi, elle aurait probablement tenu le même langage. Elle y voyait une preuve de fidélité solide, une amitié sincère. Aussi, elle pressa le bouton du téléphone
— Sabrina ? Veuillez venir dans mon bureau, je vous prie.
— Tout de suite...Madaaaame.
Elise sourit en l'entendant accentuer ce dernier mot avec un accent parisien à couper au couteau.
La porte s'ouvrit et Elise détailla son amie.
— Talons hauts, jupe au-dessus du genou, chemisier parfaitement ajusté, coiffure et maquillage impeccables. La secrétaire voulait se montrer digne de sa patronne.
— A votre service, Madame ! Dit Sabrina en regardant le mur derrière son amie, les yeux embrumés, tenant un calpin et un stylo contre sa poitrine, prête à prendre les ordres de sa patronne.
— Assieds-toi, vilaine fille. Je vais tout te raconter.
Durant l'heure qui suivit, le bureau managérial du Département Partnership ressembla alors plus à une soirée entre filles qu'à son but légitime. Sabrina s'émerveilla du magasin où Elise avait ses entrées et un crédit illimité, du cadre et du standing de l'Eclipse, de l'éducation sans faille de Gabriel et de sa beauté fascinante. Il ne manquait que le Spritz pour parfaire l'illusion d'une réunion entre deux meilleures amies d'enfance.
— Oh ma chérie, je suis si heureuse pour toi ! Dit Sabrina.
— Merci. Mais je navigue à vue.
— Tu rigoles ? Un homme comme Gabriel Wallace, multimilliardaires, t'offre de te faire découvrir ta féminité en te couvrant de cadeaux et tu fais la fine bouche ? Elise ? Sérieusement ?
— Quoi ?
— Il t'a donné rendez-vous mercredi pour une soirée spéciale ?
— Oui !
— Et tu as l'opportunité de choisir une tenue toi-même dans ce magasin ?
— Oui !
— Je peux venir avec toi ?
— Hein ?
— Je peux venir avec toi pour choisir ?
— Je ne sais pas si...
— Quoi de plus normal ? Ta meilleure copine vient avec toi dans un magasin choisir une tenue ? Tu parles, c'est unique dans ce monde. Du jamais vu dans l'histoire de l'amitié entre copines.
En riant, Elise accepta.
Le mercredi après-midi, les deux femmes quittèrent ensemble le bureau et Elise emmena son amie “faire les boutiques”.
Jacqueline, radieuse, accueillit les deux jeunes femmes avec le sourire. Elise lui expliqua ce que Gabriel avait prévu et, instinctivement, se crispa. Elle comprit que, ce soir, il fallait du fantastique.
Aussi, elle se lança dans la recherche des atours les plus adéquats. Sabrina ne perdait pas une miette des essayages et, sous l'impulsion de Jacqueline, céda à son tour en se laissant convaincre de passer quelques parures de lingeries et de robes sensationnelles.
Les trois femmes s'amusaient beaucoup. Sabrina était sous le charme tout en étant choquée des prix indiqués sur ce qu'elle portait.
Jacqueline s'éclipsa quelques minutes tandis qu'Elise passait une robe rouge absolument scandaleuse qui dessinait ses formes au millimètre tout en lui donnant un air de diva inaccessible.
De son côté, Sabrina passa une robe noire plus classique qui dessinait à merveille sa plastique avantageuse tout en lui donnant un air sérieux mais aussi mystérieux. Elle l'adora sur le champ mais tiqua en lisant un prix à cinq chiffres.
— Tu es sublime, Elise. Cette robe est comme une seconde peau. Ta lingerie est invisible mais on la sait présente. Tu as vu le galbe et le volume que tes seins dessinent ? C'est dingue. J'ai presque envie d'être jalouse.
— Tu peux parler, ta poitrine est sublime !
— Peut-être, mais pas autant que la tienne dans cet ensemble. Putain, tu es torride !
—Tu es certaine ? Ce n'est pas trop...trop ? Enfin, tu vois ?
— Non ! Elle a été dessinée pour toi. Tu dois la prendre et la porter ce soir.
— Je suis d'accord ! Décréta Jacqueline en revenant. Elise, vous êtes superbe. Et avec ces Jimmy Chow, on dirait une héroïne de cinéma.
— Je suis d'accord ! Décréta Sabrina qui sortait de sa cabine d'essayage en ayant remis ses propres vêtements.
Elle posa la robe noire sur le cintre avec un soupir de désespoir en la regardant une dernière fois, comme pour s'en souvenir, mais elle n'avait tout simplement même pas la moindre parcelle de moyens de s'acheter un truc pareil.
— Cette robe vous va à ravir, Sabrina ! Vous le savez ?
— Oui, je m'en rends compte. Elle est sublime. Mais bien trop chère pour moi. Mais merci de me le dire, Jacqueline.
Cette dernière sourit mystérieusement et se tourna vers Elise.
— Alors ? Verdict ?
— C'est d'accord. Mais je la garde sur moi.
— Je ne voyais pas les choses autrement.
Au moment de sortir, tandis que Sam se présenta à l'entrée du magasin, Jacqueline s'approcha d'Elise qui était stupéfaite de la trouver encore là et lui murmura
— Faites attention à vous, ce soir. Ne cédez que si vous le souhaitez. Promettez-le-moi !
— Je vous le promets ! Répondit-elle avec un moment d'arrêt et d'inquiétude. Visiblement, Jacqueline en savait plus qu'elle.
— Je vous fais confiance.
— Vous êtes toujours là ? Demanda la jeune femme en se rappelant que Jacqueline ne regardait jamais partir ses clientes.
— Ce soir, c'est spécial, Elise.
Elle n'en dit pas plus. Elle se tourna vers Sabrina et lui tendit un sac aux couleurs de la marque.
— Un petit cadeau de la part de Monsieur Wallace. Il vous remercie de votre présence aux cotés de votre amie.
Sabrina jeta un coup d'œil dans le sac et resta bouche bée. La robe noire qu'elle avait tant aimée se trouvait emballée dans du papier de soie.
— Mais ?
Sam, cette fois, intervint directement.
— Monsieur Wallace souhaite que vous participiez au repas, ce soir. Alors, il ne vous reste qu'à passer cette robe et prévenir votre fiancé que vous dinez dehors. Du moins, si vous acceptez cette invitation ?
Sabrina resta silencieuse quelques secondes. Puis, réalisant ce qu'on lui offrait, sourit à son amie qui la prit dans ses bras.
— Vous m'accordez quelques minutes ? Je téléphone à mon fiancé et je passe cette robe. Je serai alors tout à vous, répondit Sabrina en s'adressant à Sam.
Tandis qu'elle se retirait, Elise s'approcha de Sam et lui demanda alors
— Vous m'expliquez ?
— Monsieur Wallace a reçu un appel de Madame Jacqueline lui indiquant la présence de votre amie. Il a décidé de lui offrir cette robe pour qu'elle se sente à l'aise dans cet endroit, tout comme vous, et de vous permettre de passer la soirée avec elle face à Monsieur. Il est touché par la fidélité et l'amitié sans limite de votre amie. Il pense simplement à vous faire plaisir, sans la moindre arrière pensée. Il tenait à ce que je vous le dise, Mademoiselle Elise.
— Vous êtes terrible, Sam ! Répondit Elise en lui tenant le bras.
Ce geste, innocent, tendit le colosse qui sourit alors à la jeune femme avant de lui dire
— Vous êtes une jeune femme admirable, Mademoiselle Elise. Sans jugement et totalement spontanée. Vous servir durant quelques instants est un privilège, sachez-le.
Emue, Elise se leva sur la pointe de ses pieds et posa ses lèvres, instinctivement, sur la joue du colosse comme pour prouver, sans s'en rendre compte, les dires de son chauffeur du soir.
A son tour surpris, Sam comprit que cette jeune femme lui devenait chère. Il la trouvait pétillante, belle et gentille. Elle était toujours attentionnée à lui, le remerciait avec sincérité. Il obéissait à son patron, certes. Mais, en lui, quelque chose naissait. Malheur à celui qui tenterait de faire du mal à Mademoiselle Elise. Il ne s'en relèverait jamais.
Avec une attention renouvelée, Sam ouvrit les portes aux jeunes femmes lorsque Sabrina revint, vêtue, maquillée et chaussée d'une paire de stilettos Louboutin. Elle vivait un rêve...
— J'en connais un qui va poser des questions ! Déclara Elise en regardant son amie s'asseoir à ses côtés.
— Je lui ai tout dit, Elise. Je ne lui mens pas. J'ai tout déballé. La robe, la lingerie, les chaussures, le milliardaire qui offre le tout et toi. Il est furax mais il comprend aussi...tant que je reste avec toi.
Etonnée, Elise regarda son amie et lui demanda
— Que comprend-t-il ?
— Que je joue à la princesse, le temps d'une soirée. Il a confiance en moi, Elise. Comme j'ai confiance en lui. Je joue avec toi concernant le charisme et la beauté de Wallace qui sont réels, mais mon fiancé est l'amour de ma vie. Que les choses soient claires. Aucun homme, si fortuné soit-il, ne m'apportera la richesse que lui me donne par un simple regard.
— Je suis heureuse que tu sois avec moi, Sabrina.
— ON VA A L'ECLIPSE ! Hurla de joie cette dernière en tapant dans ses mains comme une gamine qui découvrait un gros gâteau au chocolat, ce qui fit sursauter et rire Sam tandis qu'Elise retenait ses larmes de joie afin de ne pas ruiner son maquillage hors de prix.
En arrivant, les deux femmes s'amusaient comme des folles. Sam était aux anges de voir Elise si heureuse. Et si Sabrina prenait pas mal de décibels à elle seule, il devait avouer qu'il comprenait l'amitié qui liait les deux femmes.
En ouvrant la porte à Elise tout en l'aidant de sa poigne ferme, les yeux levés pour ne pas avoir à regarder ses jambes, il murmura juste pour elle
— Vous avez de la chance d'avoir une telle amie, Mademoiselle Elise. Elle est vraie et pétillante. Passez une excellente soirée toutes les deux.
— Merci Sam. A tout à l'heure.
Cette fois, Gabriel attendait les deux jeunes femmes en haut des marches. Sabrina posa sa main sur le bras de son amie tout en retenant sa respiration face à l'Adonis qui se tenait devant elle. Amusée, Elise s'avança et salua son hôte
— Bonsoir Monsieur Wallace.
— Bonsoir Elise. Bonsoir Mademoiselle.
— Merci pour l'invitation Monsieur Wallace, rougit Sabrina.
— C'est un réel plaisir, croyez-moi. J'ai compris votre attachement à votre supérieure et je sais quel rôle vous jouez auprès d'elle. C'est donc, de mon point de vue, la moindre des élégances que de vous permettre de continuer votre journée ensemble. Suivez-moi, je vous prie. Notre table nous attend.
L'entrée des deux femmes fut remarquée par l'assemblée. Elles s'installèrent avec grâce tandis que Gabriel faisait signe d'apporter une bouteille de champagne et une bouteille d'eau glacée.
La soirée se déroula avec élégance. Gabriel se montra un hôte patient, attentif et réservé. Sabrina était sous le charme. Elise, à présent habituée à sa présence écrasante, semblait plus à son aise.
Elise ne put s'empêcher de sourire en regardant la scène entre une Sabrina rouge pivoine et Gabriel insensible aux roucoulements de son amie. Parce qu'une Sabrina incapable de dire un mot sans bégayer et sans rougir, rien que cela valait la soirée.
C'est Gabriel qui détendit l'atmosphère
— Alors, Sabrina ? Vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? C'est vous le cerbère officiel d'Elise ? Comment se porte votre fiancé ? Je serais ravi de rencontrer un homme capable de faire succomber une jeune femme comme vous. Il doit être exceptionnel.
Il l'avait ferrée. Elle avait ri, rougi, été étonnée de sa connaissance de sa situation personnelle et conquise par un sourire tout comme un regard d'une grande sincérité dans ses questions. Elle parla de son fiancé, beaucoup. De son travail auprès de son amie, un peu. De son amitié pour elle, sincèrement.
Le reste de la soirée se passa entre discussions sérieuses mais aussi quelques moments plus légers durant lesquels la mode, l'art ou même le sport furent envisagés.
C'est Gabriel qui, gentleman comme toujours, sonna la fin de la récréation. Il invita Elise et Sabrina à prendre un dernier verre au bar tandis qu'il s'assurait de la disponibilité de Sam.
— Que comptez-vous faire d'Elise, maintenant que la soirée est sur le point de se terminer pour moi ? Demanda soudainement Sabrina à qui le champagne avait un peu dénoué la langue.
— Vous souhaitez jouer votre rôle, y compris en dehors du bureau ? Demanda en riant Gabriel.
Sabrina rougit à nouveau, consciente de dépasser son rôle. Mais elle n'avait pu s'en empêcher, curieuse de la suite de la soirée de son amie.
Gabriel fit lentement tourner le liquide ambré dans son verre en cristal tandis qu'Elise sirotait, attentive, son thé.
— Votre curiosité n'est pas délicate, Sabrina. Mais je consens à vous éclairer si, et seulement si, Elise est d'accord.
— Cela me permettra de connaître, également, vos intentions, Monsieur Wallace, répondit cette dernière.
— Je compte vous faire découvrir un pan de votre...intimité qui vous fait défaut en vous permettant de toucher et d'admirer des corps en action.
Sabrina eut le plus grand mal à ne pas recracher son thé tandis qu'Elise laissa son geste suspendu.
C'est Sabrina qui se reprit la première
— Qu'entendez-vous par là ?
— Si vous le permettez, chère Sabrina, cette partie de notre relation ne vous concerne pas et je ne voudrais pas gâcher la surprise que j'ai préparé pour notre amie commune.
Les deux femmes comprirent alors que la soirée passait un autre cap. Cap, dans lequel, Sabrina n'était pas incluse.
Elle se leva alors, élégante, aérienne et sereine. Elle regarda son amie qui lui tendit sa main. Elle la serra quelques secondes en la regardant dans les yeux puis, détournant son regard vers Gabriel, lui dit avec toute l'autorité dont elle était capable
— Je vous la confie alors, Monsieur Wallace.
Celui-ci la regarda avec bienveillance en se baissant pour poser ses lèvres à un centimètre de sa main tendue. Puis, elle s'avança et, presque en murmurant déclara
— Mais si vous lui faites le moindre mal, je me chargerai alors de vous faire manger vos couilles une à une. Suis-je claire ?
En riant, Gabriel répondit
— Limpide, chère Sabrina. Mon chauffeur va vous ramener à votre fiancé et je vous promets que votre amie vous appellera en rentrant cette nuit, saine et sauve, depuis son appartement. Cela vous convient ?
— Parfait ! Dit-elle alors en rougissant, surprise par sa propre audace.
— J'ai été ravi de vous rencontrer ailleurs que derrière votre bureau. Elise a de la chance de posséder une perle comme vous.
— Merci, Monsieur Wallace. Bien ! Il est donc temps pour moi de vous quitter. Je vous remercie pour l'invitation, Monsieur Wallace. Je rêvais de découvrir cet endroit.
— C'est, effectivement, ce que j'ai cru comprendre ! Dit-il en regardant Elise, Sabrina comprenant qu'elle avait vendu la mèche. Je suis heureux d'avoir pu vous permettre d'y entrer. En espérant vous y revoir prochainement si vous le désirez...peut-être en compagnie de votre fiancé qu'il me tarde, décidemment, de connaitre.
Sabrina rosit à cette tirade et, d'un geste de tête le remercia une dernière fois en se tournant vers son amie
— Tu m'accompagnes ? Demanda-t-elle.
— Je vais en profiter pour me refaire une beauté à mon tour, déclara en souriant Gabriel, fier de sa blague.
— Oh comme c'est d'une finesse ! Déclara Elise en se levant. Tu m'attends, Gabriel, je reviens tout de suite.
— Bien sûr, chère Elise.
Les deux femmes sortirent ensemble jusqu'à la voiture. Sam ouvrit la porte et Sabrina se dirigea vers elle puis, se retournant, déclara à son amie en la prenant dans ses bras
— Comment ne pas succomber ? Il est si séduisant, si charismatique. Mais je ne t'envie pas. Trop de problèmes à gérer. Alors brûle-toi les ailes s'il le faut, mon Elise. Mais appelle-moi en rentrant, d'accord ?
— D'accord !
— Jure-le-moi !
Jamais, Elise n'avait vu Sabrina si inquiète et si déterminée.
— Je te le promets. Vraiment !
— Eclate-toi, ma belle... Dit-elle en s'engouffrant dans la limousine qui la ramena chez elle.
En rejoignant Gabriel, ses talons claquants sur le sol, Elise se promit de ne pas faillir à sa promesse. Les regards coulaient sur elle et, pour la première fois, elle se sentit belle, désirable. Elle sentait les jarretelles frotter sur le haut de ses cuisses, sa lingerie compresser ses seins et elle était en était d'excitation terrifiante. Gabriel avait soufflé le chaud et le froid avec un art digne d'un maître du plaisir.
En le rejoignant, elle ne put s'empêcher une bravade
— Je suis toute à vous.
— J'en suis heureux, belle Elise. Sabrina est-elle repartie confiante ? Je ne voudrais pas blesser une si belle âme.
Pour la première fois, Elise comprit que Gabriel était aussi un homme sensible. Et la requête de Sabrina n'avait pas été prise à la légère. Il comptait bien honorer sa promesse, ce qui rassura un peu Elise sur la suite de la soirée.
— Elle va bien. Mais ma vie privée ne la regarde pas, que je sache.
L'étudiant un instant, Gabriel répondit
— Certes ! Mais elle est sincèrement inquiète. Ce qui n'a aucun sens, bien sûr. Mais je comprends sa position. C'est une femme entière, unique et terriblement sincère dans son amitié, Elise. Elle en vaut la peine.
— Je pensais que l'amitié entre femmes ne vous inspirait que méfiance, Monsieur Wallace.
— Touché !
Ils rirent à cette pique.
Attendant le retour de Sam, Gabriel offrit un verre à Elise. Ils dégustèrent un Limoncello Golmar sur glace. Un délice.
Lorsque le téléphone de Gabriel sonna une seule fois, il entraîna Elise au dehors puis, installé à ses côtés dans la limousine, il demanda à la jeune femme
— Prête à découvrir un monde inconnu ?
— Avec vous, oui !
— Vous me faites confiance ?
— N'est-ce pas ce que vous m'avez demandé ?
Sans répondre, Gabriel regarda Sam dans le rétroviseur et la voiture démarra alors sans un mot. Gabriel se ferma durant le trajet, pensif.
Cendrillon était seule aussi dans son carrosse l'emmenant au bal, pensa Elise.
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