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Couverture de Sous son Regard : la Captive volontaire., par AlexisPC
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sous son Regard : la Captive volontaire. — Chapitre 4

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AlexisPC
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Sous son Regard : la Captive volontaire.

Chapitre 4

Elise vivait un rêve éveillé.  
Cette soirée, malgré ses craintes et ses doutes sur sa présence en cet endroit, était magique. Elle avait intégré un cercle de personnes influentes, riches, puissantes sans l'avoir recherché. Gabriel s'était montré, malgré tout, absolument charmant et d'une parfaite éducation.  
Il la poussait dans ses retranchements, certes. Mais sans la forcer jamais à s'ouvrir à lui. Elle le décidait d'elle-même. Sans vraiment s'en rendre compte. Mais sans le regretter. Elle ne savait pas pourquoi, elle avait envie de faire confiance à cet homme particulier, d'une beauté hors de ce monde.  
Gabriel lui proposa de commander pour elle si elle le désirait.  
— Volontiers. Surprenez-moi, Gabriel ! S'entendit-elle lui répondre avec douceur. 
— Vous mangez de tout ou avez-vous des restrictions ? 
— Aucune.  
La commande passée, Elise le regarda avec une attention grandissante. Elle se souvenait de ses paroles lorsque l'invitation avait été lancée. Il avait une requête à formuler mais les mots n'étaient pas encore sortis de sa bouche.  
— N'aviez-vous pas quelque chose à me proposer, Gabriel ? 
— Vous voulez entrer sur ce terrain dès à présent ? 
— Disons que vous avez piqué ma curiosité et qu'une semaine d'attente me paraît un délai raisonnable. 
— J'ose espérer que vous avez, tout de même, compris une partie des allusions auxquelles je me suis prêté depuis que nous discutons. 
— Vous parlez du bonheur et de la solitude ?  
— Vous êtes vraiment perspicace, Elise. C'est un plaisir de discuter avec une personne à l'intelligence aiguisée.  
— Ne me flattez pas pour obtenir ce que vous désirez, Monsieur Wallace. Répondit Elise en serrant les lèvres, vexée.  
— Ne vous méprenez pas, ce n'est pas mon intention. Je vais être direct et, je dois l'avouer, un peu inquisiteur. Ne m'en veuillez pas. Ce n'est pas de la curiosité mal placée mais un besoin de vous connaître un peu plus...intimement afin de vous faire une proposition honnête. Me le permettez-vous ?  
Elise le regarda un instant, cherchant dans son regard ou dans son attitude une forme de moquerie ou de luxure dissimulée. Elle n'y vit qu'un intérêt sincère. 
— Posez vos questions, vous verrez si j'y réponds ou non.  
— C'est de bonne guerre. Reprenez donc un peu de champagne, vous risquez d'en avoir besoin. Dit Gabriel en se tournant vers le serveur qui s'exécuta immédiatement avant de reculer dans l'ombre.  
— Ma chère Elise. Que pensez-vous des fantasmes ? 
— Pardon ? Répondit-elle, le champagne à mi-chemin de ses lèvres. 
— Vos fantasmes ? Qu'en pensez-vous ? 
— C'est terriblement personnel, effectivement.  
— Je vous avais prévenue. Voulez-vous accepter de me répondre ? 
Elise le regarda à nouveau puis, sans comprendre pourquoi, elle répondit 
— Tout le monde à des fantasmes, Gabriel. Certains ne s'en rendent pas compte ne sachant pas les interpréter, certains ne les comprennent pas, d'autres les assument et, le plus souvent, les conservent dans un coin de leur tête toute leur vie sans oser en parler ou, pire, y succomber.  
— Beau résumé.  
— Merci. 
— Dans quelle catégorie vous placez-vous ? 
— La dernière probablement. 
— Vous avez donc des fantasmes mais vous n'osez pas ou vous ne voulez pas y succomber, c'est bien cela ? 
— Je pense, oui.  
— Que diriez-vous si l'on vous permettait de les accomplir et d'y succomber ? 
— Que vous outrepassez les limites. 
— Veuillez m'excuser ! Dit-il en la regardant dans les yeux.  
Une seconde de silence s'installa entre eux, Elise un peu mal à l'aise et Gabriel parfaitement à sa place. Puis, il continua 
— Mais je remarque que vous n'avez pas repoussez l'offre ! 
— Gabriel, cessez de tourner autour du pot et dites-moi ce que vous manigancez.  
L'entrée arriva sur ces paroles. Une assiette d'un raffinement extrême avec des noix de Saint-Jacques en met principal. Les serveurs se reculèrent. Ils laissèrent le sommelier montrer une bouteille de Clos de Vougeot blanc et servir un fond de vin à Gabriel qui, le goûtant, pinça les lèvres en levant les yeux. Elise sourit en remarquant son visage et un petit son sortit de sa bouche. Gabriel, amusé, proposa au sommelier de faire goûter la jeune femme. 
— Donnez-nous votre avis, chère Elise. 
Sans se rembrunir, Elise porta le verre à ses lèvres et son avis claqua ferme et sec 
— Oxydation trop prononcée probablement par la faute d'un bouchon abîmé lors du transport ou mal entreposé. Je vous invite à vérifier par vous-même, déclara-t-elle au sommelier devenu blême. 
Gabriel éclata de rire et le sommelier s'exécuta. Puis, il confirma le diagnostic d'Elise. Une nouvelle bouteille apparu alors et tout rentra dans l'ordre. 
— Vous avez des connaissances œnologiques certaines, belle Elise. C'est surprenant pour une personne qui ne boit pas de vin.  
— Quand ai-je dit que je ne buvais pas de vin, Monsieur Wallace ? J'ai juste dit que je n'en abusais jamais. Nuance. 
— Alors je me permets de vous demander d'où vous tirer cette expertise. 
— Je suis bourguignonne, Monsieur Wallace. J'ai grandi au milieu des vignes.  
— Ce qui n'explique rien... 
En soupirant, Elise déclara alors 
— Mon père est un amateur éclairé et passionné par la vinification, son histoire, son art millénaire. Il m'a entraîné, très jeune, chez ses amis vignerons. Puis, adolescente, j'y ai travaillé comme étudiante, j'ai vendangé plusieurs fois, je me suis occupée des stocks et toute une série de travaux pratiques combinés à des cours très privés depuis mon adolescence sur l'art de faire du vin donné par plusieurs des meilleurs vignerons au sein des meilleures maisons de la région bourguignonne qui, d'ailleurs, n'en manque pas. Cela vous convient ? 
— Vous êtes, décidément, pleines de surprises.  
— Cela vous choque ? 
— Que du contraire, vous excitez encore un peu plus ma curiosité, dit-il en prenant une première bouchée de son plat.  
Ils mangèrent lentement, Elise savourant l'extrême délicatesse de la préparation. Elle n'avait jamais mangé quelque chose d'aussi bon. Elle ferma les yeux et profita de l'instant tandis que Gabriel la regardait avec attention et ravissement.  
— Je vous écoute, Gabriel. 
— Voulez-vous être à moi ! 
Elise le regarda ébahie, sa fourchette tombant de sa main sur la porcelaine de son assiette et résonna dans un bruit stridant qui fit se retourner plusieurs têtes. Elle se leva d'un coup, reculant sa chaise dans son mouvement, regardant Gabriel comme s'il venait d'ouvrir les portes des Enfers.  
— Calmez-vous, Elise. Je conçois que cela soit brutal et je m'en excuse. Mais c'est ce que vous venez de demander. Je vous dois quelques explications supplémentaires.  
— Vous avez intérêt à être absolument clair, Monsieur Wallace. Lorsque vous m'avez annoncé me vouloir “entière et soumise”, je ne pensais pas à cela. Alors j'attends maintenant une raison valable de ne pas quitter cet endroit sur-le-champ. 
Elise venait de parler à voix basse mais en mettant tout l'énergie et l'autorité dont elle était capable dans ses paroles. Elle était furieuse extérieurement. Mais la petite voix résonna alors en elle et lui conseilla de s'asseoir, d'écouter et d'accepter. Elle sentit son corps réagir à nouveau, tressaillant discrètement d'une excitation contenue, mouillant la dentelle délicate du string magnifique qu'elle avait passé en prévision de cette soirée. Elle sentit sa chatte s'humidifier dangereusement, traître corps luttant contre sa volonté. 
“ Il faut avancer” 
“ Arrête d'être sage” 
“Cet homme est ton fantasme” 
“Tu jouis en pensant à lui” 
Elle prit alors une nouvelle gorgée de vin pour échapper aux pensées peu catholiques qui assaillaient son esprit à cet instant.  
— Vous aviez raison sur un point, Gabriel. J'ai besoin de vin.  
Gabriel sourit, s'avança un peu vers elle et reprit 
— Vous êtes magnifique lorsque vous êtes en colère, Elise. Et votre corps ne peut nier ce qu'il ressent en cet instant, n'est-ce pas ? 
— Seriez-vous télépathe, par hasard, pour tenter de me faire dire ce qui n'existe que dans votre imagination ? 
— Bien sûr, Elise ! Dans mon imagination ! Dit-il avec une pointe de contrariété dans la voix qui n'échappa nullement à la jeune femme.
Gabriel prit une gorgée de vin mais Elise comprit qu'il réfléchissait à une décision qu'il prenait en face d'elle. Il posa son verre et fixa son regard dans celui de la jeune femme en disant d'une voix sèche mais douce 
  - Vous venez de contracter l'ensemble de votre corps. Vos jambes se sont resserrées sous la nappe qui a bougé. Je présume que votre intimité est en train de vous prouver que j'ai raison. Votre respiration s'est accélérée et votre poitrine vient de se lever avec une vitesse qui n'existe chez les femmes que lors d'une excitation soudaine pour une situation inattendue. Enfin, votre geste de prendre du vin n'est qu'une pâle diversion afin de faire penser autre chose à votre esprit. Je continue ou cela vous suffit ? 
— C'est bon. Vous avez gagné. 
— Alors dites-moi d'abord ce que vous ressentez en cet instant après cette première phrase ? 
— De la curiosité et, je l'avoue, une pointe d'excitation.  
— A la bonne heure. Nous pouvons continuer.  
Je vous écoute, dit Elise en riant à nouveau de cette expression désuète. 
— Soyez à moi ! Vous m'avez avoué avoir une vie plutôt solitaire et fade en dehors de votre travail. Laissez-moi vous montrer ce qu'est la sensualité, le désir inavouable, la transgression de vos limites morales. Laissez-moi parcourir votre féminité, vos fantasmes, vos envies avec vous et devenir le maître de vos orgasmes, de votre plaisir afin que votre vie se complète en partie de ce qui lui manque.  
— Vous êtes malade.  
— Vous croyez ? Parce que j'ose, tout haut, prononcer des mots qui vous feraient rougir de les imaginer ? Parce que j'assume mes désirs, mes perversions, mes envies contrairement à tous ceux dont vous venez de me parler ? Qui est malade, belle Elise ? Celui qui assume et s'assume ou celui qui refuse de vivre la vérité de son esprit ? 
— Vous marquez un point.  
— Je ne vous demande pas de vous transformer. Je vous demande de me laisser vous guider vers celle qui se cache en vous. Rien de plus.  
Elise le regarda longuement sans dire un mot. Gabriel prit une nouvelle gorgée de champagne en la regardant, un sourire au coin des lèvres, respectant ses cogitations. 
L'esprit d'Elise lui hurlait de partir sur-le-champ. Son corps lui ordonnait de rester.  
Elle regardait Gabriel, sa beauté, son aura, son charisme. Il ne lui cachait rien, il était honnête comme il l'était depuis leur rencontre. Il ne lui proposait rien d'autre que la jouissance, le plaisir, la découverte de ses fantasmes les plus secrets. Ce dont elle rêvait depuis toujours sans oser se l'avouer. Cet homme magnifique lui offrait son fantasme absolu sur un plateau. 
Elise sentit à nouveau sa chatte s'inonder, sa mouille tremper son string, couler le long de ses cuisses jusqu'à la jarretière de ses bas. Sa poitrine se gonfla d'excitation et ses tétons lui firent mal. Son cœur accéléra, elle le sentit.  
La jeune femme était partagée entre stupeur, crainte, peur et désir extrême. Une alarme s'alluma dans son cerveau mais aussi un feu attirant comme rien d'autre. 
C'est à cet instant que Gabriel reprit. 
— Vous vous dites probablement que je représente un danger, n'est-ce pas ? Mais le danger n'est-il pas, aussi chez certains, une forme de plaisir ? Succombez à cette petite voix qui vous parle, Elise. Je vous promets que rien ne sera fait contre vous mais pour vous. 
— Pourquoi ?  
— Pardon ? 
— Pourquoi pensez-vous devoir me faire cette proposition ? Ne suis-je pas capable, seule, de découvrir ce que je souhaite découvrir ? Ne suis-je pas raisonnablement dégourdie pour aboutir au même résultat sans passer par vous ?  
Gabriel se laissa aller sur son siège et s'adossa lentement, savourant ce moment. Il regarda Elise d'une façon qui ne disait qu'une seule chose : “Cause toujours !”.  
Il prit son verre de vin, en savoura une gorgée fraîche puis, se penchant en avant, murmura 
— Vous voulez vraiment venir sur ce terrain ? 
— Cela me semble évident, non ?  
— Voyons, Elise. Vous pensez sincèrement que je vais croire une seule seconde à ces belles paroles venant d'une jeune femme de trente ans qui préfère vivre célibataire que d'être, comment avez-vous dit ? Ah oui, “mal accompagnée” ? Jamais vous ne franchirez cette limite parce que vous n'en aurez jamais le cran toute seule.  
— Vous êtes dur, là ! 
— Réaliste ! Je ne vous mentirai jamais...et vous ? Allons, ne me dites pas que cela ne vous tente pas ! 
— Ce serait, effectivement, mentir.  
— Mais...?
— Je repose ma question : Pourquoi moi ?  
C'était le moment de vérité. Gabriel la fixa et dit, d'une voix suave 
— Parce que vous m'intriguez. Je vois une jeune femme réservée, un brin timide, discrète mais qui brûle d'un tempérament absolument magnifique, d'une grande beauté et qui cache tellement de choses que j'ai envie de l'aider à les découvrir.  
— En profitant du voyage, bien sûr. 
— Où serait le plaisir, sinon ?  
— Vous êtes un beau parleur, Monsieur Wallace. Mais vos actes suivront-ils vos paroles ? 
— J'espère que cette question n'est que de pure forme ? 
— Oui et non.  
— Laissez-moi vous convaincre. Après tout, qu'avez-vous à risquer si ce n'est de quitter notre accord quand vous le voudrez ? 
— Et quelles seraient les termes de cet...accord ?  
— Nous en discuterons après cet excellent repas, si vous le voulez bien ?  
— Volontiers.  
— Un peu de vin ? Demanda-t-il pour la forme en faisant signe au serveur.  
La fin du repas s'était déroulée plus calmement. Lorsqu'il fut terminé, Gabriel se leva, pris le bras d'Elise et la conduisit vers le bar.  
— Asseyons-nous un instant pour que je vous explique ce que j'ai en tête. Souhaitez-vous un café ou un thé ?  
— Un thé, volontiers.  
Lorsque le breuvage chaud arriva accompagné d'un whisky pour Gabriel, il expliqua 
— Je voudrais devenir votre initiateur dans le plaisir, Elise. Celui qui peut vous montrer la voie à suivre afin de jouir de votre corps et de votre esprit. Cela vous tente-t-il ? 
— Vous savez que, physiquement, vous êtes très beau, Monsieur Wallace. Les femmes se pâment en votre présence. Je ne suis personne.  
— Voilà exactement pourquoi je souhaite tout cela, Elise. Vous ne vous rendez pas compte de votre beauté et de celle qui se retient encore de briller malgré les quelques atours de cette soirée.  
— Vous le pensez vraiment ? 
— J'en suis certain.  
— Comment feriez-vous une telle chose ? 
— Par votre soumission à ma volonté. Je veux dire par là que je vous donnerai des instructions que vous pourrez refuser à tout moment. Mais sachez que rien ne sera accompli sans votre accord. Nous établirons des règles à respecter et mon unique but sera de vous emmener à découvrir les aspects infinis du plaisir et de la jouissance de son corps.  
— Cela paraît trop beau pour être vrai.  
— Suis-je si repoussant ? 
— Gabriel, voyons ! Je viens de vous le dire.  
— Alors pourquoi hésiter ?  
— J'ai peur.  
— Je le sais. Mais la peur est souvent un excellent stimulant.  
— Puis-je y réfléchir ?  
— Je crains bien que non. 
— Pourquoi ? 
— Parce que je brûle de découvrir ce que vous cachez sous votre robe. 
Cette affirmation, dénouée de fards et de sensibilité était assez directe pour faire rougir Elise.  
— Vous voulez me voir nue ? 
— Pas exactement. Juste découvrir votre corps encore caché par votre lingerie. 
Elise rougit de plus belle. Elle avait suivi les conseils de Jacqueline et portait sur elle une lingerie parfaitement audacieuse et d'un érotisme torride. Elle le savait. Elle avait, pour la première fois, osé ce qui la fascinait depuis qu'elle était en âge de porter ces accessoires féminins. Et cet homme beau comme Apollon souhaitait la contempler dans ces atours pour s'en délecter ? Elle sentit sa chatte se contracter et frémir de désirs cachés mais conserva son calme en répondant  
— Vous êtes direct, Gabriel.  
— Je prends cela pour un compliment.  
Elise prit son thé avec lenteur, afin de laisser le temps aux informations d'imprégner son cerveau. Elle voulait réfléchir mais son corps lui indiquait qu'elle devait accepter. Après tout, si cet homme pouvait le réveiller par sa simple présence, qu'en serait-il une fois dans ses bras ? Elise devait aussi admettre que ce ne serait pas le bagne de coucher avec un homme aussi beau qui promettait de lui faire entrer dans ce monde qu'elle rêvait et qu'aucune de ses conquêtes n'était parvenu à lui faire entrevoir.  
Gabriel Wallace était beau, riche, puissant. Un homme à la carrure impressionnante mais bien proportionnée. Elle pensa à Sabrina qui aurait probablement fondu sur place à cette proposition malgré son engagement.  
— J'accepte !  
Sa réponse fusa, nette et précise. Elle fut étonnée de l'avoir prononcée à voix haute. Mais c'était fait.  
Contrairement à ce qu'elle pensait, Gabriel ne sembla éprouver aucune joie ou manifestation de contentement. Il sirota lentement son verre, comme si elle venait de lui annoncer la météo.  
— Avez-vous entendu ?  
— J'ai entendu, jeune fille.  
— Et cela ne semble pas vous satisfaire.  
— Au contraire. Mais je préfère laisser mes émotions ne pas dicter ma conduite. C'est votre première leçon. Vous êtes prévisible, Elise. Parce que votre corps vous trahit systématiquement. Laissez donc les émotions vous traversez sans réagir. Cela n'en est que meilleur.  
— Je retiens cela. Puis-je vous posez une question ? 
— Je vous en prie. 
— Quel âge avez-vous ? 
— Drôle de question. N'avez-vous pas effectué des recherches sur moi ? 
— Vous n'existez pas pour internet. 
— J'espère bien ! Répondit-il en riant. Je paie une fortune pour que cela reste ainsi.  
— Alors comment le saurais-je ? 
— Parce que Guy aurait pu vous renseigner. Mais visiblement, vous ne le lui avez pas demandé. Ou vous n'avez pas osé...pas encore. J'ai quarante ans, Elise.  
— Dix de plus que moi. 
— Est-ce un problème ? 
— En réalité...non. Je m'en moque.  
— Bien. Dans ce cas, que diriez-vous de commencer notre petit jeu. 
— Je suis toute à vous, dit-elle en rougissant au double sens de cette expression. 
— Venez ! Dit-il en se levant et en l'emmenant à l'extérieur.  
Lorsqu'ils furent installés dans la Maybach, Gabriel lui expliqua sa pensée 
— Je vais vous faire entrer dans un monde que vous ne connaissez pas, Elise. Je prends tout en charge et je ne veux aucune discussion à ce sujet. Je veux votre accord sur ce point. 
— Comme vous voudrez, c'est votre argent après tout.  
— Lorsque je vous donnerai un ordre, je veux qu'il soit respecté à la lettre. 
— Je pensais avoir le choix.  
— Vous l'aurez mais si vous l'acceptez, vous le respecterez. 
— Bien.  
— Quel serait la limite que vous ne supporteriez pas ? 
— Je n'en ai pas la moindre idée.  
— Dans ce cas, je veux que vous me le disiez. Nous en discuterions ensemble.  
— Bien.  
— Je vais vous donner une clé. Je vous en parle dans quelques minutes. Vous la conservez sur vous en permanence.  
— D'accord.  
— Cela vous convient-il ? 
— Il n'y a rien qui me paraisse insurmontable pour l'instant.  
La voiture s'arrêta et ils en sortirent. Gabriel l'entraîna dans un immeuble aux parois de verre. Ils montèrent au vingt-sixième et dernier étage.  
Le penthouse.  
La vue sur la ville était à couper le souffle. Elise contempla avec fièvre ce panorama nouveau pour elle.  
— Vous avez de la chance de vivre avec une telle vue. 
— Je ne vis pas dans cet endroit, Elise.  
— Pardon ? Mais...où sommes-nous alors ? 
Gabriel lui tendit alors la clé.  
— Ceci sera votre lieu de résidence si vous le souhaitez. Vous pouvez y emménager ce soir, demain... ou jamais. Ce sera votre choix.  
— Pardon ? 
— Vous pouvez résider dans cet appartement tant que nous serons liés. Vous pouvez déménager quelques vêtements, votre ordinateur, ce que vous voulez et vivre ici. Ou alors ne l'utiliser que lorsque je vous demanderai de me rejoindre.  
— Gabriel ? Mais... 
— Pas de discussion.  
— D'accord.  
— Montrez-moi à présent.  
La tension grimpa d'un cran. Elise, à cet instant, se demanda pourquoi elle devrait suivre les ordres de cet homme trop perspicace et qui semblait deviner, voire devancer, chacune de ses pensées.  
Elle hésita une seconde de trop, Gabriel manifesta alors son mécontentement.  
— Elise, vous avez promis de m'obéir sauf avis contraire de votre part. Comme je n'ai rien entendu, vous venez d'accepter ma demande.  
— Mais... 
— Je sais ce que vous pensez. Vous vous demandez pourquoi vous devriez accepter une telle demande de la part d'un homme qui vous intimide. Mais si vous étiez avec un homme que vous auriez choisi, n'en seriez-vous pas là avec lui à cet instant ? Celui de vous déshabiller pour lui ?  
— Si...mais... 
— Mais vous n'avez pas l'habitude de porter ce genre de lingerie et encore moins d'en faire bénéficier un regard masculin. 
— Mais comment savez-vous ce que je pense. 
— L'expérience.  
— Ah ! 
— La lingerie est faite pour sublimer le corps féminin, Elise. Je suis certain que vous avez déjà entendu cette phrase, n'est-ce pas ? Ce que vous portez ne pourra que vous rendre grâce. Je n'ai pas l'intention de vous toucher, rassurez-vous. Du moins, pas encore. Mais j'aimerais, si vous l'acceptez, que vous me montriez votre corps sous ces parures destinées à vous rendre grâce. 
— Vous ne me toucherez pas ? 
— Non ! Pas ce soir. Ce serait à la fois trop tôt et totalement déplacé de ma part. Je n'ai pas payé pour votre corps, quelle horreur que cette idée. J'ai payé pour votre présence à mes côtés et de ravir de votre discussion. Un homme galant à tout de même le droit d'inviter une femme à dîner après lui avoir fait cadeau d'un ensemble qui la met en valeur, non ? Toutefois, j'aimerais disposer de la vue d'une femme magnifique dans une lingerie faite pour elle. Est-ce trop demander ? 
Elise sentit une petite déception mais reconnu la galanterie de son professeur.  
Ses mains détachèrent alors la fermeture de la robe qu'elle portait. Elle soutint alors le regard de Gabriel et, dans un geste qu'elle voulait élégant, elle lâcha le morceau de tissu pour apparaître en lingerie.  
Gabriel venait de s'enfoncer dans le grand fauteuil donnant sur la grande baie vitrée. La ville éclairée se reflétait devant lui, décor somptueux pour le corps majestueux d'une femme timide.  
Le corps d'Elise semblait briller. Son corset lui relevait les seins qui étaient bombés dans leur prison de tissu et de baleines, semblant bien plus gros qu'ils ne l'étaient réellement mais tout en finesse et en séduction. Ses tétons, cependant, semblaient vouloir transpercer la dentelle transparente.  
Son ventre plat était un appel au baiser et aux caresses.
Son string noir, minimaliste, ne cachait pas grand-chose de son anatomie la plus secrète. Gabriel, par la dentelle, admirait sa toison peu fournie, preuve que la jeune femme s'entretenait régulièrement. Son fessier, parfaitement rond, se dessinait dans le reflet des vitres de l'appartement.
Le haut de ses cuisses, gainées en partie de soie, se dessinaient au travers des élastiques de ses jarretelles.  
Enfin, ses talons lui donnaient un air altier auquel Gabriel n'avait jamais été habitué depuis qu'il l'avait rencontré. Il se dit que cela constituait un crime de ne pas voir cette femme déambuler plus souvent avec des talons hauts. 
Son examen attentif dura plusieurs minutes durant lesquelles Elise oscillait entre désir, excitation et mal-être. Elle ne savait pas encore lequel de ces sentiments l'emportait.  
Cependant, le regard de braise de son tourmenteur avait le don de la rendre guimauve. Elle s'y raccrocha, sachant pourtant quel effet celui-ci avait sur son anatomie. Elle résista jusqu'à ce que Gabriel parle 
— Vous êtes une jeune femme absolument magnifique, Elise. Je n'arrive pas à concevoir que vous ne vous en soyez jamais rendu compte.  
— Tout le monde à ses défauts.  
— Je veux vous rendre à vous-même. Je ne m'arrêterai que ce but atteint.  
— Vous vous fixez souvent des objectifs irréalisables ?  
— Je vous remercie pour la confiance que vous venez de me témoignez, dit-il sans répondre à la dernière question. Je vais vous laissez pour ce soir. Désirez-vous rentrer chez vous ou passer la nuit dans cet endroit ?  
— Je vais rentrer chez moi, si vous le voulez bien.  
— C'est vous qui décidez. Sam vous raccompagnera puis passera me rechercher. J'ai une dernière requête vous concernant.  
— Je vous écoute. 
— D'ici notre prochaine rencontre, je voudrais que vous ne portiez plus que des talons hauts durant la journée de travail.  
— Pourquoi ? Questionna-t-elle alors qu'elle connaissait déjà la réponse.
— Parce que cela vous rend justice, Elise. 
— Un stiletto me rend justice ? Vous le pensez ? 
Gabriel respira lentement puis, les yeux brillant, il se lança dans une diatribe
— Il existe des objets qui habillent, Elise. Et puis il existe les stilettos. Ils ne se contentent pas de compléter une silhouette ; ils la transforment. Ils ne changent pas une femme : ils révèlent une présence. À peine enfilés, ils modifient la démarche, allongent la jambe, redressent les épaules et imposent ce léger balancement des hanches qui semble appartenir à un langage oublié. Le stiletto n'est pas un simple talon. C'est une promesse.
Promesse d'une allure plus affirmée, d'un regard qui se relève, d'une confiance silencieuse. Il possède cette étrange faculté de faire naître le mystère sans prononcer un seul mot. Le cuir épouse le pied comme un gant précieux, tandis que la cambrure dessine une ligne presque irréelle, où la force rencontre la grâce.
On dit parfois qu'ils sont une arme de séduction. L'expression est imparfaite. Une arme conquiert ; le stiletto, lui, suggère. Il invite davantage qu'il ne provoque. Il attire sans jamais supplier.
Le plus fascinant n'est peut-être pas ce qu'il montre, mais ce qu'il laisse imaginer.
Le bruit délicat de son talon sur un parquet. Une silhouette qui apparaît au détour d'un couloir. Une robe qui accompagne chacun des pas avec une élégance naturelle. Un simple croisement de jambes, un instant suspendu, et le temps semble ralentir.
Les stilettos célèbrent une féminité qui n'a rien d'ostentatoire. Ils parlent de raffinement, d'assurance, de caractère. Ils rappellent qu'une femme peut être douce sans être fragile, sensuelle sans être vulgaire, élégante sans jamais chercher à convaincre.
Car la véritable séduction réside rarement dans ce qui est dévoilé. Elle naît dans l'attente, dans le détail, dans l'imagination.
Et le stiletto est précisément l'art du détail.
Il est cette signature discrète qui accompagne une robe noire, sublime une paire de bas, caresse la lumière d'un cuir verni ou d'un daim profond. Il est l'accessoire qui, parfois, devient le souvenir le plus tenace d'une rencontre.
On oublie une tenue. On oublie des mots.
Mais il arrive qu'on se souvienne longtemps de ce bruit délicat, régulier, presque hypnotique, d'une paire de stilettos s'éloignant dans un couloir… laissant derrière elle le parfum d'une femme qui savait que l'élégance est souvent la plus belle des séductions.
Elise resta silencieuse un instant, sa lingerie brillante sous les lumières tamisées de l'appartement. Elle fixa son interlocuteur puis déclara en souriant
— Seriez-vous fétichiste, Monsieur Wallace ?
— Absolument pas ! Répondit-il en écartant les bras sur le dossier du grand fauteuil. Je veux simplement, par ce long discours, vous faire bien saisir les nuances et l'importance de l'image tout en insistant sur la sensualité et non la vulgarité que j'abhorre. 
— Je comprends ! C'est tout ce que vous désirez ?
— Non. 
— Je voudrais que vous portiez, dès lundi matin, ce petit appareil.  
Gabriel lui présenta un petit appareil noir, discret dans une boîte laquée du plus bel effet.  
— Qu'est-ce que c'est ?  
— Un vibreur télécommandé. Il devra être relié à votre téléphone et j'en prendrai possession à distance.  
— A quoi sert-il ? 
— Vous ne le savez vraiment pas ? Vous devrez l'insérer dans votre sexe, c'est tout.  
— Hein ? 
— Vous verrez. Je ne cherche qu'à vous faire prendre conscience de votre corps et d'apprendre à la maîtriser en toutes circonstances. Utilisez le lubrifiant qui est dans la boîte, cela vous aidera au début. Allons, il est tard. Terminons pour ce soir. Je vous parlerai prochainement de ce que j'attends exactement de vous et vous aurez l'occasion de formuler vos propres remarques. Sachez, simplement, que j'ai l'intention que cela fonctionne, douce Elise. Vous m'inspirez tant de désirs et de luxure que je dois me refréner. Je bande tellement de vous admirez. Mais vous en valez la peine, j'en étais certain. Tout vient à point, n'est-ce pas ? Comme convenu, je vous laisse jusqu'à lundi matin pour vous décider définitivement. Réfléchissez, ce weekend et prenez votre décision finale. Je la respecterais si elle était négative car je comprends la crainte que représente ce saut dans le vide pour vous, même si vous m'étonnez. 
— Je vous étonne ? 
— Je ne pensais pas que vous vous montreriez en lingerie dès ce soir, pour tout vous dire. 
— Vous m'avez piégée ? 
— Certainement pas, vous aviez l'occasion de refuser. Mais le fait que vous ayez accepté sans trop de difficultés laisse présager ce tempérament que je devine et qui me rend fou de désir pour vous. 
— Je vais donc y réfléchir, comme vous le demandez. 
— Bien. Il reste un dernier critère à prendre en compte. 
— Lequel ? 
— Probablement le plus important de tout ce que nous venons de décider, Elise. Vous ne voyez pas ? 
— Franchement, j'ai dépassé le stade où je réfléchis objectivement. Cette soirée magnifique, cette robe, cette lingerie, vos prédictions, vos projets, cet endroit...je suis un peu perdue. 
— C'est tout à fait normal. C'est beaucoup, je le concède. Mais cela deviendra votre quotidien si vous acceptez. 
Gabriel prononça ces trois derniers mots avec une force de conviction peu normale pour une simple discussion, en fixant la jeune femme droit dans les yeux.  
Elise respira mal une seconde et tout s'éclaira 
— J'ai compris ! Vous souhaitez que cela vienne de moi. 
— Vous êtes vraiment perspicace. Nous allons passer des moments exceptionnels.  
— Alors ? 
— Ce sera à vous de lancer notre alliance. J'attends votre appel avant lundi matin, huit heures, sur le numéro privé que vous seul possédez à présent. Une minute plus tard et tout sera caduque. Nous en resterons à une relation de simple professionnalisme. Ai-je votre accord sur ce dernier point ? 
— Vous l'avez, Gabriel. 
— Bien.  
Un mot, un seul, venait de sceller une alliance peu commune entre deux adultes consentants. Elise devrait, simplement, se jeter à l'eau. 
Elle comprenait parfaitement la différence entre accepter et demander. Elle allait devoir faire preuve d'une décision à laquelle elle n'était pas préparée. Mais avoir un numéro personnel avec cet homme la faisait rêver au-delà de l'imaginable.  
L'installation de l'appareil télécommandé sur les téléphones et les explications données, Elise prit congé de son mentor, Sam la raccompagnant à son domicile.  
En route, elle repensa à cette soirée de fous. Elle réfléchit aux conséquences mais aussi aux différentes implications que son accord venait d'introduire dans son travail. Elle constata que, pour une fois, elle avait passé une soirée sans y penser une seule minute. Ce qui était une sorte de record pour elle depuis sa prise de fonction.  
Elle sourit à cette évocation, relaxée, heureuse, un peu inquiète mais satisfaite de constater qu'il était une heure du matin et que le carrosse de Cendrillon et sa robe étaient toujours là. 
Elle songea  
— Dans les dents, Marraine la Bonne Fée ! J'ai mon Magicien personnel, à présent !  
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Photo de profil de AlexisPC
AlexisPC
2 septembre 2026 à 18:24
Merci pour vos retours. C'est tellement gratifiant.

@alissdeliss qui sait ?

Cordialement.
Soyez respectueux
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alissdeliss
2 septembre 2026 à 15:58
Lecture t plumes delieuses...
Un peu de Gabriel e vous ?...
Soyez respectueux
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alissdeliss
2 septembre 2026 à 15:54
Lecture t plumes delieuses...
Un peu de Gabriel e vous ?...
Soyez respectueux
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Photo de profil de mozart
mozart
2 septembre 2026 à 15:32
Un excellent moment lecture, bien raconté. On suit cette histoire avec beaucoup de plaisir. Merci Alexis pour le partage.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Crabou
Crabou
2 septembre 2026 à 13:18
Approche intéressante
Soyez respectueux
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OlgaT
1 septembre 2026 à 22:03
J'attends la suite avec impatience!
Soyez respectueux
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Photo de profil de AlexisPC
AlexisPC
1 septembre 2026 à 20:27
Eh oui...cadeaux et promesses.
Mais comment Elise va-t-elle réagir ?

La suite bientôt.
Alexis
Soyez respectueux
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Photo de profil de OlivX
OlivX
1 septembre 2026 à 15:15
Elise doit donc lui donner sa réponse avant lundi 8:00, date butoire...
Il lui a déjà donné accès à un penthouse dont elle peut disposer à sa guise et qui deviendrait le lieu de leurs rencontres (si j'ai bien compris).
Hâte de découvrir l'effervescence de réflexions qui va la hanter tout le week-end ;)
Soyez respectueux
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