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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les fissures silencieuses — Chapitre 3 · L’atelier des sens

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Ce qui séduit d'emblée, c'est la façon dont le désir passe par les odeurs — la mélisse, la vanille, le vétiver — comme si Éléonore analysait ses propres émotions à travers ses fioles. La scène du poignet tendu, où la parfumeuse ferme les yeux pour « lire » le parfum de Morgane sur sa peau, est d'une sensualité rare. Et les répliques de Clara — légères, un brin taquines — équilibrent à merveille la gravité intérieure d'Éléonore.

Les fissures silencieuses

Chapitre 3 · L’atelier des sens

Depuis quarante-huit heures, Éléonore avait l’impression de retenir son souffle.
Dans le silence de son laboratoire de la rue Saint-Denis, le temps semblait s’étirer. Elle avait beau régler ses balances de précision, aligner ses fioles de verre ambré et consigner des mesures au milligramme près dans son registre de cuir, ses gestes s’enchaînaient sans véritable attention. Son esprit revenait toujours à la galerie, à cette conversation qui avait déplacé quelque chose en elle, et surtout à un parfum qu’elle n’arrivait pas à oublier : la mélisse fraîche, adoucie par une vanille sombre et résineuse.
Qu’est-ce qui t’arrive ? se demandait-elle en fixant les chiffres affichés par sa balance sans parvenir à les lire.
Elle avait quarante ans. Depuis des années, elle s’appliquait à comprendre les matières premières, à décomposer les fragrances, à organiser les accords les plus complexes jusqu’à leur trouver une cohérence. Elle savait reconnaître une essence à peine perceptible et anticiper la manière dont elle évoluerait sur la peau. Pourtant, depuis sa rencontre avec Morgane, elle se sentait incapable de mettre de l’ordre dans ses propres sensations.
Ce qui la troublait le plus n’était pas seulement le magnétisme de l’autrice. C’était la facilité avec laquelle celui-ci avait traversé ses défenses.
Sa rigueur, son chignon soigneusement noué chaque matin, sa blouse blanche qu’elle enfilait presque comme une armure : autant de repères qui lui avaient longtemps donné l’impression de maîtriser son environnement. À présent, ils lui paraissaient moins solides. Le regard vert de Morgane n’avait rien révélé qu’Éléonore ne sût déjà, au fond. Il avait simplement éclairé une part d’elle qu’elle s’était habituée à laisser dans l’ombre.
Elle s’était installée dans le bonheur comme on s’abandonne à la chaleur d’un bain, avait-elle pensé la veille. On finit par ne plus sentir la température de l’eau. Puis un mouvement suffit à rappeler qu’on est encore capable de frissonner.
À l’appartement, l’attente avait pris une forme différente. Depuis le vernissage, Clara et elle s’étaient à peine touchées. Aucune des deux n’avait proposé de revenir sur ce qui s’était passé, mais elles n’avaient pas non plus cherché à l’écarter de leurs pensées. Un accord tacite semblait s’être établi : laisser les choses en suspens, ne pas se précipiter, découvrir ce qui subsisterait de leur curiosité une fois seules ensemble.
Le moindre frôlement dans le couloir leur paraissait plus présent qu’autrefois. Un regard échangé au-dessus de la table de la cuisine pouvait les retenir quelques secondes de trop. Elles n’avaient rien décidé, rien promis. Pourtant, la présence de Morgane s’était invitée entre elles, non comme une menace, mais comme une question dont aucune ne voulait encore précipiter la réponse.
Éléonore prit un flacon de vétiver, en dévissa le bouchon et le porta à son nez. La fragrance lui offrit un instant de stabilité : une odeur de terre humide, de racines et de bois, profonde sans être lourde. Elle inspira une seconde fois, puis referma le flacon.
Elle avait besoin de retrouver ses repères. Du moins, de se rappeler qu’elle pouvait encore s’y appuyer.
À seize heures, Morgane devait franchir la porte du laboratoire. D’ici là, Éléonore avait espéré retrouver un peu de sa concentration. Elle n’y était pas parvenue.
À quinze heures quarante-cinq, la lourde porte en fer forgé s’ouvrit sur Clara.
L’architecte avait délaissé ses tenues habituelles de travail. Une jupe de cuir souple soulignait sa silhouette, tandis qu’un pull fin en cachemire bordeaux faisait ressortir la chaleur de son teint et la nuance fauve de ses yeux. Ses talons résonnèrent sur le béton ciré. Elle referma la porte derrière elle et s’attarda un instant à regarder Éléonore.
— Tu es en avance, remarqua la parfumeuse en posant son carnet.
— Je n’arrivais plus à travailler à l’agence.
Clara s’approcha de la grande table en chêne massif qui occupait le centre de la pièce. Elle s’y adossa, les mains posées derrière elle.
— Je relisais les mêmes plans depuis une heure. Chaque fois que je reprenais une ligne, je pensais à cette alcôve de la galerie.
Elle eut un sourire un peu embarrassé, comme si elle venait de reconnaître à voix haute une distraction qu’elle avait tenté de dissimuler.
— Et toi ? Tu as réussi à créer quelque chose ?
Éléonore baissa les yeux vers sa blouse blanche. Elle en dénoua la ceinture, puis retira le vêtement pour le suspendre à un crochet. En dessous, elle portait toujours son chemisier de soie vert émeraude, dont les premiers boutons étaient ouverts sur la naissance de sa gorge.
Le geste était simple, presque banal. Pourtant, elle éprouva le sentiment étrange de laisser derrière elle une partie de son rôle, celui qui lui permettait d’aborder chaque problème avec méthode et distance.
— J’ai surtout détruit des formules, répondit-elle. Rien ne me satisfait aujourd’hui.
Clara se redressa et lui tendit les mains.
— Viens là.
Éléonore s’approcha. Clara l’attira doucement contre elle, jusqu’à ce qu’elle se retrouve devant ses genoux. La proximité de leurs corps eut sur Éléonore un effet immédiat. Depuis deux jours, elles avaient échangé des regards, des sourires, quelques paroles soigneusement choisies. Ce contact, lui, ne demandait aucune explication.
Clara leva le visage vers elle. Éléonore se pencha et l’embrassa.
Le baiser fut d’abord prudent, comme si elles cherchaient à retrouver un chemin familier. Puis il s’approfondit. Les lèvres de Clara s’attardèrent sur les siennes, et Éléonore posa une main contre sa joue. Dans ce geste, il y avait le désir, mais aussi le soulagement de se retrouver au milieu de toutes ces questions nouvelles.
Lorsqu’elles se séparèrent, leurs visages restèrent proches.
— Elle va venir, murmura Clara.
Son souffle effleurait encore la bouche d’Éléonore.
— Tu as peur ?
Éléonore aurait pu répondre qu’elle était terrifiée. Elle ne savait pas ce qu’elle attendait de cette rencontre, ni ce que Morgane espérait y trouver. Elle ignorait jusqu’où leur curiosité les conduirait et ce qu’elles découvriraient d’elles-mêmes en chemin.
Mais elle savait qu’elle ne voulait pas faire semblant de n’éprouver rien.
Elle caressa la mâchoire de Clara du bout des doigts.
— J’ai surtout envie de savoir où tout cela peut nous mener.
Clara soutint son regard. Son sourire s’effaça légèrement, remplacé par une expression plus attentive.
— Alors, on verra ensemble.
Ces trois mots suffirent à apaiser une partie de l’inquiétude d’Éléonore. Elles n’avaient pas besoin de connaître la suite pour accepter de la découvrir.
La clochette en cuivre suspendue au-dessus de la porte tinta.
Elles tournèrent la tête presque simultanément.
Morgane venait d’arriver.
Elle apportait avec elle le froid vif de la rue Saint-Denis et, dès qu’elle retira son manteau, cette fragrance qu’Éléonore avait gardée en mémoire. La mélisse fraîche, la vanille sombre, quelque chose de plus intime encore que son parfum semblait avoir révélé lors de leur première rencontre.
Ce jour-là, Morgane portait une robe en maille fluide, d’un bleu indigo qui s’accordait à ses yeux verts. Le tissu descendait jusqu’à mi-mollet et accompagnait ses mouvements sans les contraindre. Le vent avait défait quelques mèches de son chignon. Elle s’arrêta à quelques pas de l’entrée, le temps de découvrir l’atelier, puis posa son regard sur les deux femmes.
— J’espère que je ne vous dérange pas.
— Pas du tout, répondit Éléonore.
Elle s’efforça de parler avec naturel, même si elle sentit ses paumes devenir moites.
— Bienvenue dans mon atelier.
Morgane s’avança lentement. Ses yeux parcoururent les étagères chargées de flacons ambrés, les instruments de mesure et les carnets disposés près des balances. Elle effleura du doigt le rebord d’une étagère en bois ciré, comme pour en apprécier la texture.
— C’est magnifique, murmura-t-elle. On se croirait dans le laboratoire d’une alchimiste. Ou dans le sanctuaire de quelqu’un qui aurait trouvé le moyen de conserver les souvenirs dans du verre.
Éléonore sourit. La formule lui plaisait davantage qu’elle ne voulait le montrer.
— C’est une façon de voir les choses. Un parfum permet de rendre presque tangible quelque chose qui, autrement, resterait invisible. Une sensation, un lieu, parfois même une personne.
Elle désigna le tabouret haut en cuir noir installé près de la table de travail.
— Installez-vous, je vous en prie.
Morgane prit place, avec cette aisance qui semblait lui appartenir en toutes circonstances. Clara quitta la table contre laquelle elle s’appuyait et vint se placer derrière elle. Après un bref regard vers Éléonore, elle posa les mains sur les épaules de l’autrice.
Le geste était ouvert, sans précipitation. Morgane tourna légèrement la tête vers elle, puis laissa ses épaules se détendre sous ses paumes. Sa nuque vint se rapprocher du buste de Clara.
Éléonore observa la scène sans détourner les yeux. Elle avait imaginé cette rencontre de mille façons depuis le vernissage, mais aucune de ses anticipations ne l’avait préparée à la simplicité de ce contact. Il n’y avait ni défi explicite ni provocation. Seulement une proximité qui s’installait, et la conscience aiguë qu’elle pouvait choisir d’y prendre part.
Elle se tourna vers son matériel, heureuse de retrouver un instant le langage précis de son métier.
— Pour examiner votre parfum, Morgane, j’aimerais comprendre comment vous l’avez composé. Et comment il évolue sur votre peau. Une même fragrance ne se comporte pas exactement de la même manière d’une personne à l’autre. La chaleur du corps, le pH cutané et les proportions des différentes matières influencent son évolution.
— Vous voulez donc savoir ce que ma peau fait à votre composition ? demanda Morgane.
— Plutôt ce que votre peau révèle de votre composition. La nuance est importante.
Un sourire passa sur les lèvres de l’autrice.
— Je vous écoute.
Éléonore prit un petit flacon de verre contenant une huile neutre, utilisée comme support lors de certains essais. Elle le posa sur la table, à côté d’une pipette propre, puis se rapprocha de Morgane.
L’espace entre elles se réduisit. Éléonore percevait la chaleur de Clara derrière le tabouret et, devant elle, la présence de Morgane, attentive à chacun de ses gestes.
— Je peux en déposer une goutte sur votre poignet ?
La question, formulée avec le calme de la professionnelle, contenait aussi une autre possibilité : celle de laisser Morgane décider de la distance qui les séparait.
— Bien sûr, répondit-elle.
Morgane lui tendit le bras.
Éléonore prit délicatement son poignet droit. La peau était douce sous ses doigts. Lorsqu’elle posa la pulpe de son pouce près de l’articulation, elle sentit le pouls battre sous la surface. Était-il réellement plus rapide qu’à l’ordinaire ? Elle ne pouvait pas en être certaine. Elle savait seulement que cette proximité troublait sa propre respiration.
Elle déposa une goutte d’huile sur la peau, puis la répartit avec précaution.
D’ordinaire, elle aurait utilisé une bandelette de papier pour effectuer une première évaluation, avant de passer à un essai sur peau. Mais ce rendez-vous n’était pas une consultation ordinaire. Morgane lui avait parlé d’une composition personnelle, d’un parfum qu’elle avait élaboré elle-même. Éléonore voulait comprendre ce qui le rendait si singulier.
Elle se pencha vers le poignet, assez près pour percevoir les nuances de la fragrance sans que son visage touche la peau. Puis elle ferma les yeux.
La mélisse se manifesta d’abord, fraîche et verte, presque lumineuse. La vanille lui répondit, plus dense, avec une profondeur qui évoquait moins le sucre que la résine et le bois. La chaleur de la peau semblait arrondir l’ensemble, adoucir les angles, faire ressortir une note qu’elle n’avait pas clairement identifiée à la galerie.
Elle inspira une nouvelle fois, plus lentement.
— Votre composition a changé depuis l’autre soir, observa-t-elle. Ou bien je ne l’avais pas perçue aussi précisément. La mélisse est toujours là, mais la vanille paraît plus profonde. Moins douce que dans mon souvenir.
— Peut-être parce que vous vous souvenez surtout de ce que vous avez ressenti, répondit Morgane.
Éléonore rouvrit les yeux.
Le regard de l’autrice était posé sur elle, calme et direct.
— C’est possible, admit-elle.
— Et qu’est-ce que vous ressentez maintenant ?
La question la prit au dépourvu. Éléonore aurait pu parler de la composition, décrire les notes de tête, de cœur et de fond, expliquer les effets de la chaleur sur les matières odorantes. Elle aurait pu se réfugier dans un vocabulaire précis, à l’abri de toute interprétation personnelle.
Mais Morgane attendait une réponse différente.
— De la curiosité, dit-elle enfin.
Puis, après un instant :
— Et l’impression que je ne connais pas encore toutes les questions que je devrais me poser.
Le sourire de Morgane se fit plus discret.
— C’est déjà un bon début.
Clara resserra doucement ses mains sur les épaules de l’autrice. Ses doigts glissèrent ensuite vers ses clavicules, suivant le bord de l’encolure souple de la robe. Morgane tourna légèrement le visage vers elle. Leurs regards se croisèrent, et Clara se pencha pour déposer un baiser au creux de son cou.
Le geste fut lent, laissant à Morgane le temps de s’y abandonner ou de s’en écarter. Elle inclina la tête, accueillant le baiser, puis posa une main sur l’avant-bras de Clara.
Éléonore sentit la chaleur lui monter au visage.
Elle aurait pu se détourner, faire semblant de vérifier ses instruments ou de noter une observation dans son registre. Au lieu de cela, elle resta là, attentive à ce qui se déroulait devant elle. Le désir qu’elle éprouvait ne ressemblait pas à la crainte qu’elle avait redoutée. Il n’effaçait pas l’amour qu’elle portait à Clara, pas plus qu’il ne lui dictait ce qu’elle devait faire. Il ajoutait une dimension nouvelle à ce qu’elle connaissait déjà.
Clara releva la tête et chercha son regard.
Il y avait dans ses yeux fauves une question, mais aussi une invitation à ne pas se cacher derrière son rôle de parfumeuse.
Éléonore posa le flacon sur la table.
Puis elle s’approcha à son tour.
Sa main gauche se posa sur la hanche de Morgane, avec assez de légèreté pour lui laisser toute liberté de mouvement. Sous ses doigts, le tissu indigo était souple et frais. De l’autre main, elle effleura le bras nu de l’autrice, remontant lentement jusqu’à son épaule.
Morgane tourna le visage vers elle. Son expression avait perdu une part de son assurance habituelle. Elle semblait, elle aussi, attentive à cette frontière qui se déplaçait entre elles.
Clara sourit contre sa tempe.
— Tu vois, murmura-t-elle à l’intention de Morgane, Éléonore passe ses journées à chercher le bon équilibre entre les notes, à mesurer chaque ingrédient, à réfléchir à la façon dont une fragrance va évoluer. Elle veut toujours comprendre pourquoi une chose fonctionne.
Elle marqua une pause, puis regarda sa compagne.
— Mais parfois, elle oublie qu’on peut aussi se laisser surprendre.
Éléonore lui adressa un regard où se mêlaient l’amusement et une légère protestation.
— Je n’oublie pas. Je prends simplement mon temps.
— C’est vrai, concéda Clara. Tu sais prendre ton temps mieux que personne.
Sa main retrouva celle de Morgane, et leurs doigts s’entrelacèrent un instant.
Morgane observait Éléonore. Ses pupilles semblaient plus larges dans la lumière tamisée, mais c’était surtout l’attention de son regard qui troublait la parfumeuse. Elle ne cherchait pas à la convaincre. Elle attendait qu’Éléonore choisisse elle-même de franchir la distance restante.
Les odeurs de bois ciré, de cire chaude et de matières premières se mêlaient à la fragrance de Morgane. Éléonore aurait voulu distinguer chaque note, en comprendre l’origine et la progression. Mais les mots techniques perdaient peu à peu leur utilité. Ce qu’elle percevait ne se limitait plus à une composition.
C’était la présence de Clara tout près d’elle. Le regard de Morgane. La chaleur d’une main sur sa peau. Et cette part d’incertitude qui, pour la première fois depuis longtemps, ne lui donnait pas envie de reprendre le contrôle.
Elle glissa les doigts dans les cheveux de Morgane et effleura sa joue. Puis elle s’arrêta, assez près de son visage pour sentir son souffle.
Morgane ne bougea pas. Son regard descendit brièvement vers les lèvres d’Éléonore, avant de retrouver ses yeux.
Clara, derrière elle, demeurait tout aussi attentive.
Aucune des trois ne semblait pressée de rompre cet instant. Leurs visages se rapprochèrent encore, jusqu’à ce que leurs lèvres ne soient plus séparées que par une infime distance.
Éléonore sentit son cœur battre plus vite. Elle ne savait pas ce qui viendrait après, ni sous quelle forme cette rencontre allait transformer leur relation. Pour une fois, elle accepta de ne pas chercher la réponse à l’avance.
Dans l’atelier, le temps semblait s’être suspendu. Le parfum de mélisse et de vanille persistait dans l’air, mêlé aux senteurs familières du bois et des essences. Éléonore ferma les yeux un bref instant, non pour analyser la fragrance, mais pour accueillir pleinement ce qu’elle éprouvait.
Puis elle les rouvrit.
Cette fois, elle ne détourna pas le regard.
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Chapitre 4 · La note de cœur
Dans le laboratoire baigné de lumière d'octobre, Éléonore, parfumeuse rigoureuse, se retrouve face à un désir qu'elle ne peut plus ignorer. Entre Clara, sa compagne de longue date, et Morgane, l'autrice rencontrée lors d'un vernissage, quelque chose de fragile et d'inattendu commence à se dessiner. Trois femmes, deux histoires qui se croisent, et une tension qui cherche sa forme dans les gestes et les silences. Jusqu'où chacune est-elle prête à aller vers ce qu'elle ne s'était jamais autorisé à désirer ?
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