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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les fissures silencieuses — Chapitre 2 · L’essence du trouble

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Ce chapitre séduit par la façon dont il fait du parfum un véritable langage intérieur : Éléonore déchiffre Morgane note par note avant même d'avoir échangé un mot avec elle, et cette approche sensorielle est à la fois originale et parfaitement ancrée dans le personnage. On aime aussi la retenue du récit — tout est suggéré, rien n'est forcé — et la réplique de Morgane sur la mélisse et la vanille noire, qui dit bien plus qu'elle ne semble vouloir dire.

Les fissures silencieuses

Chapitre 2 · L’essence du trouble

La galerie d’art contemporain du Vieux-Montréal était déjà pleine lorsque la réception commença, à dix-neuf heures. Installé dans un ancien entrepôt de briques rouges, l’espace avait conservé ses hauts plafonds et ses vastes ouvertures industrielles. Des projecteurs éclairaient les murs immaculés d’une lumière blanche, presque crue. Au milieu des conversations, les verres de champagne tintaient, les rires fusaient et les semelles claquaient sur le béton ciré.
Éléonore sentit rapidement ses sens se fatiguer.
Elle avait toujours préféré les lieux calmes aux bains de foule. Pour une parfumeuse, une réception de ce genre pouvait tourner au supplice. Dans l’air se mêlaient des dizaines de fragrances : des patchoulis trop insistants, des muscs synthétiques, des parfums floraux généreusement vaporisés et l’odeur sèche des produits coiffants. Chaque effluve semblait lutter pour occuper l’espace.
Ce désordre olfactif brouillait ses repères. Elle aurait volontiers cherché refuge à l’écart, loin de cette cacophonie invisible.
Mais Clara tenait sa main.
La pression de ses doigts lui offrait un point d’ancrage au milieu de l’agitation.
Clara, au contraire, paraissait parfaitement à l’aise. Elle saluait des connaissances, échangeait des cartes de visite et discutait avec animation de volumes, de matières et de projets d’aménagement. Éléonore l’observait avec une admiration familière. Sa compagne avait cette façon d’entrer dans une pièce comme si elle y trouvait aussitôt sa place.
Sa robe noire soulignait sa silhouette et laissait son dos nu apparaître à chacun de ses mouvements. Pour Éléonore, cette ligne familière était presque un repère visuel, aussi rassurant que la chaleur de sa main.
Et puis, il y avait ce souvenir de la fin d’après-midi.
La proximité retrouvée dans leur chambre, le baiser auquel Éléonore s’était enfin abandonnée, puis cette promesse laissée en suspens par Clara. Le désir n’avait pas disparu avec leur départ. Il persistait, discret mais bien vivant, entretenu par l’attente.
Éléonore n’avait qu’à croiser le regard de sa compagne pour se rappeler ce qu’elles avaient décidé de remettre à plus tard.
— Ah, la voilà enfin, murmura Clara près de son oreille.
Elle se haussa légèrement sur la pointe des pieds pour mieux voir par-dessus les invités.
— C’est Morgane. Son éditrice est en train de la présenter au comité de direction. Viens, je veux te la présenter.
Éléonore suivit son regard jusqu’au centre de la galerie. Près du bar à cocktails, un petit groupe s’était formé autour d’une femme qui venait de s’en détacher. Morgane avait aperçu Clara et se dirigeait vers elles.
Sa démarche était souple, presque nonchalante, comme si les conventions de la soirée ne la concernaient qu’à moitié. Elle portait un tailleur-pantalon en lin blanc cassé, dont la coupe ample accompagnait chacun de ses pas. Rien, dans son allure, ne cherchait à impressionner par l’ostentation. Elle dégageait plutôt une liberté tranquille, une assurance qui attirait naturellement le regard.
Ses cheveux noirs étaient relevés en une coiffure savamment arrangée. Son visage aux traits anguleux était marqué par des pommettes hautes et une bouche dont l’expression semblait osciller entre l’amusement et le secret.
Éléonore remarqua tout cela en quelques secondes.
Mais avant même d’avoir achevé son examen, son odorat capta une note qui n’avait rien de commun avec les fragrances environnantes.
Une fraîcheur citronnée, délicate, traversa le brouillard olfactif de la galerie. Elle n’avait ni l’acidité agressive de certains agrumes ni la netteté artificielle d’un parfum commercial. Quelque chose de vert, de tendre, de presque humide.
De la mélisse.
Le nom s’imposa à l’esprit d’Éléonore. Elle revit un instant les feuilles froissées entre les doigts, leur parfum frais après la pluie, cette douceur végétale qui apaise sans jamais devenir fade.
Elle inspira de nouveau, discrètement, pour confirmer son impression.
Puis une autre note apparut.
À mesure que Morgane se rapprochait, la fraîcheur végétale céda une partie de sa place à une chaleur plus profonde. Une vanille sombre, résineuse, débarrassée de toute douceur pâtissière. Elle évoquait moins un dessert qu’une matière vivante, chaude, presque animale, qui semblait se fondre dans la peau.
Le contraste était saisissant.
La mélisse apportait une clarté apaisante ; la vanille y introduisait une profondeur troublante. Rien ne paraissait chercher à atténuer cette opposition. Les deux notes se répondaient, se défiaient et trouvaient pourtant un équilibre inattendu.
Éléonore en fut déconcertée.
Elle avait consacré des années à comprendre les matières, à anticiper leurs réactions et à maîtriser les accords. Pourtant, cette composition lui échappait déjà. Elle ne savait pas encore comment elle avait été obtenue, mais elle en percevait l’intention : ne pas choisir entre la douceur et le trouble, entre l’apaisement et le désir.
Pour la première fois depuis plusieurs jours, son esprit professionnel s’éveilla avec une intensité presque douloureuse.
— Clara, quel plaisir de te voir ici !
Morgane s’arrêta devant elles. Sa voix, légèrement grave, avait une chaleur tranquille qui contrastait avec le brouhaha de la réception. Elle n’avait pas besoin de parler fort pour retenir l’attention.
Les deux femmes échangèrent une bise amicale.
Au moment où Morgane se rapprocha, Éléonore remarqua un léger mouvement des narines de Clara. Sa compagne avait, elle aussi, perçu le parfum. Une lueur de surprise passa dans ses yeux fauves.
Éléonore éprouva une satisfaction qu’elle ne s’expliqua pas tout à fait. Elle n’était donc pas la seule à avoir été prise au dépourvu.
— Morgane, je te présente Éléonore, ma conjointe, dit Clara.
Sa voix avait une fierté nouvelle. Elle regarda tour à tour les deux femmes, visiblement heureuse de les voir enfin réunies.
Morgane se tourna vers Éléonore.
Leurs regards se rencontrèrent.
Les bruits de la galerie semblèrent s’éloigner, sans disparaître tout à fait. Éléonore plongea dans les yeux vert sombre de l’autrice, d’un vert profond qui lui rappelait les sous-bois après la pluie.
Ce regard n’avait rien d’une politesse de circonstance. Morgane ne se contentait pas de sourire pour accompagner une présentation. Elle semblait s’intéresser réellement à la femme qui se tenait devant elle.
Éléonore eut pourtant l’impression, aussi soudaine qu’irrationnelle, d’être mise à nu.
Elle pensa à sa chemise de soie vert émeraude, à ses cheveux relevés avec soin, à la réserve qu’elle affichait dès qu’elle se trouvait en terrain inconnu. Tout cela lui parut soudain bien dérisoire. Comme si l’attention de Morgane avait franchi une défense dont Éléonore elle-même avait oublié l’existence.
Elle songea à ses nuits agitées, à ses essais infructueux au laboratoire, à cette absence qu’elle cherchait à nommer sans jamais parvenir à la saisir complètement.
Bien sûr, Morgane ne pouvait rien savoir de tout cela. Éléonore le comprenait. Pourtant, l’intensité de ce regard lui donnait l’étrange sensation que certaines de ses pensées n’étaient pas aussi bien dissimulées qu’elle le croyait.
— Enchantée, Éléonore, dit Morgane.
Elle lui tendit la main. Ses ongles étaient courts, naturels, sans vernis.
Éléonore accepta la poignée de main. Le contact fut bref, mais elle en remarqua aussitôt la douceur et la chaleur. Le parfum de mélisse et de vanille sembla se rapprocher encore, porté par la proximité de leurs corps.
Elle sentit sa propre réaction avant de trouver les mots pour la dissimuler.
— Enchantée… Votre parfum. C’est une création personnelle ? Je n’ai jamais rien senti de semblable.
Elle détesta le léger accroc de sa voix. Elle qui savait d’ordinaire nommer avec précision la moindre nuance olfactive venait de perdre, l’espace d’un instant, une partie de son assurance.
Un sourire asymétrique se dessina sur les lèvres de Morgane. Elle ne retira pas immédiatement sa main. Ses doigts effleurèrent ceux d’Éléonore avant de se séparer des siens, avec une lenteur qui dépassait à peine les limites de la bienséance.
— Vous avez l’œil… ou plutôt le nez, répondit-elle à voix basse.
Son regard demeura posé sur Éléonore.
— C’est une préparation que je fais moi-même. De la mélisse pour calmer un esprit qui a parfois du mal à se taire. Et de la vanille noire pour me rappeler que, malgré toutes nos grandes idées, nous restons des êtres de chair et de désir.
La phrase était simple. Pourtant, elle résonna en Éléonore bien au-delà de la question du parfum.
À ses côtés, Clara se rapprocha. Son épaule vint toucher celle de sa compagne, tandis que la ligne nue de son dos demeurait offerte aux regards de la galerie. Éléonore sentit sa chaleur contre elle.
Le geste était familier, mais il prenait un autre sens dans cette proximité à trois. Rien n’avait été dit clairement, rien n’avait été décidé. Pourtant, l’attention circulait entre elles avec une intensité nouvelle.
— Éléonore crée des fragrances sur mesure, expliqua Clara. Elle passe ses journées dans son laboratoire à chercher les accords capables de réveiller un souvenir, une émotion… parfois même un désir qu’on croyait oublié.
Elle lança un regard à sa compagne.
— Elle analyse les réactions des autres avec une précision redoutable.
— Vraiment ? dit Morgane.
Ses yeux glissèrent brièvement vers les lèvres d’Éléonore avant de retrouver son regard.
— Alors, nous avons peut-être un peu le même métier. Vous travaillez avec les odeurs, moi avec les mots. Mais nous cherchons sans doute quelque chose de semblable : réveiller ce qui s’endort. Secouer les habitudes avant qu’elles ne deviennent une prison.
Éléonore sentit les mots l’atteindre plus profondément qu’elle ne l’aurait souhaité.
Elle tourna légèrement la tête vers Clara. La respiration de sa compagne semblait plus rapide qu’à son arrivée. Le souvenir de leur après-midi se mêlait désormais à cette rencontre inattendue, comme si l’attente qu’elles avaient entretenue toutes les deux venait de trouver une nouvelle direction.
Morgane n’avait pas simplement attiré leur attention. Elle avait mis des mots sur une question qu’Éléonore évitait depuis des mois.
Autour d’elles, les conversations reprenaient leur place. Un éclat de rire retentit près du bar ; un photographe traversa la salle en levant son appareil. Le moment suspendu menaçait de se dissoudre dans le mouvement de la réception.
Clara prit les devants.
Elle glissa une main sous le coude de Morgane, puis posa l’autre à la taille d’Éléonore pour les guider vers une alcôve située à l’écart. Au fond de la galerie, une grande verrière industrielle ouvrait la perspective sur les toits sombres du Vieux-Montréal.
L’espace était plus calme. L’air y semblait également plus frais, loin de la chaleur et des parfums accumulés dans la foule.
Morgane s’adossa au rebord métallique de la verrière et croisa les jambes. Son pantalon de lin blanc suivit le mouvement avec souplesse. Éléonore remarqua la simplicité de sa tenue, puis revint malgré elle à ce parfum qui paraissait désormais plus net, libéré du tumulte ambiant.
Clara se tourna vers l’autrice.
— Tes essais parlent beaucoup d’abandon, Morgane. Éléonore et moi en discutions justement. Il nous arrive d’avoir l’impression d’être devenues spectatrices de notre propre bonheur.
Elle marqua une pause, comme si elle hésitait à poursuivre. Puis elle releva le menton.
— Comment fait-on pour en sortir ?
Morgane posa son verre de champagne sur le rebord de la verrière. Son regard passa de Clara à Éléonore. Elle ne sembla ni surprise par la question ni pressée d’y répondre.
— Peut-être en cessant d’intellectualiser chaque chose que l’on ressent.
Sa voix s’était faite plus basse.
— Le désir n’est pas toujours raisonnable. Il ne se conforme pas nécessairement à nos habitudes, à nos principes ou à l’image que nous avons de nous-mêmes. Parfois, quelqu’un nous trouble. Une odeur, une voix, une présence fait naître en nous une réaction inattendue. Nous pouvons essayer de l’étouffer, ou prendre le temps de comprendre ce qu’elle révèle.
Elle regarda Clara avec une franchise presque désarmante.
— Ce qui nous enferme, ce n’est pas forcément ce que nous ressentons. C’est parfois la peur de le reconnaître.
Éléonore resta silencieuse.
Elle aurait voulu analyser cette réponse, en examiner les nuances, déterminer ce qu’elle contenait de provocation et ce qui relevait d’une véritable conviction. C’était son réflexe habituel : observer, classer, comprendre avant de s’autoriser à ressentir.
Mais Morgane venait précisément de remettre en question cette façon de faire.
L’autrice se rapprocha de Clara. Son geste fut lent, suffisamment mesuré pour laisser à sa compagne le temps de réagir. Puis elle posa les doigts sur son dos nu, juste au-dessus de la ligne où s’arrêtait le tissu noir de sa robe.
Clara frissonna. Ses paupières se fermèrent un instant, et son souffle se suspendit avant de reprendre.
Éléonore vit la scène dans ses moindres détails. Elle aurait pu se sentir exclue, blessée par cette familiarité soudaine. Elle s’attendit presque à éprouver cette pointe de jalousie qu’elle connaissait si bien.
Mais ce ne fut pas ce qui se produisit.
Elle ressentit d’abord de la surprise. Puis une chaleur inattendue, mêlée à une curiosité qu’elle ne cherchait plus tout à fait à réprimer. La main de Morgane sur le dos de Clara rendait visible quelque chose qui, jusque-là, n’avait existé qu’à l’état de possibilité.
Elle regarda sa compagne. Clara ne semblait pas vouloir fuir le contact. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, son regard croisa celui d’Éléonore, et un silence passa entre elles.
Il n’y avait pas de réponse définitive dans cet échange. Seulement la reconnaissance d’un trouble partagé.
Morgane retira sa main et se tourna vers Éléonore.
— C’est curieux, dit-elle doucement. Vous donnez toutes les deux l’impression de savoir exactement où vous allez. Et pourtant, j’ai le sentiment que vous attendez quelque chose.
Elle ne souriait plus tout à fait.
— Quelque chose que vous n’avez peut-être pas encore osé vous avouer.
Éléonore sentit la remarque trouver sa cible. Elle aurait voulu répliquer, rappeler que Morgane ne les connaissait que depuis quelques minutes et qu’elle ne pouvait pas prétendre comprendre leur relation à partir de quelques regards.
Mais aucun argument ne lui vint.
Parce qu’au fond, elle savait qu’il y avait une part de vérité dans ces mots.
Morgane se redressa enfin, rompant le fragile équilibre de l’instant. Elle récupéra son verre et jeta un coup d’œil vers la salle principale, où ses éditeurs l’attendaient pour la séance de signatures.
— Je dois retourner auprès d’eux. Mais je n’ai pas envie que notre conversation s’arrête ici.
Son sourire reparut, plus discret cette fois.
— Montréal est une ville bien trop froide pour laisser les conversations intéressantes inachevées.
Éléonore sentit une impulsion la pousser à parler avant que sa prudence ne reprenne le dessus.
— Venez au laboratoire après-demain, à seize heures.
Les mots lui échappèrent avec plus d’assurance qu’elle ne s’en croyait capable. Elle reprit son souffle, puis poursuivit :
— J’aimerais examiner votre préparation à la mélisse. Comprendre comment vous avez obtenu cet accord. Je pourrais vous montrer quelques-unes de mes méthodes de travail.
Elle jeta un regard à Clara.
— Clara sera là aussi, bien sûr.
Un bref silence suivit son invitation.
Morgane l’observa, attentive. Dans ses yeux vert sombre, Éléonore crut discerner une lueur amusée, mais elle n’aurait su dire si elle y lisait aussi de la curiosité.
— Après-demain, seize heures, répéta Morgane.
Elle inclina légèrement la tête.
— C’est entendu, Éléonore.
Puis, avant de s’éloigner, elle ajouta :
— Et d’ici là, ne perdez pas cette curiosité.
Elle leur adressa un dernier sourire avant de rejoindre les invités.
Éléonore la suivit du regard. Peu à peu, les conversations et les lumières reprirent leur place autour d’elle. Pourtant, quelque chose avait changé. Le parfum de mélisse et de vanille persistait dans sa mémoire, aussi net que s’il flottait encore dans l’alcôve.
Clara vint se placer à ses côtés et glissa sa main dans la sienne.
Aucune des deux ne parla tout de suite.
Elles avaient encore la soirée devant elles, et la promesse de leur après-midi continuait de vibrer entre elles. Mais désormais, une autre question s’était invitée dans leur intimité.
Éléonore ignorait ce que leur apporterait cette rencontre. Elle savait seulement qu’elle avait hâte de retrouver Morgane, de comprendre son parfum — et, peut-être, ce que sa présence avait réveillé en elle.
Pour une fois, elle ne chercha pas à dissiper l’incertitude.
Elle la laissa grandir.
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Chapitre 3 · L’atelier des sens
Dans son atelier de la rue Saint-Denis, Éléonore règne sur un monde de fragrances et de précision. Depuis un vernissage troublant, quelque chose a changé : une autrice aux yeux verts, un parfum de mélisse et de vanille sombre qu'elle ne parvient pas à oublier. Quand Morgane franchit la porte du laboratoire, Clara est là elle aussi. Entre flacons ambrés et odeurs de bois ciré, la parfumeuse découvre que certaines matières premières résistent à toute analyse. Saura-t-elle mettre de l'ordre dans ce qu'elle ressent ?
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