Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jeux de garçons — Chapitre 10 · le brame d’Antoine
Auteur
Jeux de garçons
Chapitre 10 · le brame d’Antoine
Je le regardai hésiter à la lisière de la forêt, ses yeux oscillant entre excitation et inquiétude. Antoine, mon Antoine… Je l’avais tiré hors de sa ville pour lui faire découvrir une activité que j’aimais plus que tout au monde : écouter le brame du cerf. Mais cette fois, il ne s’agissait pas d’une simple excursion.
Lorsque j’étais plus jeune, pour séduire mes premières copines, je prévoyais toujours une virée nocturne avec bivouac. Sensations garanties. Pour quelqu’un qui ne s’y connaissait pas, cela pouvait devenir très impressionnant. Le nombre de jolis petits culs que j’ai pu décrocher ainsi, cela marchait à tous les coups.
Et là, retour vingt ans en arrière, mais avec mon Toinou. Sauf que cette fois-ci, j’étais bien décidé à lui faire payer le coup qu’il m’avait fait avec sa femme. Alors oui, Antoine avait une maison de campagne, et nous y passions beaucoup de temps, mais toute sa vie se faisait néanmoins à Orléans. Avec Toinou, nous formions un joli couple gay et, pour pimenter notre quotidien, nous inventions des petits jeux érotiques, toujours tordus et révélés au dernier moment. C’était particulièrement savoureux.
Mais de là à me jeter sciemment dans les bras de sa femme… Mon blondinet au joli minois m’avait chauffé à blanc. Croyez-moi, il allait avoir la peur de sa vie. Il flippait déjà, bien sûr, car il faisait un noir d’encre que seule la lune adoucissait. Appuyés contre le capot de la voiture, Antoine fumait nerveusement sa clope. Nous étions au bord d’un chemin forestier que je connaissais par cœur.
— Tu vois la lueur au bout du chemin, copain ?
— Difficile de la louper.
— C’est là que nous nous rendons. Là-bas nous attendent le bivouac et notre nid d’amour, lui dis-je en l’embrassant.
— Heureusement qu’on a la lumière, parce que ça fait une sacrée trotte dans le noir.
— Ah non, tu n’as pas compris, mon chaton… Pas de lumière. Il ne faut surtout pas déranger les cerfs.
— Difficile de la louper.
— C’est là que nous nous rendons. Là-bas nous attendent le bivouac et notre nid d’amour, lui dis-je en l’embrassant.
— Heureusement qu’on a la lumière, parce que ça fait une sacrée trotte dans le noir.
— Ah non, tu n’as pas compris, mon chaton… Pas de lumière. Il ne faut surtout pas déranger les cerfs.
Et là, le premier brame retentit au loin : « hro hrooo hroooooar ».
— C’était quoi, ça ? demanda Antoine, paniqué, en se retournant.
— Mais c’est le brame, beau gosse, répondis-je en riant.
— Mais c’est le brame, beau gosse, répondis-je en riant.
Le plan était parfait : il paniquait déjà alors que le cerf était encore loin. J’allais lui offrir l’expérience sensorielle de sa vie. Il fallait qu’il perde ses repères, qu’il sente son corps et son esprit tendus comme la corde d’un arc, qu’il se mette à vivre dans l’instant, pur et animal. Je l’ai donc guidé dans la forêt, sous la lumière blafarde de la lune, sans lampe, seulement nos pas sur le tapis humide des feuilles mortes.
Chaque arbre, chaque souffle de vent, chaque craquement composaient la partition que je voulais lui faire entendre. Je savais qu’il percevait tout, que ses sens, décuplés par l’inquiétude et l’anticipation, faisaient de lui un réceptacle parfait pour mon jeu. La lune disparut sous la ramure des chênes ; il faisait alors totalement noir, et, dans la nuit, tous ses sens furent en éveil. « Hroo hrooo hroooo hroooooooar ! »
— Putain, il est juste à côté ! dit-il en sursautant.
— Oh non, il est encore à bonne distance, ne t’en fais pas.
— Oh non, il est encore à bonne distance, ne t’en fais pas.
Il rit nerveusement, tentant de masquer son trouble. Je sentais son cœur battre contre ma poitrine lorsque je lui demandai de fermer les yeux. Ses mains tremblaient contre les miennes tandis qu’il se laissait guider. Puis, il perçut des craquements entre les arbres.
— C’était quoi, ça ?
— Il se déplace, il cherche sa biche. T’inquiète, tu n’es pas son genre, gloussai-je. Toi, tu es un petit daguet.
— Mais putain, Gagou, il est là, tout près !
— Mais non, c’est juste ton ouïe qui te joue des tours. Laisse-moi te détendre, tu es tout crispé.
— Il se déplace, il cherche sa biche. T’inquiète, tu n’es pas son genre, gloussai-je. Toi, tu es un petit daguet.
— Mais putain, Gagou, il est là, tout près !
— Mais non, c’est juste ton ouïe qui te joue des tours. Laisse-moi te détendre, tu es tout crispé.
Je repoussai alors Antoine contre un arbre et entrepris de lui enlever sa ceinture. Je lui baissai le pantalon, puis saisis son sexe. Clairement, il n’était pas encore bandé : il avait trop peur. Je le pris en bouche et me mis à le sucer avec tendresse. Il m’attrapa la tête et se mit à gémir, son sexe se gonflant sous ma langue. Sa belle queue pleinement dressée, je le pompai avec ardeur, jusqu’à extirper toute la sève de son tronc. Je n’en perdis pas une goutte. « Hroo hrooo »
— Maintenant, que le vrai jeu commence !
— Hein, comment ça, quel jeu ? demanda-t-il, son pantalon toujours sur les chevilles.
— Ton expérience sensorielle, mon Toinou !
— Hein, comment ça, quel jeu ? demanda-t-il, son pantalon toujours sur les chevilles.
— Ton expérience sensorielle, mon Toinou !
♦♦♦ ------------------------- ♦♦♦
Alors, je me suis retiré, juste assez pour disparaître de son champ de vision, juste assez pour qu’il sente le vide là où je devais être. Son souffle est devenu irrégulier ; il a appelé mon nom, trébuché sur les racines, tâtonné dans l’obscurité. Chaque pas qu’il faisait, chaque hésitation, chaque frisson de peur me réjouissait. Je voulais qu’il s’abandonne, qu’il se laisse aller, qu’il s’approche de moi, non seulement par désir, mais aussi par la peur et le besoin d’être rassuré. « Hroo hrooooooooar. » Ce brame fut très proche.
— Putain Gagou, arrête tes conneries, sérieux !
— Dirige-toi vers le bivouac, copain.
— Je vais surtout retourner vers la voiture, ça ne me fait pas rire.
— Encore faudrait-il que tu aies tes clés.
— Put… tu m’as fauché mes clés pendant que tu me suçais ?
— Et ne cherche même pas ton téléphone, Toinou, c’est le même tarif !
— Comment oses-tu… Je… je suis… impressionné ! Depuis quand tu fais ça, toi ?
— Dirige-toi vers le bivouac, copain.
— Je vais surtout retourner vers la voiture, ça ne me fait pas rire.
— Encore faudrait-il que tu aies tes clés.
— Put… tu m’as fauché mes clés pendant que tu me suçais ?
— Et ne cherche même pas ton téléphone, Toinou, c’est le même tarif !
— Comment oses-tu… Je… je suis… impressionné ! Depuis quand tu fais ça, toi ?
Il y avait une pointe d’admiration dans le ton de sa voix. Il était surpris, mais dans le bon sens. Il ne pensait pas que je puisse être aussi téméraire. Il se trompait.
— Depuis que tu me donnes ta femme à baiser sans vergogne.
— Ah, je vois, c’est de bonne guerre. Mais je te préviens, si je te chope, je veux que tu me baises.
— C’est bien mon intention, petit daguet.
— Ah, je vois, c’est de bonne guerre. Mais je te préviens, si je te chope, je veux que tu me baises.
— C’est bien mon intention, petit daguet.
Je l’ai laissé avancer seul dans la forêt. Il ne pouvait plus se diriger que vers le bivouac. Pour lui, c’était juste une lueur au loin, dansante, chaude, et qui semblait minuscule face à la nuit et à ses appréhensions.
« Hroo hroooo hrooooooooar. » Le brame s’intensifiait derrière lui, plus proche, plus inquiétant. Je savais qu’il s’imaginait tout un monde : des cerfs gigantesques, des silhouettes humaines, des ombres mouvantes. Ses yeux de citadin inventaient des monstres à chaque craquement, et mon amusement grandissait. Je voulais qu’il se perde dans ce vertige sensoriel que je connaissais si bien.
Lorsqu’il émergea dans la clairière, haletant, les yeux écarquillés, j’ai souri dans l’ombre. Le feu éclairait la cabane de chasse. Au-dessus de la porte, un grand trophée de cerf à dix-cors le toisait. Ses yeux ont capté ce détail avant même que je ne me montre. Il était piégé par ses propres sens, par son imagination, et pourtant irrésistiblement attiré par cette scène. Je pouvais sentir son corps vibrer, entre peur et excitation. « Hroo hroooo ».
Alors, je me suis avancé doucement derrière les arbres. Le brame, que j’avais commencé à imiter, grondait maintenant juste à côté de lui. Je savais que chaque cri, chaque vibration, chaque souffle qu’il percevait allait le faire basculer. Je pouvais entendre son souffle haletant, son cœur battre à tout rompre. Et je souriais.
♦♦♦ ------------------------- ♦♦♦
Je l’entendais respirer avant même de le voir. Une respiration saccadée, qui se mêlait au souffle du vent et au crépitement du feu. Antoine s’était figé dans la clairière, face aux flammes, hypnotisé par le trophée que j’avais accroché plus tôt. Ce trophée aux bois élancés et aux nombreux andouillers, qui avait jadis servi ce prince de la forêt dans sa quête de reproduction. La lueur dansait sur ses traits, et je voyais la peur y dessiner des ombres que je ne lui connaissais pas. Je marchais à droite de lui, puis à gauche ; je faisais craquer les branches et bouger les feuillages. La présence des animaux pour lui était partout, il était cerné.
Je restai caché un instant, profitant du spectacle. J’étais le cerf alpha qui bramait de toutes ses forces. Je ne convoitais cependant aucune biche, mais seulement un daguet tout mignon que je voulais féconder. Ma proie regardait autour de lui, les yeux agrandis, cherchant d’où venait le son. J’inspirai lentement et laissai échapper un nouveau brame, plus profond, plus proche : « hroo hroooo hrooooo hroooooooooooar hroo ». Il se raidit comme si la terre venait de gronder sous ses pieds. Ce cri, je l’avais travaillé : j’en avais observé la structure, la vibration dans la gorge, le souffle nécessaire pour faire trembler l’air. Dans la nuit, cela ne ressemblait plus à un jeu ; c’était un appel ancestral.
Il cria mon nom. Sa voix trembla, et cette fragilité me saisit au ventre. Une part de moi voulait le rejoindre tout de suite, l’enlacer, lui dire que tout allait bien, que je l’aimais. L’autre voulait prolonger encore quelques secondes ce moment où il ne savait plus distinguer la peur du désir de réconfort.
Je m’avançai lentement, mes pas étouffés par la mousse. Le feu crépitait, jetant des éclats rouges sur les troncs. Antoine recula d’un pas, croyant que quelque chose surgissait derrière lui. Puis il tourna sur lui-même, le visage livide, les mains serrées contre sa poitrine. Je laissai échapper un dernier brame, tout près : « HROO HROOOO HROOOOAR » ! Et il cria !
Alors seulement, je sortis de l’ombre en riant. Je lui montrai le verre de la vieille lampe à huile que j’avais dans les mains. Je le positionnai sur ma bouche et de mon autre main gérai le flux d’air que je produisais : « hroo hrooo hroooar » ! Il se jeta sur moi, le souffle court, les yeux brillants de larmes et de colère mêlées, et murmura :
— C’était toi ?
Je souris. Un vrai sourire, celui qu’il connaissait : à la fois désarmant et coupable.
— Je voulais que tu sentes ce que c’est d’être vivant. Que tu cesses de réfléchir et que tu ressentes.
— Gagou, sale petit enfoiré, je t’aime tellement, me dit-il en m’embrassant dans une étreinte qui faillit me briser les côtes. Je t’ai attrapé, copain, tu dois me baiser maintenant.
— C’est moi qui t’ai eu, mon petit daguet, et tu seras donc ma femelle, lui dis-je d’un ton lubrique en lui montrant mon installation.
— Gagou, sale petit enfoiré, je t’aime tellement, me dit-il en m’embrassant dans une étreinte qui faillit me briser les côtes. Je t’ai attrapé, copain, tu dois me baiser maintenant.
— C’est moi qui t’ai eu, mon petit daguet, et tu seras donc ma femelle, lui dis-je d’un ton lubrique en lui montrant mon installation.
Pas peu fier, j’avais installé près du feu et à même le sol l’un des matelas de la cabane de chasse. Je remettais des bûches dans le feu, afin que les flammes montent le plus haut possible et nous protègent de la fraîcheur de la nuit automnale. Nous nous sommes affalés sur le matelas en nous enlaçant. Antoine me caressait tendrement et glissait ses doigts dans mes cheveux pour m’embrasser comme un damné. Jamais il n’avait été aussi câlin. Mon petit jeu avait parfaitement fonctionné.
Nus comme des vers, au milieu des bois et sous la chaleur du feu qui crépitait, je soulevai sa cuisse pour accéder à son anus et lui offrir l’anulingus qu’il méritait. Il se mit à gémir sans retenue, j’avais éveillé ses sens et plus rien ne le retenait. Il avait complètement lâché prise alors que mon visage se glissait entre ses fesses, ma langue pénétrant son intimité tandis que je lui branlais amoureusement son chibre. Puis, bien lubrifié, je le relevai et m’apprêtai à le prendre quand il m’arrêta.
— Attends, Gagou, pas comme ça.
Il m’allongea sur le matelas et passa par-dessus moi pour me chevaucher. Nos verges entrèrent en contact et se frottèrent à l’unisson. Il saisit ma tige et la positionna à l’entrée de son magnifique petit cul. Puis il s’empala dessus en poussant un râle de plaisir qui me fit frémir. Il me chevauchait tel un cavalier, un cowboy, un guerrier à la crinière blonde. Il était aux commandes et ma bite se faisait malmener. Avec son bassin, il imposa des changements de rythme très intenses, et il me fallut beaucoup de concentration pour ne pas le remplir tout de suite. Son merveilleux corps glabre dansait sur moi à la lueur des flammes. Sous l’effort, ses muscles luisants devinrent saillants, et je caressais avec envie ses pectoraux en pinçant ses tétons de jeune homme. Sa queue et ses bourses faisaient des bonds vertigineux au-dessus de moi. Cette bite était dure comme du chêne et prenait racine dans une toison dorée parfaitement entretenue. Tout ça pour moi ! Je voyais son gland humide et suintant avancer et reculer dans un rythme démoniaque. Mon daguet mouillait intensément.
— Vas-y mon beau, brame pour moi, ce soir le daguet devient cerf !
— Aaaaooooh
— Vas-y plus fort, chaton !
— AaaaaaaaAAOOOH Gagou, ouiiii !
— Brame, bon Dieu, plus fort !
— AAOOOOOH, RHAAAAAAOOO, putain, PUTAIN TA QUEUE GAGOU !
— Tu la kiffes ma GROSSE BITE ? ALORS BRAME ENCORE !
— RHAA RHOOO, baise MOI, BAISE MOI, plus foRT GAGOU, PLUS FOOOOOORT. Putain oui ça vient, ÇA VIIIIENT, OOOOH TA GROSSE QUEUUUUE MON GAGOUUUUUU, RHOOOOOOOOOOOAR !
— Aaaaooooh
— Vas-y plus fort, chaton !
— AaaaaaaaAAOOOH Gagou, ouiiii !
— Brame, bon Dieu, plus fort !
— AAOOOOOH, RHAAAAAAOOO, putain, PUTAIN TA QUEUE GAGOU !
— Tu la kiffes ma GROSSE BITE ? ALORS BRAME ENCORE !
— RHAA RHOOO, baise MOI, BAISE MOI, plus foRT GAGOU, PLUS FOOOOOORT. Putain oui ça vient, ÇA VIIIIENT, OOOOH TA GROSSE QUEUUUUE MON GAGOUUUUUU, RHOOOOOOOOOOOAR !
Antoine s’arquebouta en arrière, les mains sur mes cuisses. Un son guttural puissant sortit de sa gorge alors que sa queue m’arrosait de foutre, du ventre au visage. Ses contractions ne laissèrent guère le choix à ma verge prise en étau entre ses fesses. Au comble de l’excitation, je remplis de crème le joli cul de mon daguet, celui-là même que j’avais convoité toute la soirée.
Allongés sur mon ventre, nous étions unis et collés dans le sperme. Antoine me déversait une myriade de petits bisous sur le visage pour m’exprimer son amour et sa reconnaissance. Nous restions ainsi, dans les bras l’un de l’autre, à nous perdre dans nos regards respectifs.
« RHOOOOOOOOOOOAR ! »
Surpris, le brame nous sortit de la torpeur causée par les endorphines post-orgasmiques. Levant les yeux, c’est là que nous le vîmes. À l’entrée du sentier se dessinait l’ombre du grand dix-cors. Il était gigantesque et nous toisait de haut, tels des intrus sur son territoire. Il releva la tête, les bois en arrière, et lança à nouveau son appel.
♦♦♦ ------------------------- ♦♦♦
La panique avait vite repris le dessus sur Antoine, si bien que nous nous étions réfugiés dans la cabane de chasse. J’hurlais de rire alors qu’il me regardait d’un air accusateur. Toujours est-il que jamais nous n’avions passé une nuit aussi câline. Il m’étreignit fermement et me couvrait de petites attentions buccales. On aurait dit une moule accrochée à son rocher.
Le lendemain matin, alors que le soleil était sur le point de se lever, je l’amenai en lisière de clairière. À pas feutrés, je lui fis signe de faire le moins de bruit possible en nous approchant du dernier buisson. Là, nous restâmes à l’affût. Je lui retirai sa clope du bec avant qu’il ne l’allume.
— Tu vas les perturber avec tes conneries ! dis-je en chuchotant. Nous devons rester invisibles, y compris olfactivement.
Cachés dans les feuillages, nous observions le soleil percer à travers les houppiers, dissipant les écharpes de brume dans le feu jaune orangé de l’aurore. Les couleurs de la forêt d’automne se révélèrent pleinement. Sur un tableau multicolore fait de marrons, de rouges et de jaunes éclatants, je lui fis découvrir la harde. Une trentaine de biches mangeaient tranquillement leur herbe pour les unes, se reposaient allongées sur un lit de mousses pour les autres. Et, au milieu, il était là à nouveau, le grand dix-cors qui veillait sur son harem. De l’autre côté, un daguet broutait l’air de rien. Il passait sous les radars de l’alpha qui ne le considérait pas comme une menace. Il se faisait cependant rappeler à l’ordre s’il avait l’outrage d’approcher un peu trop près d’une des biches tant convoitées.
À l’autre bout de la clairière, à travers les feuillages, un mâle à la robe sombre surgit, encore plus gros que notre ami, il était royalement coiffé d’une douzaine d’andouillers mortels.
« Rhoo rhooooo RHOOOOOOOOOAR ! »
L’atmosphère devint électrique. Le dix-cors se mit à grincer des dents. Il brama à son tour et marcha parallèlement, la langue pendante, en face de l’adversaire. Puis, après l’avoir jaugé, il chargea l’intrus. Les bois s’entrechoquèrent dans un claquement qui résonna à travers la forêt. Bois contre bois, ils étaient entremêlés et bloqués. Les deux cerfs tournèrent l’un sur l’autre. Puis ils se dégagèrent, avant de se charger à nouveau. Leurs bois claquèrent encore plus durement. Le dix-cors tenta de déséquilibrer son adversaire pour le renverser, il y parvint presque, mais rien n’y fit. Le combat s’éternisa jusqu’à ce que, de dépit et épuisé, l’intrus rebroussa chemin, renonçant au harem du prince de ces bois. Il était certes plus gros, mais commençait à accuser le poids de l’âge.
— C’est incroyable, Gagou, dit Antoine en chuchotant.
— Bienvenue dans mon monde, beau gosse, lui répondis-je avec un grand sourire.
— Je croyais que le brame, c’était uniquement le soir.
— Tous les citadins le croient, c’est pour ça qu’on les y emmène la nuit.
— Bienvenue dans mon monde, beau gosse, lui répondis-je avec un grand sourire.
— Je croyais que le brame, c’était uniquement le soir.
— Tous les citadins le croient, c’est pour ça qu’on les y emmène la nuit.
Et alors que mon visage s’illumina de mon plus beau sourire pour narguer mon blondinet, je vis son regard dur s’adoucir peu à peu avant que ses lèvres ne viennent se poser sur les miennes.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()