Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une croisière initiatique — Chapitre 11 · Une attente irrespirable
Auteurs
Une croisière initiatique
Chapitre 11 · Une attente irrespirable
Mais il commençait à comprendre qu'aucune parole, aussi bienveillante fût-elle, ne pourrait dissiper son inquiétude tant que Typhanie ne serait pas revenue.
Il ne lui restait plus qu'à attendre.
Pierre consulta machinalement sa montre. Quelques minutes seulement s'étaient écoulées depuis le départ de Typhanie, mais elles lui semblaient interminables.
Il se tourna vers Lauren.
— Combien de temps pensez-vous que cela va durer ?
Lauren lui adressa un sourire tranquille.
— Pas très longtemps, à mon avis. Ralph voudra probablement revenir assez vite.
— Pourquoi ?
— Parce que, pour lui, la conquête ne s'achève pas nécessairement dans l'intimité. Il aime aussi savourer sa victoire, retrouver celui devant qui il a entrepris sa séduction et lui faire comprendre, sans forcément prononcer un mot, ce qui s'est passé.
— Pourquoi ?
— Parce que, pour lui, la conquête ne s'achève pas nécessairement dans l'intimité. Il aime aussi savourer sa victoire, retrouver celui devant qui il a entrepris sa séduction et lui faire comprendre, sans forcément prononcer un mot, ce qui s'est passé.
Pierre sentit sa gorge se serrer.
Lauren poursuivit avec une franchise désarmante :
— S'il a réussi à séduire Typhanie, il voudra certainement que tu le saches. Il voudra que tu comprennes qu'elle a accepté ses avances et qu'elle a pris plaisir à cette rencontre. C'est une manière, pour lui, d'affirmer son ascendant.
Pierre baissa les yeux vers son verre.
— Je ne comprends toujours pas comment j'ai pu laisser les choses aller aussi loin, murmura-t-il.
Lauren l'observa quelques instants avant de répondre.
— Parce que Ralph possède une personnalité exceptionnellement dominante. C'est ce que certains appelleraient un mâle alpha. Il a cette faculté de prendre naturellement l'initiative, d'imposer son rythme et de donner aux autres l'impression qu'il maîtrise parfaitement la situation.
Elle marqua une pause.
— Et tu as été sensible à cette assurance, même si tu as du mal à te l'avouer.
Pierre ne répondit pas.
Il aurait voulu protester, lui dire qu'il n'avait rien accepté et que sa passivité ne signifiait nullement son approbation.
Pourtant, il devait reconnaître qu'il n'avait rien fait pour interrompre les événements.
Depuis le début de la soirée, Ralph avait avancé ses pions avec une assurance déconcertante, tandis que lui-même s'était laissé entraîner dans une situation dont il ne maîtrisait plus les conséquences.
Lauren sembla deviner ses pensées.
— Il y a cependant quelque chose que tu devrais observer attentivement lorsqu'ils reviendront.
Pierre releva aussitôt la tête.
— Quoi donc ?
— Le collier.
— Le collier.
Il la regarda, intrigué.
— Le collier ?
— Oui. Ce magnifique Van Cleef & Arpels que Ralph a offert de lui laisser porter ce soir. Je connais suffisamment mon mari pour savoir qu'il pourrait lui accorder une signification particulière.
— Oui. Ce magnifique Van Cleef & Arpels que Ralph a offert de lui laisser porter ce soir. Je connais suffisamment mon mari pour savoir qu'il pourrait lui accorder une signification particulière.
Elle se rapprocha légèrement de Pierre et baissa la voix.
— Si Typhanie revient avec le collier toujours autour du cou, cela pourrait vouloir dire beaucoup de choses.
— Lesquelles ?
— Lesquelles ?
Lauren prit le temps de choisir ses mots.
— Cela pourrait signifier qu'elle a accepté de prolonger leur arrangement, qu'elle souhaite continuer cette aventure et qu'elle s'est montrée réceptive aux conditions de Ralph.
Pierre sentit son inquiétude grandir.
— Tu veux dire qu'il pourrait lui demander de passer le reste de la nuit avec lui ?
— C'est une possibilité. Mais il pourrait aussi imaginer autre chose, quelque chose qui vous concernerait tous les deux, comme la soumission de Typhanie.
— C'est une possibilité. Mais il pourrait aussi imaginer autre chose, quelque chose qui vous concernerait tous les deux, comme la soumission de Typhanie.
Elle lui adressa un regard insistant.
— Avec Ralph, les choses ne se déroulent pas toujours comme on les avait prévues.
Pierre demeura silencieux.
Il revit mentalement le moment où Ralph avait passé le somptueux bijou autour du cou de Typhanie, sous les applaudissements des convives.
À cet instant, il n'avait vu dans ce geste qu'une extravagance de milliardaire, une démonstration de générosité destinée à impressionner une jolie femme.
Désormais, il se demandait si le collier n'était pas devenu le signe visible d'un accord dont il ignorait encore les véritables termes.
— Et si elle ne le porte plus ? demanda-t-il enfin.
Lauren haussa légèrement les épaules.
— Alors il faudra attendre qu'elle te raconte elle-même ce qui s'est passé. Ne tire pas de conclusions trop rapides, Pierre. Je connais les habitudes de Ralph, mais je ne peux pas savoir ce que Typhanie a décidé.
Cette dernière précision le frappa.
Depuis le début de la soirée, Lauren lui décrivait les intentions de son mari avec une assurance presque absolue. Pourtant, elle venait de reconnaître que l'issue de cette aventure ne dépendait pas uniquement de Ralph.
Pierre tourna de nouveau les yeux vers la porte.
Il comprenait maintenant que le retour de Typhanie serait peut-être plus difficile à affronter que son départ.
Car il ne regarderait plus seulement son visage, son sourire ou son attitude.
Il regarderait d'abord son cou.
Et il redoutait déjà d'y voir scintiller les diamants de Ralph.
Lauren porta lentement sa coupe de champagne à ses lèvres, en prit une petite gorgée, puis adressa à Pierre un sourire énigmatique.
Elle semblait parfaitement à son aise.
Plus encore, Pierre avait maintenant la conviction qu'elle prenait un plaisir particulier à cette situation. Depuis le début de la soirée, elle avait commenté les initiatives de Ralph, anticipé certaines de ses intentions et observé avec une attention presque amusée les réactions de Pierre.
Une évidence commençait à s'imposer à lui.
Lauren n'était pas simplement l'épouse compréhensive d'un homme aux mœurs particulièrement libres. Elle était aussi sa confidente, sa complice, peut-être même l'une des organisatrices discrètes de ses conquêtes.
Et depuis leur première conversation, elle semblait le préparer méthodiquement à accepter ce qui, quelques heures auparavant, lui aurait paru absolument inconcevable.
Était-ce donc cela, la prochaine étape de sa lente descente aux enfers ?
Cette pensée le glaça.
Pourtant, sa curiosité demeurait plus forte que son inquiétude.
— Lauren, je t'en prie… Dis-moi quelles sont ces fameuses conditions. Je veux savoir ce que Ralph pourrait encore demander à Typhanie.
Elle le considéra longuement, comme si elle hésitait à lui révéler toute la vérité.
Puis elle posa sa coupe sur la table et se rapprocha légèrement de lui.
— Si Typhanie souhaite conserver le collier après cette soirée, Ralph pourrait lui proposer un arrangement beaucoup plus personnel.
Pierre retint son souffle.
— Quel genre d'arrangement ?
— D'abord, elle devrait te raconter ce qui s'est passé entre eux. Sans chercher à te dissimuler leur intimité ni les sentiments qu'elle a éprouvés.
— D'abord, elle devrait te raconter ce qui s'est passé entre eux. Sans chercher à te dissimuler leur intimité ni les sentiments qu'elle a éprouvés.
Pierre sentit une nouvelle vague d'angoisse le submerger.
Lauren poursuivit, d'une voix toujours aussi calme :
— Ensuite, Ralph pourrait lui demander de t'inviter à les rejoindre à l'étage. Il voudrait que tu sois présent, que tu assistes à leur rapprochement et que tu acceptes de voir ta femme partager avec lui une intimité qu'elle ne réservait jusqu'ici qu'à toi.
Elle marqua une pause avant d'ajouter :
— Mais il faudrait naturellement que Typhanie le souhaite elle aussi.
Pierre demeura pétrifié.
Il avait imaginé bien des scénarios depuis que sa femme avait quitté la salle de bal au bras de Ralph. Pourtant, jamais il n'avait envisagé que celui-ci puisse chercher à l'associer aussi directement à leur aventure.
L'idée le bouleversa.
Il sentit son cœur s'emballer, ses tempes battre et une chaleur soudaine l'envahir. Son excitation, déjà difficile à contenir, atteignait une intensité presque insoutenable, tandis qu'une boule d'angoisse lui comprimait toujours la gorge.
Il ne savait plus ce qui le troublait davantage : la perspective de découvrir ce que Typhanie avait fait avec Ralph, celle d'entendre sa femme le lui raconter, ou l'éventualité de devoir assister lui-même à la suite.
Lauren l'observait silencieusement.
Pierre comprit alors qu'elle venait de lui révéler bien davantage qu'une simple condition attachée au prêt d'un collier.
Elle venait de lui montrer jusqu'où Ralph pourrait chercher à repousser les limites de leur couple.
Et, plus troublant encore, elle venait de lui faire entrevoir une possibilité qu'il n'était plus certain de vouloir rejeter.
Pierre sentit soudain la tête lui tourner. Son cœur s'emballa, ses tempes se mirent à battre avec violence et une vague de chaleur le submergea. L'évocation de cette scène avait provoqué en lui une excitation si brutale, si incontrôlable, qu'il eut un instant l'impression d'être au bord de l'orgasme, sans même avoir été touché. Cette réaction le stupéfia autant qu'elle l'effraya : comment la seule perspective de voir sa femme dans les bras d'un autre pouvait-elle le bouleverser à ce point ?
Lauren observa attentivement Pierre. Son trouble était si manifeste qu'elle semblait presque pouvoir suivre le cheminement de ses pensées.
Elle lui adressa un sourire énigmatique avant de reprendre, d'une voix douce :
— Dis-moi, Pierre… Tu aimerais que Typhanie puisse conserver ce magnifique collier, n'est-ce pas ?
La question le prit au dépourvu.
Il revit sa femme rayonnante, les diamants scintillant autour de son cou, heureuse comme une enfant à qui l'on vient d'offrir un cadeau merveilleux.
— Oui… oui, bien sûr, balbutia-t-il.
Mais sa réponse lui parut aussitôt terriblement ambiguë.
Souhaitait-il réellement que Typhanie possède ce bijou exceptionnel ? Ou venait-il d'admettre, sans oser se l'avouer, qu'il était prêt à envisager les conditions les plus troublantes pour qu'elle puisse le garder ?
Il se sentait complètement désemparé par ses propres désirs, qu'il jugeait quelques instants auparavant encore inavouables.
Lauren ne lui laissa guère le temps de retrouver ses esprits.
— Tu sais, Ralph pourrait également avoir certaines exigences à ton égard, selon ce qu'il envisage pour la suite avec Typhanie.
Pierre releva brusquement la tête.
— Des exigences envers moi ?
— Naturellement.
— Mais… quel genre de conditions ?
— Naturellement.
— Mais… quel genre de conditions ?
Cette fois, sa nervosité était perceptible jusque dans sa voix.
Lauren prit quelques secondes avant de répondre.
— Cela, je ne peux pas te le prédire. Ralph aime garder l'initiative, et je ne sais pas précisément ce qu'il a pu convenir avec Typhanie.
Elle se rapprocha légèrement de lui.
— En revanche, je le connais suffisamment pour penser qu'il a déjà imaginé la manière dont il souhaiterait poursuivre cette aventure.
Pierre l'écoutait, suspendu à ses paroles.
— Et s'il décide de vous entraîner plus loin, poursuivit-elle, il ne lui suffira probablement pas que tu fermes les yeux. Il voudra savoir ce que tu acceptes réellement. Peut-être même voudra-t-il que tu reconnaisses ouvertement que cette situation exerce sur toi une fascination que tu n'avais jamais soupçonnée.
Elle marqua une pause, puis ajouta avec une douceur presque provocante :
— Après tout, Pierre, il a déjà réussi à bouleverser vos certitudes à tous les deux. Typhanie semble fascinée par lui… et toi, tu n'arrives plus à détourner les yeux de ce qui se passe.
Pierre demeura silencieux.
Lauren soutint longuement son regard.
— Il a pris un ascendant considérable sur vous deux, tu ne crois pas ?
Cette dernière question resta suspendue entre eux.
Pierre aurait voulu protester, affirmer qu'il demeurait parfaitement maître de ses décisions et que personne ne pouvait prétendre disposer de sa femme ou de lui-même.
Mais il se remémora les événements de la soirée, son silence devant les initiatives de Ralph, les confidences de Lauren et cette excitation incompréhensible qui l'avait submergé à plusieurs reprises.
Il ne pouvait nier l'influence que cet homme exerçait désormais sur leur couple.
Pour autant, il refusait encore d'admettre que tout était joué.
Car une question, plus inquiétante que toutes les autres, venait de surgir dans son esprit :
Jusqu'où Ralph chercherait-il à le faire aller pour obtenir ce qu'il désirait de Typhanie ?
L'arrivée de plusieurs couples revenant de la piste de danse interrompit leur conversation. Lauren reprit aussitôt son attitude mondaine, échangeant quelques plaisanteries avec les nouveaux arrivants, tandis que Pierre s'efforçait de donner le change.
Mais son esprit était ailleurs.
Les minutes s'écoulaient avec une lenteur exaspérante. Malgré les conversations qui animaient la table, il ne cessait de surveiller l'une des portes de la salle de bal, celle par laquelle Ralph et Typhanie avaient disparu.
Près d'une demi-heure s'était écoulée lorsqu'il les aperçut enfin.
Ils venaient de réapparaître, avançant tranquillement entre les tables, comme s'ils revenaient d'une simple promenade sur le pont supérieur.
Pierre sentit immédiatement son cœur accélérer.
Ralph semblait parfaitement détendu. Il marchait auprès de Typhanie avec cette assurance souveraine qui ne l'avait pas quitté de toute la soirée. De temps à autre, il s'arrêtait pour saluer une connaissance et présenter la jeune femme qui l'accompagnait.
Pierre reconnut notamment Grant et Davis, les deux amis que Ralph lui avait présentés un peu plus tôt.
Il observa avec une attention presque douloureuse la manière dont Typhanie répondait à leurs salutations. Elle paraissait parfaitement à son aise, souriante, gracieuse, manifestement flattée par les égards dont elle était l'objet.
Puis, lorsqu'ils se rapprochèrent, son regard se porta instinctivement sur son cou.
Le collier était toujours là.
Les diamants étincelaient sous les lustres de cristal, rehaussant l'éclat de sa peau et la couleur flamboyante de sa chevelure.
Pierre sentit une boule se former dans sa gorge.
Il se remémora aussitôt les paroles de Lauren et la signification qu'elle avait prêtée à ce bijou si Typhanie revenait en le portant encore.
Mais ce fut surtout l'expression de sa femme qui le bouleversa.
Typhanie rayonnait littéralement.
Ses joues étaient délicatement empourprées, ses yeux verts brillaient d'un éclat particulier et un sourire de profonde satisfaction illuminait son visage.
Pierre connaissait ce sourire.
Il l'avait vu autrefois, dans des circonstances qui demeuraient parmi les souvenirs les plus précieux de leur vie commune.
Le soir de leur mariage.
Cette évocation lui serra douloureusement le cœur.
Il revit sa jeune épouse, heureuse, amoureuse, abandonnée à cette joie intime qu'ils avaient alors partagée pour la première fois en tant que mari et femme.
Et voilà qu'il retrouvait aujourd'hui sur son visage cette même expression de plénitude, alors qu'elle revenait d'une absence de trente minutes en compagnie d'un autre homme.
La comparaison lui parut presque insupportable.
Pourtant, il ne pouvait détacher les yeux d'elle.
Ralph et Typhanie arrivèrent enfin à leur hauteur.
Le financier posa familièrement une main sur l'épaule de Pierre et lui adressa un large sourire, où perçait une satisfaction à peine dissimulée.
— Pardonnez-moi de vous avoir si longtemps emprunté votre charmante épouse, mon cher Pierre ! Mais, à en juger par son sourire, je ne crois pas qu'elle m'en veuille beaucoup de l'avoir retenue !
Il accompagna ces paroles d'un rire sonore, avant de tourner vers Typhanie un regard entendu.
Elle lui répondit par un sourire radieux.
Pierre s'efforça de conserver une expression aimable.
Il aurait voulu demander où ils étaient allés, ce qu'ils avaient fait et pourquoi sa femme paraissait si heureuse. Mais aucune de ces questions ne franchit ses lèvres.
Ralph, de son côté, ne lui laissa guère le temps de reprendre ses esprits.
Se tournant vers Lauren, il lui tendit galamment la main.
— Ma chérie, m'accorderais-tu cette danse ? Je crois que je t'ai un peu négligée ce soir.
Lauren accepta avec un sourire amusé.
— Avec grand plaisir, mon amour.
Quelques instants plus tard, ils s'éloignaient ensemble vers la piste, laissant Pierre seul avec Typhanie.
Il se retrouva soudain face à sa femme, sans savoir comment engager la conversation.
Typhanie, elle, ne paraissait nullement embarrassée.
Elle s'approcha de lui avec cette tendresse spontanée qu'il lui connaissait si bien et lui adressa un sourire affectueux.
— Allons, mon chéri… Dansons un peu, nous aussi !
Elle lui tendit la main.
Pierre la contempla un instant, cherchant dans ses yeux quelque indice qui lui permettrait de comprendre ce qui venait de se passer.
Mais Typhanie se contenta de sourire davantage.
Alors il prit sa main et la suivit sur la piste de danse.
Pour la première fois depuis le départ de Ralph, ils allaient se retrouver seuls, suffisamment proches pour se parler à voix basse.
Pierre sentit son inquiétude redoubler.
Car il ne savait toujours pas si Typhanie allait lui révéler son secret…
Ou continuer à faire comme si rien ne s'était passé.
Pierre avait peine à croire à quel point Typhanie parvenait à conserver une attitude aussi naturelle. Elle venait de glisser dans ses bras avec cette grâce familière qu'il aimait tant. Sa silhouette épousait doucement la sienne et elle semblait retrouver avec bonheur la chaleur rassurante de leur intimité conjugale.
Pourtant, quelque chose avait changé.
Lorsqu'elle se serra davantage contre lui, Pierre retrouva son parfum délicat, mais il crut y percevoir une note plus intime, inhabituelle, qui raviva aussitôt ses soupçons.
Son cœur se mit à battre plus vite.
Typhanie leva les yeux vers lui.
— Mon chéri, j'ai quelque chose à t'avouer…
Elle hésita un instant, puis poursuivit d'une voix plus basse :
— Mais avant, j'ai besoin que tu me promettes une chose. Ne fais pas de scène ici, je t'en prie. Et surtout, essaie de ne pas te fâcher avant que j'aie terminé de t'expliquer.
Pierre sentit sa gorge se nouer.
Il savait, ou croyait savoir, ce qu'elle allait lui révéler. Pourtant, entendre sa femme prononcer ces mots donnait soudain à ses soupçons une réalité autrement plus bouleversante.
— Je te le promets, répondit-il presque aussitôt.
Typhanie le regarda intensément.
Un léger sourire apparut au coin de ses lèvres, gagnant progressivement ses yeux verts. Elle semblait à la fois nerveuse, heureuse et presque impatiente de lui confier son secret.
Cette expression déconcerta Pierre. Il s'était attendu à trouver chez elle de l'embarras, peut-être même une certaine culpabilité. Mais ce qu'il lisait sur son visage ressemblait davantage à l'enthousiasme d'une femme qui venait de vivre une expérience extraordinaire.
Elle se rapprocha encore un peu et murmura :
— Pierre… Tout à l'heure, Ralph m'a emmenée dans une cabine qu'il avait réservée à l'étage.
Elle marqua une courte pause, sans le quitter des yeux.
— Et j'ai couché avec lui.
Pierre eut l'impression que la musique s'éloignait brusquement.
Typhanie poursuivit, comme si elle craignait de perdre le courage de tout lui raconter :
— Je sais que cela doit te sembler incroyable. Moi-même, je n'aurais jamais imaginé faire une chose pareille. Mais il m'a tellement troublée… Je n'ai pas su résister à son charme. C'est probablement l'homme le plus séduisant que j'aie jamais rencontré.
Elle baissa brièvement les yeux avant de reprendre, avec une franchise qui acheva de le désarçonner :
— Et il a toujours ma petite culotte dans sa poche. Je ne l'ai pas récupérée. Il m’a fait jouir à de nombreuses reprises. Ma chatte dégouline de sa liqueur sur mes cuisses. J'ai haleté à en perdre conscience.
Pierre resta figé.
Ainsi, les suppositions de Lauren étaient exactes. La discrète remise sous la table, les sourires échangés, les trente minutes d'absence, puis ce bonheur presque insolent qui illuminait le visage de sa femme : tout prenait désormais un sens.
Typhanie semblait vouloir ajouter quelque chose, peut-être lui raconter davantage de cette rencontre, mais Pierre n'était plus certain de pouvoir l'entendre. Il ouvrit la bouche sans parvenir à prononcer un mot.
Son cœur battait à tout rompre. Une vague de chaleur lui monta au visage tandis qu'une émotion violente, mêlant incrédulité, jalousie et fascination, le submergeait.
Il avait imaginé cet aveu pendant toute l'absence de Typhanie.
Il l'avait redouté. Il l'avait même, à certains instants, secrètement attendu.
Mais rien ne l'avait préparé à l'entendre de sa propre bouche, avec cette sincérité désarmante et ce sourire qui lui rappelait si douloureusement leur nuit de noces.
Pierre demeura sans voix, incapable de décider si ce qui venait de se produire marquait la fin de quelque chose entre eux…
Ou le commencement d'une aventure dont il ne mesurait toujours pas les conséquences.
Pierre se contenta de la regarder dans les yeux, incapable de prononcer le moindre mot.
Typhanie soutint son regard. Elle semblait chercher sur son visage un signe qui l'encouragerait à poursuivre, mais son silence ne lui offrait aucune indication.
Alors elle reprit, d'une voix légèrement tremblante :
— Je sais que je devrais te dire que je suis désolée, mon amour… Mais je ne peux pas. Pas pour ce que j'ai ressenti.
Elle hésita, comme si elle cherchait les mots justes pour exprimer une expérience qui l'avait elle-même dépassée.
— C'était incroyable, Pierre. Je ne comprends toujours pas comment Ralph a réussi à faire tomber aussi facilement toutes mes résistances. Je croyais pouvoir garder mes distances, rester maîtresse de la situation…
Elle secoua doucement la tête.
— Et puis il y a eu cette fessée. Je ne m'attendais absolument pas à cela. Elle m'a profondément troublée. Quelque chose a basculé en moi et, soudain, j'ai compris à quel point je le désirais.
Typhanie baissa un instant les yeux avant de les relever vers son mari.
— À partir de ce moment-là, je n'arrivais plus à penser à autre chose. J'avais complètement oublié où nous étions, ce que nous faisions… Et, je dois te l'avouer, pendant ces instants, je n'ai même pas pensé à toi.
Sa voix se fit plus douce.
— Pardonne-moi, Pierre.
Elle le regardait maintenant avec une inquiétude manifeste. Son sourire avait disparu, remplacé par cette expression interrogatrice qu'il lui connaissait lorsqu'elle redoutait de l'avoir blessé.
Pierre sentit une douleur sourde lui serrer la poitrine.
Ce n'était pas seulement l'aveu de son infidélité qui le bouleversait, mais cette confession si spontanée : pendant quelques instants, il avait totalement cessé d'exister dans les pensées de sa femme.
Il inspira profondément.
— Alors… tu es heureuse de l'avoir fait ? demanda-t-il enfin, avec un calme qui le surprit lui-même.
Typhanie ne détourna pas le regard.
— Oui, Pierre. Plus heureuse encore que je ne saurais te l'expliquer.
Elle marqua une pause, puis ajouta avec une sincérité désarmante :
— Ralph est un amant extraordinaire. Il a été incroyablement attentif à moi, même s'il est particulièrement bien doté par la nature, et notre rencontre a été d'une intensité que je n'avais jamais imaginée. J'ai éprouvé un plaisir immense, entre cunnilingus et pénétrations… trois à quatre fois, en trente minutes à peine.
Pierre demeura silencieux.
Il avait demandé la vérité. Typhanie la lui donnait maintenant sans détour, avec une franchise dont il ne savait plus s'il devait lui être reconnaissant ou s'en sentir davantage blessé.
Elle posa doucement une main sur son épaule.
— Je sais que tout cela doit être terriblement difficile à entendre. Et j'espère de tout mon cœur que tu arriveras à le surmonter.
Son expression changea. Une inquiétude plus profonde assombrit soudain ses magnifiques yeux verts.
— Mais il y a quelque chose que je dois absolument savoir, Pierre…
Elle s'interrompit, comme si la question lui coûtait davantage que tous les aveux précédents.
— Est-ce que tu m'aimes encore ?
Pierre sentit sa gorge se nouer.
Quelques secondes auparavant, Typhanie lui parlait avec un enthousiasme presque irrépressible de sa rencontre avec Ralph. À présent, elle se tenait devant lui, vulnérable, suspendue à une réponse dont elle semblait redouter les conséquences.
Il comprit alors que ces deux sentiments coexistaient réellement en elle : le bonheur de ce qu'elle venait de vivre et la peur de perdre l'homme qu'elle aimait.
Et tandis qu'ils continuaient de danser au milieu des autres couples, Pierre réalisa que sa prochaine réponse pourrait compter bien davantage que tout ce qui s'était passé depuis le début de la soirée.
Pierre contempla longuement Typhanie, puis se pencha vers elle et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.
— Bien sûr que je t'aime encore, ma chérie. Je t'aime toujours autant.
Il avait prononcé ces mots avec une sincérité qui sembla immédiatement la rassurer.
Typhanie lui adressa un sourire reconnaissant. Pourtant, une certaine nervosité demeurait perceptible dans son regard.
— Tant mieux, mon amour… Parce que j'ai encore quelque chose à te demander. Et cette fois, c'est vraiment difficile.
Pierre sentit son inquiétude renaître.
— Je t'écoute. Demande toujours.
Elle inspira profondément.
— J'ai envie de retrouver Ralph ce soir. De passer la nuit avec lui, si possible… Et peut-être même de prolonger cette aventure au-delà de cette nuit.
Pierre la regarda avec stupéfaction.
— Mais, Typhanie… Ce n'est pas vraiment une question. Tu viens plutôt de m'annoncer ce que tu as décidé !
Elle baissa légèrement les yeux.
— Tu as raison. Ce n'est pas une question, du moins pas encore. Mais cette fois, j'ai besoin de quelque chose de ta part.
Elle se mordilla nerveusement la lèvre inférieure, hésitant manifestement à poursuivre.
Pierre attendit.
— Tu vois ce collier ? murmura-t-elle en effleurant du bout des doigts les diamants qui ornaient son cou.
— Comment pourrais-je ne pas le voir ?
— Ralph m'a proposé de me l'offrir. Définitivement.
— Ralph m'a proposé de me l'offrir. Définitivement.
Pierre demeura interdit.
— De te l'offrir ? Un bijou qui vaut près de cent mille dollars ?
— Oui… Mais il y a une condition.
— Oui… Mais il y a une condition.
Elle releva vers lui ses magnifiques yeux verts.
— Il voudrait que tu viennes nous rejoindre et que tu acceptes d'assister à un nouveau moment d'intimité entre nous.
Pierre sentit son cœur accélérer.
Ainsi, Lauren ne s'était pas trompée.
Le scénario qu'elle lui avait décrit quelques minutes auparavant prenait maintenant forme, dans la bouche même de sa femme.
— Alors, finalement, tout cela serait une question de collier ? demanda-t-il avec une amertume qu'il ne parvint pas à dissimuler.
Typhanie secoua vivement la tête.
— Non, Pierre ! Tu ne comprends pas. Ce n'est pas seulement une histoire de diamants.
Elle resserra doucement son étreinte.
Bien sûr que ce collier me fait rêver. Quelle femme ne serait pas bouleversée à l'idée de posséder un bijou aussi extraordinaire ? Mais ce n'est pas pour lui que j'ai envie de retrouver Ralph.
Elle hésita, puis reprit avec une franchise désarmante :
— Je veux passer cette nuit avec lui, même si je dois rendre le collier demain matin. C'est mon désir, Pierre. Je ne veux pas te mentir là-dessus.
Il soutint son regard, profondément troublé.
— Alors pourquoi me demander d'être présent ?
— Parce que je ne veux plus rien te cacher. Parce que je voudrais que tu comprennes ce que je ressens, même si cela te paraît impossible aujourd'hui. Et parce que Ralph m'a proposé que ce collier devienne un cadeau que tu m'offrirais, en quelque sorte, en acceptant cet arrangement.
— Parce que je ne veux plus rien te cacher. Parce que je voudrais que tu comprennes ce que je ressens, même si cela te paraît impossible aujourd'hui. Et parce que Ralph m'a proposé que ce collier devienne un cadeau que tu m'offrirais, en quelque sorte, en acceptant cet arrangement.
Pierre eut un sourire incrédule.
— Un cadeau que je t'offrirais… alors que c'est lui qui l'a acheté ?
— Je sais que cela peut te sembler étrange, mon amour.
— Je sais que cela peut te sembler étrange, mon amour.
Elle posa tendrement sa main contre sa joue.
— Mais ce serait aussi une manière pour toi de me montrer que tu acceptes ce que je viens de découvrir de moi-même.
Elle marqua une pause.
— Et il y a encore autre chose.
Pierre ferma brièvement les yeux.
— Je m'en doutais…
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Commentaires ()
Typhanie était donc consentante.
La nuit ne sera qu'une étape, Pierre assistera aux jouissances de son épouse avec un autre. Puis peut-être à son partage avec d'autres puis à sa soumission pleine et entière.
Leur couple y survivra-t-il ?
L'affaire est entendue....un cocu content de plus...cela me rappelle un film avec Demi Moore "proposition indécente " , mais qui finissait mieux. comment s'appelle une femme qui couche pour de l'argent (collier)... et en plus elle veut lui imposer de regarder et que cela perdure.... Pierre doit lui aussi imposer des conditions...peut être coucher avec Lauren devant Thypanie....et voir sa réaction
Et Que pour lui aussi cela continue...
Sans subir Cela donnerai un peu de peps à l'histoire
Mais seul l'auteur