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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Négociation$ — Chapitre 7

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Azimuteur
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Négociation$

Chapitre 7

Près d’une année s’est écoulée depuis notre expédition au Pays du matin clair et calme. Nous avons correspondu régulièrement avec nos « masseuses jumelles » qui ne sont ni masseuses patentées (mais sacrément douées...), ni jumelles : elles ont onze mois d’écart.
Les lettres régulières qu’elles nous envoyaient étaient toujours longues, détaillant leur quotidien, leurs coups de mou, leurs joies simples, leurs réussites. Leurs espoirs aussi. Espoirs de nous revoir bien sûr. Nous avions dès le départ refusé d’un commun accord d’oublier les réseaux sociaux et leurs échanges futiles et rapides, préférant coucher sur le papier nos sentiments et ressentis à un rythme mensuel. Cette correspondance manuscrite était toujours accompagnée d’une page supplémentaire : une photo imprimée de leur quotidien. J’avais fait de même.
Mi-so et sa cousine avaient longuement insisté dans leurs premières missives communes sur le bonheur surprenant de notre déclaration à l’hôtel où nous les reconnaissions femmes libres. Cela les avait bouleversées. Et elles nous en remerciaient encore et encore.
Peu à peu, Soo-min s’était affranchie de l’aide de sa parente et avec l’aide de traducteurs informatiques avait pris la plume et adressé des lettres très personnelles à ma compagne. Celles de Sang s’étaient alors plus totalement dirigées vers ma petite personne, sans pour autant oublier tout à fait Carole. Mais il était clair qu’un lien amoureux se tissait entre elle et moi et j’en étais touchée, émue. Loin d’être indifférente ! Les photos imprimées s’étaient, elles, faites plus gentiment coquines, toujours soft, ne franchissant jamais les limites de la décence. Ou à peine...
J’attendais ses courriers avec une réelle impatience, m’inquiétant avant même que le délai des trente jours soit atteint et j’y répondais avec la même application qu’elle. Mes réponses étaient quasiment rédigées avant la réception de son courrier, je n’avais plus qu’à les adapter ou compléter en réponses à ses questionnements et je suis sûre qu’il en était de même pour elle.
On pourrait penser que nos missives se raccourciraient dans le temps, se banaliseraient mais ce fut plutôt le contraire ! L’impatience grandissait ! De part et d’autre ! Un mot, une phrase parfois anodine, l’expression d’une attente m’amenait bien souvent à lire ses lettres d’une main, l’autre profondément enchâssée dans ma gouttière, répondant ardemment au souvenir de la belle asiatique, de son corps et de ses tendresses.
Mais plus que tout, plus que son corps, plus que sa peau, sa bouche me manquait ! Le souvenir de nos premiers baisers me revenait régulièrement.
Le premier baiser est toujours un instant fragile, premier contact des muqueuses tremblantes, instant où tout bascule. Ou pas.
Mais en l’occurrence, notre premier, notre tout premier baiser, ce petit papillon, cette plume gracile, ce zéphyr léger m’obsédait. Je le comparais à celui partagé avec Carole au soir de notre rencontre. J’y retrouvais la même incertitude, l’incommensurable peur qui vous saisit dans ce moment incertain, peur d’un refus soudain, peur d’une attente désespérée.
J’avais réalisé aimer sincèrement ma petite fleur d’Asie. Autant que j’aimais ma douce compagne. Mais était-il possible d’aimer deux femmes aussi fort l’une que l’autre ? Plus simplement, est-il possible de chérir à égalité deux êtres quels qu’ils soient, avec la même puissance abandonnée ?
Oui, avait été ma réponse, oui, j’aimais ces deux femmes à égalité. L’amour ne se partage pas, il se multiplie !
En même temps, elles sont si différentes l’une de l’autre, si complémentaires. Je m’étais ouverte de mon dilemme à Carole. Elle réussit à me convaincre.
— Audrey, tu es succube insatiable ! Une extrémiste révolutionnaire, une outrageuse intégriste du sexe. L’amour, la chair, sont ton unique religion. Mais surtout, au-delà, ton cœur déborde d’amour. Tu l’aimes, c’est clair, tu m’aimes tout autant, je ne doute pas une seconde de la puissante réalité de tes sentiments pour moi. Tu es fabuleusement partageuse, plus que moi sans doute, tu sais bien plus donner que recevoir. Voilà tout !
Ooo000ooO
Enfin, quelques (longs !) mois plus tard, Mi-so et Soo-min nous annoncent leur venue en France. Elles nous ont informées de leur désir de venir nous voir, « enfin, si vous acceptez toujours de nous recevoir quelques jours, si cela ne vous crée aucun souci, si vous vous souvenez de nous, si vous... etc ! »
Comment aurions-nous pu oublier ces deux charmantes oiselles ? Carole et moi sommes positivement folles excitées à l’idée de les retrouver !
Leur arrivée est prévue pour ce soir aux alentours de vingt heures quarante-cinq. Sur des charbons ardents, ne tenant plus, nous avons déserté l’usine tôt ce vendredi après-midi. Mais alors que notre voiture pénètre à six heures et demie dans le parc de la bastide, nous apercevons deux jeunes femmes, debout sur le perron de l’entrée !
Comme nous nous étonnons de leur arrivée en avance, elles nous avouent avoir menti sur l’heure d’atterrissage de leur avion et avoir pu attraper de justesse à Paris un TGV vers Toulouse. Divine surprise !
Évidemment, je ne dirais pas que je les trouve grandies mais elles sont résolument femmes désormais. Nos deux amies ont adopté des tenues de cadres dynamiques : vestes grises croisées sur des corsages blancs immaculés, jupes droites aux genoux, bas noirs et escarpins élégants. Ce sont ces talons qui me les font voir plus grandes ! Elles ont l’air tout intimidées et les bises qu’elles nous collent sont particulièrement rapides et légères. Se seraient-elles achetées une conduite ?
Hum ! Trop sage pour être vrai ! Certes, il est évident qu’elles ne portent pas de soutifs, mais vu l’extrême platitude de leurs nibards, il ne servirait vraiment à rien l’inutile accessoire ! Mais leurs blouses sont parfaitement opaques et cachent totalement leurs tétons chocolat ! Quant à leurs jupes, elles ont des longueurs désespérément raisonnables... Seraient-elles devenues femmes pudibondes ?
Bon, leur timidité s’envole vite devant nos airs chafouins : elles rient de leur bon tour et nous embrassent à pleine bouche. Nos effusions sont plus que chaleureuses, nous rions, pleurons presque et nous leur disons tout notre bonheur de les retrouver.
Dans la maison, elles s’extasient de tout. Menées à leur chambre, elles s’enthousiasment du décor et de l’aménagement de la pièce. Ces deux petites rouées posent alors leurs bagages au sol, se cassent en deux pour fouiller leurs affaires, en relevant subrepticement leurs jupes : les garces nous présentent leurs culs nus, fessiers agrémentés de plugs ornés de strass plantés dans leurs étoiles plissées. J’ose espérer qu’elles ne se les sont introduits que juste avant leur arrivée chez nous !
Vu leurs positions, ni une, ni deux, nous les poussons et les propulsons à moitié sur le lit. Elles plongent la tête la première dans le matelas, relèvent outrageusement leurs fesses, écartent largement leurs cuisses et nous leur offrons, Carole et moi, leurs premiers cunnilingus. Profonds, dévastateurs, bouleversants ! Elles devaient être particulièrement impatientes et en manque car elles décollent très vite : T.E.R - Trans-Extase-RapidoOÔ !
Une petite fessée pour finir, nous nous retirons en les invitant à venir prendre un en-cas dès qu’elles seront prêtes :
— À droite en sortant, tout droit et à gauche. Si vous ne trouvez pas la cuisine, on vous offre des cannes blanches...
Je les vois froncer les sourcils un instant avant qu’elles ne comprennent la blagounette.
Les drôlesses nous rejoignent trois minutes plus tard. Elles ont été rapides à se préparer : elles déboulent « in the kitchen » ... totalement à poil ! Plus rien sur elles, à part leurs ... plugs ! Nous sommes prêtes à suivre leur exemple mais les deux furies ne nous en laissent pas le temps : elles se jettent sur nous, nous galochent avec furie et nous sommes proprement déshabillées en deux temps, trois mouvements. Tombant à genoux, elles s’en viennent rendre un hommage pénétrant à nos foufounes, nous offrent une mise en appétit absolument délectable !
Oh, gentes dames, calmos !
Ces adorables putains voraces, décidément expertes en léchouilles, nous expédient dans les étoiles encore plus vite que nous ne l’avions réussi pour elles. Faut dire que des pouces qui s’insèrent pile au bon moment dans nos fondements sont une surprise aussi inattendue... qu’appréciée. Les garces !
— Audrey, tes petites lèvres sont étonnantes et ton clito ahurissant ! Mais toi Carole, ton petit con timide recèle des trésors délicieux, déclare Soo-min. Sans parler de tes magnifiques lichons !
— Ni-chons ma chérie, ce sont des NI-chons !
— Des nichons que j’adore... licher, répond-elle en riant !
Pétard, elle a fait de sacrés progrès en français la doctorante ! L’an dernier, à l’hôtel, Soo-min nous avait servi quelques mots dans notre langue mais elle était encore hésitante et certainement limitée dans son vocabulaire. Là, nous comprenons vite qu’elle est carrément « fluent » comme disent les amateurs de « fish and chips » !
Nous discutons tranquillou tout en les regardant dévorer les amuse-bouche servis. Serrées l’une contre l’autre, elles se tournent régulièrement pour nous offrir leurs lèvres entre deux bouchées. Elles s’embrassent aussi et se câlinent... perversement...
Je ne suis pas bégueule, Carole non plus, mais nous sommes un peu embarrassées malgré tout de ces effusions... presque incestueuses. Il ne faut pas leur conter à ces deux-là : nos regards gênés les ont alertées.
Mi-so s’explique :
— Nous ne sommes pas sœurs mais sœurs de cœur : même pas petites cousines. Mais j’ai perdu ma maman très jeune et comme mon père était en fréquents déplacements professionnels, j’ai été élevée par un couple de ses amis avec leur fille Soo-min. Une petite garce qui m’a plus tard, dans notre chambre du campus universitaire, initiée aux plaisirs lesbiens. Depuis, nous sommes plus ou moins en couple.
— Ah, déclare Carole, et donc vous êtes exclusives ?
— Non, nous ne sommes pas goul..., comment dites-vous ?
— Gouines ! Ou goules, ça marche aussi !
— Oui, c’est ça, gouines ! Oui mais non, nous aimons autant les hommes que les femmes. Bisexuelles, plutôt ascendant minouche pour moi, c’est vrai, et ascendant quéquette pour Soo-min. Vous ne le répéterez pas, mais Soo-min a été à deux doigts de se marier ! Elle s’est heureusement rendu compte à temps que son fiancé n’était pas à la hauteur de ses attentes très... gourmandes ! Sinon, sachez que nous avons fait la connaissance de vos partenaires industriels, ils nous ont donné des abonnements illimités en vol Première Classe !
— Oh-oh, oui, nous voyons bien. Et... ces généreux donateurs... ne sont pas trop... exigeants ?
— Franchement, explique Soo, ils n’ont jamais rien demandé ! Jamais ! Mais nous ne sommes pas ingrates, nous leur offrons de temps en temps notre petite expertise... Ils sont adorables ! Particulièrement raffinés et caresseurs, vous savez ? ... Mais oui, je suis idiote, bien sûr que vous savez !
— Maintenant, enchaîne Mi-so, parlez-nous de vous ! Qui êtes-vous, que faites-vous exactement dans la vie ? ... Gouines exclusives ?
Nous éclatons de rire !
— Non, pas gouines, bisexuelles, bi comme vous ! Nous vivons ensemble, nous travaillons ensemble, nous baisons ensemble... ou séparément. Avec des femmes, des hommes, c’est selon. On partage aussi très fréquemment nos conquêtes !
Nous expliquons notre mode de vie à nos amies qui sont visiblement enchantées de notre liberté. Le reste de la soirée coule doucement. Dans la piscine notamment. Naïades polissonnes...
Après le dîner, nos hôtes sont visiblement recrues de fatigue, nous les poussons à aller se coucher...
Ooo000ooO
Le lendemain matin, vers dix heures, nous percevons quelque agitation dans leur chambre, des bruits d’eau dans leur salle de bain : elles sont sous la douche. Encore vaguement en mode zombie, elles nous rejoignent dans la cuisine, leurs très longues chevelures de jade enturbannées dans des serviettes éponges. Et juste en mini-slip coton.
Elles dévorent leur petit-déj, les viennoiseries, les confitures, le Nut aussi. Elles raffolent du pain français, des baguettes croustillantes, des ficelles surtout ! Le pain blanc est quasiment inconnu en Corée. Mais qu’est-ce qu’elles dévorent, les minimoys, il ne faut pas leur en promettre !
— Dites les filles, vous savez, on vous donnera à manger ce midi !
Nous sommes installées par paire de chaque côté du bar de la cuisine. Je ne résiste pas à grignoter les sombres petits chapeaux pointus de ma voisine. J’adore trop ces impertinents tétins et je m’en régale alors que la donzelle dévore ses tartines, parfaitement indifférente, semble-t-il, à mes agaceries. Même topo en face de nous. Même indifférence... feinte.
Ma boutique, totalement exposée entre mes cuisses écartées (nous sommes à poil depuis un moment, Carole et moi) n’attire pas davantage l’attention de ma voisine vorace. Finalement, repue, Mi-so termine son café et son regard, par-dessus son bol, se tourne enfin vers moi. Me reluque. Me détaille, d’un œil critique.
— Ouais, pas vilaine cette crevette dégoulinante...
Pas vilaine ? Non mais oh ! Sale garce !
J’attrape la mutine, l’arrache à son tabouret et la porte dans mes bras jusqu’à ma chambre. Elle n’est pas bien lourde, la Coréenne qui n’a que trois ans de moins que moi...
Moi, à cet instant, j’ai envie d’intimité avec elle. Juste elle et moi.
J’étais vorace en quittant la cuisine, carnassière, partie pour la violer sauvagement, l’effrontée, mais à la sentir pelotonnée contre moi, si fragile, si gracile, je fonds : j’ai envie de tendresse, de douceur, de volupté. Nous nous bécotons, nous embrassons doucement malgré la fièvre qui nous submerge, bien décidées à rejouer la partition du Concerto de Séoul, une pièce pour quatre mains et... lèvres affamées. Mes lèvres sont effectivement affamées de sa bouche, affamées de ses seins aussi, de sa peau. Longtemps, nous restons raisonnables, si l’on peut dire. Oh bien sûr, elle grougnoute voracement mes nichons, bien sûr je joue fébrilement avec ses tétons chocolat, bien sûr nos bouches dégringolent un peu sur nos ventres mais nous remontons toujours à la surface, revenant immanquablement à nos lèvres, insatiables que nous sommes de nos souffles, de nos bouches que nos langues gaillardes gloutonnent.
Longtemps ! Dans un silence cotonneux juste émaillé de soupirs discrets, de plaintes enamourées, de mots d’amour à peine soufflés. Très longtemps... Mi-so me serine en continu des mots d’amour, bien plus que nos élans ne le nécessiteraient. Trop de mots pour qu’ils ne soient pas l’aveu des sentiments véritables qui l’étreignent, qu’ils n’expriment l’amour profond contenu dans son âme. Des mots qui la chavirent et mouillent son regard. Elle m’aime et je lui réponds avec la même joie, les yeux embués moi aussi, le cœur en chamade.
Je voudrais lui offrir des sarabandes endiablées, des nuits sans lune mais irisées d’aurores boréales, des silences plus grands que ceux des cathédrales. Une paix parfaitement sereine.
Je me redresse, la fixe, douloureusement heureuse. Je souffle à son oreille, en l’étouffant de mes bras, tant la puissance de mes sentiments m’emporte.
— Je t’aime Mi-so, je ne peux dire plus : je t’aime et je veux te garder pour toujours près de moi. J’ai définitivement besoin de toi ! Pour toujours et à jamais !
Le sourire qui l’illumine alors sèche ses larmes et abolit ses peurs. Elle m’embrasse avec passion, avec une tendresse infinie.
Tout à coup, elle se fait lionne, impitoyable chasseresse qui dévore mon corps avec férocité. Nos jambes se frôlent, se mélangent, s’intercalent, s’immiscent. Frottent nos sexes incendiés, abrasent nos moules comburées. D’autres désirs émergent, d’autres fringales nous prennent. Elle ripe sur le lit, sa bouche, ses mains dégringolent sur mon ventre tendu mais je la renverse brutalement, la domine, impériale, et je m’attendris de son corps menu, de son cou gracile, de ses attaches fines, de ses seins à peine éclos, de son slip si rebondi sur son petit mont saillant.
La lisière de coton s’abaisse peu à peu, dévoile la feuillée délicate de son pubis couvert de poils couchés, fins et soyeux. Mon nez farfouille dans cette forêt discrète, avant de repousser encore la cotonnade immaculée... enfin... où se dessine déjà une large tache humide !
Je n’y tiens plus, soudain avide, j’attrape le slip, le fais glisser sur ses cuisses fuselées. Mi-so finit de s’en défaire elle-même par petits battements désordonnés de ses jambes.
Mon coup de sang s’évanouit à la vue de son fragile coquillage, de ses grandes lèvres dodues, tavelées, sombres remparts que j’écarte à peine, sans urgence aucune, pour découvrir ses nymphes roses, constellées de perles de mouille. Je suis fascinée par ces dentelles fragiles, son canyon inondé, le promontoire plissé de sa perle secrète. J’observe avec une attention extrême le développement lent des dentelles carmines. Spectacle réjouissant que ces nymphettes qui se déploient lentement, ce corail fragile qui s’expanse jusqu’à se séparer en deux pour découvrir son canyon irisé de miellat et l’entrée béante de son chenal secret.
Me voilà timide, n’osant approcher ma langue que très précautionneusement du fouillis des lippes roses, légers coups de langue pour recueillir la sève que je déguste par petites lampées gourmandes. C’est idiot, mais je suis émue par la beauté mouvante de cette bonbonnière labile, cette fleur aux reflets nacrés par son miellat, que je ne peux aborder qu’avec une délicatesse extrême.
Mais une fois encore, la folie me reprend, ma langue se fait large et râpeuse pour déflorer le bijou, je suce, je bois sa cyprine, j’agace son bouton, je viole sa boîte à mouille ! Sous mes assauts presque brutaux, Mi-so rue, tente d’échapper à l’indiscrète baveuse. Déjà à moitié vaincue, elle m’implore :
— Audrey, je veux ta chatte, je veux te sucer, te lécher moi aussi ! Viiite !
Cent quatre-vingts degrés express, je plaque mon bréviaire sur sa bouche. Une démence nous prend, nous nous dévorons l’une l’autre, nous buvons à nous en soûler les miels abondants que nos rivières charrient par flux tumultueux. Nos langues défrisent nos feuillets, martyrisent par touchettes contenues nos clitos exacerbés, fondent sur nos intimités enfiévrées et pénètrent autant que faire se peut nos antres bouillottants.
Mais très vite, il nous en faut encore plus, bien plus. Reprenant position, nos bouches se retrouvent, nous nous asphyxions dans le bonheur suprême de notre ardente communion. Nos doigts sont partis à l’assaut de nos sentiers secrets, déterrent nos trésors enfouis.
Folle, je lui explose la taupinière, démente, elle me démonte le tiroir. Trois, quatre doigts affolés emblavent nos sillons profonds, nos corps exaspérés se tendent, se tordent sous les assauts répétés. Des vagues tsunamiques nous bouleversent, nous transportent brutalement vers des cimes illuminées, de sombres profondeurs océanes, des vergers parfumés, des champs de fleurs nouvellement écloses...
Nous jouissons, à quelques millisecondes d’intervalle, tourneboulées, chavirées, charriées en tous sens par le plaisir incommensurable d’une extase colossale. Extraormidable !
Il nous faut ensuite un très long moment pour reprendre pied dans la réalité lénifiante de nos corps épuisés par nos folies. Quelques instants de plus avant de remarquer la présence au pied du lit de deux drôlesses attendries, visiblement heureuses de notre bonheur et qui se chipotent tendrement, aussi délicatement que nous le faisons nous-mêmes. Nul doute que ces deux-là ont connu il y a peu un bonheur comparable dans la chambre voisine.
Les deux coquines nous rejoignent sur notre couche, Soo-min remplace Mi-so qui se tourne vers Carole. Des baisers, juste des baisers entre nous, langoureux, légers, exquis et gracieux. Quelques caresses évaporées. Tous, témoignages amoureux...
Juste des baisers, pas de caresses intrusives. Carole et Soo-min sont parfaitement conscientes du lien qui s’est définitivement noué entre Mi-so et moi et ne veulent pas, à cet instant, s’immiscer dans notre bonheur.
Ooo000ooO
Bien sûr, d’autres fois, nous serons quatre à nous éclater dans des jeux particulièrement honteux où des accessoires aussi particuliers que perforants défonceront sans discernement des chattes ruisselantes ou exploreront des tréfonds glauques.
Quinze, quinze jours de grands bonheurs. Carole et moi nous relayons un jour sur deux pour faire visiter la région à nos amies, les emmener à la plage, crapahuter sur les premières pentes des Pyrénées, baguenauder dans les rues de Perpignan ou de Collioure. Nous étaler nues sur le sable chaud d’une plage naturiste. Nous pervertir aussi dans un certain club libertin qui nous rappelle un certain souvenir, à Carole et à moi.
Les soirs, réunies toutes les quatre, ouvrent des parenthèses tendres ou folles mais toujours empreintes de respect et d’amour. Lorsque deux de nos proches amis, hommes, se mêlent un soir à nos jeux, nos deux amies atteignent des sommets voluptueux. Ma chérie a tenu à ce que j’assiste à la passe d’armes : elle se fait tringler joyeusement, enculer somptueusement sans pratiquement quitter mon regard, avant, presque repue mais gardant quelques appétits, de m’inviter à entrer dans la danse. Pour me remercier de l’intermède avec passion et grande coquinerie...
Quinze journées de rêve avant que sonne l’heure de la séparation. Départ de Soo-min seulement, qui retourne à ses révisions avant la reprise des cours de quatrième année de son université de médecine. Mi-so restera encore puisque, pour clore sa dernière année universitaire, nous lui avons offert un stage dans notre entreprise.
Les adieux sont déchirants, tant pour nous que pour les deux « sœurs » complices : Soo-min, vaguement jalouse, charrie sa cousine...
Ooo000ooO
Le temps est passé, Mi-so est retournée plusieurs fois à Séoul durant les quatre dernières années, pour des séjours plus ou moins prolongés, mais est revenue à chaque fois. Elle ne peut me quitter !
Nos partenaires Ju-won et Seo-jun sont venus par deux fois nous rendre visite, histoire de « confirmer » notre contrat par « tactile reconduction ». On imagine aisément les péripéties de leurs séjours... où ma Mi-so s’est évidemment immiscée.
Soo-min est revenue à plusieurs reprises aussi, accompagnée lors de son dernier séjour d’un fiancé indonésien ! Soo-min est chirurgienne désormais et son mariage avec Nasudi sera pour nous l’occasion de visiter l’île de Java.
Carole est en couple depuis quelques mois avec Mauro, un charmant quadra très sympathique et... très ouvert !
Mon assistante Asie-Océanie fait du très bon travail. Je me suis pacsée avec elle l’automne dernier, mais cet engagement nous est vite paru insuffisant : notre mariage sera célébré dans une semaine. Tant qu’à faire, il sera re-célébré à Java très bientôt.
Mi-so est définitivement la femme de ma vie...
Qu’on se rassure, nos différentes unions et rapprochements n’ont rien changé à nos petites habitudes et écarts de régime : duos, trios, quatuors et... bien d’autres figures géométriques continuent d’ensoleiller nos relations amoureuses...
Le plaisir est le principe et la fin de la vie heureuse
— Épicure —
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