Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Adrián — Chapitre 2
Auteur
Adrián
Chapitre 2
Je suis resté sur ma serviette un bon moment après le départ d'Adrián dans l'eau.
Pas parce que j'étais particulièrement intéressé par la mer. Enfin, si, elle était belle, d'un bleu presque insolent sous le soleil de Barcelone. Mais j'avais surtout besoin de quelques minutes pour retrouver une contenance acceptable.
Adrián m'avait taquiné pendant moins d'une minute et j'avais eu l'impression de passer un oral d'examen sans avoir révisé.
Ce n'était pas très encourageant pour la suite.
Quand il est revenu, les cheveux plaqués sur le front et l'eau ruisselant sur ses épaules, je me suis figé. Le goutte-à-goutte coulait le long de son cou, disparaissait sous la ligne de sa mâchoire, redescendait entre ses pectoraux avant de s'évanouir dans le maillot qui s'adaptait à chaque courbe de son corps.
J'ai fait semblant de m'intéresser à mon téléphone.
— Tu ne te baignes pas ?
J'ai levé les yeux. Trop tard. J'avais déjà trop vu.
— Si, tout à l'heure, je profite.
— Ah. Tu profites de quoi, la vue ?
Il a regardé la mer, puis moi, un sourire taquin aux lèvres qui découvrait ses dents et venait lui créer une petite fossette.
— Exactement.
J'ai répondu un peu trop vite en voyant qu'il était debout devant moi et me faisait de l'ombre. Son parfum d'eau salée et de citron vert flottait autour de lui. Ma gorge était sèche sans que je sache pourquoi.
— Elle est à ton goût ?
Il a éclaté de rire et s'est laissé tomber sur sa serviette, juste à côté de moi. Le tissu a craqué sous son poids. Il était si près que je pouvais sentir la chaleur de son corps, même sans le toucher.
Merde, j'ai rougi direct, puis me suis repris. Mes mains tremblaient légèrement sur le téléphone.
— Mieux maintenant, merci.
— Aïe !
— Aïe !
Il fit mine d'être blessé en plein cœur, une main exagérée sur sa poitrine. Son torse se creusait, ses abdominaux se contractaient sous le mouvement. Il souriait encore, et ce sourire-là n'était plus innocent. J'ai fini par rire moi aussi, mais c'était un rire tendu, nerveux, celui de quelqu'un qui sait qu'il vient de franchir une ligne invisible.
Et la tension que j'avais entretenue depuis notre conversation a commencé à se dissiper.
C'était ça, le problème avec Adrián : il avait le don de me déstabiliser, puis de me mettre à l'aise dans la seconde qui suivait. Je ne savais jamais si je devais me méfier de lui ou simplement profiter de sa compagnie.
Sans rien annoncer, je me suis finalement mis à courir jusqu'à l'eau. Adrián sur les talons.
Elle était fraîche, juste assez pour me couper le souffle, et j'ai entendu Adrián rire derrière moi.
— Alors, le Français ? Elle est assez chaude ?
Je me suis retourné pour lui envoyer de l'eau au visage. Il a poussé un cri outré.
— Ah, d'accord !
— Je ne comprends pas. Je croyais que tu aimais l'eau.
— J'aime l'eau. Pas les attaques déloyales !
— Je ne comprends pas. Je croyais que tu aimais l'eau.
— J'aime l'eau. Pas les attaques déloyales !
Il a riposté avant que j'aie le temps de reculer. J'ai reçu une gerbe d'eau en plein visage et me suis essuyé les yeux en jurant.
— Tu vas le regretter.
— J'attends de voir ça.
— J'attends de voir ça.
Je me suis jeté sur lui avec toute la dignité dont j'étais capable, c'est-à-dire aucune.
Nous avons passé les minutes suivantes à nous éclabousser comme deux adolescents, sous le regard amusé de David, qui semblait avoir renoncé à toute idée de maturité depuis longtemps.
Au bout d'un moment, j'ai tenté de l'attraper par les épaules pour le faire reculer. Il s'est laissé faire une fraction de seconde, probablement parce qu'il ne s'y attendait pas, avant de saisir mes poignets.
— Tu comptes faire quoi, exactement ? ai-je demandé.
— Gagner.
— Avec cette stratégie ?
— Je suis en train de l'affiner.
— Gagner.
— Avec cette stratégie ?
— Je suis en train de l'affiner.
Il a ri, et j'ai profité de son inattention pour lui envoyer de l'eau au visage.
Cette fois, j'ai gagné.
Enfin, j'ai saisi l'occasion pour l'entourer de mes bras et le maintenir bloqué, son dos plaqué contre mon torse. Mes avant-bras ont trouvé la place sous ses pectoraux, juste là où le muscle s'arrête et commence la chaleur de sa poitrine. J'ai ressenti la cage thoracique se dilater sous ma paume, la respiration qui s'est accélérée quand il a compris que je ne le lâcherais pas.
Son corps était tiède contre moi, une peau douce encore humide de sueur. J'ai senti son rythme cardiaque contre mon sternum, irrégulier, comme si nous échangions nos battements sans qu'il ait besoin de se retourner. J'ai penché la tête pour respirer l'odeur de sa nuque, ce parfum salé mélangé à quelque chose de citronné.
Je pouvais sentir chaque détail à travers les tissus de nos maillots : les joues de ses fesses qui venaient se frotter contre mon sexe et mes hanches alors qu'il se débâtait pour la forme.
— Tu es insupportable, a-t-il déclaré en se débattant à peine.
— C'est drôle, j'allais dire la même chose.
— C'est drôle, j'allais dire la même chose.
J'ai eu la sensation parfaitement ridicule d'avoir oublié comment fonctionnaient les conversations ordinaires.
— Victor ? a-t-il fini par dire, un sourire au coin des lèvres.
— Oui, quoi ?
— Tu peux me lâcher ?
— Oui, quoi ?
— Tu peux me lâcher ?
J'ai relâché ma prise aussitôt.
— Ne prends pas tes rêves pour des réalités, a-t-il ajouté simplement, avant d'éclater de rire.
— Tu rougis, Victor.
— C'est le soleil.
— Bien sûr.
— Tu rougis, Victor.
— C'est le soleil.
— Bien sûr.
Il a posé brièvement sa main entre mon torse et mon épaule avant de repartir vers le large.
— Allez, viens. Je te promets de ne pas t'attaquer pendant au moins deux minutes.
— Quelle générosité.
— Quelle générosité.
Je l'ai suivi.
Cette fois, nous avons nagé côte à côte, en parlant de choses sans importance. De la température de l'eau, des touristes qui s'agglutinaient près du rivage, de David qui était reparti s'allonger sur sa serviette en déclarant qu'il ne participerait à aucune activité exigeant un effort physique.
Adrián me donnait parfois un petit coup d'épaule lorsqu'il passait trop près. Je lui répondais en lui envoyant de l'eau ou en essayant de lui barrer le passage.
En arrivant sur la plage, il a passé un bras autour de mes épaules, juste le temps de m'attirer vers lui avant que je puisse riposter.
— Fais attention, petit Français. Tu es en territoire ennemi.
— Tu vas finir par le regretter.
— J'attends toujours.
— Tu vas finir par le regretter.
— J'attends toujours.
Il m'a relâché en riant.
Et j'ai découvert quelque chose d'assez préoccupant : je commençais à trouver nos chamailleries beaucoup trop agréables. Pas seulement parce qu'elles me permettaient de rire avec lui. Il y avait aussi ces contacts qui arrivaient sans prévenir, assez futiles, même : sa peau chaude contre la mienne, ses doigts qui s'attardaient brièvement.
Sur le chemin du retour, nous avons acheté de quoi dîner dans une petite épicerie. David voulait préparer des pâtes, Adrián soutenait qu'il fallait absolument cuisiner quelque chose de plus intéressant pour célébrer ma première véritable sortie à la plage.
Une fois à l'appart, Adrián a couru vers la salle de bains pour se débarrasser du sel et du sable. Je me suis retrouvé de nouveau à aider David à préparer le repas.
Et Adrián chantait sous la douche. Fort. Très fort.
Il chantait faux, avec une véhémence sauvage, sa voix résonnant contre les carreaux humides, rythmant ses notes traînantes.
J'ai regardé David, qui coupait des légumes en levant les yeux au ciel.
— Il fait ça tous les jours ?
— Presque.
— Et personne n'a jamais appelé la police ?
— Presque.
— Et personne n'a jamais appelé la police ?
David a haussé les épaules.
— On s'habitue.
J'ai décidé que ma première contribution à la vie de la colocation serait de préserver la tranquillité du quartier. Mais c'était surtout pour briser ce bruit qui me tenaillait la poitrine, mêlant irritation et curiosité grandissante.
J'ai frappé deux fois contre la porte de la salle de bains laissée entrouverte, en passant ma tête dans l'encadrement. J'avais une impression de déjà-vu. La vapeur m'a enveloppé, dense et chaude, sentant le gel douche à l'orange et à l'amande.
— Adrián ! Tu as prévu de finir avant Noël ?
Le chant s'est arrêté net. Le bruit de l'eau a cessé. Un silence lourd est tombé, seulement interrompu par quelques gouttes qui continuaient de tomber au fond de la baignoire en céramique. Puis, lentement, le rideau de douche s'est écarté, dévoilant la silhouette encadrée par la buée.
Il était là, totalement nu. L'eau ruisselait sur toute sa peau, brillante, faisant de lui une sculpture vivante que la buée cernait de flou. Une perle glissait le long de son cou, se divisant sur la clavicule pour disparaître entre les pectoraux, ce sillon velu où l'eau s'accumulait avant de déborder. D'autres suivaient le sillon de son abdomen tendu, ricochaient sur chaque carré de muscle, avant de rejoindre la toison sombre qui ombrageait son bas-ventre, plus dense une fois mouillée, plaquée contre sa peau, pointant droit vers ce qui se trouvait dessous.
Son sexe était dressé, pas complètement au repos contrairement à ce que j'avais pu voir la veille. Épais, ruisselant d'eau tiède, la hampe sombre tranchait sur le reste du corps bronzé. Les veines soulignaient sa longueur, gonflées par la chaleur de la douche, tandis que l'eau perlait sur le gland, un film luisant qui accentuait chaque relief. À côté, ses bourses pendouillaient, lourdes, gonflées par la vapeur, tirant vers le bas la peau mate. Aucune gêne, aucun voile pour dissimuler. Il se tenait droit, les jambes légèrement écartées, offrant tout au premier regard venu.
— Tu es jaloux parce que je chante mieux que toi ?
Sa voix était rauque, saturée par la chaleur. Il se présentait de nouveau devant moi sans aucune retenue, un sourire carnassier aux lèvres, et il a posé une main sur son ventre, un geste banal, apparemment innocent, mais dont les doigts frôlaient la naissance de la toison, comme un rappel.
J'ai senti une décharge brutale dans mon ventre, une chaleur diffuse qui montait d'un coup, un tiraillement dans mon boxer que j'ai détesté sentir à cet instant précis. Mon regard a trahi ma volonté, s'attardant involontairement sur cette masse charnue, sur la veine qui pulsait légèrement au rythme de son cœur, sur la toison pubienne qui trempait, sur la courbe de ses hanches marquées où l'eau finissait son parcours. Il était vraiment attirant, encore plus avec cette lumière et cette eau, un corps conçu pour être regardé et qui le savait.
Par réflexe, j'ai porté ma main devant mes yeux, mais trop tard. La brûlure de ce que j'avais vu restait gravée sur ma rétine.
Il a émis un petit rire, une vibration basse qui semblait provenir de son diaphragme.
— Puisque t'es là, tu peux me passer la serviette derrière la porte que tu as ouverte ?
J'ai ronchonné, le souffle court. J'ai attrapé le tissu éponge et la lui ai tendue sans oser toucher sa peau. Mes doigts ont frôlé les siens, humides et chauds, et j'ai ressenti un courant électrique remonter le long de mon bras jusqu'à l'épaule, comme s'il m'avait touché là où personne n'avait le droit de poser les mains.
Je me suis enfui de la pièce, mais je n'ai pas fait deux pas avant qu'il ne parle.
— Victor, attends.
J'ai tourné la tête et j'ai vu la scène au ralenti. La serviette a glissé de ses doigts. Elle est tombée, lente, lente, lente, un rectangle blanc qui a traîné dans l'air avant de filer au sol. Adrián ne l'a pas rattrapée. Il est resté là, bras ouvert, paume encore tournée vers le sol, un sourire aux lèvres qui disait clairement : C'est toi qui vas devoir ramasser.
— Tu peux ramasser ?
Sa voix était douce. Presque gentille. Mais il n'a pas bougé. Pas un geste pour se couvrir.
J'ai hésité. Une seconde. Deux. Puis je me suis baissé, les genoux pliés devant lui, et c'était bien ça qu'il voulait.
Dans ce mouvement, mon regard est monté vers lui. Pas d'autre choix possible. La verge d'Adrián avait durci de nouveau, pas à fond, mais suffisamment pour que l'on voie la différence. Le gland était entièrement exposé, circoncis, luisant d'un film d'eau. Sa surface lisse, striée de veinules fines qui serpentaient jusqu'à la base, où la chair s'épaississait. Le contour était net, précis, plus visible que s'il avait été couvert. Les veines ressortaient à nouveau, gonflées par l'attente, la couleur plus sombre vers le sommet, une teinte violacée qui contrastait avec le reste de sa peau bronzée. Elle oscillait légèrement avec le sang qui battait dans ses artères, entre flasque et dressée, dans ce flou qui fait plus mal que l'exposition totale.
Je me suis redressé lentement, et je lui ai jeté la serviette avant de me détourner définitivement. Non sans un dernier coup d'œil furtif alors qu'il saisissait la serviette, l'image de son sexe encore visible.
Mon cœur cognait dans ma poitrine. Et dans mon boxer, une chaleur qui refusait de partir.
Quelques minutes plus tard, il est apparu dans la cuisine comme si de rien était, les cheveux mouillés plaqués en arrière, dans sa tenue fétiche : un simple caleçon noir qui soulignait chaque détail de sa silhouette. Des gouttelettes persistaient sur ses épaules, roulant lentement le long de ses bras avant de choir sur le sol.
— Tu pourrais au moins reconnaître mon talent.
— Je reconnais ton courage. Il en faut pour chanter comme ça avec autant de conviction.
— Je reconnais ton courage. Il en faut pour chanter comme ça avec autant de conviction.
Il m'a lancé au visage un torchon qui traînait là, précis et joueur.
J'ai ri en le lui renvoyant, mais mon rire était moins solide qu'avant.
Le dîner s'est prolongé jusqu'à une heure avancée de la soirée. Nous avons parlé de nos études, de nos familles, des villes dans lesquelles nous avions grandi. David était plus calme qu'Adrián, mais il avait un humour discret qui se révélait surtout lorsqu'on s'y attendait le moins.
J'ai appris qu'Adrián étudiait l'architecture, qu'il avait grandi près de la côte et qu'il passait presque tous ses étés dans l'eau.
— Ça explique le bronzage, ai-je remarqué.
Il a baissé les yeux sur ses avant-bras.
— Tu as remarqué mon bronzage ?
J'ai compris mon erreur trop tard.
— Difficile de ne pas l'avoir remarqué. Tu as la couleur d'un meuble en teck.
David a failli s'étouffer avec son verre.
Adrián, lui, s'est penché en arrière, hilare.
— Un meuble en teck ? C'est la chose la plus romantique qu'on m'ait jamais dite.
— Je peux faire mieux, si tu veux.
— Je n'en doute pas.
— Je peux faire mieux, si tu veux.
— Je n'en doute pas.
Il m'a lancé un regard amusé avant de reprendre son assiette. J'ai décidé de me concentrer sur mes pâtes.
Le lendemain matin, je me suis réveillé avec la ferme intention de devenir un étudiant Erasmus exemplaire.
J'avais dressé une liste de lieux à visiter sur mon téléphone, téléchargé une application pour les transports et même prévu de travailler un peu mon espagnol. J'avais également décidé de ne pas penser à Adrián avant le déjeuner.
À dix heures, il a frappé à ma porte.
— Tu dors ?
Le ventilateur tournait dans un bourdonnement continu, faisant onduler les rideaux de fenêtre. Je n'ai pas bougé sous les draps. Le coton beige m'arrivait juste sous le nombril, laissant mon abdomen exposé. Sous le tissu fin, la bosse de ma verge était facilement identifiable, marquée nettement par mon boxer noir. Je ne savais pas si Adrián le remarquait. Mon regard était tourné vers le plafond.
— Non, je médite.
Sa voix venait de l'autre côté, plus proche maintenant. Il a passé la tête dans l'entrebâillement. Le coude appuyé contre le cadre, cette élégance filiforme qui le distinguait de mon propre physique plus carré.
— Sur quoi ?
— Sur le sens de la vie.
— Sur le sens de la vie.
Je sentais son regard posé sur moi. Pas furtif, pas timide, mais appuyé, précis. Habituellement, c'était moi qui étudiais Adrián dans toutes les directions, qui détaillais chaque centimètre de sa peau nue sans retenue.
— Ah, c'est tout. Tu veux venir prendre un café ?
J'ai reposé mon téléphone sur mon torse, l'écran contre mes pecs. La surface froide contrastait avec ma peau tiède. Quand je me suis redressé lentement, tournant les yeux vers la porte, le drap s'est déplacé, glissant sur mes jambes, laissant apparaître une partie de mon boxer. Le ventilateur a soufflé plus fort, faisant frissonner la zone découverte.
Adrián n'a pas bronché. Son regard est descendu jusqu'à la bosse dans mon boxer, puis est remonté vers mon visage, sans vaciller, sans rougir, sans rien. Juste ce calme insupportable qui me mettait toujours dans un état indescriptible.
C'était lui qui me déshabillait des yeux maintenant, pas l'inverse. Et cette prise de conscience m'a fait réaliser quelque chose que je refusais d'admettre depuis trop longtemps : il avait appris à jouer de mon attention, et peut-être que moi aussi, au final.
J'ai soupiré, le téléphone toujours contre moi.
— On se voit plus tard, Adrián. Tu peux sortir ?
Il n'a pas bougé, toujours debout sur le seuil, torse nu, son caleçon gris moulant ses fesses dont la courbure était visible de profil dans le miroir de mon armoire. Il ne rougissait jamais. Jamais.
— Comme tu veux, a-t-il simplement répondu.
Et il a refermé la porte sans un autre mot.
Nous sommes partis à pied vers Gràcia, en nous arrêtant dans un café dont Adrián semblait connaître le propriétaire. Nous nous sommes installés à une petite table en terrasse. Les rues étaient encore relativement calmes, et les façades baignaient dans une lumière douce qui rendait la chaleur presque agréable. Adrián m'a montré quelques places, des boutiques, un marché où il avait l'habitude d'acheter des fruits.
Il marchait vite, parlait beaucoup et s'interrompait régulièrement pour saluer quelqu'un.
Plus tard, nous nous sommes arrêtés devant une petite librairie. Pendant qu'il discutait avec le libraire, je me suis attardé devant la vitrine. J'aimais cette façon qu'avait Barcelone de mêler les époques : les balcons en fer forgé, les volets usés, les enseignes modernes et les terrasses qui débordaient sur les trottoirs.
J'avais l'impression de pouvoir passer des journées entières à observer la ville sans jamais en épuiser les détails.
— Tu aimes bien ? m'a demandé Adrián en me rejoignant.
— Oui. Je crois que je pourrais m'habituer à vivre ici.
— C'est le but, non ?
— Oui. Je crois que je pourrais m'habituer à vivre ici.
— C'est le but, non ?
Il avait dit ça simplement, sans plaisanter cette fois.
J'ai tourné la tête vers lui. Pendant un instant, il m'a regardé avec une attention tranquille qui contrastait avec son agitation habituelle.
Nous avons déjeuné tard et sommes rentrés à pied, en faisant un détour par plusieurs petites rues ombragées.
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