Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’envers du désir — Chapitre 8 · Curiosité contagieuse
Auteur
L’envers du désir
Chapitre 8 · Curiosité contagieuse
À dix-huit heures vingt, je ferme enfin mon ordinateur. J'ai passé une bonne partie de l'après-midi à regarder l'heure, consulter mes mails et faire semblant de travailler. Entre deux dossiers, j'ai recherché sur Internet le nom de l'Atelier du Désir. J'ai trouvé un site, quelques références professionnelles, une adresse qui correspond à celle de l'impasse. Je n'ai pas osé m'y attarder. Chaque fois qu'un collègue s'approchait, je refermais précipitamment la fenêtre. Il y a quelque chose d'assez humiliant à quarante ans passés à retrouver les réflexes d'un adolescent qui regarde des sites interdits sur l'ordinateur familial.
Je prends mon manteau, récupère mes affaires et traverse les bureaux presque déserts. Dehors, le jour commence à décliner. Je rejoins ma voiture, dépose ma sacoche sur le siège passager et m'apprête à démarrer lorsqu'on frappe à ma vitre.
Allyah. Je baisse la fenêtre.
— Tu m'as fait peur !
— Décidément, ça devient une habitude.
— Décidément, ça devient une habitude.
Elle regarde autour d'elle.
— Tu pars ?
— C'était l'idée.
— Je peux te parler deux minutes ?
— C'était l'idée.
— Je peux te parler deux minutes ?
Je désigne le parking.
— Là ?
— Tu préfères que je convoque une réunion ? On peut aller boire un verre sinon ?
— Tu préfères que je convoque une réunion ? On peut aller boire un verre sinon ?
Je déverrouille les portières. Elle contourne la voiture, ouvre la porte côté passager et s'installe à côté de moi. Elle pose son sac à ses pieds, referme la portière et se tourne dans ma direction.
— Alors ?
Je souris.
— Bonsoir, Allyah. Tu as passé une bonne journée ?
— Interminable. Maintenant, raconte.
— Interminable. Maintenant, raconte.
Je ris.
— Tu ne lâches jamais rien ?
— Jamais rien. Alors, cet atelier ?
— Jamais rien. Alors, cet atelier ?
Je la regarde.
— Tu y as repensé ?
— Toute l'après-midi…
— C'est inquiétant.
— Tu m'as raconté une histoire complètement dingue pendant que je mangeais mon éclair au café. Tu ne peux pas espérer que je retourne tranquillement corriger des problèmes de serveurs après ça.
— Toute l'après-midi…
— C'est inquiétant.
— Tu m'as raconté une histoire complètement dingue pendant que je mangeais mon éclair au café. Tu ne peux pas espérer que je retourne tranquillement corriger des problèmes de serveurs après ça.
Je souris. Elle se penche légèrement vers moi.
— Tu y es retourné ?
— Oui.
— Oui.
Son visage s'éclaire.
— Et ?
— C'était fermé.
— C'était fermé.
Elle laisse retomber sa tête contre l'appuie-tête.
— Merde donc, tu n'as rien appris ?
— Pas exactement…
— Pas exactement…
Je sens qu’elle se tend face à moi, intriguée. Je récupère mon téléphone et lui montre la photographie de la plaque. Elle la lit attentivement.
— L'Atelier du Désir...
Elle tourne la tête vers moi.
— C'est vraiment son nom ?
— Oui.
— Oui.
Elle regarde de nouveau la photographie.
— Production audiovisuelle. Films privés. Événements sur rendez-vous...
Elle laisse échapper un petit rire.
— Ils ne font pas beaucoup d'efforts pour entretenir le doute.
— Tu trouves ?
— Enfin, Paul... L'Atelier du Désir ! Ça ne ressemble pas franchement à une entreprise de films institutionnels.
— Ils pourraient faire des films de mariage.
— Bien sûr. Avec Magda en bottes de cavalière pour filmer la sortie de l'église.
— Tu trouves ?
— Enfin, Paul... L'Atelier du Désir ! Ça ne ressemble pas franchement à une entreprise de films institutionnels.
— Ils pourraient faire des films de mariage.
— Bien sûr. Avec Magda en bottes de cavalière pour filmer la sortie de l'église.
Je ris.
Allyah agrandit la photographie.
— C'est élégant, en tout cas.
— L'intérieur aussi… Enfin, ce que j’en ai vu samedi.
— Tu as pu entrer ?
— Non. Tout était fermé.
— L'intérieur aussi… Enfin, ce que j’en ai vu samedi.
— Tu as pu entrer ?
— Non. Tout était fermé.
Je lui montre la seconde photo, celle de la façade. Elle l'examine avec attention.
— C'est là que tu l'as vue ?
— Oui. Derrière cette vitre.
— Oui. Derrière cette vitre.
Elle regarde la grande baie vitrée, les stores baissés.
— Et la pièce où ils sont allés ?
— Je pense qu'elle est derrière, sur la droite.
— Tu penses ?
— Il y a une autre porte. Avec un digicode.
— Je pense qu'elle est derrière, sur la droite.
— Tu penses ?
— Il y a une autre porte. Avec un digicode.
Elle relève les yeux.
— Tu l'as essayée ?
— Oui.
— Oui.
Elle me regarde avec une expression incrédule.
— Tu as vraiment essayé d'entrer ?
— J'ai juste regardé si c'était ouvert.
— J'ai juste regardé si c'était ouvert.
Elle reste silencieuse une seconde. Puis un sourire apparaît.
— Tu es beaucoup plus entreprenant que je ne l'imaginais.
Elle me rend mon téléphone, puis se ravise.
— Attends. Montre-moi encore la façade.
Je lui tends l'appareil. Elle observe la photographie pendant quelques secondes.
— J'essaie d'imaginer ce qui se passe là-dedans.
Je souris.
— Bienvenue au club…
— Non, mais sérieusement. Une femme comme Magda, deux hommes, une autre femme... Candice qui arrive en tenue de sport, sans avoir pris de douche comme on le lui a demandé...
— Non, mais sérieusement. Une femme comme Magda, deux hommes, une autre femme... Candice qui arrive en tenue de sport, sans avoir pris de douche comme on le lui a demandé...
Elle s'interrompt.
— Quoi ?
— Rien.
— Allyah ?
— Rien.
— Allyah ?
Elle me regarde.
— Tu sais ce que je me demande ?
— Non.
— Pourquoi il fallait absolument qu'elle arrive comme ça. Juste après son cours.
— Non.
— Pourquoi il fallait absolument qu'elle arrive comme ça. Juste après son cours.
Je hausse les épaules.
— Je me pose la même question.
— Ce n'est peut-être pas un détail.
— Ce n'est peut-être pas un détail.
Elle me rend le téléphone.
— Et si tout était préparé ?
— Comment ça ?
— Je ne sais pas. Si Candice devait suivre des instructions. Arriver à une heure précise, dans une tenue précise, sans passer chez elle...
— Comment ça ?
— Je ne sais pas. Si Candice devait suivre des instructions. Arriver à une heure précise, dans une tenue précise, sans passer chez elle...
Elle réfléchit.
— Tu m'as dit qu'elle s'était agenouillée devant cette Magda ?
— Oui.
— Et que Magda lui avait ensuite soulevé le menton ?
— À la fin, oui.
— Oui.
— Et que Magda lui avait ensuite soulevé le menton ?
— À la fin, oui.
Elle me regarde.
— Tu ne trouves pas ça particulier ?
— Si.
— Si.
Elle baisse les yeux.
— Moi aussi.
Un petit silence s'installe.
Je la regarde.
— Tu imagines quoi ?
Elle sourit.
— Beaucoup trop de choses pour une conversation sur le parking de l'entreprise. T’es sûr que tu veux pas prendre un verre ?
Je ris. Elle aussi, mais plus discrètement.
Puis elle reprend :
— Ce qui m'intrigue, c'est Candice.
— Pourquoi ?
— Parce que je la connais un peu. Elle est plutôt discrète, non ?
— Oui.
— Pas timide, mais discrète.
— Pourquoi ?
— Parce que je la connais un peu. Elle est plutôt discrète, non ?
— Oui.
— Pas timide, mais discrète.
J'acquiesce.
— Alors qu'est-ce qu'elle va chercher là-bas ?
— C'est précisément ce que j'aimerais comprendre.
— C'est précisément ce que j'aimerais comprendre.
Allyah contemple un instant le pare-brise.
— Peut-être qu'elle cherche quelque chose qu'elle n'ose pas te demander.
Je tourne la tête vers elle.
— Comme quoi ?
— Paul, je n'en sais rien. Mais tu m'as dit qu'elle était particulièrement heureuse depuis samedi.
— Oui.
— Et beaucoup plus tendre avec toi.
— Oui.
— Donc, ce qui s'est passé là-bas ne semble pas l'avoir éloignée de votre couple.
— Paul, je n'en sais rien. Mais tu m'as dit qu'elle était particulièrement heureuse depuis samedi.
— Oui.
— Et beaucoup plus tendre avec toi.
— Oui.
— Donc, ce qui s'est passé là-bas ne semble pas l'avoir éloignée de votre couple.
Je réfléchis.
— Tu crois que ça peut avoir un rapport avec moi ?
— C'est possible.
— C'est possible.
Elle marque une pause.
— Mais ce que je trouve vraiment étonnant, c'est toi.
— Moi ?
— Oui.
— Moi ?
— Oui.
Elle se tourne complètement vers moi.
— Depuis ce midi, je n'arrête pas de repenser à ce que tu m'as raconté. Et il y a quelque chose que je n'arrive pas à comprendre.
— Quoi ?
— Tu as vu ta femme entrer dans un endroit qui s'appelle l'Atelier du Désir. Elle y a rencontré des inconnus. Tu l'as vue s'agenouiller devant une femme qui lui donnait manifestement des instructions. Ensuite, elle a disparu pendant plus d'une heure.
— C'est à peu près ça.
— Et toi, tu es resté dehors.
— Oui.
— À attendre.
— Oui.
— Quoi ?
— Tu as vu ta femme entrer dans un endroit qui s'appelle l'Atelier du Désir. Elle y a rencontré des inconnus. Tu l'as vue s'agenouiller devant une femme qui lui donnait manifestement des instructions. Ensuite, elle a disparu pendant plus d'une heure.
— C'est à peu près ça.
— Et toi, tu es resté dehors.
— Oui.
— À attendre.
— Oui.
Elle me regarde.
— À imaginer.
Je souris.
— Surtout à imaginer.
— Et tu as aimé ça.
— Et tu as aimé ça.
Je ne réponds pas immédiatement.
— Oui.
Elle baisse les yeux vers ses mains.
— Mais je crois que je peux te comprendre…
Elle cherche ses mots et plonge ses yeux dans les miens.
— Cette histoire. Quand tu me la racontes, j'ai l'impression d'être dehors avec toi. De regarder cette fenêtre et de me demander ce qu'ils font derrière.
Je ne dis rien.
— Je sais très bien que ce n'est pas une situation amusante pour toi. Enfin, pas seulement. Je sais que tu pourrais souffrir de ce que tu vas découvrir.
Elle marque un temps.
— Mais j'avoue que j'ai très envie de connaître la suite.
Je souris.
— Tu n'es pas la seule.
Elle relève les yeux.
— Et cette vidéo...
Je sens mon cœur accélérer.
— Quoi, cette vidéo ?
— Depuis ce midi, je me demande ce qu'il peut y avoir dessus.
— Depuis ce midi, je me demande ce qu'il peut y avoir dessus.
Elle sourit, un peu embarrassée.
— C'est ridicule, puisque je ne connais même pas ces gens.
— Tu connais Candice.
— Oui. Mais justement.
— Tu connais Candice.
— Oui. Mais justement.
Elle réfléchit.
— Je l'ai toujours vue comme ta femme. Quelqu'un de gentil, de drôle, de très amoureuse de toi.
— C'est ce qu'elle est.
— Je sais.
— C'est ce qu'elle est.
— Je sais.
Elle me regarde.
— Mais elle a manifestement découvert récemment une face cachée, qui lui fait du bien.
Je reste silencieux.
— Tu imagines, Paul ? Quelque chose qu'elle n'a jamais osé te montrer ?
— C'est même devenu mon occupation principale.
— Tu as déjà demandé à Candice de faire quelque chose de particulier ?
— Comment ça ?
— Dans votre intimité. Une tenue, un geste, une manière de se comporter...
— Pas vraiment.
— Et elle, elle t'a déjà demandé quelque chose ?
— C'est même devenu mon occupation principale.
— Tu as déjà demandé à Candice de faire quelque chose de particulier ?
— Comment ça ?
— Dans votre intimité. Une tenue, un geste, une manière de se comporter...
— Pas vraiment.
— Et elle, elle t'a déjà demandé quelque chose ?
Il réfléchit, il n'en sait peut-être pas autant qu'il le croyait sur les envies de sa femme.
Allyah change de sujet :
— Et cette Magda... Tu dis qu'elle avait beaucoup d'assurance ?
— Énormément.
— Une femme qui impose sa présence ?
— Oui.
— Et Candice lui obéissait ?
— Énormément.
— Une femme qui impose sa présence ?
— Oui.
— Et Candice lui obéissait ?
Je réfléchis.
— Je ne sais pas si on peut dire ça.
— Elle s'est agenouillée devant elle.
— Oui, mais...
— Elle s'est agenouillée devant elle.
— Oui, mais...
Je m'interromps. Allyah me regarde.
— Tu vois ? Toi aussi, tu cherches une explication.
Elle sourit.
— Je crois qu'on est en train de devenir aussi curieux l'un que l'autre.
Un silence s'installe dans la voiture. Dehors, les derniers employés traversent le parking. Allyah regarde sa montre.
— Bon. Il faudrait quand même que je rentre.
Mais elle ne bouge pas.
— Tu as trouvé leur site Internet ?
— Oui.
— Et ?
— J'ai juste regardé rapidement.
— Pourquoi ?
— Parce que j'étais au bureau.
— Oui.
— Et ?
— J'ai juste regardé rapidement.
— Pourquoi ?
— Parce que j'étais au bureau.
Elle sourit.
— J'effacerai ton historique demain matin.
— Tu peux faire ça ?
— Je peux surtout t'expliquer comment éviter de laisser traîner tes recherches sur ton ordinateur professionnel. Ce serait déjà un progrès.
— Tu peux faire ça ?
— Je peux surtout t'expliquer comment éviter de laisser traîner tes recherches sur ton ordinateur professionnel. Ce serait déjà un progrès.
Je ris.
Elle réfléchit.
— Tu veux que je regarde ?
— Quoi ?
— Leur site. Les informations publiques, la société, les dirigeants. Ce genre de choses.
— Pourquoi tu ferais ça ?
— Quoi ?
— Leur site. Les informations publiques, la société, les dirigeants. Ce genre de choses.
— Pourquoi tu ferais ça ?
Elle me considère avec une expression presque offensée.
— Paul, je travaille dans l'informatique depuis quinze ans. Je peux peut-être t'aider à comprendre ce qu'est cette boîte.
— Tu n'as pas besoin de te mêler de ça.
— Je sais.
— Tu n'as pas besoin de te mêler de ça.
— Je sais.
Elle me sourit.
— Mais j'en ai envie.
Je la regarde.
— Pourquoi ?
Elle hésite. C'est la première fois, depuis qu'elle est montée dans la voiture, que je la vois chercher véritablement ses mots.
— Parce que je suis curieuse. Parce que je t'aime bien.
Elle baisse les yeux.
— Et parce que je crois que ton histoire m'a fait plus d'effet que je ne voudrais l'admettre.
Je ne réponds rien. Elle relève aussitôt la tête.
— Enfin, ne te fais pas d'idées. Ce n'est pas toi qui me fais cet effet-là.
Je prends un air offensé.
— Merci, c'est charmant.
Elle éclate de rire.
— Tu m'as comprise.
— Parfaitement.
— C'est la situation. Ce mystère. Cette vidéo que personne n'a vue. Enfin, que nous n'avons pas vue.
— Parfaitement.
— C'est la situation. Ce mystère. Cette vidéo que personne n'a vue. Enfin, que nous n'avons pas vue.
Elle s'interrompt. Puis sourit. Je la regarde.
Je crois que c'est précisément ce qui me plaît.
Elle ajoute :
— Mais ne te méprends pas. Je ne vais pas pirater le téléphone de ta femme ni fouiller dans les fichiers de cette société.
— Je n'avais rien demandé de tout ça.
— Mais si il faut le faire… je connais des gens qui connaissent des gens…
— Je n'avais rien demandé de tout ça.
— Mais si il faut le faire… je connais des gens qui connaissent des gens…
Je marque une pause.
— C’est tentant.
Elle me donne une petite tape sur l'avant-bras.
— Imbécile.
Nous rions. Puis elle reprend, plus sérieusement :
— En revanche, je peux t'aider à chercher des informations. Et si tu as besoin de parler, tu peux m'appeler.
— Merci.
— Et si tu retournes là-bas...
— Merci.
— Et si tu retournes là-bas...
Elle hésite.
— Quoi ?
— Tu me racontes…
— Tu me racontes…
Je souris.
— Tout ?
Elle me regarde.
— J'aimerais bien.
Un silence. Puis elle ajoute, plus doucement :
— Même les détails que tu trouves embarrassants…
Je sens mon visage chauffer. Elle le remarque. Son sourire s'élargit.
— Voilà. Exactement cette tête-là.
— Quelle tête ?
— Celle que tu as depuis ce matin.
— Quelle tête ?
— Celle que tu as depuis ce matin.
Je secoue la tête.
— Tu es terrible.
— Je découvre des talents insoupçonnés.
— Je découvre des talents insoupçonnés.
Elle récupère son sac. Puis son expression redevient sérieuse.
— Mais promets-moi une chose.
— Quoi ?
— Si tu découvres que Candice te ment vraiment, tu ne fais pas de connerie avant qu'on en ait parlé.
— Tu veux devenir ma conseillère conjugale ?
— Non. Je n'ai aucune envie de recevoir tes factures de divorce.
— Quoi ?
— Si tu découvres que Candice te ment vraiment, tu ne fais pas de connerie avant qu'on en ait parlé.
— Tu veux devenir ma conseillère conjugale ?
— Non. Je n'ai aucune envie de recevoir tes factures de divorce.
Elle pose la main sur la poignée de la portière.
— Je veux surtout éviter que tu fasses du mal à quelqu'un, y compris à toi.
Je la regarde.
— Je ferai attention.
Elle sourit.
— Je n'en crois pas un mot.
Elle ouvre la portière, puis se retourne.
— Et Paul ?
— Oui ?
— Je suis sérieuse. Si tu as besoin d'aide, appelle-moi.
— Oui ?
— Je suis sérieuse. Si tu as besoin d'aide, appelle-moi.
Je hoche la tête. Elle hésite encore.
— Et si tu finis par voir cette vidéo...
Elle laisse sa phrase en suspens. Je souris.
— Je te raconterai.
Elle me regarde longuement.
— T’as intérêt...
Puis elle descend et referme doucement la portière. Je la suis des yeux tandis qu'elle rejoint sa voiture.
Je réalise que je viens de trouver une alliée. Pas dans le sens où elle approuve ce que je fais. Elle m'a suffisamment répété le contraire. Mais elle est curieuse. Elle veut savoir.
Je repense à son visage lorsqu'elle m'a demandé si Candice obéissait à Magda. À cette façon qu'elle avait de s'interrompre, de réfléchir, puis de revenir avec une nouvelle question. Je connais Allyah depuis huit ans. Je découvre qu'elle possède, elle aussi, une imagination considérable. Et je suis presque impatient de lui donner de quoi la nourrir.
Et je sens que, comme moi, elle commence à attendre le prochain épisode.
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