Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Retour à la vie — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Retour à la vie
Chapitre 2
Julie
Je me lève, mais ma tête tourne et je manque de tomber par terre. Julie me rattrape de justesse en passant son bras droit autour de ma taille. Elle me plaque contre elle, une agréable sensation m'envahit, j'aime bien être contre elle. Je me reprends, mais je réalise que je ne pourrais pas taper dans la balle comme disait papa, il faut d'abord que je puisse marcher sans avoir besoin de soutient.
–Il va y avoir un problème, je ne tiens pas en équilibre.
–J'ai vu, nous allons faire des exercices plus faciles, ne t'en fais pas, ça va revenir assez rapidement, le temps que ton cerveau réapprenne la verticale, il est resté huit ans à l'horizontale.
–D'accord.
–Allez, au travail.
Elle me prend le bras et me fait marcher dans la pièce, je me sens de mieux en mieux, mais surtout, j'aime de plus en plus le contact avec Julie. En descendant une marche, le haut de ma robe baille, je mets un certain temps à la rabattre. Je suppose que s'il ne faut pas montrer mon pubis, il ne faut pas montrer mes seins, il va falloir d'ailleurs que je m'y fasse, c'est nouveau pour moi ces deux demi-sphères en haut de mon thorax.
–Je vois que tu commences à assimiler le fait que tu sois une femme adulte.
–Oui, et je n'arrive pas encore à bien réaliser que je suis une femme, je ne te garantis pas de toujours réagir, surtout que je n'aime pas beaucoup les vêtements.
–Je vois, tu es habituée à vivre nue chez toi, tes parents sont naturistes.
–Oui, chez moi et aussi en vacances dans notre mobil-home à Agde.
–Ne t'en fais pas, je connais ton corps par cœur, je suis une des personnes qui venait faire ta toilette. J'ai vu ton corps sous tous les angles, je t'ai vu passer de petite fille à superbe jeune fille.
Je ressens une chaleur sur mes joues, je dois être très rouge.
–Ne rougis pas Mélodie, tu es magnifique, et dans un hôpital, ce n'est pas rare de voir des personnes nues surtout quand elles sont dans l'état dans lequel tu étais. Il faut bien les laver, nous te donnions même une douche tous les samedis, il fallait qu'on soit trois. Depuis quatre ans, ta sœur participait très souvent à tes soins, même ta douche.
–Vous deviez vous mouiller.
–Oui, mais nous nous déshabillions, nous n'allions pas te donner une douche habillées. Ça faisait beaucoup rire ta sœur de nous voir toutes nues en train de savonner ton corps et de passer toutes sous la cascade pour te rincer. Je dois dire que c'était un des seuls moments où nous étions un peu plus détendues.
–Très bien, je serais plus à l'aise avec toi.
–Et avec Isabelle, Carole, Mylène, Emmanuelle et surtout Joséphine, tous les matins, elle pleurait à chaque fois qu'elle te voyait dans cet état en arrivant. Personne d'autre ne t'approchait quand elle était de service. Elle a passé ces huit ans à s'occuper de toi, elle n'a pas pris de congés depuis ton arrivée je crois, elle ne voulait pas te quitter. Il a fallu que la direction la menace de la muter ailleurs pour qu'elle consente à prendre un jour de repos par semaine. Elle sera là demain, la première chose qu'elle fera en arrivant, c'est de venir te voir, avant même de se changer pour travailler. Quand elle te verra réveillée, attends toi à subir la démesure d'une magnifique black surexcitée et folle de joie.
–Vous ne l'avez pas encore prévenue de mon réveille ?
–Non, elle se serait précipitée vers toi, elle est de repos après douze jours d'affilés à travailler, elle a dû remplacer une collègue, elle était très fatiguée, nous avons voulu la préserver. Mais nous savons que nous allons en subir les conséquences demain, elle sera folle furieuse qu'on l'ai laissé dans l'ignorance.
–Ok, je l'attends demain.
–Redresse toi dès que tu peux, elle te verra mieux.
–Ok.
–Quand elle te verra, je ne pense pas pouvoir trouver une femme plus heureuse qu'elle dans le monde.
Nous avons passé le reste de la journée à marcher et surtout à faire des exercices de gymnastique. Maman et Margot sont venues me voir au milieu de l'après-midi, je me sens de mieux en mieux, mais il y a toute une serie de test à effectuer, je suis encore là pour deux jours au minimum. Margot m'a amené des jupes, des tee-shirt et deux corsages à elle, il n'y a pas de culotte ni de soutien-gorge, je m'en étonne.
–Je n'en porte jamais comme maman, nous n'en voyons pas l'intérêt.
–Ok, pas de sous-vêtement.
–Fondement à l'air et les roberts libres, c'est très sympa, tu verras.
Je n'ai rien compris de ce langage, mais je fais comme si.
En fin d'après-midi, nous retournons dans ma chambre, Julie a l'air soucieuse.
–Tu es triste Julie ?
–Non, pas du tout, au contraire, je suis folle de joie que tu sois revenue parmi nous, mais je redoute l'avenir.
–Et pourquoi ?
–Tu es restée dans le comas huit ans, tu avais dix ans, tu devais entrer en sixième, maintenant, tu as dix-huit ans, le physique d'une fille de dix-huit ans, mais tu résonne encore comme une petite fille de dix ans. Il va falloir que tu sois forte, que tu travailles dur pour rattraper le temps perdu, les deux ou trois années qui s'annoncent vont être très dures pour toi.
–Pourquoi ?
–Pour te remettre au niveau, ta maman m'a dit que tu étais d'une grande intelligence et très en avance pour ton âge, comme ta sœur d'ailleurs, mais il va falloir acquérir en deux ou trois ans des connaissances que tout un chacun acquière en huit ans.
–Tout un chacun ?
–Excuse-moi, ça veut dire tout le monde, ta sœur entre à Supaéro après avoir passé le concours des grandes écoles, elle est en avance de deux ans, tu vas suivre les cours de sixième, ça va être dur pour toi.
–Supaéro, c'est une grande école n'est-ce pas ?
–Oui, l'école supérieure d'aéronautique qui forme des ingénieurs pour l'aviation.
–C'est vrai, on veut toutes les deux construire des avions.
–Et bien, elle va bientôt pouvoir le faire.
–En tout cas, je préfère être comme je suis que d'être dans un état végétatif comme à dit le docteur. De toute manière, je ne veux pas passer le reste de ma vie à essayer de rattraper ces huit ans de retard, je me donne deux ans pour passer le bac, papa nous disait que c'était très important de le passer et d'avoir une mention.
Elle m'enlace en me serrant très fort contre son corps, je sens ma poitrine s'écraser sur la sienne, j'en ressens un agréable frisson, je me colle encore plus contre elle, une onde très agréable circule dans mon corps.
–Voilà une Mélodie que j'aime, tu vas te battre et tu vas gagner. Allez, viens avec moi à la cantine de l'hôpital, nous allons manger ensemble, j'ai l'autorisation du docteur Jessoigne. Tout le personnel veut t'embrasser, la nouvelle de ton réveil s'est répandu comme une trainée de poudre, et il a mis en joie tout l'hôpital.
Je la suis dans les couloirs de Purpan, même dans des souterrains, quand nous arrivons à la cantine, tout le monde se lève et se précipite sur moi, je commence à paniquer mais Julie fait la police, je suis enlacée, embrassée, félicitée, tout le monde veut me toucher et me montrer sa joie de me voir ainsi. Mais je dois dire que j'ai aussi senti des mains glisser sur mes fesses nues et mon dos, j'en ai eu des frissons de plaisir, même en bas de mon ventre.
Nous avons fini par retourner dans ma chambre pour que je me couche, la journée a été assez longue, je suis épuisée. Machinalement, j'enlève ma robe pour me coucher, je vois que Julie me regarde intensément, ses yeux vont dans toutes les directions, elle me détaille, je ne comprends pas pourquoi, elle m'a vu dans le lit depuis huit ans.
–Tu es vraiment une fille splendide, il ne te manque que quelques kilos, j'espère que tu seras heureuse dans ta vie.
–ne t'en fais pas pour les kilos, je vais vite les récupérer, je veux être comme Margot.
–Tu as raison, elle est magnifique elle aussi.
Je me couche tel quel, je n'aime pas cette blouse informe que l'hôpital donne à tous ses patients, je la pose sur la chaise. Julie vient vers moi, elle se penche pour déposer un baiser sur mon front.
–Bonne nuit ma chérie, je dois moi aussi rentrer chez moi, je ne suis pas de service demain, on se revoit dans deux jours, je vais enfin pouvoir passer une bonne journée de repos et penser à toi en souriant.
–Bonne nuit Julie, à mardi.
–Tu sais, je suis folle de joie de te voir comme tu es en ce moment, mais je ne peux m'empêcher de penser que dans trois jours maximum, tu vas nous quitter pour toujours, tu vas me manquer, et je peux te dire que je ne suis pas la seule.
–Je viendrai vous voir, promis.
–J'y compte bien.
Elle quitte la chambre avec un grand sourire, je me détends, je suis bien, certes un peu fatiguée, mais sereine, je m'endors très rapidement. Le lendemain, une infirmière vient prendre ma tension, elle se penche sur moi pour déposer un baiser rapide sur mon front. Je le regarde un peu étonnée de ce geste.
–Bonjour Mélodie chérie, ne sois pas étonnée, je te faisais ça tous les jours quand je venais prendre ta tension, tu ne peux pas savoir ce que je ressens à pouvoir te le faire en te regardant dans les yeux.
–Je sais, je vous en suis tellement reconnaissante.
–Tu es devenue notre emblème, la preuve qu'il faut se battre pour arriver à quelque chose.
Après avoir pris ma tension, elle pose de nouveau ses lèvres sur mon front et quitte la pièce avec un sourire radieux. Une aide-soignante vient m'apporter mon petit déjeuner, café, une tartine beurrée et du lait. Je préviens l'aide-soignante que je déteste depuis toujours le lait mais je n'ai jamais bu de café, je goûte, c'est amer, je déteste, l'aide-soignante me le sucre, même chose. Elle me propose du thé, j'accepte, mais avec du sucre. Elle s'en va avec le plateau et revient avec un autre, une tasse de thé fumant et une seconde tartine beurrée.
–Je trouve qu'une tartine, ce n'est pas assez.
–C'est gentil, merci.
–Je te quitte, mais prend ton petit déjeuner assez vite, Joséphine ne va pas tarder, et quand elle va te voir réveillée, elle va se transformer en ouragan.
–Julie m'a déjà prévenue, ok, je vais faire vite.
Elle quitte la chambre, je me jette sur les tartines, le thé sucré est agréable à boire, je sais maintenant ce que je prendrai au petit déjeuner. Une fois mon petit déjeuner fini, le pose le plateau sur la table de nuit à côté du lit, je reste à moitié assise adossée aux oreillers, je rêvasse lorsque je vois une jolie femme noire ouvrir la porte de la chambre en regardant mon lit l'air triste, ce ne peut être que Joséphine, j'attends l'ouragan de pied ferme. Soudain, son visage change, elle ouvre de grands yeux, elle crie.
–Mélodie, ma chérie.
Elle se précipite sur moi, elle m'enlace et me couvre de baiser, elle pose sa tête sur mon épaule, je sens qu'elle a des soubresauts. Je lui prends la tête, elle est en larmes, je la serre contre moi, rien n'y fait, elle pleure à chaudes larmes, je ne cherche pas à la calmer, je sais que c'est de bonheur. Je ferme les yeux, je veux la laisser contre moi exprimer sa joie, même si c'est en pleurant. Au bout d'un long moment, elle se redresse, elle prend mon visage dans ses mains, c'est à ce moment que je vois une dizaines d'infirmières dans le couloir, elles veulent voir la réaction de Joséphine.
–Tu es réveillée ma chérie, tu es réveillée, quel bonheur, je savais que tu le ferais, je le savais, comment vas-tu ?
–Très bien Joséphine, très bien, et encore mieux maintenant que je sais que tu es là pour moi.
–Comment connais tu mon prénom ?
–On m'a prévenu de ton arrivée hier, je dois dire que d'après ce qu'on m'a dit, je m'attendais à plus d'exubérance.
–Tu es réveillée depuis hier !!!
–Oui.
–Et elles ne m'ont pas prévenues ?
–Elles voulaient que tu te reposes.
–Et bien, elles vont voir ce que c'est que l'exubérance de Joséphine bien reposée et en colère, il va y avoir un massacre à la tronçonneuse.
–Soit gentille, elles l'on fait pour que tu te reposes, tu avais travaillé pendant douze jours d'affilés, elles savaient que tu étais épuisée, elles voulaient que tu te reposes le plus possible. Elles savaient que si elles te le disaient, tu allais te précipiter ici.
–Bien sûr que je me serais précipité pour te serrer dans mes bras, je me serais précipité pour te voir enfin vivante et tellement belle.
–Promet moi de rester gentille avec elles, promet moi.
–Je veux bien te promettre, mais elles savent que je ne vis que pour toi, c'est moi qui t'ai accueilli le jour de ton accident, tu étais si fragile, presque morte dans mes bras, j'en garde un souvenir indélébile, j'en fais des cauchemars presque toutes les nuits. Je ne venais travailler que pour m'occuper de toi, te titiller, essayer de te faire réagir, te ramener à la vie.
–Et je l'ai fait en ton absence.
–Ça, je m'en fous, le principal, c'est que tu l'ai fait, merci de t'être réveillée ma chérie, je vais pouvoir revivre et ne plus avoir de cauchemars.
Le docteur entre à ce moment-là, Joséphine se lève et l'enlace.
–Je te l'avais dit Charles, elle s'est réveillé, elle est revenue parmi nous, avoue que tu commençais à douter.
–Oui, tu as raison, mes doutes étaient de plus en plus sérieux. Tu étais la seule à attendre son réveil, la seule qui y croyais fermement.
–Avec Julie et Emilie, merci Charles, merci de nous avoir laissé nous occuper d'elle malgré tes doutes.
–Se réveiller après huit ans de comas, ça n'est jamais arrivé, d'autant, qu'elle semble ne pas avoir subi de dommages importants.
–Elle est réveillée Charles, elle vit de nouveau.
–Rien n'est définitif en médecine, j'avais des doutes, mais surtout l'espoir secret que je me trompais.
Elle l'enlace à nouveau, l'embrasse et revient vers moi pour me serrer encore une fois dans ses bras.
–Allez ma chérie, il faut se remuer les fesses, enfile quelque chose, nous allons faire des exercices, je veux te voir disparaitre de cet hôpital dans deux jours, pas un de plus.
–Tu ne veux plus me voir, c'est ça ?
–Ne dis pas de bêtises ma chérie, tu sais très bien que tu vas me manquer, mais que j'en serai très heureuse.
–De toute manière, je compte bien venir vous voir souvent, bien que je ne vous connaisse pas toutes.
–C'est vrai, mais nous, nous te connaissons très bien et nous t'aimons toutes comme notre propre fille, huit ans à nous occuper de toi tous les jours, ça ne peut pas ne pas laisser de traces. Et encore, il y a Emilie qui a été mutée à Rangueil il y a deux ans, elle était avec moi et Julie quand tu es arrivée inconsciente.
–Elle sait que je me suis réveillée ?
–Je ne sais pas, elle ne l'était pas ce matin quand nous nous sommes séparées pour le boulot, mais je vais m'en assurer, elle va se précipiter, j'en suis sûre, elle vient tous les samedis passer des heures avec toi pour te parler, elle va être folle de joie.
Je me lève, mais ma tête tourne et je manque de tomber par terre. Julie me rattrape de justesse en passant son bras droit autour de ma taille. Elle me plaque contre elle, une agréable sensation m'envahit, j'aime bien être contre elle. Je me reprends, mais je réalise que je ne pourrais pas taper dans la balle comme disait papa, il faut d'abord que je puisse marcher sans avoir besoin de soutient.
–Il va y avoir un problème, je ne tiens pas en équilibre.
–J'ai vu, nous allons faire des exercices plus faciles, ne t'en fais pas, ça va revenir assez rapidement, le temps que ton cerveau réapprenne la verticale, il est resté huit ans à l'horizontale.
–D'accord.
–Allez, au travail.
Elle me prend le bras et me fait marcher dans la pièce, je me sens de mieux en mieux, mais surtout, j'aime de plus en plus le contact avec Julie. En descendant une marche, le haut de ma robe baille, je mets un certain temps à la rabattre. Je suppose que s'il ne faut pas montrer mon pubis, il ne faut pas montrer mes seins, il va falloir d'ailleurs que je m'y fasse, c'est nouveau pour moi ces deux demi-sphères en haut de mon thorax.
–Je vois que tu commences à assimiler le fait que tu sois une femme adulte.
–Oui, et je n'arrive pas encore à bien réaliser que je suis une femme, je ne te garantis pas de toujours réagir, surtout que je n'aime pas beaucoup les vêtements.
–Je vois, tu es habituée à vivre nue chez toi, tes parents sont naturistes.
–Oui, chez moi et aussi en vacances dans notre mobil-home à Agde.
–Ne t'en fais pas, je connais ton corps par cœur, je suis une des personnes qui venait faire ta toilette. J'ai vu ton corps sous tous les angles, je t'ai vu passer de petite fille à superbe jeune fille.
Je ressens une chaleur sur mes joues, je dois être très rouge.
–Ne rougis pas Mélodie, tu es magnifique, et dans un hôpital, ce n'est pas rare de voir des personnes nues surtout quand elles sont dans l'état dans lequel tu étais. Il faut bien les laver, nous te donnions même une douche tous les samedis, il fallait qu'on soit trois. Depuis quatre ans, ta sœur participait très souvent à tes soins, même ta douche.
–Vous deviez vous mouiller.
–Oui, mais nous nous déshabillions, nous n'allions pas te donner une douche habillées. Ça faisait beaucoup rire ta sœur de nous voir toutes nues en train de savonner ton corps et de passer toutes sous la cascade pour te rincer. Je dois dire que c'était un des seuls moments où nous étions un peu plus détendues.
–Très bien, je serais plus à l'aise avec toi.
–Et avec Isabelle, Carole, Mylène, Emmanuelle et surtout Joséphine, tous les matins, elle pleurait à chaque fois qu'elle te voyait dans cet état en arrivant. Personne d'autre ne t'approchait quand elle était de service. Elle a passé ces huit ans à s'occuper de toi, elle n'a pas pris de congés depuis ton arrivée je crois, elle ne voulait pas te quitter. Il a fallu que la direction la menace de la muter ailleurs pour qu'elle consente à prendre un jour de repos par semaine. Elle sera là demain, la première chose qu'elle fera en arrivant, c'est de venir te voir, avant même de se changer pour travailler. Quand elle te verra réveillée, attends toi à subir la démesure d'une magnifique black surexcitée et folle de joie.
–Vous ne l'avez pas encore prévenue de mon réveille ?
–Non, elle se serait précipitée vers toi, elle est de repos après douze jours d'affilés à travailler, elle a dû remplacer une collègue, elle était très fatiguée, nous avons voulu la préserver. Mais nous savons que nous allons en subir les conséquences demain, elle sera folle furieuse qu'on l'ai laissé dans l'ignorance.
–Ok, je l'attends demain.
–Redresse toi dès que tu peux, elle te verra mieux.
–Ok.
–Quand elle te verra, je ne pense pas pouvoir trouver une femme plus heureuse qu'elle dans le monde.
Nous avons passé le reste de la journée à marcher et surtout à faire des exercices de gymnastique. Maman et Margot sont venues me voir au milieu de l'après-midi, je me sens de mieux en mieux, mais il y a toute une serie de test à effectuer, je suis encore là pour deux jours au minimum. Margot m'a amené des jupes, des tee-shirt et deux corsages à elle, il n'y a pas de culotte ni de soutien-gorge, je m'en étonne.
–Je n'en porte jamais comme maman, nous n'en voyons pas l'intérêt.
–Ok, pas de sous-vêtement.
–Fondement à l'air et les roberts libres, c'est très sympa, tu verras.
Je n'ai rien compris de ce langage, mais je fais comme si.
En fin d'après-midi, nous retournons dans ma chambre, Julie a l'air soucieuse.
–Tu es triste Julie ?
–Non, pas du tout, au contraire, je suis folle de joie que tu sois revenue parmi nous, mais je redoute l'avenir.
–Et pourquoi ?
–Tu es restée dans le comas huit ans, tu avais dix ans, tu devais entrer en sixième, maintenant, tu as dix-huit ans, le physique d'une fille de dix-huit ans, mais tu résonne encore comme une petite fille de dix ans. Il va falloir que tu sois forte, que tu travailles dur pour rattraper le temps perdu, les deux ou trois années qui s'annoncent vont être très dures pour toi.
–Pourquoi ?
–Pour te remettre au niveau, ta maman m'a dit que tu étais d'une grande intelligence et très en avance pour ton âge, comme ta sœur d'ailleurs, mais il va falloir acquérir en deux ou trois ans des connaissances que tout un chacun acquière en huit ans.
–Tout un chacun ?
–Excuse-moi, ça veut dire tout le monde, ta sœur entre à Supaéro après avoir passé le concours des grandes écoles, elle est en avance de deux ans, tu vas suivre les cours de sixième, ça va être dur pour toi.
–Supaéro, c'est une grande école n'est-ce pas ?
–Oui, l'école supérieure d'aéronautique qui forme des ingénieurs pour l'aviation.
–C'est vrai, on veut toutes les deux construire des avions.
–Et bien, elle va bientôt pouvoir le faire.
–En tout cas, je préfère être comme je suis que d'être dans un état végétatif comme à dit le docteur. De toute manière, je ne veux pas passer le reste de ma vie à essayer de rattraper ces huit ans de retard, je me donne deux ans pour passer le bac, papa nous disait que c'était très important de le passer et d'avoir une mention.
Elle m'enlace en me serrant très fort contre son corps, je sens ma poitrine s'écraser sur la sienne, j'en ressens un agréable frisson, je me colle encore plus contre elle, une onde très agréable circule dans mon corps.
–Voilà une Mélodie que j'aime, tu vas te battre et tu vas gagner. Allez, viens avec moi à la cantine de l'hôpital, nous allons manger ensemble, j'ai l'autorisation du docteur Jessoigne. Tout le personnel veut t'embrasser, la nouvelle de ton réveil s'est répandu comme une trainée de poudre, et il a mis en joie tout l'hôpital.
Je la suis dans les couloirs de Purpan, même dans des souterrains, quand nous arrivons à la cantine, tout le monde se lève et se précipite sur moi, je commence à paniquer mais Julie fait la police, je suis enlacée, embrassée, félicitée, tout le monde veut me toucher et me montrer sa joie de me voir ainsi. Mais je dois dire que j'ai aussi senti des mains glisser sur mes fesses nues et mon dos, j'en ai eu des frissons de plaisir, même en bas de mon ventre.
Nous avons fini par retourner dans ma chambre pour que je me couche, la journée a été assez longue, je suis épuisée. Machinalement, j'enlève ma robe pour me coucher, je vois que Julie me regarde intensément, ses yeux vont dans toutes les directions, elle me détaille, je ne comprends pas pourquoi, elle m'a vu dans le lit depuis huit ans.
–Tu es vraiment une fille splendide, il ne te manque que quelques kilos, j'espère que tu seras heureuse dans ta vie.
–ne t'en fais pas pour les kilos, je vais vite les récupérer, je veux être comme Margot.
–Tu as raison, elle est magnifique elle aussi.
Je me couche tel quel, je n'aime pas cette blouse informe que l'hôpital donne à tous ses patients, je la pose sur la chaise. Julie vient vers moi, elle se penche pour déposer un baiser sur mon front.
–Bonne nuit ma chérie, je dois moi aussi rentrer chez moi, je ne suis pas de service demain, on se revoit dans deux jours, je vais enfin pouvoir passer une bonne journée de repos et penser à toi en souriant.
–Bonne nuit Julie, à mardi.
–Tu sais, je suis folle de joie de te voir comme tu es en ce moment, mais je ne peux m'empêcher de penser que dans trois jours maximum, tu vas nous quitter pour toujours, tu vas me manquer, et je peux te dire que je ne suis pas la seule.
–Je viendrai vous voir, promis.
–J'y compte bien.
Elle quitte la chambre avec un grand sourire, je me détends, je suis bien, certes un peu fatiguée, mais sereine, je m'endors très rapidement. Le lendemain, une infirmière vient prendre ma tension, elle se penche sur moi pour déposer un baiser rapide sur mon front. Je le regarde un peu étonnée de ce geste.
–Bonjour Mélodie chérie, ne sois pas étonnée, je te faisais ça tous les jours quand je venais prendre ta tension, tu ne peux pas savoir ce que je ressens à pouvoir te le faire en te regardant dans les yeux.
–Je sais, je vous en suis tellement reconnaissante.
–Tu es devenue notre emblème, la preuve qu'il faut se battre pour arriver à quelque chose.
Après avoir pris ma tension, elle pose de nouveau ses lèvres sur mon front et quitte la pièce avec un sourire radieux. Une aide-soignante vient m'apporter mon petit déjeuner, café, une tartine beurrée et du lait. Je préviens l'aide-soignante que je déteste depuis toujours le lait mais je n'ai jamais bu de café, je goûte, c'est amer, je déteste, l'aide-soignante me le sucre, même chose. Elle me propose du thé, j'accepte, mais avec du sucre. Elle s'en va avec le plateau et revient avec un autre, une tasse de thé fumant et une seconde tartine beurrée.
–Je trouve qu'une tartine, ce n'est pas assez.
–C'est gentil, merci.
–Je te quitte, mais prend ton petit déjeuner assez vite, Joséphine ne va pas tarder, et quand elle va te voir réveillée, elle va se transformer en ouragan.
–Julie m'a déjà prévenue, ok, je vais faire vite.
Elle quitte la chambre, je me jette sur les tartines, le thé sucré est agréable à boire, je sais maintenant ce que je prendrai au petit déjeuner. Une fois mon petit déjeuner fini, le pose le plateau sur la table de nuit à côté du lit, je reste à moitié assise adossée aux oreillers, je rêvasse lorsque je vois une jolie femme noire ouvrir la porte de la chambre en regardant mon lit l'air triste, ce ne peut être que Joséphine, j'attends l'ouragan de pied ferme. Soudain, son visage change, elle ouvre de grands yeux, elle crie.
–Mélodie, ma chérie.
Elle se précipite sur moi, elle m'enlace et me couvre de baiser, elle pose sa tête sur mon épaule, je sens qu'elle a des soubresauts. Je lui prends la tête, elle est en larmes, je la serre contre moi, rien n'y fait, elle pleure à chaudes larmes, je ne cherche pas à la calmer, je sais que c'est de bonheur. Je ferme les yeux, je veux la laisser contre moi exprimer sa joie, même si c'est en pleurant. Au bout d'un long moment, elle se redresse, elle prend mon visage dans ses mains, c'est à ce moment que je vois une dizaines d'infirmières dans le couloir, elles veulent voir la réaction de Joséphine.
–Tu es réveillée ma chérie, tu es réveillée, quel bonheur, je savais que tu le ferais, je le savais, comment vas-tu ?
–Très bien Joséphine, très bien, et encore mieux maintenant que je sais que tu es là pour moi.
–Comment connais tu mon prénom ?
–On m'a prévenu de ton arrivée hier, je dois dire que d'après ce qu'on m'a dit, je m'attendais à plus d'exubérance.
–Tu es réveillée depuis hier !!!
–Oui.
–Et elles ne m'ont pas prévenues ?
–Elles voulaient que tu te reposes.
–Et bien, elles vont voir ce que c'est que l'exubérance de Joséphine bien reposée et en colère, il va y avoir un massacre à la tronçonneuse.
–Soit gentille, elles l'on fait pour que tu te reposes, tu avais travaillé pendant douze jours d'affilés, elles savaient que tu étais épuisée, elles voulaient que tu te reposes le plus possible. Elles savaient que si elles te le disaient, tu allais te précipiter ici.
–Bien sûr que je me serais précipité pour te serrer dans mes bras, je me serais précipité pour te voir enfin vivante et tellement belle.
–Promet moi de rester gentille avec elles, promet moi.
–Je veux bien te promettre, mais elles savent que je ne vis que pour toi, c'est moi qui t'ai accueilli le jour de ton accident, tu étais si fragile, presque morte dans mes bras, j'en garde un souvenir indélébile, j'en fais des cauchemars presque toutes les nuits. Je ne venais travailler que pour m'occuper de toi, te titiller, essayer de te faire réagir, te ramener à la vie.
–Et je l'ai fait en ton absence.
–Ça, je m'en fous, le principal, c'est que tu l'ai fait, merci de t'être réveillée ma chérie, je vais pouvoir revivre et ne plus avoir de cauchemars.
Le docteur entre à ce moment-là, Joséphine se lève et l'enlace.
–Je te l'avais dit Charles, elle s'est réveillé, elle est revenue parmi nous, avoue que tu commençais à douter.
–Oui, tu as raison, mes doutes étaient de plus en plus sérieux. Tu étais la seule à attendre son réveil, la seule qui y croyais fermement.
–Avec Julie et Emilie, merci Charles, merci de nous avoir laissé nous occuper d'elle malgré tes doutes.
–Se réveiller après huit ans de comas, ça n'est jamais arrivé, d'autant, qu'elle semble ne pas avoir subi de dommages importants.
–Elle est réveillée Charles, elle vit de nouveau.
–Rien n'est définitif en médecine, j'avais des doutes, mais surtout l'espoir secret que je me trompais.
Elle l'enlace à nouveau, l'embrasse et revient vers moi pour me serrer encore une fois dans ses bras.
–Allez ma chérie, il faut se remuer les fesses, enfile quelque chose, nous allons faire des exercices, je veux te voir disparaitre de cet hôpital dans deux jours, pas un de plus.
–Tu ne veux plus me voir, c'est ça ?
–Ne dis pas de bêtises ma chérie, tu sais très bien que tu vas me manquer, mais que j'en serai très heureuse.
–De toute manière, je compte bien venir vous voir souvent, bien que je ne vous connaisse pas toutes.
–C'est vrai, mais nous, nous te connaissons très bien et nous t'aimons toutes comme notre propre fille, huit ans à nous occuper de toi tous les jours, ça ne peut pas ne pas laisser de traces. Et encore, il y a Emilie qui a été mutée à Rangueil il y a deux ans, elle était avec moi et Julie quand tu es arrivée inconsciente.
–Elle sait que je me suis réveillée ?
–Je ne sais pas, elle ne l'était pas ce matin quand nous nous sommes séparées pour le boulot, mais je vais m'en assurer, elle va se précipiter, j'en suis sûre, elle vient tous les samedis passer des heures avec toi pour te parler, elle va être folle de joie.
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