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Couverture de Delphine en Périgord, par Docile20A
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Delphine en Périgord — Chapitre 10 · Le goût de nous

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Delphine en Périgord

Chapitre 10 · Le goût de nous

Elle reste un instant à me regarder, le silence qui suit ses mots encore chaud entre nous. Puis elle esquisse un sourire. Petit, lent, presque secret. Ses yeux ne me quittent pas. Elle pose les deux mains sur ses cuisses, juste au-dessus des genoux, et elle les écarte. Pas largement. Juste assez. Sa minijupe glisse un peu plus haut sur ses hanches. Dans l’ombre du tissu, son sexe réapparaît. Nu. Encore un peu ouvert de tout à l’heure, encore un peu gonflé. Je le vois clairement entre ses cuisses, la fente fine, les lèvres qui se dessinent, un peu de moi qui brille encore sur elle.
— C’est à moi de vous soigner, Guillaume.
Le vouvoiement tombe, doux et net. Il m’émeut. Ce n’est plus le hasard de tout à l’heure, ni la provocation légère devant les touristes. C’est devenu presque un rituel. Le signal qu’elle ouvre le bal, qu’elle reprend la place qu’elle s’est donnée dans la chapelle, celle de la petite princesse qui se fait catin et qui aime le dire. Sa voix est basse, claire, sans honte.
— Venez me lécher. Je suis sûre qu’après vous aurez chassé toutes ces idées noires.
Je me lève. Mes jambes sont un peu raides d’être resté assis. Je fais le tour de la table basse. Je m’agenouille devant elle, sur le parquet. La lumière de la pièce est douce, elle tombe de côté, elle éclaire ses genoux et laisse son sexe dans une ombre tiède. Je m’avance. Mes mains se posent sur ses cuisses, je les écarte un peu plus. Elle se laisse faire. Son sexe est là, tout près de mon visage. L’odeur monte tout de suite, chaude, intime, mêlée de nous deux. Celle de tout à l’heure, mais plus riche maintenant, plus sucrée, un peu salée. J’ai une envie forte, immédiate, de la goûter. Pas seulement de la lécher. De la prendre dans ma bouche, de la boire, de la connaître avec la langue.
Je m’approche encore. Mon souffle touche sa peau avant ma bouche. Elle frissonne. Je pose les lèvres sur elle, tout en bas, là où elle est encore un peu humide de moi. Le goût arrive, dense, chaud, un peu amer et sucré en même temps. Je la lèche. Lentement d’abord. Un long passage de la langue, de bas en haut, qui ouvre un peu plus ses lèvres. Elle est chaude. Trempée. La texture est soyeuse sous ma langue, presque liquide par endroits, plus ferme sur le petit bouton qui se dresse déjà. Je m’attarde là. Je la goûte vraiment. Je la prends. Chaque passage me donne plus d’elle, cette saveur qui m’appartient maintenant, qui m’avait manqué sans que je le sache. Mes mains remontent sur ses cuisses, les gardent ouvertes. Je la lèche plus profondément, le nez contre sa peau, la langue qui entre un peu, qui revient, qui tourne. Elle soupire. Un son bas, presque un gémissement retenu. Son goût se répand dans ma bouche. J’en veux encore. Plus. Tout.
Je reste à genoux devant elle. Mes mains tiennent ses cuisses ouvertes, les pouces qui caressent la peau fine à l’intérieur, là où elle est plus chaude. Je la lèche profondément. Pas en surface. Ma langue s’enfonce, sort, revient, large et lente, puis plus précise. Elle est trempée de nous deux. Mon sperme d’avant, encore un peu présent, se mêle à sa liqueur nouvelle. Le goût est fort, intime, salé et sucré en même temps. Je le prends tout entier. Je le bois presque. Chaque passage de ma langue me donne plus d’elle, cette saveur qui m’appartient maintenant, qui m’avait manqué.
La joie revient pendant que je la lèche. Elle monte doucement, sans bruit, dans ma poitrine d’abord, puis dans mon ventre. Les idées noires d’Isabelle, du Tarn, de la dépendance, elles s’éloignent. Il ne reste que sa chaleur contre mon visage, son odeur qui me remplit, le goût qui me nourrit. Je suis là, entier, à elle. Mes lèvres se referment autour de son petit bouton. Je le suce doucement, la langue qui tourne dessus, qui le caresse par en dessous. Elle est gonflée, sensible. Je le sens sous ma langue, qui pulse un peu déjà.
— Oh mon Dieu…
Sa voix est basse, presque étonnée. Elle revient, ce « oh mon Dieu » qu’elle avait dans la chapelle. Elle pose une main sur ma tête, les doigts qui se referment dans mes cheveux, pas pour me guider, juste pour me tenir. Je continue. Attentif. Je lèche plus bas, là où elle est ouverte, où je peux entrer un peu avec la langue, puis je remonte, lent, mouillé d’elle et de moi. Ma salive se mêle à tout le reste. Le bruit est doux, humide, intime. Je la goûte encore et encore. J’en veux plus. Je veux la sentir jouir sur ma langue.
Elle se cambre un peu. Ses cuisses s’écartent davantage. Elle ne se retient plus.
— Oh mon Dieu… oui… là…
Je reste là. Je la prends plus profondément. Ma langue entre, sort, revient sur son clitoris, le caresse par petits cercles lents, puis plus appuyés. Elle est trempée. Le goût devient plus fort, plus clair. Sa main se crispe dans mes cheveux. Son ventre se soulève. Je sens la vague qui monte en elle, douce mais profonde. Pas le cri déchiré de tout à l’heure. Quelque chose de plus intérieur. Son sexe se contracte autour de ma langue. Elle jouit. Longuement. Ses cuisses tremblent contre mes joues. Elle pousse un long gémissement, presque un murmure rauque.
— Oh mon Dieu… je… oh mon Dieu…
Elle se donne. Sa liqueur coule, chaude, abondante. Je la bois. Je la lèche encore pendant qu’elle jouit, attentif, sans précipitation, pour la porter jusqu’au bout. La joie est là, pleine, dans ma bouche, dans mes mains qui tiennent ses cuisses, dans le silence de la pièce où seuls nos souffles se mêlent. Elle reste ouverte, tremblante, pendant que je continue de la goûter, doucement maintenant, pour ne rien perdre d’elle.
Elle reste un moment les cuisses ouvertes, le souffle encore un peu court, pendant que je continue de la lécher doucement, pour ne rien perdre. Puis elle se détache. Lentement. Ses doigts quittent mes cheveux. Elle se redresse, se lève. Sa minijupe retombe un peu, mais pas assez pour cacher ce que je viens de goûter. Elle me tend la main. Je la prends. Elle me tire doucement, me fait me relever, me guide jusqu’au canapé. Elle m’y allonge. Je m’installe sur le dos. Elle reste debout un instant à me regarder, puis elle s’agenouille entre mes jambes.
— J’aime bien être ta petite putain. À moi de te faire du bien.
Sa voix est basse, claire, presque tendre dans la crudité. Elle ne rougit plus. Elle se donne le mot, et elle le prend. Ses mains descendent. Elles ouvrent mon pantalon, le baissent avec mon boxer. Tout glisse le long de mes cuisses. Mon sexe apparaît, raide, tendu, déjà brillant un peu au bout. Il est dur d’avoir eu son goût dans la bouche, d’avoir senti son sexe se contracter sur ma langue, d’avoir bu sa jouissance. Elle le regarde. Ses yeux remontent vers les miens. Elle sourit, petit, vrai.
Elle se penche. Sa bouche s’approche. Je sens son souffle d’abord, chaud, sur la peau sensible. Ses lèvres se posent sur le gland, douces, presque un baiser. Puis elle ouvre la bouche. Elle me prend. Lentement. Sa langue tourne, chaude et mouillée, autour du bout. Elle me regarde. Ses yeux restent dans les miens pendant qu’elle descend un peu plus, qu’elle me prend plus profond. Sa main se referme autour de la base, elle me tient, elle me guide. L’autre main caresse mes cuisses, remonte, redescend. Elle se donne. Entièrement. Elle n’a pas d’autre but que de me faire du bien, de me prendre dans sa bouche, de me faire plaisir.
Elle monte et descend, lente d’abord, attentive. Sa langue ne s’arrête pas. Elle lèche sous le gland, là où c’est plus sensible, puis elle m’engloutit à nouveau. Le bruit est doux, humide. Sa salive coule un peu le long de mon sexe, chaude. Elle me prend plus profond. Ses lèvres se serrent. Elle aspire doucement en remontant, puis elle redescend. Ses yeux ne me quittent presque pas. Quand elle les ferme un instant, c’est pour mieux se concentrer, pour mieux me sentir dans sa bouche. Elle gémit un peu, autour de moi. Le son vibre. Elle aime ça. Elle aime me faire du bien.
Elle accélère. Pas brutalement. Juste assez. Sa main accompagne sa bouche, elle monte et descend avec elle. Elle me prend jusqu’au fond, presque, puis elle revient lécher le bout, le sucer, le caresser avec la langue. Elle se donne. Elle veut me faire jouir. Je le sens dans la façon dont elle me regarde, dans la façon dont sa bouche se referme, dans la façon dont elle ne se retire pas quand je gonfle un peu plus. Sa main libre vient caresser mes couilles, douce, attentive. Elle me prend tout entier. Elle est là, à genoux entre mes jambes, la minijupe relevée, les cheveux qui tombent un peu sur son visage, et elle se donne totalement pour me faire du bien, pour me faire plaisir, pour me porter jusqu’au bout.
Je pose une main sur sa tête. Pas pour la forcer. Juste pour la tenir. Elle continue. Sa bouche est chaude, mouillée, parfaite. Elle me lèche, elle me suce, elle me prend, et elle ne s’arrête pas.
C’est la première fois que sa bouche avale mon sexe. Je le sens tout de suite. Elle n’a pas d’habitude, mais elle a de l’envie. Elle est gourmande. Elle me prend plus profond qu’elle ne devrait, comme si elle voulait tout connaître d’un coup. Sa langue est partout. Elle lèche sous le gland, elle tourne, elle presse. Puis elle descend. Ses lèvres glissent le long de la hampe, chaudes, serrées. Elle s’arrête un instant, le souffle court par le nez, et elle reprend. Ses yeux restent dans les miens. Le regard est presque lubrique. Elle aime ce qu’elle fait. Elle aime me voir la regarder pendant qu’elle me prend.
Ses mains ne restent pas sages. L’une tient la base, elle monte et descend avec sa bouche. L’autre descend plus bas. Elle caresse mes couilles, douce d’abord, puis elle les prend dans sa paume, elle les soulève un peu, elle les masse. Le contact est chaud, attentif. Elle excite tout mon bas-ventre. Ses doigts glissent derrière, sur le périnée. Elle appuie là, doucement, là où ça pulse. Puis elle va plus loin. Un doigt, léger, qui suit la raie des fesses, qui caresse sans entrer, juste pour me faire frissonner. Elle veut tout. Elle veut que je sente qu’elle est partout.
Elle me lâche un instant. Mon sexe sort de sa bouche, brillant de sa salive, tendu. Elle le regarde, puis elle me regarde.
— Oh mon Dieu… qu’elle est bonne.
Sa voix est rauque, basse. Elle replonge. Elle me reprend d’un coup, plus profond. Sa langue revient, active. Elle suce fort en remontant, elle lèche en descendant. Je sens la vague qui monte, dense, inévitable. Pour cette première fois, je ne sais pas. Je ne sais pas si je dois jouir dans sa bouche ou me retirer. Mes mains se posent sur ses épaules. Je pourrais la repousser. Je pourrais sortir.
Mais c’est elle qui décide. Elle sent que je vais venir. Elle pose une main sur ma hanche, ferme, et elle me garde. Elle me regarde, la bouche encore pleine de moi, et elle parle contre ma peau, la voix étouffée mais claire.
— Laisse-toi aller. Laisse-toi jouir.
Elle replonge. Elle m’avale. Succion forte, langue qui tourne, gorge qui se serre un peu quand elle descend trop. Elle ne s’arrête plus. Elle me prend jusqu’au fond, elle remonte, elle redescend. Je n’y tiens plus. La jouissance arrive, brutale. Je jouis fort, très fort. Mon ventre se contracte. Je me répands dans sa bouche, par jets longs, chauds, abondants. Elle ne se retire pas. Elle me garde. Elle me regarde pendant que je jouis. Ses yeux restent dans les miens, ouverts, presque avides. Elle avale. Je le sens. Sa gorge travaille. Elle prend tout. Elle ne laisse rien. Elle continue de me sucer doucement pendant que je me vide, pour ne rien perdre, pour me porter jusqu’à la dernière vague.
Quand je redescends, elle me lâche enfin. Lentement. Elle avale une dernière fois. Ses lèvres brillent. Elle me regarde encore, le souffle un peu court, et elle sourit. Petit. Vrai. Elle a tout pris.
Elle glisse sur moi. Lentement. Son corps remonte le long du mien, chaud, encore un peu tremblant. Je sens les pointes de ses petits seins d’abord, dures, qui glissent sur mon ventre, qui tracent une ligne sur ma peau, puis qui montent sur mon torse. Elles s’écrasent un peu contre moi quand elle se blottit. Elle pose sa tête contre mon cou. Son souffle est chaud, un peu court. Elle est belle. Tellement désirable. La minijupe est toujours relevée sur ses hanches. Son sexe, encore ouvert, encore humide, se pose contre ma cuisse. Je sens sa chaleur. Je la prends dans mes bras. Une main dans son dos, l’autre qui caresse ses cheveux.
Je prends son visage entre mes mains. Doucement. Mes pouces sur ses joues. Je la regarde une seconde. Ses yeux sont grands, encore un peu voilés. Je l’embrasse. À pleine bouche. Pas un baiser léger. Un vrai. Mes lèvres sur les siennes, ma langue qui cherche la sienne. Elle semble surprise. Je le sens. Elle vient de me prendre dans sa bouche, de recueillir mon sperme, de l’avaler. Elle ne s’attendait pas à ça. Peut-être qu’elle pensait que je me retirerais, que je garderais une distance. Je ne veux rien lui prouver. Je veux juste qu’elle comprenne. Qu’elle est tout à la fois. Ma jolie petite princesse. Ma petite putain. Ma salope. Que rien de ce qu’elle m’offre ne peut me rebuter. Que je veux qu’on prenne du plaisir à être ensemble, entièrement, sans retenue et sans honte.
Elle hésite une seconde. Puis sa langue se réveille. Elle accepte. Elle se donne. Elle ouvre la bouche. Sa langue vient chercher la mienne, chaude, un peu salée encore de moi. Le baiser devient profond. Intense. Elle se presse contre moi. Ses petits seins s’écrasent sur mon torse. Ses mains viennent autour de mon cou. Elle me rend le baiser. Elle ne se cache plus. Elle se donne entièrement, comme elle s’est donnée tout à l’heure, et je la prends, je la goûte, je la tiens, pour qu’elle sache que tout ce qu’elle est, ici, avec moi, est exactement ce que je veux.
Nos bouches se séparent. Lentement. Nos souffles restent mêlés un instant, chauds, un peu courts. Elle ne s’éloigne pas. Son front reste contre le mien. Ses yeux sont grands, encore un peu voilés, mais clairs. Elle me regarde. Elle ouvre la bouche. Sa voix est basse, presque un murmure, mais chaque mot est net. Elle ne dit pas « je t’aime ». Elle n’a pas besoin. Ça transpire dans tout ce qu’elle dit.
— Je ne sais pas ce que tu m’as fait, Guillaume. Vraiment. Avant toi, je ne pensais pas que je pouvais être comme ça. Pas seulement… ouverte. Pas seulement… les mots. Tout. Dans la chapelle, quand je me suis entendue dire ces choses, j’ai eu peur après. Peur de ce qui sortait. Peur de ne plus me reconnaître. Et puis tu m’as regardée. Tu m’as prise. Tu n’as rien jugé. Et là, ici, quand je t’ai pris dans ma bouche… quand j’ai avalé… je n’aurais jamais cru que je le ferais. Jamais. Et je l’ai fait. Parce que c’était toi. Parce que j’en avais envie. Parce que je voulais te faire du bien.
Elle s’arrête une seconde. Ses doigts caressent ma joue, légers. Sa voix tremble un peu, mais elle ne baisse pas les yeux.
— J’aime te connaître. J’aime ce que tu me donnes. L’intensité. Ce n’est pas seulement le sexe. C’est… tout. La façon dont tu me regardes. La façon dont tu me prends sans me réduire. J’ai l’impression que je peux être tout avec toi. La fille sage. Celle qui rougit. Et celle qui dit des choses sales. Celle qui se met à genoux. Celle qui jouit en hurlant. Celle qui te lèche et qui avale. Je veux être tout ça. Avec toi. Je veux continuer. Je veux que tu me fasses découvrir encore. Que tu me prennes encore. Que tu me laisses te prendre. Je ne veux pas que ça s’arrête. Je ne veux pas redevenir seulement celle que j’étais avant.
Elle pose sa main sur mon cœur. Elle le sent battre. Ses yeux brillent un peu. Elle ne dit pas le mot. Mais il est là, dans chaque phrase, dans la façon dont elle se donne, dans la façon dont elle me regarde. Ça me touche. Profondément. Plus que je ne l’aurais cru. Je reste silencieux. Je la serre un peu plus fort contre moi. Elle se blottit. Son souffle contre mon cou. Et dans le silence de la pièce, avec sa chaleur sur moi, je sens que quelque chose vient de se poser entre nous. Quelque chose de vrai.
Je rentre. La route est courte, mais elle me paraît longue. Je laisse Delphine derrière moi, sa chaleur, ses mots, le goût de sa bouche encore sur la mienne. Chez Isabelle, ce n’est pas chez moi. Je le sais. Elle me le rappelle assez souvent, d’une phrase, d’un regard, d’un silence. Tant que je n’ai pas de pied-à-terre, je suis bien obligé d’accepter ça. L’affront. Tant que je bricole, que je peins, que je répare, tout va à peu près. Dès que c’est fini, j’ai droit à ses réflexions.
Le seuil franchi, je la trouve. Mine des mauvais jours. Les bras croisés. Le regard déjà chargé.
— Tu étais où ?
— Une séance de magnétisme.
— Encore ?
Elle soupire. Fort.
— Moi, rien. C’est un trou pommé, ici. Ils ne comprennent rien.
Elle marque une pause. Son ton monte d’un cran.
— C’est pas cool de me laisser terminer la peinture toute seule.
Je pose mes clés. Je la regarde. Ma voix reste calme.
— Écoute, Isabelle. Tu es bien gentille, mais comme tu me l’as si bien dit, je ne voudrais pas polluer ce lieu par mes mauvaises énergies.
Elle fulmine. Je le vois. Ses lèvres se pincent. Elle ne répond pas tout de suite. Je n’attends pas. Je traverse. Je vais dans la véranda. Je prends un bouquin sur la pile. Je m’assois. J’ouvre. Les mots défilent. Je ne les lis pas vraiment. Je les suis des yeux.
Elle tourne. Elle vire. Je l’entends dans la cuisine, puis dans le couloir. Elle revient. Elle s’assoit en face de moi. Un moment passe. Elle parle.
— Ma mère ne se sent pas bien. Je vais aller la voir pour quelques jours. Elle a besoin de moi.
Intérieurement, je saute. Un vrai soulagement. Mais je ne laisse rien paraître. Je tourne une page.
— Tu pars quand ?
— Demain. En début d’après-midi.
— Et pour combien de temps ?
— Au moins la semaine.
Comme d’habitude. Il faut lui tirer les vers du nez. Elle ne donne rien. Elle attend qu’on demande.
Elle me regarde. Son ton change un peu. Plus calculé.
— Guillaume, franchement, tu peux terminer la peinture pendant mon absence.
Si je dis non, je sais ce qui arrive. Le refrain. Je te loge. Je te blanchis. Tu pourrais au moins… Je n’ai pas envie. Pas aujourd’hui.
— Oui. Bien sûr. Tu as avancé.
Elle souffle. Un « pfff » las.
— Je ne sais pas comment faire.
Je lève la tête de mon livre. Je la regarde. Vraiment.
— Pars tranquille. Je vais terminer.
Elle hoche la tête. Un petit mouvement. Elle se lève. Elle s’éloigne. Je reste avec le livre ouvert sur les genoux. Dehors, la lumière baisse. Demain, elle part. Et moi, ici, seul. Avec la peinture. Et avec Delphine, quelque part, pas loin.
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Chapitre 11 · Seul ce soir
Au réveil, la maison pèse d'un poids que Guillaume ne sait pas tout à fait nommer. La nuit vient de passer, Isabelle est là, et pourtant son esprit est ailleurs, accroché à une autre présence. Entre le silence du matin et les petites obligations du quotidien, quelque chose en lui résiste, attend, retient son souffle. Jusqu'où ce désir souterrain va-t-il le mener ?
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