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Couverture de Sous l’emprise du désir, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sous l’emprise du désir — Chapitre 1 · Le jour où tout recommence

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Galaxie rouge
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Sous l’emprise du désir

Chapitre 1 · Le jour où tout recommence

Note de l'auteur

Je ne l'ai pas vu venir. Ce trouble, ce feu lent qui s'insinue sans bruit. Je l'ai simplement vu apparaître un matin, sur le pas de ma terrasse, les cheveux en bataille, les joues rouges d'émotion, et ce regard trop franc pour son âge. Kévin. Mon jardinier. Dix-huit ans à peine. Il avait cette maladresse charmante, cette innocence désarmante, et sous ses gestes mal assurés, une tension à peine contenue qui m'a intriguée dès les premiers instants.

Je n'avais rien prévu. Ni la chaleur dans mon ventre quand il me vouvoyait avec ce respect tremblant. Ni ce besoin impérieux de le faire rougir, encore et encore. Alors j'ai commencé à jouer. Lentement. Comme on effleure une allumette sur le bord d'une boîte. Une robe un peu trop fendue, un regard qui s'attarde, une phrase ambigüe soufflée l'air de rien. Je savais ce que je faisais. Mais ce que je n'avais pas prévu… c'est ce que lui me ferait.

Parce que Kévin, dans sa timidité, m'a bouleversée. Il ne voulait pas conquérir, il voulait comprendre. Il ne cherchait pas à posséder, mais à apprendre, à ressentir. Il me regardait comme on regarde un secret précieux. Et sous ses mains hésitantes, j'ai frissonné comme jamais. Il m'a redonné le goût de l'attente, du frisson, de l'interdit. Il m'a rendue femme. Entièrement.

Je l'ai initié, oui. Aux gestes, aux souffles, à la musique des corps. Mais il m'a initiée aussi. À une forme de tendresse brûlante, d'abandon sans masque. Je me suis offerte à lui comme on ne s'offre qu'une fois. Sans retenue. Dans le cabanon, au bord du lac, dans l'ombre de mon salon ou la lumière crue d'un matin… nos peaux ont appris à se connaître, nos souffles à s'unir.

Il y a eu des obstacles. Nathalie, mon amie, dévorée d'ambiguïtés. Mon ex, ce fantôme rageur, incapable de me voir heureuse sans lui. Mais rien n'a pu éteindre ce qu'il m'apportait. Ce qu'il réveillait en moi. Sa jeunesse n'était pas une limite. C'était une promesse. Une audace. Une intensité que je croyais perdue.

Ce n'était pas une aventure. Pas un simple jeu d'été. C'était un incendie lent, voluptueux, ravageur. Et dans chaque regard qu'il posait sur moi, je renaissais un peu plus. Ce garçon est entré dans ma vie pour désherber. Il a retourné tout mon monde.
Le jour où tout recommence.
Le parking du centre hospitalier de province est presque vide ce matin, hormis les barrières métalliques et les rubalises qui signalent le chantier. Séverine avance lentement sur le sol en travaux, ses baskets crissent à chaque pas. Le plâtre blanc qui enserre encore son bras droit commence à lui peser plus que jamais. Elle grimace en montant les quelques marches qui mènent à l'entrée. Deux mois, pense-t-elle. Deux longs mois à tourner en rond, à éviter les miroirs, à repousser l'idée même de désir. Et maintenant, elle veut reprendre, bouger, transpirer, vivre.
Le hall sent le désinfectant propre, froid, presque rassurant. Le panneau d'orientation est toujours aussi moche. Elle repère rapidement la signalétique : consultation orthopédique, couloir B. Avant cela, elle s'avance vers l'accueil, les doigts de sa main libre légèrement tendus comme pour prendre appui sur quelque chose d'invisible.
Derrière le comptoir, une jeune femme lève les yeux. Visage rond, sourire sincère, lunettes trop grandes qui glissent un peu sur son nez.
— Bonjour madame. Vous venez pour une consultation ?
— Oui, pour le retrait de mon plâtre. J'ai rendez-vous avec le docteur Schutz.
— Ah, parfait. Lemoine, c'est bien cela ?
— Exact.
— Vous pouvez patienter dans la salle juste à gauche, on viendra vous chercher. Prenez votre temps.
Séverine hoche la tête, légèrement surprise par la douceur du ton. Elle traverse le couloir sans se presser, pousse la porte battante de la salle d'attente. L'odeur de plastique et de produits désinfectants lui saute au nez. Elle s'installe sur l'une des chaises en skaï grenat, croise les jambes, puis les décroise aussitôt. Le jean la serre un peu trop aux cuisses. Elle le sent. Deux mois d'immobilité ont laissé leur trace, quelques rondeurs nouvelles, surtout sur les hanches. Elle sourit, mi- amusée, mi- agacée.
Va falloir se remettre au sport. Mais pas toute seule. Plus toute seule.
Elle regarde ses mains. L'une libre, l'autre encore prisonnière du plâtre. Une branche à couper, un escabeau bancal, un moment d'inattention. Et la chute. Depuis, elle a tout ralenti. Son corps, ses pensées, ses envies. Comme si tout s'était mis sur pause, sans prévenir. Maintenant, elle a envie de reprendre. Elle ne sait pas encore comment, ni avec qui, mais elle sait que c'est le moment.
Le néon grésille au-dessus de sa tête. Elle regarde les revues trop vieilles sur la table basse, puis son reflet dans la vitre. Son chemisier blanc laisse deviner la dentelle noire en dessous. Elle n'a pas choisi ça par hasard. C'est discret, mais elle le sait. C'est pour elle. Pour se rappeler qu'elle existe.
La porte s'ouvre.
— Madame Lemoine ? Le docteur vous attend.
Elle se lève, redresse les épaules, et traverse le couloir. La plaque dorée du Dr Maxime Schutz brille faiblement sous la lumière pâle. Elle frappe. Une voix l'invite à entrer.
Le bureau est exactement comme dans ses souvenirs : une organisation chaotique, des piles de dossiers, des objets sans lien entre eux. Et au centre, le docteur Schutz. Blouse blanche, pantalon noir, chemise assortie, deux stylos dans la poche. Il se lève, lui tend une main.
— Bonjour, madame Lemoine. Asseyez-vous, je vous en prie.
Elle s'exécute. Il la regarde avec insistance, des pieds à la tête. Un regard médical, sans doute. Mais trop long. Trop lent.
— Alors, ce bras ? Vous vous êtes tenue tranquille j'espère ?
— Autant que possible.
— Très bien. Je vais retirer le plâtre, mais je vais aussi devoir vérifier l'état de votre articulation. Il faudra enlever le chemisier.
Elle fronce les sourcils.
— C'est vraiment nécessaire ?
Il sourit.
— Je dois évaluer la mobilité de l'épaule. Et vous n'avez pas envie que je vous abîme encore plus, n'est-ce pas ?
Elle soupire, visiblement contrariée, mais garde le silence. Ses doigts glissent lentement sur les boutons nacrés de son chemisier, qu'elle défait un à un, dans un geste mesuré, presque distant. Le tissu tombe de ses épaules, révélant un soutien-gorge noir en dentelle qui tranche vivement avec la pâleur satinée de sa peau. Elle garde la tête haute, le regard fixé droit devant, esquivant délibérément les yeux trop curieux du médecin.
Il s'approche, commence à découper le plâtre avec une scie électrique. Le bruit est sourd, mais il semble l'apprécier, presque trop.
— Vous avez de beaux réflexes pour quelqu'un d'immobile depuis deux mois, dit-il avec un sourire en coin. Deux mois sans mouvement... ni distraction, j'imagine ?
Elle lève un sourcil.
— Vous parlez de quoi, là ?
Il rit, un peu trop fort.
— Du bras, voyons ! Quoi d'autre ?
Il retire enfin le plâtre. La peau dessous est pâle, fine, presque fragile. Il l'effleure du bout des doigts.
— Vous avez une jolie peau... on devine qu'elle n'a pas été faite pour rester cachée trop longtemps.
Elle ne répond pas. À quoi bon ? Elle veut juste sortir, sentir le soleil.
— Essayez de lever le bras. Voilà. Et de côté maintenant. Bien. Vous avez une bonne récupération. Avec un peu de kiné, ce sera parfait.
Il continue son examen, s'attarde sur ses gestes, ponctue ses consignes de petits commentaires qui se veulent charmants, mais tombent à plat.
— Vous devriez éviter de porter des charges. Même vos sacs de courses. Ou alors, trouvez quelqu'un pour vous aider. Un voisin, un neveu... un admirateur ?
Elle feint un sourire.
— Je me débrouillerai.
Elle se rhabille rapidement, ses gestes précis. Le chemisier glisse à nouveau sur ses épaules. Elle ne laisse plus aucune part d'elle à découvert. Il parle encore, lui donne des conseils, parle de séances à venir, mais elle n'écoute plus. Son corps est léger. Comme si elle venait de se débarrasser d'un poids bien plus ancien que ce fichu plâtre.
Elle sort du cabinet sans se retourner. Le couloir lui semble plus lumineux. Elle traverse la salle d'attente vide, pousse la porte.
Le soleil tape doucement sur sa peau, la réchauffe d'une caresse lente. Elle ferme les yeux une seconde. Inspire.
Séverine reste un instant immobile en haut de l'escalier, le bras enfin libre, le soleil lui caressant le visage. Elle inspire profondément, sent la chaleur traverser le tissu léger de son chemisier blanc. À travers la transparence, la dentelle noire de son soutien-gorge esquisse ses contours, discrètement. Elle n'a rien fait pour l'exhiber, mais elle n'a rien fait pour le cacher non plus. Un petit rappel qu'elle est encore femme. Encore désirable.
Elle scrute le parking en contrebas, cherche le chemin le plus direct vers sa voiture. L'endroit est un chaos maîtrisé : monticules de gravier, rubans orange, blocs de béton. Elle se trace un parcours mental, contourne du regard une tranchée et repère un passage de fortune. Elle se redresse. C'est décidé.
Elle descend lentement les marches, concentrée. En bas, deux brancardiers en pause. L'un s'appuie contre le mur, cigarette aux lèvres, l'autre joue avec une bouteille d'eau. Quand ils la voient approcher, leur conversation s'interrompt. Le fumeur lui lance :
— Hé, mademoiselle, vous êtes drôlement charmante... Vous savez qu'on peut vous emmener sur un brancard, si vous voulez ?
Son collègue enchaîne :
— Y'a une place juste là. Allez, allongez-vous... c'est couvert par la Sécu.
Séverine esquisse un sourire poli, sans ralentir. Elle ne répond pas. Leur humour est lourd mais sans méchanceté. Elle les dépasse. Juste avant qu'elle ne soit hors de portée, l'un glisse, croyant parler bas :
— Regarde-moi ce cul...
Elle n'entend pas la suite. Ou fait semblant. Ses baskets foulent déjà l'asphalte inégal. Visiblement, y'a pas mal de morts de faim dans le coin, pense-t-elle, mi amusée, mi agacée.
Le terrain devient plus incertain. Entre deux tas de sable et des blocs de béton mal empilés, elle se faufile avec précaution. La chaleur lui fait coller le jean à la peau. Elle s'approche d'une tranchée recouverte de trois madriers posés à la hâte. En contrebas, un ouvrier au casque relevé et à la barbe de trois jours la regarde approcher. Il lève la tête, les yeux plissés par le soleil.
— Si vous tombez, je vous rattrape. Promis. Mais je demande un bisou en dédommagement.
Elle le regarde, mi- hautaine, mi- joueuse, et lui offre un sourire sans s'arrêter.
— Avec un sourire comme ça, je viens de tomber amoureux. Restez, madame !
Elle rit doucement, sans ralentir. Le bois craque sous ses pas mais tient bon. Elle rejoint l'autre rive. Son chemisier remue légèrement à chaque pas, et l'air chaud soulève par moment un pan du tissu, laissant apparaître un bref éclat de peau.
Un bruit sourd l'arrête : un engin de chantier roule lentement vers elle, soulevant poussière et odeur d'échappement. Elle recule d'un pas, porte la main à son nez, son bras gauche remontant élégamment pour masquer sa bouche.
Deux ouvriers, arrêtés à quelques mètres pour laisser passer la pelleteuse, la détaillent.
— Vous n'avez pas le droit de cacher un si beau visage, mademoiselle. Ce n'est pas sympa, lâche l'un.
Le second glousse :
— Tu as vu le matos ? C'est du costaud. Du bon gros matos, bien dur, bien endurant.
— T'es con, sérieux.
Il regarde Séverine et éclate de rire.
Elle détourne les yeux, passe à côté d'eux, comme si elle n'avait rien entendu. Des poètes, vraiment..., pense-t-elle. L'ironie sèche dans son esprit. Mais elle garde son allure. Droite. Stable. Inaccessible.
Elle atteint enfin le bord du chantier, le passage aménagé menant à l'aire de stationnement. Sa voiture est là, à une trentaine de mètres. En ligne de mire. Le souffle chaud de l'asphalte monte vers ses jambes, amplifié par les rebords en béton.
Elle accélère un peu, portée par l'envie d'en finir avec cette traversée de regards collants.
C'est alors qu'un taxi mal garé klaxonne doucement. La fenêtre s'abaisse. Un chauffeur, cinquantaine joviale, lunettes de soleil miroir, lui adresse un grand sourire.
— Bonjour princesse. Je vous emmène à la gare ? Ou ailleurs, si vous préférez...
Elle s'arrête un instant. Elle le fixe, droit dans les yeux.
— Non merci, chevalier. Mon prince m'attend dans son château. Au plaisir.
Elle reprend sa marche. Le silence se fait derrière elle. Plus un mot. Juste le bruit de ses pas et le froissement discret de ses vêtements. Le tissu épouse ses mouvements, joue avec la lumière, souligne sans appuyer.
Elle atteint enfin sa voiture, sort les clés de sa poche, s'arrête une seconde avant d'ouvrir la portière. Elle regarde son reflet dans la vitre. Un regard clair. Vivant. Plus ancré qu'il y a encore une heure.
Elle inspire, pose la main sur la portière, sourit doucement.
Séverine boucle sa ceinture, ajuste le siège, et referme la portière d'un geste fluide. La carrosserie vibre doucement. Elle inspire longuement, laisse retomber sa tête contre l'appui-tête quelques secondes. Elle sent encore la chaleur du soleil sur sa peau, le tissu de son chemisier collé par endroits, presque moite. Son bras droit repose sur le volant, libéré, léger. Elle sourit.
Elle démarre. Le moteur ronronne doucement. Elle quitte le parking du centre hospitalier, zigzaguant entre les barrières de chantier comme une funambule revenue de l'autre rive. Le goudron neuf accroche les pneus, les graviers crissent sous les roues.
En passant devant les brancardiers, elle évite sciemment leurs regards. Elle sait qu'ils la regardent encore. Cette sensation de frôlement, de tension dans l'air, elle la connaît. Elle n'en joue pas, pas vraiment. Mais elle n'ignore plus qu'elle existe.
Elle passe la première, puis la seconde, et quitte la ville.
La route serpente à travers la campagne. Des champs dorés, des haies mal taillées, quelques vaches dans le lointain. Le vert tendre des arbres se détache sur le bleu éclatant du ciel. Elle ralentit un peu, juste pour profiter. Son chemisier blanc laisse filtrer la lumière, effleurant la dentelle de son soutien-gorge. Elle a chaud. Quelques gouttes de sueur coulent lentement dans son dos, glissent sous le tissu, la chatouillent à peine. Son jean, toujours un peu serré, lui rappelle qu'il est temps de reprendre le sport. Mais pour l'instant, elle savoure.
Elle repense à la visite. Aux mains du médecin, parfois trop longues sur sa peau. À ses blagues grasses, glissées entre deux conseils, et à ses regards qui semblaient ausculter bien plus que son bras. Un rire bref lui échappe, mi gêné, mi amusé.
— Franchement, s'il m'avait demandé d'enlever ma culotte, j'aurais pris ça pour un plan drague, pas un examen clinique.
Et cette expédition pour traverser le chantier... Elle revoit le brancardier, le type dans la tranchée, le chauffeur de taxi... Toute cette galerie de mâles en chaleur.
Ils étaient tous en feu. C'est moi, ou c'est la canicule qui rend les hommes hystériques ?
Son téléphone vibre. L'écran de bord affiche : Nath. Ma sœur.
Elle décroche en activant le kit mains libres.
— Salut, ma belle.
— Hey, coucou toi ! Comment tu vas ?
— Libérée, délivrée... sans plâtre, c'est le paradis.
— Oh yes ! Alors, ça s'est bien passé ?
— Plutôt bien, même si j'ai eu droit à une petite humiliation gratuite. Imagine-moi, debout en soutif, devant le médecin... Heureusement que ce n'était pas la cheville, sinon j'étais en string dans son bureau. Et je ne te parle pas du parking : deux demandes en mariage et un chauffeur de taxi en chasse.
Nathalie explose de rire de l'autre côté.
— Mais t'es incorrigible ! Tu allumes les pauvres gars comme d'habitude.
— Moi ? Innocente comme l'agneau. Attends, je passe sous un tunnel... je t'entends plus... bip bip bip...
Les deux rient de plus belle.
— Blague à part, reprend Séverine, faut que je fasse gaffe. Je n'ai pas encore toute ma mobilité, et mon jardin... c'est la jungle. Si je ne fais pas quelque chose, je vais finir par croiser Tarzan entre mes pommiers.
— Et si tu le croises, tu m'appelles. Je kiffe les mecs en string léopard.
— Arrête !
— Non sérieusement, passe une annonce : "Recherche Tarzan pour tondre mon gazon."
— T'es conne.
— Et toi tu m'adores.
— Grave. T'es la meilleure.
Un silence complice s'installe. Juste le bruit du moteur et le vent qui siffle dans les portières.
— Bon, faut que je te laisse. J'arrive chez moi.
— Tu embrasses Tarzan pour moi, hein ?
— Tu es vraiment pas possible.
— Tu m'aimes comme ça.
— Et toi, tu seras la dernière au courant si je le trouve.
— Saloperie.
— Bisous, ma chérie.
— Bisous.
Séverine coupe l'appel, ralentit devant le portail de sa maison. Elle sort de la voiture, le bras libre, la mèche collée à la tempe par la chaleur. Son jardin l'accueille comme une bête endormie. Herbe haute, branches folles, le cabanon noyé dans le vert. Une bordure de tomates a tenu le choc. Le reste... un chaos végétal.
Elle s'avance, laisse ses doigts glisser sur les feuilles, sent les rayons du soleil courir sur son dos à travers le tissu fin.
Elle inspire, ferme les yeux. Elle est chez elle. Entière. Prête.
— C'est un terrain en friche. Mais je vais le dompter.
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leguay56
13 septembre 2026 à 10:48
Très belle écriture
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Hastringue
29 mai 2025 à 02:46
C’est très bien écrit, agréable à lire !
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Gubbe
17 mai 2025 à 10:50
Trés Bon début de récit , me rend curieux pour la suite.
Soyez respectueux
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