Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous l’emprise du désir — Chapitre 5 · Le cri sous la surface
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous l’emprise du désir
Chapitre 5 · Le cri sous la surface
La lumière est encore douce quand Kévin arrive, ce matin-là. Le ciel hésite entre le bleu pâle et le gris léger. Il pousse la barrière du jardin en silence, le cœur serré, les gestes lents. Il n'a pas le courage de sourire.
Depuis quelques jours, quelque chose s'est brisé. Nathalie a semé en lui une graine de doute, et ce doute a poussé vite, fort, comme une mauvaise herbe impossible à ignorer. Depuis, il vient chaque matin, fidèle, discret. Il travaille, mais son esprit reste ailleurs. Et cette distance qu'il impose entre lui et Séverine… il la sent comme un poison. Elle l'étouffe. Elle le ronge.
Et pourtant, il s'y accroche, persuadé que c'est mieux ainsi. Pour elle. Pour lui. Pour ne pas faire de mal. Pour ne pas céder à cette attraction dévorante qui le trouble depuis le premier jour.
Et pourtant, il s'y accroche, persuadé que c'est mieux ainsi. Pour elle. Pour lui. Pour ne pas faire de mal. Pour ne pas céder à cette attraction dévorante qui le trouble depuis le premier jour.
Séverine, elle, est debout sur le seuil de la véranda, baignée par la lumière douce du matin. Elle porte une robe chemise en lin, à la fois décontractée et troublante. Le tissu léger épouse ses courbes avec discrétion, effleurant sa poitrine, suivant le galbe de ses hanches avant de s'ouvrir sur ses jambes nues. La ceinture nouée à la taille souligne la douceur de ses mouvements, la souplesse de son port. Ses pieds nus sur les lattes de bois chaud du palier ajoutent une touche intime, presque sauvage. Une mèche rebelle caresse sa joue, et ses doigts fins, autour de la tasse, tremblent à peine. Lorsqu'elle l'aperçoit, elle lui adresse un petit geste de la main, timide, mais chargé d'une chaleur fragile, comme si ce simple signe pouvait retisser le lien rompu.
— Bonjour, Kévin, j'espère que vous allez bien ?
Sa voix est douce, mais voilée. Comme si chaque mot lui coûtait un peu plus qu'hier. Un léger tremblement dans la main qui tient sa tasse. Un espoir discret dans son regard.
Il se retourne, la gorge nouée. Il la voit. Et cette robe qui lui va si bien ne parvient même plus à masquer la fatigue dans ses yeux, la tristesse discrète accrochée à ses lèvres.
— Merci… je vais bien.
Mais il ne sourit pas. Il hésite. Et puis, dans un élan maladroit, comme pour briser ce mur de silence qu'il a lui-même érigé :
— Ce sera une bonne journée aujourd'hui, madame.
La phrase tombe à côté. Vide. Il s'en veut aussitôt. Il aurait voulu dire autre chose. N'importe quoi. Quelque chose de vrai.
Il se trouve ridicule. Qu'est-ce que c'est que cette phrase de merde ? Il baisse les yeux, se hait de ne pas avoir su trouver mieux.
Séverine, elle, se fige un instant. Ce n'est pas grand-chose. Mais, il a parlé. Il a osé dire autre chose que des banalités. Elle s'y raccroche, comme à une bouée. Ce n'est pas fini. Il y a encore un pont entre eux, fragile, mais là. Et dans ce fil ténu, elle sent un frisson d'espoir, presque irréel. Comme si, malgré tout, malgré les silences et les maladresses, quelque chose pouvait encore renaître.
Il se trouve ridicule. Qu'est-ce que c'est que cette phrase de merde ? Il baisse les yeux, se hait de ne pas avoir su trouver mieux.
Séverine, elle, se fige un instant. Ce n'est pas grand-chose. Mais, il a parlé. Il a osé dire autre chose que des banalités. Elle s'y raccroche, comme à une bouée. Ce n'est pas fini. Il y a encore un pont entre eux, fragile, mais là. Et dans ce fil ténu, elle sent un frisson d'espoir, presque irréel. Comme si, malgré tout, malgré les silences et les maladresses, quelque chose pouvait encore renaître.
Un peu plus tard, elle s'approche, une carafe de citronnade fraîche à la main. Il fait déjà chaud. Elle avance d'un pas discret, presque hésitant, comme si elle craignait de déranger chez elle. Elle pose le plateau sur la table basse du jardin avec une délicatesse extrême, comme si le moindre geste brusque pouvait rompre quelque chose de fragile entre eux.
— Tenez, Kévin… il fait lourd ce matin. Ça vous fera du bien.
Sa voix est douce, mais timide. Il y a dans son regard un éclat voilé, une façon de se tenir un peu plus droite qu'à l'accoutumée, comme pour cacher qu'elle se sent de plus en plus petite. Kévin la fixe. Ce trouble le prend à la gorge. Il se souvient de cette femme solaire, sûre d'elle, qui riait facilement, qui le désarmait de ses réparties. Et là… elle semble s'éteindre doucement, vacillante, comme une flamme battue par le vent.
Il la regarde. La robe souple suit le galbe de ses hanches, dessine la ligne tendre de sa poitrine, frôle à peine la peau mate de ses cuisses croisées. Il déglutit. Une chaleur monte en lui. Non pas seulement du désir, mais de la tendresse, une envie de la protéger, de la rattraper avant qu'elle ne tombe.
Il voudrait la graver ainsi, pour toujours, comme une photo intime et secrète.
Mais le silence est pesant. Il se souvient d'avant. Elle aurait déjà ri, lui aurait fait des blagues. Maintenant, ses yeux sont remplis d'espoir, attendant impatiemment quelque chose. Cela le déchire.
Mais le silence est pesant. Il se souvient d'avant. Elle aurait déjà ri, lui aurait fait des blagues. Maintenant, ses yeux sont remplis d'espoir, attendant impatiemment quelque chose. Cela le déchire.
Séverine, elle, voit ce petit sourire qui glisse sur son visage. Elle croit y déceler une pointe de moquerie, peut-être même d'agacement. Son cœur se serre. Elle détourne les yeux, soudain envahie par la certitude qu'elle ne fait que l'encombrer. Elle sent une chaleur gênante lui monter aux joues. Elle doit partir, ne pas insister. Ne pas s'imposer davantage dans un espace où elle n'est peut-être plus la bienvenue.
Elle se lève, hésitante, comme si ses jambes ne savaient plus si elles devaient fuir ou rester. Elle tente un sourire léger, presque invisible.
Avant qu'elle ne parte, Kévin se redresse légèrement, comme s'il voulait retenir ce moment avec elle. Sa voix perce timidement le silence :
Avant qu'elle ne parte, Kévin se redresse légèrement, comme s'il voulait retenir ce moment avec elle. Sa voix perce timidement le silence :
— On commence à y voir clair… Le jardin a repris un bon coup de jeunesse.
Il parle doucement, presque avec maladresse, mais avec cette lueur d'intention dans le regard, celle d'un garçon qui essaie de retenir une femme qu'il ne veut pas voir s'éloigner.
Il relève les yeux, accroche son regard une seconde de plus qu'il ne l'aurait voulu.
— Oui, vous avez raison. Vous avez fait du très bon travail.
— Ce n'est rien… vous m'avez souvent donné la main. On a fait ça à deux.
— Ce n'est rien… vous m'avez souvent donné la main. On a fait ça à deux.
Un silence s'installe, dense, pesant. Il cherche un moyen d'ajouter quelque chose, n'importe quoi, pour éviter qu'elle ne parte. Il entrouvre les lèvres :
— Et puis… j'aime bien travailler ici. Ce jardin, il a quelque chose de… vivant.
Elle reste immobile, puis se tourne partiellement, mais il ne continue pas. La phrase meurt là, suspendue, orpheline.
Elle baisse les yeux.
— Bon, je ne vous dérange pas plus. Bon courage.
Il la regarde s'éloigner, le cœur serré. Il aurait voulu la retenir, dire une bêtise, une blague, un mot tendre. Mais le silence a repris sa place. Et lui, il se tait à nouveau.
Un quart d'heure passe. Kévin est accroupi près des hortensias lorsqu'il entend un bruit de tissu froissé, des petits grognements étouffés. Il se retourne. Séverine tire sur le tapis du salon, coincé dans l'encadrement de la porte.
— Attendez, je vais vous aider. Vous allez vous faire mal au dos.
— Je ne voulais pas vous déranger. Mais… pour être honnête, ce n'est pas de refus. Il pèse un âne mort, ce tapis !
— Je ne voulais pas vous déranger. Mais… pour être honnête, ce n'est pas de refus. Il pèse un âne mort, ce tapis !
Il sourit. Soulève le tapis sans effort. Le déplie sur la pelouse.
— Voilà. Au moins, vous n'avez pas risqué une hernie.
— Merci, vraiment.
— Merci, vraiment.
Elle le regarde repartir vers ses outils. Un pas simple. Mais il est venu. De lui-même. Et son cœur bat un peu plus fort. Une infime lumière traverse son chagrin. Peut-être qu'il y a encore quelque chose. Peut-être qu'il n'est pas si loin. Ce simple geste, ce détour vers elle a rallumé en elle un peu de cette flamme qu'elle pensait perdue.
Kévin, lui, sent un drôle de soulagement. Ce contact, ce rien… ça lui a fait du bien. Il se penche à nouveau sur les herbes folles, les mains dans la terre, le cœur ailleurs.
Puis il entend.
D'abord une voix lointaine, pleine d'agacement contenu. Puis le ton monte, plus haut, plus vite. Des phrases se bousculent, s'écrasent. C'est Séverine. Sa voix tremble. Elle parle trop fort. Trop vite. Chaque mot sonne comme une détonation.
D'abord une voix lointaine, pleine d'agacement contenu. Puis le ton monte, plus haut, plus vite. Des phrases se bousculent, s'écrasent. C'est Séverine. Sa voix tremble. Elle parle trop fort. Trop vite. Chaque mot sonne comme une détonation.
— TU TE FOUTAIS DE MA GUEULE, C'EST ÇA ? COMME D'HABITUDE !
Un silence. Puis un grondement de rage, d'humiliation :
— JE SUIS BONNE QU'À ÊTRE TRAÎNÉE DANS LA BOUE, C'EST ÇA ? UNE PUTAIN DE FOLLE QUI NE S'ACCROCHE À RIEN !
Kévin se redresse, le souffle coupé.
— OUI, JE SAIS ! JE NE SUIS RIEN QU'UNE MERDE ! C'EST CE QUE TU DISAIS, NON ? TOUJOURS TROP VIEILLE, TOUJOURS PAS ASSEZ BIEN !
Les mots s'enchaînent, durs, violents, comme des coups de poing qu'elle se porte elle-même. Des mots qu'on lui a dits. Des phrases qu'on lui a crachées. Et qu'elle ressasse. Qu'elle s'inflige.
Il lâche ses outils, traverse le jardin en courant. Il passe l'angle, le souffle court, et la voit.
Séverine s'agenouille dans l'herbe, ses bras le long de son corps, sa tête inclinée en arrière. Sa robe est froissée, sa peau couverte de larmes et de sueur. Ses cheveux collent à ses tempes. Son corps entier est secoué de sanglots rauques, presque animaux.
Séverine s'agenouille dans l'herbe, ses bras le long de son corps, sa tête inclinée en arrière. Sa robe est froissée, sa peau couverte de larmes et de sueur. Ses cheveux collent à ses tempes. Son corps entier est secoué de sanglots rauques, presque animaux.
Et puis ce cri.
Un cri guttural, profond, d'un autre monde. Un cri de bête traquée, d'une femme au bord de l'abîme. Elle hurle tout ce qu'elle n'a jamais pu dire, tout ce qu'on lui a fait avaler. Ses mains se crispent dans l'herbe comme si elle voulait s'y agripper pour ne pas couler. Son torse se cambre, ses épaules tremblent.
Un cri guttural, profond, d'un autre monde. Un cri de bête traquée, d'une femme au bord de l'abîme. Elle hurle tout ce qu'elle n'a jamais pu dire, tout ce qu'on lui a fait avaler. Ses mains se crispent dans l'herbe comme si elle voulait s'y agripper pour ne pas couler. Son torse se cambre, ses épaules tremblent.
Et Kévin, là, figé, vois une femme se déchirer en deux.
Il ne réfléchit pas. Il s'approche.
Il ne réfléchit pas. Il s'approche.
— Séverine ?
Elle ne l'entend pas. Elle halète. Sa robe est froissée sur ses cuisses. Ses mains tremblent. Elle tente de parler, mais aucun mot ne sort.
— Madame… madame… ça va ?
Kevin s'agenouille lentement, les mains tremblantes, haletant. Il ne sait plus s'il doit parler, toucher, fuir ou pleurer. Le sol est encore chaud, mais son cœur gèle. Une angoisse viscérale monte en lui, brutale, étrangère. Devant lui, Séverine est à genoux, effondrée, comme arrachée à elle-même. Son souffle est court, erratique, ses épaules secouées de spasmes. Les larmes coulent sans retenue, traçant sur ses joues pâles des sillons tremblants.
Elle parle tout bas, comme à elle-même, comme des mots qu'elle a dû entendre des centaines de fois
— Oui, monsieur, je suis qu'une grosse pute, je ne sers à rien. Elle répète se mot sans fin, en balançant, comme une femme devenue folle.
Lorsqu'elle relève enfin la tête, ce n'est plus Séverine qu'il voit, mais une femme défaite, dévastée. Son regard est immense, vide et féroce, comme celui d'une bête blessée qu'on accule. Il s'y perd, s'y noie. Il y lit tout : la solitude, la colère, la peur, et cette détresse absolue qui hurle sans un mot.
Il sent son estomac se contracter, sa gorge se serrer. Ce regard-là le hante déjà, avant même que la scène ne s'achève.
Il sent son estomac se contracter, sa gorge se serrer. Ce regard-là le hante déjà, avant même que la scène ne s'achève.
— Madame, regardez-moi… s'il vous plaît.
Elle relève la tête, doucement, les yeux exorbités, brillants de rage et de douleur. Sa voix fend l'air, rauque, déchiré.
— Mais putain, arrête avec tes "madame"... Je t'ai déjà dit…
Et elle se laisse tomber contre lui, tête contre son torse, ses cheveux s'emmêlant dans le tissu de son t-shirt.
— Arrête...Putain… Arrêteeeee…je ne suis pas une Putte… je ne suis pas.
Il ferme les bras autour d'elle, sans même réfléchir.
— Oui. Promis. Plus jamais de "madame"... Respirez, doucement. Je suis là. Et vous n'êtes pas une…non vous ne l'êtes pas.
Elle gémit, puis ses poings se referment, se mettent à frapper, avec une force désespérée. Elle tape contre lui, contre sa poitrine, contre son silence, contre ses absences. Chaque coup dit : "Tu m'as blessée." Chaque coup hurle ce qu'elle n'a jamais osé dire.
— Allez-y… défoulez-vous. Ça fait du bien, murmure-t-il.
Et il encaisse. Il accepte. Parce qu'il comprend. Parce qu'il sait qu'il la blessé sans le vouloir. Et que cette douleur, elle avait besoin de sortir.
Puis elle s'effondre contre lui, lentement, comme une vague qui se brise en silence. Son front vient se poser contre son torse dans un abandon total, presque intime. Ses épaules frémissent, secouées de sanglots étouffés. Il passe ses bras autour d'elle avec une tendresse retenue, comme s'il redoutait de briser ce corps contre le sien.
Puis elle s'effondre contre lui, lentement, comme une vague qui se brise en silence. Son front vient se poser contre son torse dans un abandon total, presque intime. Ses épaules frémissent, secouées de sanglots étouffés. Il passe ses bras autour d'elle avec une tendresse retenue, comme s'il redoutait de briser ce corps contre le sien.
Le tissu léger de sa robe effleure sa peau à travers son t-shirt, trace des frissons le long de ses bras. Il sent sa respiration chaude traverser le coton, ses cheveux trempés de larmes coller doucement contre son cou. Il ferme les yeux. Il pourrait rester ainsi des heures. Son corps tout entier se tend pour elle, non dans le désir, mais dans une protection ardente. Tout en elle semble vulnérable, offerte, mais d'une beauté féroce. Elle a tenu. Elle tient encore. Et dans ses bras, elle se repose enfin.
Il murmure, la voix tremblante, au creux de son oreille :
— Séverine… laissez-vous aller. Je… je suis là. Je vous jure… je ne laisserai plus jamais personne vous faire de mal. Même si je dois en mourir.
Elle gémit plus fort, s'accroche à lui. Ses bras remontent, s'enroulent autour de son cou. Elle enfouit son visage contre lui, le nez dans sa nuque.
— Je ne veux pas que tu meures, couillon…
Il sourit malgré lui, les yeux brillants. Il sent tout le poids d'elle contre lui. Il n'y a plus de retenue, plus de codes. Juste deux âmes qui se cherchent s'accrochent.
— Promis… je ne veux pas mourir non plus.
Il la relève, lentement, avec une étonnante facilité, comme mû par quelque chose de plus fort que lui. Séverine, plus petite d'une vingtaine de centimètres, reste lovée contre lui, le front niché contre sa clavicule. Ses pieds quittent le sol, flottent presque. Elle glisse imperceptiblement dans ses bras, sa robe en lin se froisse et remonte le long de ses cuisses, découvrant la peau nue, douce, chaude. Il la retient plus fermement, ses doigts se resserrent autour de sa taille avec une attention presque sensuelle, comme s'il pouvait, par cette étreinte, apaiser la tempête en elle. Chaque centimètre de son corps contre le sien devient une promesse muette : celle de ne plus jamais la laisser tomber.
Elle le fixe, droit dans les yeux, leur visage à quelques centimètres l'un de l'autre. Sa voix est un souffle tremblant :
— S'il te plaît… ne me laisse pas tomber.
— Jamais, répond-il dans un souffle, la gorge serrée.
— Jamais, répond-il dans un souffle, la gorge serrée.
Elle s'accroche à son cou, s'y enroule presque. Son cœur bat si vite qu'il le sent contre sa poitrine.
Mais elle glisse, un peu plus. Il hésite. Puis, dans un élan simple, naturel, il glisse sa main sous ses fesses pour mieux la soutenir. La douceur de sa robe de lin glisse sous ses doigts.
Mais elle glisse, un peu plus. Il hésite. Puis, dans un élan simple, naturel, il glisse sa main sous ses fesses pour mieux la soutenir. La douceur de sa robe de lin glisse sous ses doigts.
— Je ne vais pas pouvoir vous tenir longtemps comme ça… votre robe vous fait glisser.
Elle ne dit rien un instant, puis souffle :
— Et alors ? Qu'est-ce que tu attends ? Tu m'as entendue… Je ne veux pas tomber.
Il la remonte, plus près de lui. Elle se cale mieux dans ses bras, sa joue contre son cou. Elle dépose un baiser, lent, sans arrière-pensées, juste là, contre sa peau.
— Pourquoi tu m'as fait du mal ?
Sa voix se brise, à lui.
— Je ne voulais pas. On m'a dit que je n'étais pas bien pour toi. Que j'étais trop jeune. Que je te ferais souffrir…
Elle secoue doucement la tête, contre son épaule.
— Chut… il ne faut pas écouter les autres. Je sais que tu n'as pas voulu me faire du mal.
Ils restent là, en silence. Juste leurs souffles mêlés, leurs peaux, leurs regrets. Puis un son. Léger. Venu d'ailleurs.
Le téléphone de Séverine vibre dans sa poche. Elle se raidit. Comme si elle venait de recevoir un choc électrique.
Le téléphone de Séverine vibre dans sa poche. Elle se raidit. Comme si elle venait de recevoir un choc électrique.
— Tu veux que je réponde ? Je peux lui dire d'aller se faire foutre, propose Kévin d'une voix douce, mais ferme.
Elle secoue la tête, se presse un peu plus fort contre lui.
— Non. Je ne veux pas. Je ne veux pas perdre ce moment. Je veux rester là. Toute ma vie, si je pouvais. Et puis… tu viens de dire que tu mourrais pour moi. Et moi, je ne veux pas.
Elle a retrouvé ce ton. Ce petit grain dans sa voix. Celui qu'elle avait quand elle le taquinait. Celui d'avant. Celui d'elle.
Il sourit, profondément ému.
Il sourit, profondément ému.
— Moi non plus. Je veux rester là. Avec la plus belle femme du monde dans mes bras.
Elle dépose un baiser plus appuyé contre sa nuque. Long. Sincère. Un baiser sans passion, mais chargé de confiance, de tendresse. De vérité.
Et dans un murmure, elle glisse à son oreille, presque en riant, presque en pleurant : J'ai eu si froid sans toi, ne me laisse pas tomber.
Et dans un murmure, elle glisse à son oreille, presque en riant, presque en pleurant : J'ai eu si froid sans toi, ne me laisse pas tomber.
Kévin serre Séverine contre lui, puis glisse ses doigts entre les siens et la relève. Elle le suit sans un mot, vers le tapis sous l'arbre au fond du jardin, où l'ombre danse et l'air est plus frais.
— Allongez-vous… reposez-vous.
Elle ne résiste pas. Son corps cède d'un bloc, comme si toute force l'avait abandonnée. Elle s'étale sur le tapis, dans un abandon total, bras ouverts, jambes à demi repliées, offertes à la fraîcheur de l'ombre. Sa robe légère, malmenée par le vent, remonte doucement sur ses cuisses, dévoilant la peau satinée de ses jambes et l'arrondi discret de ses hanches. Une mèche sombre se plaque sur sa joue encore humide de larmes, tandis que d'autres se soulèvent dans le souffle tiède de l'air.
Le tissu de la robe danse lentement au rythme des bourrasques, dévoilant par instants une intimité à peine esquissée. Ses paupières closes, sa poitrine qui se soulève au gré de sa respiration lente, tout en elle semble suspendu. Elle est là, offerte au monde, vulnérable et magnifique, immobile comme une promesse.
— Kévin… tu es toujours là ?
Il est à genoux, à ses côtés. Il la regarde, sans la toucher. Chaque détail d'elle le trouble : le mouvement de la robe, la douceur de la peau, cette fragilité nue et offerte.
— Oui. Je suis là.
Elle sourit faiblement, toujours les yeux fermés, mais ce sourire n'a plus rien de léger. Il est chargé de fatigue, de chagrin, presque douloureux.
— Tu aurais dû fuir en courant… Voir une femme s'écrouler en hurlant, ce n'est pas… ce n'est pas ce qu'on rêve de voir. Ce n'est pas beau, ce n'est pas séduisant. C'est juste… pathétique.
Sa voix vacille. Le mot lui fait mal à elle-même.
Kévin baisse la tête, ses mains se crispent contre ses cuisses. Il inspire, lentement.
— Je ne pouvais pas. Te voir comme ça… ça me brisait. Ça me retournait. Je ne pouvais pas partir. J'aurais eu l'impression de t'abandonner alors que tu avais le plus besoin de quelqu'un.
Elle tourne lentement la tête vers lui, comme si chaque mouvement lui coûtait un effort. Un œil s'ouvre, tremblant, rougi par les larmes, bordé de cils encore humides. Un éclat fragile s'y accroche, vacillant entre chagrin et reconnaissance. Et pourtant, malgré tout, elle sourit. Un vrai sourire, timide, abîmé, mais lumineux.
— Alors, tiens… cadeau.
Ses lèvres tremblent légèrement, comme si le souffle lui manquait encore. Dans un geste fragile, lent, elle souffle un baiser invisible vers lui. Ce n'est plus un jeu, c'est une offrande muette, presque sacrée. Un soupir d'âme. Kévin reste figé. Le baiser traverse l'air tiède et le frappe comme une caresse silencieuse, un frisson délicat qui remonte le long de sa nuque et lui serre le cœur. Il sent ce lien entre eux, invisible, mais palpable, comme un fil tendu entre deux cœurs cabossés, vibrants d'une même douleur, d'un même désir silencieux.
Le téléphone vibre une nouvelle fois. Séverine tressaille, tout son corps se tend. Kévin se penche vers elle.
— Tu veux que je l'éteigne ?
Elle hoche doucement la tête, les yeux encore fermés.
Il glisse la main vers la poche de sa robe, là, juste à la hanche. Ses doigts effleurent sa peau.
Il glisse la main vers la poche de sa robe, là, juste à la hanche. Ses doigts effleurent sa peau.
— Ne profite pas de l'occasion pour me caresser, murmure-t-elle, les yeux encore clos, mais avec un sourire qu'il sent plutôt qu'il ne voit.
Il retire aussitôt la main, un peu confus. Elle entrouvre un œil, amusé.
— Je plaisante. Va falloir que tu t'habitues à mes blagues.
Kévin attrape sa main avec une lenteur infinie, comme s'il tenait quelque chose de fragile, de précieux. Il la soulève, la paume tournée vers lui, et pose doucement son pouce sur l'écran du téléphone pour le déverrouiller. Au contact, la peau de Séverine frissonne sous la sienne. Un gémissement discret, à peine audible, s'échappe de ses lèvres entrouvertes.
— Tu as les mains chaudes… souffle-t-elle, la voix basse, presque un murmure. C'est agréable… ça me réchauffe de l'intérieur.
Il découvre quatre appels manqués de Nathalie. Il fronce les sourcils, puis ses yeux se figent. Juste en dessous, un autre appel. Le nom affiché sur l'écran est sans ambiguïté : « À vomir ».
Il reste un instant silencieux, le regard fixé sur le téléphone.
— Je n'ai pas la force de lui parler… Dis à Nathalie que je vais bien. C'est tout ce que je peux offrir pour l'instant.
Il envoie un message. Précis.
— Bonjour Nathalie. C'est Kévin. Séverine est épuisée, elle se repose à l'ombre. Elle ne peut pas répondre !
Quelques secondes plus tard, le téléphone sonne. Séverine grimace.
— Parle-lui.
Kévin décroche, le cœur battant.
— Allô ?
— C'est qui ?! Pourquoi c'est toi qui réponds ?! Où est-elle ?! Qu'est-ce que tu lui as fait ?!
— Elle est là, madame. Elle est allongée sur un tapis, à l'ombre d'un arbre, au fond du jardin. Elle a les yeux fermés. Elle respire lentement. Elle ne parle pas. Elle ne bouge presque pas. Elle va mieux... mais elle est à bout.
— C'est qui ?! Pourquoi c'est toi qui réponds ?! Où est-elle ?! Qu'est-ce que tu lui as fait ?!
— Elle est là, madame. Elle est allongée sur un tapis, à l'ombre d'un arbre, au fond du jardin. Elle a les yeux fermés. Elle respire lentement. Elle ne parle pas. Elle ne bouge presque pas. Elle va mieux... mais elle est à bout.
Un silence s'abat. Puis une déflagration :
— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?! Qu'est-ce que tu lui as fait ?!
Kévin inspire. Il garde une voix douce, mais glaciale.
— J'ai écouté une femme… une amie à elle , m'ordonner de m'éloigner d'elle. J'ai obéi. Et aujourd'hui, j'ai vu ce que ça faisait. J'ai vu une femme s'effondrer comme une poupée qu'on aurait trop serrée. J'ai entendu un cri que je n'oublierai jamais. J'ai vu la douleur à l'état brut. Et ça, je ne veux plus jamais le revivre. Jamais.
Un silence. Puis la voix furieuse de Nathalie :
— Je viens. Immédiatement.
Et la voix de Séverine, qui jaillit, rauque, mais ferme :
— Alors, viens. Mais par pitié… arrête de hurler dans ce foutu téléphone.
Il repose doucement le téléphone sur le tapis. Séverine le regarde, les yeux brillants d'un éclat malicieux, mais teinté de tendresse.
— Du coup, pas de caresses, hein ?
— Je ne voulais pas déranger…
— On range toujours les choses à leur place, Kévin.
— Je ne voulais pas déranger…
— On range toujours les choses à leur place, Kévin.
Il sourit, s'exécute. Il glisse lentement le téléphone au fond de sa poche, ses doigts effleurent à nouveau la peau douce et tiède de Séverine. Ce contact léger lui donne le vertige. Mais cette fois, elle pose sa main sur la sienne, doucement, avec une lenteur étudiée. Et elle la garde là.
— Dis-moi… qu'est-ce que tu ressens, là ?
Le silence se prolonge. Kévin ferme les yeux un instant, tente de trouver les mots justes. Quand il parle, sa voix est plus grave, plus lente :
— La courbe de ta hanche… et cette chaleur… qui monte dans ma main… et jusque dans ma poitrine. C'est doux. C'est brûlant. C'est toi.
Elle ferme les yeux, un frisson la traverse, comme une vague de chaleur douce et lente qui s'infiltre sous sa peau. Un sourire timide, presque tremblant, effleure ses lèvres, un soupir silencieux chargé de tout ce qu'elle n'ose pas dire. Puis, sans un mot, elle saisit la main de Kévin, la guide lentement, et la pose sur son ventre, juste là où le tissu fin de sa robe épouse la courbe fragile de son nombril. Sa peau frémit sous le contact, un souffle s'échappe de ses lèvres. Ce n'est plus un geste anodin, mais une confiance offerte, une intimité partagée. Elle garde ses paupières closes, mais sa respiration dit tout : elle est là, présente, abandonnée à cette chaleur nouvelle, à ce lien silencieux qui grandit entre leurs peaux.
Kévin reste figé. Sa main repose à présent sur son ventre, séparée de sa peau nue par une simple épaisseur de coton léger, chaud de leur proximité. Il sent sous ses doigts la respiration lente de Séverine, les battements de son cœur qui font vibrer la peau tendue sous la robe. La douceur souple de son ventre, la tiédeur intime qui se diffuse jusqu'à ses propres paumes. C'est fragile et brûlant à la fois. C'est vivant. C'est elle.
Elle garde les yeux clos, mais sa voix s'élève, douce et basse :
— Et là… qu'est-ce que tu ressens ?
Il hésite. Puis, dans un murmure rauque :
— Ta chaleur… qui traverse tout. Le creux de ton ventre… si doux, si chaud. C'est comme toucher un secret. Comme si j'avais le cœur posé contre ta peau.
Elle garde le silence, puis, dans un souffle à peine audible, elle glisse sa propre main sur la sienne et la remonte lentement, jusqu'à la poser sur sa poitrine. Sa respiration s'accélère légèrement.
— Et là… dis-moi ce que tu ressens.
Kévin déglutit, la gorge nouée, les mots hésitent à sortir. Il sent sa main guidée plus haut, plus intime. Ses doigts glissent lentement le long de son cou, s'attardent au creux de son épaule, puis redescendent avec une lenteur douloureuse jusqu'à frôler la naissance de sa poitrine. Séverine l'encourage, sans un mot, en gardant sa main sur la sienne, l'y maintenant juste assez longtemps pour qu'il sente chaque battement, chaque souffle, chaque vibration.
— Qu'est-ce que tu ressens là ? murmure-t-elle.
Il déglutit, sa voix tremble légèrement, chargée d'émotion.
— Je… je sens la forme de ta poitrine… douce, généreuse, ferme sous mes doigts. Le tissu fin de ta robe ne fait qu'en amplifier les contours. Et dessous… je ressens les lignes de ton soutien-gorge, la tension délicate du tissu qui accompagne chaque souffle que tu prends. Je sens ton cœur battre, rapide, comme s'il essayait de parler au mien. Il pulse contre ma paume, vivant, chaud… si chaud. Cette chaleur, elle me monte dans le bras, dans la nuque, jusqu'au creux de mon ventre. J'ai chaud, Séverine… terriblement chaud. Et ce n'est pas que la chaleur du soleil. C'est celle d'un désir que je n'ose à peine nommer…
Il marque une pause, la gorge sèche, troublée.
— Mais ce qui me bouleverse le plus… c'est que ce n'est pas moi qui ai posé ma main là. C'est toi. C'est toi qui me laisses t'approcher. Et ça… je ne l'aurais jamais imaginé. Une femme comme toi… si forte, si belle, si différente de toutes celles que j'ai pu croiser. Tu n'as rien à voir avec le reste du monde, Séverine. Il n'y en a pas deux comme toi. Pas une.
Elle sourit doucement, espiègle, presque fière.
— C'était le but.
Puis, dans un geste d'une infinie douceur, elle remonte sa main sur son propre visage, guide celle de Kévin pour qu'il suive. Ses doigts frôlent sa joue, dessinent la courbe de sa pommette, s'attardent au creux de sa mâchoire.
— Et là… dis-moi ce que tu ressens.
Kévin prend son temps. Il caresse du bout des doigts la peau satinée de sa joue, ressent chaque souffle chaud, chaque frémissement sous la pulpe de ses doigts. Il veut répondre, mais aucun mot ne vient. Alors, elle ouvre les yeux, l'ancre de son regard dans le sien.
— Kévin… dis-moi ce que tu ressens. Vraiment.
Il souffle longuement, cherche ses mots.
— Je sens le visage d'une femme… d'une femme qui, dès le premier jour, a posé son regard sur moi sans jugement, sans peur. Une femme douce, solaire, pleine d'une chaleur qui réchauffe sans brûler. Une femme patiente, à l'écoute, qui a su m'apprivoiser sans jamais me brusquer. Ce visage, c'est celui d'une présence, d'une lumière. Mais je sens aussi, sous mes doigts, la mémoire d'un passé. Des failles, des cicatrices invisibles, des douleurs anciennes qui ont laissé leurs empreintes, discrètes, mais profondes. Ce visage, là, si calme maintenant… je l'imagine avoir été ravagé par les larmes. Et pourtant… malgré tout… il rayonne. Il rayonne d'une force que je n'ai jamais connue. Et ce sourire, ce sourire timide, sincère… il est mille fois plus beau que tout ce que j'ai pu voir.
Elle serre doucement sa main dans la sienne, comme pour retenir ce moment, pour qu'il ne s'échappe pas. Kévin sent alors une crispation sous ses doigts, une tension soudaine. Comme si ce visage s'était figé dans une douleur enfouie, une mémoire que même le silence ne parvient plus à apaiser.
— Ce visage… je ne veux plus jamais le voir défiguré par la peine. Jamais. Parce qu'il mérite la paix. Il mérite d'être caressé par la douceur, pas meurtri. Parce que ce sourire-là… il me fait du bien comme rien d'autre. Il m'apaise. Il me donne envie d'être meilleur. Pour toi.
Mais un bruit de moteur surgit. Une voiture approche dans l'allée. Séverine tressaille légèrement, puis pousse un soupir mi-amusé, mi-désespéré.
— Merde… pas maintenant.
Elle se tourne lentement vers Kévin, son regard se pose sur lui, doux, chargé d'une émotion encore vive.
— Merci… pour tout ce que tu viens de dire. Tu sais, le froid m'a quitté. Vraiment.
Elle esquisse un sourire tendre, puis change brusquement de ton, malicieuse.
— Et puis, tu as eu l'air très concentré pendant tout ce temps. Tu t'es bien rincé l'œil, hein ? Pendant que ma robe volait au vent et laissait tout voir jusqu'à la frontière de mon entrejambe…
Kévin rougit, tire d'un geste sur la robe pour couvrir à nouveau ses cuisses nues.
— Pas du tout… bafouille-t-il, le regard fuyant.
— Je plaisante, petit cochon, murmure-t-elle en lui lançant un clin d'œil complice.
— Je plaisante, petit cochon, murmure-t-elle en lui lançant un clin d'œil complice.
Elle se redresse un peu, ajuste sa robe en riant doucement, puis prend une voix dramatique, comme pour détourner l'attention, pour que Nathalie, qui arrive, ne devine rien de ce qu'ils viennent de partager — cette intimité suspendue, brûlante, précieuse.
— On dirait une scène de western… après le duel. Et Joe… je n'ai pas réussi à les retenir… ils vont au ranch des CALLAGHAN ! Vite ! Sinon, ce sera une boucherie… Vas-y, Joe, laisse-moi là… je vais mourir ici, seule, avec le soleil couchant sur mon visage et le vent qui me vole ma dignité !
Elle s'effondre sur le tapis en poussant un gémissement dramatique, la main sur le cœur, les jambes étalées, en exagérant une mort théâtrale digne d'une série B poussiéreuse.
Nathalie, debout à deux mètres, assiste à la scène, interloquée, les bras croisés, le regard oscillant entre méfiance et incompréhension. Kévin se retourne, surpris, un peu embarrassé, comme s'il venait d'être pris la main dans un pot de confiture d'émotions.
— Désolé… je n'ai pas la référence.
Nathalie tousse.
Kévin se lève d'un bond. Séverine tourne la tête, surprise, les yeux écarquillés, encore baignés d'émotion. Elle le voit s'éloigner, comme arrachée à elle.
Kévin se lève d'un bond. Séverine tourne la tête, surprise, les yeux écarquillés, encore baignés d'émotion. Elle le voit s'éloigner, comme arrachée à elle.
— Kévin… reste là. S'il te plaît.
Il s'arrête net, tourne lentement la tête vers elle. Son regard croise le sien, plein d'interrogation et de trouble. Derrière lui, Nathalie s'avance, silencieuse. Elle observe la scène. Et se sent de trop.
— Quelqu'un peut m'expliquer, là ?
La voix est posée, mais tremblante d'inquiétude.
— Assieds-toi, souffle Séverine, la gorge serrée.
Nathalie s'assoit, un peu à l'écart, comme si elle n'osait pas trop s'approcher. Kévin s'agenouille à côté de Séverine, qui relève légèrement la tête.
— Mon ex m'a appelée. Il sait que Kévin travaille ici. Il m'a insultée. Il a appuyé là où ça fait mal. Et avec tout ce qu'il y avait déjà entre Kévin et moi… j'ai explosé. J'ai… craqué.
Kévin relève la tête vers Nathalie, sa voix grave, posée, presque accusatrice dans sa douceur.
— Le contact “À vomir” ? C'est lui, hein ?
— Oui, murmure Séverine. Celui qui m'a fait douter de tout. Même de moi.
— Oui, murmure Séverine. Celui qui m'a fait douter de tout. Même de moi.
Nathalie pâlit. Elle chancelle presque.
— Tu étais là ?
Kévin hoche la tête lentement.
— Si Kévin n'avait pas été là… je crois que je ne me serais jamais relevée. J'étais au bord, Nathalie. J'ai hurlé, comme une bête qu'on égorge. Je me suis effondrée. Et lui… il m'a ramassée, sans un mot, sans me juger. Il m'a tenue alors que je n'avais plus la force de me tenir moi-même.
Nathalie ne retient plus ses larmes. Elle glisse à genoux, puis se laisse tomber à côté de Séverine, la prend dans ses bras avec une force presque désespérée.
— Pardon… Pardon, ma chérie… Je voulais tellement te protéger. Je croyais faire ce qu'il fallait, ce qui était juste… mais j'ai été aveugle. Et je t'ai blessée. Je me déteste de t'avoir poussée plus bas, alors que tu te débutais déjà. Tu comptes tellement pour moi, Séverine… et je n'ai pas su voir ta douleur. Je suis désolée… du fond du cœur. Tellement désolée.
Séverine ferme les yeux, ses traits se détendent à peine. Elle inspire lentement, laisse s'échapper un souffle long et profond. Une larme glisse sur sa joue. Mais il y a aussi, au coin de ses lèvres, un sourire. Faible. Brisé. Mais vrai.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()