Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous l’emprise du désir — Chapitre 13 · L’instinct
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous l’emprise du désir
Chapitre 13 · L’instinct
La lumière matinale glisse à travers les baies vitrées de la cuisine. L'air conserve encore la fraîcheur délicate de l'aube, bien que la journée s'annonce écrasante. Le parfum riche du café s'entrelace aux arômes boisés du mobilier, enveloppant la pièce d'un cocon chaleureux.
Assise sur un tabouret haut, jambes croisées avec une nonchalance maîtrisée, Séverine sourit, une tartine beurrée entre les doigts. Son caraco en soie, à peine retenu par une fine bretelle glissée sur l'épaule, épouse sa peau claire avec sensualité. Le tissu révèle la courbe douce de sa poitrine, tandis qu'un petit short en coton, léger et pâle, moule sans vulgarité la finesse de ses jambes nues. À chaque mouvement, le tissu glisse subtilement, laissant deviner plus qu'il ne montre.
Elle est à la fois simple et troublante, radieuse dans cette lumière tranquille du matin.
— Tu te souviens de ta tête quand le film s'est arrêté ? demande-t-elle avec un éclat de rire.
Kévin, en face d'elle, tasse le café dans sa tasse, un sourire tendre accroché aux lèvres. Il lève les yeux vers elle, amusés.
— Honnêtement, j'ai cru que tu avais déclenché l'alarme incendie avec ton soupir, chuchote-t-il en riant. Les mecs deux rangs derrière nous ont dû penser qu'on ne regardait pas le même film.
— Ce n'est pas ma faute si tu as les mains baladeuses dans les salles obscures… Tu sais très bien que c'est ta faute si je suis toujours… trempée quand tu es là, murmure-t-elle en arquant un sourcil.
— Ce n'est pas ma faute si tu as les mains baladeuses dans les salles obscures… Tu sais très bien que c'est ta faute si je suis toujours… trempée quand tu es là, murmure-t-elle en arquant un sourcil.
Elle se penche vers lui, espiègle, puis reprend :
— D'ailleurs, je n'ai rien compris au film. J'attends toujours ton résumé. Parce qu'à la fin, j'avais du sperme dans les cheveux, sur le visage, et sur ma jolie robe noire. Noir et blanc, tu vois ? C'était impossible à rater !
Kévin éclate de rire, hausse une épaule :
— C'est sûrement ta définition du mot "assumer".
Séverine secoue la tête, faussement indignée, tout en se mordant la lèvre.
— Et c'est quoi cette manie de toujours te présenter devant une pauvre femme sans défense… avec le feu dans le pantalon ?
Ils se regardent. Et rient ensemble, complices, unis par ce mélange d'humour, de sensualité, et de tendresse malicieuse.
Leur complicité est palpable. Dans les regards, dans les silences, dans les gestes. Les heures partagées depuis ce week-end ont tissé entre eux quelque chose de doux et brûlant à la fois.
Leur complicité est palpable. Dans les regards, dans les silences, dans les gestes. Les heures partagées depuis ce week-end ont tissé entre eux quelque chose de doux et brûlant à la fois.
Après le petit déjeuner, Séverine monte à l'étage dans un pas léger, presque dansant. Elle ouvre l'armoire, effleure les tissus du bout des doigts avant de choisir un chemisier blanc à manches courtes, à la matière fluide et légèrement transparente. Elle le passe lentement, glisse ses bras dans les manches avec soin, puis le boutonne en laissant volontairement les deux premiers ouverts, dévoilant le galbe délicat de sa poitrine soutenue par un soutien-gorge ivoire à fines dentelles.
Elle sort ensuite une jupe bleu nuit, fluide, fendue sur le côté. Elle l'enfile en remontant doucement la fermeture sur sa hanche, laissant la fente caresser sa cuisse à chaque pas. Elle ajuste un peu le tissu, lisse la matière contre ses hanches, se regarde une seconde dans le miroir sans rien dire, satisfaite de ce mélange de simplicité et d'élégance désinvolte.
Pieds nus, elle descend l'escalier en caressant la rampe du bout des doigts. Arrivée dans la cuisine, elle attache ses cheveux d'un geste nonchalant, relevés en un chignon flou qui dégage sa nuque. Elle se penche alors pour ramasser les tasses sur la table, son chemisier glissant un peu, révélant furtivement la courbe douce de son dos et la dentelle discrète de son soutien-gorge.
Pieds nus, elle descend l'escalier en caressant la rampe du bout des doigts. Arrivée dans la cuisine, elle attache ses cheveux d'un geste nonchalant, relevés en un chignon flou qui dégage sa nuque. Elle se penche alors pour ramasser les tasses sur la table, son chemisier glissant un peu, révélant furtivement la courbe douce de son dos et la dentelle discrète de son soutien-gorge.
Dehors, Kévin s'affaire. À l'arrière de la maison, dans la partie ombragée du jardin, il travaille à redresser la vieille porte du cabanon en bois. Il est concentré, son dos se courbe alors qu'il serre une vis, le front perlé de sueur. Par moment, il se redresse, essuie ses paumes sur son short, observe la structure, puis recommence.
Vers 10h30, Séverine quitte l'écran de son ordinateur et se dirige vers la cuisine.
La chaleur commence à se faire sentir. Elle presse des citrons, ajoute quelques feuilles de menthe fraîche, prépare deux verres sur un plateau en bois. Elle y dépose la carafe, quelques glaçons, et sourit, déjà heureuse à l'idée de retrouver Kévin dehors.
Elle pousse la porte vitrée de la véranda.
La chaleur commence à se faire sentir. Elle presse des citrons, ajoute quelques feuilles de menthe fraîche, prépare deux verres sur un plateau en bois. Elle y dépose la carafe, quelques glaçons, et sourit, déjà heureuse à l'idée de retrouver Kévin dehors.
Elle pousse la porte vitrée de la véranda.
Et s'arrête net.
L'air s'échappe brutalement de ses poumons, comme aspiré par une peur viscérale. Le plateau tremble dans ses mains, ses doigts glacés par une sueur soudaine. Son cœur bat à tout rompre, cognant contre sa poitrine. Ses jambes fléchissent imperceptiblement sous son poids. À l'entrée du jardin, à peine à trois mètres, se tient une silhouette qu'elle reconnaîtrait entre mille une silhouette qu'elle espérait ne jamais revoir. Le temps semble suspendu, figé dans un cauchemar éveillé.
L'air s'échappe brutalement de ses poumons, comme aspiré par une peur viscérale. Le plateau tremble dans ses mains, ses doigts glacés par une sueur soudaine. Son cœur bat à tout rompre, cognant contre sa poitrine. Ses jambes fléchissent imperceptiblement sous son poids. À l'entrée du jardin, à peine à trois mètres, se tient une silhouette qu'elle reconnaîtrait entre mille une silhouette qu'elle espérait ne jamais revoir. Le temps semble suspendu, figé dans un cauchemar éveillé.
Son ex.
Son cœur se fige, son visage se vide de toute couleur. Ses yeux s'écarquillent, brillants d'effroi, sa bouche entrouverte reste muette. Une perle de sueur glisse lentement le long de sa tempe. Ses bras se resserrent contre le plateau qu'elle tient encore, comme pour chercher une forme de protection illusoire. Ses jambes se mettent à trembler, si violemment qu'elle sent ses genoux vaciller. Elle ne cligne même plus des yeux, comme paralysée dans une sidération glaciale.
Son cœur se fige, son visage se vide de toute couleur. Ses yeux s'écarquillent, brillants d'effroi, sa bouche entrouverte reste muette. Une perle de sueur glisse lentement le long de sa tempe. Ses bras se resserrent contre le plateau qu'elle tient encore, comme pour chercher une forme de protection illusoire. Ses jambes se mettent à trembler, si violemment qu'elle sent ses genoux vaciller. Elle ne cligne même plus des yeux, comme paralysée dans une sidération glaciale.
Il est là. Debout, raide, un rictus mauvais aux lèvres. Sa langue passe lentement sur ses lèvres dans un geste vicieux, provocateur, qui ajoute à la violence de sa présence. Une batte de baseball pend mollement à sa main droite. Son regard, injecté de rouge, la fixe avec une haine brûlante, mélange de rancune et de perversité à peine contenue.
— Alors c'est là que tu te planques, salope.
Il fait un pas de plus, puis crache entre ses dents avec un rire méprisant :
— Il n'est pas là, ton petit caniche pour venir te défendre ?
Il aboie deux fois, un rictus déformant ses traits, puis lève lentement la batte à hauteur de son visage.
— Tu sais ce qu'on fait au chien qui traînent trop près des femelles en chaleur ? On le dresse. On le mate. Surtout les bâtards qui viennent renifler la chatte d'une bourgeoise en manque, qui croit que ses cuisses ouvertes font d'elle une reine.
Il la dévisage, sa voix se charge d'un mépris visqueux.
— Les bourgeoises comme toi, ça rêve qu'on leur lèche le cul à quatre pattes. Ça vit dans des maisons bien rangées, mais dès que ça croise une queue, ça se liquéfie, ça se plie, ça gémit. Et après ça fait la morale, ça joue les dames, hein ?
Il rit, sale, et crache au sol, provocateur. Puis, dans un geste obscène, il passe sa langue sur ses doigts, plie deux d'entre eux et les agite vulgairement sous son nez comme pour mimer une pénétration, en grognant :
— C'est ça qu'il t'apprend, ton petit puceau ? Il lève ensuite le majeur dans sa direction, le regard chargé de haine crasse, ajoutant un clin d'œil gras, grotesque. Un geste de brute, d'un homme qui ne cherche qu'à blesser, à salir ce qu'il ne possède plus.
— Tu n'as aucune morale, Séverine. Tu es juste une bourgeoise en chaleur qui mouille dès qu'un gamin lui sort la queue. Tu aimes qu'on te bave entre les jambes, qu'on t'étale, qu'on te salisse. Tu n'es même pas foutue de faire semblant d'avoir de la tenue. C'est ça, ta version du raffinement ? Laisser un petit puceau te foutre à quatre pattes ?
— Tu n'as aucune morale, Séverine. Tu es juste une bourgeoise en chaleur qui mouille dès qu'un gamin lui sort la queue. Tu aimes qu'on te bave entre les jambes, qu'on t'étale, qu'on te salisse. Tu n'es même pas foutue de faire semblant d'avoir de la tenue. C'est ça, ta version du raffinement ? Laisser un petit puceau te foutre à quatre pattes ?
Ses mots sont des gifles, chacun plus crasseux que le précédent. Séverine chancelle intérieurement. Elle sent la brûlure de l'humiliation, le poison lent de sa haine qui cherche à la faire vaciller. Mais elle reste debout. Parce qu'elle refuse de plier.
Ses mots claquent dans l'air, sales, cruels. Chaque syllabe frappe Séverine en plein cœur. Elle comprend qu'il parle de Kévin. Son ventre se tord, ses yeux s'embuent, son souffle se brise. Une douleur plus violente encore que la peur envahit sa poitrine. Il ne cherche pas seulement à l'humilier. Il veut salir ce qu'elle aime, le piétiner comme il piétinerait une fleur dans la boue.
Le plateau chute. Le verre éclate dans un bruit sec sur les dalles.
Séverine recule d'un pas, paralysée. Elle n'arrive pas à crier. Pas encore.
Séverine recule d'un pas, paralysée. Elle n'arrive pas à crier. Pas encore.
— Putain, regarde-moi ça… une putain de bourgeoise qui se tape le jardinier maintenant ?
Il ricane, s'approche encore d'un pas et ajoute, plus fort :
— C'est ça ton niveau maintenant ? Un gosse à peine pubère qui bande dès que tu respires ? Il t'encule dans les buissons comme une chienne en chaleur et tu appelles ça une histoire d'amour ? Tu as perdu toute dignité, comme une pute.
Il crache au sol, la regarde avec une haine glaciale.
— Les bourgeoises comme toi, ça se donne au premier qui a un peu de muscle et une gueule d'ange. Ça se fait sucer le cerveau dès que ça sent un peu le mâle. Et après ça ose me regarder comme si j'étais le monstre ?
Ses mots sont faits pour blesser. Il vise juste, là où il sait que ça fera mal : son lien avec Kévin. Il appuie avec cruauté, en dégueulant son venin dans une logorrhée de rage et de jalousie crue.
Il avance. Elle veut reculer, mais son corps ne répond plus. Il est déjà sur elle.
Il avance. Elle veut reculer, mais son corps ne répond plus. Il est déjà sur elle.
Il l'attrape brutalement par les cheveux. Elle lève aussitôt les mains pour tenter de se dégager, ses doigts s'agrippant à ses mèches emmêlées dans un geste de défense instinctif. Sa tête bascule en arrière, arrachée au contrôle de son propre corps, et un cri aigu, brisé, lui échappe.
— Tu me méprises, hein ? Tu crois que tu es meilleure maintenant ? Tu penses que j'ai oublié comment tu criais comme une truie sous moi ? Comment je te montais si bien que tu gémissais comme une salope en manque ?
Il ricane, craches-en sa direction. Un filet épais l'atteint partiellement sur la joue. Séverine sursaute, abasourdie, et s'essuie aussitôt du revers tremblant de sa main. L'humiliation la traverse comme une lame, ajoutant au dégoût qui lui noue déjà l'estomac.
— Tu ne te souviens pas, hein, toutes les fois où tu as dit non à mes envies ? Jamais voulu que je te prenne par-derrière, jamais voulu que je te foute à genoux comme j'en rêvais. Toujours en train de faire ta précieuse. Et maintenant, tu te donnes à un môme, à moitié formé, qui doit à peine savoir comment s'y prendre ? C'est ça, ton idée du progrès ?
Son regard la transperce. Il ajoute dans un souffle dégueulasse :
— C'est avec lui que tu as fait tout ce que tu n'as jamais osé avec moi, pas vrai ? C'est lui qui a eu le droit à ta bouche, à ton cul, à tout. Et tu veux que je garde ça pour moi, comme un bon souvenir ? Tu m'as laissé crever de frustration, Séverine.
Il tire violemment sur son chemisier, les boutons sautent, l'un d'eux ricochant contre la baie vitrée. La manche se déchire d'un coup sec, découvrant l'arrondi tendu de son bras nu. Son soutien-gorge, ivoire et délicat, apparaît sous ses mains brutales. Il ricane, ses yeux brillants de haine et de vulgarité.
— Tu t'habilles en bourgeoise, mais tu bandes comme une salope de banlieue… Cette dentelle-là, c'est juste pour faire lever la petite queue de ton bâtard, hein ?
Il hausse les épaules, moqueur, et ajoute d'une voix épaisse :
— Une vraie dame ? Laisse-moi rire. Tu es qu'une vieille bourgeoise en manque, qui se déguise en putain raffinée avec ses dessous en dentelle pour mieux exciter le petit bâtard qui te tourne autour.
Il ricane, puis abaisse lentement le bout effilé de sa batte le long de sa hanche, jusqu'à passer sous l'ourlet de sa jupe.
— Tiens, fais voir un peu… Il soulève le tissu du bout de l'arme, dévoilant sa lingerie. Il éclate de rire, un rire gras, mauvais.
— Un string ?! Sérieusement ? Toi qui te baladais qu'avec des culottes de grand-mère, bien remontées, moches comme tout… Et maintenant tu t'affiches comme une traînée, juste pour faire bander ton petit bâtard ? C'est ça, ta nouvelle idée du chic ? T'exciter comme une salope déguisée pour un gosse qui mouille dès qu'il voit une dentelle ?
— Un string ?! Sérieusement ? Toi qui te baladais qu'avec des culottes de grand-mère, bien remontées, moches comme tout… Et maintenant tu t'affiches comme une traînée, juste pour faire bander ton petit bâtard ? C'est ça, ta nouvelle idée du chic ? T'exciter comme une salope déguisée pour un gosse qui mouille dès qu'il voit une dentelle ?
Il se penche, son souffle rauque, son regard vicieux :
— Dis-moi, c'est pour lui ? Pour ton petit clébard en rut ? Tu veux qu'il te renifle le cul comme une salope bien dressée ? Hein ? Réponds, Salope.
Son ton est haineux, gras, dégoulinant de rancune. Chaque mot est une arme, et son regard une menace vivante.
— Arrête ! Pitié ! hurle-t-elle en se débattant, le souffle haché par la panique.
Une bouffée nauséabonde la frappe : son haleine est âcre, chargée d'alcool rance. Elle détourne le visage, écœurée, mais il est trop proche, son souffle infect lui colle à la peau. Elle a envie de vomir. La peur se mêle au dégoût. Son estomac se noue. Ce n'est plus seulement la violence qui l'ébranle, c'est l'animalité fétide de ce qu'il est devenu.
Il la pousse au sol sans ménagement. Elle s'écrase sur les genoux, ses paumes heurtant la dalle rugueuse. Elle tente de se relever, mais il la saisit violemment par l'épaule et l'oblige à rester là.
Penché sur elle, il postillonne en parlant, sa bave éclaboussant son visage. Son haleine fétide, mêlée d'alcool, la frappe de plein fouet. Il éructe, haineux : — tu es qu'une merde, Séverine. Une traînée qui se fait grimper par des chiots à peine sevrés.
Penché sur elle, il postillonne en parlant, sa bave éclaboussant son visage. Son haleine fétide, mêlée d'alcool, la frappe de plein fouet. Il éructe, haineux : — tu es qu'une merde, Séverine. Une traînée qui se fait grimper par des chiots à peine sevrés.
Elle ferme les yeux, tremble de tout son corps. Une larme roule le long de sa joue, se mêle à une goutte visqueuse de salive qui lui dégouline de la joue au cou. L'odeur, les mots, la peur, tout se mélange en elle. Elle étouffe, incapable de bouger, dévastée.
— Tu es qu'une pute, Séverine. Une salope qui se donne à n'importe qui tant qu'il est jeune et bandant. Il le sait, ton petit merdeux, que t'avait toujours la migraine chaque fois que je voulais te faire le cul ? Que tu te débinais dès que je te demandais une pipe ? Hein ? Maintenant tu lèches tout, tu ouvres tout, tu t'écartes pour lui comme une chienne en chaleur. C'est ça ton évolution ? Tu as toujours préféré le confort des caprices aux vraies envies, sauf quand c'est un gosse qui te les réclame ? Tu n'as aucune fierté, aucune dignité.
Il déboutonne son pantalon d'un geste brutal, exhibe son sexe mou avec une grimace cruelle, puis pisse au sol, devant elle, comme un chien marquant son territoire.
— Regarde bien, salope. Ça, c'est un vrai mec. Pas ton petit puceau tout juste sorti du berceau. Et je vais te la mettre bien profond après, ne t'inquiète pas…je vais te faire couiner comme une grosse truie, que tu es.
Séverine détourne le regard, dégoûtée, mais ce n'est pas de peur cette fois. C'est un choc, un sursaut intérieur. Elle pense à Kévin. À sa douceur. À ses gestes respectueux. À ce moment, l'autre soir, où il aurait pu, mais n'a rien imposé. Même avec le désir brûlant dans ses yeux, il a respecté ses limites. Il ne l'a pas touchée là où elle n'était pas prête.
Et c'est là que quelque chose en elle se brise. Que la peur laisse place à une colère ancienne, profonde, vivante. Elle a encaissé les insultes, les humiliations, les crachats, mais là… c'est trop. Elle sent son cœur cogner comme un poing contre sa poitrine. Une chaleur furieuse lui monte aux joues. Son corps tremble, mais ce n'est plus de peur. Ses mâchoires se serrent, ses mains se crispent. Et sa voix jaillit, puissante, déchirée :
— KÉVIN ! AU SECOURS !
Il ricane, cruel, et crache ses mots avec un venin acide :
— Pourquoi tu l'appelles, ton clébard ? Il vient plus, non ? J'ai entendu dire qu'il tournait autour de sa précieuse Nathalie, celle qui minaude tout le temps. Il doit sûrement lui renifler le cul à elle aussi maintenant, où il doit frotter sa petite queue contre son gros cul comme un caniche. Tu crois vraiment que ton petit bâtard te reste fidèle ? Pauvre conne.
— Je vais m'occuper de son gros cul a elle aussi après, toujours là à se mettre au milieu, de nous et prendre ta défense, chaque fois que j'avis envie de t'en mettre une, faut les maté les petites vicieuses comme toi, en plus tu aimes ça, un vrai mec qui te mate…
— Je vais m'occuper de son gros cul a elle aussi après, toujours là à se mettre au milieu, de nous et prendre ta défense, chaque fois que j'avis envie de t'en mettre une, faut les maté les petites vicieuses comme toi, en plus tu aimes ça, un vrai mec qui te mate…
Kévin redresse la tête.
Un bruit de verre. Kévin l'a perçu, fugace, étouffé. Il a levé la tête, intrigué, croyant à un simple accident domestique. Mais maintenant… ce cri. Strident, glaçant. C'est la voix de Séverine. Et il y a dans ce hurlement une détresse qui le déchire instantanément. Il le sent dans ses tripes : elle est en danger. Et elle a peur. Une peur vraie, brute, qui transperce l'air comme une lame froide. Plus de doute possible.
Un bruit de verre. Kévin l'a perçu, fugace, étouffé. Il a levé la tête, intrigué, croyant à un simple accident domestique. Mais maintenant… ce cri. Strident, glaçant. C'est la voix de Séverine. Et il y a dans ce hurlement une détresse qui le déchire instantanément. Il le sent dans ses tripes : elle est en danger. Et elle a peur. Une peur vraie, brute, qui transperce l'air comme une lame froide. Plus de doute possible.
Il bondit.
Il lâche la perceuse, enjambe les outils, court à travers le jardin.
Il lâche la perceuse, enjambe les outils, court à travers le jardin.
Ce qu'il découvre lui glace le sang.
Séverine est au sol. Ses cheveux en bataille retombent en mèches folles autour de son visage marqué par les larmes et la terre. Son chemisier, déchiré, pend en lambeaux sur ses épaules dénudées, dévoilant le soutien-gorge qui peine à couvrir ça poitrine. Un pan de tissu flotte au vent, accroché à un bouton encore intact, comme un drapeau de détresse. Sa jupe est remontée sur ses cuisses, froissée, salie. Ses bras sont levés au-dessus de sa tête, paumes ouvertes, dans un réflexe de défense désespéré, comme si elle attendait un nouveau coup. Son regard, noyé de larmes, supplie sans un mot. Et lui, au-dessus d'elle, la batte de baseball encore à la main plane comme une ombre prête à frapper.
Séverine est au sol. Ses cheveux en bataille retombent en mèches folles autour de son visage marqué par les larmes et la terre. Son chemisier, déchiré, pend en lambeaux sur ses épaules dénudées, dévoilant le soutien-gorge qui peine à couvrir ça poitrine. Un pan de tissu flotte au vent, accroché à un bouton encore intact, comme un drapeau de détresse. Sa jupe est remontée sur ses cuisses, froissée, salie. Ses bras sont levés au-dessus de sa tête, paumes ouvertes, dans un réflexe de défense désespéré, comme si elle attendait un nouveau coup. Son regard, noyé de larmes, supplie sans un mot. Et lui, au-dessus d'elle, la batte de baseball encore à la main plane comme une ombre prête à frapper.
Le cri que pousse Kévin n'appartient pas à un garçon. C'est le rugissement d'un loup, affamé, prêt à mordre, prêt à défendre son territoire même si l'issue est fatale. Il n'est plus un adolescent : il est une bête montrant les crocs, guidée par un instinct viscéral de protection.
Par deux fois déjà, il a vu ce que cet homme était capable d'infliger à Séverine. Deux fois de trop. Elle, cette femme qui est tout pour lui. Sa lumière, son souffle, son feu. Et même s'il devait y laisser sa peau, même si cela devait être la dernière chose qu'il ferait, il ira. Il doit y aller.
Un feu noir pulse dans ses veines. Sa respiration est hachée, mais ses pas sont sûrs. Il n'y a plus d'obstacles, plus d'hésitations. Il fonce, droit vers lui. Rien ne pourra le détourner. Pas maintenant. Pas alors qu'elle est en danger. Il est un loup. Et ce loup a soif de justice.
Un feu noir pulse dans ses veines. Sa respiration est hachée, mais ses pas sont sûrs. Il n'y a plus d'obstacles, plus d'hésitations. Il fonce, droit vers lui. Rien ne pourra le détourner. Pas maintenant. Pas alors qu'elle est en danger. Il est un loup. Et ce loup a soif de justice.
Il fonce.
Séverine l'aperçoit. Son cœur fait un bond dans sa poitrine. Elle se redresse sur ses genoux, tremblante, les bras encore levés en réflexe de défense. Ses yeux s'écarquillent, noyés de larmes. Une onde d'émotion brutale l'envahit : un soulagement fulgurant mêlé à une peur sourde. Elle est heureuse, bouleversée de le voir arriver… mais terrifiée à l'idée qu'il fasse une folie. Et si on lui faisait du mal ? Et si c'était Kévin qui tombait ?
Séverine l'aperçoit. Son cœur fait un bond dans sa poitrine. Elle se redresse sur ses genoux, tremblante, les bras encore levés en réflexe de défense. Ses yeux s'écarquillent, noyés de larmes. Une onde d'émotion brutale l'envahit : un soulagement fulgurant mêlé à une peur sourde. Elle est heureuse, bouleversée de le voir arriver… mais terrifiée à l'idée qu'il fasse une folie. Et si on lui faisait du mal ? Et si c'était Kévin qui tombait ?
Son souffle reste suspendu. Pourvu qu'il n'arrive rien à celui qu'elle aime.
Le choc est d'une violence animale. L'épaule de Kévin percute l'homme comme un boulet, l'arrachant à sa posture. La batte vole dans l'air avant de retomber dans l'herbe avec un bruit mat. Les corps s'enchevêtrent, roulent brutalement dans les massifs de fleurs, pulvérisant pivoines et tiges sous leur poids.
Le choc est d'une violence animale. L'épaule de Kévin percute l'homme comme un boulet, l'arrachant à sa posture. La batte vole dans l'air avant de retomber dans l'herbe avec un bruit mat. Les corps s'enchevêtrent, roulent brutalement dans les massifs de fleurs, pulvérisant pivoines et tiges sous leur poids.
Kévin grogne, propulsé par une rage protectrice, ses poings cherchant à immobiliser, à dominer, à faire taire cette menace. Son adversaire, pris par surprise, réagit comme une bête acculée, griffant, poussant, mordant presque.
Ils roulent, se battent au sol, dans une lutte féroce où la jeunesse de Kévin se heurte à la hargne brute de l'autre. Chaque mouvement est heurté, saccadé, la terre vole, la sueur coule, les muscles se tendent jusqu'à l'épuisement. C'est un combat sans règle, sans pitié. Le jardin devient une arène, leur souffle court, un tambour de guerre.
Ils roulent, se battent au sol, dans une lutte féroce où la jeunesse de Kévin se heurte à la hargne brute de l'autre. Chaque mouvement est heurté, saccadé, la terre vole, la sueur coule, les muscles se tendent jusqu'à l'épuisement. C'est un combat sans règle, sans pitié. Le jardin devient une arène, leur souffle court, un tambour de guerre.
Il se bat pour la haine.
Kévin, lui, se bat pour l'amour.
Séverine le voit. Elle le voit vraiment. Et cette image la transperce.
Elle reste figée, les genoux dans la terre, incapable de bouger, de crier à nouveau. Son corps est glacé, mais ses joues ruissellent. Les larmes dévalent sans retenue.
Kévin, lui, se bat pour l'amour.
Séverine le voit. Elle le voit vraiment. Et cette image la transperce.
Elle reste figée, les genoux dans la terre, incapable de bouger, de crier à nouveau. Son corps est glacé, mais ses joues ruissellent. Les larmes dévalent sans retenue.
La seule personne qui ne l'ait jamais regardée avec tendresse. Le seul qui ait écouté sans juger, aimé sans condition. Celui qui l'a couverte de douceur, là où d'autres n'avaient laissé que cicatrices et silence… Il est là, et il se bat à cause d'elle.
Une peur déchirante lui laboure la poitrine. Et si… Et si on le blessait ? Et si elle le perdait, là, sous ses yeux ?
Une peur déchirante lui laboure la poitrine. Et si… Et si on le blessait ? Et si elle le perdait, là, sous ses yeux ?
Ses lèvres bougent à peine. Sa voix est inaudible, comme un souffle brisé :
— S'il te plaît…KEVIN… Je ne pourrais pas vivre… si il t'arrive quelque chose.
Elle le répète, en boucle, pour elle seule. Un murmure noyé dans ses larmes. Son souffle est suspendu, son cœur prêt à exploser.
Il attrape le bras de son agresseur, le tord avec une force animale, jusqu'à entendre un grognement de douleur. Dans le même mouvement, il le plaque violemment au sol, l'épaule écrasée contre la terre humide. La senteur entêtante des fleurs broyées monte à ses narines, comme un rappel brutal de la violence en train de se jouer dans ce jardin d'ordinaire paisible.
Il attrape le bras de son agresseur, le tord avec une force animale, jusqu'à entendre un grognement de douleur. Dans le même mouvement, il le plaque violemment au sol, l'épaule écrasée contre la terre humide. La senteur entêtante des fleurs broyées monte à ses narines, comme un rappel brutal de la violence en train de se jouer dans ce jardin d'ordinaire paisible.
Il se hisse à califourchon sur lui, les genoux ancrés dans la terre. Sa respiration est saccadée, son torse se soulève à chaque bouffée de rage contenue. Il lève le poing, prêt à frapper, chaque muscle de son bras tendu à l'extrême. Ses yeux, brûlants, sont fixés sur cet homme qu'il hait, qu'il redoute, qu'il veut effacer de la vie de Séverine.
— Tu approches encore une fois d'elle… UNE SEULE FOIS… Et je te jure que je casse la tête espèces de sac a merde. Tu crois que c'est la première fois que je te vois lui faire ça ? La première fois que je dois rattraper tes saloperies ?
Il serre les dents, la voix chargée d'un froid tranchant.
— J'ai vu les marques que tu as laissées. J'ai entendu son cri, cette nuit-là, au téléphone… Ce hurlement… Ce hurlement qui me hante, connard. Il n'était pas pour toi, il était à cause de toi.
Kévin le fixe droit dans les yeux, sans ciller, sans trembler. Son souffle est court, mais sa rage est contenue, brutale.
— Tu ne mérites même pas de respirer le même air qu'elle. Tu n'es rien. Un déchet. Et crois-moi bien… je te surveillerai. La prochaine fois, je t'enterre vivant.
— Kévin, non ! hurle Séverine, la voix brisée, en courant vers eux.
— Kévin, non ! hurle Séverine, la voix brisée, en courant vers eux.
Son chemisier déchiré pend maladroitement sur ses épaules, ne dissimulant qu'à peine sa poitrine encore secouée de sanglots. Une bretelle de son soutien-gorge en dentelle glisse sur son bras, exposant une partie de sa peau marquée. Sa jupe froissée s'accroche à ses cuisses nues, et ses pieds nus s'enfoncent dans la terre meuble. Ses cheveux sont en désordre, collés à ses tempes par la sueur et les larmes.
Elle tend les bras vers Kévin, les paumes ouvertes, comme pour stopper l'inévitable. Elle pleure à chaudes larmes, submergée par la panique et l'amour mêlés.
— Ne lui fais pas de mal ! Je t'en supplie ! Même s'il le mérite… je ne veux pas que tu fasses une erreur pour moi…
Elle attrape Kévin par le bras.
— Ne le frappe pas ! Il va se retourner contre toi ! Je t'en supplie !
Son regard croise celui de Kévin. Et là, elle voit. Elle voit que ce n'est pas la colère qui l'habite, mais la peur de l'avoir perdue. La peur d'être arrivé trop tard. Il tremble de rage.
Mais il lâche.
Il se redresse lentement, le souffle encore court, puis d'un geste sec, plein de dédain, il pousse l'homme du pied, comme on chasse une ordure sur un trottoir. Le corps de son agresseur bascule mollement sur le côté, groggy, pathétique. Kévin le toise sans un mot, le regard dur comme la pierre.
Il se redresse lentement, le souffle encore court, puis d'un geste sec, plein de dédain, il pousse l'homme du pied, comme on chasse une ordure sur un trottoir. Le corps de son agresseur bascule mollement sur le côté, groggy, pathétique. Kévin le toise sans un mot, le regard dur comme la pierre.
Séverine recule, sort son téléphone de sa poche, compose fébrilement.
— Allô ? Oui… Police. Une agression… chez moi… maintenant. Oui. Il a tenté de… Oui, il est encore là… Dépêchez-vous.
Elle reste debout, à quelques mètres de Kévin, le bras levé, le téléphone contre l'oreille. La batte est au sol. Les fleurs piétinées autour d'eux forment un cercle étrange. Comme une scène de théâtre violente et désordonnée.
Kévin recule. Il regarde Séverine. Sa poitrine se soulève vite sous le tissu déchiré. Elle tremble toujours.
Il s'approche doucement.
Il s'approche doucement.
— Ça va ? Il t'a fait mal ?
Elle hoche la tête. Non. Mais ses lèvres tremblent. Et soudain elle se jette contre lui. Elle s'accroche à lui comme à une bouée. Et il la serre. Fort.
Très fort.
Le calme revenu à quelque chose d'irréel, presque surnaturel après le départ de la police et de son ex, embarquer pour agression et violation de domicile.
Très fort.
Le calme revenu à quelque chose d'irréel, presque surnaturel après le départ de la police et de son ex, embarquer pour agression et violation de domicile.
Le silence qui enveloppe le jardin pèse comme une chape de plomb. C'est un silence chargé, dense, électrique encore, comme si la terre elle-même retenait son souffle, figée par ce qu'elle venait d'absorber.
L'air est lourd, moite, saturé de parfums, de fleurs écrasées, de terre retournée, de sueur séchée et de peur encore flottante. L'atmosphère a le goût métallique des instants qui suivent le chaos, où chaque bruissement semble amplifié, chaque mouvement paraît étranger. Les feuilles bruissent à peine dans les arbres, le chant des oiseaux s'est tu. Tout est suspendu.
C'est un après. Un entre-deux. Un moment fragile, tendu, où rien n'a encore repris sa place, et où les émotions, elles, peinent à redescendre.
Séverine, debout au bord du massif piétiné, contemple les stigmates laissés par la violence. Les tiges brisées des pivoines pendent tristement, les feuilles gisent en désordre sur la terre retournée, comme si le jardin lui-même pleurait. Elle a enfilé une veste de jogging gris clair par-dessus son chemisier blanc à manches courtes, déchiré sur l'épaule et tâché d'une traînée brunâtre. Les manches de la veste lui tombent presque jusqu'aux doigts, un peu trop longues pour elle, et la capuche, posée sur ses épaules, encadre son visage encore marqué par les larmes et l'effroi.
Séverine, debout au bord du massif piétiné, contemple les stigmates laissés par la violence. Les tiges brisées des pivoines pendent tristement, les feuilles gisent en désordre sur la terre retournée, comme si le jardin lui-même pleurait. Elle a enfilé une veste de jogging gris clair par-dessus son chemisier blanc à manches courtes, déchiré sur l'épaule et tâché d'une traînée brunâtre. Les manches de la veste lui tombent presque jusqu'aux doigts, un peu trop longues pour elle, et la capuche, posée sur ses épaules, encadre son visage encore marqué par les larmes et l'effroi.
Sous la fermeture entrouverte, on distingue les bretelles fines d'un soutien-gorge en dentelle noire, contraste brut avec la douceur du tissu de sa veste. Sa jupe, autrefois impeccable, est froissée, salie, remontée de biais sur une cuisse, dévoilant la peau nue et les genoux couverts de poussière. Ses pieds nus, légèrement souillés, s'enfoncent dans l'herbe humide, laissant derrière eux des empreintes éphémères dans la pelouse dévastée. Elle respire lentement, comme pour recoller les morceaux, son regard glissant du sol meurtri à l'horizon calme. Chaque détail de son allure trahit la violence qu'elle vient de traverser.
À côté d'elle, Kévin est accroupi, son regard sombre perdu dans la terre retournée. Il se redresse lentement, essuie ses mains sur son short, puis jette un œil vers Séverine, qui tente un sourire malgré le tremblement de ses lèvres.
— Il va falloir refaire ce massif, dit-elle doucement, sa voix presque absente, brisée par l'émotion.
Il hoche la tête, mais elle ajoute, plus sérieuse :
— Je veux que tu te rappelles une chose essentielle, Kévin. Un jardin, c'est un lieu de patience et de soin. Ça s'entretient, ça se chérit… ce n'est pas fait pour être ravagé par la colère, même quand elle est justifiée.
Il tourne vers elle un regard surpris. Elle croise les bras sous sa veste, légèrement moqueuse, avec un éclat de malice dans les yeux qui lutte contre les larmes :
— Est-ce que tu as bien compris ? Je t'ai embauché pour entretenir le jardin… pas pour le transformer en ring de boxe horticole.
Il éclate d'un rire bref, hochant la tête.
— Et toi, tu as une drôle de définition du mot « assumer ».
— Et toi, tu en as une bien personnelle du mot « entretenir ».
— Et toi, tu en as une bien personnelle du mot « entretenir ».
Leurs regards se croisent. Un silence délicat s'installe entre eux, tissé d'une gratitude muette, d'un respect nouveau-né du tumulte partagé. C'est un instant suspendu, fragile, où leurs yeux se disent plus que les mots ne pourraient. Kévin s'étire lentement, le dos craquant sous l'effort, puis passe une main sur son front perlé de sueur, essuyant à la fois la fatigue et la tension retombée. Il grimace légèrement, un rictus amusé venant adoucir ses traits :
— J'ai l'impression d'avoir pris un cours intensif de judo floral…
— J'ai soif, dit-il. Peut-être l'adrénaline… ou la panique. Je n'en sais rien. J'ai la gorge sèche comme le désert.
— Va te servir. Je range mon ordi et j'arrive.
— J'ai soif, dit-il. Peut-être l'adrénaline… ou la panique. Je n'en sais rien. J'ai la gorge sèche comme le désert.
— Va te servir. Je range mon ordi et j'arrive.
Elle le regarde s'éloigner, son pas légèrement boiteux, les épaules contractées, les poings encore fermés comme s'il s'attendait à devoir frapper à nouveau. Une tension animale émane encore de lui, mêlée à une fatigue sourde. Elle soupire, un souffle long, pour relâcher cette angoisse qui la serre depuis trop longtemps. Lentement, elle se penche, ramasse les dossiers éparpillés sur la table de la véranda, ses doigts tremblants trahissant encore l'émotion, puis elle pousse la porte coulissante et rentre dans la cuisine dans un bruissement discret de tissu froissé.
Elle pousse la porte vitrée.
— AAAAAH !
Le cri lui échappe malgré elle, strident, instinctif. Devant l'évier, Kévin est penché, torse incliné, se servant un verre d'eau à même la carafe. Son t-shirt colle à sa peau, maculé de terre, mais c'est la grande tache sombre, rouge foncé, étalée en étoile entre ses omoplates, qui la paralyse un instant. Son dos est strié de griffures terreuses et de fines éraflures, comme les marques d'un combat livré avec le corps entier. L'image la frappe de plein fouet — ce n'est plus le jeune jardinier timide qu'elle regarde, mais un homme revenu d'un front qu'elle n'avait pas vu venir.
Il se retourne, surpris, le verre à la main.
— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle s'avance en courant, soulève doucement son t-shirt.
— Tu es en sang !
Il tente de regarder lui-même, tourne la tête inutilement.
— Je ne sens rien.
— Tu as une plaie ! Tu t'es sûrement éclaté sur le petit muret en pierre, là où tu as roulé avec l'autre…
— Tu as une plaie ! Tu t'es sûrement éclaté sur le petit muret en pierre, là où tu as roulé avec l'autre…
Elle passe ses doigts près de la blessure, hésitante.
— Va te doucher. Tu as de la terre jusque dans les cils, on dirait que tu as dormi dans un potager. Et puis, ton t-shirt, on dirait un torchon trempé dans le jus de betterave… Je veux voir ce qu'il y a sous cette tâche. Douche-toi, et je m'occupe du reste. Rien de trop grave, je pense, mais laisse-moi en juger avec un peu moins de boue, d'accord ?
Il hoche la tête, repose son verre à moitié vide.
— D'accord…
Alors qu'il tourne les talons, elle attrape doucement son bras.
— Kévin ?
Il se retourne. Elle se hisse sur la pointe des pieds, ses doigts s'accrochant un instant à son avant-bras pour garder l'équilibre, puis elle dépose un baiser sur sa joue. Léger. Tendre. Mais dans ce simple contact, il y a tout : la gratitude brûlante d'avoir été protégée, l'admiration muette pour son courage, et une émotion plus intime encore, un amour fragile, à peine éclos, mais déjà vibrant, ancré au creux du ventre et du cœur.
— Merci…
Elle ne dit rien de plus. Le mot est court, mais chargé d'un poids immense. Il acquiesce, silencieux, et disparaît en direction de la salle de bain.
Séverine inspire longuement, puis attrape un chiffon pour essuyer la table. La sonnette retentit.
C'est Nathalie.
Séverine inspire longuement, puis attrape un chiffon pour essuyer la table. La sonnette retentit.
C'est Nathalie.
Vêtue d'un tailleur sombre froissé par la précipitation, l'air fébrile et le souffle court, elle entre en trombe, le regard en alerte. Son sac glisse le long de son épaule tandis que ses cheveux, habituellement impeccables, sont tirés à la va-vite en une queue de cheval malmenée. Elle balaye la pièce d'un regard rapide et inquiet, les yeux écarquillés, comme cherchant une preuve tangible que Séverine va bien.
— Je te jure, j'ai cru que mon cœur allait lâcher quand j'ai lu ton message ! Il est vraiment venu jusqu'ici ? Il t'a agressée ? Il t'a fait du mal ? Oh.
Séverine, dis-moi que tu vas bien, s'il te plaît…
Séverine referme la porte derrière elle d'un geste lent, presque mécanique, comme si elle craignait qu'un simple courant d'air puisse rouvrir le passé qu'elle tentait de refermer. Elle hoche la tête, les yeux encore humides, le souffle court. Ses doigts, crispés sur la poignée froide, tremblent visiblement. Son corps entier semble hésiter entre l'effondrement et la tension encore palpable de la confrontation. Une mèche de cheveux collée à sa tempe souligne les perles de sueur qui n'ont pas encore eu le temps de sécher. Sa mâchoire se contracte : elle lutte pour ne pas céder à la panique, pour rester debout, digne, mais tout en elle trahit la secousse émotionnelle qui continue de la traverser.
Séverine referme la porte derrière elle d'un geste lent, presque mécanique, comme si elle craignait qu'un simple courant d'air puisse rouvrir le passé qu'elle tentait de refermer. Elle hoche la tête, les yeux encore humides, le souffle court. Ses doigts, crispés sur la poignée froide, tremblent visiblement. Son corps entier semble hésiter entre l'effondrement et la tension encore palpable de la confrontation. Une mèche de cheveux collée à sa tempe souligne les perles de sueur qui n'ont pas encore eu le temps de sécher. Sa mâchoire se contracte : elle lutte pour ne pas céder à la panique, pour rester debout, digne, mais tout en elle trahit la secousse émotionnelle qui continue de la traverser.
— Il a failli... Il m'a presque eue. Mais Kévin est arrivé. Comme un éclair. Juste à temps. Il l'a stoppé net, comme s'il avait toujours su exactement quand intervenir. C'était… c'était inespéré.
Elles s'installent dans le salon, l'ambiance est tendue, pesante encore. Séverine parle d'une voix calme, presque mécanique au début. Mais au fur et à mesure qu'elle déroule les événements, sa voix se charge d'émotion, ses mains s'agitent légèrement, trahissant l'intensité du souvenir.
Nathalie, elle, reste figée. D'abord attentive, puis de plus en plus stupéfaite à mesure que les détails s'accumulent. Elle se redresse imperceptiblement, les sourcils froncés, la main devant sa bouche. À chaque phrase, elle lâche un « Quoi ? », un « Il a osé ? », un « Non, mais il est malade ! ».
Nathalie, elle, reste figée. D'abord attentive, puis de plus en plus stupéfaite à mesure que les détails s'accumulent. Elle se redresse imperceptiblement, les sourcils froncés, la main devant sa bouche. À chaque phrase, elle lâche un « Quoi ? », un « Il a osé ? », un « Non, mais il est malade ! ».
Séverine répète quelques insultes. Certaines la font tressaillir en les redisant. Les mots, encore frais, semblent s'imprimer dans l'air.
— Et Kévin ? souffle Nathalie, incapable d'attendre la suite.
Alors, Séverine raconte. Comment il a surgi Comment il a couru, les yeux chargés d'une rage qu'elle ne lui connaissait pas. Comment il a plaqué son ex au sol, s'est battu, l'a empêché d'aller plus loin. Comment il a crié pour elle. Pour la défendre.
Nathalie secoue lentement la tête, sidérée.
Nathalie secoue lentement la tête, sidérée.
— Putain… Ce gamin-là… Ce n'est pas juste un jardinier, c'est un putain de héros, Sév'.
— Il a été… incroyable. J'ai cru qu'il allait le tuer. Mais il a su s'arrêter. C'est moi qui ai crié, je…
— Il a été… incroyable. J'ai cru qu'il allait le tuer. Mais il a su s'arrêter. C'est moi qui ai crié, je…
Elle s'interrompt, passe une main sur ses yeux.
La porte s'ouvre doucement.
Kévin, une serviette nouée autour de la taille, entre dans la pièce d'un pas tranquille mimant une sorte de danse pour essayer de faire rire, pensant n'y trouver que Séverine. Ses cheveux encore humides forment de petites boucles indisciplinées sur son front, et de fines gouttelettes perlent sur son torse. Il avance sans bruit, la silhouette élancée, les épaules encore tendues, les muscles marqués par l'effort et les courbatures. Son regard cherche Séverine… puis se fige en croisant celui d'une autre personne. Son sourire se fane aussitôt.
Leurs regards se croisent. Il s'arrête net, fige.
La porte s'ouvre doucement.
Kévin, une serviette nouée autour de la taille, entre dans la pièce d'un pas tranquille mimant une sorte de danse pour essayer de faire rire, pensant n'y trouver que Séverine. Ses cheveux encore humides forment de petites boucles indisciplinées sur son front, et de fines gouttelettes perlent sur son torse. Il avance sans bruit, la silhouette élancée, les épaules encore tendues, les muscles marqués par l'effort et les courbatures. Son regard cherche Séverine… puis se fige en croisant celui d'une autre personne. Son sourire se fane aussitôt.
Leurs regards se croisent. Il s'arrête net, fige.
— Oh… Je ne savais pas que…
Il se retourne aussitôt pour repartir.
— Kévin ! Reste ici, dit Séverine d'une voix qui claque dans la pièce, plus tranchante qu'elle ne l'aurait voulu. Une tension fébrile palpite derrière son autorité, un mélange de colère rentrée, de peur encore vive et d'un besoin incontrôlable de le garder près d'elle, là, en chair et en os.
Il s'immobilise, surpris par son ton.
— J'ai dit que je devais te mettre un pansement. Alors tu poses tes fesses là, maintenant. Et arrête de fuir comme si on allait t'exposer dans un musée, ce n'est qu'un dos un peu griffé, pas une fresque de Michel-Ange.
Elle s'approche, visiblement agitée, ses gestes un peu brusques, comme guidés par une énergie nerveuse qu'elle ne maîtrise pas. Son regard brûle d'inquiétude retenue, et sa voix, lorsqu'elle parle, cherche dans la fermeté une manière de ne pas vaciller. Elle tremble encore, mais ce n'est plus de peur : c'est l'adrénaline qui retombe, c'est la charge émotionnelle qui s'échappe en autorité, presque en agacement.
Nathalie, restée en retrait, la suit des yeux. Elle comprend tout, sans rien dire cette tension contenue, ce besoin de reprendre le contrôle, cette fragilité camouflée derrière une posture un peu sèche. Mais cette fois, elle intervient. Elle s'approche doucement de Séverine, lui prend la main avec une douceur inattendue.
— Laisse-moi faire, murmure-t-elle. Tu vas t'écrouler si tu continues comme ça.
Elle se tourne vers Kévin avec assurance.
— Assieds-toi, Kevin, ordonne-t-elle. Et toi, Sév', va t'installer deux minutes, respire un peu. Tu trembles encore, et tu as fait assez pour toute une semaine. Je prends la suite, c'est bon.
Séverine hésite, puis cède, presque soulagée de lâcher prise. Elle s'assoit sans un mot sur l'accoudoir du canapé, le regard un peu vide. Nathalie, elle, prend le relais, calme, efficace, avec cette autorité bienveillante qui n'a besoin d'aucun geste brusque pour s'imposer.
Il s'exécute, docile, s'assoie sur la chaise du salon. Ses épaules sont encore couvertes de fines gouttes d'eau. Une mèche de cheveux humides colle à sa tempe.
Il s'exécute, docile, s'assoie sur la chaise du salon. Ses épaules sont encore couvertes de fines gouttes d'eau. Une mèche de cheveux humides colle à sa tempe.
— Où est ta trousse à pharmacie ? demande Nathalie en se levant.
— Dans la salle de bain. Deuxième tiroir.
— Je vais la chercher. Toi, tu te reposes.
— Dans la salle de bain. Deuxième tiroir.
— Je vais la chercher. Toi, tu te reposes.
Kévin baisse les yeux, un peu gêné par l'attention. Quand Nathalie revient avec la trousse, Séverine s'en saisit aussitôt. Elle ouvre le couvercle d'un geste un peu trop brusque, puis ralentit, se recentre. Elle tire doucement une compresse stérile, saisit le flacon de désinfectant, un pansement large. Ses gestes se veulent appliqués, délicats, mais ils trahissent son agitation intérieure : ses doigts tremblent légèrement, elle hésite avant de poser le coton contre la peau.
Elle nettoie la plaie avec un soin fébrile, effleurant à peine la chair abîmée. La main gauche soutient l'épaule de Kévin, la droite caresse presque plus qu'elle ne désinfecte. Chaque contact est une excuse pour rester là, proche de lui, pour transformer ses maladresses en tendresse silencieuse. Kévin, silencieux, la laisse faire, les paupières à demi closes, conscient de ce qu'il se joue dans ces gestes bancals, mais profondément touchants.
— Il a deux genoux râpés, une égratignure dans le dos et l'air d'un chiot mouillé, raille Nathalie. Franchement, ce n'est pas un vétéran, c'est un gosse qui a raté un virage avec son vélo !
— Tu ne peux pas comprendre, répond Séverine en lui lançant un regard complice, à la fois moqueur et attendri. C'est MON Kévin. Gravement blessé. Presque un héros de guerre… avec deux genoux râpés et un dos griffé par un rosier. Une vraie tragédie nationale.
— Tu ne peux pas comprendre, répond Séverine en lui lançant un regard complice, à la fois moqueur et attendri. C'est MON Kévin. Gravement blessé. Presque un héros de guerre… avec deux genoux râpés et un dos griffé par un rosier. Une vraie tragédie nationale.
Nathalie mime un appel :
— Allô ? Le SAMU ? Oui, urgence absolue. Héliporté si possible. Oui, non, ce n'est qu'un jardinier. Mais il a une éraflure. Très grave.
Ils éclatent de rire.
La soirée passe dans la bonne humeur. Les filles se moquent gentiment de lui. De ses gestes raides. De ses grimaces. De sa façon de s'asseoir comme un papi cassé. Il joue le jeu, accentue sa posture, pousse des râles de vieillard en se levant.
Nathalie finit par se lever.
Nathalie finit par se lever.
— Je vous laisse tous les deux. Mais si tu as besoin de moi, Sév', tu m'appelles. Promis.
Elle embrasse son amie, lance un clin d'œil complice à Kévin.
La porte se referme.
Séverine ferme doucement la porte derrière Nathalie, puis revient vers Kévin, encore assis, un peu groggy, les traits tirés.
Séverine ferme doucement la porte derrière Nathalie, puis revient vers Kévin, encore assis, un peu groggy, les traits tirés.
— Tu restes ici cette nuit, lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux, sa voix douce, mais sans appel. Je ne veux pas être seule. Pas après ça.
Et puis… j'ai recueilli un petit vieux cabossé, un héros de jardin en bout de course, je me dois de prendre soin de lui, tu comprends ?
Elle sourit tendrement, effleure sa joue du bout des doigts, comme pour souligner qu'au fond, elle parle autant avec le cœur qu'avec les mots.
Elle exagère une moue attendrie et lui pince doucement la joue.
Elle exagère une moue attendrie et lui pince doucement la joue.
— Si tu restes, je te fais un massage. C'est la moindre des choses.
Il esquisse un sourire, fatigué, mais touché. Elle verrouille la porte d'entrée d'un tour de clé, puis crie depuis le bas de l'escalier :
— Déshabille-toi et allonge-toi sur le ventre, j'arrive !
Kévin monte lentement, chaque marche résonnant dans ses jambes comme une onde sourde. Il ressent chaque courbature comme une brûlure douce, un rappel charnel de ce qu'il a traversé. Arrivé dans la chambre, il retire ses vêtements un à un, avec une lenteur presque cérémonieuse, comme si son corps exigeait qu'on le respecte enfin.
Nu, il s'approche du lit, soulève doucement le drap, puis s'étend de tout son long sur le ventre. Sa joue repose contre l'oreiller, ses bras relâchés de part et d'autre du matelas, les paupières mi-closes. Son regard se perd vers la fenêtre entrouverte, où le souffle tiède du soir caresse la pièce avec tendresse. Il laisse l'air chaud l'envelopper, mêlé aux bruissements du jardin qu'il devine plus qu'il n'entend. C'est une accalmie. Une parenthèse méritée.
Dans la salle de bain, Séverine prend une douche rapide, laisse l'eau tiède glisser sur sa peau comme pour laver les dernières secousses de la journée. Elle se sèche lentement, avec soin, puis se lave les mains longuement, presque avec solennité, comme si le geste avait un sens nouveau.
Elle enfile une nuisette en satin, courte, fluide, fendue sur les côtés, qui caresse ses cuisses à chaque mouvement. Le tissu épouse ses formes sans les contraindre, souple comme une seconde peau. En dessous, elle glisse un petit short assorti, discret, léger. Une goutte de parfum vient se poser sur sa nuque, qu'elle tapote du bout des doigts. Elle attache ses cheveux en un chignon flou, laissant quelques mèches folles encadrer son visage encore échauffé par la douche. Elle prend enfin le flacon d'huile de massage, posé près du lavabo, et marque une pause, les yeux dans le miroir, son reflet apaisé malgré la fatigue. Une dernière inspiration… puis elle sort de la salle d'eau, le cœur battant, prête à le retrouver.
Quand elle entre dans la chambre, la lumière est tamisée. Kévin est étendu, détendu malgré les traces de tension dans son dos.
— C'est ici le champ de bataille ? murmure-t-elle avec un sourire tendre, en montant à genoux sur le lit. Ses mains effleurent ses hanches alors qu'elle s'installe à califourchon sur ses cuisses, avec une lenteur presque solennelle, comme si elle prenait possession d'un territoire sacré. Son regard glisse sur son dos abîmé avec une douceur infinie, et dans sa voix, une note à peine tremblante trahit l'émotion encore suspendue entre eux.
Elle verse un filet d'huile tiède sur le creux de ses omoplates, qui coule lentement en une fine traînée brillante entre ses ombres musculaires. Ses mains viennent l'attraper avec douceur, large, enveloppante, glissant d'un geste maîtrisé sur chaque relief de son dos. Elle explore chaque creux, chaque nœud de tension, ses paumes tièdes dessinant des arabesques fluides sur sa peau. Kévin ferme les yeux, un long soupir lui échappant, comme si la douleur quittait son corps par vagues successives. Sa nuque se relâche, ses épaules s'affaissent, et un murmure de plaisir sourd monte de sa gorge.
— Ça va, mon cœur ? Je ne te fais pas mal ? murmure-t-elle en approchant son visage du sien, sa voix tremblante d'attention et de tendresse, comme si chaque mot voulait caresser sa peau autant que ses mains.
— Non… au contraire, souffle-t-il, sa voix à peine plus qu'un souffle, étouffée dans l'oreiller. Tes mains… elles apaisent tout.
— Non… au contraire, souffle-t-il, sa voix à peine plus qu'un souffle, étouffée dans l'oreiller. Tes mains… elles apaisent tout.
Elle descend lentement, ses paumes effleurant les flancs, puis s'attardant avec sensualité sur les reins, dessinant de longs cercles lents et appuyés. Chaque mouvement épouse les courbes de son corps, éveillant la peau au passage. Ses pouces glissent le long des lombaires, s'enfoncent juste ce qu'il faut, pour délier les tensions sans jamais brusquer. Puis, d'un geste fluide, elle remonte le long de sa colonne vertébrale, pressant davantage, comme si elle cherchait à faire jaillir le calme du plus profond de ses muscles. Son souffle frôle parfois son dos, chaud, discret, troublant.
— J'ai eu tellement peur pour toi, Kevin. Quand je t'ai vu foncer… j'ai cru que…
Elle ne termine pas. Il devine dans sa voix cette émotion contenue. Il ne dit rien, la laissant poser ses mots comme elle masse son dos : avec lenteur et profondeur.
— Tu m'as protégée… comme un roc au milieu de la tempête. Comme personne ne l'avait jamais fait. Avec ton corps, ton cœur, ta rage et ta douceur. J'ai senti, à cet instant, que j'étais en sécurité. Vraiment. Pour la première fois.
Elle s'approche de la plaie, l'effleure doucement.
— Tu as mal, là ?
— Un peu. Mais je survivrai.
— Un peu. Mais je survivrai.
Elle se penche, dépose un baiser juste au bord du pansement.
— Merci… murmure-t-elle.
Elle descend ensuite jusqu'à ses jambes, ses mains glissant lentement sur la courbe ferme de ses mollets, s'attardant sur chaque muscle comme si elle sculptait la détente du bout des doigts. Ses paumes enveloppent ses chevilles, les effleurent avec une sensualité diffuse, presque méditative. Puis elle remonte, dans un lent va-et-vient, caressant, pressant, éveillant chaque parcelle de peau à son passage. Il grogne légèrement, un râle de plaisir contenu s'échappant de ses lèvres entrouvertes. Ses mains sont expertes. Chaleureuses. Vivantes. Comme si elles avaient appris à aimer à travers le toucher.
— Tourne-toi.
Il se retourne lentement, chaque mouvement le faisant grimacer.
— Voilà un vieux jardinier qui a trop arrosé ses plates-bandes et oublié de reposer ses outils, plaisante-t-elle, en lui lançant un regard taquin, les yeux brillants de tendresse.
Mais son rire se fige un instant en le découvrant. Il est allongé, nu, son bas-ventre tendu sous l'effet d'un désir incontrôlé. Elle le dévisage une seconde, bouche entrouverte, avant d'éclater de rire, un rire franc, doux et un brin malicieux, mêlé d'étonnement et de tendresse.
— Eh bien… on dirait qu'il y en a une qui ne connaît ni trêve ni fatigue, murmure-t-elle en riant doucement, ses doigts glissant avec malice le long de son ventre. Elle a plus d'endurance que toi, ta petite pousse…
Elle laisse couler un mince filet d'huile tiède sur son sexe tendu et ses testicules, le regard brillant de malice. Puis, avec une lenteur étudiée, elle étale l'huile du bout des doigts, caressant avec sensualité la courbe de son membre, remontant jusqu'au sommet, redescendant lentement vers les boules qu'elle effleure avec une tendresse presque dévotionnelle. Chaque geste est une promesse silencieuse, une offrande charnelle, un hommage à sa virilité éveillée.
— Elle est toujours aussi vaillante, ton insatiable rebelle.
— J'aimerais tellement te faire l'amour… je te jure. Mais là, j'ai mal partout, grogne-t-il en tentant un sourire. Même mes sourcils me semblent courbaturés. Mon corps est en grève, il me supplie d'arrêter les frais… mais crois-moi, ce n'est pas l'envie qui manque. Pas quand tu es là, toute douce, toute belle, à me caresser comme ça.
— Tu sais, je ne t'ai pas demandé de rester pour avoir un sex-toy, souffle-t-elle en s'installant tout contre lui, glissant doucement sa main sur son torse encore chaud. Juste pour avoir… ta présence. Ton odeur. Ton souffle. Toi, simplement. Ce soir, c'est tout ce dont j'ai besoin.
— J'aimerais tellement te faire l'amour… je te jure. Mais là, j'ai mal partout, grogne-t-il en tentant un sourire. Même mes sourcils me semblent courbaturés. Mon corps est en grève, il me supplie d'arrêter les frais… mais crois-moi, ce n'est pas l'envie qui manque. Pas quand tu es là, toute douce, toute belle, à me caresser comme ça.
— Tu sais, je ne t'ai pas demandé de rester pour avoir un sex-toy, souffle-t-elle en s'installant tout contre lui, glissant doucement sa main sur son torse encore chaud. Juste pour avoir… ta présence. Ton odeur. Ton souffle. Toi, simplement. Ce soir, c'est tout ce dont j'ai besoin.
Ses mains s'attardent sur sa poitrine, effleurant sa peau avec une lenteur calculée, presque méditative. Elle dessine des cercles du bout des doigts sur ses pectoraux, remonte sur ses épaules tendues, les pétrit doucement, puis redescend le long de ses bras, les enveloppant dans un geste fluide et rassurant. Chaque caresse est un murmure silencieux, un remerciement sans mots. Elle se penche ensuite, ses cheveux glissant contre sa joue, et dépose un baiser au creux de son cou, doux, chaud, intime, comme une promesse de tendresse à venir.
— Voilà. Massage terminé. Mais… il faut me payer maintenant.
— Tu veux combien ?
— Un baiser. Juste un.
— Tu veux combien ?
— Un baiser. Juste un.
Il ouvre les bras, dans un geste silencieux d'invitation. Elle s'approche, ses yeux plongés dans les siens, puis leurs lèvres se rencontrent enfin. Le baiser est doux, profond, empreint d'une chaleur retenue trop longtemps. Il est long, presque suspendu, et légèrement salé — non pas seulement des émotions de la journée, mais de tout ce qu'ils n'ont pas encore su dire. Leurs souffles se mêlent, et dans cette étreinte muette, ils se retrouvent pleinement, vulnérables, vrais.
— Je vais me laver les mains, dit-elle en se levant.
Quand elle revient, Kévin dort déjà, une jambe repliée, un bras sur le ventre, la couverture à peine tirés.
Elle s'allonge à côté de lui avec une lenteur précautionneuse, comme pour ne pas troubler la quiétude installée. Sa main se pose sur son torse nu, là où son cœur bat doucement sous sa paume. Il est nu. Il bande encore, malgré le sommeil qui l'a emporté. Elle sourit, un sourire tendre, un peu amusé, bercé par la tendresse et le désir mêlés. Il dort, mais son corps, lui, se souvient encore d'elle.
Elle s'allonge à côté de lui avec une lenteur précautionneuse, comme pour ne pas troubler la quiétude installée. Sa main se pose sur son torse nu, là où son cœur bat doucement sous sa paume. Il est nu. Il bande encore, malgré le sommeil qui l'a emporté. Elle sourit, un sourire tendre, un peu amusé, bercé par la tendresse et le désir mêlés. Il dort, mais son corps, lui, se souvient encore d'elle.
— J'espère que tu rêves de moi, murmure-t-elle.
Elle éteint la lumière, glisse sa tête sur son épaule, et ferme les yeux.
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Commentaires ()
Le gentil jardinier que l'ex traitait de petit caniche s'est transformé en un loup impitoyable qui l'a terrassé .