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Couverture de Sous l’emprise du désir, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sous l’emprise du désir — Chapitre 8 · L’éveil du désir

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Sous l’emprise du désir

Chapitre 8 · L’éveil du désir

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent
Après une nuit marquante, Séverine et Kévin entament leur journée dans une complicité nouvelle, teintée de sensualité assumée. Vêtue d'une tenue de nuit légère, Séverine joue avec les regards de Kévin, le trouble avec des gestes subtils et des caresses taquines. Entre jeux de séduction et provocations espiègles, elle renverse les rôles et l'éveille à de nouvelles sensations.
La matinée se transforme en terrain de jeu humide et brûlant : une bataille d'eau se termine dans l'herbe, leurs corps trempés se frôlent, se cherchent, se reconnaissent. Dans un dernier tête-à-tête trempé, Séverine s'offre à lui avec une audace souveraine et une tendresse sensuelle.
Kévin, bouleversé par la beauté de l'instant et la force du désir, découvre dans ses bras un plaisir intense, offert comme un cadeau, reçu comme une révélation.
Séverine, quant à elle, reprend possession de son pouvoir, rayonnante, libre, et infiniment vivante.
Le carillon résonne dans la maison endormie.
Séverine sursaute. Une main précipitée vers son réveil : 9h14.
Elle jure doucement, repousse d'un geste nerveux les draps. Son cœur cogne. Elle sait qui c'est. Elle sait aussi dans quel état elle est. Et elle ne ralentit pas pour autant.
Ses pieds nus claquent sur le parquet alors qu'elle dévale l'escalier en hâte. Son short en coton léger, épouse ses hanches avec une paresse indécente, laissant deviner la forme galbée de ses fesses à chaque pas. À chaque mouvement, il remonte un peu, découvrant un bout de peau supplémentaire, comme un secret qui insiste à se révéler.
Son débardeur blanc, ample, fend l'air en suivant les rebonds de sa course. Les emmanchures profondément échancrées dévoilent la courbe de ses seins libres, sans contrainte. La poitrine danse, pleine et souple, chaque marche soulignant cette absence de tissu, cette audace nue. Par instant, le tissu glisse de son épaule, révélant davantage encore. Le tout dégage un naturel sauvage, une sensualité involontaire et pourtant parfaitement assumée.
Elle ouvre la porte à la volée.
Kévin recule d'un pas, surpris, ses yeux capturent en un instant ce qu'il n'aurait pas osé imaginer. Sa bouche s'ouvre sans un mot.
— Bonjour, souffle-t-elle avec un sourire endormi, presque innocent.
Elle s'efface d'un pas, l'invite à entrer.
— Va au salon, je t'apporte le café. Je me rattrape comme je peux.
Elle file vers la cuisine, la silhouette souple, ses fesses dessinant des courbes vives sous le tissu qui se tend à chaque enjambée. Kévin obéit sans mot dire, il s'installe sur le tapis, adossé au canapé. Le salon baigne dans une lumière douce. Il y a une bougie éteinte, un plaid replié sur l'accoudoir, l'odeur du linge propre et celle, plus subtile, de Séverine.
Lorsqu'elle revient, deux mugs fumants entre les mains, son débardeur semble encore plus traître. Il découvre à nouveau la courbe audacieuse de son sein lorsque le tissu glisse à demi. Elle s'assoit avec nonchalance sur le canapé, replie une jambe sous elle. Le short s'étire, et Kévin, au sol, juste à ses pieds, se retrouve avec une vue directe sur son intimité à peine voilée.
Il tente de détourner les yeux. Mais il n'y parvient pas. La lumière du matin, douce, caresse la peau dorée de Séverine, la rend presque irréelle.
Elle le fixe, silencieuse, le coin des lèvres légèrement relevé.
— Tu sembles déjà bien réveillé, murmure-t-elle en portant la tasse à ses lèvres.
Il ne répond pas. Le trouble est trop vif. Trop ancré dans son ventre. Il pose lentement sa tasse sur le tapis, s'avance à quatre pattes. Il tremble. Mais il s'approche d'elle, attiré comme par un aimant. Arrivé à la hauteur de ses cuisses, il s'immobilise une seconde, comme pour savourer le vertige de ce qu'il s'apprête à faire.
Il approche lentement ses lèvres de sa peau, souffle doucement sur la courbe tendre au-dessus du genou. Un souffle chaud, délicat, presque timide. La chair frissonne. Il recommence, un peu plus haut, sent la réaction immédiate de Séverine qui raidit légèrement les cuisses. Alors, il dépose un premier baiser, humide et doux, là où la peau est la plus fine. Puis un autre. Et encore un, un peu plus haut. Il alterne entre les baisers et les souffles, frôle de sa joue l'intérieur de sa cuisse, laisse ses lèvres ouvertes effleurer sans presser.
Sous ses mains, ses jambes sont chaudes et vivantes. Son odeur l'enveloppe, subtile et enivrante. Il sent la tension monter, et son propre désir battre au rythme de son souffle devenu plus court. Il la respire, la goûte lentement du bout des lèvres, avec une ferveur tremblante.
Séverine ne bouge pas. Elle attend.
Il remonte un peu. Ses lèvres s'attardent sur l'intérieur tendre de sa cuisse, déposant une traînée de baisers chauds et humides, entrecoupés de souffles courts qui font frémir sa peau. Il change de côté, embrasse avec méthode et souffle à intervalles réguliers, comme s'il souhaitait marquer chaque pore de sa peau de sa présence. Sa langue esquisse un chemin invisible, laissant derrière elle un frisson qui fait tressaillir la jambe de Séverine.
Ses mains glissent lentement sur ses jambes, effleurent l'arrière des genoux, remontent sur les cuisses avec la douceur d'une caresse muette. Il lève les yeux vers elle, cherche une approbation, un signal. Elle le fixe, le regard embué d'un feu contenu. Puis elle hoche la tête, imperceptiblement, les lèvres entrouvertes, le souffle suspendu.
Il glisse les doigts sur l'élastique du short, les yeux levés vers elle, guettant le moindre tressaillement. Elle le regarde, un sourire complice aux lèvres, puis elle soulève ses hanches avec une lenteur presque théâtrale, pleine d'assurance. Le tissu glisse le long de ses cuisses, frôle ses genoux, tombe mollement au sol dans un froissement léger. Elle ne porte rien en dessous. Rien. Et cela frappe Kévin comme une onde brûlante.
Devant lui, elle s'offre, son intimité nue, magnifique, dans une impudeur tranquille. Sa peau est satinée, tiède, parcourue de légers frissons. Il sent son propre souffle se suspendre. Le silence devient épais, vibrant. Elle ne cache rien, ne masque pas le désir qui palpite entre ses cuisses entrouvertes. Elle est là, présente, souveraine et vulnérable à la fois. Nue. Et offerte.
— Continue…
Il obéit.
Il s'incline lentement, pose les lèvres juste là, à la lisière de l'intime, effleure sans presser, laisse sa langue glisser entre les plis de chaleur. Il goûte, doucement, avec application, comme s'il craignait d'aller trop vite. Et tout à coup, il est saisi : l'odeur de Séverine, chaude, entêtante, un mélange subtil de peau, de désir et de cette moiteur intime qui l'ensorcelle. Il respire plus fort, tourne légèrement la tête, frôle l'intérieur de sa cuisse de la joue, sent cette chaleur vivante, profonde, vibrante. Il devine la mouille présente, abondante, et son propre souffle se trouble, comme ivre. La tête de Séverine bascule en arrière, ses yeux se ferment, son torse se soulève lentement sous l'effet du plaisir qui monte. Elle se laisse envahir.
Ses doigts viennent se glisser dans les cheveux de Kévin, l'encouragent, le retiennent presque. Elle ne veut pas qu'il s'éloigne, pas qu'il l'abandonne. Elle gémit, un soupir long, grave, vibrant, chargé de tension et de plaisir. Son bassin ondule, lentement, avec des mouvements souples et insistants, comme pour l'inviter plus loin, pour réclamer davantage. Elle se lâche totalement, oublie tout sauf ses caresses, ses baisers, et les doigts qui s'ajoutent à sa langue, précis, experts, à la fois tendres et affamés. Son corps réagit avec une nouvelle intensité, tout entier offert à cette bouche qu'elle refuse de laisser s'échapper d'entre ses cuisses. Elle le serre doucement, l'encourage d'un gémissement à peine retenu. Alors, il s'applique, explore, varie, alterne la pression, le rythme, jusqu'à la faire trembler sous lui, submergée.
Elle souffle son prénom, haletante, tandis qu'il focalise sa langue sur ce petit bouton nerveux, gonflé de plaisir. Il le titille avec une précision lente, presque cruelle, alternant de petits cercles et de brusques à-coups, juste assez pour la rendre folle. Par moments, il s'arrête, souffle doucement dessus, comme pour attiser un feu déjà incandescent. Elle gémit, se tord, sent la chaleur la traverser comme une onde brûlante. C'en est presque insupportable. Mais tellement bon. Chaque souffle sur sa peau est un supplice exquis, chaque coup de langue une décharge. Elle ne pense plus, ne parle plus — elle ressent, entière, fondue dans cette tempête délicieuse qu'il orchestre avec une tendresse féroce.
— Oh… Kévin… ne t'arrête pas…
Son corps s'arque violemment, comme pris d'un spasme de plaisir. Ses cuisses se referment avec force sur la tête de Kévin, qu'elle retient instinctivement, farouchement, comme si elle voulait l'y enfoncer davantage, l'ancrer au cœur de son vertige. Elle ne veut pas qu'il s'arrête. Elle ne peut pas. Elle ne se contrôle plus. Chaque caresse, chaque coup de langue, chaque pression lui arrache un gémissement plus fort.
Son bassin ondule sans retenue, cherche la bouche, réclame l'extase. Ses mains crispées dans les cheveux de Kévin le guident, l'ancrent. Elle est perdue, totalement, emportée. L'onde monte, vaste, brûlante, insoutenable. Elle sent cette énergie sauvage jaillir du plus profond d'elle-même, grimper, enfler, prête à éclater. Elle veut que ça sorte. Elle n'en peut plus. Elle est à la lisière du cri, du sanglot, de l'explosion. Et elle se laisse aller.
Et soudain, elle jouit.
Pleinement. Un cri puissant s'arrache de sa gorge, animal, incontrôlable, comme une vague qui éclate enfin. Ses jambes se contractent autour de lui, l'enserrent, le retiennent contre elle dans un dernier élan irrépressible. Des larmes lui montent aux yeux, coulant doucement sur ses tempes, des larmes de plaisir pur, de soulagement brûlant. Son souffle est coupé net, sa poitrine se soulève dans une dernière convulsion de jouissance.
Elle reste ainsi figée quelques secondes, tendue, suspendue, avant de retomber lentement, haletante, un bras sur les yeux, l'autre toujours ancré dans ses cheveux, comme pour le garder encore un peu là, contre elle, dans la chaleur du moment.
Un silence doux retombe sur la pièce, brisé seulement par sa respiration saccadée. Elle rouvre lentement les yeux, lui adresse un sourire ébloui.
— Mon Dieu… Un réveil comme ça… j'en veux tous les matins.
Elle rit doucement, encore haletante, puis l'attire à elle, l'embrasse sur le front, sur les joues, avec une tendresse désarmante. Il se redresse lentement, les yeux encore embués de cette intimité brûlante, et la regarde avec admiration, presque incrédule.
— Viens, murmure-t-elle, on va parler du terreau dans ma chambre…
Elle se lève, nue, superbe, encore vibrante de plaisir. Il la suit à l'étage, fasciné, incapable de détacher son regard des courbes qu'elle exhibe sans crainte. Elle entre dans la salle de bain, tourne la tête vers lui.
— Je prends une douche. Regarde si tu trouves mes bas dans le tiroir du haut…
Elle disparaît derrière la paroi de verre. Il entend l'eau couler, la vapeur envahir l'air. Lorsqu'elle ressort, les cheveux enroulés dans une serviette, sa peau humide semble encore plus douce, plus vivante.
Elle enfile lentement un ensemble de lingerie noire en dentelle, à la fois délicat et terriblement suggestif. Le soutien-gorge, transparent, épouse ses formes avec une précision exquise, tandis que le tanga à peine couvrant laisse deviner plus qu'il ne cache. Elle attache un porte-jarretelles d'un geste fluide, presque cérémonieux, qui vient souligner la courbe souple de ses hanches et la finesse de sa taille. Chaque mouvement est mesuré, sensuel, comme s'il était chorégraphié pour lui.
Kévin, assis sur le lit, les mains crispées sur ses genoux ne dit toujours rien. Il est suspendu à chacun de ses gestes, fasciné. Il la regarde avec une intensité muette, captivé par cette femme qui se pare devant lui comme un rituel intime. Il la boit des yeux, comme s'il voulait mémoriser chaque détail, chaque reflet de dentelle sur sa peau encore légèrement humide.
Elle enfile une robe légère, fluide, d'un vert profond qui épouse ses courbes et fait ressortir l'éclat félin de ses yeux. Le tissu glisse sur sa peau encore tiède comme une caresse lente. En passant devant lui, elle s'arrange pour frôler son genou du bout de la hanche, juste assez pour allumer une étincelle sans le toucher franchement. Un geste à peine perceptible, mais chargé d'une intensité troublante, comme une promesse suspendue.
— Allez, on file. Green Garden n'attend pas.
Ils montent dans la voiture, portières claquées, ceinture bouclée. Le moteur ronronne. Le silence entre eux est lourd d'un feu qui ne s'est pas éteint.
Et soudain, elle bifurque sur un petit chemin forestier, s'arrête.
— À cause de toi…, murmure-t-elle en gardant les mains sur le volant. Tu m'as laissée dans un état…
Elle attrape sa main, la glisse sous sa robe entre ses cuisses, et ferme brièvement les yeux en inspirant profondément. Elle souffle doucement, comme pour tenter d'apaiser l'incendie intérieur qui la consume. Mais c'est peine perdue. La chaleur entre ses cuisses est à nouveau là, plus vive encore, et l'humidité qu'il découvre du bout des doigts ne laisse aucun doute.
— Tu vois ce que tu fais ? souffle-t-elle avec un rire bas, presque nerveux, les joues rougies par le désir.
Elle secoue la tête en souriant, les yeux brillants d'une lueur trouble.
— Encore une culotte trempée … C'est une effusion de plaisir, ton passage ici…
— Tu vois ce que tu fais ?
Elle appuie sur sa main avec fermeté, jusqu'à l'enraciner entre ses cuisses brûlantes.
— Regarde ton travail, petit malin…
Son regard se plante dans le sien, intense, tremblant de désir. Kévin sent aussitôt la moiteur contre ses doigts : son sexe est trempé, l'intérieur de ses cuisses luit d'une humidité gourmande, chaude, troublante. Une chaleur s'en dégage, presque vibrante. C'est comme si tout son désir était concentré là, à fleur de peau.
Il en oublie de respirer. Elle ferme les yeux un instant, se mord la lèvre, bascule légèrement le bassin contre sa paume.
— Et maintenant, qu'est-ce que tu comptes faire de moi ?
Mais elle n'attend pas de réponse. Dans un élan de fièvre, elle attrape son visage à deux mains, l'attire à elle, et l'embrasse à pleine bouche. Le baiser est fougueux, affamé, haletant. Dans le même élan, Kévin laisse glisser un doigt entre ses cuisses, caresse à nouveau ce sexe brûlant et humide qu'il connaît déjà, mais qu'il redécouvre avec la même ferveur.
Le contact est immédiat, fulgurant. En moins de deux, Séverine pousse un cri aigu, presque involontaire, les deux mains crispées sur le volant comme pour ne pas perdre pied. Elle souffle fort, l'appelle, haletante, les jambes tendues. Puis, dans un soupir long, elle s'effondre contre le dossier, le corps secoué d'un dernier frisson.
Kévin, troublé, impressionné, retire lentement son doigt, humide, vibrant encore du plaisir qu'elle vient de vivre sous ses yeux. Il la regarde, abasourdi par l'intensité de ce qu'il vient de provoquer.
Le téléphone vibre. Deux fois. Nathalie. Ils le savent, mais ne décrochent pas. Le monde peut attendre.
Séverine, encore frémissante, souffle longuement, essayant de reprendre le contrôle de son corps. Elle ajuste d'un geste sa petite culotte, qui lui est remontée profondément entre les lèvres intimes, mouillée, collée à elle comme une seconde peau. Elle grimace, puis rit doucement en secouant la tête.
— Ça devient ridicule… murmure-t-elle. Encore une culotte. En ce moment, je dois en changer deux ou trois fois par jour.
Elle tente de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux, ajuste une mèche rebelle dans le rétroviseur. Puis, en se penchant pour attraper son sac, elle sent un frisson l'alerter. L'arrière de sa robe… trempé.
Elle le constate du bout des doigts, puis hausse les épaules avec une moue fataliste.
— Tant pis. Pas le choix. On y va comme ça.
— Encore un baiser, dit-elle dans un souffle. Un seul. Pour la route…
La voiture se présente devant l'entrée du Green Garden. La musique pulse encore dans l'habitacle de la voiture, un morceau électro que Kévin écoute depuis quelques jours. Des sons percussifs, une basse qui vibre contre les portières. Séverine fronce les sourcils, curieuse.
— C'est quoi ce truc ? On dirait des abeilles sous acide, murmure-t-elle en coupant le moteur.
Kévin sourit, un peu gêné.
— C'est... un groupe que j'aime bien. Tu n'aimes pas ?
— Je n'ai pas dit ça. J'ai dit que c'était étrange. Comme toi.
Elle lui adresse un regard malicieux, puis s'extrait de la voiture. Sa robe, fendue jusqu'à mi-cuisse, épouse ses courbes avec une sensualité raffinée. Sous l'encolure en V, la dentelle noire de son soutien-gorge apparaît fugacement, jouant avec la lumière et contrastant avec le satin fluide du tissu. À ses pieds, des sandales à talons dévoilent ses orteils vernis, et ses jambes, longues et dorées par le soleil, captent les rayons du matin avec une assurance presque provocante.
Kévin, lui, sort en tirant sur son t-shirt blanc, comme s'il cherchait à cacher quelque chose. Son jean, un peu trop ajusté à son goût, lui donne l'air plus mature, mais son regard trahit toujours cette jeunesse vive, vibrante, presque trop sensible.
Ils aperçoivent Nathalie adossée nonchalamment à un poteau, lunettes de soleil légèrement baissées sur le nez, un sourire en coin qui trahit autant l'ironie que la malice. Sa tenue sportwear, un legging noir, un débardeur gris perle à la coupe parfaitement ajustée, et des baskets fluo impeccables ; mets en valeur sa silhouette athlétique et tonique. Un ensemble qui semble pensé pour le confort, mais qui flatte avec précision chaque courbe, comme si le style et la séduction restaient toujours de mise, même un samedi matin chez les jardiniers.
— Salut les amoureux ! fait-elle en s'avançant.
Mais au moment où Séverine la dépasse, Nathalie pousse un petit cri discret.
— Mais… Séverine ! Tu as une tache sur la robe. Juste là… C'est une fuite urinaire ou… ?
Séverine éclate de rire, se retourne, théâtrale, puis lance à Kévin, radieuse :
— Tu te souviens de ce que tu m'as dit ? Que tu assumerais ? Allez, mon chéri, explique à Nathalie ce que tu as fait.
Kévin devient cramoisi, toussote, manque de s'étouffer.
— Je… je… euh…
— Oh, maintenant, tu bégayes ? Mais en privé, tu fanfaronnes, hein ? Tu dis : “Je vais tout lui dire à Nathalie, je suis un homme moi…” Et maintenant, plus personne !
Nathalie lève un sourcil, un sourire narquois sur les lèvres.
— Finalement, mêmes jeunes, il bug aussi.
Séverine éclate de rire.
— Il est mignon, non ? Moi, je l'adore.
Elle jette un regard complice à Kévin, qui, malgré sa gêne, ne peut s'empêcher de sourire timidement.
— Avant de partir, monsieur a voulu m'arroser avec le jet d'eau. Il m'a presque eue. Heureusement, j'ai esquivé. Enfin presque.
— Tu embêtes ma copine, toi ? fait Nathalie en fronçant les sourcils. Décidément, jeunes ou vieux, ils sont tous pareils. Pas futés.
Séverine pouffe. Discrètement, elle glisse un clin d'œil à Kévin qui, malgré lui, se détend un peu.
Ils pénètrent à l'intérieur du magasin, une immense serre couverte de panneaux en plexiglas, baignés de lumière. L'odeur de terre, de plantes humides et de bois sec flotte dans l'air. Kévin marche près de Séverine, le regard brillant.
— Dis-moi, toi… J'ai réfléchi depuis plusieurs jours, dit-il à mi-voix. Et je n'ai toujours pas compris ta définition bizarre du mot “assumer”.
— Il cherche quoi, lui ? lance Nathalie en passant à côté.
— Il cherche le sens du mot “assumer”, réplique Séverine.
— Dis donc, tu es sûre qu'il fait des études, ton petit ? Parce que bon, assumer, c'est juste ce qu'il n'a pas fait tout à l'heure.
— Je te jure, Nath, souffle-t-elle. Il n'est pas le couteau le plus affûté du tiroir, mais… je le garde quand même.
Les deux femmes éclatent de rire. Kévin les observe, fasciné. Cette complicité, cette aisance entre elles… On dirait deux sœurs. Il se sent en retrait, et pourtant inclus. Un sentiment étrange, mais agréable.
Dans une allée latérale, Séverine et Nathalie déambulent lentement, s'arrêtant devant les plants de lavande et les pots de géraniums. Séverine effleure les pétales, penche la tête, hume les fragrances.
Kévin, pour jouer, emprunte l'allée voisine. Il les voit à travers les rayonnages : les sacs de terreau, les pots, les tuteurs. Il envoie un bisou imaginaire à travers une ouverture, puis mime un cœur avec les mains.
Séverine le voit et réprime un sourire, cherchant à garder son sérieux à côté de Nathalie.
Il continue son petit jeu, souffle un baiser dans le creux de sa main… Mais tout à coup, le visage de Séverine se fige. Elle devient pâle, livide.
Kévin ralentit. Quelque chose cloche.
Elle tourne lentement la tête vers lui, comme dans un rêve devenu cauchemar. Ses yeux sont figés, agrandis par une panique sourde, le regard vide, mais traversé par une terreur muette. Il y lit un effroi primal, brut, presque animal ; une faille béante dans la façade de confiance qu'elle arbore d'ordinaire. Ce n'est pas juste de la peur. C'est un vertige de peur. Une peur ancienne, viscérale, comme si l'ombre d'un danger longtemps contenu venait de ressurgir, brutalement.
— Séverine ? murmure-t-il. Ça va ?
Pas de réponse.
Il la voit détourner la tête, regarder dans l'allée derrière elle. Et là, une voix d'homme, sèche, claque comme un fouet :
— Tu t'amuses bien, là ? Regarde-toi... Tu crois que c'est une tenue décente, ça ? Tu me fous la honte, comme toujours. Tout le monde va rire de moi à cause de toi. Rentre à la maison. C'est là ta place, pas ici à te pavaner comme une traînée.
Kévin comprend. L'homme du téléphone. L'ex. Le salaud.
— Hé ! Espèce de lâche ! Si tu es un homme, viens t'expliquer avec moi ! hurle Kévin à travers les sacs de terreau, la voix tremblante de rage et d'adrénaline. Ses poings se serrent, son souffle s'accélère, et, dans son regard brille une fureur brute mêlée à une peur sourde pour Séverine.
— Tu as entendu ton petit caniche, Séverine ? Il aboie.
— Non… Non, Kévin… supplie-t-elle en silence, les lèvres tremblantes.
Mais il voit rouge. Il pousse les sacs de terreau, tente de passer entre les palettes. Trop lourdes. Trop serrées. Il tend le bras à travers un interstice.
— Ne bouge pas, Séverine ! J'arrive !
Il recule, court le long de l'allée, contourne. Quand il atteint l'endroit… plus personne.
— Séverine ! Séverine !
Il court, le cœur battant à tout rompre. Tourne dans une autre allée — vide. Ses pas résonnent sur le sol bétonné, seul, affolé. Il bifurque vers les caisses, les yeux écarquillés, cherchant une silhouette, un signe. Rien. Des clients s'écartent sur son passage, surpris par sa course effrénée, certains figés, d'autres murmurant entre eux. Une tension glacée s'est abattue sur le magasin, comme si quelque chose d'invisible, de grave, venait de se produire. Et Kévin, au milieu de tout ça, halète, ivre d'inquiétude et d'impuissance.
Et soudain, Nathalie surgit.
— Kévin ? Qu'est-ce qui se passe ?
— Je l'ai perdue ! Il était là, ce salaud ! Il était là ! Je vais le buter, Nathalie !
Il l'attrape par les épaules, secoue presque.
— Kévin, calme-toi !
— Non ! Il l'a emmenée ! Il faut y aller !
— ARRÊTE !
Sa voix claque comme un ordre. Il la fixe, haletant, les poings crispés.
— Séverine est partie en courant, vers la voiture. Elle a paniqué, Kévin. Elle voulait t'éloigner de lui, t'éviter un face-à-face. Ce type est un serpent vicieux. Il aurait crié à l'agression, t'aurait provoqué, manipulé... et inversé les rôles sans vergogne. Elle le sait. Elle a déjà vécu ça. Elle a eu peur pour toi, pas pour elle.
Kévin serre les mâchoires.
— Je m'en fous. S'il ose poser un doigt sur elle… je le pulvérise. Je te jure, Nathalie, je l'envoie voler à travers les rayons, je l'éclate contre les murs.
Personne… personne ne fait de mal à Séverine tant que je respire.
Un silence.
Nathalie soupire longuement, ses épaules s'affaissant légèrement.
— Très bien. Allez. Je te ramène, dit-elle, en l'attrapant doucement par le bras pour l'entraîner vers sa voiture.
À peine le moteur vrombit-il que Kévin, tendu comme un arc, cogne son poing contre le tableau de bord avec violence. Le plastique vibre sous le choc, comme un écho à sa colère qui ne trouve pas d'issue.
— Tu te rends compte de ce qu'il lui a dit ? De ce qu'il ose lui faire vivre ? Je te jure, Nathalie, j'aurais pu le broyer sur place. Je l'aurais détruit.
— Je sais, souffle-t-elle, en gardant les yeux sur la route. Mais ça n'aurait rien changé. Tu l'aurais touché, il serait tombé comme une feuille morte et tu aurais foutu dans la merde. Ce mec n'a pas d'honneur, juste une obsession : manipuler et salir.
Kévin serre les dents si fort que sa mâchoire tremble.
— Il n'a pas le droit de lui parler comme ça. Pas à elle. Pas à Séverine.
Nathalie le regarde brièvement. Il ressemble à un jeune loup, le poil hérissé, les crocs prêts à jaillir. Il tremble d'une rage contenue, la respiration courte, fébrile.
— Respire, Kévin. Respire. Elle va bien. Elle est forte. Il ne l'aura pas. Pas cette fois. Tu es là aussi.
— Elle était figée, Nathalie… figée ! Elle avait les yeux d'une biche traquée. Je n'ai jamais vu ça chez elle. Elle était… brisée. L'espace d'un instant.
Et ça me hante.
Il enfonce ses ongles dans ses paumes, cherchant à refouler le flot de colère qui monte en lui comme une vague noire.
— J'aurais dû bouger plus vite. J'aurais dû me faufiler à travers ces foutus sacs. J'aurais dû la rejoindre avant qu'il ne lui parle.
— Tu arrêtes. Tu ne peux pas réécrire ce qui vient de se passer. Et ce n'est pas toi qui l'as mise en danger. C'est lui. Juste lui.
Un silence. Épais. Coupant. Le ronronnement du moteur devient une toile de fond pour l'orage intérieur de Kévin. Ses mains tremblent, crispées sur ses cuisses. Son regard fixe l'horizon, mais voit autre chose : la peur dans les yeux de Séverine, les mots acides, le ton tranchant de l'homme.
— Si je le recroise… souffle-t-il, la voix rauque et grave, je ne réponds plus de rien. Je le jure.
Un long silence suit. Puis, Nathalie, sans tourner la tête :
— Tu l'aimes ?
Il tourne lentement le visage vers elle, comme si la question l'avait frappé physiquement. Son regard se trouble. Hésite. Puis s'éclaire d'une vérité simple, nue, urgente.
— Je ne sais pas… Je ne sais pas si ça va durer ni si elle voudra toujours de moi demain. Peut-être que tout ça, c'est fragile. Mais là, tout de suite, comme l'autre jour où j'ai vu la pire image de ma vie, j'ai su. J'ai su que je serais prêt à crever pour elle. À prendre sa place s'il le fallait. Je pourrais encaisser n'importe quoi, n'importe qui, pourvu qu'elle ne plie pas. Et je le ferais, Nathalie. Sans réfléchir. Même si ça doit me briser.
Nathalie inspire doucement, émue malgré elle. Elle sent l'intensité brute qui déborde de lui, ce feu incontrôlé qu'il peine à nommer. Il n'a pas les mots, pas encore. Il est trop jeune, trop instinctif. Mais putain, comme il aime cette femme, c'en est presque effrayant. Ça brûle dans son regard, dans sa voix, dans chacun de ses gestes. Elle serre un peu plus le volant entre ses doigts, et dans un murmure grave, comme une consigne vitale, elle souffle :
— Alors, fais-le. Mais avec ta tête, Kévin. Pas avec tes poings. Sinon, il gagnera encore.
Elle marque une pause, ses doigts jouant nerveusement avec l'ourlet de sa manche. Puis, comme si elle ne pouvait plus garder ça pour elle, elle lâche dans un souffle :
— Tu veux que je te dise un truc ? Depuis qu'elle t'a rencontré… elle a changé. À cent pour cent. Même moi, je n'en reviens pas.
— Elle est… mieux qu'avant. Mieux qu'avant de croiser ce type.
— Elle sourit différemment. Elle respire à nouveau. Et elle ne me l'a pas dit… mais je le sens.
— Cette folle, elle t'a dans la peau, Kévin. Ce n'est pas une passade. C'est viscéral.
— Elle t'a laissé entrer là où personne d'autre n'a jamais eu accès.
— Tu comprends ce que ça veut dire ?
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Gubbe
7 juin 2025 à 16:00
Vous nous maintenez en haléne. Quel rebondissement?
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