Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Intrigue caniculaire — Chapitre 26 · Chaos... Et résurrection ?
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Intrigue caniculaire
Chapitre 26 · Chaos... Et résurrection ?
Une semaine s'écoule, et une berline stationne devant chez moi. Le fameux gynécologue. Il n'y va pas par quatre chemins.
— Dorénavant, je prendrai soin de Virginie. Je viens récupérer ses affaires.
Je tente de contenir ma rage, car je suis sur le point de le cogner. Il reprend son monologue.
— J'étais là quand elle a eu besoin de soutien. Et elle m'a confié tout ce que vous lui avez fait subir, car elle est venue consulter en urgence pour des lésions rectales suite au rapport brutal que vous lui avez imposé. Elle serait même en droit d'envisager des suites à ce déferlement de violence. Virginie s'est ensuite montrée particulièrement reconnaissante. Vous êtes pitoyable. Seul point positif, elle serait morte si vous n'aviez pas jugulé l'hémorragie lors sa fausse-couche. Et ceci vous vaut ma mansuétude.
Je rêve de lui casser la gueule, de voir sa cervelle éclater. Mais il a raison, je récolte ce que j‘ai semé. Ses derniers mots sont encore plus glaçants.
— Vous avez aussi nui à mon parrain, celui qui a généreusement financé mes études, l'envoyant croupir en prison pour des broutilles, lui qui est si respectable. Heureusement, une erreur de dosage est si vite arrivée chez une camée... Pensez-y avant de faire d'autres conneries, car Virginie m'appartient, jusqu'à ce ce que je me lasse de ses charmes.
Les jours se suivent et se ressemblent, moroses. L'ambiance est sinistre et je me réfugie dans la boisson. Sale, mal rasé, me muant en zombie, je sombre progressivement. Mon employeur envisage de se séparer de moi en raison des retards accumulés sur les dossiers. Je m'en fiche royalement. Sophie essaye de renouer le dialogue, de m'aider avec une persévérance louable, mais je m'obstine à m'enfermer dans la chambre d'amis avec mes bouteilles.
Je me réveille en sursaut, incapable de savoir quelle heure il est, et pire, quel jour. Au moins, la canicule qui a duré un temps record, a cessé, et j'avale deux cachets contre la migraine. Le silence règne dans la maison. Je me traîne vers le salon, une feuille sur la table attire mon attention.
"Mon amour, je ne minimise pas la tragédie qui t‘accable. Perdre un enfant est ce qui peut arriver de pire. Mon cœur saigne tout autant que le tien. Mais je dois préserver notre progéniture, l'affligeant spectacle de ta déchéance a rendu notre existence insupportable. Tu as refusé mon assistance et toutes les mains tendues pour te remettre debout. Alors, je n'ai pas d'autre choix que de partir pour sauver ce qui peut l'être. Je vais habiter avec Bernard."
Bernard. Le routier. Ce n'est pas possible. Je lis la suite de la missive en tremblotant.
"Lorsque tu m'as livrée à lui, il a fait preuve d'une correction exemplaire, alors qu'il avait tout loisir de me contraindre à des actes extrêmes. C'est dans ces circonstances que l'on découvre la vraie nature des gens. Il m'avait laissé son numéro, que je ne pensais pas utiliser. Mais ton naufrage m'a incitée à revenir vers lui, nous avons beaucoup échangé, au téléphone, puis en visio. Nous nous sommes même rencontrés pour un intermède intime lors de son passage en ville, mais tu étais tellement ivre que tu n'as pas remarqué mon absence une journée entière. Il est plus jeune que moi, nous avons néanmoins une communauté de vue, et ce sera un compagnon respectueux. J'ai averti Théo, qui est effondré, mais il surmontera sa désillusion. Tu es consumé par tes démons intérieurs, tu as renoncé à te battre. Les documents pour un divorce par consentement mutuel vont te parvenir. Je ne ferai en aucun cas obstacle à ce que tu voies nos gosses, sous réserve que tu trouves les ressources pour contrer ta déliquescence. Mes sentiments pour toi restent vivaces, et j'espère sincèrement que tu connaîtras le bonheur dans le futur."
Je picole, toujours plus, hirsute, me tuant à petit feu et fumant comme un pompier. Plus rien n'a d'importance, les avis de passage pour des courriers recommandés s'accumulent, sans que je ne m'en préoccupe. Dans le grenier, j'aperçois le vieux fusil de chasse de mon père et des cartouches, dont j'avais oublié la présence. Parfait, je vais pouvoir me faire sauter le caisson. Autant en finir, mon supplice n'a aucun sens. Et je pourrais à l'occasion flinguer ce gynéco manipulateur qui m'a volé Virginie.
Je m'adonne à de nouvelles libations, ressassant ces cogitations morbides. La cuite est phénoménale et je ne refais surface que bien plus tard, avachi sur le canapé devant un cendrier plein. Je n'ai plus de clopes, et dans mon portefeuille, mon attention est fortuitement attirée par ma carte VIP du Domaine des Bacchanales. Après tout, avant de tirer ma révérence, autant prendre du bon temps.
Un longue douche me permet de revenir à la réalité, et je me taille ma barbe avec difficulté tant je me suis négligé, afin d'être présentable. Je roule avec une alcoolémie dépassant notoirement la limite légale, mais peu importe. A mon arrivé, je suis accueilli par Jade, enjouée.
— Je suis super contente de te revoir. Les prouesses de Sophie sont encore dans toutes les mémoires. Va prendre un verre, tu as une petite mine, c'est la maison qui régale. Je vais d'abandonner pour mon challenge, je tente une triple sodo !
Je m'installe et jette mon dévolu sur un double whisky, quand mon odorat décèle un capiteux parfum. L'incendiaire Adrienne est juste près de moi, drapée dans une élégante robe vermillon en soie, fendue jusqu'au niveau de la hanche, maintenue par un mince lien entourant son cou et dévoilant son dos jusqu'à la naissance de sa raie. Ses lèvres sont nacrées du même ton que son vêtement, et ses tétons pointent sous la fine enveloppe de satin. Elle m'emballe spontanément, et nos langues se mêlent en une sarabande endiablée.
— Tu m‘auras fait attendre... Et pour devancer ta question, je n'ai rien en dessous, sauf un œuf vibrant, et je te prêterai volontiers la télécommande. Tes miss ne sont pas avec toi ?
— Adrienne, je suis une loque. Elles sont parties...
L'attirante brune me jauge, cherchant à plonger dans l'insondable profondeur de mon âme, je me sens subitement si fragile, désarmé et ne peux retenir des larmes. Elle saisit ma main et me guide vers un petit salon dont elle clôt les tentures.
— Tu as l'air désemparé. Entre amochés de la vie, on distingue aisément ses semblables. En te voyant, j'ai compris qu'il s'était passé quelque chose de grave. Parle-moi.
Je lui confesse tout, sans occulter le moindre détail. Sophie sous la domination d'Hubert, mon rapprochement avec Virginie, notre plan pour libérer ma femme, Théo, les épreuves humiliantes auxquelles je l'ai soumise, notre cohabitation, la grossesse inattendue de ma maîtresse, ma féroce et autoritaire pénétration anale qui l'a déchirée, le suicide probablement orchestré d'Alice, la perte du bébé, les départs successifs, le gynéco, Bernard, ma lente agonie, mes pulsions mortifères.
En retour, elle me narre son parcours semé d'embûches. Âgée de trente-trois ans, avocate de formation, elle est actuellement juriste freelance, car elle a été radiée du barreau après avoir dénoncé son viol par le bâtonnier, qui a bénéficié d'une extraordinaire impunité avec l'appui de son réseau d'influence. Elle a divorcé il y a un an, régulièrement maltraitée par son conjoint, qu'elle est parvenue à piéger en filmant à son insu un énième tabassage. C'est sa grande sœur qui l'a amenée sur le chemin du libertinage.
Nous passons des heures à nous révéler l'un à l'autre.
— Tu dois penser que je ne suis qu'une chienne, voire une nympho, mais avant ma séparation, j'avais une sexualité on ne peut plus traditionnelle. J'ai vraiment découvert le plaisir, et je ne me briderai plus, choisissant soigneusement mes partenaires, très peu nombreux en fait. Je désespérais de trouver un jour mon alter ego, mais mon intuition te concernant était juste, j'en ai été convaincue dès notre première rencontre.
Nos yeux restent rivés un temps incommensurable. Les paroles d'Arienne vont redonner un élan et une signification à ma destinée.
— Ensemble, nous allons fouiller dans le passé du toubib qui t'a enlevé Virginie et certainement éliminé Alice, il a forcément déjà bafoué la déontologie, c'est un prédateur intelligent, pas infaillible. Pour Hubert, il est en taule, mais s'il est relaxé, il y a des moyens pour l'annihiler. Bernard, c'est facile, avec un tel profil, un tendre, il ne supportera pas la moindre pression. Pour ta part, tu vas mettre en pièces mon persécuteur. Mon ex-mari a, en ce qui le concerne, eu un malencontreux accident, c'est dorénavant un légume maintenu artificiellement en vie. La vengeance croisée sera implacable, à la hauteur des outrages, c'est aux meurtris de prendre leur revanche, sans exclure aucune méthode. Absolument aucune.
Adrienne se lève et une lueur de perversité inouïe illumine son regard.
— Je réside à une vingtaine de minutes d'ici. Tu vas pouvoir me prouver ta motivation. Le soleil se couche, et avant l'aurore, afin d'entériner notre alliance, tu auras déversé ta semence dans ma bouche, mon ventre et mon cul.
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Commentaires ()
je viens de tout lire et j'ai adoré, comme toutes les histoires que tu as publiées. BRAVO
Mais pas forcément consensuelle...
J'étais inquiet quand j'ai lu après le 23ème chapitre qu'il en restait 3 et rideau.
Je me demandais comment c'est possible, eh bien le dénouement est assez radical.
Du coup je reste un peu sur ma faim, on pourrait presque croire à une fin raccourcie.
Pour Virginie, il me semble que même à la fin du récit rien ne dit qu'elle sache qui est le gynéco, non?
J'ai lu que Sophie avait tenté d'aider Eric avant de partir.
Soit mais en dehors de "Sophie essaye de renouveler le dialogue, de m'aider avec une persévérance louable" c'est dommage qu'on ait aucune indication de durée du type "après quelques semaines" par exemple.
Quand à Eric... ça se passe de commentaire, il a été très *censuré* dans cette affaire et dans beaucoup d'aspects.
Néanmoins j'aurai apprécié un retour vers une vie meilleure grâce à une aide mutuelle avec Adrienne.
Car est-ce que Eric et Virginie méritent que ça se termine aussi mal? Je n'en suis pas convaincu.
Et que dire de la vengeance avec le meurtre de l'ex-mari ça franchit une étape que je trouve too much.
Ils auraient pu trouver un autre arrangement.
Certes il est encore vivant, mais si c'est pour finir ainsi... il aurait aussi bien pu se suicider et basta. ;)
Bernard ben on peut dire que c'est le chanceux de l'histoire, il n'a rien demandé à personne...
mais attention à lui vu le passif de Sophie.
Je vais illustrer mon propos par une analogie audacieuse. En France (et ailleurs), il y a certaines "thématiques" qui ne peuvent être abordées tant à l'écrit qu'à l'oral, ce qui n'empêche par ceux qui ont encore leur libre arbitre de penser comme bon leur semble... Sur ce site, il y a des limites quant à la rédaction des textes, on peut au mieux suggérer ou se monter allusif, mais autrement, c'est le retour de bâton...
J'ai volontairement utilisé le biais de l'état second d'Eric, totalement ivre durant des jours et donc déconnecté des réalités, pour ne pas développer davantage les actons liées à sa déchéance.
Autrement, je pense qu'il y a une ambiguïté, dont je prends conscience en relisant l'épilogue : Adrienne a déjà "traité" le cas de son ex-mari violent, elle escompte une contribution d'Eric, que rien ne le relie à elle, pour se venger du bâtonnier, son violeur impuni.
Après, il fallait de toute façon clore ce récit, avec certains questionnements en suspens, laissant aux lecteurs la possibilité d'imaginer une évolution.
:)
La fin est toujours surprenante dans tes histoires
Il profite de ses fragilités : elle est proche de la jouissance lors de l'examen très particulier, puis doit consulter pour des lésions rectales après la brutale et autoritaire sodomie imposée par Éric...
La fausse-couche la plonge dans une détresse compréhensible et fait d'elle une victime facile.
Maintenant, si on considère que Virginie est complice depuis le début, l'intrigue prend une tournure encore plus perverse... :)
Il y a un chapitre "fantôme" que j'ai occulté et qui retrace le parcours du toubib, mais même profondément remanié, il n‘est pas diffusable sur ce site...
:)
Et je débute une nouvelle histoire à partir du 22 août, intitulée "Le virtuose", dans un registre très différent.
Un récit qui mènera loin, très loin dans les profondeurs, et la noirceur, de l'âme humaine... Et qui comportera des scènes très brutales...
:)
Eric n'a en définitive que ce qu'il mérite. Sophie est partie sans pour autant avoir tenté de sauver son future ex-mari du naufrage. Virginie est partie à la suite de véritable viol qu'elle ne lui pardonne pas. En définitive, il ne lui reste rien.
Lueur d'espoir, Adrienne est à nouveau dabs le parcours et promet les vengeances. Eric n'a donc pas fini de se venger. Je crains fort que cela ne lui fera pas revenir Sophie et/ou Virginie. Cela dit, l'une comme l'autre n'en vaut peut être pas la peine: l'une qui s'est bien amusée avec ses clients lors e massage (probablement tantrique même si cela n'est pas écrit, mais à poil, se faire tripoter et faire plaisir à ces messieurs qu'est-ce d'autre ?) et Sophie qui n'a pas hésité à voler et se laisser entrainer dans la luxure).
Vivement une suite qui j'espère sera plus optimiste et heureuse.
Beaucoup de reformulations et d'autocensure...
Reprenons à la base :
Eric, quadra lambda, marié, insatisfait par sa femme mais néanmoins fidèle, découvre qu'elle couche, et sans tabou, avec son patron qui dispose de moyens de pression car elle a détourné du pognon. Malgré cela, tout en devenant amant de la meilleure amie de sa conjointe volage, il la délivre du joug de son maître-chanteur en employant des méthodes peu orthodoxes, puis l'humilie en la livrant à d'autres hommes, jusqu'à un gangbang. Assume le fait d'avoir fécondé Virginie, mais frustré, la violente, la poussant dans les bras du gynéco, filleul d'Hubert (avec qui on ne connait pas le lien au début). Atteint du syndrome de toute-puissance ? La chute est rude...
Sophie, épouse qui dérobe de l'argent, baise avec son directeur, qui a tout découvert, et pire, est utilisée comme "argument" avec les clients. Et elle se complaît dans la soumission, avec une appétence pour les jeunes gars...
Virginie, certainement la personnalité la plus complexe. Une séduisante jeune femme, d'abord réservée, qui découvre sa capacité d'attraction sur les mâles, avec une activité professionnelle très singulière, qui abolit progressivement toutes ses limites et tombe inopinément (?) enceinte, avec une expérience lesbienne assumée. Mais très jeune, fut séduite (ou abusée ?) par un professeur...
Hubert, le grand requin, prédateur sexuel, mais qui même en prison tire les ficelles en utilisant son filleul gynéco, qui élimine Alice (overdose ou empoisonnement ?) et lui fait dominer Virginie fragilisée par la brutale sodomie d'Eric et sa fausse-couche.
Théo, instrumentalisé par Eric, fou amoureux de Sophie, mais à qui elle préfère Bernard, le routier qui l'a saillie lors de sa première séquence de déchéance sur une aire d'autoroute...
Et enfin Adrienne... Ange ou succube ? Va-t-elle entraîner Eric dans les ténèbres ?
Tout ceci est parfaitement immoral. Qui est bon ? Qui est mauvais ? Il n'y a pas de manichéisme, et je ne suis pas convaincu qu'une suite apporterait une issue plus lumineuse !
:)
Pas certain qu'Adrienne soit celle qui pourra l'aider... Je pense qu'elle l'entrainera trop loin dans la perversité et qu'il oubliera qui il était avant de découvrir l'infidélité de sa femme.
Mais Eric ne redeviendra plus l'homme qu'il était auparavant. Sa culpabilité est immense.