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Couverture de L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école — Chapitre 28 · L’autre Hélène

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Galaxie rouge
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L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école

Chapitre 28 · L’autre Hélène

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : La flamme s'est transmise. Dans la chaleur douce de cette nuit, Hélène a guidé Lila vers un territoire inconnu, où la caresse éduque, où la morsure libère, où la fessée n'est plus une punition, mais une clé. Lila s'est abandonnée, Hélène a dirigé. Et dans ce rôle nouveau, protecteur et conquérant, elle est devenue pour la première fois… la maîtresse du feu.
Le soleil darde ses rayons sur les ruelles de Marseille, les pierres chaudes exhalent un parfum minéral, presque sensuel. La chaleur caresse les peaux nues, s'immisce sous les tissus légers, lèche les creux des clavicules et les creux des reins. Hélène marche aux côtés de Clara, leurs pas rythmés, complices, comme deux battements d'un cœur partagé. La jupe crème d'Hélène ondule sur ses cuisses nues, frottant doucement contre la peau à chaque enjambée, provoquant un frisson secret. Clara, tout en blanc, une robe boutonnée qui s'ouvre d'un souffle au niveau de sa poitrine, laisse deviner la naissance d'un sein. Son panama, posé d'un geste étudié sur ses boucles blondes, tangue sous la brise. Elle jette des regards curieux autour d'elle, comme une louve curieuse dans un territoire inconnu, le regard déjà allumé d'un feu plus intime.
— C'est ici ? demande-t-elle en s'arrêtant devant une devanture tapageuse, ornée d'une enseigne dorée où s'enroulent des lettres calligraphiées comme une promesse de volupté.
Hélène hoche la tête, le sourire en coin.
— Un temple, murmure-t-elle. De ceux qui habillent les corps pour mieux les dénuder.
Clara pousse la porte, et l'air change aussitôt, chargé d'effluves d'ambre, de musc chaud, et de linge repassé à la vapeur. L'atmosphère les enrobe comme une caresse lente sur la nuque. L'intérieur est une alcôve de tentation : dentelles fines suspendues comme des promesses, bustes de velours mordoré aux courbes suggestives, lumière dorée tamisée comme une veilleuse dans une chambre d'adultes. Chaque détail invite à la volupté, chaque recoin semble murmurer un secret charnel.
Au fond, Myriam les attend, cambrée contre le comptoir comme une hôtesse de boudoir. Radieuse, éclatante de cette beauté qui ne cherche pas à plaire mais à dominer, elle irradie une chaleur féline. Ses cheveux roux relevés en un chignon ébouriffé laissent s'échapper quelques mèches indociles, et dans ses yeux dansent déjà des étincelles narquoises, comme si elle devinait tout de leurs pensées les plus intimes.
— Vous voilà, les déesses du jour.
Clara s'avance, mains jointes comme une pèlerine. Myriam l'accueille d'un regard de haut en bas.
— On va s'amuser.
Hélène s'avance d'un pas lent, les yeux brillants, posant une main légère sur l'avant-bras de Clara.
— Myriam, je te présente Clara… une amie spéciale.
Elle appuie sur le mot, sans en faire trop. Juste assez pour que Myriam, fine observatrice, relève un sourcil et esquisse un sourire en coin.
— Spéciale, hein ? dit-elle doucement, les yeux ancrés dans ceux d'Hélène, puis glissant vers Clara avec une chaleur complice. Je vois.
Clara, un peu surprise, tend la main à Myriam mais celle-ci l'attire contre elle pour une bise franche, presque sensuelle, où les joues se frôlent un peu plus que nécessaire.
— Vous avez une chance folle d'avoir Hélène comme amie, murmure Clara avec un regard sincère. Elle dégage quelque chose de rare… une beauté qu'on ne voit pas toujours tout de suite, mais qui vous prend le ventre.
Myriam éclate d'un rire doux, les yeux fixés sur Hélène.
— Oh, je le sais. Et je la garde précieusement. Je suis ravie de voir qu'elle attire enfin des femmes à sa mesure.
Les portants regorgent de pièces audacieuses : guêtres de soie, strings brodés, porte-jarretelles satinés. Clara fait le tour avec une prudence excitée, telle une fillette dans la chambre d'une grande. Hélène, en retrait, l'observe. Ce n'est plus la même femme qu'elle a rencontrée. Il y a dans sa démarche un trouble, une audace nouvelle.
Myriam tend à Clara un ensemble noir et rouge, aux bonnets transparents ourlés de dentelle, avec un porte-jarretelle dont les attaches semblent ciselées.
— Essaie celui-là. Pour voir ce que tu caches sous ta robe de bourgeoise.
Clara rougit, puis saisit l'ensemble. Elle pénètre dans la cabine. Un rideau qui glisse. Des bruissements de tissu. Puis elle ressort, droite, nue sous l'effet de l'ensemble. La poitrine haute, le ventre légèrement rentré, les jambes solides. Elle est belle. Troublante.
Hélène ouvre les lèvres. Rien ne sort. Clara avance d'un pas, tourne lentement sur elle-même.
— Alors ?
— Je… je ne trouve même plus les mots, souffle Hélène, les yeux perdus sur le corps de Clara.
Clara sourit. Et pour la première fois, Hélène ne baisse pas les yeux.
Il est midi passé quand Clara, encore toute frémissante de son essayage, referme le sac griffé de l'ensemble choisi. Elle le serre contre elle comme on garde précieusement une promesse. Hélène, les yeux brillants, lance avec légèreté :
— Et si on allait déjeuner toutes les trois ?
Clara acquiesce avec enthousiasme. Myriam les regarde, pensive un instant, puis sourit en coin.
— J'ai bien le droit de fermer pour la pause, non ? murmure-t-elle en glissant la clef dans sa poche. La tentation de vous accompagner est trop forte.
Le soleil est haut, les pavés réverbèrent une chaleur presque lascive. Elles marchent lentement jusqu'à la placette voisine, encore traversées par les frissons des essayages et des regards partagés. Clara enlace le sac contre sa poitrine comme un secret brûlant. Hélène sent le regard de Myriam sur elle, plus intense, plus protecteur aussi.
Elles s'installent sous les canisses d'une terrasse ombragée, et là, une nouvelle forme de jeu commence. Le temps se suspend de nouveau.
Le vin blanc est sec et frais. Les verres tintent, les rires s'envolent, charnels et insouciants, comme des éclats de peau mise à nue. La terrasse, ombragée de canisses, vibre d'une légère torpeur d'été, moite et caressante.
Les trois femmes sont seules au monde, unies par un fil invisible tendu entre leurs jambes, entre leurs rires, entre leurs silences. Myriam fume lentement, l'œil pétillant, presque lubrique dans sa manière de regarder les passants. Clara a les joues roses, l'eau perlante sur sa nuque, et les yeux plus brillants encore depuis la boutique. Elle mordille doucement le bord de son verre. Hélène les regarde, et se regarde aussi, de l'intérieur. Elle sent en elle une chaleur vive, diffuse, une excitation nouvelle qui n'a rien à voir avec la pudeur. Elle aime cette version d'elle-même, audacieuse, vibrante, moins sage, plus vraie.
Clara commande une deuxième bouteille, d'un ton léger, presque gourmand. Les glaçons cliquettent dans le seau.
— Ce vin me donne chaud… souffle Clara en mordillant son verre.
Myriam éclate d'un rire profond.
— Méfie-toi, glisse Myriam, le regard en biais. La chaleur appelle toujours le reste.
— Et si c'était justement ce que je voulais ? réplique Clara, la voix douce.
Myriam raconte ensuite une anecdote croustillante, son rire à peine contenu derrière le bord de son verre. Une cliente fidèle était venue acheter un ensemble très osé, précisant en chuchotant qu'il était destiné à son amant. Le lendemain, son mari, sans rien savoir, est entré dans la boutique et a demandé exactement le même. « Pour ma douce », avait-il dit, les yeux brillants d'innocence.
— Je n'ai rien dit, conclut Myriam en tirant sur sa cigarette. J'ai juste encaissé deux fois le même fantasme.
Les trois femmes éclatent de rire, complices. Clara murmure, admirative :
— Tu es diabolique.
Leurs éclats de rire montent haut dans le ciel, se cognent aux murs chauds de la placette, ricochent comme des soupirs dans un lit défait. Et puis, presque naturellement, elles lèvent leurs verres et trinquent, toutes sourires, les yeux brillants de cette connivence rare et délicieuse. Leurs doigts effleurent les verres, comme leurs regards se cherchent et se frôlent, et dans ce simple geste, il y a plus d'intimité que dans bien des étreintes.
— À nous, murmure Hélène, la voix un peu rauque.
Clara ajoute :
— J'ai l'impression de vous connaître depuis toujours.
Myriam sourit, son regard grave devenu doux.
— Il y a des attirances qu'aucun mot ne sait nommer, murmure Myriam. Pas l'amour. Pas le sexe. Quelque chose d'animal. D'évident.
Elles restent un instant en silence, les verres en main, ivres d'une autre soif. Celle d'être ensemble, dans cette bulle suspendue, à mi-chemin entre le rire et le désir. Hélène sent son ventre pulser doucement, comme si chaque mot, chaque regard, chaque sourire éveillait en elle une zone nouvelle, vibrante. Elle aime cette sensation, elle aime cette version d'elle-même : une femme entourée d'autres femmes qui sentent, qui rient, qui désirent, comme elle. Une autre Hélène. Une Hélène enfin vivante.
Et puis le jeu commence. Clara lève son verre, son regard est direct, brûlant.
Clara penche son verre.
— J'ai une envie folle. De faire quelque chose… d'inavouable.
Myriam arque un sourcil.
— Alors propose.
Clara sourit, lentement.
— Pas de culotte cet après-midi. Et… un petit souvenir intime, à envoyer.
Myriam écrase sa cigarette.
— Tu veux jouer ? On va jouer.
Un frisson parcourt l'échine d'Hélène, mais ce n'est pas seulement la chaleur du vin ou le soleil sur sa peau. C'est plus profond, plus obscur et délicieux : une onde douce qui ondule depuis la base de sa nuque jusqu'à l'intérieur de ses cuisses. Elle joue avec le pied de son verre du bout des doigts, le geste lent, presque inconscient, comme si elle caressait un corps invisible. Lorsqu'elle relève les yeux, ses prunelles croisent celles de Clara, et tout son ventre se serre. Elle sent le vin, la chaleur, mais aussi cette vibration intime, ce feu bas et palpitant entre ses cuisses, qui pulse doucement, avec obstination, comme si quelque chose en elle appelait le contact, la peau, la bouche, les doigts. Une attente, ou peut-être une promesse.
— Et une caresse, souffle-t-elle. En pleine rue. Au hasard. Sans prévenir.
Leurs verres se choquent. Lentement. Comme un pacte silencieux.
Sous la table, Hélène défait le bouton de sa jupe. Le tissu se desserre à peine, relâche une pression, s'écarte juste ce qu'il faut. Ce n'est pas un déshabillage, mais un relâchement secret. Une permission accordée à l'air tiède de s'insinuer, à la peau nue de s'offrir un frisson.
Elle croise les jambes, sent la brise caresser la chair tendre de l'intérieur de ses cuisses, et un soupir silencieux naît dans sa gorge. Son ventre se contracte. Ses seins se soulèvent, imperceptiblement.
Elle n'est plus exactement la femme qu'elle était ce matin. Il y a en elle une audace souterraine, une ivresse nouvelle qui s'ancre dans ses hanches, dans cette manière de se tenir plus droite, plus offerte. Elle ne joue plus à être une autre : elle se découvre.
Clara, en face, la regarde sans détour. Un sourire au bord des lèvres, à peine esquissé, et son pied glisse lentement, comme une question, jusqu'à toucher celui d'Hélène. Le cuir contre sa cheville nue. La peau contre la peau. Juste un effleurement, mais il la transperce. Elle ne recule pas. Elle accueille.
Puis, comme un murmure lancé au cœur de cette chaleur suspendue, Myriam penche la tête, son regard pétillant de malice.
— Et si on poursuivait cette délicieuse parenthèse dans un lieu où les vêtements deviennent inutiles ?
Clara arque un sourcil, amusée :
— Tu penses à ce que je pense ?
— Hammam, souffle Myriam, un sourire effleurant ses lèvres. Il y en a un, très discret, à deux rues d'ici. L'eau chaude, la vapeur, les murs moites... Le reste dépend de nous.
Un silence s'installe, dense, mais chargé d'un frisson collectif.
— J'en suis, répond Clara en reposant son verre.
Hélène les regarde, troublée, chavirée. Elle sent que la pente est douce, mais qu'elle l'entraîne loin. Et pourtant, sa voix est ferme, légère aussi :
— Moi aussi.
Trois femmes, une entente tacite. Elles se lèvent dans un bruissement de tissus et de chaises repoussées, le cœur battant et le ventre éveillé.
Le hammam est caché dans une impasse. Discret. Carrelage ancien, mosaïques décolorées. Une ambiance hors du temps. Elles entrent, silencieuses, légèrement échauffées par le vin et les audaces du repas.
Le vestiaire est silencieux, à peine troublé par le clapotement feutré d'un robinet mal fermé. Clara retire sa robe avec une lenteur étudiée, presque cérémonieuse. Le tissu glisse le long de ses hanches et découvre un corps ferme, sculpté par la vie, à la peau dorée qui semble appeler la lumière. Elle ne cherche pas à séduire, et pourtant elle irradie une sensualité tranquille, assumée.
Myriam, déjà nue, s'étire comme un félin alangui, les bras levés, les seins haut dressés, le ventre souple. Ses gestes sont ceux d'une femme qui sait que chaque mouvement peut être une offrande.
Hélène reste immobile un instant, suspendue dans le temps, comme si son corps attendait l'ordre secret de son désir. Puis ses doigts s'activent, précis, conscients. Elle défait lentement les boutons de son chemisier, l'un après l'autre, savourant la lenteur du geste, la fraîcheur de l'air sur sa peau échauffée. Le tissu glisse de ses épaules, épouse un instant la courbe de ses seins, puis se détache comme une caresse qui finit.
Elle laisse tomber sa jupe. Le froissement est discret mais troublant, comme un vêtement qu'on abandonne en hâte dans l'ombre d'une chambre. Ne restent que ses sous-vêtements, et cette tension dans son ventre qui monte, chaude et sourde, pulsant contre l'élastique de sa culotte.
Elle hésite encore, une seconde. Un vertige. Puis elle glisse ses doigts sous les bretelles de son soutien-gorge, les fait tomber de ses épaules nues. La dentelle glisse, découvre la naissance de ses seins, leurs pointes légèrement dressées sous l'effet de l'air, du regard qu'elle sent peser sur elle.
Le dernier geste est le plus lent. Elle pousse sa culotte le long de ses cuisses, la matière humide de chaleur et de frisson. Elle la retire comme on cède, comme on ouvre une porte secrète. Son sexe, exposé à la moiteur du vestiaire, palpite à l'air libre. Le dernier rempart a cédé. Et elle ne regrette rien.
Elle garde le regard baissé, comme si elle n'osait affronter ce miroir invisible qu'est le regard des autres. Mais elle sent les yeux de Clara. Elle les sent physiquement sur elle, caressant sa nuque, glissant sur sa poitrine, s'attardant sur son ventre, entre ses cuisses. Des yeux doux, oui. Mais brûlants. Et ce feu la consume doucement. Elle inspire profondément. C'est trop tard pour reculer. Et elle n'en a pas envie.
Dans la vapeur, tout devient plus flou. Les contours se dissolvent dans un halo moite, comme si la réalité elle-même se déshabillait. Les corps brillent, ruissellent, chaque goutte d'eau glissant sur la peau devient une caresse liquide. L'air est épais, presque tangible, saturé d'eucalyptus, de souffle chaud et d'une tension diffuse. Leurs cheveux, alourdis par l'humidité, collent à leurs nuques, et chaque mouvement laisse une trace moite sur les dalles brûlantes.
Elles s'installent lentement, dans un ballet muet, chaque geste pesé, habité d'une lenteur voluptueuse. Myriam s'adosse au mur, les jambes ouvertes, majestueuse et offerte, comme une reine qui attend qu'on la vénère. Son regard glisse sur les deux autres femmes, lentement, comme une main invisible. Clara se laisse glisser à côté d'Hélène, leurs hanches se touchent, peau contre peau, tièdes et humides. Le contact est à peine perceptible mais enflamme l'espace entre elles.
Hélène frissonne. Le contact de la pierre chaude dans son dos fait vibrer ses reins, remonte le long de sa colonne comme un souffle brûlant. Ses seins, gonflés de chaleur et de trouble, se soulèvent à chaque inspiration. Une perle de sueur roule lentement entre ses omoplates, suit la cambrure de son dos, glisse vers le creux de ses reins. Les cuisses sont relâchées, prêtes, entrouvertes sans le vouloir, comme si leur chair elle-même appelait le geste, la bouche, le feu. La vapeur, moite, dense, les enveloppe et les relie dans un silence gorgé de désir.
Le silence est dense. Pas pesant. Chargé d'attente. Chargé de peau. De regards qui hésitent encore à se croiser. De respirations qui s'accordent. Tout en elles, dans ce flou brûlant, semble prêt à céder.
Myriam passe la main sur le bras d'Hélène. Une caresse d'eau et de chaleur. Clara se penche, pose sa tête sur l'épaule d'Hélène. Leurs peaux se touchent. Un souffle contre l'oreille. Une odeur de savon noir et de corps.
— J'ai chaud, murmure Clara.
— Moi aussi, répond Hélène.
Un silence, dense et vibrant, comme suspendu entre deux souffles. Clara se redresse, tourne lentement le visage vers Hélène. Leurs regards s'accrochent, s'attardent. Puis, comme un frisson qu'on ose enfin suivre, Clara avance. Elle effleure d'abord les lèvres d'Hélène du bout des siennes, un contact à peine esquissé, une caresse de velours. Puis elle s'y attarde. Le baiser devient plus dense, plus franc. Hélène tremble légèrement, un frisson qui remonte de son sexe à sa gorge. Elle entrouvre la bouche, avec une hésitation fiévreuse. Les langues se cherchent, se frôlent, se reconnaissent. Ce goût de sel, de peau, de chaleur, ce goût d'elle dans la bouche de l'autre, la fait vaciller. Le monde s'efface. Il n'y a plus que cette bouche contre la sienne, cette main qui soutient sa nuque, cette envie brute qui grandit entre ses cuisses humides. Et ce baiser, à la fois doux et brûlant, la fait s'ouvrir, sans retour.
Myriam, toujours près, laisse glisser sa main sur la cuisse d'Hélène avec une lenteur calculée, presque méditative. Du bout des doigts, elle dessine des cercles invisibles, effleure l'intérieur si sensible, là où la peau devient soie. Sa paume avance, s'insinue avec une douceur ferme, jusqu'à sentir la moiteur intime, la chaleur accueillante, cette offrande nue qui bat contre ses doigts.
Hélène entrouvre les cuisses, docile, abandonnée. Sa respiration devient haletante, fragile. Clara, tout contre elle, la tient par la nuque, l'embrasse encore avec une tendresse fiévreuse, comme pour la retenir dans ce moment suspendu. La bouche de Clara couvre la sienne, sa langue l'enlace tandis que Myriam, enfin, glisse un doigt entre les lèvres humides, dans cette fente palpitante où la chair respire le désir.
Hélène gémit, très bas, un son étranglé, presque coupable, comme si son corps confiait un secret qu'elle n'osait plus taire.
La vapeur s'épaissit. Les gestes se précisent. Clara pose la main sur le sein d'Hélène, le pèse doucement, le caresse du pouce. Hélène est là, offerte, aimée par deux femmes. Myriam ajoute un deuxième doigt. Les cuisses se tendent. Hélène bascule la tête en arrière.
— Respire, souffle Myriam.
Elle respire, le souffle heurté, ouvert, comme si chaque inspiration dilatait davantage l'espace en elle. Le plaisir monte, monte encore, en spirale lente et ascendante, comme une marée chaude et lourde qui sature tout. Il prend racine dans son ventre, grimpe dans sa gorge, la fait vaciller entre vertige et abandon. Clara la soutient, ses bras fermes autour de ses épaules, sa bouche toujours proche, qui l'embrasse, la berce, l'encourage sans un mot.
Une vague. Une chaleur. Puis une brèche s'ouvre en elle, intime, profonde, irréversible. Elle gémit, un cri doux, tremblant, fendu de stupeur et de jouissance contenue. Son sexe pulse, se contracte autour des doigts de Myriam comme pour les retenir, les remercier. Tout son corps vibre, s'arque, se livre à cette onde intérieure qui la traverse de part en part, ébranle ses os, embrase ses nerfs. Elle n'est plus qu'un battement, une offrande, une femme traversée de plaisir.
Et dans ce battement-là, dans cette ultime onde qui la secoue encore, Hélène sent les doigts de Myriam ralentir puis se retirer, doucement, avec cette pudeur tendre qu'ont les gestes qui savent qu'ils sont allés jusqu'au bout. La moiteur entre ses cuisses se mélange à la vapeur, et sa peau brille d'un feu intérieur. Elle ne bouge pas, bercée par le souffle régulier de Clara tout contre elle, les seins de l'une épousant le dos de l'autre, comme un écho charnel.
Elle ferme les yeux un instant. Elle ne pense plus. Elle ressent.
Myriam vient embrasser son ventre, là, juste au-dessus du pubis, un baiser si lent qu'il ressemble à une prière. Puis elle remonte, mains à plat, le long de ses flancs, la frôlant avec une dévotion qui la bouleverse. Clara pose le front contre sa tempe, la caresse d'un mot qu'elle ne dit pas. Et le silence qui les entoure n'est plus un vide, mais un cocon. Un sanctuaire.
Trois femmes. Trois corps mêlés. Trois solitudes qui, l'espace d'un instant, se dissolvent dans une même étreinte.
Myriam retire les doigts, lentement. Clara la serre contre elle. Hélène s'abandonne.
Elles restent là, un moment, nues, enlacées, humides de vapeur et de plaisir. Trois femmes. Trois peaux. Trois souffles.
Le vestiaire est silencieux, baigné d'une lumière plus crue, presque clinique, qui tranche brutalement avec la douceur diffuse de la vapeur. Les miroirs, embués, renvoient à peine leurs silhouettes floues, comme si même le réel hésitait à fixer l'instant. Clara passe une serviette sur ses épaules, le geste lent, presque tendre, comme si elle voulait retenir un peu de la moiteur de leurs étreintes. Myriam, nue encore, s'attache les cheveux d'un geste fluide, souverain, le dos cambré, la peau encore perlée de plaisir.
Hélène, elle, reste un instant figé. Sa culotte à la main, elle contemple son reflet vague, devine à peine les contours de ses seins, la trace rosée de doigts sur sa hanche. Puis elle lève la jambe, glisse le tissu sur sa peau, remonte la culotte, lentement. Elle sent son sexe encore sensible frémir au contact de la matière. Sa jupe suit, mais elle la referme d'un geste nouveau : plus assuré, plus habité. Comme si chaque centimètre de tissu la redessinait autrement.
Elle n'est plus tout à fait la même. Une part d'elle, enfouie depuis l'adolescence, rejaillit. Celle qu'elle avait étouffée à coups de pudeur, de devoir, de silences. Aujourd'hui, cette part respire. Ce n'est pas seulement son corps qui a joui. C'est quelque chose de plus profond, plus ancien, qui s'est ouvert, a cédé, a vibré. Quelque chose qu'elle n'avait jamais osé regarder en face, et qui maintenant l'habite.
Dans la rue, la lumière est dorée. Le monde bruisse, indifférent.
Aucune ne parle.
Elles marchent dans la lumière du jour, les jambes nues sous leurs jupes. Mais sous les tissus, leurs corps se souviennent. Et se désirent encore.
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Jlb60440
12 avril 2026 à 10:45
'Toujours aussi bien écrit. Les chapitres « entre femmes » sont toujours aussi bien évoqués et pleins de tendresse. On sent en Myriam une dominatrice qui va savoir guider Hélène vers une douce soumission
Soyez respectueux
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Photo de profil de sebou01
sebou01
11 avril 2026 à 17:50
Une excellente suite très excitante j' adore
Soyez respectueux
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Photo de profil de caenaille
caenaille
11 avril 2026 à 13:26
sensuel mais trop courte la scène du hammam
Soyez respectueux
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