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Couverture de L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école — Chapitre 11 · La fellation

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Galaxie rouge
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L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école

Chapitre 11 · La fellation

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Hélène retourne à la boutique de lingerie où elle a acheté son premier ensemble. Troublée, mais poussée par un désir qu'elle peine encore à nommer, elle se prépare avec soin, choisissant une tenue plus audacieuse, et glisse sous ses vêtements l'ensemble ivoire en satin qu'elle avait osé acheter.
Sa rencontre avec Myriam, la vendeuse, est marquée par une intensité silencieuse. Hélène se laisse guider, essaie une nuisette dans laquelle Myriam l'aide à s'habiller. Leurs gestes se frôlent, leurs regards s'ancrent dans le miroir. Le trouble monte jusqu'à un gémissement d'Hélène, instinctif, qu'elle ne peut retenir.
Mais ce n'est pas à sens unique. Myriam, habituellement solaire et assurée, recule un instant, déstabilisée. Hélène, bouleversée par cette faille perçue chez l'autre femme, comprend qu'un lien profond, fragile et magnétique est né. Elle quitte la boutique, troublée, mais le cœur vibrant d'un espoir nouveau.
Le soir tombe sur Marseille, le ciel de la ville s'embrase lentement de teintes orangées, les immeubles anciens jettent de longues ombres sur les trottoirs. L'air est doux, chargé d'une moiteur qui colle aux tempes. Hélène marche d'un pas incertain dans les ruelles du quartier Vauban. Sous son trench ceinturé, elle porte une robe noire fluide, des collants fins, des escarpins simples.
Elle sent ses mains moites dans ses poches, comme si son corps lui échappait. Son cœur cogne sous sa poitrine, une alarme sourde qu'elle essaie de faire taire. Elle ne sait pas vraiment ce qu'elle fait là. Elle oscille entre l'envie d'opérer un demi-tour et une pulsion irrépressible de s'abandonner. Quelque chose a été réveillé en elle ces derniers jours. Une faille. Une brûlure. Une envie d'exister autrement.
Les bruits de la ville montent autour d'elle, un scooter qui file, une voix qui rit, des volets qui claquent. Rien ne l'ancre. Elle marche comme en apnée, la mâchoire serrée, le ventre contracté. Pourtant, elle avance. C'est plus fort qu'elle. Elle y va.
Elle sonne chez Éric. Il ouvre rapidement. Il ne dit rien d'abord, puis esquisse un sourire doux, un peu grave. Il porte une chemise blanche, légèrement ouverte sur le torse, et un jean sombre. Derrière lui, un appartement aux lumières tamisées, des murs sobres, une odeur de bois ciré et de vin.
— Entre.
Elle entre. Il referme la porte derrière elle. Jazz feutré dans le fond. Il lui sert un verre de vin rouge. Elle le tient à deux mains. Elle ne boit pas tout de suite. Elle a la gorge nouée, les paumes encore humides. Sous sa robe, son corps est tendu, parcouru de frissons invisibles. Sa respiration est légère, presque retenue. Elle ressent le tissu fluide de sa robe noire attaché à sa peau à certains endroits, caressée à d'autres. Le satin glisse sur ses cuisses, épouse ses formes comme une caresse discrète.
Ils s'assoient côte à côte sur le canapé. Les mots sont rares, les regards denses. Hélène croise ses jambes. Le froissement léger de sa robe l'électrise. Elle sent que le tissu remonte légèrement sur ses cuisses, découvrant la dentelle de ses collants. Elle n'ose pas la tirer. Son ventre est chaud, comme s'il abritait un feu discret qu'elle ne sait plus éteindre.
Éric pose son verre. Il la regarde longtemps. Puis se penche vers elle.
— Tu es encore plus belle ici… dans mon espace.
Elle rougit. Il l'embrasse. Un baiser lent, chaud, qui l'enveloppe d'une moiteur inattendue. Quand sa langue effleure la sienne, Hélène est saisie. Ce n'est pas seulement un contact, c'est une brûlure, une caresse humide et intime qui la traverse toute entière. Elle gémit à peine, mais en elle, tout se tend, tout frémit. La langue d'Éric explore, effleure, invite. La sienne répond, hésitante, puis s'abandonne. Le goût d'Éric lui reste sur les lèvres.
Il glisse une main sur sa nuque, chaude, protectrice, puis la fait descendre lentement dans son dos. Elle sent chacun de ses doigts comme une ligne de feu sous le tissu de sa robe, une descente vertigineuse le long de sa colonne. Ce contact la fait frissonner, cambrer à peine. Il la tient sans la saisir, mais elle se sent tenue.
Ses doigts à elle tremblent. Elle ose les poser sur son torse, sur cette chemise entrouverte. Sous la fine étoffe, elle devine la chaleur de sa peau, la fermeté de ses muscles. Ses doigts s'égarent sur le tissu, perçoivent le battement net de son cœur. Une pulsation puissante, régulière, presque rassurante. Et ce cœur qui bat sous sa main, ce n'est plus celui d'un homme, c'est une réponse vivante à son trouble.
Il l'embrasse, sa langue danse avec la sienne, chaude, mouillée, insistante. Hélène sent une onde descendre en elle, réveiller chaque nerf endormi. Ses reins se tendent, une tension délicieuse qui pulse jusque dans le bas de son dos. Son bassin cherche à s'avancer, presque imperceptiblement. Sa poitrine se gonfle sous le souffle du désir, comme si l'air y manquait. Elle sent ses tétons durcir, sensibles sous le tissu léger de sa robe, frôlant la dentelle de son soutien-gorge dans une brûlure exquise.
Et pourtant une barrière invisible la retient. Un voile ancien fait de pudeur, de peur, de conditionnements trop longtemps gravés. Une voix dans sa tête murmure : tu ne dois pas. Mais cette voix est couverte, étouffée par le tumulte de l'envie. Elle voudrait céder, tout lâcher, se jeter. Mais cette retenue, cette étreinte intérieure, la serre encore. Comme une dernière digue avant l'abandon.
Ils s'installent sur le canapé. Il la regarde longuement. Sa main vient sur sa cuisse, chaude, large, paume ouverte, qui englobe presque tout le haut de sa jambe. Il presse à peine, mais ce simple contact l'enflamme. Puis il remonte lentement, effleurant la soie tendue de sa robe, glissant jusqu'à atteindre la naissance de sa cuisse nue. Hélène sent la chaleur de sa paume s'insinuer sous sa peau, comme si elle y déposait un feu.
Elle croise d'abord les jambes, par réflexe, mais son corps la trahit : ses cuisses se détendent, puis s'ouvrent. Elle hésite, rougit, mais laisse faire. La main d'Éric avance encore, frôle la dentelle du collant, s'approche dangereusement de cette zone qui brûle, qui réclame. Son souffle se bloque. Son ventre se noue.
Elle sent la moiteur naître, diffuse, intime, comme une vague contenue. Cette main, masculine, chaude, enveloppante, n'est plus seulement une caresse : c'est une autorisation. Elle sent la peau de ses cuisses se tendre, ses muscles se contracté, son bassin frémir. Et son esprit chaviré, au bord de l'abandon.
Alors, c'est elle qui ose. Elle pose la main sur sa poitrine, puis descend lentement. Elle sent sous ses doigts l'étoffe épaisse du jean, rugueuse et chaude, tendue par une bosse qui palpite sous sa paume. Ce n'est plus seulement un contact, c'est une évidence : l'excitation d'Éric est là, offerte, vibrant sous le tissu. Seule cette mince barrière de coton les sépare, et pourtant, elle sent tout : la chaleur, la forme, la pression vivante.
Cette sensation lui déclenche un vertige. Une onde monte en elle, mêlant gêne, fierté et un désir qu'elle n'arrive plus à contenir. C'est sa main, sa caresse, son geste timide qui a fait naître cette tension. Et ce pouvoir nouveau la bouleverse. Le souffle d'Éric change. Il ferme les yeux, pose sa main sur la sienne, dans un geste silencieux d'approbation, ou peut-être de gratitude. Elle reste là, suspendue entre la stupeur et l'ivresse de ce qu'elle vient d'éveiller.
Elle hésite. Il ouvre la braguette, l'aide un peu. Le jean s'entrouvre, et elle distingue plus nettement la forme sous le tissu tendu du boxer. C'est là, sous ses yeux, vibrant, gonflé, vivant. Elle baisse les yeux, troublée par la netteté du contour, par cette présence qui semble lui dire qu'elle est déjà en train d'agir, déjà en train d'éveiller quelque chose qu'elle croyait ne jamais provoquer.
Elle se penche. Sa main glisse doucement sur le boxer, où la toile tendue épouse les contours d'un sexe en pleine ascension. Elle le caresse à travers le tissu, avec des gestes prudents, comme si chaque geste risquait de tout briser. Et pourtant, sous sa paume, elle sent la chaleur s'intensifier, la fermeté s'affirmer, la forme s'imposer, lourde, vivante, fière. Chaque frôlement fait naître une onde dans son ventre, une pulsation qui répond au battement sous ses doigts.
C'est plus qu'un contact : c'est une montée. Elle sent qu'elle le fait croître, qu'elle le fait vibrer. Elle l'excite. Elle le sent s'offrir, se tendre pour elle. Elle, Hélène est en train d'éveiller un corps qu'elle ne possède pas, avec une douceur qui devient puissance. Et cette prise de conscience, muette, intime, chavire tout en elle.
Elle l'enserre enfin de sa main. Il est lourd, dense, vibrant. Étranger et familier à la fois. Elle ne connaît que celui de son mari, plus discret, plus distant. La comparaison est brutale, déroutante, presque indécente. Ce n'est pas seulement un sexe qu'elle tient, c'est une évidence charnelle, une force offerte. Il palpite contre sa paume, gonflé de vie, chargé de promesses. Elle s'habitue à cette prise, à cette forme chaude, pleine, têtue, qu'elle sent répondre à ses gestes, comme si sa main dialoguait avec une volonté muette.
Elle serre un peu plus. Le sentir là, dans sa paume, si dur, si vivant, accélère sa respiration. Son souffle devient plus court, plus rauque. Elle sent ses tempes battre, ses reins s'enflammer. Une vague monte en elle, non de peur, mais d'un pouvoir ancien qu'elle redécouvre. Elle est celle qui tient, qui provoque, qui décide.
Alors, elle s'approche. Sa bouche est là, presque tremblante, suspendue à quelques centimètres de ce sexe tendu et épais. Un vertige la saisit, fait battre ses tempes, contracte son ventre. C'est un saut dans l'inconnu. Une bascule charnelle, intime.
Elle hésite une seconde encore, sent son souffle rebondir contre la peau tendue d'Éric. Ce sexe palpite tout près de ses lèvres. Il semble l'appeler. Alors, elle avance. Le cœur battant. Elle ne peut plus reculer. Elle ne veut plus reculer. Elle ouvre la bouche, déjà envahie par une salive brûlante. Elle est prête à goûter. Prête à s'engloutir dans ce qui, désormais, ne lui fait plus peur.
Sa langue sort lentement. Elle la pose sur le gland nu, le frôle d'un effleurement tremblant, presque religieux. Une goutte perle, brillante comme une offrande, qu'elle recueille du bout de la langue. Salée, chaude, cette première saveur la saisit. Le goût est brut, animal, résolument masculin. Il envahit sa bouche avec la violence d'un secret longtemps interdit, longtemps fantasmé.
Elle ferme un instant les yeux, bascule à l'intérieur d'elle-même, et ouvre les lèvres. Doucement, lentement, elle le prend. Ce n'est plus un geste timide, mais une acceptation pleine. Elle le guide entre ses lèvres chaudes, sent la courbe du gland glisser contre sa langue, et s'abandonne au vertige de cette chair offerte. Elle goûte, elle accueille, elle prend possession autant qu'elle se donne.
Le sexe glisse contre sa langue, contre son palais, dur et chaud, vivant, comme un battement charnel qu'elle accueille au creux de sa bouche. Il occupe l'espace, s'impose à sa mâchoire, à sa respiration, jusqu'à lui voler presque l'air. Elle le sent l'envahir, la remplir, pulser entre ses lèvres, s'enfoncer avec une lenteur dense, profonde, presque solennelle.
Sa langue caresse le dessous d'abord avec prudence, puis avec une curiosité gourmande. Elle s'attarde sur les nervures saillantes, frôle les zones plus douces, s'aventure dans les creux plus tendus, avec une délicatesse appliquée. Cette chair offerte n'est plus simplement un sexe : c'est un livre qui s'ouvre, une partition qu'elle apprend à jouer avec sa bouche.
Chaque tressaillement d'Éric, chaque soupir étouffé, chaque tension qu'elle devine dans ses reins, deviens pour elle une victoire secrète. Elle s'applique, presque studieuse, à décrypter le langage du plaisir masculin, avide d'en maîtriser les règles, fascinée par la puissance qu'elle fait naître, dompte et façonne, simplement par la pression de sa langue et l'ondulation de ses lèvres.
Plus elle avance, plus elle sent la densité de ce sexe dans sa bouche : une densité vivante, palpitante, presque imposante. La chaleur est profonde, animale, et l'odeur chargée, entêtante, pleine d'une virilité brute qui la bouleverse. Il emplit sa bouche tout entière, colonise son souffle, impose à sa mâchoire un rythme lent et ajusté, comme si c'était son corps à lui qui dictait les lois du sien.
Mais ce n'est pas seulement de la chair qu'elle goûte. C'est une puissance incarnée, un abandon inversé, une offrande d'homme qu'elle tient là, dans le sanctuaire de sa bouche. C'est une clé charnelle qu'elle manie avec une maîtrise nouvelle, insoupçonnée, et qui ouvre, à chaque va-et-vient, une porte plus intime encore.
Elle se rend compte qu'elle détient là un pouvoir inattendu, brut, vibrant. Elle peut donner du plaisir, infléchir la jouissance, contrôler le rythme, maintenir la tension. Ce sexe tendu dans sa bouche n'est plus une étrangeté : c'est une promesse, une soumission. Et dans cette position, les lèvres fermées sur lui, elle ne se sent ni dominée ni petite, mais souveraine. Le monde s'efface. Il ne reste que cette bouche, ce sexe, et le pouvoir nouveau, troublant, délicieux, qu'elle tient entre ses lèvres.
Éric ne parle pas. Il gémit à peine, mais son souffle s'accélère, devient rauque, il perd peu à peu le contrôle, surpris, presque abasourdi, de voir Hélène ainsi elle, si réservée, si tenue, si pudique le prendre avec une audace tremblante, mais naturelle.
Sa bouche s'ouvre, se referme, s'ajuste sur ce sexe dur, chaud, épais, qui pulse contre sa langue comme un cœur vibrant. Elle s'applique, le suce avec une lenteur sensuelle, un soin fébrile, comme si elle voulait à la fois l'honorer et l'apprivoiser, l'accueillir et le dompter. Il glisse dans sa bouche, ressort doucement, s'enfonce à nouveau dans une cadence moelleuse, rythmée par le va-et-vient de ses lèvres et la danse subtile de sa langue.
Par moments, elle s'avance trop loin, sent le bout effleurer sa gorge, le souffle s'interrompre, sa mâchoire se crisper. Alors elle se retire, à contre-cœur, pour reprendre l'air, bruyamment parfois, les joues en feu, les yeux embués d'un trouble qu'elle ne parvient plus à dissimuler. Une larme glisse sur sa joue, fine, silencieuse, mais ce n'est ni douleur ni gêne : c'est une onde d'abandon, une offrande silencieuse.
Elle y retourne aussitôt, happée, possédée. Sa bouche s'ouvre à nouveau, avide, soumise et souveraine. Elle veut le sentir encore, au fond, plus profondément, jusqu'à s'y confondre. Ce n'est plus une caresse, c'est une union. Une pulsion. Une faim. Une volonté charnelle de se fondre à lui, de l'ancrer en elle par ce geste intime, profond, brûlant, animal et sacré tout à la fois.
Éric laisse échapper un râle rauque, déchiré, comme s'il venait de se perdre dans un abîme de plaisir. Il jouit dans sa bouche. Un spasme profond, brutal, le traverse tout entier. Son corps se tend, se libère, cède à une vague qu'il n'a pas vu venir. Il est ailleurs, hors de lui, hors du temps, submergé par cette jouissance foudroyante, presque violente, qu'il n'a pas su contenir.
Il est abasourdi. Cette femme, cette Hélène si retenue, si douce, si discrètement murée dans la pudeur c'est elle qui vient de l'amener là. Elle, avec sa bouche chaude, offerte, appliquée, presque dévouée. Il n'a plus de mots. Plus de barrière. Juste cette explosion brûlante dans la gorge d'une femme qui, à cet instant, l'a possédé.
Hélène, elle, ne s'y attendait pas. Elle le sent venir trop tard, cette poussée chaude, épaisse, qui s'engouffre au fond de sa gorge en une vague brûlante. Son premier réflexe est de se dégager, de fuir ce jaillissement soudain. Mais non. Elle reste. Elle accueille. Elle ouvre la gorge, serre les lèvres, et avale.
C'est dense, chaud, presque lourd. Un goût brut, viril, chargé d'une présence qui la submerge. Une salinité vive, une chaleur animale, une vérité nue. Son esprit vacille. Que faire de cette semence ? Elle n'a jamais vécu cela. Pierre, son mari, s'y refusait. Une mère n'avale pas, disait-il. Ce n'est pas le rôle de la femme qui élève mes enfants.
Il appelait ça dégradant. Indigne.
Mais là, ce n'est pas sale. C'est elle qui l'a provoqué. Elle qui l'a tenu. Elle qui l'a bu. Ce fruit, elle l'a fait naître, elle l'a cueilli, et maintenant, elle veut le garder. Le retenir. Si elle le recrache, elle nie son geste. Elle nie son pouvoir. Et elle ne veut plus être cette femme qui refuse, qui détourne le visage, qui a honte de son propre désir. Elle veut tout. Jusqu'au bout. Alors elle avale. Entièrement. Ce plaisir-là, elle le veut en elle, fondu dans son ventre, dans sa mémoire, dans sa bouche.
Alors elle avale. Entièrement. Ce plaisir-là a sa place au plus profond de son ventre. Et dans ce geste, elle sent quelque chose se nouer en elle. Pas seulement le goût, mais le poids de ce qu'elle vient de faire. Elle se redresse. Il la regarde. Et déjà, leurs bouches se cherchent. Ce n'est plus seulement un acte charnel : c'est un choix, une prise de pouvoir, une fracture douce avec celle qu'elle était.
Elle ferme les yeux une seconde, encore pénétrée de lui, puis se redresse lentement. Une goutte s'est glissée au coin de ses lèvres. Elle l'essuie d'un geste discret. Ses joues sont en feu, son souffle encore court. Elle croise le regard d'Éric. Il la regarde, haletant, les yeux à demi fermés… mais dans ce flou, une intensité. Ses pupilles sont dilatées, brillantes, presque bouleversées. Il ne la touche pas, ne dis rien, mais dans son regard, il y a une forme d'abandon. Comme s'il s'était donné à elle. Sans mot. Sans défense. Et cela la trouble encore plus profondément que tout le reste.
— Putain… souffle-t-il.
Il s'interrompt, la regarde, encore bouleversé.
— Je crois que je vais y repenser longtemps.
Une seconde passe. Il ajoute, plus bas :
— Très longtemps.
— Hélène…
Il l'attire contre lui. L'embrasse sur la bouche, avec lenteur, avec reconnaissance, avec stupeur encore. Leurs lèvres se cherchent, se retrouvent.
Ce mélange l'électrise. Partager cela, le goût intime d'Éric, c'est s'approprier le fruit de son plaisir. Elle entrouvre la bouche davantage, y mêle sa langue, offre ce goût à l'homme même qui l'a donné. Elle le sent frémir. Ce baiser-là n'est pas innocent : il est dense, transgressif, scellé par le goût de lui. Et cela l'excite, l'enflamme secrètement.
Elle pense : C'est moi qui l'ai fait naître. Ce goût est à moi. Il me revient.
Et dans un recoin de sa mémoire, une phrase surgit, venue de loin, de ces années muettes : Ce genre de chose n'a rien à faire dans la bouche d'une épouse.
C'était Pierre. Sa voix, calme, tranchante. Elle l'avait crue. Longtemps. Jusqu'à ce soir. Elle l'avait cru. Jusqu'à ce soir.
— Merci… murmure-t-il.
Elle ne sait pas quoi répondre. Elle a les joues brûlantes, les mains glacées. C'est la première fois qu'elle fait cela, qu'elle va aussi loin, qu'elle avale un homme. Il a dû sentir son hésitation, elle en est sûre. Et pourtant, il la regarde comme si elle l'avait embrasé.
— Tu m'as mis le feu, souffle-t-il en souriant, encore essoufflé. Je n'ai pas de mots… C'était… incroyable.
Elle le regarde, interdite. Ce qu'il dit, elle ne le comprend pas tout à fait. Comment peut-il être aussi heureux ? Si seulement il savait… Elle cache son trouble derrière un sourire doux, timide, presque muet. Si tu savais que c'était ma première fois, pense-t-elle. Que je ne savais même pas comment m'y prendre.
Elle remet sa robe en place, tire sur l'ourlet, cherche une contenance. Il lui propose de rester dormir.
— Je ne peux pas… dit-elle dans un souffle.
— Si je reste, je…
Elle sourit, se relève doucement.
— Demain j'ai école.
Elle le regarde.
— Et je crois que j'ai déjà dépassé le programme ce soir.
Il rit à son tour. Ils s'embrassent à la porte. Un baiser plus long que d'usage. Plus complice. Plus trouble.
Sur le chemin du retour, elle ne sent pas le froid. Elle a chaud partout. Chaud de honte celle d'avoir transgressé un interdit qu'elle portait depuis des années, d'avoir goûté. Chaud de d'un désir encore présent dans son ventre, comme une braise sous la peau, une tension non résolue qui pulse entre ses cuisses. Et chaud d'excitation suspendue comme si son corps, son cœur, son esprit n'avaient pas encore réalisé tout ce qui s'était passé. Elle est envahie par un vertige : elle a franchi une ligne, elle a découvert un territoire inconnu, et rien ne sera plus comme avant.
Deux jours plus tard, en fin de soirée, elle est assise face à Julien. Dans son fauteuil habituel, jambes croisées, mains crispées sur ses genoux. Elle évite son regard, fixant un point invisible sur le sol. Son souffle est court, son visage tendu. Elle est nerveuse, agitée intérieurement, et son corps le trahit.
Julien l'observe un moment en silence, puis demande d'une voix calme, posée :
— Pourquoi êtes-vous dans cet état, Hélène ?
Elle hésite, prend une inspiration, puis souffle lentement, presque à voix basse :
— J'ai… participé à une soirée.
Elle marque une pause, cherche ses mots. Son regard reste fuyant, sa voix tremble légèrement.
— Et je ne sais pas si je dois en avoir honte ou pas. Voilà… c'est ça, je ne sais pas ce que je suis censée ressentir ?
— Vous voulez me parler de votre soirée ? demande-t-il, calme.
Elle hoche la tête. Long silence.
— Je suis allée chez lui. Chez Éric. J'étais nerveuse. On s'est embrassés. Et puis… je… je l'ai touché. Et ensuite…
Elle baisse les yeux. Julien attend. Elle continue :
— Je l'ai… fait. Avec ma bouche. Pour la première fois. De ma vie.
Elle n'arrive pas à prononcer le mot. Il reste coincé quelque part entre sa gorge et sa honte. Le dire devant Julien lui semble trop cru, trop brutal, trop impudique. Elle baisse les yeux, se mord la lèvre.
— Je lui ai… procuré une stimulation orale. C'est comme ça que mon mari appelait ça. Une pratique bucco-génitale.
Julien ne réagit pas. Mais elle sait qu'il comprend. Il note. Puis lève les yeux.
— Et comment l'avez-vous vécu ?
Elle inspire longuement. Ses joues rougissent à nouveau.
— J'ai eu honte. Ce n'est pas quelque chose qui se fait. Ce n'est pas quelque chose qu'on m'a appris à accepter. Vingt-cinq ans de mariage, de silence, de pudeur… de soumission discrète à ce qu'on attend d'une femme comme moi. J'ai l'impression d'avoir trahi tout ça d'un seul geste.
Elle marque une pause. Son souffle est plus long, plus profond. Elle lève les yeux, pour la première fois.
— Mais j'ai eu chaud. Et… Elle ne lui dit pas qu'elle y a pensé toute la nuit. Qu'elle en a rêvé. Qu'elle aimerait recommencer. Avaler encore. Plus profond. Plus longtemps.
Un silence. Puis elle ajoute, plus doucement :
— Je me suis sentie puissante. C'était moi qui agissais, moi qui donnais. Ce sexe dans ma bouche… il m'a donné une sensation de contrôle que je n'avais jamais connue. Il remplissait mon espace, mon souffle, mais ce n'était pas une soumission. C'était un pouvoir. Ce n'était pas le rôle de l'épouse gentille, ni de la femme nourricière, ni de celle qu'on épargne. J'étais autre chose. J'étais moi. Présente. Dévorante. C'est ma bouche qui l'a fait jouir. Ce plaisir-là, je l'ai provoqué, dirigé, reçu. Et je l'ai senti m'habiter autant que lui.
Julien hoche la tête.
— Vous vous êtes sentie vivante ?
Elle sourit, les yeux brillants.
— Oui. Vivante. Et un peu perdue.
En sortant du cabinet, elle passe devant une vitrine. Elle s'y voit. Son reflet est le même, mais son regard est autre. Plus dense. Plus habité.
Elle pense : C'est mon corps qui l'a fait jouir. Ma bouche. Mon désir.
Et puis, en frissonnant légèrement : Et maintenant… que suis-je devenue ?
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mozart
19 février 2026 à 19:29
Beaucoup de questionnements, mais impatient de connaître la suite.
Soyez respectueux
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fab-io72
19 février 2026 à 14:46
Une qualité d'écriture que l'on rencontre rarement ici, une histoire profondément tendre, belle et intense, des personnages auxquels on s'attache, bref, une vraie petite perle cette série.
Merci pour ce partage.
Soyez respectueux
Répondre

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