Nous dormîmes enfin, le front collé l’un contre l’autre, comme deux naufragés qui s’accrochent encore à une épave, même quand la mer s’est calmée. Comme si la maison elle-même retenait son souffle. Sachant déjà que plus rien ne serait jamais tout à fait pareil.
Cet été 1990 touchait à sa fin. Les parents partis, nous vécûmes une nuit d’une intensité presque sacrée, comme si nous savions que le départ approchait inexorablement.
Les semaines suivantes, nous avons repris le cours « normal » de notre vie, mais Clara semblait ailleurs. Toujours aussi câline, très demandeuse, presque collée à moi du matin au soir, ses mains cherchant sans cesse les miennes, ses lèvres effleurant ma peau comme pour y laisser une trace indélébile. Pourtant, quelque chose voilait son regard émeraude. Un soir, blottis l’un contre l’autre dans son lit, elle finit par me murmurer, la voix tremblante :
— J’ai peur, Paolo… J’ai peur que cette séparation nous éloigne bien plus que la distance. J’ai peur que le temps, l’océan, la vie… nous volent ce que nous sommes.
Nous savions tous les deux que nous étions impuissants. Le grand départ était prévu pour septembre. Il ne nous restait que quelques semaines. Alors nous avons décidé, en silence, d’en faire un été éternel. Nos échanges devinrent plus profonds, plus intenses.
Chaque balade main dans la main, chaque après-midi à la piscine où nos corps se frôlaient sous l’eau, chaque visite de musée où nous nous cachions dans un coin pour nous embrasser comme des adolescents, chaque nuit où nous faisions l’amour… tout était chargé d’une tendresse presque désespérée.
Nous nous aimions comme si nous voulions graver chaque seconde dans nos âmes.
À la fin de l’été, les parents de Clara partirent un week-end aux États-Unis pour visiter les maisons mises à leur disposition. Ils confièrent la garde des petits à Nathalie.
Clara négocia avec sa sœur une soirée « vidéo-cassette » à laquelle mon frère et moi étions conviés. Nathalie accepta, non sans un sourire complice : elle nous autorisa même à dormir à la maison. Elle prépara la chambre d’amis pour mon frère et moi.
Le repas terminé et les petits couchés, Louis sortit le pop-corn et les cassettes : Footloose, Subway et Les Gremlins. La soirée fut douce, presque irréelle.
Nathalie et mon frère ne se cachaient plus depuis longtemps. Nous non plus. Clara se lovait contre moi sur le canapé, sa tête sur mon épaule, ses doigts caressant discrètement ma cuisse, remontant lentement jusqu’à mon entrejambe.
Je glissai ma main sous sa petite jupe à volants, effleurant sa peau brûlante. Chaque regard que nous échangions était chargé d’amour et de désir contenu.
La séance vidéo terminée, Nathalie se leva rapidement et nous dit :
— Allez les amoureux, un bisou et au lit !
Pressée de pouvoir poursuivre le cours de sa soirée tranquille… Tout le monde monta à l’étage pour gagner nos chambres. Devant la porte de sa chambre, Clara me donna un long baiser, puis me chuchota contre les lèvres :
— Rejoins-moi vite, je t’attends !
— Pas facile avec mon frère
— Ça m’étonnerait qu’il dorme avec toi ! me répondit-elle avec un sourire espiègle.
Nous sommes retournés à nos chambres respectives. Clara avait vu juste : une fois la porte fermée, Louis me dit :
— Bonne nuit, p’tit frère. Moi je ne dors pas là !
Tournant rapidement les talons, j’eus juste le temps d’apercevoir Nathalie qui l’attendait dans l’embrasure de la porte de sa chambre, les yeux brillants…
Je me retrouvai donc seul dans ce grand lit, le cœur battant. Hésitant, je décidai de patienter quelques minutes avant d’aller rejoindre Clara. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit doucement. Clara entra, pieds nus, avec ce petit air mutin que j’aimais tant.
— Tu vois, je te l’avais dit !
— Chut, ils vont t’entendre !
— Ça m’étonnerait.
Elle ouvrit légèrement la porte : on entendait clairement la musique et les gémissements étouffés venant de la chambre de Nathalie.
— Je suis passée par le grenier… Les planches ont craqué sous mes pieds et j’ai avalé de la poussière, mais crois-moi, on est le dernier de leurs soucis.
Elle était magnifique, simplement vêtue d’un long t-shirt qui laissait deviner la pointe de ses seins. Elle le retira lentement, puis fit glisser sa petite culotte langoureusement le long de ses jambes, se retrouvant nue devant moi, offerte, vulnérable et tellement belle. Allongé en caleçon, je la contemplais comme si je la voyais pour la première fois.
— Notre nuit ne fait que commencer, murmura-t-elle.
Nous nous sommes lovés l’un contre l’autre un long moment, peau contre peau, cœurs battant à l’unisson. Puis Clara prit l’initiative. Elle m’embrassa langoureusement, suçota mes tétons, caressa mes bourses et mon périnée. Une érection puissante, presque douloureuse, naquit sous ses doigts. Elle s’en aperçut. Les yeux plongés dans les miens, elle saisit mon sexe et le branla lentement, avec une tendresse infinie.
Elle descendit entre mes jambes. Sa langue chaude et insistante lécha longuement ma rosette jusqu’à ce que je m’ouvre pour elle. Un doigt. Puis deux. Elle me souriait.
— Je veux que tu me fasses la même chose. Prends-moi aussi.
Elle se tourna, me présentant sa croupe parfaite, sa chatte déjà trempée. Je la léchai avec dévotion, du clitoris jusqu’à sa rosette palpitante. Elle se caressa, enfonça ses doigts dans sa chatte, puis les glissa dans son anus en gémissant, le visage enfoui dans les draps.
Quand l’accès fut libre, je la pénétrai d’une seule poussée profonde. La vision de mon sexe disparaissant en elle tandis que ses doigts fouillaient son anus me fit frémir. Elle gémissait sans discontinuer, accompagnant chaque coup de reins. Soudain elle s’arrêta, retira ses doigts. Son anus resta délicieusement ouvert. Elle se retourna.
— Prends-le. Je veux te sentir là… tout au fond.
Je restai un instant surpris par la crudité de ses mots. Mais le désir fut plus fort. Je sortis de sa chatte et présentai mon gland à l’entrée encore ouverte. Elle poussa lentement en arrière jusqu’à m’engloutir entièrement.
— Oh oui… Attends… Comme ça… Je t’aime.
Son anus palpita autour de moi. Après quelques spasmes, la pression redescendit. Elle commença de légers va-et-vient, soufflant au même rythme.
— Vas-y… c’est bon… plus profond, mon amour.
Je repris le contrôle. Mon sexe coulissait en elle avec tendresse et puissance. Sa respiration s’accéléra. Elle passa une main entre ses cuisses, me caressa les bourses, puis se doigta frénétiquement.
— Oh oui… plus vite… plus fort… je vais jouir !
— Tu me sens bien dans ton cul ?
— Oui… Oh mon Dieu, oui !
Je m’enfonçai jusqu’à la garde. Mes bourses claquèrent contre ses doigts. Elle jouit violemment, son anus se contractant autour de moi, une longue giclée lui échappant. Elle mordit les draps pour étouffer son cri.
— Oh oui, salaud, tu m’as fait jouir comme ça...
Son anus battait la chamade. J’étais au bord. J’allais me retirer quand elle murmura :
— Jouis en moi… Je t’en supplie.
Il n’en fallut pas plus. De grands coups de butoir, et je me vidai au plus profond d’elle, longuement, en l’embrassant dans le cou. Elle gicla à nouveau. Épuisée, elle s’allongea sur le ventre, mon sexe toujours planté en elle. Je m’effondrai sur son dos. Peu à peu mon sexe ramollit et sortit tout seul de cette chaleur moite qui m’avait englouti.
Reprenant ses esprits, elle me fit rouler sur le dos et se plaça en 69 au-dessus de moi. Sa rosette encore ouverte et souillée se trouva juste au-dessus de mon visage. Nous avions vu ça dans un des magazines de mon frère et ça l’avait beaucoup excitée.
— Lèche-moi !
Sans un mot, je m’exécutai. Mon sperme commençait déjà à perler. Elle en recueillit une goutte sur ses doigts, la lécha goulûment, puis s’en servit pour enduire ma propre rosette. Un doigt. Puis deux. Puis trois. Jusqu’à ce que sa petite main entière s’enfonce en moi.
Le cri que j’étouffai contre ses fesses se mêla au sien. Elle jouit en me giclant au visage, tout en m’avalant jusqu’à la garde. Je déchargeai violemment dans sa gorge. Elle toussa, le surplus débordant sur mes bourses et sur sa main qu’elle retirait lentement.
Puis elle se retourna et m’embrassa, la bouche encore pleine de ma semence.
Ensuite, elle redevint douce comme un chaton. Elle me fit mettre à quatre pattes et se plaça derrière moi. Elle me lécha tendrement, nettoyant mon cul endolori avec une dévotion infinie, murmurant entre chaque coup de langue :
— Je t’aime… Je t’aime tellement… Tu es tout pour moi.
Repus, épuisés d’amour, nous nous sommes endormis profondément, enlacés comme si nous ne faisions plus qu’un.
Au matin, encore étourdis de cette nuit, nous n’avons pas entendu le bruit des pas dans le couloir. Ce qui nous réveilla, ce fut Nathalie entrant en trombe dans la chambre, suivie de près par mon frère Louis qui marmonnait :
— Tu ne devrais pas….
Sursautant, nus comme des vers, nous sommes restés plantés là.
Nathalie resta figée quelques secondes, la main encore sur la poignée, les joues déjà en feu. Elle regarda Clara, puis moi, puis à nouveau Clara, cherchant ses mots.
— Mais… qu’est-ce que vous… Enfin… Qu’est-ce que tu fais là, Clara ?
Sans se démonter, Clara se leva, ramassa mon caleçon et sa petite culotte, et répondit avec un sourire tranquille :
— La même chose que toi. Tu as préparé le petit déjeuner ?
Mon frère éclata de rire :
— Bien envoyé !
Nathalie se mit à rougir et tourna les talons. En la suivant, mon frère, le sourire aux lèvres, nous adressa un clin d’œil complice avant de refermer la porte.
— Tu crois qu’elle est fâchée ? Elle va en parler à tes parents ?
— Calme-toi. On est majeurs, on s’aime depuis toujours, et franchement, en ce moment, je me fous de ce que pensent mes parents !
Cette nuit avait été comme une révélation : les mots et l’audace dont elle avait fait preuve, la manière dont elle venait de tenir tête à sa grande sœur… Clara n’était plus la jeune fille timide que j’avais connue. Elle était devenue une femme, ma femme. Elle me fixa de ses yeux émeraude brillant d’un amour infini. Son regard en disait long :
— Tu viens prendre une douche ?
— Avec plaisir, mon amour !
Elle sortit de la chambre dans le plus simple appareil et je la suivis. La vue de son petit cul ondulant devant moi réveilla en moi le souvenir de la nuit passée. Je commençais à bander, priant pour ne croiser personne dans le couloir… Arrivés dans la salle de bain, elle entra dans la douche et se retourna, les yeux fixés sur mon sexe tendu. Elle s’exclama :
— Hey, bonjour Mr, enfin réveillé !
Elle ouvrit les robinets et me fit entrer dans la douche en m’attrapant par la queue. Elle s’agenouilla, me prit entièrement dans sa bouche sans les mains, me fixant avec adoration tout en me massant délicatement la rosette avec le gel douche.
— Ça va, tu n’as pas eu trop mal ?
— Un peu… Mais c’était tellement bon.
— Moi j’ai adoré quand tu m’as sodomisée…
Le chaton avait de nouveau laissé la place à Clara la panthère… Elle se releva, se retourna, plaqua ses mains sur la paroi et me tendit le gel.
— Vas-y… Sodomise-moi encore !
Elle y prenait goût. Après avoir fait couler le gel sur ses fesses, elle se doigta l’anus pour le lubrifier pendant que j’en enduisais ma queue.
— Tu es prête ?
— Plus que jamais. Baise-moi le cul !
Je la pris sous l’eau chaude. Le gel aidant, mon sexe glissa facilement dans son anus jusqu’à la garde en une seule poussée. Immédiatement, j’amorçai de longs va-et-vient, ressortant pratiquement entièrement pour m’enfoncer à nouveau en faisant claquer mes bourses sur ses fesses.
— Oh, c’est trop bon ! Plus vite, plus fort, baise-moi !
J’accélérai le rythme, empoignant ses seins et pinçant ses tétons durcis, ses gémissements résonnant dans la salle de bain. Elle jouit rapidement, déchargeant une belle giclée en criant mon nom. Sentant que j’allais la rejoindre, elle se retourna, me faisant déculer pour se mettre à genoux et me finir dans sa bouche, avalant tout avec un sourire d’amour pur.
La douche terminée, nous nous sommes rhabillés et sommes descendus à la cuisine.
Les petits avaient fini de déjeuner et jouaient sur le tapis du salon adjacent. Nathalie s’affairait à débarrasser la table où mon frère était assis.
Je lançai un timide :
— Bonjour.
— Bonjour les amoureux, répondit mon frère, le sourire aux lèvres.
— Bonjour, répondit sèchement Nathalie en déposant deux bols sur la table.
— Bon, on ne va pas tourner autour du pot. Je m’excuse pour ma réaction de ce matin. Clara, tu es ma petite sœur. J’ai juste eu du mal à m’apercevoir que tu étais aussi devenue une jeune femme.
Elle s’approcha de Clara et la prit dans ses bras.
— On va dire que cette nuit, il ne s’est rien passé. Ça restera notre secret. On est d’accord, les garçons ?
Mon frère fit un signe d’approbation en pinçant ses lèvres à deux doigts. J’acquiesçai à mon tour. Puis Nathalie fronça les sourcils et nous jeta un regard noir en s’asseyant sur les genoux de mon frère, lui passant le bras autour du cou.
— En revanche, soyez plus discrets. Si maman ou papa entendent ce qu’on a entendu dans la salle de bain ce matin, ils vont faire une crise cardiaque !
Après quelques secondes de silence qui me semblèrent interminables, ils éclatèrent de rire, ce qui fit retomber la tension.
— Allez, asseyez-vous et déjeunez, vous êtes rouges comme des tomates ! Vilains petits cochons !
Effectivement, Clara avait les joues rouges et la chaleur que je ressentais me laissait penser que j’avais la même tête…
Cet été-là restera à jamais gravé dans mon âme. Nous fîmes l’amour tous les jours, souvent plusieurs fois, avec une tendresse et une passion que seules les âmes qui savent qu’elles vont être séparées peuvent connaître. Nous nous enivrâmes l’un de l’autre jusqu’au jour fatidique où toute la famille prit la direction des États-Unis.
Le 28 septembre 1990, le ciel était d’un bleu presque insolent, comme pour se moquer de nous. La voiture était chargée, les valises alignées dans l’allée comme des sentinelles silencieuses.
Clara et moi nous tenions devant la porte, les mains soudées l’une à l’autre si fort que nos jointures blanchissaient. Nous ne parlions plus. Les mots étaient devenus inutiles. Ses yeux émeraude étaient noyés de larmes qu’elle refusait de laisser couler, et les miens brûlaient. Je sentais en moi une rage sourde, un appétit de tout détruire face à cette injustice monstrueuse.
Depuis des semaines, j’écoutais en boucle Appetite for Destruction de Guns N’ Roses. Chaque riff me transperçait comme un cri de révolte. Nous avions cet appétit-là, nous aussi : une faim dévorante de tout casser, de hurler contre l’océan, contre le temps, contre cette vie qui nous volait notre histoire. J’aurais voulu mettre le feu à l’avion, à l’aéroport, à l’Atlantique entier pour que rien ne puisse nous éloigner.
Nathalie se tenait un peu en retrait, les bras croisés, les yeux rougis. Elle qui avait toujours été la grande sœur forte, celle qui organisait tout, celle qui riait de nos secrets, pleurait maintenant en silence, mordant sa lèvre pour ne pas craquer. Elle voyait notre désespoir, ce désespoir de jeunes adultes qui savaient que le monde des grands venait de leur voler leur première grande histoire.
La mère de Clara sortit la dernière. Elle essayait de garder son masque de femme posée, mais sa voix tremblait quand elle nous appela doucement. Ses regards glissaient sans cesse vers nos mains jointes, et je vis une larme qu’elle essuya rapidement du revers de la main.
— Allez, les enfants… il faut y aller, murmura-t-elle, la gorge nouée.
Nous ne bougions pas. Nos mains restaient soudées, comme si elles étaient devenues une seule et même chair. Clara serra plus fort, ses ongles s’enfonçant dans ma paume. Je sentis son corps trembler contre le mien.
— Je ne peux pas, Paolo… je ne peux pas te laisser, souffla-t-elle dans un sanglot étouffé.
Je l’attirai contre moi, enfouissant mon visage dans ses cheveux qui sentaient encore l’été, la piscine, nos nuits. Le temps s’était arrêté. L’air était lourd de cette canicule qui refusait de partir, comme nous.
Nathalie s’approcha, posa une main sur l’épaule de sa sœur, puis sur la mienne. Sa voix était brisée :
— Je sais… je sais ce que c’est. Mais il faut…
Elle ne termina pas. Une larme roula sur sa joue. Elle l’essuya d’un geste rageur. La mère de Clara, elle, ne cachait plus rien. Elle s’avança et nous enveloppa tous les deux dans ses bras un bref instant. Je sentis son corps secoué d’un sanglot silencieux.
— Prenez soin de vous, mes enfants… vraiment.
Sa voix se fissura complètement.
Ce furent les petits, inconscients, qui coururent vers la voiture en criant et brisèrent le sortilège. Clara et moi nous séparâmes millimètre par millimètre, nos doigts glissant les uns sur les autres jusqu’à la dernière seconde, comme si chaque centimètre était une mort. Elle monta dans la voiture la dernière, son regard rivé au mien à travers la vitre jusqu’à ce que le véhicule disparaisse au coin de la rue.
Clara était partie.
Mais au fond de moi, je savais que cet amour, même traversé par l’océan, ne pourrait jamais être détruit. Il avait l’appétit de tout, comme cet album qui hurlait ma rage. Nous avions eu faim de nous jusqu’à la dernière seconde. Et quelque part, je croyais encore que cette faim nous réunirait.
À suivre…
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