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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

La proie du chasseur — Chapitre 7

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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La proie du chasseur

Chapitre 7

Chapitre 7
Le trajet entre le chalet de Robin et mon cabinet vétérinaire s'effectue dans une clarté presque irréelle. Le soleil du matin fait scintiller le givre sur les épicéas, et chaque virage de la route de montagne semble m'offrir un nouveau panorama sur cette vie que je commence enfin à embrasser. L'odeur de Robin — ce mélange de pin, de café frais et de peau chauffée par le sommeil — imprègne encore les fibres de mon pull. Mes lèvres sont encore sensibles de ses baisers, et je conduis mon Defender avec une souplesse inhabituelle, un sourire flottant sur mon visage.
Dès que je gare le véhicule devant la clinique, je me sens d'une efficacité redoutable. J'allume les lumières, et le ronronnement familier de la salle de soins m'accueille. Lucie arrive quelques minutes plus tard, son écharpe de laine autour du cou.
— Bonjour Lucie ! Tu as l'air en forme ce matin, lancé-je avec un entrain qui la fait sourciller.
— Bonjour Jonas. On peut dire que c'est toi qui rayonnes. L'air de la montagne te réussit mieux que prévu, on dirait.
Elle esquisse un sourire entendu, mais je ne relève pas, trop occupé à consulter mon planning. La matinée s'enchaîne avec une fluidité parfaite : deux rappels de vaccins pour des chiens de chasse, une consultation pour un veau qui refuse de téter, et quelques coups de fil administratifs. Mon esprit, pourtant, ne cesse de dériver vers les mains de Robin, vers la sensation de son érection contre moi au réveil, et vers la promesse de ce soir.
Vers midi, alors que je termine de rédiger une ordonnance, le bruit d'un moteur puissant s'immobilise sur le gravier. Je reconnais instantanément le son du pick-up de service. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Robin entre dans le cabinet, sa casquette à la main, son uniforme impeccable soulignant la carrure de ses épaules.
— Bonjour, dit-il d'une voix qui cherche à rester neutre pour Lucie, mais ses yeux verts pétillent d'une lueur que je suis le seul à savoir lire.
— Je passais dans le secteur pour une vérification de bornage. Je me demandais si le vétérinaire était disponible pour aller manger un morceau. Je connais un petit snack en ville qui ne paie pas de mine mais qui est excellent.
Je sens mes joues chauffer légèrement sous le regard de Lucie. Je tente de paraître professionnel.
— Lucie, à quelle heure est mon prochain rendez-vous ? Ou est-ce que j'ai un déplacement prévu en début d'après-midi ?
Elle consulte l'ordinateur, un petit sourire en coin qu'elle tente de masquer.
— Tu as une tournée pour les prophylaxies à la ferme des Combes, mais pas avant quatorze heures trente, Jonas. Tu as largement le temps.
— Très bien. Monsieur Blois, j'accepte votre invitation, dis-je en essayant de garder un ton formel.
— Parfait. On y va avec mon pick-up ? Ce sera plus simple pour se garer sur la place, propose-t-il.
— Je vous suis, répondis-je simplement.
Nous sortons ensemble et je grimpe sur le siège passager du véhicule de l'Office. L'intérieur sent le cuir, le tabac froid et cette odeur boisée qui appartient à Robin. Dès que les portières sont claquées et que nous sommes isolés de l'extérieur, l'atmosphère change instantanément.
— Ça va, Jonas ? demande-t-il doucement en démarrant.
— Très bien, Robin. Mieux que je ne l'aurais cru, avoué-je en le regardant.
Dans la rue principale, l'air est vif. Robin gare le pick-up juste devant le "Petit Snack du Coin", un endroit sans prétention où les habitués se pressent. L'endroit est bondé. Des ouvriers communaux, quelques retraités et des commerçants sont installés autour des tables en Formica.
Nous nous asseyons l'un en face de l'autre dans un box étroit. Robin est imposant dans son uniforme, attirant quelques regards curieux. La proximité est enivrante. Alors que nous attendons nos commandes, il pose son bras sur la table. Ses doigts, bronzés et puissants, s'approchent des miens. Dans un geste qui semble anodin pour quiconque regarderait de loin, il effleure le dos de ma main du bout de son index. C'est un contact fugace, presque électrique. À la table d'à côté, le patron de la scierie et son adjoint s'interrompent un instant, leurs regards dérivant vers nous avant de retourner à leur assiette. Ils ne disent rien, mais je sens leur curiosité silencieuse.
— Vous avez passé une bonne matinée, Docteur ? murmure Robin, sa voix baissée d'un ton, jouant le jeu de la politesse formelle tout en me dévorant des yeux.
— Excellente. Et vous, Monsieur Blois ? Pas trop de paperasse avec l'affaire de ce lynx ?
— Un peu. Mais je n'avais que ton visage en tête, alors c'est passé plus vite, confesse-t-il à mi-voix.
Nous mangeons rapidement, échangeant des anecdotes sur nos métiers respectifs. Une fois le repas terminé, Robin me raccompagne jusqu'au parking du cabinet avec le pick-up. Il immobilise le véhicule et jette un coup d'œil circulaire, vérifiant que personne ne nous observe à travers les vitres du cabinet ou depuis la rue.
D'un mouvement rapide, il se penche vers moi et m'embrasse. C'est un baiser bref mais chargé de toute la frustration du lieu public, un baiser qui goûte le café et le désir contenu.
— À ce soir, Jonas, dit-il en se reculant, ses mains agrippant à nouveau le volant.
— À ce soir, Robin, répondis-je avant de sortir.
Je regarde le pick-up de Robin s'éloigner avant de rentrer me préparer pour ma tournée. L'après-midi se passe dans les fermes. Je parcours les plateaux, de l'étable des Combes à celle de la famille Morel. Je soigne les bêtes, j'injecte les sérums, je vérifie les dentitions, mais mon esprit est ailleurs. Chaque geste technique est accompagné d'une pensée pour lui. En palpant le flanc d'une génisse, je repense à la fermeté du torse de Robin. En écoutant le cœur d'un mouton, je compare son rythme à celui, puissant, que j'ai senti contre mon dos cette nuit. Je réalise avec une certaine terreur, mais aussi une immense joie, que je suis en train de tomber éperdument amoureux de cet homme.
Vers dix-sept heures trente, je termine ma dernière ferme. Au lieu de rentrer directement au cabinet, je m'arrête dans une petite boutique d'artisanat local que j'avais repérée quelques semaines plus tôt. Je veux offrir quelque chose à Robin. Quelque chose de personnel.
Je fouille parmi les objets en bois sculpté et les céramiques, puis mon regard s'arrête sur une pièce unique. C'est un petit couteau de poche, un couteau de berger, dont le manche a été façonné dans un morceau de bois de cerf trouvé en forêt. La lame est en acier forgé, mate et robuste. Mais ce qui me décide, c'est le travail sur le manche : l'artisan a gravé très finement, presque imperceptiblement, une silhouette de lynx à l'affût. C'est un clin d'œil à notre rencontre, à notre combat commun de la veille, et à la nature que Robin protège. Je le fais emballer dans un papier kraft sobre, mon cœur battant d'impatience.
Je retourne au cabinet, je range mes instruments, je salue Lucie qui s'apprête à partir, et je charge mon sac dans le Defender. Je vérifie que j'ai bien pris mes affaires — mon pull préféré, mon livre du moment, et ce petit cadeau soigneusement caché pour Robin.
Alors que je roule vers son chalet, le soleil décline, embrasant les cimes de teintes orangées et violettes. Je ne rentre pas chez moi. Je vais là où je me sens, pour la première fois, véritablement attendu. Je sais que ce soir ne sera pas comme les autres. Nous avons franchi une étape aujourd'hui, dans ce snack, sous les regards des autres, et dans ce baiser volé dans le pick-up.
Le crépitement du feu m'accueille dès que je franchis le seuil du chalet, une mélodie chaleureuse et familière qui contraste avec le sifflement du vent d'altitude qui commence à se lever à l'extérieur, faisant gémir les charpentes de bois. L'odeur du bois de hêtre qui se consume se mélange à celle, plus discrète et réconfortante, d'une soupe de légumes frais qui mijote doucement dans la cuisine, diffusant une atmosphère de foyer protecteur que je n'aurais jamais cru trouver ici. Robin est là, debout devant l'âtre. Il a déjà quitté son uniforme de service pour enfiler un pantalon en toile sombre et un pull en maille épaisse, de couleur bleu nuit, qui rend sa carrure plus imposante encore. Ses épaules larges captent la lueur mouvante des flammes, dessinant une silhouette de force et de sérénité. En me voyant entrer, son visage s'éclaire d'un sourire si franc et si lumineux qu'il balaie instantanément toute la fatigue accumulée durant ma longue journée de tournée dans les fermes isolées.
— Tu es enfin là, dit-il simplement, sa voix grave et boisée vibrant dans le silence du salon.
— Je suis là, répondis-je en posant mon sac de voyage et mon manteau sur le banc de l'entrée avec un soulagement immense.
Je sens mon cœur s'emballer, une pulsion d'adrénaline mêlée d'une tendresse que je peine encore à nommer, alors que j'avance vers lui sur le plancher qui craque doucement. Je tiens le petit paquet en papier kraft nerveusement entre mes doigts, sentant la forme rigide et froide de l'objet à l'intérieur. Robin s'approche de moi, réduit l'espace entre nous avec cette démarche assurée et souple qui lui appartient, et pose ses deux mains sur mes hanches pour m'attirer fermement contre lui.
Il ne se contente pas d'un geste d'accueil poli. Il saisit mon visage entre ses paumes larges et chaudes, plonge ses yeux verts dans les miens pendant une seconde qui semble suspendre le cours du temps, puis il m'embrasse. C'est un vrai baiser, profond, charnel et affamé, directement sur la bouche. Nos lèvres se scellent avec une urgence qui témoigne de toute l'attente accumulée depuis notre séparation le matin même. Rapidement, sa langue vient chercher la mienne, l'effleurant d'abord avec une douceur exploratrice avant de s'inviter plus hardiment dans ma bouche. Je réponds avec la même ferveur, mes mains remontant instinctivement dans sa nuque, mes doigts se perdant dans ses cheveux courts, pour le garder contre moi. Je savoure le goût de son souffle, la chaleur de sa peau et la force de son étreinte qui me soulève presque.
Ce contact physique fait refluer tout le reste du monde : les vaches malades, les seringues froides, les regards inquisiteurs du snack. À cet instant précis, il n'y a plus que lui.
Quand nous nous séparons enfin pour reprendre notre souffle, nos fronts restent collés l'un contre l'autre, nos respirations s'entremêlant dans l'air chaud de la pièce.
— J'ai cru que l'après-midi ne finirait jamais, avoue-t-il à voix basse, son souffle court venant caresser mes lèvres encore humides de lui.
— Moi aussi. J'ai passé mon temps à regarder l'heure sur mon téléphone entre deux prises de sang. Mais... je me suis arrêté en chemin. J'ai quelque chose pour toi, Robin.
Je lui tends le petit paquet. Ses sourcils se haussent, surpris, et il prend l'objet avec une précaution touchante, presque religieuse. Il déchire le papier kraft avec une lenteur calculée, révélant le couteau de berger au manche en bois de cerf. Dans la lueur mouvante des flammes de la cheminée, la silhouette du lynx gravée finement dans la matière semble vibrer. Robin reste muet un long moment, faisant rouler l'objet entre ses doigts calleux, testant du pouce le tranchant de la lame d'acier forgé.
— Jonas... il est magnifique. C'est le plus beau cadeau qu'on m'ait fait depuis bien longtemps, souffle-t-il avec une émotion sincère qui fait briller ses yeux.
— C'est pour hier. Pour le lynx. Pour marquer ce qui s'est passé, ajoutai-je, le cœur battant à tout rompre.
Alors que je m'apprête à l'embrasser de nouveau, porté par cet élan de partage, Robin s'arrête brusquement. Son expression devient soudainement très sérieuse, presque solennelle, comme s'il se rappelait un devoir ancien. Il fouille dans la poche de son pantalon et en sort une petite pièce de monnaie de deux euros qu'il me tend fermement, le regard fixe.
— Tiens. Prends-la, Jonas. C'est impératif, fais-moi confiance.
Je fronce les sourcils, totalement dérouté par ce changement de ton si soudain. Je regarde la pièce qui luit dans sa main, puis son visage, ne comprenant pas ce geste.
— Pourquoi tu me donnes de l'argent ? Je ne comprends pas, Robin. C'est un cadeau de ma part, je ne veux pas que tu me paies, ça n'a aucun sens.
Il esquisse un petit sourire patient, ce sourire de l'homme qui connaît les secrets et les coutumes de la terre, et il referme de force mes doigts sur la pièce de métal.
— C'est la tradition, Jonas. C'est une vieille superstition de montagnard que mon grand-père m'a apprise. On dit qu'offrir un objet tranchant, comme un couteau, risque de couper net l'amitié ou l'amour entre celui qui donne et celui qui reçoit. Le métal est une lame, par définition, elle est faite pour séparer les choses.
Il marque une pause, fixant la gravure du lynx avec un immense respect.
— En me donnant cette pièce en échange, tu ne m'offres plus le couteau, tu me le "vends" symboliquement pour une somme dérisoire. Comme ça, le lien entre nous reste intact. La lame ne peut rien couper, rien trancher de ce que nous vivons. C'est une manière de protéger notre histoire, de mettre le sort de notre côté.
Je sens une bouffée de tendresse immense m'envahir face à cette attention. Cette part de lui, si solidement ancrée dans les rites anciens de la montagne, me fascine. Je glisse la pièce dans la poche de mon jean comme un véritable talisman.
— Alors, si la tradition le dit, le lien est protégé, dis-je dans un souffle chargé d'émotion.
— Totalement protégé, confirme-t-il avant de poser avec soin le couteau sur le manteau de bois de la cheminée.
Il se retourne vers moi et me reprend dans ses bras pour un nouveau baiser, encore plus long et plus tendre. Nous finissons par nous installer sur le grand canapé en cuir, enveloppés par la chaleur du foyer. Mais malgré la douceur, je sens que je dois aborder le sujet qui me préoccupe depuis notre déjeuner.
— Robin... on doit faire attention. Ce qui s'est passé au snack ce midi... on a été vus. Je n'ai pas honte de ce que je ressens pour toi, loin de là. Mais ici, dans ces villages, les ragots sont un poison qui se propage vite. Ils déforment tout.
Robin soupire et passe son bras autour de mes épaules, sa main caressant mes cheveux.
— Je sais, Jonas. Je connais le poids des silences ici. Ce n'est pas une question de honte, c'est une question de survie. Les gens n'ont pas besoin de grand-chose pour transformer notre relation en scandale pour nous nuire. On doit être prudents en public, rester discrets. Pas pour se nier, mais pour protéger ce que nous avons ici. C'est notre refuge. On garde les gestes tendres pour quand nous sommes seuls, entre ces murs. Laisse-les parler s'ils veulent, tant qu'ils n'ont pas de prise sur nous.
Je hoche la tête, comprenant la nécessité de cette protection. Nous passons le reste de la soirée à discuter, à nous confier des fragments de nos vies passées, renforçant cette intimité qui grandit à chaque heure.
Vers vingt-trois heures, la fatigue nous gagne enfin. Nous montons à l'étage dans un silence complice. Dans la pénombre de la chambre, le rituel de la nudité se fait avec une aisance nouvelle. Je retire mon jean et mon pull, restant simplement en boxer. Robin fait de même, révélant son corps athlétique et puissant sous la faible lumière de la lampe de chevet.
Nous nous glissons sous la couette épaisse. Immédiatement, nos corps se cherchent. Robin se colle contre moi, sa peau brûlante contre la mienne. Je sens son érection, dure et impérieuse, se presser fermement contre mes fesses à travers le tissu de nos sous-vêtements. C'est une présence qui me fait frissonner de la tête aux pieds. Ses mains commencent leur exploration, parcourant mon dos, mes hanches, mes cuisses avec une lenteur délicieuse. Je gémis doucement, me tournant pour faire face à lui.
Nos sexes se frôlent, une électricité folle circulant entre nous. Nous nous embrassons avec une ferveur sauvage, nos langues se mêlant longuement. Robin descend ses baisers le long de mon cou, marquant ma peau, avant de descendre vers mon torse. Sa main glisse sous l'élastique de mon boxer, ses doigts rencontrant enfin la peau nue de mes fesses qu'il commence à pétrir avec une passion contenue.
À mon tour, je parcours son corps. Mes mains glissent sur ses épaules, descendent sur ses pectoraux, et je le caresse avec une audace nouvelle. Ma main descend alors lentement, longeant son abdomen contracté, pour venir se poser sur son entre-jambe. Je sens son érection, massive et palpitante, par-dessus le tissu fin de son boxer. Je commence à le caresser d'un mouvement lent, sentant la chaleur qui se dégage de lui.
Robin s'arrête brusquement dans ses baisers. Il redresse un peu la tête pour me regarder au fond des yeux, le souffle court, les pupilles dilatées par le plaisir et la surprise.
— Jonas... que fais-tu ? murmure-t-il d'une voix étranglée par l'émotion.
Je soutiens son regard, ma main continuant son mouvement lent et régulier sur lui.
— J'ai envie de toi, Robin. Vraiment envie de toi, répondis-je d'une voix ferme malgré mon propre désir qui m'embrase.
Il ne répond rien, mais il plaque à nouveau ses lèvres sur les miennes, son étreinte se faisant plus pressante, comme si ma déclaration venait de briser la dernière barrière entre nous.
Le silence du chalet semble soudain vibrer d'une fréquence nouvelle, une tension électrique qui s'est accumulée goutte à goutte depuis notre rencontre dans la neige et qui arrive enfin à son point de rupture. Robin reste immobile un instant, le souffle court, ses yeux verts sondant les miens avec une intensité presque douloureuse. Ma main est toujours sur lui, sentant chaque battement de son sang, chaque tressaillement de son muscle tendu sous le coton de son sous-vêtement.
— Tu es sûr, Jonas ? murmure-t-il, sa voix n'étant plus qu'un grondement sourd, chargé d'une promesse et d'une crainte mêlées. Je ne veux pas que tu regrettes… je ne veux pas aller trop vite pour toi.
Je ne cille pas. Je raffermis ma prise sur lui, sentant la chaleur irradier à travers mes doigts.
— Je n'ai jamais été aussi sûr de rien, Robin, répondis-je d'une voix qui ne tremble pas. J'ai envie de toi. Maintenant.
Un éclair de désir pur traverse son regard. Sans me quitter des yeux, il s'assoit au bord du lit et, avec une lenteur infinie, presque solennelle, il passe ses mains sous l'élastique de mon boxer. Ses doigts frôlent mes hanches, déclenchant des vagues de frissons, avant qu'il ne retire tendrement le tissu, me laissant totalement nu sous ses yeux admiratifs. Puis, d'un geste assuré, il se débarrasse de son propre sous-vêtement.
L'impact de sa nudité est brutal. Il est magnifique, une force de la nature sculptée par le plein air et l'effort. Nous nous rejoignons au centre du lit, nous enlaçant avec une fougue que nous ne cherchons plus à contenir. Nos peaux se rencontrent enfin sans aucune barrière, un contact de feu qui me fait gémir contre sa bouche. Nous nous embrassons avec une ferveur sauvage, nos langues se mêlant, se cherchant, s'affrontant dans une danse de possession. Dans nos mouvements, nos sexes se touchent, se frottent l'un contre l'autre, créant une friction si délicieuse que je sens mes jambes vaciller.
Porté par une impulsion nouvelle, je me redresse et bascule au-dessus de lui. Robin se laisse faire, ses mains agrippant mes cuisses pour me guider. Je commence à descendre le long de son corps, couvrant son cou de baisers brûlants, sentant son pouls s'affoler sous mes lèvres. Je descends sur son torse massif, traçant la ligne de ses pectoraux avec ma langue, avant de m'attarder sur ses tétons. Je les mordille doucement, puis plus fermement, ce qui fait cambrer le dos de Robin dans un gémissement rauque qui emplit la chambre.
— Jonas… mon Dieu…
Je continue ma progression, parsemant son abdomen de baisers légers, descendant inexorablement vers la base de son sexe. Je m'arrête un instant pour admirer sa puissance, puis je commence à donner de petits coups de langue experts sur le gland. Je relève les yeux vers lui. Robin a la tête renversée, la bouche ouverte, son regard plongé dans le mien avec une expression de soumission et d'adoration mêlées. Quand je prends enfin sa queue en bouche, je sens un tressaillement parcourir tout son corps. Robin repose sa tête en arrière sur l'oreiller, ses doigts se crispant dans les draps.
Je le suce longuement, savourant sa réaction à chaque mouvement. Je commence doucement, explorant chaque relief, chaque veine, puis j'accélère la cadence. Le son de sa respiration heurtée et ses gémissements sourds m'excitent au-delà de toute mesure. Robin n'en peut plus. Dans un sursaut de virilité, il se redresse, me saisit par les épaules et me bascule sur le dos avec une force maîtrisée.
Il ne perd pas une seconde. Il prend ma queue en bouche à son tour, me faisant hurler de plaisir, avant de descendre plus bas. Il attrape mes jambes, les replie contre mon torse et relève mes fesses. Je sens son souffle chaud, puis sa langue qui vient explorer mon petit trou avec une précision chirurgicale. Il me lèche, m'ouvre, insérant ses doigts pour me préparer, pour s'assurer que je ne souffrirai pas. La sensation est si intense, si intime, que je perds toute notion de réalité.
— Robin… je t'en prie… j'ai envie de toi dedans… dis-je dans un râle.
Il se redresse immédiatement, ses yeux sombres de désir. Il vient m'embrasser fougueusement, une main plaquée contre mon visage, tandis que son sexe se place tout seul, naturellement, contre mon ouverture. Il appuie doucement pour rentrer le gland. La sensation de plénitude est immédiate. Je gémis contre sa bouche, mes ongles s'enfonçant dans ses épaules.
— C'est ça que tu voulais, Jonas ? murmure-t-il contre mes lèvres, sa voix vibrant de plaisir.
— Oui… oh oui… fis-je, la bouche ouverte, cherchant l'air.
Robin pousse un peu plus, sa queue rentrant tout doucement, millimètre par millimètre, me remplissant totalement. Il reste immobile un instant pour me laisser m'habituer à lui, puis il commence ses premiers allers-retours, lents et profonds. Une fois que je me suis fait à sa taille, il commence à aller plus vite. Je relève mes jambes, les passant autour de sa taille pour l'ancrer en moi, m'agrippant à son dos alors qu'il accélère. Le rythme devient frénétique. Le bruit de ses couilles qui claquent contre mes fesses rythme nos gémissements.
Soudain, il se retire brusquement, me laissant dans un vide insupportable.
— Viens là, me dit-il en s'asseyant sur le lit. Viens t'asseoir sur moi.
Je comprends immédiatement. Je passe mes jambes par-dessus lui, je prends son sexe entre mes doigts et je le guide contre mon cul avant de me laisser descendre lentement. Je sens chaque fibre de lui me pénétrer à nouveau. Je commence à bouger sur lui, dictant mon propre rythme, relevant mes jambes tout en gardant sa queue en moi. La tension monte, insoutenable. Robin se met à donner de grands coups de reins ascendants, me soulevant presque, tandis qu'il me branle en même temps.
Je sens la vague arriver, irrésistible. Mes muscles se contractent, mon dos se cambre et j'éjacule très fort, des jets puissants qui viennent s'écraser sur son torse, sur son visage et jusque sur la tête de lit en bois. Ce spectacle déclenche la jouissance de Robin. Il me prend dans une étreinte de fer et jouit avec une intensité phénoménale, bien au fond de moi. Je sens son sperme chaud et abondant me remplir, une sensation de possession totale qui me submerge.
Je m'écroule sur lui, le souffle coupé, ma tête nichée dans son cou, sa queue toujours en moi. Le silence revient, seulement troublé par nos cœurs qui battent à l'unisson.
— C'était incroyable, Jonas… murmure-t-il après un long moment, ses mains caressant mon dos avec une tendresse infinie. Tu es magnifique… tout en toi est parfait.
Il me couvre de compliments, sa voix douce contrastant avec la violence de l'acte que nous venons de partager. Nous nous embrassons encore, des baisers doux, reconnaissants. Je caresse son torse, nettoyant distraitement les traces de notre union, tandis qu'il me regarde avec une expression que je n'ai jamais vue chez personne.
Il me prend dans ses bras, me serrant contre son cœur, et me regarde fixement dans les yeux. Sa main remonte vers mon visage, son pouce caressant ma lèvre inférieure.
— Tu es si beau, Jonas. J'ai envie de passer toutes mes nuits avec toi… mais pas que mes nuits. Je veux tout.
C'est la première fois de ma vie que je me sens aussi bien, aussi à ma place. Je pose ma tête sur son torse, écoutant son cœur ralentir. Il pose la sienne contre la mienne, et dans la chaleur de la couette, protégés du reste du monde par les murs épais du chalet, nous finissons par nous endormir dans les bras l'un de l'autre, unis par bien plus que du plaisir.
Fin du chapitre 7.
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