Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'appel des Abysses — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'appel des Abysses
Chapitre 5
Chapitre 5
Les trois jours qui suivent le départ de Mako passent dans une attente tendue, presque palpable, un silence qui s'installe doucement dans mon esprit comme une brume qui monte lentement de la mer au petit matin. Chaque matin, je me lève avec le même poids sur la poitrine, le corps encore marqué par les sensations de la plage – la chaleur de ses lèvres contre les miennes, la douceur de ses gémissements qui résonnent encore dans mes oreilles, le contact de sa peau contre la mienne sous le soleil couchant, la façon dont il s'est cambré sous moi, ses yeux verts brillant dans la lumière orangée du crépuscule. Mais Mako n'est plus là.
Je pars en mer comme d'habitude avec l'équipage. Je prends ma place à la proue, les mains crispées sur la rambarde rouillée, et je regarde au large, scrutant l'eau avec une attention maladive. Les vagues se brisent contre la coque, les éclaboussures salées me piquent les lèvres, les filets sont hissés, les caisses remplies, Marco grogne des ordres, Luis lance ses blagues habituelles, Tom m'observe de loin avec ce regard curieux qui ne me lâche plus depuis quelque temps. Mais moi, je ne vois qu'une chose : l'eau. Je cherche son reflet, son ombre fluide, un éclat vert-bleu qui danserait juste sous la surface. À chaque fois que le bateau tangue, à chaque fois qu'un rayon de soleil perce les nuages et frappe la mer, je retiens mon souffle, espérant qu'il soit là, qu'il me suive discrètement comme il l'avait fait une fois. Rien. Pas un signe. Le bateau avance, les heures passent, et je reste à fixer l'horizon, le cœur battant un peu trop fort, les doigts crispés sur le métal froid.
Le soir venu, je rentre au port, je range mes affaires, je salue l'équipage d'un signe de tête distrait, et je pars directement vers la crique. Le sac est toujours prêt sur l'épaule : le pantalon kaki plié avec soin, la chemise grise ample, les chaussures usées, la serviette épaisse. Le chemin est le même – falaises abruptes, sable fin, odeur de sel et d'algues. Je m'assois sur le rocher sentinel, les jambes pendantes au-dessus de l'eau, et j'attends tard le soir, jusqu'à ce que la lune se lève et que le froid morde mes doigts. Le premier soir, je reste jusqu'à minuit. Le deuxième, encore plus tard. Le troisième, jusqu'à ce que mes yeux brûlent de fatigue. Mais Mako n'est pas là.
Chaque nuit, quand je rentre enfin, épuisé, je m'effondre dans mon lit, et le sommeil me surprend comme une vague soudaine. Mais chaque soir, je fais des rêves toujours sous la mer, des rêves où je vis dans les profondeurs, entouré de tritons et de sirènes qui me regardent en baissant la tête et les yeux. Ces rêves me perturbent profondément au petit matin à chaque fois : je me réveille en sueur, le cœur battant, le corps encore vibrant de sensations étranges, et surtout, je ressens encore le Souffle que Mako m'a insufflé lorsqu'il m'a emmené dans les profondeurs – cette chaleur douce et profonde qui pulse au centre de ma poitrine, comme un courant vivant qui ne s'éteint pas, qui me rappelle qu'il est là, quelque part, et que je porte une partie de lui en moi. Ce Souffle me réconforte et me perturbe à la fois : il me fait sentir vivant, connecté, mais il me rend aussi nerveux, impatient, comme si mon corps réclamait l'eau, les abysses, lui.
Et pendant ces trois jours, une question tourne sans cesse dans ma tête, obsédante, lancinante : pourquoi Mako a-t-il voulu prendre ce fichu diadème ? Ce bijou en corail rouge, avec ses branches entrelacées comme des vagues figées, qui semblait pulser sous ses doigts quand il l'a tenu. Pourquoi ce regard attentif, cette révérence presque religieuse dans ses yeux ? D'où vient ce lien ? Est-ce un objet sacré pour son peuple ? Un symbole ? Une relique volée ou perdue ? Chaque fois que je ferme les yeux, je revois ses doigts caresser le corail, la façon dont il l'a examiné comme s'il retrouvait un souvenir enfoui. Et cette question me ronge : qu'est-ce que cela veut dire ? Pourquoi ma mère avait-elle cet objet ? Était-ce un cadeau ? Une trouvaille ? Un héritage ? Et pourquoi Mako, un triton des abysses, le reconnaissait-il ? Ces interrogations tournent en boucle, m'empêchent de me concentrer sur le travail, sur les filets, sur les conversations avec l'équipage.
Je sens que ce diadème cache quelque chose de plus grand, un secret qui relie ma mère, Mako, et peut-être même moi, d'une façon que je ne comprends pas encore.
Un jour, après une journée de pêche particulièrement épuisante – les filets lourds, le vent froid, les regards de Tom qui me suivent toujours avec cette curiosité insistante – je rentre chez moi, les épaules lourdes, l'esprit encore tourné vers la crique vide. Le soleil est bas, le port presque désert, et je marche les yeux rivés au sol, perdu dans mes pensées. Soudain, je percute quelqu'un de plein fouet. Un vieillard imposant, à la barbe blanche et aux cheveux longs et blancs qui flottent autour de son visage comme une auréole. Il vacille, et je tends les mains pour le retenir, l'aidant à se relever.
— Pardon ! Je ne vous ai pas vu… ça va ?
Le vieillard se redresse, grand, large d'épaules malgré son âge, ses yeux clairs et perçants me fixant avec une intensité qui me met mal à l'aise. Sa voix est grave, rauque, comme usée par le sel et les années.
— Ce n'est rien, jeune homme. Juste un choc.
Je remarque qu'il tremble légèrement, peut-être à cause du froid ou de l'âge.
— Venez chez moi, c'est juste à côté. Je vous offre quelque chose de chaud. Du thé, du café… ou du rhum, si vous préférez.
Il hésite, puis hoche la tête.
— Volontiers.
Nous entrons chez moi, je ferme la porte, allume la lampe du salon. Il s'assoit sur le canapé, et je vais préparer du thé, revenant avec deux tasses fumantes. Nous discutons un peu, de la météo, de la pêche, de la vie au village. Je me présente.
— Je m'appelle Ayden.
Il incline la tête.
— Eurypyle.
Le nom me frappe comme étrange, ancien, presque mythique, mais je ne m'en inquiète pas davantage.
Il s'intéresse à moi, me demande depuis quand je vis ici. Et sans comprendre pourquoi, je lui raconte tout – ma vie, mes parents décédés quand j'étais jeune, ma mère surtout, dont je garde peu de souvenirs, mon père parti en mer et jamais revenu. Eurypyle écoute, attentif, et me demande si j'ai des photos d'eux. Je sors un vieil album, lui montre. Quand il voit la photo de ma mère – jeune, souriante, cheveux longs, yeux verts – son visage change. Il devient étrange, pâle, les mains tremblantes sur le cadre.
— Ta mère… où est-elle née ? Tu as des souvenirs d'elle ? De ce qu'elle te racontait quand tu étais petit ?
Je fronce les sourcils.
— Je ne me souviens pas de grand-chose. Juste… un conte qu'elle me racontait tous les soirs.
Eurypyle se penche en avant, les yeux brillants.
— Quel conte ?
Je réfléchis, ferme les yeux, plonge dans ma mémoire. Les images reviennent, floues au début, puis plus nettes : ma mère assise au bord de mon lit, sa voix douce, les mots qui sortent lentement.
— Ferme les yeux et écoute... Ce n'est pas seulement de l'eau qui coule autour de toi, c'est un secret qui respire en toi.
Tout au fond de ta poitrine, bien caché sous ton cœur, vit un Souffle de Sel. C'est un petit courant magique qui ne s'arrête jamais de danser. Il est ta boussole de nacre.
Si un jour tu te sens perdu, si le monde devient flou et que tu oublies que tu es l'enfant des vagues, ne cherche pas de réponse à la surface. Pose simplement ta main sur ton cœur et respire le silence du bleu. Tu sentiras alors ce petit Souffle remuer doucement.
Il te murmurera : « Je suis là. Le sel est ta force, et l'eau est ton sang. Tu es l'Océan qui respire. » Ce souffle se souviendra de ton nom véritable, même si tout le reste s'efface. Il est ton secret éternel, ton lien avec le grand mystère.
Dors maintenant... laisse ton Souffle te ramener à la maison.
Si un jour tu te sens perdu, si le monde devient flou et que tu oublies que tu es l'enfant des vagues, ne cherche pas de réponse à la surface. Pose simplement ta main sur ton cœur et respire le silence du bleu. Tu sentiras alors ce petit Souffle remuer doucement.
Il te murmurera : « Je suis là. Le sel est ta force, et l'eau est ton sang. Tu es l'Océan qui respire. » Ce souffle se souviendra de ton nom véritable, même si tout le reste s'efface. Il est ton secret éternel, ton lien avec le grand mystère.
Dors maintenant... laisse ton Souffle te ramener à la maison.
Je rouvre les yeux, et Eurypyle me regarde avec un mélange de surprise et d'émotion. Il se lève brusquement.
— Il faut que je parte.
Je tente de le retenir.
— Attendez… pourquoi cette tête ? Vous connaissez cette histoire ? Vous connaissez ma mère ?
Il hésite, puis secoue la tête.
— Je reviendrai.
Il sort, la porte se refermant derrière lui, me laissant seul avec les mots de ma mère résonnant comme un chant oublié.
Je reste un instant figé devant la porte refermée, le cœur battant à tout rompre, les mots de ma mère résonnant encore comme un écho venu des profondeurs. Eurypyle. Ce nom tourne en boucle, chargé d'une étrangeté que je ne peux ignorer. Son regard quand il a vu la photo de ma mère, sa réaction à l'histoire, la façon dont il s'est levé comme si les mots l'avaient brûlé, tout cela me pousse à l'action. Je reprends mes esprits d'un coup et je me lance à sa poursuite. J'ouvre la porte à la volée et je sors dans la rue sombre, l'air frais de la nuit me giflant le visage. La lune est haute, jetant une lueur pâle sur les pavés humides, les maisons aux volets clos semblant murmurer des secrets. Je scrute les ruelles, les coins obscurs, les ombres longues projetées par les lampadaires tremblotants. Personne. Pas une âme. Je cours vers le port, mes bottes claquant sur les pierres, appelant d'une voix étouffée.
— Eurypyle ! Attendez !
Mais la rue est vide, ni près du quai ni ailleurs. Les bateaux amarrés grincent doucement sur l'eau noire, les mâts se balançant comme des fantômes. Je m'arrête au bord de l'eau, scrutant l'horizon noir où la mer se fond dans la nuit. Rien. Le vieillard a disparu comme s'il s'était évaporé dans l'air salé. Je reste encore un long moment dehors, le vent froid s'insinuant sous mon manteau, me faisant frissonner. Je m'approche de l'eau, les vagues lèchent les piliers du quai avec un bruit régulier, et je fixe la surface miroitante, espérant un signe. Mais rien. L'eau est calme, presque trop calme.
Je m'assois sur le rebord du quai, les pieds effleurant la surface froide, les gouttes éclaboussant mes bottes. Mes pensées tourbillonnent : Mako, ma mère, le diadème, ce vieux fou. Je murmure tout doucement l'histoire de ma mère, les mots sortant comme un rituel oublié, un sourire inattendu étirant mes lèvres.
— Ferme les yeux et écoute... Ce n'est pas seulement de l'eau qui coule autour de toi, c'est un secret qui respire en toi.
Tout au fond de ta poitrine, bien caché sous ton cœur, vit un Souffle de Sel. C'est un petit courant magique qui ne s'arrête jamais de danser. Il est ta boussole de nacre.
Si un jour tu te sens perdu, si le monde devient flou et que tu oublies que tu es l'enfant des vagues, ne cherche pas de réponse à la surface. Pose simplement ta main sur ton cœur et respire le silence du bleu. Tu sentiras alors ce petit Souffle remuer doucement.
Il te murmurera : « Je suis là. Le sel est ta force, et l'eau est ton sang. Tu es l'Océan qui respire. » Ce souffle se souviendra de ton nom véritable, même si tout le reste s'efface. Il est ton secret éternel, ton lien avec le grand mystère.
Dors maintenant... laisse ton Souffle te ramener à la maison.
Si un jour tu te sens perdu, si le monde devient flou et que tu oublies que tu es l'enfant des vagues, ne cherche pas de réponse à la surface. Pose simplement ta main sur ton cœur et respire le silence du bleu. Tu sentiras alors ce petit Souffle remuer doucement.
Il te murmurera : « Je suis là. Le sel est ta force, et l'eau est ton sang. Tu es l'Océan qui respire. » Ce souffle se souviendra de ton nom véritable, même si tout le reste s'efface. Il est ton secret éternel, ton lien avec le grand mystère.
Dors maintenant... laisse ton Souffle te ramener à la maison.
En me redisant l'histoire, je sens encore le souffle de Mako en moi, cette chaleur douce et profonde qui pulse au centre de ma poitrine, comme un courant vivant qui ne s'éteint pas. Quelques minutes après avoir redit cette histoire, je me relève, prêt à rentrer. Mais alors, un bruit dans l'eau – un splash discret, un remous doux. Je me retourne, le cœur cognant, et je le vois : Mako, sa tête émergeant de l'eau, ses cheveux sombres collés à son front, ses yeux verts brillant sous la lune.
Je me précipite vers lui.
— Mako !
Il me regarde étrangement, ses yeux plissés.
— Ayden… je t'ai entendu.
Je jette un regard autour.
— Reste caché. Je reviens avec de quoi te couvrir.
Je cours chez moi, attrape des bottes et une grande couverture épaisse, et je repars vers le quai. Mako sort de l'eau, sa queue se métamorphosant en jambes, nu sous la lune. Je l'enveloppe dans la couverture, l'aidant à enfiler les bottes, et nous nous dirigeons chez moi, marchant rapidement dans l'obscurité.
Une fois au chaud, la porte refermée derrière nous, le salon illuminé par la lampe tamisée, nous nous installons tous les deux sur le canapé, la couverture encore autour de Mako, son corps encore humide contre le mien. Il me regarde, ses yeux verts brillant d'une intensité nouvelle, et murmure.
— Tu peux me préparer ce truc chaud pour boire ? Le marron ?
Je souris, comprenant.
— Oui, je peux te faire du chocolat.
Je vais dans la cuisine, fais chauffer du lait dans une casserole sur le poêle, ajoute du cacao amer, du sucre, une pointe de vanille que je garde pour les jours spéciaux, remuant lentement jusqu'à ce que l'odeur riche et sucrée envahisse la pièce. Je verse dans deux tasses épaisses, ajoute une pincée de cannelle pour le rendre plus profond, et reviens, m'installant près de lui. Mako prend la tasse, inhale la vapeur, goûte prudemment, ses yeux s'écarquillant.
— C'est… doux et chaud. Comme la terre liquide, mais bon. Ça fait fondre quelque chose en moi.
Je ris doucement, pose ma tasse, et l'embrasse, nos lèvres se pressant avec une tendresse initiale qui se transforme rapidement en passion. Encore ce souffle, mais moins chaud que celui de tout à l'heure, une chaleur douce qui se répand en moi, attisant le désir. Je murmure contre sa bouche.
— Tu m'as manqué. Je suis si heureux que tu sois là.
Il sourit, ses mains glissant sur ma nuque, ses doigts froids contre ma peau chaude.
— Toi aussi. Mais pourquoi ici, au quai, au lieu de la crique ?
Mako recule légèrement, son regard distant un instant.
— J'ai senti un appel. Comme si on me racontait une vieille histoire. Elle m'a guidé ici.
Mais le désir prend le dessus, et nous nous embrassons à nouveau, plus profondément, nos langues se mêlant avec une urgence contenue, nos souffles se mélangeant dans la chaleur de la pièce. La couverture glisse lentement, révélant son corps nu, sa peau encore fraîche de l'eau de mer, des gouttes perlant sur ses épaules, descendant le long de son torse sculpté jusqu'à son ventre plat. Je le déshabille de mes vêtements avec des gestes lents, presque révérencieux, mes mains tremblantes effleurant sa peau, sentant la texture légèrement salée sous mes doigts. Mako gémit doucement quand je caresse son torse, mes pouces tournant autour de ses tétons qui durcissent immédiatement sous le contact, devenant des pointes sensibles que je pince doucement, arrachant à Mako un soupir rauque qui vibre contre mes lèvres.
Je le pousse doucement sur le canapé, m'agenouillant entre ses jambes écartées, mes mains glissant sur ses cuisses musclées, sentant les muscles se contracter sous mes paumes. Ma bouche descend sur son cou, mordillant la peau tendre juste sous l'oreille, descendant vers la clavicule, puis vers son torse, ma langue traçant des cercles lents autour d'un téton, le suçant doucement, puis plus fort, alternant morsures légères et baisers humides. Mako se cambre, ses mains s'enfonçant dans mes cheveux, tirant légèrement, ses gémissements devenant plus profonds, plus désespérés. Je descends plus bas, mes lèvres traçant un chemin brûlant sur son ventre, effleurant la ligne fine de poils sombres qui descend vers son intimité déjà dure, gonflée, la peau tendue et chaude sous mes lèvres. Je le prends en main, caressant lentement la longueur, sentant les veines pulser sous mes doigts, le gland humide contre ma paume. Mako halète, ses hanches se soulevant instinctivement.
— Ayden… s'il te plaît…
Je le regarde dans les yeux, puis je baisse la tête, ma langue tournant autour du gland, goûtant la saveur salée mêlée à celle du chocolat qu'il vient de boire, descendant lentement, mes lèvres l'engloutissant centimètre par centimètre, ma bouche chaude et humide l'enveloppant complètement. Mako gémit bruyamment, ses doigts serrant mes cheveux, ses hanches, poussant doucement, et je le laisse faire, ma langue pressant contre le dessous, mes mains caressant ses cuisses, ses testicules, massant doucement, sentant son plaisir monter, ses muscles se contracter, ses gémissements devenir des cris étouffés. J'accélère, ma bouche montant et descendant, mes lèvres serrées, ma langue, dansant, et je sens son orgasme approcher, son corps se tendant comme un arc, ses hanches poussant plus fort, jusqu'à ce qu'il explose dans ma bouche, son cri résonnant dans la pièce, son corps tremblant sous moi.
Mais il n'en a pas fini. Il me tire vers lui, ses lèvres cherchant les miennes, goûtant son propre goût sur ma langue, et il murmure.
— À mon tour. Puis je veux te prendre.
Il me pousse sur le canapé, s'agenouillant entre mes jambes, ses mains explorant mon corps avec une curiosité avide, caressant ma poitrine, pinçant mes tétons, descendant vers mon sexe durci, le serrant doucement, provoquant des frissons qui remontent le long de ma colonne. Il baisse la tête, ses lèvres effleurant le gland, sa langue goûtant timidement, puis plus assurée, descendant lentement, sa bouche chaude et humide m'enveloppant, ses mouvements lents au début, explorateurs, puis plus rapides, sa main caressant la base, ses doigts massant mes testicules. Je gémis, mes mains dans ses cheveux, mes hanches se soulevant, le plaisir montant en moi comme une vague inexorable.
Puis il se redresse, ses lèvres rougies, et murmure.
— Je veux te prendre. Maintenant.
Je hoche la tête, le désir me consumant. Je me prépare avec du lubrifiant que j'attrape dans la table de chevet, m'ouvrant lentement, sentant mes doigts glisser en moi, me préparant pour lui. Mako regarde, fasciné, ses yeux brillants. Puis il s'aligne, poussant doucement, entrant millimètre par millimètre, la chaleur m'envahissant, l'étirement intense mais délicieux, le plaisir pur effaçant toute douleur. Il s'arrête souvent, nos regards verrouillés, ses mains sur mes hanches, et quand il est complètement en moi, il commence à bouger, lentement, profondément, chaque coups de reins envoyant des ondes de plaisir dans tout mon corps. Je gémis, mes mains sur ses fesses, l'encourageant, mes jambes autour de sa taille, le tirant plus profond. Il accélère, reste intense, ses lèvres sur les miennes, nos souffles se mêlant, nos gémissements remplissant la pièce.
Il change d'angle, touchant cet endroit en moi qui me fait voir des étoiles, et je crie son nom, mes ongles s'enfonçant dans son dos, mon corps se tendant, l'orgasme me traversant comme une tempête, mes muscles se contractant autour de lui, le poussant à jouir à son tour, son cri se mêlant au mien, son corps tremblant contre le mien.
Nous restons enlacés, essoufflés, nos cœurs battant à l'unisson, la sueur perlant sur nos peaux, le souffle de Mako encore en moi, doux et apaisant.
Nous finissons notre chocolat, encore essoufflés, la tasse posée sur la table basse, la vapeur s'élevant lentement dans l'air tiède du salon. Mako est allongé contre moi, sa tête sur mon torse, ses doigts traçant des cercles paresseux sur ma peau. Je l'embrasse doucement sur le front, puis je commence à lui raconter, ma voix basse, presque hésitante.
— Aujourd'hui… j'ai rencontré quelqu'un. Un vieil homme. Je l'ai bousculé en rentrant. Il est tombé, je l'ai aidé à se relever, je l'ai invité ici pour un thé chaud. Il s'appelle Eurypyle. Il m'a posé des questions… sur ma vie, sur mes parents. Il m'a demandé des photos. Quand il a vu celle de ma mère, il a changé. Il est devenu pâle, ses mains tremblaient. Il m'a demandé où elle était née, ce qu'elle me racontait quand j'étais petit. Je lui ai dit que je ne me souvenais de presque rien, sauf d'un conte qu'elle me racontait tous les soirs. Il a insisté, alors j'ai fermé les yeux et j'ai essayé de me souvenir. Et les mots sont revenus, exactement comme avant. Je les lui ai dits, mot pour mot. Et après… il a eu l'air bouleversé. Il s'est levé d'un coup, il a dit qu'il devait partir. J'ai essayé de le retenir, je lui ai demandé pourquoi il faisait cette tête, s'il connaissait l'histoire, s'il connaissait ma mère. Il a juste dit qu'il reviendrait. Et il est parti. Comme ça. Disparu dans la nuit.
Mako se redresse lentement, son visage soudain grave, ses yeux verts fixés sur les miens avec une intensité nouvelle.
— Répète-moi son nom.
— Eurypyle.
— Eurypyle.
Mako ferme les yeux un instant, comme s'il cherchait à contenir une émotion violente.
— Et l'histoire… tu lui as raconté exactement la même que celle que tu viens de me dire ?
— Oui. Mot pour mot. Ferme les yeux et écoute… le Souffle de Sel… tout.
— Oui. Mot pour mot. Ferme les yeux et écoute… le Souffle de Sel… tout.
Mako se passe une main sur le visage, ses doigts tremblants.
— Ce n'est pas possible.
— Pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
— Pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Il me regarde, les yeux brillants, presque effrayés.
— Cette histoire… elle n'appartient pas aux humains. Elle n'appartient qu'à nous. Aux tritons et aux sirènes. C'est une berceuse ancienne, un secret transmis de génération en génération, uniquement aux enfants des profondeurs. On la raconte aux petits quand ils naissent, pour leur rappeler qui ils sont, pour les lier au Souffle de Sel qui vit en eux. Personne d'autre ne la connaît. Personne.
Je sens un froid me traverser, malgré la chaleur de la pièce.
— Ma mère me la racontait tous les soirs. Jusqu'à sa mort. Elle me la chantait presque.
Mako secoue la tête, incrédule.
— C'est impossible. À moins que…
Il s'arrête, comme s'il n'osait pas finir sa phrase.
— À moins que quoi ?
Il hésite, puis murmure.
— Montre-moi la photo. Celle que tu lui as montrée.
Je me lève, vais chercher l'album dans le tiroir de la commode, l'ouvre à la page jaunie. La photo de ma mère, jeune, souriante, cheveux longs, yeux verts. Mako la prend, ses doigts tremblants, et la regarde longuement. Puis il la lâche, comme si elle le brûlait.
— Galatée…
Je fronce les sourcils.
— Qui ?
Mako relève les yeux, la voix basse, presque un murmure.
— La femme sur la photo… c'est Galatée. La femme de Hippocampos.
Il prend une inspiration profonde, comme s'il se préparait à révéler un secret trop lourd.
— Hippocampos est le chef d'un autre clan, loin d'ici, dans les courants profonds de l'ouest. Un triton immense, aux écailles argentées comme des poissons volants, aux nageoires larges et acérées qui tranchent l'eau comme des lames. Il est connu pour sa sagesse ancienne et sa force brute. On dit qu'il peut calmer les tempêtes d'un seul regard, qu'il connaît les secrets des courants les plus profonds, ceux que même mon père redoute. Il porte une armure faite de corail noir et de perles noires, et son trident est gravé de runes qui brillent quand il est en colère. Il est respecté, craint, aimé. Son clan est l'un des plus anciens, gardien des frontières invisibles entre les mondes.
— Et Galatée ?
— Et Galatée ?
Mako baisse les yeux.
— Galatée… c'était la sirène la plus belle qu'on ait jamais vue. Peau pâle comme la lune, cheveux longs comme des algues flottantes, d'un blond presque blanc, yeux verts profonds comme les abysses les plus secrets, voix comme un chant hypnotique qui pouvait calmer les tempêtes ou faire pleurer les pierres. Elle était l'âme du clan d'Hippocampos, sa reine, sa lumière. Ils étaient unis depuis des siècles, leur amour était une légende. Mais il y a des années… Galatée a disparu. Un jour, elle est partie nager seule vers la surface, et elle n'est jamais revenue. Le clan l'a cherchée pendant des mois, des années. Hippocampos a fouillé les mers, interrogé les courants, interrogé les créatures des profondeurs. Rien. On a cru qu'elle avait été capturée par les humains, ou tuée, ou perdue dans une tempête. Le clan était en deuil, Hippocampos brisé. Puis, un jour, elle est réapparue. Sans explication. Elle est revenue comme si rien ne s'était passé, mais changée. Plus silencieuse, plus distante. Elle n'a jamais dit où elle était allée. Hippocampos n'a jamais posé la question. Mais le diadème… il lui appartenait. C'était son symbole, son couronnement. Quand elle est revenue, elle ne le portait plus. On a cru qu'il était perdu avec elle.
Je l'écoute, la gorge serrée, les images se bousculant dans ma tête.
— Ma mère… elle ressemblait à ça ?
Mako hoche la tête lentement.
— Oui. Exactement. Les cheveux, les yeux, le visage… c'est elle. Galatée.
— Mais comment ? Ma mère était humaine. Elle vivait ici, dans ce village. Elle est morte ici.
— Mais comment ? Ma mère était humaine. Elle vivait ici, dans ce village. Elle est morte ici.
Mako secoue la tête.
— Je ne sais pas. Mais le diadème… c'est pour ça que je l'ai reconnu. C'est pour ça que je l'ai pris. Mon père m'a vu avec, il m'a demandé où je l'avais eu. J'ai menti. J'ai dit que je l'avais trouvé dans une épave. Il m'a cru… ou il a fait semblant. Mais si ta mère est Galatée… alors tout change.
Je reste silencieux un long moment, les pièces du puzzle commençant à s'assembler, mais formant une image que je n'arrive pas encore à comprendre.
— Et Eurypyle… Triton… ton père ?
Mako hoche la tête.
— Il est venu ici. Il t'a vu. Il a vu la photo. Il a entendu l'histoire. Il sait.
— Mais pourquoi il est parti comme ça ? Pourquoi il n'a rien dit ?
— Mais pourquoi il est parti comme ça ? Pourquoi il n'a rien dit ?
Mako baisse les yeux.
— Parce qu'il a peur. Peur de ce que ça veut dire. Peur de ce que tu es.
Je le regarde, le cœur battant.
— Et toi ? Qu'est-ce que ça veut dire pour nous ?
Mako me prend la main, ses doigts serrant les miens.
— Ça veut dire que tu n'es pas seulement humain, Ayden. Et que moi… je suis peut-être plus proche de toi que je ne le pensais.
Le silence tombe entre nous, lourd, chargé de mystères, de secrets anciens, de questions sans réponses. La nuit dehors semble plus profonde, comme si la mer elle-même écoutait.
Je suis assis sur le canapé, le dos contre les coussins, les jambes encore tremblantes de ce que nous venons de vivre, la couverture abandonnée sur le sol, mon corps nu encore luisant de sueur. Mako, lui, est déjà debout, ramassant ses vêtements éparpillés avec des gestes rapides, presque mécaniques, comme si une urgence invisible le poussait. Il enfile le pantalon kaki, boutonne la chemise grise avec des doigts qui tremblent légèrement, ses cheveux encore humides collant à son front. Ses yeux verts évitent les miens, fixés sur le sol, sur la tasse vide, sur n'importe quoi sauf moi.
— Je dois y aller, Ayden. Tout de suite.
Sa voix est basse, presque un murmure, mais il y a une tension dedans, une peur que je ne lui ai jamais entendue. Il se dirige vers la porte, comme si rester une minute de plus allait le briser.
Je me lève d'un bond, attrapant son bras, mes doigts serrant sa manche encore humide.
— Attends. Tu ne peux pas partir comme ça. Pas après tout ce que tu viens de me dire.
Il s'arrête, mais ne se retourne pas tout de suite. Je sens ses muscles se crisper sous mes doigts.
— Je dois parler à mon père. Il sait. Il a vu la photo, il a entendu l'histoire. Il sait qui tu es… qui tu pourrais être. Je ne peux pas attendre. Les clans, les secrets… ça peut tout faire basculer.
Je le force à se tourner vers moi, mes mains sur ses épaules, le regardant dans les yeux.
— Explique-moi. Qu'est-ce que tout cela veut dire ? Vraiment.
Mako me regarde enfin, et dans ses yeux verts, il y a une tristesse infinie, une peur ancienne, une tendresse qui me serre le cœur. Il pose ses mains sur mes joues, ses paumes fraîches contre ma peau chaude.
— Ayden… il se pourrait que tu sois l'un des nôtres. Un triton. Et pas n'importe lequel… le fils de Galatée et d'Hippocampos.
Je secoue la tête, le souffle coupé, comme si l'air s'était raréfié dans la pièce.
— Non. C'est impossible. Mon père était un pêcheur. Regarde.
Je vais chercher la photo dans l'album, la lui tends à nouveau, la photo de mon père près de son bateau, robuste, buriné par le sel, sourire franc.
— C'est lui. Il est parti en mer quand j'étais petit. Jamais revenu.
Mako prend la photo, l'examine longuement, mais son expression ne change pas. Il secoue la tête lentement, presque avec pitié.
— Non, Ayden. Ce n'est pas ton père. Ou du moins… pas ton vrai père. Avant le départ de Galatée, des rumeurs circulaient dans les clans. On disait qu'elle attendait un bébé. Un enfant de Hippocampos. Elle a disparu peu après, et quand elle est revenue des années plus tard, elle était seule. Pas d'enfant. On a cru qu'elle l'avait perdu, ou qu'il avait été emporté par les courants. Mais si Galatée est ta mère… alors tu es cet enfant. Le fils perdu d'Hippocampos.
Je m'assois lourdement, la tête entre les mains, le monde tournant autour de moi. Les pièces du puzzle s'assemblent, mais l'image qu'elles forment est trop folle, trop immense pour que je l'accepte. Ma mère, une sirène ? Moi, un triton ? Le souffle en moi, les rêves où je nage dans les abysses comme si j'y étais né, les tritons et sirènes qui baissent la tête et les yeux en me voyant, comme si j'étais un prince ou un héritier… tout cela prend un sens terrifiant.
— Mais comment ? Pourquoi elle ne m'a rien dit ? Et ce diadème… pourquoi l'avait-elle gardé ?
Mako s'agenouille devant moi, ses mains sur mes genoux, sa voix basse, presque un murmure.
— Je ne sais pas tout. Mais mon père… Triton… il doit savoir. Il est venu ici, il t'a vu, il a vu la photo, il a entendu l'histoire. Il sait. Je dois retourner dans les profondeurs. Tout de suite. Parler à mon père. Il faut que je sache la vérité.
Il se relève, prêt à partir, mais je le retiens par le bras, le cœur serré.
— Attends. Ne pars pas maintenant. Explique-moi plus.
Mako secoue la tête, son regard hanté.
— Je reviendrai demain matin. Avec plus de détails. Je te promets.
Il m'embrasse, un baiser rapide mais chargé d'urgence, et je le laisse partir, le cœur lourd.
Je l'accompagne sur le quai, vérifiant les alentours – les rues vides, les maisons sombres, pas un bruit sauf le clapotis des vagues. Le port est désert, la lune haut dans le ciel, jetant une lueur fantomatique sur l'eau. Mako se déshabille rapidement, les vêtements tombant sur les pavés humides, son corps nu luisant sous la lune. Il m'embrasse une dernière fois, rapidement, ses lèvres froides contre les miennes, insufflant un souffle doux qui me réchauffe.
— À demain, murmure-t-il.
Il plonge, un splash discret, sa queue claquant la surface, et il disparaît dans les abysses, laissant des remous qui s'effacent lentement. Je reste là, fixant l'eau, le cœur serré, les questions tourbillonnant comme un tourbillon. Ma mère, Galatée ? Moi, un triton ? L'héritier d'un clan ? Tout cela semble impossible, et pourtant… le souffle en moi pulse plus fort, comme un appel.
Je rentre chez moi, la maison vide, le silence oppressant. Je m'allonge, mais le sommeil vient lentement, chargé de rêves où je suis sous l'eau, ma queue bleu nuit à reflets dorés ondulant, des tritons et sirènes baissant la tête et les yeux en me voyant, comme si j'étais un prince perdu.
Fin du chapitre 5.
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